Tagué: vivre à la campagne au japon

Plongée dans les canaux

On est en mai.

Les plus pressés ont déjà planté le riz.

D’autres sont encore à labourer et à préparer leurs rizières.

On ouvre les canaux qui transportent l’eau de la rivière pour inonder les champs. On inonde les rizières avant de les labourer. Pour le plus grand plaisir des grenouilles!

La culture du riz requiert une transformation du paysage. Avec des surfaces planes, délimitées par des rebords rehaussés et de nombreux canaux pour y transporter toute l’eau nécessaire.

Ces canaux je m’y suis intéressé lors d’un des premiers articles de blog, lors de notre installation dans le village, en 2012.

Mais cette fois ci observons les de beaucoup plus près. Enfin bon, je m’y intéresse en y plongeant une caméra et voir ce que ça donne et c’est surprenant, ça fait voyager, ces images ….

On peut trouver de la beauté partout, suffit de se donner la peine. On peut se mettre à rêver aussi ….

On y entendrait même le chant des baleines, dans ces petits canaux!

L’Œil de la Grenouille

Il y a cette grenouille que je retrouve souvent dans le coin du jardin où nous avons des mékadas (petits poissons)

J’essaie de photographier son oeil.

L’oeil de la grenouille, ou le neunoeil de la nounouille pour les intimes.

Elle a l’air bien tranquille dans la bassine bleue, et peut être qu’elle nous mange quelques médakas… mais bon …

Des nouvelles des mésanges

Des nouvelles des mésanges dans cette vidéo…

Les petits sont partis et ont quitté le nid ! Mission accomplie!

Avec la présence constante des chats j’étais inquiet… et ce, malgré tous les filets installés.

On remarque que les parents ont continué d’amener de la nourriture, sans pour autant entrer dans le nichoir.

Le nid étant vide pour de bon; nous le réinstallons au sommet d’un tube métallique (un pied d’échafaudage). Les chats seront incapables d’y grimper. Pour aussi éviter les serpents nous installons une sorte de plateau renversé à mi hauteur.

Apparemment les mésanges ici peuvent faire deux couvées … Décideront elles de se réinstaller chez nous ?

Une grenouille avec les médakas

Avoir le champ libre!

Cette année avec mon ami S nous nous lançons dans un grand projet de jardinage. En fait, l’année dernière je lui parlais souvent de mon envie de disposer de plus d’espace pour planter des légumes en plus grandes quantités. Notre potager dans le jardin est très petit. On y est un peu limité.

S a à côté de son atelier une ancienne rizière, inutilisée, et il m’a proposé d’y faire pousser des trucs ensemble. La rizière fait 240 tsubos soit 800 mètres carrés.

On a le champ libre!

L’idée c’est de faire pousser ce qui demande très peu d’attention et d’entretien. Nous avons sélectionné le gingembre et la patate douce. Le gingembre, on en utilise régulièrement. La patate douce, on la découpe et la faisons cuire dans Calcifer notre poêle à bois, l’hiver.

Il y a aussi une initiative pour la re-dynamisation du village: produire du yamatoimo. C’est une variété d’igname. On l’écrase et le mange par exemple crû avec du riz. On l’utilise aussi pour faire du okonomi yaki. C’est un tubercule très recherché.

En février nous avons commencé à préparer le terrain. Allé chercher deux camionnées de crottin de cheval. L’éleveur de bovins du village a apporté trois tonnes de compost. On a laissé reposer tout cela deux mois.

Puis nous avons passé le motoculteur dans le champ.

La chèvre nous a donné un bon coup de main

Réhaussé les rangs avec le joren 鋤簾(じょれん), voilà un travail exténuant qui brise bien le dos.

Il faut rehausser les rangs, faire un uné 畝 うね pour éviter que la terre reste trempée d’eau. Surtout pour les patates douces. C’est important me dit-on.

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Cette semaine nous avons fini de tout planter. Le gingembre. Les patates douces. Le yamato imo. Le gingembre on plante directement le tubercule. La patate douce, on en plante les tiges (les lianes?).

C’est vraiment un chouette projet. Et puis avec S. on travaille très bien ensemble. C’est beaucoup plus facile à deux. Je découvre un don naturel pour charger la brouette de crottin et la pousser à travers le champ.

Yamato imo: la poule aux œufs d’or ?
On découpe le tubercule en petits morceaux comme une pomme avant de les planter; la peau vers le bas
Le rang du gingembre; planté.
Le Yamato imo planté dans le rang à gauche. Les lianes iront grimper sur le mur en pierres, exposé plein sud
Le rang au milieu pour les patates douces

Les mésanges font le ménage

L’autre jour le matin je remarque des trucs sur le filet que j’ai installé sous le nid des mésanges.

Au début je m’inquiète, il y aurait-il eu un carnage ?

Mais non, c’est en fait les mésanges qui ont fait le ménage dans leur nid, et sorti quelques matériaux, pour faire de la place sans doute… ou pour faire propre …

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On voit ainsi ce que les mésanges ont ramassé pour constituer leur nid et je remarque de la mousse mais aussi des poils de chevreuil. Souvent on en trouve quelques touffes sur le bord des chemins à la fin de l’hiver.

On voit que ses poils ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd.

A propos voici une photo, avant que je n’installe le filet sous le nid … on voit Minou dans l’arbre; très intéressée par ce qui se trouve dans le nid.

Une fois la nichée vide, je déplacerai le nid et l’installerai en hauteur dans notre montagne. A un arbre placé juste en face de mon bureau, je pourrai tout observer avec des jumelles et là les oiseaux seront à l’abri des chats!

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Des mésanges dans le jardin

L’année dernière j’avais fait un nichoir, que j’ai naïvement installé dans le noyer du jardin. En plein dans le territoire des chats Minou et Scotch.

Un couple de mésanges s’est installé dans le nichoir… en fait lundi dernier je me dis, bon je vais déplacer le nichoir et le réinstaller dans notre montagne, loin de ces peux petits félins… je prends une échelle, défait le nichoir pour le déplacer … et merdre!!! il y a sept oisillons dedans. Je n’avais rien remarqué. Je remets tout en place.

Et vois un peu plus tard les mésanges, une à une, filer vers le nichoir, une grosse larve au bec.

Voilà qui est très touchant. Essayons de filmer tout ceci.

J’installe la GoPro sur une échelle, face au nichoir.

Voilà ce que ça donne

En effet donc les mésanges n’hésitent pas à s’installer près des habitations mais aussi près des chats …

Mésange en Japonais c’est shijuukara しじゅうから 四十雀, et oui ça s’écrit ‘quarante moineaux’.

Car Minou et Scotch, ne cessent de rôder autour du noyer. Parfois ils s’élancent et montent dans l’arbre … ce sont de sacrés chasseurs.

Pour éviter que les chats n’attrapent un des parents dans leur va-et-vient infini pour nourrir les petits zoizeaux je pose un filet pour protéger l’accès aux branches de l’arbre.

Il leur faut vraiment bosser dur pour élever ces petits, combien de larves ils doivent s’en aller chasser. Ca me rappelle quand je travaillais encore à Tokyo; tous les jours je prenais le train, changement à Shinjuku, ensuite machin, dans cette foule résignée le matin, joviale le soir, pour pougner dans un bureau dont on ne peut ouvrir les fenêtres. Et le soir; je rentrais à la maison, mon sac plein de larves que ma femme s’empressait de bouillir ou frire, d’assaisonner au goût du jour.

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L’année prochaine j’installerai le nichoir dans notre montagne. Mais là, je pose des trucs qui piquent pour empêcher de grimper à l’arbre, et un filet fixé aux branches pour empêcher les chats de s’approcher du nichoir.

On va observer tout ça de prêt en espérant que ça marche.

On commence à y voir plus clair (?)

On commence à y voir plus clair ….

L’origine du virus … s’agirait il d’une fuite accidentelle de l’institut de virologie de Wuhan? C’est en tout cas ce que me suggère notre chat Minou.

Minou m’a forwardé de son Ipaw le lien d’un article du Washington Post du 14 avril 2020 qui révèle qu’en 2018 des scientifiques US avaient alerté sur de nombreux manquements de sécurité dans l’institut de virologie de wuhan.

https://www.washingtonpost.com/opinions/2020/04/14/state-department-cables-warned-safety-issues-wuhan-lab-studying-bat-coronaviruses/

Voilà qui serait très compromettant pour le gouvernement chinois.

Entre autres choses les chercheurs de cet institut ont fait de nombreuses études sur les coronavirus présents dans des espèces indigènes de chauve souris. Des chercheurs y ont même mis en évidence la possible transmission du coronavirus de la chauve souris à l’homme. Ont ils fait aussi du gain of function ? recherche où l’on tente de booster la virulence ou la transmissibilité du virus.

During interactions with scientists at the WIV laboratory, they noted the new lab has a serious shortage of appropriately trained technicians and investigators needed to safely operate this high-containment laboratory,” states the Jan. 19, 2018, cable, which was drafted by two officials from the embassy’s environment, science and health sections who met with the WIV scientists. (The State Department declined to comment on this and other details of the story.)

(…) the researchers also showed that various SARS-like coronaviruses can interact with ACE2, the human receptor identified for SARS-coronavirus. This finding strongly suggests that SARS-like coronaviruses from bats can be transmitted to humans to cause SARS-like diseases. From a public health perspective, this makes the continued surveillance of SARS-like coronaviruses in bats and study of the animal-human interface critical to future emerging coronavirus outbreak prediction and prevention.

(…) the Chinese government’s original story — that the virus emerged from a seafood market in Wuhan — is shaky. Research by Chinese experts published in the Lancet in January showed the first known patient, identified on Dec. 1, had no connection to the market, nor did more than one-third of the cases in the first large cluster. Also, the market didn’t sell bats.(…)

The Chinese government, meanwhile, has put a total lockdown on information related to the virus origins. Beijing has yet to provide U.S. experts with samples of the novel coronavirus collected from the earliest cases. The Shanghai lab that published the novel coronavirus genome on Jan. 11 was quickly shut down by authorities for “rectification.” Several of the doctors and journalists who reported on the spread early on have disappeared.

Faudra peut être envoyer la facture au gouvernement chinois … Miaou.

Si l’on peut mieux comprendre d’où vient le virus, on ne sait pas combien de temps tout cela va durer. Et puis, il y aura-t-il une autre vague l’année prochaine?

Ce virus pourrait entrainer de profondes transformations dans nos sociétés et modes de vie. Des transformations qui se feront dans la douleur. Ca on ne sait pas encore.

Si toute cette crise s’éternise, ici au village, nous allons passer au plan B:

Construire un poulailler. Les poules nous donnerons des œufs tout en nous tenant bonne compagnie.

Décompressons avec les poissons

Ca peut faire un peu de bien d’essayer de décompresser en ce moment:

Je vous invite à décompresser avec nos petits poissons.

On appelle ici ces poissons médakas. On en trouve souvent dans les rizières.

Mon épouse en a une petite collection; dans une dizaine de bassines éparpillées dans le jardin.

Les médakas ne sont pas seuls, des tanishis (escargots aquatiques) leur tiennent compagnie.

Pour planter des mûriers

Il y a quelques pépites de belles nouvelles quand même, avec cette crise du virus on voit de beaux comportements, les gens qui jouent de la musique ou chantent de leur balcon; le club de foot romain qui apporte de la bouffe à ses fans âgés. Lefigaro parlait aussi quelque part de l’entraide qui se développait entre voisins. J’ai un collègue aux US qui a eu le virus et il est resté en quarantaine chez lui, il me décrit comment ses voisins déposaient de la bouffe au pied de sa porte.

Fondamentalement l’homme a envie d’être sympa mais le mode de vie, la mise en condition, parfois l’en dévient. (c’est le connarovirus).

J’écris tout celà de façon trop légère car avant tout il y a les médecins les infirmiers et tous les personnels qui se dévouent à soigner les malades tout en s’exposant et prenant des risques.

On voit le manque d’anticipation des politiques en Europe, c’est comme si tout le monde y était pris au dépourvu, ha y a pas assez de masques ha y faut faire des milliers de respirateurs alors que tout celà avait déjà commencé en Chine il y a plus de trois mois. Et l’Union Européenne. Je me dis que, pour l’Europe, le virus sera un coup plus dur encore que le Brexit .

Pendant ce temps, Poutine fait un coup de comm’ parfait en déployant des médecins militaires en Italie, et leur matériel, le tout air lifté avec neuf magnifiques IL 76. Démonstration de force.

News du village.

Il y a une vieille maison au toit de chaume qui est en cours de démolition, je me demande si c’est pas pour y construire une nouvelle maison. Il y aurait de nouveaux habitants qui viendraient s’installer ?

Pendant Fukushima en 2011n lorsque les réacteurs nucléaires explosaient nous étions à Tokyo, en plein milieu de la ville et un truc qui me foutait vraiment la pétoche c’était de ne pas être en mesure d’évacuer avec ma petite famille… nous n’avions pas de voiture, les trains sont tout le temps bondés de toute façon et faudrait imaginer tous ces milions de gens qui devraient évacuer en même temps. Ce serait impossible. Et puis, évacuer, vers où?

C’est l’un des trucs que je redoutais le plus. De nous retrouver bloqués.

Nous avons changé de vie depuis, en nous installant à la campagne maintenant ça fait 8 ans, et en effet nous sommes moins vulnérables, moins exposés aux aléas. Nous pouvons nous réchauffer avec notre bois, la rivière à côté apporte quantité d’eau et dans le jardin la nuit on entend les légumes pousser. Par contre en cas de typhon une partie de la montagne pourrait s’écrouler pour nous ensevelir en quelques secondes, faut pas l’oublier.

Nous avions coupé quelques cryptomères dans la montagne. Depuis je les ai un peu arrangés. Pour faire des enclos, pour protéger les nouvelles plantations de ces gros coquins de sangliers. L’année dernière les sangliers ont détruit plusieurs des arbres que j’avais plantés, et pour éviter ça je fais des barricades avec de beaux troncs d’arbres, posés les uns sur les autres, cela devrait constituer une défense efficace pour les mûriers que je souhaite y planter. J’utilise des kasugai 鎹 pièces métalliques en forme de U, comment dit on en français, pour fixer les troncs les uns aux autres.

Je fais deux enclos de un mètre quarante de côté. Je plante un mûrier dans chaque. Les troncs de cryptomère ensemble doivent faire une demie tonne, ça devrait marcher contre les sangliers, et puis bien sûr les filets, contre les chevreuils.

Pourquoi planter des mûriers ? Autrefois il y en avait partout dans la vallée, leur feuilles nourrissaient les vers à soie dont tout le monde faisait l’élevage.

Pourquoi en planter en montagne ? Ca a l’air très compliqué et il n’y a peut être pas assez de lumière. C’est vrai, c’est très compliqué mais bon ! je veux essayer.

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Et puis un autre enclos de quatre mètres sur quatre, pour y mettre deux mûriers et aussi des Yamato imo, un genre d’igname. C’est une expérience, apparement ça pousse très bien en montagne, donc on verra.

Pour ce grand enclos les troncs d’arbre de quatre mètres sont trop lourds à porter, donc je les fends en deux avec une masse et un coin.

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Quel boulot ! Et pour quoi ? Pour le fun ! Je vous dis c’est exténuant de faire tout ça mais travailler comme ça en forêt c’est un vrai bonheur, il y fait bon, marcher sur la terre, entendre quelques oiseaux, transbahuter des trucs ….

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