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Récolter des ginnans

Ginnans, ce sont les petites boules jaunes vertes que vous avez peut être déjà mangées dans un restaurant de type izakaya.

Techniquement ça n’est pas un fruit, mais disons que c’est la noix du fruit du ginkgo. Cet arbre souvent majestueux que l’on nomme en japonais ichou. (se lit itcho).

le ‘fruit’: ginnan 銀杏

l’arbre: ichou 銀杏 ah oui les deux mots s’écrivent avec les mêmes idéogrammes ….

Ce matin nous allons récolter des ginnans avec mon ami S. Il fait un temps magnifique. Comme vous pourrez le constater le processus de retirer la pulpe du fruit se fait en plusieurs étapes et prend beaucoup plus de temps que la récolte en elle même!

Voici la vidéo !

Ce ginnan c’est assez bon. Un peu d’amertume. Pas sans l’accent de noisettes. Mais plus que le goût à mon avis c’est la texture qui est d’intérêt. Et la chose en elle même.

Mais le ginnan contient des neurotoxines. Une consommation assidue, ou excessive peut conduire à des pertes de conscience, ou même la mort. Des décès ont en effet été rapportés pendant les périodes de disète au cours de la guerre.

Mais il faut aussi considérer que ces arbres font partie des espèces végétales les plus anciennes, puisqu’ils ont précédé les dinosaures de 40 milions d’années … quelle invitation au voyage (dans le temps). quelle dimension poétique !

De Trois à Soixante mètres carrés

Comme vous savez je travaille à la maison. Du télétravail.

Mon bureau était installé dans le jardin dans un tout petit espace; de 1 mètre sur 3 mètres. C’était une petite pièce sombre derrière l’atelier, où autrefois les paysans stockaient leurs tsukémonos.

Que d’heures passées dans ce petit espace! Avec vue sur le jardin, la route, la montagne. Ce petit espace si modeste mais tellement à moi; c’est un peu le sommet de ma vie me suis je souvent susurré.

Mais j’ai décidé de déménager mon bureau dans la maison de Mme M.

De 3m2, je passe à 60m2 !

Comme il n’y pas de chauffage je retournerai sans doute passer l’hiver dans mon 3m2.

Installé dans la maison de mme M Je profite de la petite cuisine pour me faire des espressos le matin.

Avoir beaucoup plus d’espace me permet d’avoir un moniteur en plus. Ce qui aide beaucoup.

Une question qui se posait c’était au sujet de la connexion internet. Commander une nouvelle connexion jusqu’à la maison de Mme M serait possible mais couterait 4000 ou 5000 yens par mois. (40 roros). A noter que notre hameau a été équipé de fibre optique récement. Or, il faut toujours considérer les coûts récurrents fixes sur de longues périodes. 40 roros pas mois sur trois ans ça fait 1440 roros.

Une solution beaucoup plus économique (gratuite) était de relier les deux maisons avec un câble ethernet enterré.

A la maison j’utilise ce système très ingénieux de PLC, un boitier transpose les signaux Ethernet sur le réseau de câbles électriques de la maison. Ce qui permet de se connecter ensuite à internet à partir de n’importe quelle prise électrique dans la maison, ou les bâtiments qui lui sont connectés. Celà permet de couvrir une beaucoup plus grande superficie que le wifi.

Arrivée du câble dans la maison de Mme M… il y a avait déjà une ouverture dans le mur de la cuisine, ancienne aération pour le garde manger (avant donc l’apparition des réfrigérateurs)

Je pose donc une de ces prises dans l’atelier dans le jardin, et, de là, pose un câble ethernet enterré qui va relier la maison de Mme M.

Ca marche à merveille et c’est sans coût mensuel.

La maison de Mme M, je pensais au début en faire un café ou une sorte de petite auberge pour les visiteurs égarés … mais avec le connaronavirus … plus la peine d’y penser.

Les journées de soleil j’ouvre grandes les fenêtres des deux côtés, il y a une brise qui vient me caresser les poils des oreilles, on entend le chant de la rivière juste en bas.

C’est vraiment chouette.

Par contre au début avec ma nouvelle installation les voisins se sont inquiétés. Ils ne me voyaient plus dans mon tout petit bureau dans le jardin … et se sont demandé où j’étais… Le prêtre bouddhiste du village m’a appelé pour savoir si j’étais encore de ce monde.

Travailler chez soi, ou télétravail, se généralise avec le connarovirus. Même au Japon les choses bougent en ce sens, on se souvient des annonces récentes de Fujitsu et de Toshiba qui disent réduire leurs capacités de bureaux de façon significative.

Si j’ai un conseil, pour le télétravail, c’est de s’aménager un espace dédié au travail et clairement séparé du privé. Que ce soit dans son garage, ou dans une pièce de la maison inutilisée, dans un grenier sous les toits comme mon ami Franky, ou encore dans un petit abri dans son jardin.

Il est très important de pouvoir complétement séparer le travail et le privé; car sinon les deux vont se déranger les uns les autres. Donc un espace physique purement dédié au travail et cela peut être un placard, hein; souvenons nous d’Arthur Rimbaud qui s’enfermait dans un placard pour étudier les langues étrangères, facilitera la chose. J’étais très bien dans mon bureau de 3m2; peut être même que j’y retournerai d’ailleurs!

Avec les couleurs de l’automne

Au début j’hésitais je me disais je vais pas aller faire comme tous les vieux … aller voir les couleurs de l’automne …

Ben si je suis allé me balader jusqu’au fond de notre vallée pour observer les couleurs de l’automne, ce que l’on nomme kouyou 紅葉 en Japonais.

En tout celà fait une belle promenade de trois heures, de la maison.

Novembre est vraiment une belle saison ici …

Une ancienne grange, il devait y avoir des animaux autrefois
Un sanctuaire shintô (voir un article sur ce sanctuaire)

sur la route du retour je vois qu’il y a du monde dans l’atelier de mon ami S. Je vais voir!

Tout ça pour des cacahouètes !

Le projet que nous avons commencé cette année avec mon ami S., ce projet qui nous donne le champ libre, et où nous plantons diverses choses dans un champ à côté de son atelier;

Le projet porte ses fruits.

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Nous avons récolté tant de légumes cet été. Et puis maintenant, octobre venu, nous récoltons petit à petit les patates douces et le gingtembre plantés en avril.

Cerise sur le gâteau, les cacahouètes que je récolte ce matin.

J’aurais pu attendre encore un peu, mais visiblement un ragondin (nutoria) a découvert notre champ et a commencé à manger les feuilles des pieds de cacahouètes. J’ai donc décidé de tout récolter.

Ces ragondins …. ils ont été introduits au Japon avec des spécimens importés de France en 1939, leur fourrure servait à confectioner les uniformes pour les pilotes de chasse.

Sans la guerre et la folie humaine, j’aurais pû attendre encore un peu pour récolter les cacahouètes.

La récolte semble bonne; les cacahouètes emplissent un grand panier.

Voilà une plante bien étrange, qui donne des fleurs timides et jaunes, qui s’en retournent dans le sol pour former des cacahouètes.

D’où le nom japonais de rakkasei soit le fruit de la fleur qui tombe.

On apprend toujours, nous avons commis l’erreur de les planter dans un rang assez étroit. Mais cette plante a besoin de beaucoup d’espace; pour ficher autour d’elle ses brins qui donneront de nouveaux fruits, elle a besoin d’espace, un peu lorsque que l’on s’étale dans un canapé, devant la télé, avec bière et cacahouètes …

Si Dieu nous prète vie jusqu’à l’année prochaine, la prochaine fois, nous en planterons sur des rangs beaucoup plus larges, qu’elles puissent mieux s’étaler comme sur un grand canapé.

Cette belle récolte m’emplit de joie.

Certes notre philosophie dans le jardin est d’intervenir le moins possible mais j’ai tout de même passé deux ou trois samedis pour retirer les mauvaises herbes, sous le soleil d’acier de juillet et aout. On a quand même bossé… et tous ces efforts … pour des cacahouètes.

Je les ai ensuite lavées.

Elle sont maintenant à sécher dans l’entrée de la maison de mme M.

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Comment les manger; le mieux à mon avis c’est de les faire bouillir.

https://www.kurashiru.com/recipes/788add05-714d-4f26-afe1-646e57fcb0c1

Revenons au ragondin, nous avons posé un piège pour essayer de l’attrapper. Avec l’intention d’aller le relâcher au fond d’une vallée voisine où il n’y a plus âme qui vive.

Car le filou a également dévoré six plants de chou!!!

Catastrophes Naturelles

Kyushu cette grande île du Japon plus au sud est directement exposée aux grandes pluies et aux typhons. Les dégats cette année sont importants. Avec je crois plusieurs vallées tout à fait inondées etc.

Chez nous aussi il a beaucoup plu il y a dix jours de celà maintenant. Comme nous vivons au bord d’une petite rivière, et qu’à chaque grosse pluie elle se transforme en torrent, nous sommes toujours un peu inquiets. De plus les montagnes nous entourent, elles sont abruptes, recouvertes de forêts de cryptomères où les arbres sont trop nombreux (les forêts ne sont plus entretenues) et leurs racines peu développées: un glissement de terrain et oup tout est fini.

Voici notre petite rivière, filmée il y a une dizaine de jours.

Il y a deux ans, je me souviens; une collègue de Londres m’avait demandé.

why do you stay in Japan ? There are so many disasters there. You could move to the US and be safer there.

J’ai répondu

Well yes in Japan there are so many natural disasters. tremblements de terre, typhons, inondations, etc

But in UK, in France, if there are not many natural disasters, there are many ‘human disasters’ . And in US, there are both humans and natural disasters…

Donc en effet au Japon on se doit se faire à l’idée qu’à tout moment, le ciel peut nous tomber sur la tête. …

On voit bien que celà a forgé l’esprit des Japonais. Même si placés devant un danger imminent, les gens même si très inquiets ou stressés restent calmes. Je l’avais constaté lorsque il y a trois ans nous avions dû évacuer notre hameau, d’énormes pluies avaient provoqué un glissement de terrain pas trop loin de chez nous, et avec tous nos voisins, nous étions allés passer la nuit à la mairie. Tout le monde était inquiet mais tellement calme. Je sentais que j’étais le seul à paniquer intérieurement.

Ceci dit, les actualités ne nous épargnent rien! Cette épidémie mondiale, les incertitudes économiques … le monde se transforme devant nous…

Que faire donc en attendant que le ciel nous tombe sur la tête ?

Ranger ses outils ?

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La voiture du dentiste

Faut parler de la voiture du dentiste … A la sortie de notre vallée, une bourgade avec station essence, écoles, superette et … un dentiste.


Dentiste: une activité sûre (tant que les gens auront des dents…). Et le dentiste a une jolie Audi.
Il aurait pu opter pour quelque chose de neutre, comme une prius, mais la Audi, ça jette.

Regardons la plaque d’immatriculation.


Au Japon on peut choisir le numéro de sa plaque: c’est une option lorsque l’on fait enregistrer son véhicule.

Et parfois, donc, on choisit le numéro pour la prononciation des chiffres et leurs significations… et comme les chiffres peuvent avoir plusieurs prononciations, que celles ci peuvent être abrégées, il y a de nombreuses possibilités.

Et donc le dentiste a choisi 4 6 1 8.

4 peut se lire shi
6 peut s’abréger ro
1 peut s’abréger i
8 peut s’abréger ha

ce qui donne shi ro i ha: les dents blanches. Ce dentiste a, en plus d’une belle voiture, un excellent sens de l’humour.

D’autres numéros étaient également disponibles:

ku ro i ha: 9 6 1 8 les dents noires

mu shi ba: 6 4 8 les caries

ha na shi: 8 7 4 sans dents

Conversation au bord de la route, et Gide

Je me promène: mon chemin préféré qui monte jusqu’au barrage.

Tiens, voila la voiture de monsieur K.

Monsieur K. quel phénomène, il se promène toujours avec ses deux chiens; ils sont la à l’arrière de sa voiture, ce sont des chiens de chasse et monsieur K. est l’un des derniers dans notre vallée qui chasse, avec un fusil. Les derniers chasseurs du village le font avec des pièges.

K. est venu s’installer dans le village il y a quelques années.

Il s’arrète. Sa voiture est toute bricolée, il a ajouté des crochets pour y fixer des outils; on voit, cet homme est un homme libre et il sait mener sa barque. Et le sourire constament sur son visage et ses petits yeux qui brillent tout le temps. Il a tant d’énergie !

K: Tu aimes la tortue ? il entame la conversation

Wakamé Tamago: J’en ai déjà mangé, il y a bien longtemps … mais non je n’en mange pas vraiment… Tu as pris une tortue ?

K: Oui ! j’ai pris deux suppon ! je les ai péchées. La plus grosse je vais la préparer et la cuisiner demain. L’autre, plus petite; je l’ai relâchée. J’essaierai de la repêcher une fois qu’elle sera plus grosse.

suppons, par Hokusai

WT: Ah! tu es un sacré cuisinier nous avons tellement aimé le chevreuil que tu avais préparé mais je vais passer pour la tortue … merci … A propos ça fait longtemps qu’on s’est pas vus ? pas de problème ?

K: Ah ! ma mère est décédée … j’ai été très occupé … des affaires à régler …

WT: Ah … tous mes regrets … quel âge avait-elle ?

K: Elle avait 101 ans!

WT: Quel âge ! C’est fou ! Mais, toi, quel âge as-tu ?

K: Oh ! moi je suis jeune ! je n’ai que 74 ans !

La longévité, être jeune dans sa tête.

On vit souvent de si bons moments, ici, dans le village.

Ajoutons ici deux beaux passages trouvés dans les faux monnayeurs, de Gide, dont je viens d’achever la lecture et que je voudrais partager avec vous.

On ne peut échapper qu’en hauteur: exact !

Cette même idée; que le diable mène le monde actuel, à voir les Trumpes, les Maquerons, les Chichipène et autres aux commandes, of course

Toujours le champ libre (nougyoubu)

Ca fait du bien d’écrire … récemment j’expérimentais avec la vidéo …

Depuis le précédent article nous avons bien progressé dans notre projet de jardinage à (pour nous) grande échelle. En Mai nous avions fini de planter gingembre, patates douces, potirons, Yamato imo (une variété d’igname très recherchée), ko imo (dialecte local je crois, sinon c’est le satoimo ou: taro) et cacahouètes. C’est sur quoi nous nous sommes concentrés et ce que nous avons planté ‘à grande échelle’ (disons un rang complet pour chaque).

de gauche à droite; gingembre, légumes divers, cacahouètes, au fond Yamato imo et patate douce

En plus nous avons planté quelques pieds de tomate, concombre, piment, aubergine, pour le fun…

En fait les 800 mètres carrés du champ sont presque trop, et nous avons décidé de laisser une grande partie de cette surface presque intouchée, nous contentant d’y semer citrouilles et tournesols, à la volée.

Ce geste, de semer à la volée: voilà un geste magique qui a dû réveiller en moi des gènes enfouis bien profond. C’est une sensation de liberté et de puissance qui jaillit lorsque l’on fait ce geste !

Tous mes espoirs sont dans les cacahouètes qui ont fait un beau départ

Ce champ est une ancienne rizière et je me rends compte qu’il y a là un sacré avantage: il suffit d’ouvrir une trappe et l’eau de la rivière amenée par un canal d’irrigation en vingt minutes vient inonder notre champ. Plutôt pratique pour arroser.

Sachant la superficie, et le peu de temps que nous consacrons à ce projet (peut être une ou deux demi journées par semaine) les habitants du village qui ne manquent pas de bien observer commencent à se marrer…. en disant de façon ironique être impatients de voir comment les mauvaises herbes vont bientôt tout recouvrir ! Surtout, que, un peu têtu que je suis, je ne veux pas poser ces feuilles plastiques noires pour empêcher les mauvaises herbes …

Le Yamato imo est très lent à démarrer.

C’est que nous tenons à respecter quelques principes, et rester fidèles à nos idées; ne pas utiliser d’engrain chimique ni aucun produit insecticide ou quoique ce soit de toxique. Nous sommes des idéalistes…. On fait du bio !

Bon, je fais une concession, en mettant une feuille de plastique noir sur le rang du gingembre, en attendant que ça sorte …

Avec mon copain S. on a appellé ironiquement notre projet le nougyoubu ou club d’agriculture. 農業部, nougyoubu sonne très sérieux, a une connotation officielle alors que nous sommes simplement deux amateurs qui optent pour la non intervention ou l’intervention minimale….. nous y avons ajouté le préfixe ‘nonbiri’ (のんびり)qui signifie insouciant.

Le club d’agriculture nonchalant, insouciant. のんびり農業部 nonbiri nougyoubu.

Lui le charpentier et moi l’employé de bureau (à distance) nous formons une belle équipe de jardiners en herbe… Mais tout ça on fond c’est juste une excuse pour faire un projet ensemble ….

On verra bien ce que ça va donner. Peut on planter et récolter sur 800 mètres carrés en y passant seulement quelques heures par semaine… sans utiliser de produits chimiques … d’insecticides …

Pour enfoncer le clou j’en fais même un T shirt. J’ai hâte de le porter et de voir la réaction des voisins!

https://society6.com/product/club-dagriculture-insouciant_t-shirt

Le triangle vert reprend la forme du champ; triangle écorné. Les couleurs jaune et vert résonnent avec mon pseudonyme (wakamé algue et tamago œuf)… les quatre étoiles évoquent les quatre hameaux de notre vallée perdue….

Faire du thé bancha en vidéo!

Comme les années précédentes nous avons récolté du thé dans les montagnes et l’avons préparé.

C’est un événement important, qui nous connecte avec la saison. Nous en avons parlé déjà dans plusieurs articles

Préparer du thé

Faire son thé en 2017

Faire son thé

Cette année rebelote nous avons récolté les feuilles de thé et tout préparé mais cette fois ci je filme l’opération.

Si les mots et quelques photos font vivre l’imagination et ont une dimension poétique, la vidéo est plus brut de pomme, et transmet la réalité telle quelle…

Avoir le champ libre!

Cette année avec mon ami S nous nous lançons dans un grand projet de jardinage. En fait, l’année dernière je lui parlais souvent de mon envie de disposer de plus d’espace pour planter des légumes en plus grandes quantités. Notre potager dans le jardin est très petit. On y est un peu limité.

S a à côté de son atelier une ancienne rizière, inutilisée, et il m’a proposé d’y faire pousser des trucs ensemble. La rizière fait 240 tsubos soit 800 mètres carrés.

On a le champ libre!

L’idée c’est de faire pousser ce qui demande très peu d’attention et d’entretien. Nous avons sélectionné le gingembre et la patate douce. Le gingembre, on en utilise régulièrement. La patate douce, on la découpe et la faisons cuire dans Calcifer notre poêle à bois, l’hiver.

Il y a aussi une initiative pour la re-dynamisation du village: produire du yamatoimo. C’est une variété d’igname. On l’écrase et le mange par exemple crû avec du riz. On l’utilise aussi pour faire du okonomi yaki. C’est un tubercule très recherché.

En février nous avons commencé à préparer le terrain. Allé chercher deux camionnées de crottin de cheval. L’éleveur de bovins du village a apporté trois tonnes de compost. On a laissé reposer tout cela deux mois.

Puis nous avons passé le motoculteur dans le champ.

La chèvre nous a donné un bon coup de main

Réhaussé les rangs avec le joren 鋤簾(じょれん), voilà un travail exténuant qui brise bien le dos.

Il faut rehausser les rangs, faire un uné 畝 うね pour éviter que la terre reste trempée d’eau. Surtout pour les patates douces. C’est important me dit-on.

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Cette semaine nous avons fini de tout planter. Le gingembre. Les patates douces. Le yamato imo. Le gingembre on plante directement le tubercule. La patate douce, on en plante les tiges (les lianes?).

C’est vraiment un chouette projet. Et puis avec S. on travaille très bien ensemble. C’est beaucoup plus facile à deux. Je découvre un don naturel pour charger la brouette de crottin et la pousser à travers le champ.

Yamato imo: la poule aux œufs d’or ?
On découpe le tubercule en petits morceaux comme une pomme avant de les planter; la peau vers le bas
Le rang du gingembre; planté.
Le Yamato imo planté dans le rang à gauche. Les lianes iront grimper sur le mur en pierres, exposé plein sud
Le rang au milieu pour les patates douces