Catégorie: maison japonaise

10 règles pour la longévité

Notre bon ami, charpentier, restaure une vielle maison dans le village.

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Je vais le voir; on discute pendant la pause. Il fait encore chaud aujourd’hui. C’est une belle maison, au toit de chaume; recouvert de tôles peintes en noir.
On ne fait plus de maison comme ça !
L’arrangement de la maison est très simple. Les gens qui viendront vivre ici seront heureux. La simplicité de la maison, faite de bois; de paille et de terre, inspirera le bonheur de vivre à ses prochains habitants. On ne peut qu’être super zen dans une telle maison ! Car même à l’intérieur, on n’est pas renfermé … Même sous le toit … on est sous le ciel …

D’ailleurs …. quelle étrange coïncidence .. bonheur et simplicité ?

Sur un mur, un poster jauni par les années prodigue des conseils pour s’assurer une bonne santé et vivre bien et longtemps.

Les dix règles pour la longévité.

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Traduction;

La cinquantaine et la soixantaine; si c’est une fleur c’est un bourgeon
Soixante-dix et quatre-vingt, c’est l’âge du travail
Et si à quatre-vingt dix on vient te chercher, 
dis leur d’attendre jusqu’à ce que tu aies cent

Les dix principes de la santé et de la longévité

Peu de viande; beaucoup de légumes
Peu de sucre, beaucoup de fruits
Peu d’excitation; beaucoup de sommeil
Peu de soucis, beaucoup d’action
Peu de vêtements chauds, beaucoup de bains

Peu de sel, beaucoup de vinaigre
Manger peu, mastiquer beaucoup
Peu de colère, beaucoup de rire
Peu d’égo, beaucoup d’aide
Peu de voiture, beaucoup de marche

 

Voilà. Tout est dit, non ?

Immobilier et achat de maison au Japon

Nous avons reçu l’avis des taxes foncières avec la liste des bâtiments qui occupent notre terrain et leur valeur.

La maison principale fait 84 mètres carrés. Elle aurait été construite en Meiji 7 soit 1874. Sa valeur actuelle est estimée à 140,181 Yens soit 999 Euros.
Notre maison vaut donc autant que quatre ipads. Question taxe foncière; nous devrons dépenser 1971 Yens soit 14 Euros cette année.
impots fonciers maison
notre maison, une ferme japonaise traditionnelle

notre maison, une ferme japonaise traditionnelle. photo prise il y a un an, avant la construction du nouvel hanaré

Au Japon, la valeur des maisons en bois s’amortit sur 22 ans.
Donc; au bout de 22 ans une maison en bois ne vaut théoriquement plus rien.
Au Japon, acheter une maison neuve, d’un point de vue purement économique n’a donc aucun sens. Si on fait construire une nouvelle maison et débourse par exemple 22 millions de Yens pour la construction, les 22 millions seront dépréciés sur 22 ans et c’est équivalent à payer 1 million de Yens chaque année soit 7400 Euros en amortissement. On pourrait dire … autant louer, n’est-ce-pas.
Il est plus avantageux d’acheter une maison ancienne qui ne vaut plus rien dès le départ.
Nous avons acheté notre maison et le jardin pour la valeur du terrain. La maison était gratuite. Comme le gadget dans Pif gadget.
Comme on considère que les maisons ne durent pas, les gens doivent travailler et économiser plus; car il faut faire construire à nouveau, à intervalles réguliers.
Comme on ne pense pas que les maisons durent dans le temps, souvent on n’en prend pas soin et les maisons sont mal entretenues. Ce qui fait que .. oui, les maisons ne durent pas.
Les secteurs du bâtiment et de l’immobilier sont les grands bénéficiaires de cette logique.
Ca donne du travail à tout le monde.
Qui en paie le prix ? les acheteurs de maisons nouvelles et les forêts.

 

Before After

A regarder les photos prises avant les travaux et notre installation ici au village, je me dis que nous étions bien courageux, ou désespérés, ou simplement dingues ou tout à la fois, d’avoir plaqué Tokyo et son confort …. pour cette bicoque en bois. Mais nous l’avons achetée, et après quelques travaux .. C’est beaucoup mieux maintenant !

Et nous ne regrettons rien…

BEFORE
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AFTER
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Les nagamochis

…. se dit nagamotchi.
長持 長 なが naga = long  持 もち mochi = porter
Il y avait dans l’ancienne hanaré deux nagamochis.
Ce sont des meubles bas; rectangulaires; où autrefois l’on gardait les vétements, la literie (futons) ou objets divers. Ils ferment avec un couvercle, comme une malle ou un coffre. Comme ces derniers ils peuvent être transportés; il faut alors deux porteurs, qui hisseront sur une épaule une barre en bois ou en bambou placée dans les poignées métalliques qui s’abattent et sont placées à chaque extrémité du coffre.
Le nagamochi était donc aussi utilisé pour le transport de biens ou de marchandises.
Chez nous en France et en Europe au moyen âge les seigneurs étaient nomades et allaient de résidence en résidence; ils utilisaient des meubles transportables. D’où d’ailleurs l’étymologie de meuble. Petit Robert: mueble XIIè siècle, du latin populaire mobilis.
Belle ressemblance donc entre les nagamochis et les meubles de l’époque médiévale en Europe.
Dans les mémoires des villageois que nous interrogeons persiste l’image vieille de 50 ans des jeunes couples de mariés qui paradaient dans la rue du village, suivis d’hommes portant les nagamochis chargés de biens et de présents.
Il y a même une chanson populaire ; la chanson du nagamochi, nagamochi uta chantée par les porteurs.
長持唄 (version de la région de Miyagi)
ハー 今日はナ 日もよし ハー 天気もよいし
結びナ 合わせてよ ハー縁となる かエー

さアさ お立ちだ お名残おしい
今度来る時 孫つれて

蝶よ 花よと 育てた娘
今日は他人の 手に渡る

Et Youtube est toujours là quand il le faut.
Après dépoussiérage et des petites réparations nous plaçons les nagamochis dans le nouvel hanaré.
Ils y seront très bien.
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Construction d’une maison japonaise – suite et fin !

C’est terminé.

Le sakanya pose un enduit blanc shikkui sur les murs extérieurs découvertes.

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L’électricien a installé l’éclairage.

Et les cloisons coulissantes en papier derrière les porte fenêtres, permettront de contrôler la lumière et de s’isoler un peu.

 

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Le résultat est vraiment au dessus de nos espérances.

Nous sommes très reconnaissants à S. et à son équipe.

Pour leur dire notre apréciation nous les invitons pour un diner français. Foie gras, confit de canard. Tout le tralala. Avec du pain ! du vin ! Nous passons un très bon moment.

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Construction d une maison japonaise les yaki itas – finition

Remarquer les  clous en cuivre, joliment alignés, qui fixent les yaki itas aux murs .
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Construction d’une maison japonaise – Yaki ita

 

Les murs de terre offrent une certaine isolation. Technique traditionnelle et ecologique.
Cependant, il faut bien entendu protéger les murs des précipitations, sous peine de voir l’eau les emporter.

Les parties les moins exposées c’est à dire celles protégées par le toit seront recouvertes d’enduit. Shikkui. 漆喰 しっくい

Les parties plus basses sont beaucoup plus exposées à la pluie. On agrafe une couverture imperméable (technique moderne), et l’on recouvre le tout de planches de bois, les yaki ita.

焼き板 やきいた
Ce sont des planches dont une face est carbonisée. Celà permet d’atténuer l’appétit des insectes et de protéger le bois de l’eau.

Les yaki itas sont faites sur place.

 

 

 

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Le manomètre, à mi-chemin entre Mickey Mouse et Tchernobyl.

 

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La préparation des yaki ita.

 

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On recouvre les parties basses des façades avec les yaki ita. Elles seront ainsi protégées des intempéries.

Construction d’une maison japonaise – Les murs de terre (3)

On voit, les semaines qui suivent, l’évolution de la terre et les changements qui accompagnent le séchage naturel.

Des craquelures apparaissent. Certains petits morceaux de terre même se défont du mur et tombent à terre.
Il est important, le temps que les murs de terre sèchent complètement, de laisser les fenètres ouvertes et d’assurer un courant d’air afin de laisser l’humidité partir, sous peine d’avoir des moisissures etc. On laisse donc un ventilateur tourner en boucle 24 heures sur 24.
En sèchant la terre se rétracte. On devine des rais de lumière entre la terre et la structure de bois de la maison.
Toutes ces transformations. On voit que la maison respire, et qu’il y fera bon vivre.
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Construction d’une maison japonaise – Les murs de terre (2)

Une fois le treillis de bambou en place

Un camion livre 2 tonnes de terre. Pour le tsuchikabe. Celà peut paraitre un jeu d’enfant mais c’est du domaine du sakanyasan (équivalent du maçon 左官屋さん).
Il faudra ensuite attendre plusieurs semaines pour que le tout sèche et que l’on puisse passer aux étapes suivantes.
Le procédé nécessite du temps, mais par contre quelle économie de moyens. Du bambou, de la terre et des ficelles. La modernité a vraiment tout compliqué.
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La classe c’est de travailler la clope au bec.
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De l’autre côté de la cloison on appuie avec une grande truelle.
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Après la première couche extérieure.
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la deuxième couche
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Voilà. Ensuite il faut laisser sécher.
On voit bien les lignes élégantes de la construction avec les deux sujikais qui forment les diagonales.

Construction d’une maison japonaise – Les murs de terre (1)

Mur de terre = tsuchikabe. 土壁

La méthode et la technique des ancêtres.
Le marchand de terre de la ville voisine a fermé boutique. Le business disparait, nous aurons été son dernier client. Les gens aujourd’hui ne demandent plus de tsuchikabe et préfèrent les techniques plus modernes. Planches de blois agglo et isolants thermiques en laine de verre ou je ne sais quoi. Partout pareil.
Pour assurer que la construction ne bouge pas et résiste à tout ce qui va lui tomber dessus (séismes, pluies, typhons) on pose les sujikai.
筋交い wiki
Les sujikai sont des pièces de bois, qui en grandes diagonales vont relier les colonnes entre elles. Ils font partie du mur et seront plus tard dissimulés dans le tsuchikabe.
Il faut préparer les grands espaces vides, le menuisier va poser des lattes de bois pour former une structure solide à laquelle le mur de terre va s’attacher.
Puis, on installe un treillis de lattes de bambou. Le bambou ici est importé de Chine. Pour bien faire, si on utilisait du bambou local nous devrions utiliser du bambou coupé en hiver, pour ne pas y avoir d’insectes qui pourraient en compromettre l’integrité et la durabilité.
On pose d’abord les bambous à l’horizontale.
Puis on forme le treillis en ajoutant la partie verticale.
Le tout est noué avec de la corde.
Autrefois, nous rapporte le charpentier, les gens du village venaient aider celui qui s’atelait à ce travail. Les femmes les enfants et les vieux se joignaient au chantier.
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