Catégorie: le bonheur

Autour du puits

Mon ami S charpentier en mi retraite a un petit chantier chez ma voisine Mme T: rehausser l’auvent devant son grenier.

C’est dimanche matin à 8 heures, je vais voir et j’apporte des cafés.

Le grenier en question date de Meiji, en Japonais on dit Kura. C’est là où l’on gardait les récoltes et les trésors de la famille. La construction faite avec des murs et des portes de torchis très épais est dite résister aux incendies.

Le Kura. Avec le puits et l’évier atenant. L’auvent a déjà remis à niveau. Remarquer les portes; faites de terre, et desormais laissée ouvertes. Elles sont dans un cadre en bois pour les protéger.

Devant le kura il y a un puits que complète un évier en ciment.

Chez mes grand parents en Charente dans l’île d’Oléron; chez ma grand mère en Charente profonde il y avait un puits aussi…

Un auvent s’étend le long du kura. Il s’étend pour protéger le puits et l’évier des intempéries. Et celà crée un excellent espace pour les petits travaux, comme préparer les feuilles de thé par exemple.

Notre maison avait un puits parait il mais il aurait été bouché. Il se plaçait pas trop loin de là où j’ai mis mon bureau, peut etre qu’un jour; alors que je bosse, au téléphone avec mes collègues du Texas, pouff, le sol va se défaire sous moi pour m’engloutir dans l’ancien puits.

Un puits c’est vrai c’est un peu magique, c’est là où on pouvait planquer des trucs; tout ce qui dérange …. le bonheur est dans le pré … aussi dans le puits…

Deux poteaux supportent l’extension de l’auvent, un des deux est posé directement sur la terre (quelle mauvaise idée) et avec l’humidité du sol il s’est mis à racourcir, faisant pencher l’auvent. d’un côté..

Le travail consiste à 1 soulever l’auvent avec un cric, 2 poser une grosse pierre; 3 couper à hauteur le poteau déjà raccourci et le poser sur la pierre.

Le travail prend en tout une heure… Mais c’est la conversation du début…

S à l’affaire, il raccourci le poteau pour le poser sur la pierre

Mme T, S. et s’assoient dans le jardin. Je distribue des espresso.

T et S se connaissent peu. Ils commencent à parler du village.

Mme T a plus de 80 ans. Elle parle de la guerre, les bombardements, les B25; elle était écolière à l’époque, S raconte comment sa mère qui y travaillait dans une usine de textile avait fui la ville de Himeji le jour de son bombardement (700 tonnes de bombes incendiaires larguées)…

Elle évoque les nombreux voisins et membres de la famille qui ne sont jamais revenus.

T raconte la période difficile de l’après guerre. Faut dire, c’était la misère. Pendant les vacances d’été avec sa mère elle faisait des sandales en paille de riz ‘wara zori’ qu’elles allaient ensuite apporter à l’école, pour que les élèves aient quelque chose à se mettre aux pieds. 藁草履

La conversation switche ensuite sur la période de l’avant Meiji et j’ai l’étrange impression que pour S et T c’est un sujet beaucoup plus confortable.

T sa famille est dans le village depuis huit siècles, elle parle de l’histoire de sa famille, puis elle demande à S, s’il n’est pas un descendant de Miyamoto Musashi avec, son nom de famille en effet ! Vraiment on est bien entourés.

Il confirme; dit d’ailleurs que son arrière arrière grand père était un samourai … il dit: ‘il coupait les gens’.. Cette expression me rappelle les films de Kurosawa qu’à une époque je visionais en boucle pour apprendre le japonais.

Dans les deux familles les katanas (sabres) ont tous disparus; ils ont été volés, à un moment ou un autre. S. dit qu’enfant ils avaient encore une lance à la maison (yari) et qu’ils l’utilisaient pour la chasse. Dans un autre registre mon arrière grand père Gaston utilisait une baillonette prise aux Allemands en 14 pour récolter les asperges dans le jardin …

Je vis au Japon, mais dans ces conversations, la France, pour moi, n’est pas loin du tout … les repères sont similaires.

Après les travaux, l’idée me vient qu’il faut pas s’arrêter comme ça, et je convie S et T à venir le soir manger quelques brochettes de poulet que nous feront griller dans le jardin.

Ce qui nous permet de passer une excellente soirée.

Pour les brochettes de poulet, j’ai fait reposer la viande de poulet dans ce mélange trouvé sur le Net: Huile d’olive, poivre et sel, de la coriandre, un peu de curry indien, des herbes de provence et du sirop d’érable.

Ces canalisations en béton sont bien pratiques
J’utilise le compresseur pour booster le charbon de bois
Avec les morceaux de poulet standard on a pris aussi des coeurs de poulet; ce que l’on appelle ici le hatsu, qui vient de l’anglais ‘heart’ ,et des gésiers sunagimo

Récolte du riz

On suit le rythme des saisons.

L’été tire sur sa fin. Le riz malgré une saison des pluies super longue jusqu’à fin juillet et ensuite un mois d’aout très sec a bien poussé. Des voisins s’avancent à dire que la récolte devrait être bonne.

Par contre il a plu ces derniers jours, il va pleuvoir toute cette semaine. Après de longs mois de préparations et de travail la question quand moissoner se pose. On ne peut pas récolter sous la pluie, les moissonneuses que l’on appelle combine se bloquent quand le riz est tout mouillé. Un peu comme mon rasoir électrique quand je sors de la douche …

Donc ces derniers moments ont est forcé à prendre des risques. Faire la récolte aujourd’hui malgré une météo très instable, faudrait pas qu’il se mette à pleuvoir, ou alors attendre mais alors la pluie est annoncée pour toute la semaine qui vient.

Ce matin je vais travailler dans notre champ libre, je prépare un nouveau rang pour y planter les légumes d’hiver. Je fais ça à la main avec une pelle. Ce travail physique me fait le plus grand bien, me réveille.

Après je fais un tour dans la vallée… je veux voir si S récolte … peut être qu’il a décidé de récolter plus tard ? Non, il est affairé dans son champ avec des voisins. Parfait ! car je souhaite sans vergogne m’incruster pour observer les travaux et regarder comment tout celà marche. En plus j’ai une caméra et je peux filmer tout cela….

L’ambiance est sérieuse. Vous pouvez aussi remarquer une certain tension dans les gestes. On veut faire vite avant les pluies prévues pour l’après midi. Tout est déjà un peu mouillé et S manipule la moissoneuse avec beaucoup d’attention, en veillant à couper le riz le plus haut possible pour que les lames de la moissoneuse ne bloquent pas.

Une fois la moissoneuse pleine on la vide dans un camion. Voir les grains de riz comme ça on a l’impression qu’ils touchent le jackpot les gars !! C’est le travail qui est récompensé et le résultat de leurs efforts combinés à de la chance (pas d’intrusions de sangliers, pas d’attaque d’insecte)….

L’année dernière aussi je m’étais incrusté. Il faisait un temps magnifique et l’ambiance était tout à fait à la fête.

Les (petits) bonheurs quotidiens

Août … Ce mois a été bien chaud. Aujourd’hui c’était la première fois ce mois que la température est allée en dessous des trente degrés. Je reprends la plume!

Qu’est ce qu’on a fait ? Entre le travail et une visite hebdomadaire au jardin, on n’a pas fait grand chose… C’était pas mal d’ailleurs… l’été Japonais n’est pas fait pour travailler… ça devrait être interdit de bosser par un temps pareil ! Chaleur et humidité 24 h sur 24.

Dans mon petit bureau, de trois mètres carrés, il faisait jusqu’à 38 degrés en fin de matinée et 80 pour cents d’humidité … Heureusement que je commence tôt… vers 4 heures du mat’…. J’ai pas la clim dans mon petit bureau, j’en veux pas d’ailleurs … Y a juste un ventilateur …

Les samedis on s’est occupés aussi du champ. Attention où on met les pieds car on y a vu deux vipères.

Les cacahouètes poussent bien.

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Mon fils est en première année de lycée. Avec le covid ses vacances d’été ont été écourtées et réduites à une petite semaine, histoire de rattraper le retard pris lors du lockdown qui a duré d avril à mai. On peut se demander si c’est aussi important que celà. Mais on admire aussi le sérieux et le sens de responsabilités des enseignants. Je me rappelle aussi que malade j’avais raté la leçon sur les équations différentielles en quatrième quand moi même j’étais au lycée et que ça avait été vraiment difficile de rattrapper ce cours ….

Et vous, qu’avez vous fait cet été ?

Avez vous voyagé malgré le virus ? Avez vous pu prendre des vacances ?

Je change de sujet …. En juillet j’ai commandé le dernier book de Lloyd Kahn … Connaissez vous Lloyd Kahn ? C’est un éditeur américain, un personnage assez atypique; très libre. Il vit en Californie. On peut faire sa connaissance dans cette vidéo.

Ce personnage c’est une source d’inspiration. Son dernier livre décrit avec plusieurs centaines de photos sa maison, en fait une sorte de ferme, où il vit depuis plus de quarante ans. On voit bien que tout son quotidien y regorge de petits bonheurs.

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The Half-Acre Homestead: 46 Years of Building & Gardening

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Et le lien sur Amazon Canada pour Pierre: (si ça t’intéresse!)

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Dans le book il présente les différents bâtiments qu’il a construits sur son terrain. Il y a beaucoup de photos; le texte, c’est plutôt des notes assez brèves. Mais l’on peut visiter sa cuisine, son poullaillier, son atelier, son bureau, son jardin etc … C’est vraiment très bien. Il y a des photos des pains que sa femme fait etc … Ses poules …. les animaux qu’il trouve écrasés sur la route … Ca me fait penser à wakame tamago … j’aimerais arriver à ce niveau, c’est sûr.


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Ca fait aussi penser que tout simplement le bonheur est à portée de la main il suffit de savoir lui prêter attention. Et pas besoin de choses compliquées ni de pognon. C’est le message de ce book là, et c’est d’ailleurs aussi le message de ce blog!

En pyjama (dans le jardin)

Dans l’article de la semaine dernière je parlais des catastrophes naturelles qui frappent souvent le Japon, une collègue m’avait fait la remarque, pourquoi pas aller habiter ailleurs ce serait plus safe, mais voilà, ailleurs, il y a des catastrophes de nature humaine.

Et à y repenser à cet article il y a cette phrase que mon ami S. dit souvent

人間より怖いものはない

Il n’y a rien de plus effrayant que l’homme.

Cet été j’ai pris quelques journées de congé et j’essaie de les passer le plus tranquillement possible. En général ça veut dire faire quelques travaux le matin, et de préférence en écoutant la radio ou des podcasts, prendre une douche, et passer l’après midi en pyjama dans le jardin à glandouiller (lire, écrire, dessiner).

Je suis sur la bonne voie, je le sens.

Passer ses vacances d’été dans son jardin et en pyjama.

Garder le bonheur à portée de la main.

Ce matin j’essaie de mettre de l’ordre dans les tomates. En mon for intérieur je voudrais laisser les tomates tranquilles, et en récolter les fruits de temps en temps. Mais voilà dans la réalité la liberté finit en laisser aller, et c’est l’anarchie. Ceci d’ailleurs ne s’applique pas qu’aux tomates ! Résultat ça pousse dans tous les sens ça prend du volume, mais les tomates à récolter, pas tant que ça.

J’admire mes voisins qui jardinent et où tout est si bien organisé, les tomates poussent au pas et pas la place pour le moindre chaos dans leur jardin.

Je ne sais si j’arriverai jamais à ce niveau, peut être d’ailleurs que c’est incompatible avec mon caractère.

Car comme on peut voir; le jardin devient rapidement une jungle une fois l’été venu.

Ces filets sont pour protéger les tomates des corbeaux

L’été nous faisons des jus de shiso.

Shiso c’est cette feuille qui est souvent servie avec le sashimi. Il y en a plein dans le jardin.

Ici l’espace entre trois rangs est occupé par le shiso qui déborde.
Les grilles métalliques pour couler le béton,

voilà un bon support pour les haricots.

Le goya, en anglais c’est bitter cuncumber, aprécie aussi

ces grilles métalliques pour grimper. Le goya démarre assez tard je trouve, sans doute le manque de soleil en juillet. Il a plu énormément.

ça c’est du myouga. Une plante de la famille du gingembre.

On en mange les pousses. Celles ci coupées finement accompagnent très bien le toufu.

Ici deux pousses pointent le bout de leur nez.

Les petits piments type shishito poussent très bien. Je les fais souvent en ratacouille.

Assez tardivement j’ai planté ces édamamés

J’en avais planté dans cent petit pots, pour notre projet d’agriculture … Décimés par les insectes ça n’a donné que huit pieds.

C’est la première fois que je fais pousser des asperges !!!!
Photo prise dans le jardin, une couleuvre en train d’avaler une grenouille.

Il a fallu plusieurs minutes pour que la couleuvre avale entièrement la grenouille. Voilà un point faible pour les serpents car pendant cette opération ils sont assez vulnérables.

Toujours le champ libre (nougyoubu)

Ca fait du bien d’écrire … récemment j’expérimentais avec la vidéo …

Depuis le précédent article nous avons bien progressé dans notre projet de jardinage à (pour nous) grande échelle. En Mai nous avions fini de planter gingembre, patates douces, potirons, Yamato imo (une variété d’igname très recherchée), ko imo (dialecte local je crois, sinon c’est le satoimo ou: taro) et cacahouètes. C’est sur quoi nous nous sommes concentrés et ce que nous avons planté ‘à grande échelle’ (disons un rang complet pour chaque).

de gauche à droite; gingembre, légumes divers, cacahouètes, au fond Yamato imo et patate douce

En plus nous avons planté quelques pieds de tomate, concombre, piment, aubergine, pour le fun…

En fait les 800 mètres carrés du champ sont presque trop, et nous avons décidé de laisser une grande partie de cette surface presque intouchée, nous contentant d’y semer citrouilles et tournesols, à la volée.

Ce geste, de semer à la volée: voilà un geste magique qui a dû réveiller en moi des gènes enfouis bien profond. C’est une sensation de liberté et de puissance qui jaillit lorsque l’on fait ce geste !

Tous mes espoirs sont dans les cacahouètes qui ont fait un beau départ

Ce champ est une ancienne rizière et je me rends compte qu’il y a là un sacré avantage: il suffit d’ouvrir une trappe et l’eau de la rivière amenée par un canal d’irrigation en vingt minutes vient inonder notre champ. Plutôt pratique pour arroser.

Sachant la superficie, et le peu de temps que nous consacrons à ce projet (peut être une ou deux demi journées par semaine) les habitants du village qui ne manquent pas de bien observer commencent à se marrer…. en disant de façon ironique être impatients de voir comment les mauvaises herbes vont bientôt tout recouvrir ! Surtout, que, un peu têtu que je suis, je ne veux pas poser ces feuilles plastiques noires pour empêcher les mauvaises herbes …

Le Yamato imo est très lent à démarrer.

C’est que nous tenons à respecter quelques principes, et rester fidèles à nos idées; ne pas utiliser d’engrain chimique ni aucun produit insecticide ou quoique ce soit de toxique. Nous sommes des idéalistes…. On fait du bio !

Bon, je fais une concession, en mettant une feuille de plastique noir sur le rang du gingembre, en attendant que ça sorte …

Avec mon copain S. on a appellé ironiquement notre projet le nougyoubu ou club d’agriculture. 農業部, nougyoubu sonne très sérieux, a une connotation officielle alors que nous sommes simplement deux amateurs qui optent pour la non intervention ou l’intervention minimale….. nous y avons ajouté le préfixe ‘nonbiri’ (のんびり)qui signifie insouciant.

Le club d’agriculture nonchalant, insouciant. のんびり農業部 nonbiri nougyoubu.

Lui le charpentier et moi l’employé de bureau (à distance) nous formons une belle équipe de jardiners en herbe… Mais tout ça on fond c’est juste une excuse pour faire un projet ensemble ….

On verra bien ce que ça va donner. Peut on planter et récolter sur 800 mètres carrés en y passant seulement quelques heures par semaine… sans utiliser de produits chimiques … d’insecticides …

Pour enfoncer le clou j’en fais même un T shirt. J’ai hâte de le porter et de voir la réaction des voisins!

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Le triangle vert reprend la forme du champ; triangle écorné. Les couleurs jaune et vert résonnent avec mon pseudonyme (wakamé algue et tamago œuf)… les quatre étoiles évoquent les quatre hameaux de notre vallée perdue….

Faire du thé bancha en vidéo!

Comme les années précédentes nous avons récolté du thé dans les montagnes et l’avons préparé.

C’est un événement important, qui nous connecte avec la saison. Nous en avons parlé déjà dans plusieurs articles

Préparer du thé

Faire son thé en 2017

Faire son thé

Cette année rebelote nous avons récolté les feuilles de thé et tout préparé mais cette fois ci je filme l’opération.

Si les mots et quelques photos font vivre l’imagination et ont une dimension poétique, la vidéo est plus brut de pomme, et transmet la réalité telle quelle…

L’Œil de la Grenouille

Il y a cette grenouille que je retrouve souvent dans le coin du jardin où nous avons des mékadas (petits poissons)

J’essaie de photographier son oeil.

L’oeil de la grenouille, ou le neunoeil de la nounouille pour les intimes.

Elle a l’air bien tranquille dans la bassine bleue, et peut être qu’elle nous mange quelques médakas… mais bon …

Avoir le champ libre!

Cette année avec mon ami S nous nous lançons dans un grand projet de jardinage. En fait, l’année dernière je lui parlais souvent de mon envie de disposer de plus d’espace pour planter des légumes en plus grandes quantités. Notre potager dans le jardin est très petit. On y est un peu limité.

S a à côté de son atelier une ancienne rizière, inutilisée, et il m’a proposé d’y faire pousser des trucs ensemble. La rizière fait 240 tsubos soit 800 mètres carrés.

On a le champ libre!

L’idée c’est de faire pousser ce qui demande très peu d’attention et d’entretien. Nous avons sélectionné le gingembre et la patate douce. Le gingembre, on en utilise régulièrement. La patate douce, on la découpe et la faisons cuire dans Calcifer notre poêle à bois, l’hiver.

Il y a aussi une initiative pour la re-dynamisation du village: produire du yamatoimo. C’est une variété d’igname. On l’écrase et le mange par exemple crû avec du riz. On l’utilise aussi pour faire du okonomi yaki. C’est un tubercule très recherché.

En février nous avons commencé à préparer le terrain. Allé chercher deux camionnées de crottin de cheval. L’éleveur de bovins du village a apporté trois tonnes de compost. On a laissé reposer tout cela deux mois.

Puis nous avons passé le motoculteur dans le champ.

La chèvre nous a donné un bon coup de main

Réhaussé les rangs avec le joren 鋤簾(じょれん), voilà un travail exténuant qui brise bien le dos.

Il faut rehausser les rangs, faire un uné 畝 うね pour éviter que la terre reste trempée d’eau. Surtout pour les patates douces. C’est important me dit-on.

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Cette semaine nous avons fini de tout planter. Le gingembre. Les patates douces. Le yamato imo. Le gingembre on plante directement le tubercule. La patate douce, on en plante les tiges (les lianes?).

C’est vraiment un chouette projet. Et puis avec S. on travaille très bien ensemble. C’est beaucoup plus facile à deux. Je découvre un don naturel pour charger la brouette de crottin et la pousser à travers le champ.

Yamato imo: la poule aux œufs d’or ?
On découpe le tubercule en petits morceaux comme une pomme avant de les planter; la peau vers le bas
Le rang du gingembre; planté.
Le Yamato imo planté dans le rang à gauche. Les lianes iront grimper sur le mur en pierres, exposé plein sud
Le rang au milieu pour les patates douces

Avec les médakas sous la pluie …. et des nouilles

Il pleut aujourd’hui. Ca n’a pas l’air d’importuner les médakas dans le jardin.

Cette vidéo des médakas est, je trouve, mieux réussie que celle de la semaine dernière.

Voici donc une nouvelle vidéo des médakas

Avec le coronavirus et les mesures de confinement un peu partout, dans les supermarchés, les spaghettis se sont vendues comme des petits pains.

Ici j’ai acheté des somens.

Le somen est une nouille très fine au diamètre inférieur à 1 mm, très légère, faite de blé. En général on en mange l’été, froide.

Pour amuser les grands et les petits on les fait couler dans un filet d’eau le long d’un bambou coupé en deux. Les attraper avec ses baguettes c’est un peu tester sa dextérité. C’est le nagashisomen.

Personnellement j’aime bien en manger avec un curry.

La région d’Himeji où nous vivons est en fait productrice de somen.

Il y a en particulier dans la région 揖保乃糸: une coopérative de fabricants qui s’enorgueillit de la plus grande production. Dans notre vallée il y a à ma connaissance quatre fabriques qui en produisent.

Il y a plusieurs choses à noter …

Les somens sont présentés dans de belles boites en bois. Certaines boites sont faites en paulownia (kiri), c’est avec ce bois que l’on fait les commodes pour les kimonos et les vêtements.

Autrefois, à la naissance d’une fille, on plantait un kiri.
Que l’on coupait vingt ans plus tard pour, le moment de son mariage, faire une commode

Les somens sont liés par un petit ruban, par quantité de 50 grammes. Voilà qui est très pratique, car ainsi pas besoin de mesurer la quantité, deux rubans ou 100 grammes feront un repas. L’idée a dû venir à cause de la fragilité de ces nouilles très fines.

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Avec le petit papier du contrôle qualité, monsieur Shibutani responsable de la fabrique, madame Nagamine responsable de l’emballage.

Décompressons avec les poissons

Ca peut faire un peu de bien d’essayer de décompresser en ce moment:

Je vous invite à décompresser avec nos petits poissons.

On appelle ici ces poissons médakas. On en trouve souvent dans les rizières.

Mon épouse en a une petite collection; dans une dizaine de bassines éparpillées dans le jardin.

Les médakas ne sont pas seuls, des tanishis (escargots aquatiques) leur tiennent compagnie.