Tagué: cryptomère

La liste des projets en cours et futurs

La liste des projets en cours et futurs continue de s’allonger alors que, l’été fini, les journées vont raccourcir.

  • Continuer la Bande dessinée ‘Histoires Naturelles‘. Je fais une pause depuis Mai. Encore 40 ou 50 pages à faire. 20 sont déjà faites.

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  • Essayer de vendre sur le Net une partie des porcelaines de madame M. En particulier, voir, pour chaque lot possible, le poids et les dimensions incluant l’emballage pour estimer les frais d’envoi.

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  • Rehausser la berge de la rivière le long de la maison de madame M, pour mieux la protéger d’inondations possibles. Pierres et béton.

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  • Faire quelques meubles, une table, deux bancs; pour la maison de madame M. Pour celà je pourrai utiliser les cryptomères que la fille de madame M a fait couper au mois de mai dans une de ses forêts.
  • Y installer de nouveaux rideaux.
  • Réparer une partie d’un mur extérieur, fortement endommagé par les zanimaux.
  • Décider du prix de location de cette maison, pour le week end ou la semaine. et faire une page web pour cela. Ce serait pour les lecteurs du blog; en exclu, pour rester entre amis!
  • Faire un nouveau meuble pour l’entrée de la maison principale; refaire aussi l’arbre à chat.
  • Construire dans la montagne une plateforme surélevée pour y faire la sieste et admirer la forêt. Une dizaine de cryptomères ont été coupés cet hiver, on attend qu’ils sèchent un peu. La plateforme fera deux mètres sur trois, à deux mètres de hauteur. Comme j’ai un peu le vertige, ce sera un projet passionnant.

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  • Dans la montagne, cet hiver, planter les momijis, les ginkos, les kakis qui sont en ‘pépinière’ dans le jardin.

Qui a dit que l’on s’ennuie à la campagne ?

 

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Opération Charbon de bois

Dans sa base secrète (秘密基地), dissimulée des regards, dans une vallée inhabitée, mon ami S. s’est remis à faire du charbon de bois. Je ne sais pas si j’ai déjà fait un article sur cette base. Je crois pas. Ah si! Le voila. En 2013 peu après notre arrivée.

Il a construit deux fours à charbon de bois dans sa base. Il en parlait depuis 4 ans au moins, d’allumer les fours et d’y refaire du charbon de bois mais c’est finalement cet hiver qu’il s’est décidé à s’y remettre.

C’est vraiment pour le fun qu’il fait ça, S.

Il aime à continuer les gestes d’autrefois.

Autrefois: beaucoup dans la vallée étaient charbonniers.

Je suis allé prendre quelques photos.

Toute cette opération tient du domaine du magique. Il faut bien observer et avoir une  intuition développée pour réussir à faire du charbon de bois.

 

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Première étape, préparation du four en l’emplissant de bois. Cette fois S. utilise des branches de cryptomère.

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Ensuite on commence à chauffer le four.

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Cela prend plusieurs heures et des litres de bière.

Le four bien chauffé, on ferme la gueule du four.

 

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S. a fait lui même ces fours à charbon de bois.

Des ouvertures au sommet permettent de réguler les entrants en oxygène.

De la on peut observer ce qui se passe à l’intérieur.

 

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A l’intérieur on dirait un petit volcan.

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Je ne me souviens plus exactement. On attend deux à trois jours. La gueule du four refermée.

Puis le moment venu, on ouvre et on retire le charbon de bois. On voit cette fois ci ça a un peu merdé, beaucoup de bois s’est entièrement consumé.

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Il fait une chaleur d’enfer. On sort le charbon de bois incandescent du four.

On le recouvre ensuite de sable pour stopper la combustion.

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Cet article a été lu et approuvé par Kiri chan le chaton.

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Des endroits merveilleux

Des endroits merveilleux il y en a bien une bonne poignée, dans notre petit village où personne ne vient jamais.

D’ailleurs pour le faire visiter et mieux connaitre je devrais peut être acheter une vieille maison, la retapper et en faire une guest house ? Vous viendriez nous voir ?

Au fond de la vallée, il y a un petit hameau. Plus que vingt personnes y vivent. Il est à moitié déserté. Mais c’est un très bel endroit et ma bicyclette m’y conduit presque chaque jour. Avec le pilotage automatique.

A l’entrée de ce hameau que les montagnes couronnent, un sanctuaire shintô. (jinja).

C’est un endroit magnifique. Merveilleux. On monte un escalier de pierre, un écriteau informe de la présence des vipères.

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Une fois en haut on arrive au pied d’un cryptomère gigantesque. C’est un géant, en effet. Il n’y en a pas beaucoup comme lui. Son écorce est molle, douce et chaude. On pense à la peau d’un éléphant ou encore d’un vénérable vieillard. C’est assez incroyable. On passerait des heures à observer et caresser l’écorce.

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Et puis il y a le sanctuaire. C’est un miracle qu’il tienne encore debout. Dans dix ou vingt ans; faute de population pour l’entretenir ou le réparer ce sera sans doute une ruine.

Ce sanctuaire fait l’intersection entre l’homme et la nature, le profane et le sacré.

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Chose peu courante pour un sanctuaire de si petit calibre, son entrée protégée par deux gardiens de bois silencieux.

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C’est peut être aussi celà qui nous touche car les gens qui ont construit tout cela nous les connaissons presque à moins que ce ne fussent leurs parents ou leurs grand parents.

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Bref. Un beau moment d’émotion.

Welcome to Deep Japan.

Et puis d’autres arbres .. certains, fatigués, se sont couchés.

 

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Avec les cryptomères (et Claudel)

Samedi. Hier. On part à 5 heures du matin. Destination, une petite vallée à 30 km au nord de chez nous.

La vallée est presque inhabitée. Recouverte de forêts de cryptomères plantés là il y a 40 ans, comme un peu partout dans la région.

L’endroit est très plaisant. Une magnifique rivière, ses belles pierres arrondies.

Autrefois, avant que les cryptomères ne se dressent sur leurs trente mètres de hauteur, c’étaient des rizières. En témoignent les anciens murs de pierre qui mettent les terrains à niveau. On exploitait alors le moindre terrain pour faire pousser du riz.

Mon copain S. a été engagé pour couper les cryptomères d’un grand terrain. Un investisseur de la ville y fera installer des panneaux solaires. C’est le boom du solaire ici au Japon et les panneaux solaires fleurissent un peu partout, jusqu’en des endroits à priori préservés. Quand on voit les déastres de l’énergie nucléaire, on ne peut être que pour le solaire. Mais j’ai des réserves lorsque l’on détruit des forêts et que l’on remplace des arbres par des panneaux. Toujours cette course pour la laideur.

Aujourd’hui j’accompagne S. Je chargerai mon camion des plus grosses branches de cryptomères. Le cryptomère est un bois léger, il brûle très vite. Mais c’est différent pour ses branches. Les branches sont beaucoup plus denses que le tronc et peuvent bien s’entendre avec un poêle a bois.

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Toutes les branches font un gros tas sur une partie dégagée du terrain. Le travail consiste à dégager les plus grosses branches, les couper et les charger dans le camion. Un parfum étonnant de réglisses m’accompagne tandis que je m’affaire.

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S. coupe d’autres arbres. Toujours impressionnant d’observer la chute de ces colosses au pied d’argile.

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Le passage sur les cryptomères, dans Connaissance de l’Est de Claudel, me revient à l’esprit.

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Avant de rentrer, S. charge son camion.

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Pour la barrière

Je continue à préparer du bois pour la barrière qui doit fermer le côté de notre jardin qui fait face à la rivière. C’est de la rivière que provient le flux nocturne constant de migrants de la Méditerranée chevreuils qui viennent dévaliser notre jardin et mangent nos paquerettes.

Cette fois-ci je découpe à la tronçonneuse un tronc d’arbre de 4 mètres, dans sa longueur.

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Le tronc d’arbre est joli, avec sa séparation en Y, en deux branches. Cela donne un certain style.

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L’extérieur du bois est commun. Avec un couteau j’ai épluché l’écorce pour virer les insectes et éviter des cailloux et la terre qui abîmeraient la chaîne de la tronçonneuse.

Quand on découpe le bois dans sa longueur on découvre toute sa beauté. C’est une beauté intérieure, comme pour les gens. Ou un livre qui s’ouvre.

Surtout les deux premiers jours, lorsque le bois est encore humide, il a de belles couleurs, les belles couleurs rouges au cœur qui sont typiques du cryptomère.

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On dirait que c’est de la viande, une viande rouge ou bien un beau jambon d’Espagne, la où les cochons se nourrissent de glands sous l’ombre des chênes.

 

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Le rabot révèle toute la beauté de la noble matière.

 

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Moitié moitié

Pour la barrière je coupe dans sa longueur un tronc de 2.3 mètres. A la tronçonneuse. J’en ferai ensuite des petites planches. Je le fends en deux car sinon il serait trop lourd pour le porter et le descendre de la montagne; jusqu’à la maison.

Je suis assez satisfait du résultat.

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Encoches à la hache le long du mètre

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A la tronçonneuse suivre les pointillés.

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Puis continuer, sur toute la profondeur.

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Prendre le temps

J’écris pas mal d’articles sur mes petits projets bricolages mais … 

Mais le message, en fait c’est, plutôt que le bricolage en soi, le plaisir à prendre le temps, et le plaisir de faire les choses soi même.

Passque des bricoleurs plus adroits et plus appliqués que moi, il y en a des millions.

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Au pied de notre petite montagne.

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Il reste ce grand tas de bois. Des arbres que nous avons coupés l’année dernière. et les avons laissés là…

 

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Les outils sont made in Japan sauf le draw knife qui est made in England.

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Oh regardez moi ce petit bébé ! Il mange la partie extérieure des troncs, qui est plus tendre et plus riche. Ca doit correspondre à l’aubier.

Je découpe les troncs, coupés à 1.7 mètres pour en faire des pieux carrés pour faire une barrière. On voit que l’aubier  est trempé d’eau et parfois donc habité d’insectes.

L’aubier est trempé pour les arbres que nous avons coupés en avril l’année dernière. Ceux que nous avions coupés plus tôt pendant l’hiver en février, eux sont secs.

Ce travail permet de retirer une grande partie de l’aubier . (donc je vire les insectes; les parties mouillées qui vont pourrir, j’allège le tout, et donne un aspect uniforme à tous les piliers).

 

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Pendant ce temps j’entends au loin les aboiements d’un chien. Un chien de chasse qui s’est égaré dans les montagnes. Les chasseurs dans leurs petits camions keitora passent en boucle dans le village en bas et klaxonnent pour récupérer le chien qu’ils finissent par retrouver.

Tous ces chasseurs sont très âgés. Petits; nerveux. Il chassent pour l’argent; la prime de huit mille yens par tête de chevreuil. Ils ne semblent pas chasser pour le plaisir ou l’art de le faire … Ca se lit sur leur visage … leur âme s’est éteinte … la lumière dans leur regard est opaque … Ils sont dans le côté obscur de la force …

La présence de ces chasseurs m’inquiète un peu. Ils sont tous à moitié aveugle …  je descends les voir et leur indique d’où les aboiements du chien perdu semblent parvenir. Ils retrouvent leur toutou.

Pour éviter  un accident je vais chercher des hauts parleurs et je mets de vieilles chansons de David Bowie qui viennent emplir le silence de la montagne. Histoire que les chasseurs ne me tirent pas dessus par erreur… sachant que les chevreuils n’écoutent pas David Bowie.

C’est le problème quand on travaille avec des outils à main … si j’avais bossé avec la tronçonneuse j’aurais pas eu besoin de David Bowie pour faire s’éloigner les chasseurs …

Mais j’aurai pas eu autant de plaisir à travailler…

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Les pieux feront 5 suns (pouces) sur 5 soit 15 centimètres de côté… Ca va être du solide …

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Il faudra une vingtaine de pieux en tout … C’est bien de pouvoir prendre le temps…

 

 

Bricolage: un banc d’un arbre

Il reste un tronc de cryptomere dans le jardin et on va en faire un banc.

Projet assez ludique.

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Le banc: simplement deux morceaux du tronc sur lequel on posera une belle planche.

 

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Je vais débiter le tronc à la tronçonneuse.

 

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Puis passe le rabot électrique

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Comment appelle t on cet outil déjà ?

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Et voila !

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La planche est simplement posée sur les deux bouts de tronc. Pas besoin de la fixer. Comme ça on voit bien que le tout vient du même arbre. Toujours quel plaisir de travailler le bois.

Technology Transfer: c’est parti pour la construction

Le point culminant de ce gros projet. Les fondations (six pierres) sont prêtes.

Et nous allons construire l’azumaya (kiosque, charréterie, pergola). Dernieres préparations on écourte les colonnes en fonction de la hauteur relative de chaque pierre.

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Et on finit aussi les chevilles.

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S. est là et est aux commandes. Les pièces de bois sont très lourdes, et il faut bien sa pelleteuse pour les lever et les positionner.

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J’ai bien merdé: je voulais poser une caméra et nous filmer toute la journée, mais dans le feu de l’action j’ai complètement oublié. Je dois dire que j’étais assez tendu, car je craignais que les pièces de bois que j’ai travaillées ne s’emboitent pas comme il faut. Finalement il n’y a eu aucun problème.

Le processus pour la construction est le même que si nous construisions une maison. Il y a simplement moins de pièces et en particulier pas de plancher. Mais le principe et la séquence d’action sont identiques.

Voici l’algorithme:

On assemble un côté (enfonce deux colonnes dans une poutre keta). On le lève et le pose sur les pierres.

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On assemble le côté opposé, (enfonce deux colonnes dans une poutre kéta). On le lève et le pose sur les pierres.

On positionne la colonne du milieu (pour le côté où il y a trois colonnes). Puis on pose le 3e kéta (3e poutre). lequel vient se ficher dans deux poutres avec l’assemblage des ari (fourmi) ou queue d’aronde.

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Ici intervient S. qui se transforme en chat tant il grimpe sur les échelles et marche sur les poutres avec agilité et souplesse malgré ses 62 balais. Avec de gros maillets nous frappons la poutre qui petit a petit s’emboite dans ses deux frangines.

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C’est très impressionnant.

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On recommence pour le quatrième côté.

Ensuite on pose la poutre centrale, hari, qui va elle aussi se fixer dans les deux kétas avec des queues d’aronde. Cette poutre centrale est très lourde, elle a la forme d’une baleine. Dans notre montagne, cet arbre était sur le flanc de la montagne et sa souche etait courbe.

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On remet a niveau, quelques ajustements et ensuite on place les chevilles.

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Il faut continuer ensuite en posant les tsuka et les moya qui forment l’ossature du toit.

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On est en septembre mais il fait encore très chaud. Mais tout prend forme et c’est un vrai bonheur de voir comment les choses se mettent en place. Nous avons passé trois mois à éplucher, découper et tailler ces pièces de bois et tout se joue à la fois, en une journée.

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Puis on pose les hi-uchi, pièces en diagonale qui vont solidifier l’ensemble.

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Voila c’est presque fini, une journée bien remplie. Reste à finir le toit mais le plus dur a été fait.

 

Vous en reprendrez bien encore un peu (épluchage)

Aujourd’hui dimanche, encore épluché des troncs d’arbres descendus de notre montagne; 7 troncs de 5 à 6 mètres de long, disons quarante mètres en tout … ça m’a pris 4 heures … donc du dix mètres de l’heure.

En tout cas c’en est fini pour l’épluchage; j’ai épluché tout ce qu’on pouvait éplucher.

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Etape suivante; on va passer les troncs à la scierie pour notre projet de technology transfer. Là on est dans l’atelier de S.

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Après cette belle journée, les cacahouètes accompagnent la bibine avec perfection. En plus il y avait de la Carlsberg au supermarché. Ca change un peu des bières locales.

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Pendant ce temps là le riz pousse dans les rizières en face.

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Les chevreaux poussent aussi …

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