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Mon resto préféré à Tokyo

Mon restaurant préféré à Tokyo: Y’s café. 03-3394-1557

Cinq ans que nous avons quitté Tokyo et si il y a une chose qui me manque c’est Y’ café (avec les amis aussi bien sur)

Dans le quartier de Nishiogiokubo. 西荻窪 Suginami ku. Gare Nishiogikubo sur la ligne JR Chuo. A quinze minutes de Shinjuku. Il faut sortir de la gare; s’engouffrer dans une petite rue direction nord et 8 minutes plus tard prendre la droite. Une grosse harley davidson bleue est toujours garée devant le resto donc difficile de le manquer.

L’ambiance est style îles des mers du Sud / Okinawa. Des poissons, des tortues sur les murs. L’ambiance est très relax.

La cuisine servie à Y’s Cafe est variée. Le curry japonais ou kare- raisu カレーライス y est excellent et c’est le meilleur que j’y mange au Japon (essayer le porc, ポークカレー).

Et noter le dry kare ドライカレー, un pur bonheur d’arômes et d’épices. Franchement j’en mangerais volontiers tous les jours.

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Le menu est énorme, la seiche à la tomate イカ飯, les salades et les pickles sont tous des numbers one.

… Tout n’est pas seulement dans la bouffe. Il y le contact aussi. Les propriétaires sont si sympathiques. A force de manger chez eux, nous sommes devenus des amis.

Le patron peut intimider, avec un air de loubard surfeur, mais détrompez vous il est très timide. Et c’est toujours chouette quand son grand rire résonne de derrière les fourneaux.

Et son épouse, toujours un mot gentil et tant d’attention aux détails. Une belle équipe.

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Ce sont de vrais pros et régulièrement ils inventent de nouveaux plats.

J’ai fait quelques dessins humoristiques représentant leur restaurant et très aimablement ils les ont accrochés aux murs.

Comme j’étais à Tokyo ce dimanche. j’en ai profité pour y faire encore un tour….

Si vous êtes à Tokyo, n’hésitez pas …

 

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Visite chez le président (et les samourais)

Lundi soir, 17:30, je débarque à l’improviste chez mon ami S. J’apporte un maxi pack de 24 canettes de bière.

– Pourquoi tu amènes toute cette bière ?

– Tu sais, quand on rend visite à un président ou à un roi, on apporte toujours un présent.

– Ah Ah (jeu de mots avec le terme 大統領 président, ou le premier caractère signifie grand.) moi je suis un petit 統領 !

– En l’occurrence, je rends visite au roi de la montagne !

(silence et première bière).

On parle de plein de petites choses. Ça faisait longtemps, trois semaines, qu’on s’était pas vus.

Je me souviens que S. avait expliqué que son ancêtre était venu de Okayama (100 km d’ici) et s’était installé dans le village pour être garde frontière. Il y a 200 ans de ça.

– Dis, devant ta maison, du cote de la route il y a une pierre qui marque une ancienne frontière. C’est donc ici que travaillait ton ancêtre ?

– Eh oui !

S’ensuit une conversation ou j’essaye de comprendre la frontière entre quoi et quoi … je comprends pas très bien. L’alcool n’aide pas. Mais en tout cas l’ancêtre vérifiait bien qui tentait d’entrer dans le territoire et s’il y avait tous les ausweis nécessaires pour laisser passer les visiteurs. C’était le Japon d’avant Schengen en quelque sorte…

– S. tu sais, le grand père de mon père portait encore le sabre !

– T’as pas des photos de ça ?

– Ah ben non ah ah ! D’ailleurs je crois qu’on avait encore son sabre. Je ne sais plus où il est. Quand j’étais petit, je me souviens que je jouais souvent avec sa lance.

Ce qui est intéressant de noter, c’est que le nom de famille de S., qui est très peu répandu est le même que le guerrier Miyamoto Musashi, célébrissime guerrier du 17e siècle, qui a inspiré moult romans, films, dessin animés ou bande dessinées.

Si vous êtes dans le manga, vous avez sans doute lu la série Vagabond, qui est Musashi:

 

Visite au temple shinto et les nouvelles amitiés

Les Dieux qui protègent le village, leur sanctuaire shintô est à la hauteur du deuxième hameau, un peu plus au fond de la vallée. Il faut s’aventurer jusqu’à mi-montagne. Nous sommes déjà allés au sanctuaire l’été. On suit la route qui monte; on traverse le deuxième hameau. Tout y est un peu plus sauvage; la vallée est plus étroite; regroupée.

A un moment on engage un sentier sur la gauche qui monte sec; jusqu’au portique du sanctuaire. -Torii 鳥居-
Sur le chemin nous avons entendu l’aboiement de chiens, il y a donc des chasseurs qui sont venus de la ville tirer le chevreuil. Nous nous dépêchons d’arriver au sanctuaire; gage de notre sécurité.
Nous pensions être seuls, quelle bonne surprise; nous trouvons Monsieur K. Il était en train de nettoyer le sanctuaire. Il a fait un petit feu; avec les branches  qu’il a balayées du sol, et derrière la radio relate le progrès d’un marathon en cours.
Nous allons d’abord prier tous les trois, on lance une pièce de monnaie en offrande.
Nous avions déjà rencontré Monsieur K., lors d’événements dans le village, mais c’est le premier tête à tête avec lui.
Il est grand pour les hommes de son époque. Il a 80 ans au moins.  Il nous explique qu’il vient ici chaque jour pour s’occuper du sanctuaire. Personne ne le lui a demandé, mais c’est devenu son habitude. Il balaye les feuilles; les branches.
Le sanctuaire est entouré d’arbres; immenses et droits. Les arbres ont dépassé le siècle et sont imposants.
Avec un chiffon il essuie les planches de bois et les vitres de la construction fragile; comme s’il les caressait.
Notre arrivée est une distraction qu’il acceuille avec le sourire. Nous parlons du village; il nous raconte l’histoire de sa famille; on en profite pour lui poser une tonne de questions. A chaque occasion nous tentons de compléter le puzzle de l’histoire du village et de ses habitants.
Il parle très distinctement et je comprends presque tout ce qu’il raconte. Lui aussi comprend ce que je raconte malgré ma prononciation. Voilà qui facilite la communication.
Nous passons un bon moment ensemble. On regarde le feu; on ajoute des branches. Il ne manque que les saucisses.Tous les quatre avec lui nous nous sentons en sécurité.
C’est fou le chemin parcouru; lorsque nous vivions à Tokyo il y a quelques mois de là, nous pouvions compter nos amis sur les doigts de la main. C’est vrai que beaucoup ont quitté le pays après le cataclysme de Fukushima. Et nous avons laissé de très bons amis à Tokyo.
Voilà une journée marquée par les nouvelles amitiés, avec les habitants du village.
Plus tard dans la soirée Madame Y, elle aussi se chauffe au bois, nous appelle et nous informe que son mari a laissé devant chez nous en notre absence des bûches qu’il a coupées et qu’il nous offre.