Catégorie: cuisine

Des nouvelles depuis mai

Article en Anglais ICI

Voilà donc un peu plus d’un mois que je n’ai pas écrit d’article.

Ces dernières semaines, je me suis vraiment plongé dans mon projet de livre sur les Heures Oisives (徒然草), et j’ai enfin commencé à voir clairement quel type de dessin je veux faire, quelles couleurs utiliser, dans quel style, et quels éléments intégrer au livre. Avec l’ajout d’un nouveau personnage, l’ensemble commence vraiment à prendre sens.

J’avais commencé à écrire dessiner ce livre — qui est quelque part entre la bande dessinée et le livre pour enfants — en janvier ou février. Au début je faisais surtout des esquisses, j’assemblais des idées, des gags. Mais comment tout cela allait-il s’assembler ? Est-ce que l’ensemble tiendrait debout ?

Et puis, il y a un peu plus d’un mois, j’ai commencé à y voir plus clair. Ou plutôt, j’ai enfin obtenu quelque chose qui me satisfait vraiment. À partir de là, j’ai travaillé à fond, complétant environ 80 % d’une trentaine de pages. J’ai maintenant l’impression d’être à mi‑chemin. Il reste beaucoup à faire mais je sens que je suis sur des rails, plutot qu’au milieu d’un sentier mal tracé.

Au jardin, les tomates poussent bien, mais les concombres se font zigouiller par des petites bêtes. Les plants d’aubergines, eux, ont littéralement fondu — sous la pluie — et j’ai dû les refaire, ainsi que les piments. Comme d’habitude, rien ne se passe jamais exactement comme on voudrait.

J’ai suivi également les actualités : les émeutes, les destructions et les attaques un peu partout en France après la victoire du PSG. Je me demande comment tout cela va finir, sachant que chaque fois, tout semble aller crescendo, les émeutes étant plus violentes et ayant lieu à travers des territoires plus étendus. Un peu comme des métastases.

Je me dis que ces événements ne doivent pas être vus comme des incidents isolés, mais comme une tendance, un mouvement profond qui tourne sur des cycles de vingt à vingt‑cinq ans.

Un nouveau projet: les illustrations que j’avais réalisées pour la ville de Tatsuno continuent de tourner et depuis la semaine dernière, elles sont exposées dans une pâtisserie de Tatsuno.

Il y a peu, j’avais dessiné un dessert, un parfait, en comparant chacune de ses couches de glace aux différentes phases de la vie. « La vie comme un dessert »

J’en ai fait un cahier que je vends en ligne.

La pâtisserie a proposé d’en faire un vrai dessert — absolument délicieux. Pendant l’exposition, nous organiserons deux journées avec un talk‑show où je parlerai du dessin, de la vie comme d’un dessert, et à la fin, tout le monde pourra en déguster la version réelle.

J’ai aussi donné une présentation de deux heures la semaine dernière pour une association culturelle à Himeji. J’y ai parlé de ma vie, et de la manière dont, à plusieurs reprises, tout en travaillant ou en étudiant, je me suis lancé en autodidacte dans l’étude de nouvelles disciplines : le japonais, le business et les finances, ou encore les systèmes d’exploitation Linux — sans parler des trois bandes dessinées que j’ai réalisées en parallèle de mon travail. Chaque fois, cela m’a permis de changer de direction: venir vivre au Japon, trouver un excellent poste chez Microsoft, devenir CEO d’une entreprise locale, et finalement transformer ma vie et devenir Wakame Tamago.

Soixante personnes sont venues voir la présentation — beaucoup plus que ce que j’imaginais — et j’ai eu d’excellents retours. J’étais un peu tendu au début, mais tout s’est très bien passé.

Je me disais cependant, que puis-je partager avec cet auditoire vénérable, qu’il ne sait pas déjà ? Grosse question !

Ah! les gens sont vraiment généreux ! Je les en remercie.

J’aimerais en effet pouvoir faire des présentations, raconter des histoires, cela pourrait très bien compléter mon travail de création graphique avec Wakame Tamago.

Bref, les mois de mai et juin ont été bien remplis.

Beaucoup de travail, mais aussi énormément de très bons moments, grâce aux amis, mon épouse, aux chats, aux lecteurs ! On n’est jamais seul.

Civet de chevreuil et reconnexions

L autre soir, je faisais remarquer à ma femme que je suis très solitaire… dans le sens où je passe de longs moments sans voir personne quand je suis sur mon PC à faire des dessins.
C’est comme lorsque je travaillais : j’étais tout le temps seul dans mon home office, sauf que j’étais au téléphone en réunions ou en discussions cinq heures par jour. Ça, c’est fini.

Mais les petits événements d’aujourd’hui démentent complètement cette idée de solitude.

Voulant faire mijoter un civet de chevreuil dans un dutch oven, je vais voir ce matin Saki-chan dans son atelier pour lui demander s’il lui reste du charbon de bois.
Il en a un stock énorme et me donne une grosse caisse métallique pleine de charbon.


Il était justement en train de faire un petit feu ; je me joins à lui et nous passons une heure très agréable à parler de choses diverses et variées.

On commence par la météo, l’adoucissement annoncé et les pluies prévues cette semaine… On en a eu très peu de pluie, et certaines régions du Japon sont même à sec.

Ensuite, on aborde un sujet qui nous touche tous les deux : comment, à partir de la génération de Saki-chan — disons celle de mes parents — tout un tas de connaissances et de savoir-faire autrefois transmis de génération en génération se sont soudainement perdus avec la modernisation et l’exode rural.

De mon côté, je fais la liste des choses que mon grand-père maîtrisait : la chasse, la pêche, l’apiculture, l’élevage de petits animaux… des domaines que j’ignore totalement.
Et mon grand-oncle, charpentier : il aurait pu m’en apprendre des choses, quand enfant je passais mes vacances d’été chez lui. Sans parler de son vin… Mais j’étais petit et je préférais lire Picsou Magazine.
Et mon arrière-grand-père, qui faisait la gnôle…
Bref, tout ce savoir-faire qui a fait vivre nos ancêtres pendant des siècles s’est perdu.

Saki-chan reprend le sujet en parlant de son métier : savoir construire des maisons selon les méthodes traditionnelles. Aujourd’hui, peut-être 5 % des charpentiers ici en sont encore capables. Pour les autres, c’est le pistolet à clous et vas-y que je te cloue les planches de contreplaqué…
Qui sait encore manier la scie, le ciseau à bois, le rabot ?
Un autre exemple : autrefois, au village, dit-il, il y avait une grand-mère qui savait faire du doburoku, un alcool de riz très fort. Recette perdue. Pareil pour l’amazaké…

Bref, nous parlons de tout ça, passionnés. Puis nous partons à la station-service : je dois faire le plein de mon camion et Saki-chan doit faire réparer un pneu crevé. Là-bas, tout le monde nous salue et on tape un peu la discute.

Finalement, ce que je racontais hier à ma femme — que je suis très solitaire — c’est vraiment relatif.

Plus tard, je commence à faire un feu pour le civet.
J’utilise l’irori sur roulettes dans le jardin. Le temps est doux et il y a un beau soleil.

Allumer un feu dehors… j’ai l’impression de me reconnecter avec mon ADN.

Je passe ainsi l’après-midi : je dépose du charbon ici, j’en rajoute là, je souffle pour activer la combustion. J’écoute les oiseaux. J’écoute le chevreuil qui commence à mijoter.


Il y a tellement de choses à faire, mais des choses simples, qui ne demandent pas de réfléchir.

Au contraire je peux me concentrer sur la sensation et l observation. C’est très reposant.

Le civet sera pour le lendemain. Alors on fait un peu de place et on déplace quelques morceaux de charbon pour griller des brochettes improvisées — des morceaux de poulet — pour un déjeuner-dîner vers quatre heures de l’après-midi.

Ce qui fait rappliquer Minou, le chat.
Et donc nous dînons à trois.

Visite à l’archipel et à Sasayama … et en bonus une recette facile !

Courte visite à Sasayama. Petite ville en bordure de Kyoto et d’Osaka, sur le côté ouest.

Sur la route on passe dans un magasin / galerie étonnant. On appelle ça un select shop ? Les objets en vente sont produits par des artisans / artistes contemporains, choisis dans tout le Japon. Il y a de très belles céramiques, des vêtements, des sacs étonnants faits en écorce d’arbres, et des pots de confiture d’haricots, des petits biscuits. Tout est franchement très beau; c’est comme une galerie d’art.

Le lieu s’appelle Archipelago (instagramme: archipelago.me), je pense à Soljenitsyne mais ils avaient à l’esprit j’imagine l’image de l’archipel -l’arc insulaire- qui forme le Japon et d’où viennent tous ces artistes formidables qu’ils ont sélectionnés avec soin.

La galerie elle-même est installée dans l’ancien entrepôt de la coopérative agricole d’un tout petit hameau, desservi par une gare non moins minuscule. Le nom de la gare, signifie l’ancien marché furuichi: 古市

On discute avec la proprio de la galerie, elle est très aimable. Ses deux jeunes enfants l’accompagnent et tiennent la caisse. Elle connait très bien tous ces artistes qu’elle a sélectionnés. Notre portefeuille s’est emballé d’ailleurs car nous lui achetons deux céramiques (une de Mashiko, une de Nara) et aussi un sécateur que j’utiliserai au jardin. Le sécateur est fait par un atelier de la région établi dans la ville de Ono, qui, avec une autre ville voisine, Miki, est très connue pour sa production d’outils. Franchement le sécateur est superbe.

On discute donc et elle nous explique qu’elle et son mari ont juste ouvert cette galerie il y a quelques mois et qu’ils sont venus vivre de Tokyo. (comme nous en 2012 donc …). Quel courage de se lancer dans une telle aventure me dis-je, dans un coin si reculé.

Elle nous dit aussi qu’en plus de cette galerie ils ont monté un café librairie ! mais qu’il est fermé ce dimanche mais si on veut bien elle va nous le montrer … on ne se fait pas prier…

Ce café librairie est superbement arrangé … et installé dans le bâtiment de l’ancienne banque agricole du village ! incroyable d’ailleurs on voit l’ancien coffre fort de la banque … personne n’a pu l’ouvrir nous dit-elle ah zut si j’aurais su, j’aurais apporté mon chalumeau !

L’ancien entrepôt de la coopérative agricole. Où se trouve Archipelago. On voit encore l’inscription « confiez vos économiés à la coopérative » 貯金は農協へ

Installer une galerie dans un tel bâtiment, c’est vraiment du wabi sabi.

c’est l’entrée
la c’est la banque agricole où ils ont installé un café librairie (à droite il y avait jadis un distributeur de billets)
l’intérieur est vraiment réussi
ca fait du bien de voir des livres

On fait un petit tour dans le hameau paisible.

la gare
promenade dans le village

Ensuite nous allons à Sasayama.

Du château de Sasayama subsistent des superbes mûrs d’enceinte que je ne photographie pas.

On fait quelques rues, il y a quelques touristes, une rue est particulièrement bien préservée. Je m’arrête devant le superbe atelier d’un artisan de tatamis, monsieur Tadani. On voit qu’il utilise des machines anciennes.

Il est très ouvert est sympathique, on discute une bonne demie heure. Il fait les tatamis à l’ancienne et il nous explique l’histoire du tatami … Sujet passionnant. Justement on lui fait part de nos demis regrets car lorsque nous avons refait notre vieille maison pour nous y installer, nous avons viré tous les tatamis et fait installer un parquet.

Or, un tatami est si confortable … mais aussi qu’en penseraient les griffes des chats, et aussi les vomis des chats ??? mmmm …

Monsieur Tadani on discute avec lui on est tellement naturels on a l’impression que l’on se connait depuis 10 ans alors que ça ne fait que quelques minutes !

Il nous explique entre autre que lui n’utilise que de l’igusa (une espèce de jonc) produite à Kyushu, à Kumamoto, par quelques réfractaires… Il faut savoir que la majorité des tatamis aujourd’hui sont produits avec de l’igusa faite en Chine et contiennent aussi des plaques en plastique …

Voilà une belle rencontre.


Recette facile – ou une recette qu’il m’est difficile de rater.

Faire revenir du poulet coupé en petits morceaux (peut se substituer avec du goret) dans une marmite, un peu d’huile d’olive, de l’ail, un oignon.

Puis ajouter des haricots (ici je fais avec des pois-chiches) et ajouter:

2 cuillérées de sucre

6 cuillèrées à soupe de sauce de soja

3 cuillèrées à soupe de mirin

3 cuillèrées à soupe de saké

recouvrir d’eau

Laisser mijoter tranquillement.

Sur la fin, si on peut en trouver, ajouter du sansho. (celui-ci provient de notre montagne, je l’avais récolté le printemps dernier.)

Si c’est des haricots, je les fais bouillir au préalable.

J’appelle cette recette ‘oba no aji’ soit: « le goût de grand mère ».

Car si j’en fais une grosse marmite je vais en apporter à mon ami Saki chan et à sa femme pour leur dîner, et il me dit souvent « ah c’est oba no aji » soit « c’est exactement comme la cuisine de ma mère », laquelle a 95 ans…. Qu’est ce que ça m’amuse lorsqu’il dit ça!!!!

Tout ça c’est du bonheur …

Tranches de vie & bricolage

Hier vendredi j’avais laissé quelques petits trucs en plan au boulot et donc j’ai mis mon réveil assez tôt 430 AM ce samedi matin pour boucler ces petites choses tôt et pour ne pas avoir à les faire lundi !

Après, vers sept heures il fait déjà beau mais encore frais je vais dans le jardin que des courges, poussées inopinément cette année (sans doute des graines jetées l’année dernière) envahissent de façon décidée.

Des courges, j’en récolte sept, et des belles. J’en donnerai aux voisins.

Et vers neuf heures je vais voir Saki chan mon acolite. Il est dans son atelier.

On se prend un café. J’ai apporté deux petits cigares de Cuba que nous dégustons tranquillement. On discute. Et tiens, dans la conversation vient une idée pour un dessin futur… A tester … ca peut être pas mal !

On s’apprête à récolter des patates douces. Malheureusement nous faisons une bien piètre récolte. L’été nous n’y avons pas du tout touché, et le rang de patates douces était dans une véritable jungle …. C’est peut être la raison. Il y a eu aussi très peu de pluies.

Je suis un peu déçu Mais bon: c’est comme ça et, bien sûr que c’est un peu ma faute, j’aurais dû mieux m’en occuper.

Il n’y a pas de magie….

Arrivent deux voisins qui eux viennent récolter le riz, leur rizière est juste à côté.

S’ensuit une discussion animée sur la canicule que nous avons eu cet été ! L’un des deux est forestier et l’autre (plus âgé, 72 ans je crois) travaille dans la construction. Et bien sûr la canicule ils ont eu l’occasion de la goûter, sur leurs chantiers !

Je me dis quelle chance de pouvoir faire partie de ce groupe et de cette conversation.

Saki chan m’offre un sac de châtaignes qu’il a récoltées.

Un peu plus tard je rentre à la maison et après une courte hésitation j’essaie de remettre en état la vieille porte coulissante de la grange où je veux faire ma galerie d’art « open garage« .

C’est, en effet, une horreur. Mais l’affaire est finalement moins compliquée que je pensais.

D’abord retirer ces affreuses vitres translucides.

Je commence par faire une nouvelle poignée avec un bois de chevreuil. Ajouter de la fantaisie quand c’est possible.

Puis remplacer les vitres par du plexigas.

Tout en faisant cela je prépare le dîner, je fais mijoter tranquillement des sardines avec du gingembre et des uméboshis. (pour 15 sardines de taille moyenne, 6 uméboshis, une grosse boule de gingembre, 3 CS de sucre, 6 CS de sauce de soja, 3 CS de mirin -vinaigre de riz-, 3 CS de saké). C’est un plat simple et très économique.

La porte a trois rangées de vitres mais je n’en remplace que deux avec du pléxi, la rangée la plus basse, je mets du contreplaqué. Comme ça la lumière arrivera juste à la hauteur du comptoir …

Voila ça prend forme …

Ensuite de retour à la maison pourquoi pas faire cuire du riz avec des châtaignes, on dit takikomigohan.

Ici encore c’est très simple; éplucher les châtaignes et les déposer sur le riz dans le rice cooker, et mettre en route ce dernier.

Et le dîner est génial car nous y avons tant de produits du jardin, ou du village.

les concombres du jardin à goûter avec du yuzu miso, mélangé à une vieille confiture de coings, coings trouvés en montagne l’année dernière.

Une petite courge du jardin passée à la poêle.

Le riz, récolté la semaine dernière par monsieur T qui a cuit mélangé avec les châtaignes de Saki chan.

Mes petites sardines qui ont mijoté avec le gingembre récolté l’année dernière, et les uméboshis faites il y a deux ans.

Et puis quoi d’autre ah oui, dans la salade j’ai ajouté des figues du jardin.

Quelle joie de pouvoir profiter de la générosité des amis, et du potager …

Réussir son gloubi-boulga

Que faire un dimanche après midi, après avoir fini de poser une nouvelle clôture et de passer le motoculteur pour les oignons.

On a envie alors de passer quelques heures tranquillement dehors dans le jardin, et pourquoi pas faire un bon gloubi-boulga.

(ce sera ma dutch oven therapy)

J’ai bien relu quand même la recette du dinosaure Casimir; … Casimir faisait son gloubi boulga en mélangeant bananes; chocolat, saucisses et moutarde… Je remplace simplement les bananes et le choco par des patates douces des champipi et des patates taro. Un peu de sauce de soja et un peu de sucre, c’est la version japonaise du gloubi boulga.

En tout cas je passe un bon moment.

Ce satané réchauffement climatique nous offre de magnifiques journées même fin octobre. Les nuits sont fraiches mais en cette fin d’après midi on se croirait comme au printemps!

Mon épouse est la première à gouter au gloubi boulga et à ma grande surprise, elle en reprend. Elle dit quel goût incroyable, on ne sait pas si c’est bon mais ça se mange.

Objectif atteint. Voila un gloubi boulga bien réussi!!

Il faut partager les bonnes choses avec les amis et j’en apporte à ma voisine madame T et à Saki chan

Cette année aussi nous avons récolté du thé

C’est chaque fois un plaisir, que d’aller au fond de la vallée récolter les feuilles des théiers.

J’ai fait déjà des articles sur cette récolte des feuilles de thé et leur préparation, et même une vidéo, sur youtube !

Voici le lien vers la vidéo si vous souhaitez voir les détails de la préparation.

Ces jeunes feuilles sont vraiment appétissantes avec ce beau vert frais qui brille!

Du thé j’en ai bu énormément l’année dernière, et toujours avec beaucoup de plaisir. Il y des arômes très fruités. Je le bois quand je travaille et j’ai remarqué que boire ce thé bancha me met très souvent de bonne humeur.

J’ai même fait des trips avec ce thé: parfois je sens un effet spécial, de légéreté et d’euphorie, lorsque je bois ce thé combiné avec ma pipe (je fume la pipe quand je bosse).

J’ai fait cette expérience; de joie et d’euphorie, plusieurs dizaines de fois.

A mesure que l’on passe les feuilles de thé sur le feu elles changent d’aspect. C’est au moment de cette préparation que le thé devient du thé vert, du thé style anglais ici on dit thé rouge, ou alors du bancha: la variante populaire du thé vert, ici.

Cette préparation prend une journée entière! A midi on se fait un bol de ramen, ici agrémenté de feuilles de laitue et de feuilles de thé.

On fait tout cela avec des amis du village, c’est un grand moment. Une voisine a préparé des financiers, délicieux, au thé matcha et à l’hojicha.

Ce sont des micro événements qui donnent à notre petite vie à la campagne tout son sens…

Préparation des pousses de bambou, en BD

C’est la saison des pousses de bambou.

Un vrai régal. J’en avais parlé dans un article, avec photos il y a plusieurs années.

On va en chercher en montagne mais en général les sangliers sont passés avant nous. La nature les avantage car ils peuvent les sentir alors que les pousses de bambous sont encore dans la terre…

On n’est pas pas les seuls à apprécier ce cadeau de la montagne!

Cette fois ci j’en parle en BD…

Vous pouvez consulter la version originale, en Japonais, ici.

Voyez comment le sanglier fait cuire le riz, comme autrefois, dans un kamado !!

Ah voila mon ami Saki chan …

Que du plaisir

Vous avez pu noter, depuis quelque temps je fais des articles sur les plats que je cuisine dans un dutch oven; dans le jardin.

J’appelle ça ma dutch oven therapy.

Faire un feu dehors dans le jardin, mettre les ingrédients dans le dutch oven et regarder tout cuire lentement me fait du bien !! Ca me calme. Faire du feu et rester auprès du feu … c’est inscrit très profond dans les gènes et s’adonner à cette activité permet de bien se calmer et d’entrer dans un cercle de cohérence avec soi même.

Aussi depuis l’éte dernier je jeûne le samedi. Et faire la tambouille dehors le dimanche matin préparer le feu etc c’est comme démultiplier la signification de ce repas qui marquera la fin du jeûne du samedi. Ca forme tout un rituel ….

La semaine dernière j’ai fait un civet de sanglier. Encore cette fois j’ai filmé et mis sur youtube.

La première vidéo youtube je découpe les morceaux de viande. Denis vous confirmez n est ce pas, la beauté de la viande de gibier ! Une viande ferme. On y lit toute la puissance et la vitalité de l’animal sauvage. Ca n’a rien à voir avec les pauvres animaux d’élevage, dans leurs univers concentrationaires …. Quelle horreur…

Bref découper cette belle viande de sanglier procure du plaisir et permet d’admirer la beauté de l’animal.

Ensuite dans la deuxième vidéo c’est plus standard; dutch oven, feu avec du charbon de bois. Cuisson lente et avec quelques verres de vin rouge.

Ce qui etait super sympa la semaine dernière c est que un jeune voisin est passé voir les opérations. Et ensuite par hasard Saki chan est venu nous rejoindre. Le jeune voisin et Saki chan sont tous les deux charpentiers et donc tous les trois autour du irori c’est une belle conversation à laquelle j’ai pu participer.

Quand j’écoute de si beaux dialogues entre les villageois, les histoires qu’ils racontent dans leur patois si musical je regrette toujours de ne pas enregistrer ….

Civet de chevreuil avec un dutch oven

Ca fait plusieurs semaines que le dimanche après midi je me pose dans le jardin et cuisine un truc avec un dutch oven.

Ca devient comme une sorte de thérapie … C’est très intéressant … Je reviendrai la dessus !!

Cette fois ci j’ai fait un civet de chevreuil… Très marrant … au milieu des préparations mon ami Sakichan passe avec son chien … on discute et puis ensuite mon épouse revient du travail … on commence à faire griller des champignons shiitakés et réchauffer du saké …. Le irori se transforme une izakaya !!!

Réussir des pommes cuites

Je continue à cuisiner dehors sur le irori avec un dutch oven.

Cette fois ci j’ai fait des pommes cuites. Vraiment réusssi. Cette cuisson avec le dutch oven est vraiment intéressante. Surtout pour nous qui vivons au Japon.

Pourquoi, c’est que au contraire de l’Europe où l’alimentation est centrée autour du pain, qui nécessite un four, tout ici au Japon gravite autour du riz … et le four est vraiment … optionel.

Si bien que lorsque nous nous sommes installés ici dans le village nous n’avons pas fait installer de four dans la cuisine; et nous avons juste un petit four électrique qui toujours, nous laisse sur nos attentes.

C’est civilisationnel voyez vous et aucun intérêt à faire pipi contre le vent.

En latin:

HOMO SAPIENS NON URINAT IN VENTUM

Mais ce dutch oven est un oven… donc un four, si l’on met des braises sur le couvercle, on peut faire une cuisson venant du haut aussi bien que du bas.

Ce four low tech qu’est ce dutch oven; c’est donc très intéressant pour nous pauvres diables perdus au Japon.

Ce dimanche je passerai aux choses sérieuses, à savoir, faire un civet de chevreuil.