Construction d’un petit pavillon, ou azumaya

Le projet a consisté à construire un petit pavillon pour notre jardin en utilisant les arbres de notre montagne, et les techniques japonaises traditionnelles.

On nomme ce genre de construction azumaya. Etrangement, ce mot s’écrit de deux façons 東屋 ou 四阿

Pour ce faire S., charpentier, m’apprend les ficelles de son métier. On pourrait dire: introduction du novice aux techniques de construction japonaises traditionnelles. ou encore technology transfer.

Je mets ici quelques photos ainsi que la liste chronologique des principales étapes.

Je me dis aussi que ce serait intéressant de voir notre ami S. enseigner et partager ses connaissances avec d’autres; comme à des professionnels venus d’Europe, et d’ailleurs. Il faudrait pour cela toute une logistique qui n’existe pas ici mais on ne peut s’empêcher d’y penser.

1. Tout d’abord, il faut sortir les troncs d’arbres de la montagne. A noter qu’il s’agit de cryptomères, d’une quarantaine d’années. La montagne est abrupte. Sortir les arbres jusqu’à la route est une opération délicate. Nous avions coupé les arbres en février (vidéo youtube).

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2. Retirer l’écorce des troncs d’arbres. Le but de cette opération est de retirer terre; cailloux des troncs d’arbres pour ne pas abîmer la chaîne de la tronçonneuse qui va les découper dans l’étape suivante. Retirer l’écorce permet aussi de s’assurer que les insectes ne vont pas entrer dans le bois et commencer à le bouffoter. Je fais l’opération à la main.

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3. Faire le plan du projet. Dès le début je suis un peu largué car S. utilise les unités de longueur en Shaku, sun, bun, ri. J’investis dans un book sur les techniques de construction japonaises, pour mieux comprendre et potasser le soir. On fait le plan sur une planche de bois; zu-ita. Je fais aussi une petite maquette pour pouvoir visualiser les choses en 3D et mieux mémoriser les différents termes employés.

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Le projet est donc un petit pavillon ou petit abri, Azumaya en Japonais; de forme carrée, de quatre mètres de côté, et soutenue par six colonnes.

4. Tirer les troncs d’arbres en poutres etc. S. a dans son atelier une scierie mobile Huqsvarana. On tire les troncs d’arbres pour faire les poutres, les colonnes, et tous les autres éléments nécessaires au projet. Tout le bois nécessaire au projet vient donc de notre montagne. C’est à mon avis l’opération la plus délicate. Faut pas se planter. Or, les troncs d’arbres ne sont pas droits, et le bois est dynamique, on le voit se courber à mesure qu’on le découpe. Opération très technique donc. Comme c’est notre bois on peut décider des dimensions à notre guise, il n’y a aucune contrainte particulière. nous décidons de faire des colonnes de 5 suns de côté, soit 15 cm. On a commencé par les morceaux les plus grands; soit les poutres qui font environ 4m x 15 cm x 23 cm. Le choix des troncs d’arbres et de leur utilisation finale est donc également un moment délicat, il faut un pouvoir lire le bois et l’interpréter …

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4.5. On passe toutes les poutres etc à la raboteuse.

5. Numérotation et orientation des différentes pièces. Le bois tiré en poutres et colonnes, on regarde avec attention chaque pièce et choisissons leur emplacement final. Esthétique, courbures; orientation. On marque chaque pièce avec le numéro correspondant aux coordonnées en x et y sur le zu-ita. La numérotation est marquée sur ce qui fait face au plan et indique donc l’orientation de la pièce.

6. Les tracés des découpes. Il faut ensuite tracer les pièces avec les emplacements des futures découpes. On utilise pour cela trois outils, une équerre, un petit réceptacle d’encre de chine et un petit stylo plume en bambou. J’ai eu énormément de plaisir à manier ces trois outils, je ne saurais expliquer le comment du pourquoi, mais c’est une sensation formidable que les utiliser et de marquer le bois.

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7. Passage à l’action et différentes découpes.

Pour les tenons et mortaises, soit, en fait l’assemblage de pièces selon un axe vertical, j’utilise des machines. Les queues d’aronde, pour assembler selon un axe horizontal, je les fais manuellement, essentiellement au ciseau à bois et à la scie. S. m’apprend comment affûter le ciseau à bois, comment me tenir par rapport à l’outil … Si en effet on ne se tient pas bien par rapport à l’outil et la pièce de bois … il est impossible de faire un bon travail.

Les pièces seront fixées avec des chevilles. (komisen). Il faut donc préparer les emplacements des chevilles dans toutes les pièces.

Aussi je trouve énormément de plaisir à travailler selon les diverses séquences – mesure et marquage du bois, – découpe à la scie – travail au ciseau à bois – finition au rabot … à chaque fois on doit être dans uns position particulière et on passe d’un outil l’autre … c’est comme une chorégraphie et une fois que l’on est dedans c’est formidable.

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Tout cela prend beaucoup de temps, … car il y a beaucoup de pièces !

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8. Préparation des chevilles.

9. Préparation de l’assemblage et de la construction. L’édifice reposera sur de grosses pierres. C’est très lourd.

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Pierres pour la fondation

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10. Assemblage, construction

 

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Les deux poutres s’emboîtent a l’emplacement は一

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Faut taper au maillet pour que tout s’encastre<

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Ensuite pose de la toiture. Photo Avec ou sans neige.

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11. Dernière touche avec des planches, pour les chats.

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