Catégorie: la nature
Récolter du thé
Très belle journée, et j’en ai profité pour aller dans ma petite montagne pour récolter un peu de thé. La montagne ici… en effet, on dit yama (montagne) plutôt que mori (forêt).
La montagne donc, étant couverte de grands cryptomères, la lumière y est limitée. Les nouvelles feuilles des théiers, en fonction de leur emplacement plus ou moins exposé au soleil, variaient beaucoup.
Pour y accéder, je traverse la route juste en face de la maison et je monte un chemin qui serpente pour arriver à, je dirais, trente mètres de hauteur. Il ne faut pas aller loin pour, tout d’un coup, arriver dans un autre monde : on ne voit plus les maisons du village et on n’entend plus rien des hommes. Tout d’un coup, tout est très calme, et on n’entend plus que les oiseaux et le vent qui chatouille les branches des arbres.
Espace différent. Autre échelle du temps aussi. Dès que j’arrive dans ce petit espace de la montagne — ce petit espace qui m’appartient, sept mille mètres carrés — c’est un autre chez-moi… Liberté, silence.
Qu’est-ce qu’on se sent bien !
Les théiers sont des survivants de l’époque où les habitants du village étaient autosuffisants, soit il y a 60 ou 70 ans. Alors, presque tout le monde faisait son thé, et les théiers étaient savamment plantés le long des chemins de montagne…
En écrivant ces lignes, je pense à mon arrière-grand-père qui, lui, dans les Charentes, faisait son vin. Au Japon, tout le monde faisait son thé ; en France, c’est le vin — deux boissons qui, chacune à leur manière, rendaient l’eau potable et sûre.
Dans un sens, je répète les gestes que faisait mon arrière grand père, Gaston. Il travaillait sa vigne, moi je vais récolter les feuilles de thé … les gestes dans la forme sont différents mais au fond ils se ressemblent, Donc je me reconnecte avec mes ancêtres.
Cette petite récolte de thé aujourd’hui m’a permis de passer toute la journée dehors !
Or, rien ne vaut passer la journée dehors par un si beau temps.
Une petite réflexion en passant sur la maison traditionnelle japonaise : elle est vraiment conçue pour vivre dehors. Les gens, en l’absence d’électricité, vivaient et travaillaient dehors, et n’allaient dans la maison que lorsque la pénombre ou les intempéries les en obligeaient.
La préparation du thé se fait en trois étapes : — aller prendre des feuilles de thé en montagne ; — je coupe des petites branches entières, ça permet de contrôler la croissance de l’arbuste ; — rentré à la maison, on fait un tri et on retire les branches : c’est la phase du quality control, en faisant attention aussi à retirer les insectes, les cocons de papillons, les araignées que l’on aurait pu ramener ; ensuite, on passe tout dans une marmite sur le feu pour sécher les feuilles. On répète cette opération au moins trois fois.
ça prend tout l’après-midi… Je suis debout devant la marmite ; j’utilise un Dutch oven sur un réchaud à gaz, et même maintenant, six heures plus tard, j’ai encore le pif empli de ces arômes si agréables…
Je laisse les feuilles sécher à la maison et je répèterai cette opération de séchage sur le feu encore demain matin…
Pour la phase 2 du QC quality control ma femme est venue m’aider. Ces petits travaux manuels gagnent à être faits en famille ou avec les amis.
C’est intéressant de refaire les gestes d’autrefois ces gestes qui ont été faits des milions de fois pendant des siècles …. Il y a une reconnexion qui s’opère au niveau de l’ADN ….
Ce thé que j’ai récolté on l’appelle le bancha, une version populaire du thé ou on peut utiliser toutes les feuilles, aussi bien les jeunes feuilles que les autres.
J’aime bien quand je me prépare un bancha y ajouter quelques feuilles de menthe du jardin.
Il m’est d’ailleurs arrivé ces dernières années de faire des petit trips lorsque en buvant du bancha je fume des cigarettes ou une pipe… Etonnant … Il y a tout un parfum qui s’empare de la tête entière et on se sent super bien !!!
Ce que je fais tous les jours
Version Japonaise ici, Anglaise ici.
Cette semaine, c’est la Golden Week au Japon : un petit cluster de jours fériés qui forme un beau moment dans l’année, à la meilleure saison pour profiter de quelques vacances. Avant, dès février, j’attendais son arrivée pour souffler un peu.
C’était pourtant la période où, au travail, nous devions boucler les budgets annuels — l’année fiscale de la boîte commençant le premier juillet.
En réalité, toute ma vie finissait par suivre le rythme financier de l’entreprise : budgets, prévisions trimestrielles, début de la nouvelle année fiscale… Et même pendant la Golden Week — mes collègues aux États‑Unis n’en avaient rien à fiche, de la GW ! — je devais souvent travailler un peu. Ce rythme financier, je l’aimais et je le détestais à la fois : parce que ça ne s’arrête jamais, parce que ça continuera pareil dans cinquante ans, et aussi parce que, comme c’était mon job, cela me donnait une certaine justification et une sécurité d’emploi.
Mais pour moi, c’est fini. J’ai quitté mon job en octobre, et désormais chaque jour ressemble à des vacances — dans le sens où 90 % de ce que je fais, ce sont des choses que j’ai envie de faire. Avant, c’était plutôt 10 %. Je n’ai plus qu’une seule réunion par semaine — au lieu d’une cinquantaine — celle du lundi matin avec mon ami Saki‑chan et son chien, dans son atelier, de 7 à 8 heures… et plus si affinités.
J’ai aussi une présentation mensuelle à préparer pour notre talk‑show avec monsieur Iwata sur la littérature classique japonaise, consacré aux Heures oisives de Yoshida Kenkō. D’ailleurs, demain aura lieu notre neuvième édition, avec deux chapitres qui traitent justement du pognon : les chapitres 140 et 217.
Cela dit, je suis très occupé. Je suis presque plus occupé maintenant que lorsque je travaillais à Microsoft. Incroyable.
Mon emploi du temps dépend de la météo et des saisons. J’essaie de donner la priorité au jardin : ce qu’il faut planter, arranger, récolter, cuisiner, manger. Le jardin et les légumes n’attendent pas ; ils vivent à leur rythme, et c’est à moi de les suivre.
Autre priorité : le bois. Pour stocker un énorme arrivage de bois de chauffe, j’ai dû construire un nouvel abri, puis couper, fendre et ranger le bois. Voilà une activité qui ne peut pas attendre non plus : il n’est pas souhaitable de laisser le bois longtemps sous la pluie-en Juin viendra la saison des pluies-, et en plus ça prend toute la place.
En m’occupant de tout cela ces deux dernières semaines, je me suis demandé comment j’arrivais à faire tout ça tout en travaillant à Microsoft, en y consacrant tant d’heures et d’énergie. Certes, je pouvais faire un petit tour de dix minutes au potager ou aller fendre du bois entre deux réunions. Combien de fois, d’ailleurs, chargé de stress, me suis‑je défoulé avec la hache en imaginant voir, dans les bûches à fendre, les têtes de quelques collègues antipathiques…
Mais au‑delà du jardin et du bois, j’ai désormais tout le temps pour travailler sur mes projets — notamment de dessin. J’essaie de commencer tôt, vers 6 heures du matin. Les meilleurs jours à six heures je me tourne vers mon cahier ou je prends des notes, je fais le point sur mes projets et ce que j’ai en tête, C’est peut être la meilleure façon de commencer la journée. Une meilleure solution sans doute serait de prendre ces notes le soir avant de se coucher. J’essaierai ce soir !
En cette saison, le soleil se hisse de derrière les montagnes vers 10 heures ; à ce moment‑là, je sors voir ce qui se passe. Mais en gros, de 6 heures à midi, je suis sur mes dessins.
Cela ne veut pas dire que je dessine tout ce temps. Il y a beaucoup de réflexion, de flottements : trouver des idées qui me plaisent, des idées un peu farfelues, étonnantes mais avec des sens multiples, chercher la composition, la posture des personnages, l’angle de vue, comment structurer une image. Le temps passé à réellement dessiner est en réalité une petite fraction. J’essaie aussi souvent de nouvelles techniques, et des fonctionnalités du logiciel de dessin clip studio paint … donc beaucoup de temps de recherche et d’apprentissage.
Je travaille sur trois projets :
— La préparation de nos talk‑shows mensuels : deux chapitres chaque mois des Heures oisives de Kenkō. Sélection, lecture, interprétation, puis dessin humoristique pour illustrer le propos.
— Une nouvelle bande dessinée — en réalité plutôt un livre pour enfants — qui présente les Heures oisives sous un nouvel angle. J’y sélectionne des chapitres abordés lors du talk‑show et je réalise de nouveaux dessins. C’est mon gros projet, celui qui me prend le plus de temps.
— Et quelques commandes d’illustration : les dessins de la ville de Tatsuno, un dessin retraçant l’histoire d’une famille des Ardennes au début du XXᵉ siècle, un poster pour un concert de biwa, un pamphlet pour une société d’élagage, etc.
C’est très variable, mais j’essaie de bouger l’après‑midi. Si le temps est trop mauvais, je monte sur mon rameur.
En fin d’après‑midi, je retourne au bureau et je continue. Parfois, lorsque je bute sur une idée, c’est vraiment difficile. Dans ce cas, je passe à autre chose pour laisser mijoter un peu, que les synapses se délient et fassent de la place à de nouvelles connexions.
Je ne m’étends pas dessus ici, mais les moments avec mon épouse — l’apéro avec les chats dans le jardin, les dîners — sont bien sûr si précieux …
C’est franchement une vie de rêve, ma vie de rêve. J’en apprécie chaque minute. Je m’en remercie !!

Tara No Me (pousses d’angélique du Japon) et autres choses
Lundi matin, comme presque toutes les semaines depuis plus de dix ans, je suis allé retrouver Saki‑chan dans son atelier pour prendre un café et faire le point.
On fait notre meeting de 7 à 8 heures du matin.
Quelle excellente habitude.
Les montagnes déploient devant nous leurs palettes de couleurs. Il reste encore quelques cerisiers en fleur, mais déjà on admire des explosions de vert : les jeunes feuillages commencent à se montrer, avec leur vert très frais.
Cette saison du printemps nous offre une multitude de cadeaux, et pas seulement visuels, mais aussi gustatifs.
Justement, Saki‑chan me propose d’aller chercher des tara no me タラの芽 ou des pousses d’angélique du Japon.
J’acquiesce immédiatement.
Saki‑chan remarque : « Oh, tu es vraiment libre maintenant. »
C’est sûr que lorsque je travaillais encore, je devais d’abord vérifier que je n’avais pas de réunion ou quelque chose d’urgent à faire… mais maintenant je suis libre.
La récolte prend une heure et demie.
Nous montons en montagne : il y a un endroit dégagé où poussent une dizaine de tara. Les arbres étendent leurs branches jusqu’à quatre ou cinq mètres ; on utilise des perches télescopiques équipées d’un sécateur au bout.

Au retour, je découvre dans ma botte une énorme sangsue qui se régale de mon sang. Sucer le sang d’un étranger ne semble pas l’incommoder. Je veux éviter de l’arracher, car elle pourrait laisser des crocs dans la plaie… En général, je mets du sel sur les sangsues : elles se détachent tout de suite. Mais il n’y en a pas dans l’atelier où nous sommes de retour.
J’essaie de la brûler avec un briquet. Je me rappelle avoir lu quelque part que les soldats au Vietnam fumaient sans cesse pour se débarrasser des sangsues…

Saki‑chan apporte du mokusaku‑eki (acide pyroligneux, produit de sa fabrication de charbon de bois), et cela fait enfin lâcher la sangsue.
Tout en essayant de la faire partir, on discute des nouvelles, notamment des événements en Iran : encore une chose dont on se serait bien passé. Je n’explique pas à Saki‑chan que l’ayatollah Khomeini fut en exil en France et qu’il gagna l’Iran dans un avion Air France — merci à la France d’avoir protégé cette énorme sangsue… Il aurait été plus avisé de la dégager.
De retour à la maison, je finis de travailler sur un nouvel abri pour le bois.

En général ici on prépare les tara no me en tempura.
De mon côté j’aime bien les passer à la poêle, avec du beurre.
Ce soir j’en fais une tortilla avec trois champignons shiitakés récoltés dans le jardin.

Encore une journée formidable… avec tellement de choses à faire dehors que je n’ai pas pu dessiner.
Mon nouveau projet de BD qui traite de Tsureduregusa -Les Heures Oisives, par Urabe Kenko- pourtant avance pas mal avec de gros progrès depuis Janvier….
Les artistes en scène dès 5 heures du matin
Ce matin m étant réveillé assez tôt j ai posé la caméra vidéo et ai enregistré tout ce qui se passe, entre 5h40 et 6h10 le matin ici en ce mi-mars.
Les chants d oiseaux, avec en fond la rivière … les chouettes …. des canards qui arrivent à un moment …
Plus que regarder … je dirais .. à écouter sur youtube …
Bon …. je ré-essairais mais en orientant la caméra dans le sens contraire, vers la rivière … pour voir ce qu il s y passe.
Reportage chez les ours
Des médias français – le figaro par exemple – se sont fait l’écho des récentes attaques par des ours, au Japon qui à ce jour on fait une dizaine de victimes ici.
Pour faire face à ce phénomène, dans certaines régions, l’administration japonaise a autorisé l’armée à tirer sur les ours qui s’approcheraient des agglomérations.
Dans la région où nous habitons, la région du hyogo on décompte environ 600 à 800 ours …
C’est vrai la TV ici dramatise ces événements, fait un énorme pataquès de tout cela, en appuyant uniquement sur l’horreur des attaques mais sans vraiment essayer de comprendre et d’expliquer les raisons. – C’est pareil avec les médias partout …
Tout ceci m’ennerve un peu; les ours animaux sauvages ne font que leur travail d’animaux sauvages et on sait que normalement ils fuient les hommes et essaient de les éviter.
Pour me faire une meilleure idée de la situation j’ai branché la télé pour regarder la chaine de TV des ours.
Nous faisons état de nombreux cas où des ours descendent des montagnes pour s’aventurer dans les villages; ce qui cause parfois des accidents graves; et de la part de la communauté des ours nous présentons toutes nos excuses.
Pour mieux comprendre les événements actuels nous avons fait appel au professeur Kuma(ours)ta de l’université de Kuma(ours)moto
Bonsoir:
En effet à l’époque Jomon -13000 à 400 av JC- les ours et les hommes vivaient pacifiquement
Cependant ces dernières années beaucoup de chataigniers ont succombé à cause d’insectes,
et de plus beaucoup d’installations photovoltaiques ont été construites en montagne.
Nous les ours avons moins de nourriture, moins de territoires disponibles et dans certains cas nous devons descendre dans les villages pour trouver à nous nourrir.
Et si la population des campagnes décroît alors le nombre d’humains qui connaissent la nature décroît également.
Si l’homme s’éloigne de la nature, il va finir par ne penser qu’à l’argent, il va oublier l’existence des autres êtres vivants.
Et nous les ours ne seront pas les seuls à en pâtir, mais tous les autres êtres vivants: les abeilles, les blaireaux, les renards, les oiseaux, les arbres et les plantes.
Si l’homme ne comprend plus que lui aussi fait partir de la nature il sera très difficile de cohabiter avec eux.
Ceci dit; que pouvons-nous faire, nous, les ours
c’est par exemple lorsque nous mangeons des kakis; de faire caca là où les graines peuvent germer et pousser, pour faire de nouveaux arbres.
Le noyer et le chat
Il y a dix ans j’avais planté un noyer dans le jardin. Placé à quelques mètres de la rivière il avait très bien poussé. Seulement une fois cependant, il avait donné des noix, j’en avais fait un article.

Mais à la fin de l’été dernier il a tout d’un coup perdu toutes ses feuilles, et ce printemps on a eu beau attendre en espérant: rien. pas de bourgeon, pas de feuille…. rien du tout.

Je l’ai coupé.
J’ai remarqué après l’avoir découpé un petit trou dans le tronc; très certainement l’œuvre d’un capricorne… Voila la raison de la mort soudaine du noyer.

D’ailleurs il y a un coquin qui se balade la ….

Le donner à manger à notre poêle à bois calcifier ça aurait été un peu trop triste, alors pour garder un contact avec le noyer j’en fait une paire de baguettes (des grandes baguettes, pour cuisiner) et une spatule.



Je passe ainsi trois bonnes heures silencieuses avec le noyer, dont le bois continuera à nous tenir compagnie….
La saison des pluies est officiellement terminée et il a commencé à faire chaud. Notre chatte Minou n’est pas rentrée à la maison pendant trois jours et nous nous sommes inquiétés.
Elle est rentrée; très frêle, très fragile. Elle a dû se déshydrater, perdant un quart de son poids !
Où a-t-elle passé ces trois jours. Était-elle bloquée quelque part, pas exemple dans la grange d’un voisin, on ne le saura jamais car elle nous ne le dira pas !
Mais quel soulagement de la savoir de retour…
Minou elle est très sauvage mais on voit qu’elle comprend et anticipe nos pensées … et moi aussi je comprends ce qu’elle veut … peut-être est-elle la réincarnation d’une princesse, une aristocrate… Notre autre chatte Scotch elle est très différente, c’est plutôt comme si elle était une extra-terrestre, et venait directement de l’espace.
Semaine de vacances
J’ai pris une semaine de vacances et c’était vraiment formidable.
Chaque fois que je prends des vacances; c’est comme un run test de lorsque j’aurais arrêté mon boulot … ou que le boulot m’arrêtera …
Mélange de travaux dans le jardin, de travail autour de mes bandes dessinées, et une ou deux escapades. Le tout dans un rayon de moins de 20 kilomètres.
Encore plus agréable avec cette belle saison. Il fait beau, les matins et les nuits sont frais; mais le temps la journée est très agréable.
Et puis c’est la merveilleuse saison des pousses de bambou et d’autres bonnes choses comme le tara no me, jeunes feuilles d’angélique.

Ici d’énormes pousses de bambou laissées à refroidir après les avoir bouillies dans du son de riz pour en retirer l’amertume.

Saki chan m’a amené dans un coin de la vallée où il y en a foison. Souvent le tara no me se fait en tempura mais j’ai essayé, avec mon ADN Charentais, avec du beurre à la poêle. Très bon.

Les tara no me, avant de passer à la casserole.
Dans le jardin je vais visiter régulièrement les semis et voir ce qui se passe.
Côté Bande dessinée
Côté Bande dessinée j’ai fini de ranger mon Open Garage et je vais l’ouvrir les samedi et dimanche de la semaine prochaine.
Le projet de l’open garage je l’avais un peu mis en sourdine ayant réalisé que pour exposer des dessins …. il faut d’abord des dessins ! Je me suis donc concentré sur mon dernier livre, Continuer, que j’ai pu finaliser en Janvier.
Je ne sais pas si il y aura des visiteurs, je me lance dans l’inconnu mais c’est bon pour la santé ça de se jeter dans quelque chose de nouveau que l’on n’a jamais essayé !
Voici les photos que j’ai postées sur instagram hier.
Les 3 et 4 mai
à Himeji
Noter les cônes de signalisation (la porte donne juste sur la route et je trouve que ça peut être dangereux) aux couleurs de Wakamé (vert) Tamago (jaune)
Vente directe des BD
J’expose aussi des dessins de mes trois bande dessinées, Tout Ira Bien, Retour sur Terre et Continuer.
Les dessins, imprimés, je les colle à une petite planche ce qui fait qu’elles tiennent toutes seules et on peut les prendre en main pour les regarder.
Côté lecture
depuis novembre je me suis mis à lire en japonais; choisissant des livres avec ces critères simples: contemporain, et moins de 250 pages. ca a donné une suite de livres assez éclectiques, certains m’ont beaucoup plu, d’autres, beaucoup moins.
Le dernier livre, https://www.gentosha.co.jp/book/detail/9784344434523/ ce soir c’est du gibier par Ogawa Ito m’a tellement déçu (j’ai trouvé trop léger et sans réelle substance) je vais désormais changer mes critères.
https://bookmeter.com/users/1554216/books/read

J’ai classifié les romans japonais lus ces derniers mois.
Axe bas vers le haut: intérêt. le sujet ou l’histoire m’a intéressé voire passionné. Les choses qui m’ont passionné, beaucoup touchent de la société japonaise contemporaine, l’identité コンビニ人間, le suicide des jeunes カラフル、天国はまだ遠く, l’argent pour la retraite 老後の資金ありません、vie de paria en rédemption 苦役列車
J’ai cherché sans trouver des romans sur d’autres thèmes que j’aimerais mieux comprendre le thème des hikikomori, le thèmes des enfants qui refusent d’aller à l’école; auriez-vous des suggestions de livres qui traitent de ces sujets .
Axe gauche vers droite: accessibilité ou facilité de lecture pour le lecteur lambda dont je fais partie.
Donc la bulle orange; excellents livres, sujets passionnants mais le style et le vocabulaire très riches rend la lecture difficile.
Bulle bleu claire; facile à lire mais le livre m’a simplement ennuyé, trop fade à mes yeux, manque de piment.
Bulle jaune: facile à lire et le sujet ou l’histoire m’ont vraiment intéressé.
Bulle bleu foncé : un peu entre les deux.
Ca me fait un ratio proche de 50 50 si je compte les livres dans la bulle jaune vs les livres dans les bulles orange et bleu clair.
Pas mal.
Maintenant ma nouvelle approche va être un peu plus ciblée, j’ai gagné confiance en ma capacité à lire en Japonais avec plaisir, donc maintenant je vais choisir des livres qui m’intéressent plus directement, même si le texte peut être un peu plus ancien ou bien plus difficile d’accès.
Cette semaine je commence avec une autobiographie de Mizuki Shigeru le grand dessinateur de Gégégé ni Kitaro … !
Curieux de voir ce que ça va donner
Hier samedi le soleil et le temps doux évoquaient le printemps.
Très agréable.
Propice pour faire quelques projets. Remplacer la roue d’une brouette. Refaire le grillage autour d’un prunier planté l’année dernière pour mieux le protéger des chevreuils. Nettoyer le potager.
Et puis, aller installer une grande bassine dans ma montagne (ici au village on dit yama mais je pense que ‘dans mon bois’ ou ‘dans ma forêt’ est sans doute plus approprié).
Je choisis un emplacement dégagé et lumineux. Je bloque la bassine avec des troncs d’arbres et y pose au fond quelques pierres.
Les prochaines pluies viendront emplir la bassine qui deviendra un point d’eau pour les animaux. Le fait est tout le terrain étant pentu, il n’y a quasiment pas de point d’eau. Je me demande comment ils font!
Je suis très curieux d’observer d’ici quelques semaines comment la bassine va s’emplir et si il y aura des changements notables. Je pourrai installer un camera pour filmer les visiteurs de la nouvelle oasis.
En espérant que les sangliers ne foutent pas tout en l’air. Ce sont des coquins ….



C’est beaucoup de travail
J’arrive à la phase finale de ma nouvelle bande dessinée et c’est vraiment beaucoup de travail:
Dessiner la couverture; corriger les textes, repositionner les dessins, ajuster les couleurs, j’y consacre une grande partie de mon temps libre, cette phase finale est difficile (a pain in the ass) mais nécessaire: pour obtenir un livre qui satisfait ses lecteurs en étant un produit de qualité et soigné, il faut faire ces efforts.
Si je ne fais pas tous ces efforts le résultat en souffrira. Au contraire, à travers tout ce travail je sais que je vais m’améliorer et devenir encore meilleur dans cette partie.
Mon objectif principal c’est que les personnes qui achèteront et liront le livre soient satisfaites. Elles seront certainement surprises peut-être décontenancées car un tel livre, construit de cette façon n’a sans doute jamais existé, en tout cas je n’en ai jamais lu ! Mais si je mets tout le travail nécessaire normalement elles ne devraient pas être déçues.
J’avoue que ma première BD Tout Ira Bien avait peut-être un aspect un peu bâclé … par exemple je n’avais pas dessiné la couverture et avait simplement réutilisé un dessin de la BD… et ça a du être très visible aux lecteurs.

Un problème c’est que à chaque relecture je peux trouver des choses à corriger … à un moment je pense que pourrai me dire ok c’est pas encore parfait mais c’est bon … on y va … on envoie à l’imprimeur!
Ici la saison commence sa transition vers l’hiver. Cette semaine on devrait pouvoir faire nettoyer notre poêle à bois calcifer et je pense que d’ici dix jours nous commencerons nos journées à faire un petit feu.
Côté jardin j’ai encore quelques pieds d’aubergine et de poivrons qui continuent à donner. Les poireaux plantés à la fin de l’été on bien poussé et on pourrait commencer à les utiliser pour la cuisine.

Ce week end je vais planter les oignons. Il faut que j’aille voir comment vont les choux et les gros radis. Je trouve que le moment de les semer est délicat; si ils commencent à pousser trop tôt les insectes vont dévorer leurs feuilles succulentes, si trop tard … c’est trop tard.
J’ai beaucoup suivi les élections américaines sur youtube; plus que les élections françaises.
Trump a fait une excellente campagne, incroyable pour 78 ans. Les Démocrates lui ont cependant bien facilité le jeu en lui opposant une candidate finalement décevante.
Au téléphone avec mes collègues US je les teste un peu pour voir leur réaction; jusqu’à maintenant personne n’a ‘osé’ laisser transparaitre son support à Trump … Il faudrait que je contacte des collègues du Texas ou du Wyoming pour comparer la température avec Seattle et Portland …
Au sujet de la victoire de Trump; c’est peut-être la chance d’arrêter la guerre en Ukraine ? En sur-simplifiant je me dis qu’il suffit d’arrêter de fournir des armes … et que les stocks d’obus sur place s’épuiseront naturellement… avant ça bien sûr il faudrait se mettre d’accord avec Vlado pour s’assurer qu’il arrête sont armée avant Kiev, un truc comme ça. Les Russes ont déjà payé un prix très fort pour leur agression et en plus ils ont perdu Nordstream, qui était peut-être la cible principale des US ….
Mon dessin de 2022 avec Poutine aspiré dans les toilettes était quand même bien faux !
Récolter et consommer du makomo
Makomo. Une plante dont je n’avais jamais entendu parler. Un jeune agriculteur à 15 km d’ici en a planté dans sa rizière. Il y a même eu une petite fête organisée, en mai, et avec quelques dizaines de personnes, nous y étions allés, pour planter du Makomo. Ca se plante comme du riz.
C’était la première fois que je m’aventurais dans une rizière inondée. La sensation d’être les pieds dans l’eau, de s’enfoncer et de glisser dans la boue et de sentir le sol dur au fond c’est presque magique…
Tout ça c’est Reiko vraiment une personne formidable et pleine de créativité qui a monté cet évènement. Elle connecte les idées et les gens, car établie dans le même village que l’agriculteur elle monte une école d’agriculture et de noh. J’ai pu participer modestement puisque j’ai fait le dessin que cette école utilise.
Bref, la semaine dernière nous nous sommes retrouvés dans la rizière pour cette fois récolter le makomo.
Ce makomo, on peut traduire par riz sauvage. Or, ici interviennent les dieux, car par l’effet d’un champignon la tige du makomo va enfler et produire une tige blanche; gonflée et tendre, qui se consomme.
Ici un extrait de wikipédia pour prouver que je ne suis pas fou:
mais pour la production d’un légume particulier : ses tiges enflées par les galles causée par un champignon du groupe des charbons, Ustilago esculenta. Lorsque le champignon envahit la plante-hôte, il provoque une hypertrophie, augmentant la taille des cellules et leur nombre. L’infection par le champignon Ustilago esculenta inhibe la floraison de la plante et interdit la mise à graines de sorte que la plante doit être reproduite par multiplication végétative grâce à ses rhizomes. Les nouvelles pousses sont infectées par les spores présentes dans le milieu environnant, qui est généralement une rizière6.
Les tiges enflées sont récoltées comme légumes appelés gau-soon et kal-peh-soon6 (également, gau sun et kah peh sung)7 et jiaobai en Chine8. Leur nom japonais est makomotake9.
Aller dans la rizière on est entouré des ces tiges très hautes et on oublie rapidement le monde alentour. Les pieds dans l’eau on observe ce microcosme différent. Les araignées. Les grenouilles. C’est superbe. Parmi les tiges on cherche celles qui sous l’effet du champignon montrent cette protubérance blanche, on la coupe.
Rien n’est perdu avec le makomo. Arrivé à la maison on récupère ces parties blanches. Elles font penser un peu au salsifi et à l’asperge. Mais on garde aussi les grandes feuilles car séchées au soleil on peut les passer dans une grande marmite comme lorsque nous préparons le thé: on obtient une infusion délicieuse et sucrée.
Pour cuisiner le makomo on a essayé plusieurs façons différentes; cuit avec le riz, ou bien en poêlée avec du beurre.
Un vrai régal.

Lorsque en mai nous avons planté le makomo.

La rizière avec le makomo, pas encore récolté


Biotope vivant

Récolte

Récolte

L’agriculteur coupe les tiges récoltées

On voit bien les protubérances blanches…

Mais à la maison on récupère les longues tiges

Que l’on fait sécher au soleil. Puis je les passe dans une marmite

Et avec cela nous pourrons boire du thé de makomo!
Premier essai de cuisine avec les « choses blanches », à la poêle avec du porc

Un régal
Vous pouvez suivre l’agriculteur sur instagram et trouver plus de photos: https://www.instagram.com/yauchishizennouen24/





























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