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Empathie pour le vivant

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Japonais

Hier, j’ai fini de récolter le maïs. Belle récolte. Et maintenant, il faut manger tout cela. Au menu : du maïs pour les trois prochains jours. Jardiner et avoir un potager, c’est se forcer à suivre les saisons.

Apparemment, il y a beaucoup d’incendies en France en ce moment.

Mes pensées vont aux arbres, aux plantes, aux petits animaux, aux insectes qui disparaissent. Aux personnes qui y perdent leurs biens, leur maison, leurs champs… Aux pompiers qui travaillent avec courage, certainement avec trop peu de moyens et des équipements vétustes. Un pays comme la France, idéalement, aurait tant de Canadairs… qu’on ne saurait plus où les mettre… Mais, les priorités sont différentes.


Cela me rappelle une conversation lunaire avec une collègue australienne, il y a quelques années. L’Australie était alors ravagée par d’immenses incendies. Et elle, à Melbourne, se plaignait de l’odeur. Je m’étais demandé : ma grosse -elle faisait 220 kilos je crois-, tu n’as pas une pensée pour tous ces êtres vivants qui y perdent la vie ? Cela m’avait vraiment choqué.

Elle n’était pas la seule : j’avais remarqué cette absence d’empathie pour le vivant chez certains collègues américains qui vivaient au nord-ouest, dans des régions touchées par les incendies. Ils parlaient simplement de la fumée.

Parfois, j’aimerais que l’on retourne à des périodes ancestrales où l’animal était sacré, où l’on dansait et chantait pour lui. Désormais, tout n’est plus qu’un objet.

Sujet similaire cette semaine : il y avait un entretien de M. Iwata avec un chasseur. C’est la série qui a lieu deux fois par mois dans un café dans un village voisin ou monsieur Iwata s’entretient avec quelqu’un.
Cet entretien portait spécifiquement sur le roadkill, c’est-à-dire les animaux tués sur la route par des véhicules. Dans la région où habite ce chasseur, il existe une procédure : les autorités le contactent, il ramasse les animaux morts et les amène sur un terrain spécifique où ils sont ensuite enterrés. Il peut gagner, selon l’animal, entre 3 000 et 10 000 yens pour chaque dépouille.
Je me suis dit : voila qui est un peu sec, dépourvu de sentiments. Ce serait bien si l’on pouvait ajouter une petite prière, une petite danse pour l’animal retrouvé. Et pourquoi pas même une amende pour l’automobiliste ou le chauffeur de camion — la personne malheureuse qui a heurté l’animal — afin de financer une petite cérémonie. Ce serait économiquement inutile, mais tellement plus joli. Ou même un petit cimetière pour les animaux. Ce serait très beau.

C’est grave, docteur ? J’ai toujours été comme ça. Et c’est avec cet esprit que j’écris ce blog et que je fais mes BD, où il y a toujours des animaux comme personnages.

Il faudrait que je remette un seau et une pelle à l’arrière de mon camion, je faisais cela à un moment pour ramasser les petits animaux tués sur les routes et les enterrer dans ma montagne.

En ce moment, je travaille à deux projets : la traduction en japonais de ma première bande dessinée Tout ira bien, et ma nouvelle BD sur les Heures oisives de Yoshida Kenkō -Tsureduregusa-. Bon progrès pour les deux.

J’ai vraiment bien fait de quitter mon travail l’année dernière. Il y a un an, le travail — et tout ce qu’il fallait faire autour — occupait mon esprit à 40 %. Et en même temps, l’idée de quitter mon travail en occupait 50 %. Il ne restait plus grand-chose.
Je ne pensais qu’à ça, quitter mon job …

Voila une règle à s’appliquer, si l’on pense plus à quitter son travail qu’au travail lui-même, alors, il faut y aller, et quitter son travail !

Vive l’été

English.

La saison des pluies est passée. Elle semble avoir duré une dizaine de jours de plus que d’habitude, ce qui, du point de vue de la chaleur, nous a donné un peu de répit. Mais désormais, il fait chaud et humide : nous pouvons déguster de vraies journées d’été.

J’ai toujours trouvé l’été japonais à la fois difficile et énergisant. On peut y dépenser toute son énergie, mais la chaleur doublée de l’humidité nous demande aussi beaucoup d’efforts. Vers la fin de l’été, on sent vraiment une fatigue particulière. Il y a d’ailleurs un mot pour cela : natsu-bate. Je me souviens que, ces dernières années, vers la fin août, je décidais souvent : « Allez, on va bouffer de la bidoche », et je vais acheter des steaks.

L’été japonais, c’est une explosion d’énergie. Dans le jardin, tout pousse très vite. Il fait toujours très chaud. Souvent, de gros orages passent. Les insectes sont partout. C’est une véritable explosion de vie. Mais c’est aussi une saison exigeante. Elle nous rappelle qu’il faut nous préserver et nous protéger. C’est une saison qui nous dit de prendre soin de nous : faire des siestes, éviter le travail continu sous le soleil, se rafraîchir en mangeant des pastèques.

Ca commence juste à pousser ….

Cette saison nous invite à être forts, à bouger beaucoup, à profiter du dehors. Et en même temps, elle nous rappelle notre fragilité. Je parle ici du point de vue de la vie à la campagne, sachant qu’en ville on est plutôt dans un four à micro-ondes : l’asphalte et le béton chauffés à blanc n’ont pas, la nuit, le temps de libérer leur chaleur.

On pense aussi à la thermodynamique et à la préservation de l’énergie. Toute cette chaleur qui vient du soleil reste ici ; finalement, tout finit par être chauffé à blanc. Et si on utilise la clim, on rajoute encore de l’énergie pour simplement déplacer cette chaleur. J’écris d’ailleurs cet article dans mon bureau, où la propriétaire précédente avait installé une clim. Merci à elle.

Lorsque j’écrivais mon dernier article, vendredi 3 juillet, dans le jardin, je disais être bloqué sur mon projet de BD, à la page 43. Depuis, j’ai bien avancé : j’ai pu résoudre plusieurs problèmes et j’en suis maintenant vers la page 60. Tout cela est un travail de longue haleine, non sans moments de doute où je me dis que, plutôt que de bosser devant mon PC, je pourrais aller faire la sieste avec les chats, ou aller me balader à la recherche de villages abandonnés, aller voir la mer …

Oui, je pourrais faire plein d’autres choses. Mais je crois que je veux vraiment explorer et développer mes capacités de création. Les mettre sur papier, donner forme à mes idées. C’est, somme toute, pour cela que j’ai quitté mon job l’année dernière.

Pour revenir à l’été japonais : c’est une saison très généreuse, mais également très dure. Elle nous met à l’épreuve. Elle nous rappelle notre petitesse et notre fragilité. Elle nous dit aussi qu’il ne sert à rien de s’agiter contre les éléments : il faut les accepter tels qu’ils sont et tenter de s’adapter, en toute humilité.

Collector ! ces sacs de chips avec l emballage noir et blanc suite à des pénuries -ou à la hausse des prix- de l’encre, causées par le blocage d Ormuz

Vendredi dans le jardin

C’est vendredi, un peu après midi. Il est 12h30. Je suis dans le jardin, sous notre petit pavillon. Il fait un beau soleil, il fait chaud, mais pas encore humide. C’est une belle journée d’été.

J’ai amené mon PC dans le jardin et je lui dicte ce texte en buvant une petite tisane rafraîchissante. Nous sommes au mois de juillet 2026. Six mois sont déjà passés : nous sommes à mi‑chemin de l’année.

J’essaie de noter chaque jour dans un carnet toutes les choses que je fais, en particulier l’heure à laquelle je me lève et sur quelle page de ma nouvelle bande dessinée je travaille. Cela me permet de mesurer à peu près la vitesse de mon progrès et de voir combien de temps il me faut pour faire une page de dessin.

Aujourd’hui, j’en suis à la page 43. Et je bute : je bloque sur le scénario des deux prochaines pages, et je bloque aussi sur la manière d’améliorer le dessin de deux personnages dans un chapitre précédent. Donc, en ce moment, je suis un peu coincé.

Dans ce cas-là, j’attends. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai décidé de passer la journée dehors, dans le jardin. La passer au bureau, devant mon PC, ne me donnerait aucune nouvelle idée. En général, les idées me viennent lorsque je suis dehors : en train de jardiner, de marcher, ou même lorsque je suis dans mon bain.

Aujourd’hui aussi, préparations pour la session du talk‑show que nous aurons demain sur Les Heures oisives de Yoshida Kenko. Nous faisons cela avec monsieur Kenzaburo Iwata, dans un café à Himeji. Demain, nous parlerons de deux chapitres : le chapitre 7, où l’auteur y va avec un obusier — puis le chapitre 21, qui lui n’est que délicatesse.

Demain, je pense faire un rapprochement entre le chapitre 7, où l’auteur parle de la manière dont on peut finir par gâcher sa vie en en passant à côté, et l’essai de Sénèque sur la brièveté de la vie.

J’aime beaucoup l’idée que, sur des continents différents, à des siècles de distance, des cultures différentes aient évoqué les mêmes sujets. Nous sommes tous des humains, et depuis 2000 ans, finalement, peu de choses ont changé.

C’est cela qui est beau. Et j’aimerais, dans un monde idéal, voir tout le monde s’intéresser à ce genre de sujet plutôt que de se laisser distraire par les faits divers et les petites choses minuscules qui accaparent les esprits. C’est le noise …

Finalement, le sujet du chapitre 7 que nous aborderons demain est vraiment d’actualité pour moi et pour nous tous. Le temps que nous avons est limité et il est aisé de se le laisser aspirer par plein de choses annexes auxquelles on ne tient pas vraiment. Il faut une certaine vigilance et une dose de discipline …

Le paradis sur terre

Dimanche (avant‑hier), il y avait un marché organisé par le temple d’un village à 10 km d’ici. J’y ai déployé mon stand et proposé mes productions aux visiteurs : bandes dessinées, serviettes tenugui, et Le cahier de la vie comme un dessert.

J’avais participé au même marché l’année dernière, en mars, mais il pleuvait alors et nous n’avions pas encore l’explosion de couleurs et de lumières du printemps.

Le temple n’est pas particulièrement grand. Il est situé au centre d’un petit hameau resserré sur lui‑même, où serpentent des ruelles étroites… Les voitures ne peuvent pas s’y croiser, ce qui témoigne d’une époque où il n’y avait pas de bagnoles, mais des mules… non, plutôt des vaches.

Le tout se trouve au milieu d’une plaine assez large, dont les rizières ont pu assurer, ces derniers siècles, une prospérité sans doute inconnue à mon village : ici, la vallée est étroite, les montagnes plus présentes, et l’espace pour les cultures bien plus limité.

À peine 10 km nous séparent, mais la géographie de ce hameau est très différente de la nôtre.

À côté de l’entrée du temple, une petite mare où grenouilles et autres petits êtres doivent vivre en toute sécurité. C’est peut‑être une réserve d’eau en cas d’incendie.

Près de la porte principale, une porte secondaire donne accès à une petite bâtisse ouverte tous les jours aux enfants du village. Je vois d’ailleurs quatre vélos arrêtés devant ; à l’intérieur, des enfants sont assis confortablement, sans doute en train de faire leurs devoirs ou des révisions.

Depuis cette bâtisse, on rejoint le temple proprement dit en se laissant guider par un petit chemin de pierres. Il faut dire que tout est fleuri : fleurs, arbustes, arbres… et leur emplacement n’est pas fortuit. Ensemble, ils participent à cette atmosphère de paix et de sérénité qui imprègne tout l’endroit.

L’espace s’ouvre et se dégage devant le temple. Au milieu, un ancien puits. Si l’on y prête l’oreille, on peut entendre une grenouille. Ce puis est superbe et un cerisier lui tient compagnie.

J’installe mon stand juste sous la statue de Shinran, fondateur au XIIIᵉ siècle de l’école bouddhique japonaise Jōdo‑Shinshū.

La journée commence, avec plusieurs centaines de visiteurs. Et tout le monde a l’air si heureux.

C’est incroyable. Il y a des groupes de musiciens. Des enfants font le tour des stands à l’infini.
Nous devons être une vingtaine d’exposants. Plusieurs vendent des livres d’occasion ; il y a un stand de thé taïwanais, un stand de desserts vietnamiens, un stand de café, d’onigiris, de barbe à papa… Un stand d’arrangements floraux, un autre avec de jolis pots de fleurs faits maison.

Un ami que je n’avais pas vu depuis plusieurs années me suit sur Instagram et est venu me rendre visite avec son jeune fils. Ça m’a fait très plaisir. On a pu bien discuter… Qu’est‑ce que c’est sympathique. Au même moment, trois jeunes femmes arrivent et posent des questions sur mes BD. Je leur présente Retour sur Terre, et justement cet ami leur dit : « Vous voyez là, le dessin de ce monsieur qui fait pipi debout dans une baignoire dans la forêt ? C’EST MON PAPA ! »

Et oui, c’est vrai ! Qu’est‑ce que j’ai ri ! « Et regardez ici aussi, ce monsieur qui apporte un chaton à Wakame Tamago… c’est mon frangin ! » Et oui, c’est vrai aussi !

Pour moi, c’est aussi l’occasion de “tester” mon offre, assez variée : les serviettes tenugui, mes BD, mon dernier cahier La vie comme un dessert.

Je suis conscient des limites de mon business model : le cycle de production de mes BD est très lent. Même si j’ai quitté mon job et que je dessine désormais tous les jours, il me faudra au moins un an pour produire un nouveau livre (contre trois à cinq ans auparavant). À cela s’ajoute qu’avec les BD, on ne peut pas avoir de repeater : une fois qu’une personne a acheté et lu une BD, elle ne va pas racheter la même. Grosse différence avec, par exemple, les desserts vietnamiens… si bons qu’on pourrait vouloir s’en offrir un tous les jours.

Cela dit, je ne fais pas tout cela pour l’argent. Idéalement, la vente de mes produits permettrait simplement de générer assez de cash pour réinvestir : produire un nouveau design de serviette tenugui, par exemple. En même temps, je veux éviter de crouler sous les stocks d’invendus.

Aller dans ces marchés, c’est surtout l’occasion de rencontrer des gens et de faire connaissance. Et vraiment, tout le monde est si gentil, aimable, curieux, amusant… C’est un vrai plaisir.

À un moment, un oiseau est venu voler juste à côté de moi et je me suis dit : ce temple, c’est un vrai paradis.

Pouvoir créer un tel lieu où les gens se rassemblent et passent des moments agréables, le cœur léger, sans tomber dans la moindre vulgarité… voilà un summum de la civilisation.

Classement des coins de sieste

Classement des coins de sieste autour du poêle à bois …

Je fais des petites BD courtes, comme la dernière fois avec le reportage sur les ours.

C’est une double expérimentation.

  • Poster des choses courtes régulièrement sur instagram …. ça a un effet ?…. à voir ….
  • J’en profite aussi pour essayer d’améliorer mon dessin ici je suis plutôt satisfait du résultat …

Au sujet de noël, sur vous cherchez à faire des cadeaux pensez à offrir mes bandes dessinées… ce serait un cadeau double … pour la personne à qui vous offrez la BD et … à moi !!!

Prix de l’association Bunren.

Bunren est une association qui a été créée après la guerre à Himeji pour promouvoir la culture et des artistes et créateurs qui officient dans la région. On voulait reconstruire, et promouvoir la paix …

Depuis, Bunren chaque année décerne des prix à des personnes de la région.

Cette année les prix ont été attribués à M. Watanabé guitariste classique, M. Fujita calligraphie, Mme Kita céramique, M. Ségawa Danse, Mme Téi peinture, M Takatsuka recherche historique et … votre serviteur Wakamé Tamago.

Hier c’était la remise des prix… il fallait faire un discours … j’étais un peu stressé n’ayant jamais fait de discours dans ma vie ni en français ni en japonais … ah si ça m’arrive en fait mais quand je suis tout seul dans mon bain.

Après le discours nous avons fait un mochi tsuki …

Sur mon blog en japonais j’ai mis le texte du discours que j’ai fait.

Tout ça c’est une aventure, comme dans « le livre dont vous êtes le héros ».

Chaque personne récompensée s’est vue offrir également un papier calligraphié comme ici

Je traduis, car c’est si bien tourné …

Wakamé Tamago

De la vie urbaine et de l’accident nucléaire vous avez ressenti un questionnement sur la manière de vivre, cela vous a conduit à vous installer dans un village à proximité de Himeji, qui vous rappelle la vie à la campagne en France, et tout en continuant à travailler chez microsoft vous avez écrit un blog qui présente la vie à la campagne au Japon. En 2021 vous avez publié la BD Retour Sur Terre qui retrace votre retour à la campagne, et en 2025 vous avez publié en japonais et en français CONTINUER un ukiyoé manga, ce qui constitue un véritable japonisme contemporain.

Maintenant que vous avez quitté votre travail vous avez commencé un événement mensuel intitulé le kotenpan où vous choisissez un passage de la littérature classique japonaise pour en discuter librement, cet événement devient peu à peu un lieu d’échanges interculturels.

En hommage à vos activités, qui portent un regard international sur la société contemporaine, et dans l’attente de vos succès toujours croissants, nous vous décernons le Prix spécial de la Culture de Himeji – Prix d’échange culturel international.

Quoi de neuf !

(article similaire en anglais ici)

Chercher du bois

Cette semaine avec mon ami Saki Chan nous sommes allés chercher du bois en montagne. Un chemin forestier à moitié défoncé a été refait plus tôt cette année et pour ces travaux ils ont coupé beaucoup d’arbres, des cryptomères, rangés le long du chemin et Saki chan a eu l’autorisation pour les utiliser. Il suffit de les ramasser …

La semaine dernière aussi j’ai eu l’opportunité de récolter du bois cette fois un genre de marronnier, j’ai donc passé plusieurs après-midis à tronçonner et à fendre …

Côté jardin, nous avons aussi fini de planter les oignons ….

Premier mois de liberté

Un peu plus d’un mois que j’ai quitté mon travail
Cela fait un peu plus d’un mois que j’ai quitté mon travail, et franchement j’ai aussitôt comme oublié ce que c’était …

oublier n’est pas le terme exact, car je me souviens mais c’est comme si mon cerveau s’était empressé d’enfouir les souvenirs du travail …. pour faire place nette … et se reconstruire, établir de nouvelles connexions …

Je constate d’autres changements, qui sont venus naturellement, sans me forcer ….

  • Je mange beaucoup moins. C’est un peu comme si je n’avais plus faim. Avant, quand je travaillais, j’avais tout le temps la dale …. maintenant je ne prends rien le matin, pas faim, et je vais peut être prendre quelque chose de léger vers midi et puis dîner vers 16 ou 17 heures ….
  • question pognon aussi j’ai cessé de faire des achats un peu impulsifs … ça m’arrivait de temps en temps …. je pense que je travaillais, j’avais du stress et parfois j’achetais sur amazon, en un click, des petits trucs de manière impulsive, du genre …. je sacrifie tout mon temps pour le boulot … je vais donc sacrifier un peu de pognon en retour … Je ne suis plus du tout dans ce mode de fonctionnement !

Pour continuer à formuler mon message et raconter mon histoire de early retirement j’ai commencé un blog en anglais sur substack, histoire également de continuer à écrire en anglais pour ne pas le perdre… et puis aussi pour éclairer mes anciens collègues …

Projet sur la ville de Tatsuno

Ces deux dernières semaines j’ai bossé dur pour finaliser une série de dessins sur le thème de la ville de Tatsuno.
Je ne sais plus si j’en ai parlé dans le blog mais on m’avait contacté au mois de mai pour un projet de dessins sur cette charmante ville de la région.
Pour moi ça a été une chance incroyable de pouvoir travailler sur un tel projet.

C’est aussi l’occasion d’apprendre beaucoup de choses sur plein de domaines différents, travailler sur un project « commercial », l’architecture, comment structurer un dessin et aussi les fonctions du logiciel clip studio paint que j’utilise.

Tatsuno est une ville qui a prospéré depuis la période féodale grâce à la production de sauce de soja. C’est ce qui aussi l’a préservée des bombardements américains pendant la guerre -car, je suppose, n’ayant pas d’industrie d’armement à l’époque.
Et donc son quartier historique est excellement bien préservé et gagne à être connu des visiteurs et des touristes ….

J’ai proposé de faire dix dessins de maisons anciennes en y ajoutant un grain de fantaisie …

Mercredi je suis allé retrouver les commanditaires, mes clients, pour leur présenter les dessins. Ils étaient très satisfaits, et ça s’est super bien passé.
Nous allons publier les dessins sur instagram à partir de samedi prochain…

Premiers jours de liberté

On est vendredi, une semaine déjà que j‘ai quitté mon travail…

C‘est quelque chose qui a commencé à me trotter dans la tête depuis quelques années, mais est devenue une véritable obsession depuis un an…

Décider d‘arrêter a cependant été très compliqué.
Il m’a fallu plusieurs mois pour me décider.
Quoi, quitter la cage dorée, où le maître me donne des graines à manger chaque vingt cinq du mois, où aussi chaque mois de septembre il me donne un bonus avec des actions ….

C’est ma femme qui a su trouver les mots décisifs qui ont su me convaincre.

Un point qu’il m’a fallu résoudre c’est la redéfinition de mon rôle. Depuis que je bosse, soit depuis trente ans, et depuis que nous avons un enfant, lequel est maintenant adulte puisqu’il a vingt-et-un ans, j’étais le pourvoyeur. Or, désormais sans revenu fixe je devrai me retirer cette étiquette, je ne serai plus le provider … que serai-je à la place ?

Mais maintenant c‘est fait.

Et à 54 ans je commence une nouvelle vie où je vais me consacrer à mes projets de création de bande dessinées et autres, à plein-temps.

Faire ce move plus tard dans ma vie -dans un deux ou trois ans- serait simplement trop tard. C’était maintenant ou jamais.

Jusqu’à ce que je prenne la décision finale et que je l’annonce à mon chef, mon départ, après dix huit ans dans la même société, il y avait dans ma tête comme un dialogue passionné entre:

l’égo, qui se soucie des sous et de notre possibilité à simplement survivre.

mon coeur, qui veut se dédier aux projets de wakame tamago et tout ce qui gravite autour,

et mon corps qui ne veut plus se lever les matins à trois heures trente pour se caler devant un PC et faire des conference calls pour les cinq heures qui suivent !

Le coeur et le corps l’ont emporté !

Trois pour cents, les sept règles, Bach et un cactus.

Il y a deux semaines je crois la boite a fait un dégraissage en virant manu militari 3 pour cents de ses employés.

C’est pas avec 3 pour cents que l’on fait des économies et que l’on dégraisse en vrai. Pour alléger une organisation il faudrait couper 7 ou 8 pour cents, en revoyant les vraies priorités et coupant des équipes entières.

Dans un gouvernement ou la fonction publique ce serait facile 15 pour cents. Plus une organisation est grande moins elle est efficace. On voit d’ailleurs que les ‘petits pays’ comme la Suisse ou Singapour sont efficaces en comparaison avec les plus grands.

Par contre déjà avec 3 pour cents on arrive à gâcher l’ambiance de somnolente fraternité qui régnait …

Il faut savoir ce qu’on veut.

Personnellement ça fait maintenant 30 ans que je travaille et je sens une grande lassitude s’installer. Ou, l’ennui …. D’autant que de l’autre côté de la barrière, avec mon projet Wakame Tamago, qu’est-ce-que je m’amuse !

Oui je sais l’herbe de l’autre côté de la barrière semble toujours plus verte et plus nourrissante.

Bref à un moment je caressais fébrilement l’espoir d’être dans le panier des 3 pour cents… Facile à dire …

Ce qui n’est pas facile c’est d’arrêter quelque chose de soi-même, Poutine et Gel en ski en sont l’exemple il faut les regarder … ils ne peuvent plus s’arrêter …

C’est facile si les autres décident à notre place.


Il y a deux semaines aussi, j’ai fini de lire l’autobiographie de Shigeru Mizuki.

Excellent book. Après l’avoir lu je me suis commandé des albums de Gégégé no Kitaro, et j’ai lu un volume. Certaines idées m’ont vraiment étonné et fait exploser de rire. Très bien.

Dans son autobiographie il parle de ses sept principes pour le bonheur. Les voici.

  1. Ne pas agir pour le succès, la gloire ou la victoire.
  2. Continuez à faire ce que vous ne pouvez pas vous empêcher de faire. ( WT: peut-être que ça s’applique aussi aux flatulences ?)
  3. Ne vous comparez pas aux autres et poursuivez ce qui vous contente.
  4. Croyez en la force que porte ce que l’on aime.
  5. Le revenu et le talent sont des choses différentes. Savoir que beaucoup peuvent se laisser trahir par leurs efforts.
  6. Devenez paresseux.
  7. Croyez en un monde invisible.

Il fait ensuite un chapitre pour chacun de ces principes.


Lundi je suis allé faire une promenade après le travail. J’ai mis mes belles chaussettes de Jean Sébastien Bach et, les petits écouteurs enfoncés dans les oneilles, je suis parti presque deux heures en écoutant les ouvres complètes de Bach pour orgue, par Marie-Claire Alain.

C’est tellement beau cette musique d’orgue je me dis souvent que dans ma prochaine vie si je suis un humain je ferais bien organiste.

Sur la route j’ai vu trois beaux serpents, j’en vois beaucoup cette année. Ceux qui sont au milieu de la route prennent trop de risque de se faire écraser, sachant que la moitié des conducteurs ici a plus de 70 ans et ne voit rien, l’autre moitié he bien peut-être qu’ils font exprès d’écraser les serpents sur la route (mais à réfléchir je vois rarement des couleuvres écrasées sur la route, ce sont presque toujours des vipères). Les serpents au milieu de la route je leur adresse la parole en Français et leur conseille de regagner les forêts. Il m’écoutent !

Or une surprise m’attend en chemin, sur le bord de la route, dans un caniveau pour être exact:

il y a la un cactus, comment est-il venu s’installer la, aurait-il été jeté au bord de la route …. et ce cactus fleurit ! Je vois ça comme un miracle …

Quelques notes sur la journée

Voila un article que j’hésite à poster … présente-t-il le moindre intérêt ?

MMM je ne suis pas convaincu à 100 pour cent … Mais le message pourtant existe, c’est le bonheur des gestes et des choses simples.

bon tant pis … je le publie ….


Vers 0400 du mat cauchemard étrange – et j’espère pas prémonitoire.

Vers 0500 du mat; réveil et lever. Quick vérif des mails gmails reçus – ah non pas de commande de BD ! Lis deux pages de l’autobiographie de Mizuki Shigeru.

Mon épouse est levée, aussi; et fait son yoga.

Jusqu’à 0700 je vais dans mon home office faire du rangement, mets de l’ordre dans mes stocks de BD – monsieur bazar dès qu’on a le dos tourné fait vite pour s’installer.

Par la même occasion je regarde les mails du boulot et puis recherche où acheter quelques BDs de Mizuki Shigeru, j’en avais avant mais depuis les ai bazardées mais maintenant j’ai envie de les relire ! les recherches amazon ne sont pas satisfaisantes … je recherche auprès de bouquinistes en ligne et fais une bonne trouvaille hop la commande est lancée.

Retour à la maison. Mon épouse a déjà pris son ptit déj et maintenant regarde des match de tennis sur YT. Je me prépare un ptit déj que je vais manger dehors dans le jardin en regardant la forêt et écoutant les oiseaux. Cette proximité quotidienne avec la nature procure tant de satisfaction !

A propos il fait chaud et humide on se croirait déjà en été.

J’enfile la salopette de travail et les bottes pour passer la débroussailleuse.

Les herbes coupées je les ramasse et vais les apporter dans le potager; autour des pieds de tomates et d’aubergines.

Mon attention se tourne ensuite vers les oignons qui ont bien poussé, c’est quand déjà qu’on les récolte ? je dégage des ‘mauvaises herbes’ qui les envahissent et je crains qu’ils aient été exposé ainsi à trop d’humidité… souvenons-nous d’en récolter deux ce soir pour le diner, on fera une salade …

En tout je passe une bonne heure dans le jardin c’est un vrai moment de bonheur, … tout cela en écoutant le dernier épisode du podcast all-in; c’est un des podcasts que je suis régulièrement, leurs analyses de l’économie; du stock market et de l’industrie de l’IA sont toujours enrichissantes.

Pendant ce moment mon épouse fait une consultation avec un de ses clients.

Sa consultation finie elle vient me voir dans le potager, elle a faim ! C’est l’heure du déjeuner.

Après une rapide préparation on part déjeuner dans un petit restaurant de la ville voisine, c’est un endroit charmant, ils font une cuisine délicieuse et tellement originale. Ils sont tellement sympathiques. D’ailleurs mes BD y sont en vente… A propos je remarque que ma BD qui était affichée à côté de l’entrée n’y est plus … cela m’inquiète un peu. Nous nous régalons; mon épouse a un beau plat de spaghettis meat sauce et j’ai deux petits pains légers et fourrés.

On prend quelques minutes tranquille pour lire un peu … je finis l’autobiographie de Mizuki Shigeru. Très bon book !

Je remarque que chaque fois que je me rends ici pour déjeuner; je mange très lentement: c’est parce que c’est si bon !!

Au moment de payer, grosse surprise; juste à côté de la caisse ils avaient préparé une petite table avec mes deux BDs!! incroyable … quelle gentillesse et quelle générosité. le coin Wakamé Tamago …

avec même un petit robot ….

Nous repartons et continuons plus vers le nord où nous irons acheter des oeufs fermiers.

Sur le chemin nous nous arrêtons dans un petit café torrefacteur où j’achète 500g de grains de café. leur café est excellent. C’est le Rocky no ie.

Les fleurs devant le Rocky no ie sont absolument magnifiques. Nous passons quelques minutes à les admirer. J’avais félicité madame Rocky de la beauté de ces fleurs .. si bien arrangées .. les abeilles et les bourdons adorent eux aussi et nous observons leurs va-et-viens.

Un peu plus tard on achète les oeufs fermiers puis retournons à la maison.

De nouveau salopette de travail pour cette fois travailler dans le petit coin fleuri de mon épouse, il fait chaud et humide, on transpire bien, mais on est si bien dehors…

Partout dans le jardin où nous allons les chats nous suivent en silence … C’est que du bonheur tout cela.