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Toujours le champ libre (nougyoubu)

Ca fait du bien d’écrire … récemment j’expérimentais avec la vidéo …

Depuis le précédent article nous avons bien progressé dans notre projet de jardinage à (pour nous) grande échelle. En Mai nous avions fini de planter gingembre, patates douces, potirons, Yamato imo (une variété d’igname très recherchée), ko imo (dialecte local je crois, sinon c’est le satoimo ou: taro) et cacahouètes. C’est sur quoi nous nous sommes concentrés et ce que nous avons planté ‘à grande échelle’ (disons un rang complet pour chaque).

de gauche à droite; gingembre, légumes divers, cacahouètes, au fond Yamato imo et patate douce

En plus nous avons planté quelques pieds de tomate, concombre, piment, aubergine, pour le fun…

En fait les 800 mètres carrés du champ sont presque trop, et nous avons décidé de laisser une grande partie de cette surface presque intouchée, nous contentant d’y semer citrouilles et tournesols, à la volée.

Ce geste, de semer à la volée: voilà un geste magique qui a dû réveiller en moi des gènes enfouis bien profond. C’est une sensation de liberté et de puissance qui jaillit lorsque l’on fait ce geste !

Tous mes espoirs sont dans les cacahouètes qui ont fait un beau départ

Ce champ est une ancienne rizière et je me rends compte qu’il y a là un sacré avantage: il suffit d’ouvrir une trappe et l’eau de la rivière amenée par un canal d’irrigation en vingt minutes vient inonder notre champ. Plutôt pratique pour arroser.

Sachant la superficie, et le peu de temps que nous consacrons à ce projet (peut être une ou deux demi journées par semaine) les habitants du village qui ne manquent pas de bien observer commencent à se marrer…. en disant de façon ironique être impatients de voir comment les mauvaises herbes vont bientôt tout recouvrir ! Surtout, que, un peu têtu que je suis, je ne veux pas poser ces feuilles plastiques noires pour empêcher les mauvaises herbes …

Le Yamato imo est très lent à démarrer.

C’est que nous tenons à respecter quelques principes, et rester fidèles à nos idées; ne pas utiliser d’engrain chimique ni aucun produit insecticide ou quoique ce soit de toxique. Nous sommes des idéalistes…. On fait du bio !

Bon, je fais une concession, en mettant une feuille de plastique noir sur le rang du gingembre, en attendant que ça sorte …

Avec mon copain S. on a appellé ironiquement notre projet le nougyoubu ou club d’agriculture. 農業部, nougyoubu sonne très sérieux, a une connotation officielle alors que nous sommes simplement deux amateurs qui optent pour la non intervention ou l’intervention minimale….. nous y avons ajouté le préfixe ‘nonbiri’ (のんびり)qui signifie insouciant.

Le club d’agriculture nonchalant, insouciant. のんびり農業部 nonbiri nougyoubu.

Lui le charpentier et moi l’employé de bureau (à distance) nous formons une belle équipe de jardiners en herbe… Mais tout ça on fond c’est juste une excuse pour faire un projet ensemble ….

On verra bien ce que ça va donner. Peut on planter et récolter sur 800 mètres carrés en y passant seulement quelques heures par semaine… sans utiliser de produits chimiques … d’insecticides …

Pour enfoncer le clou j’en fais même un T shirt. J’ai hâte de le porter et de voir la réaction des voisins!

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Le triangle vert reprend la forme du champ; triangle écorné. Les couleurs jaune et vert résonnent avec mon pseudonyme (wakamé algue et tamago œuf)… les quatre étoiles évoquent les quatre hameaux de notre vallée perdue….

Faire du thé bancha en vidéo!

Comme les années précédentes nous avons récolté du thé dans les montagnes et l’avons préparé.

C’est un événement important, qui nous connecte avec la saison. Nous en avons parlé déjà dans plusieurs articles

Préparer du thé

Faire son thé en 2017

Faire son thé

Cette année rebelote nous avons récolté les feuilles de thé et tout préparé mais cette fois ci je filme l’opération.

Si les mots et quelques photos font vivre l’imagination et ont une dimension poétique, la vidéo est plus brut de pomme, et transmet la réalité telle quelle…

Avoir le champ libre!

Cette année avec mon ami S nous nous lançons dans un grand projet de jardinage. En fait, l’année dernière je lui parlais souvent de mon envie de disposer de plus d’espace pour planter des légumes en plus grandes quantités. Notre potager dans le jardin est très petit. On y est un peu limité.

S a à côté de son atelier une ancienne rizière, inutilisée, et il m’a proposé d’y faire pousser des trucs ensemble. La rizière fait 240 tsubos soit 800 mètres carrés.

On a le champ libre!

L’idée c’est de faire pousser ce qui demande très peu d’attention et d’entretien. Nous avons sélectionné le gingembre et la patate douce. Le gingembre, on en utilise régulièrement. La patate douce, on la découpe et la faisons cuire dans Calcifer notre poêle à bois, l’hiver.

Il y a aussi une initiative pour la re-dynamisation du village: produire du yamatoimo. C’est une variété d’igname. On l’écrase et le mange par exemple crû avec du riz. On l’utilise aussi pour faire du okonomi yaki. C’est un tubercule très recherché.

En février nous avons commencé à préparer le terrain. Allé chercher deux camionnées de crottin de cheval. L’éleveur de bovins du village a apporté trois tonnes de compost. On a laissé reposer tout cela deux mois.

Puis nous avons passé le motoculteur dans le champ.

La chèvre nous a donné un bon coup de main

Réhaussé les rangs avec le joren 鋤簾(じょれん), voilà un travail exténuant qui brise bien le dos.

Il faut rehausser les rangs, faire un uné 畝 うね pour éviter que la terre reste trempée d’eau. Surtout pour les patates douces. C’est important me dit-on.

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Cette semaine nous avons fini de tout planter. Le gingembre. Les patates douces. Le yamato imo. Le gingembre on plante directement le tubercule. La patate douce, on en plante les tiges (les lianes?).

C’est vraiment un chouette projet. Et puis avec S. on travaille très bien ensemble. C’est beaucoup plus facile à deux. Je découvre un don naturel pour charger la brouette de crottin et la pousser à travers le champ.

Yamato imo: la poule aux œufs d’or ?
On découpe le tubercule en petits morceaux comme une pomme avant de les planter; la peau vers le bas
Le rang du gingembre; planté.
Le Yamato imo planté dans le rang à gauche. Les lianes iront grimper sur le mur en pierres, exposé plein sud
Le rang au milieu pour les patates douces

Avec les médakas sous la pluie …. et des nouilles

Il pleut aujourd’hui. Ca n’a pas l’air d’importuner les médakas dans le jardin.

Cette vidéo des médakas est, je trouve, mieux réussie que celle de la semaine dernière.

Voici donc une nouvelle vidéo des médakas

Avec le coronavirus et les mesures de confinement un peu partout, dans les supermarchés, les spaghettis se sont vendues comme des petits pains.

Ici j’ai acheté des somens.

Le somen est une nouille très fine au diamètre inférieur à 1 mm, très légère, faite de blé. En général on en mange l’été, froide.

Pour amuser les grands et les petits on les fait couler dans un filet d’eau le long d’un bambou coupé en deux. Les attraper avec ses baguettes c’est un peu tester sa dextérité. C’est le nagashisomen.

Personnellement j’aime bien en manger avec un curry.

La région d’Himeji où nous vivons est en fait productrice de somen.

Il y a en particulier dans la région 揖保乃糸: une coopérative de fabricants qui s’enorgueillit de la plus grande production. Dans notre vallée il y a à ma connaissance quatre fabriques qui en produisent.

Il y a plusieurs choses à noter …

Les somens sont présentés dans de belles boites en bois. Certaines boites sont faites en paulownia (kiri), c’est avec ce bois que l’on fait les commodes pour les kimonos et les vêtements.

Autrefois, à la naissance d’une fille, on plantait un kiri.
Que l’on coupait vingt ans plus tard pour, le moment de son mariage, faire une commode

Les somens sont liés par un petit ruban, par quantité de 50 grammes. Voilà qui est très pratique, car ainsi pas besoin de mesurer la quantité, deux rubans ou 100 grammes feront un repas. L’idée a dû venir à cause de la fragilité de ces nouilles très fines.

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Avec le petit papier du contrôle qualité, monsieur Shibutani responsable de la fabrique, madame Nagamine responsable de l’emballage.

Pour planter des mûriers

Il y a quelques pépites de belles nouvelles quand même, avec cette crise du virus on voit de beaux comportements, les gens qui jouent de la musique ou chantent de leur balcon; le club de foot romain qui apporte de la bouffe à ses fans âgés. Lefigaro parlait aussi quelque part de l’entraide qui se développait entre voisins. J’ai un collègue aux US qui a eu le virus et il est resté en quarantaine chez lui, il me décrit comment ses voisins déposaient de la bouffe au pied de sa porte.

Fondamentalement l’homme a envie d’être sympa mais le mode de vie, la mise en condition, parfois l’en dévient. (c’est le connarovirus).

J’écris tout celà de façon trop légère car avant tout il y a les médecins les infirmiers et tous les personnels qui se dévouent à soigner les malades tout en s’exposant et prenant des risques.

On voit le manque d’anticipation des politiques en Europe, c’est comme si tout le monde y était pris au dépourvu, ha y a pas assez de masques ha y faut faire des milliers de respirateurs alors que tout celà avait déjà commencé en Chine il y a plus de trois mois. Et l’Union Européenne. Je me dis que, pour l’Europe, le virus sera un coup plus dur encore que le Brexit .

Pendant ce temps, Poutine fait un coup de comm’ parfait en déployant des médecins militaires en Italie, et leur matériel, le tout air lifté avec neuf magnifiques IL 76. Démonstration de force.

News du village.

Il y a une vieille maison au toit de chaume qui est en cours de démolition, je me demande si c’est pas pour y construire une nouvelle maison. Il y aurait de nouveaux habitants qui viendraient s’installer ?

Pendant Fukushima en 2011n lorsque les réacteurs nucléaires explosaient nous étions à Tokyo, en plein milieu de la ville et un truc qui me foutait vraiment la pétoche c’était de ne pas être en mesure d’évacuer avec ma petite famille… nous n’avions pas de voiture, les trains sont tout le temps bondés de toute façon et faudrait imaginer tous ces milions de gens qui devraient évacuer en même temps. Ce serait impossible. Et puis, évacuer, vers où?

C’est l’un des trucs que je redoutais le plus. De nous retrouver bloqués.

Nous avons changé de vie depuis, en nous installant à la campagne maintenant ça fait 8 ans, et en effet nous sommes moins vulnérables, moins exposés aux aléas. Nous pouvons nous réchauffer avec notre bois, la rivière à côté apporte quantité d’eau et dans le jardin la nuit on entend les légumes pousser. Par contre en cas de typhon une partie de la montagne pourrait s’écrouler pour nous ensevelir en quelques secondes, faut pas l’oublier.

Nous avions coupé quelques cryptomères dans la montagne. Depuis je les ai un peu arrangés. Pour faire des enclos, pour protéger les nouvelles plantations de ces gros coquins de sangliers. L’année dernière les sangliers ont détruit plusieurs des arbres que j’avais plantés, et pour éviter ça je fais des barricades avec de beaux troncs d’arbres, posés les uns sur les autres, cela devrait constituer une défense efficace pour les mûriers que je souhaite y planter. J’utilise des kasugai 鎹 pièces métalliques en forme de U, comment dit on en français, pour fixer les troncs les uns aux autres.

Je fais deux enclos de un mètre quarante de côté. Je plante un mûrier dans chaque. Les troncs de cryptomère ensemble doivent faire une demie tonne, ça devrait marcher contre les sangliers, et puis bien sûr les filets, contre les chevreuils.

Pourquoi planter des mûriers ? Autrefois il y en avait partout dans la vallée, leur feuilles nourrissaient les vers à soie dont tout le monde faisait l’élevage.

Pourquoi en planter en montagne ? Ca a l’air très compliqué et il n’y a peut être pas assez de lumière. C’est vrai, c’est très compliqué mais bon ! je veux essayer.

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Et puis un autre enclos de quatre mètres sur quatre, pour y mettre deux mûriers et aussi des Yamato imo, un genre d’igname. C’est une expérience, apparement ça pousse très bien en montagne, donc on verra.

Pour ce grand enclos les troncs d’arbre de quatre mètres sont trop lourds à porter, donc je les fends en deux avec une masse et un coin.

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Quel boulot ! Et pour quoi ? Pour le fun ! Je vous dis c’est exténuant de faire tout ça mais travailler comme ça en forêt c’est un vrai bonheur, il y fait bon, marcher sur la terre, entendre quelques oiseaux, transbahuter des trucs ….

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Couper des cryptomères (YouTube)

Uploader cette vidéo sur YouTube prend un temps fou. Faudra que je voie comment obtenir un fichier moins lourd sans compromettre la qualité de la vidéo.

Hier toutes les conditions étaient réunies:

  • S. était libre.
  • Son chien tchatcha aussi était libre
  • Il faisait beau temps, pas de pluie.

Et le matin nous avions une très bonne lumière. C’était comme au printemps déjà, nous entendions le chant d’uguisus.

Nous avions déjà coupé quelques cryptomères dans ma petite montagne, mais je souhaite continuer à l’éclaircir. A certains endroits c’est encore assez sombre. Et puis je vais y planter quelques arbres, des mûriers.

L’année dernière j’y ai planté des ginkos. Cette année je vais planter trois, quatre mûriers…

Comme ces cryptomères font plus de vingt mètres de haut, il est beaucoup facile de les couper maintenant qu’après avoir planté de nouveaux arbres ….

Grand moment de bonheur, que de passer deux belles heures dans la montagne avec S. et de le voir au travail.

En tout il coupe sept cryptomères. J’ai une petite caméra GoPro avec moi et ça donne vraiment de belles images.

Au départ S est charpentier, et lorsqu’il était en pleine activité il allait couper les cryptomères qu’il utilisait pour construire les maisons de ses clients.

On pourrait aussi couper tous ces cryptomères d’un coup, pour y faire une grande plantation de mûriers etc mais on préfère y aller doucement:

  • garder des cryptomères pour jouer le rôle pare-vent pendant la saison des typhons
  • couper ces grands arbres qui ne nous ont fait aucun mal, c’est quand même un peu triste.

Garovirus

Avec l’épidémie du coronavirus je me plonge dans la lecture du journal de l’année de la peste de Defoe, l’auteur de Robinson Crusoe. Le récit publié en 1722 raconte la peste qui frappe Londres en 1664, y causant le décès d’un quart de la population.

Il y a certains passages dans ce récit qui font penser aux villes et villages mis en quarantaine en Chine et en Italie par exemple, l’impréparation des sociétés, et la psychologie des gens, par exemple ces quartiers de Londres qui au début se croient épargnés de la peste et finissent par morfler plus tard.

Je pense aux jeux olympiques de Tokyo prévus pour cet été, je me demande ce qui va se passer.

Les jeux olympiques en fait ont le pouvoir de rassembler les gens, tous les téléspectateurs de la planète autour des mêmes jeux: les populations mondiales se catalysent et; le temps de quelques semaines, semblent unies dans l’esprit, c’est un sentiment très fort qui se dégage de ça.

Paradoxalement je me dis aussi que ce terrible virus, qui pourrait faire annuler ces jeux olympiques a un effet similaire…

Car finalement le virus rappelle à tous que, où que l’on soit, et qui que nous soyons nous respirons tous le même air…

Cette semaine

Le printemps arrive à grands pas après un hiver excessivement doux ici.

On sent vraiment les effets des transformations du climat.

Les oiseaux sont de retour, je les observe tous les jours du bureau. Une paire de jumelles permet de zoomer et de les observer en détail.

J’avais mis à leur disposition dans une boite des graines de tournesol, récoltées l’été dernier mais ils n’y ont pas du tout touché.

Ils viennent souvent se mettre à côté d’un sansho, à quatre mètres devant ma fenêtre.

J’apprécie vraiment de pouvoir travailler à la maison cela offre ces petits moments de beauté, impossibles à saisir dans un bureau.

Voilà quelque chose d’ennuyeux quand même avec les chats, ces sacrés chasseurs, c’est que souvent ils ramènent des oiseaux à la maison. Parfois ils ne sont même pas blessés et nous parvenons alors à les attraper dans la cuisine pour ensuite les relâcher.

Si le travail prend vraiment beaucoup de temps, j’apprécie certains moments.

J’aime bien bosser avec les américains, parfois nous passons de bons moments au téléphone surtout qu’au début des réunions on commence toujours par quelques blagues.

Je continue à me promener dans le village

Cette semaine je remarque que les collègues américains me posent des questions sur le coronavirus. J’imagine qu’aux Etats Unis aussi les médias parlent de ce nouveau virus qui se propage, propage, maintenant il a été détecté quasiment partout. Et au Japon aussi chaque jour de nouveaux cas sont annoncés.

On voit ici que les gens s’inquiètent, car il y a une pénurie de masques. Même la superette du village, n’en a plus et les rayons sont vides. Pareil pour les produits pour se désinfecter les mains.

Bientôt les périodes du pollen avec notamment celui des cryptomères (période où beaucoup de personnes se protègent avec des masques) et je me demande comment les stocks de masques vont pouvoir être reformés.

Je suis certain aussi que à Tokyo dans les hautes sphères on commence à s’inquiéter avec les jeux olympiques de cet été et qui ont coûté la bagatelle de 30 milliards de dollars. On peut se rappeler que les jeux olympiques de Tokyo en 1940 avaient été annulés avec la guerre. Bien sûr on espère que cette épidémie va s’enrayer, peut être avec les pluies, peut être avec le changement de température.

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Je ne vais pas changer le monde

Ici le village et la vallée toute entière sont notre terrain de jeu.

Il y a bientôt deux ans nous achetions la maison de madame M à sa fille. Lui restaient des champs sur les bras et pour faire propre elle y a fait abattre les cryptomères. (que Mme M avait dû faire planter).

On s’était dit que j’irais récupérer le bois et qu’elle donc pouvait le laisser sur place.

Du bois rien que pour le chauffage, on en a toujours besoin. L’appétit de Calcifer est comme la dette du Japon: abyssal.

Je vais donc prendre du bois qui fendu et mis à sécher nous chauffera dans d’ici deux ans.

Le terrain est juste à côté de la route, c’est assez pratique

Cependant les troncs sont vraiment conséquents et en faire du simple bois de chauffe, c’est du gâchis. Ca me troue toujours le cul d’ailleurs de penser que ce beau bois de cryptomère ne vaut quasiment rien. Intéressant … des millions, de mètres cubes de beau bois qui se perdent à travers tout le pays (passqu’on importe à la place du bois du Canada etc et ailleurs), est ce que ces millions de mètres cubes de bois pourraient emplir les abysses de la dette ?

(non: un m3 de cryptomère vaut à peu près 12,000 yens Il faudrait kaziment un milliard de mètres cubes de bois pour payer les 11000 milliards de dollars de la dette japonaise).

Les arbres ont dû être abattus vers Mai. Ils étaient donc gorgés d’eau et même maintenant; 18 mois plus tard, le bois est super lourd.

Je ne vais pas changer le monde.

Mais une fois dépecé en planches le tout pourra sécher

Mais par contre avec ma tronçonneuse je peux tirer de belles planches des plus gros troncs et faire quelque chose de beau. un banc par exemple ou encore mieux, un banc que j’installerais le long de la maison, sur six mètres, devenant l’extension du engawa. Oh yeah.

je commence par faire une première coupe en 1. Ca offre une surface plane sur laquelle je peux mettre une planche qui servira de guide aux coupes suivantes.
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Et à l’occasion les rares gens de passage devant la maison pourraient constater que ces cryptomères qui sommeillent partout dans les forêts sont; malgré leur valeur marchande dérisoire, un très beau matériau.

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Je tire donc quelques planches.

On n’est pas insensible à cette alchimie, où, avec une tronçonneuse et quelques heures (deux heures vingt pour cinq planches de 1.8m sur 26- 30 cm) on peut transformer un tronc d’arbre abandonné en une série de belles planches.

En parlant de banc, en 2017 j’avais fait un banc que j’avais installé devant l’ancienne supérette du village. Depuis, quand je passe devant, je vois que ce banc est très populaire, auprès des enfants et des vielles dames. J’y ajoute un deuxième.

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La bonne habitude du lundi matin

Voilà une bonne habitude.

Les lundi matins, pour commencer la semaine, je vais voir S. dans son atelier. C’est à 15 20 minutes à pied de chez nous.

J’apporte le café, car je suis le novice qui va voir son maître, le sensei. Lui a toujours du bon tabac dans sa tabatière.

On discute de la semaine à venir et des mouvements du monde.

Quand des villageois de passage se joignent à nous, ça prend plus d’une heure. Le lundi ici au Japon c’est encore dimanche aux USA, donc je n’ai pas de téléconférences: j’ai tout mon temps.

Dans ces discussions libres, il y a toujours tant à apprendre, que ce soit sur l’histoire du village, ou bien la vie de S., son enfance par exemple. Ou encore les arbres; comment les forêts ont changé ces vingt ou trente dernières années. C’est passionnant !

Quand S raconte ses souvenirs d’enfance je me croirais dans un livre, une manga. Il raconte comment les enfants allaient jouer dans les montagnes, comment c’était à l’école, avec les professeurs qui étaient revenus de la guerre (par exemple il y avait un professeur qui continuait à s’habiller comme un soldat), comment il a tué son premier sanglier, il devait avoir dix ans peut être, etc.

Que des aventures.

Voici quelques photos que j’ai prises sur le chemin de l’atelier de S., lundi dernier.

J’ai eu de gros soucis avec le boulot, plus tôt cette année. Je ne dirais pas que j’ai surmonté les problèmes; j’ai suivi la vague d’emmerdes, j’ai surfé sur les vagues de merdes au boulot…

Ces amitiés et la beauté du paysage m’ont énormément aidé dans tout ça.

Hop c’est parti !

Le ciel, Vers l’Est.
La maison avec le toit rouge doit avoir 130 – 150 ans. (Si ce n’est plus)
L’atelier de S. Quand il y a de la fumée je sais qu’il est là … un charpentier a toujours quelque chose à brûler
Vue de l’atelier de S.
Je ne me lasse pas du paysage
Des kakis
Le signe sur la route indique la proximité d’une école
Un sanglier de 120 kg s’est laissé prendre dans cette cage il y a deux semaines
Je retourne à la maison