Tagué: vivre à la campagne au japon

Les soucis partent en fumée (tondo)

Le week end de la semaine dernière chaque quartier faisait un tondo, un grand bûcher fait de branches coupées et de bambou. D’un village à l’autre, d’un quartier à l’autre il y a des variations.

Certains villages s’organisent à l’avance et dressent des bûchers tondo magnifiquement arrangées, avec des cordes etc. Certains font un bûcher pour les hommes et un pour les femmes.

Dans notre quartier c’est plus relax, on improvise presque, en montant le bûcher le jour même. On ne fait pas dans la dentelle.

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Et puis une fois tout consumé et transformé en braises, les gens se regroupent et se font des petits barbeculs.

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Tous rassemblés ainsi autour de saucisses et de bouts de viande grillés on passe un moment agréable. Il y a de la bière, du shochu.

La discussion est animée. On parle des derniers événements.

On s’attarde sur l’avenir sombre et incertain, dans ce pays et ces campagnes où les enfants se font de plus en plus rares. C’est la question qui préoccupe tout le monde. Par contre personne n’est en mesure d’expliquer pourquoi le gouvernement et les politiques s’en battent les couilles.

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On me questionne sur les gilets jaunes, et qu’est ce qui se passe avec Carlos Ghosn. On me demande si je connais Carlos, non je connais pas Carlos.

On m’interroge aussi sur la ligne Maginot.

J’explique, puisant dans mes souvenirs de collégien, que les fortifications longeaient essentiellement la frontière allemande car on ne pensait pas que les Allemands oseraient entrer par le côté belge, la Belgique étant alors neutre.

J’ose la comparaison avec les grillages métalliques posés le long du village pour empêcher l’intrusion des chevreuils …. on connaît le résultat …avec les chevreuils qui se baladent dans le village dès que le soleil est tombé.

Une journée agréable et passée en bonne compagnie.

Avoir de bonnes relations avec ses voisins, se savoir entouré de personnes en qui on peut faire confiance, et faire partie d’une communauté solidaire et respectueuse de chacun. C’est si important.

Le balcon en forêt: mission accomplie!

Le tout est désormais stabilisé. Je passe au rabot chaque planche pour éliminer les plus grosses aspérités. Que le balcon en forêt soit confortable! J’utilise aussi le draw knife, un autre outil exotique made in UK, que je ne saurais trouver au Japon et que j’avais trouvé aux US.

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Il y a des petits ajustements nécessaires. Pour éviter que l’eau de pluie s’accumule dans les trous creusés pour les différentes vis je remplis les trous de silicone.

Visser les planches au dessus de la plate-forme est un jeu d’enfant et ce moment marque la fin de ce projet.

J’ai aussi découpé des morceaux d’un vieux pneu. Je les cloue aux planches attenantes aux deux troncs d’arbre. En pressant légèrement le bout de pneu contre l’arbre. Ceci permet de stabiliser définitivement le balcon en forêt, tout en préservant l’écorce de l’arbre.

Je retire mes bottes, je suis en chaussettes sur le balcon, le dos appuyé contre l’un des deux troncs. Il pleut légèrement.

Il y a un insecte; un de ces insectes qui se nourrit du bois. Il se promène sur une planche.
カミキリムシ ou capricorne

J’avais amené un petit haut parleur bluetooth, et j’écoute l’orgelbuchlein de JS Bach.

Je suis très content du résultat …

Mais où est passée Minou ?

Un balcon en forêt, premiers pas

L’emplacement choisi, il faut dégager le passage. Je coupe les troncs à 1.8 mètres, ce qui correspond à la longueur du guide pour la tronçonneuse (haddon) et la dimension du balcon en forêt.

dégager l’espace voila quelque chose qui est tout de suite gratifiant

La pose des quatre piliers se fait assez rapidement. Je les pose sur les quatre parpaings des fondations. J’ai percé les parpaings et les piliers. Dans chaque parpaing je place une barre métallique, qui vers le bas fixe le tout dans le sol, et vers le haut s’enfonce dans le pilier. S’assurer que les piliers ont les bonnes longueurs prend un peu de temps.

Ce système avec les parpaings et les barres de fer suffit à fixer le tout, même s’il a beaucoup de jeu. Je n’ai pas vraiment l’option de couler du béton ou d’amener de grosses pierres, donc je fais dans le light ..

Ah oui pour virer les insectes du bois, penser à retirer l’écorce …

Puis entre en scène la tronçonneuse pour découper deux poutres. Qui viendront se poser sur chaque paire de piliers.

l’extension haddon qui se fixe à la barre de la tronço permet de guider celle-ci selon une ligne droite déterminée par un planche ‘guide’.
Voila la première poutre. Le plus important, ne pas se blesser.

Je fixe les poutres aux piliers avec de grosses vis de 24cm.

Ha! Pour mon grand plaisir mon épouse et Minou viennent faire un tour dans la forêt et visitent le chantier. Mon épouse en profite pour ramasser des feuilles de cryptomère. Il n’y a rien de mieux pour allumer le feu dans le poêle à bois le matin!


Un balcon en forêt … choisir l’emplacement

Dans l’article précédent j’écrivais ‘cabane’ mais depuis je me suis souvenu de ce beau roman de Julien Gracq, un balcon en forêt… et cette expression convient parfaitement à ce projet. Donc, mon projet, c’est de construire un balcon en forêt!

J’ai fait plusieurs croquis pour voir. Sachant qu’une fois sur le terrain, c’est un peu place à l’improvisation …

Mais la chose la plus importante avant tout cela c’est de choisir l’emplacement. Où, dans notre petite montagne, installer la plate-forme ?

Je pensais au début le faire dans la partie la plus haute de notre montagne, un coin bien isolé entre les arbres. Là on aurait été vraiment à l’écart, loin du vacarme du monde, en pleine nature et plus près de Dieu.

Mais finalement l’endroit est un peu trop sombre. Cela peut poser problème, rapport à l’humidité, surtout l’été quand c’est subtropical… dans un coin trop humide, pas exposé au soleil … mon balcon en forêt ne durerait pas trois ou quatre ans et pourrirait illico presto. Resteraient plus que les vis et les clous !

J’opte donc pour cet espace entre deux arbres au niveau de la deuxième terrasse. Et puis, les arbres pour faire ce projet sont ici, sur la deuxième terrasse. Pas besoin donc de les hisser jusqu’en haut. C’est plus réaliste, plus clair, plus aéré. Même dans ces projets il faut garder les pieds sur terre.

De là on a aussi une bonne vue sur le village. Et en particulier sur notre maison. Ce qui peut être pratique en cas d’accident (exemples: chute ou attaque d’un frelon géant). Ou alors si il y a soif je peux appeler mon épouse en bas et lui demander de m’apporter du thé ou un pastis.

C’est situé ici … si l’on regarde d’en bas, de notre maison. Ça n’est donc ni trop près ni trop loin.

Le point jaune correspond à la deuxième terrasse.

Une fois l’emplacement décidé pas besoin d’attendre, je pose quatre parpaings qui serviront de fondation. Le balcon en forêt sera entre ces deux arbres.

Et quand on lève le regard vers le ciel, on voit:

ces majestueux cryptomères. On perçoit une bande de ciel, c’est le vide laissé par les arbres que nous avons coupés plus tôt cette année, et qui serviront à ce projet.

Avec ce petit projet il y aussi un message que je voudrais passer aux villageois: ces forêts délaissées, peuplées de ces cryptomères sans plus aucune valeur marchande (faute à la globalisation) on peut quand même en faire quelque chose et y passer des heures agréables.

Gros progrès sur le mur

J’ai dû mal comprendre au sujet de la moquette qu’Emmanuel notre président souhaite refaire pour trois cent mille roros, est-ce la moquette de la salle des fêtes de l’Élysée ou celle de Brigitte ?

Dans la liste de mes projets en cours et futurs il y avait ‘Rehausser la berge de la rivière le long de la maison de madame M, pour mieux la protéger d’inondations possibles. Pierres et béton.’

Voilà c’est fait. je ne sais pas si c’est fini vraiment car il y aura des petites retouches à faire, mais, le mur le long de la rivière est effectivement refait et rehaussé. Les pierres en haut étaient simplement posées sur des sacs en plastique emplis de terre. J’ai tout retiré, posé des pierres plus grosses, les plus grosses possible; et consolidé le tout avec béton et mortier.

La clef pour réussir ce projet c’était 1- ne pas se détruire le dos 2- utiliser une bétonneuse, empruntée auprès d’un ami.

J’ai également continué en montant un parapet le long de la terrasse de la maison de madame M, qui surplombe la rivière. Haut de 30 cm c’est pour éviter les inondations mais aussi:

-évider les chutes accidentelles, d’enfants ou d’adultes îvres. A un endroit la chute d’une personne se ferait sur trois mètres et pourrait endommager la roche en bas qui forme le lit de la rivière. Safety first. 安全第一

-et faire une sorte de banc en pierre, où l’on peut s’asseoir et observer tranquillement la rivière qui s’écoule juste en bas, et y picoler et/ou bouquiner tranquillement. (les joies simples).

Parce que la maison de Mme M c’est un peu comme chez nous, le meilleur endroit de la maison, c’est le jardin, quand on est dehors.

assis sur le parapet on a vue directe sur la rivière. c’est formidable.

Pour faire le parapet j’ai utilisé des pierres assez énormes. Certaines doivent faire facilement 60 kilos si c’est pas plus. Je les ai prises de la rivière, en les faisant rouler. 

Il faut que ce soit du costaud, et puis ces grosses pierres sont vraiment belles. Et pouvoir en rassembler quelques unes ainsi fut un vrai plaisir.

Pour consolider le tout j’ai également coulé du béton derrière les pierres .


Il est toujours bon d’ajouter un peu de fantaisie. J’ai installé trois pieux métalliques sous les pierres. Ils sortent du côté de la rivière:

-ils serviront d’appui pour descendre directement de la cour dans la rivière

-je pourrai même y fixer une planche pour y faire un banc.


C’est si rapide (le mur)

Ce projet de mur le long de la maison et de la rivière … déjà fini ? C’est si rapide. La bétonneuse a bien aidé. Et j’ai bien pougné ce week end !

J’aurais pu continuer et aller encore un peu plus haut … mais je vais m’arrêter là; au moins pour le moment.

La semaine dernière

Et aujourd’hui

La semaine dernière, quand je m’activais à porter des pierres, une voisine est venue me voir et m’a dit:

‘Toi tu n’es pas comme Carlos Ghosn’ あなたはゴーンさんと違う

Tout est dit.

Les gilets jaunes

J’ai bien compris que, pour moi Français vivant à l’étranger au Japon, il vaut mieux, pour garder le moral, ne pas trop lire les niouzes de France. Parcourir lefigaro.fr ou bien lemonde.fr, c’est la déprime assurée!

Il est pas contre impossible, avec le Net, Fessebouc et autre, d’être hermétiquement déconnecté des événements. Donc je n’ai pas pu échapper à ces images des manifs de gilets jaunes.

Ici au Japon où les gens ne se manifestent pas…. Les plus grandes manifs ici, anti nucléaires par exemple, ne rassemblent guère que quelques dizaines de milliers de personnes, au grand maximum! c’est rien quoi …. Donc les mobilisation massives en France, cela fait toujours un grand contraste avec ce que l’on ne voit pas ici.

Je crois comprendre que ce mouve des gilets jaunes est une réaction à une augmentation des taxes sur les carburants ? (mais dites moi svp si je me trompe). Voila une mesure fiscale qui affecte tout le monde et en particulier les PME, les artisans et les foyers modestes. C’est malin! Mais, comme les fortunes sont placées off shore dans les paradis fiscaux … on ne peut prendre l’argent que là où il est.

Vu que la France est en faillite il n’y aucun doute sur le fait que, tant qu’il y aura soixante milions de zouaves à se faire pomper … l’Etat continuera … à pomper leur pognon…  Et rassurez-vous au Japon c’est pareil, avec cent vingt six milions de gugusses à pomper, c’est exactement pareil!

Une population nombreuse et relativement riche (c’est à dire pas dans la misère absolue) c’est comme le pétrole … c’est une source de revenu garantie pour l’Etat qui n’a qu’à se servir … pas besoin d’utiliser sa tête et d’établir une stratégie de développement …pas besoin d’être intelligent… suffit d’augmenter les impôts.

On voit bien à l’opposé les pays qui ne disposent pas d’une masse illimitée de vaches contribuables … par exemple Danemark … Suisse … Singapour … et bien ces États sont obligés de réfléchir et de définir une réelle stratégie pour leur développement. Une population de six millions comme à Singapour ne peut pas suffire à nourrir les appareils de l’État via l’impôt ….

Les gilets jaunes ne changeront rien, ce n’est qu’une jacquerie et ça passera, et il en aura d’autres après comme il y en a eu avant. C’est foutu, c’est tout. Comme ici, sauf qu’ici au Japon, les gens ne sortent pas dans la rue … ils pougnent, et ne se posent même pas de question. Il savent rester les Zen les Japonais ! 🙂

Je ne me demande pas kesskiestlemieuh.

Au sujet des impôts. J’utilise pour refaire le mur le vieux seau de l’ancien propriétaire de notre maison. Il est bien cabossé mais on distingue cette calligraphie:

昭和30年

納税完納賞

« 1955: prix de récompense pour le paiement complet des impôts »



Qu’est-ce-qui se passe ?

Silence radio .. que fait Wakame Tamago (c’est mon pseudo) … J’ai pas écrit d’article depuis début novembre.

Je reviens d’un business tripe aux US, très mouvementé. Comme il est d’usage dans toutes les (grandes) boites il y a eu un changement d’organisation (on dit re-org) et je me retrouve avec un nouveau boss.

Une personne très brillante. Harvard. C’est bien d’avoir un boss intelligent, ça aide beaucoup.

En douze ans ça fait donc mon septième boss, je devrais m’habituer mais non je n’arrive pas. Ces changements involontaires, pas attendus, cela fait partie de la mise. Mais à mon âge …

Au fond j’aimerais être mon propre boss …

Je sais bien, travailler dans la boite; jouer le rôle du salarié modèle à distance (dix mille kilomètres c’est très bien) …. et enfiler la culotte de wakamé tamago et vivre des aventures à la campagne au Japon dès que possible … c’est un peu une vie double que je mène … avec grand bonheur nous essayons de prendre les côtés positifs de ces deux vies … take the cash … and enjoy the time ….

Voilà, donc silence radio … histoire que ça se calme un peu.

Des brouettes bien françaises

Mes trois brouettes avaient elles aussi après le pied-de-biche besoin d’une cure de jouvence.

Pourquoi trois brouettes ?

  • La première je l’ai achetée lors de notre installation dans notre village il y a 6 ans.
  • La deuxième je l’ai trouvée dans les poubelles. Je n’hésite pas à faire les poubelles.
  • La troisième appartenait à madame M et je l’ai achetée avec sa maison.

Chaque brouette méritait bien sa propre couleur, et pourquoi pas donc refaire dans le tricolore ?

 

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Voila l’ancienne brouette de madame M …

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Et celle-ci, dénichée dans les poubelles il y a quelques années.

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Progrès de la BD Histoires Naturelles

Histoires Naturelles est un nouveau de projet de BD inspiré de notre vie à la campagne ici au Japon, dans notre village. Comment nous avons décidé de quitter Tokyo et de commencer une nouvelle vie à la campagne. Comment nous avons trouvé notre maison, fait les travaux etc … Et puis toutes nos découvertes … dans le village … la forêt … les animaux … les voisins … la nature … les nouveaux amis que nous avons rencontrés etc.

Ça n’est pas ma première BD, j’ai également écrit Tout Ira Bien, une fable politique post accident nucléaire.

Je fais tout à l’ordinateur (PC), avec le software CLIP STUDIO PAINT et une tablette Wacom.

Écrire une BD, en tant qu’amateur est un travail de longue haleine. L’idée est venue en 2015 lors de la découverte d’un squelette de chevreuil dans notre montagne. Mais c’est en 2017 que je finalise une bonne partie du scénario et des brouillons.

Aujourd’hui on est en octobre 2018 et 27 pages sont dessinées. Je suis à peu près à la moitié.

J’ai eu de longues périodes d’arrêt!: blocage au niveau du scénario ou du dessin, ou bien trop chaud l’été, ou encore trop de boulot par ailleurs et quand je suis trop fatigué ou stressé je me lance dans des parties de jeu vidéo qui me bouffent les soirées …

La depuis septembre je suis dans une bonne période et j’arrive à passer une heure et demie chaque jour, le soir, sur la BD …

Le brouillon tel qu’il était en mars 2017

 

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Depuis, j’ai pas mal progressé. Les pages colorées sont complètes à 95 pour cents. J’ai fait les dessins jusqu’à la page 28. Si tout tient en 62 pages …

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Voici le détail du progrès …

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Sur ce blog j’ai publié quelques pages déjà… Les voici:

 

La page 1 avec le métro boulot dodo à Tokyo.

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La page 2 ou comment on décide de partir vivre à la campagne.

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La page 3 où l’on part chercher une maison à la campagne. Cette page a depuis été modifiée !

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La page 11 sur notre voisine Madame ‘Riki’. Depuis elle est décédée et j’ai racheté sa maison.

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Voilà ! Quoi qu’il en soit, pouvoir travailler sur un sujet créatif, où l’on peut donner libre cours à la fantaisie, faire des petits dessins avec des jolies couleurs, fait beaucoup de bien.