Tagué: vie à la campagne

Encore de la récupe et un banc pour le village

Samedi je suis encore allé récupérer du bois de palettes. C’est agréable de retirer des clous avec un gros marteau. Il faisait un peu moins chaud le matin, mais j’étais vraiment crevé à la fin.

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Ça fera trois camionnées de bois. Ce bois de palettes est sale et ne fait pas envie mais après un petit coup de rabot il retrouve sa fraîcheur … Sa beauté intérieure … faut pas se fier aux zaparences. Pareil pour les gens.

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Mais il faut bien retirer tous les clous sinon la lame du rabot s’y casserait les dents.

Je fais un petit banc avec du bois ainsi récupéré.

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Dans le village depuis la fermeture de la supérette il y a deux ans il n’y a plus d’endroit pour se retrouver entre potes et boire un café. Je vais poser le banc à côté d’un distributeur de boissons au bord de la route histoire que les gens y fassent une pause et pourquoi pas entament la discute tranquillement.

J’avais bien remarqué le prêtre bouddhiste du village trimballer des tabourets dans sa voiture, qu’il déploie parfois le matin pour boire un café avec ses amis. Ce sera mieux d’avoir un banc, là, permanent et disponible à tous.

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Sur la longévité (encore)

Dans un article ancien nous révélions les dix règles secrètes de la longévité.

Aujourd’hui lors de ma promenade quotidienne jusqu’au fond de la vallée j’entrevois deux personnes. Nous échangeons quelques propos. Ces deux phénomènes on leur donnerait plus de quatrevingtdixans. Facile. Les regarder à l’ouvrage me rappelle justement ces règles de la longévité.

La première, la dame, est courbée pliée en deux sur la route, au fond de la vallée.

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Elle retire les mousses incrustées dans une fissure du bitume. Sinon la route va s’abimer plus encore, explique-t-elle. A remarquer aussi qu’elle ne jette pas la mousse mais la rassemble dans un petit sac.

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Le deuxième phénomène, monsieur M, ancien bucheron émérite médaillé jadis par l’Empereur Showa, manie avec dextérité sa tronçonneuse et débite un gros mûrier. C’est pour mon poêle a bois dit-il.

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Bref, faut pas arrêter de pédaler sinon on se casse la gueule.

4:30 du matin

Les photos datent d’un mois déjà. De juin.

Avant les premières chaleurs de juillet. Oui les photos et cette promenade c’était le 10 juin. Je m’étais réveillé très tôt, par hasard, à 4 heures trente, au moment du lever du jour.

route au matin

route au matin

Une belle promenade donc. En marchant de la maison vers le fond de la vallée. C’est l’une de mes promenades préférées ici. On monte jusqu’à un très joli hameau. Il y a de belles maisons, dispersées le long de la rivière. Des maisons sont plus anciennes que d’autres, mais elles se fondent admirablement avec le paysage des montagnes et des forêts.

On voit qu’à une certaine époque on vivait pleinement en harmonie avec la nature. Certaines maisons se fondent dans la forêt et ne font qu’un.

la maison se fond dans la montagne

la maison se fond dans la montagne

Plus loin en continuant de suivre la route qui monte on remarque des élevages de poulets désaffectés et détruits. Il y a un temps les oeufs des poules étaient d’or. L’affaire devait marcher et rapporter des sous. Le rapport avec la nature évoluait, avec l’établissement d’une économie d’extraction … des oeufs de poule. Tout cela a périclité.

adieu poulets

adieu poulets

 

Plus loin encore les ombres des dernières maisons. Sans doute les charbonniers ou les bûcherons y vivaient encore il y a 40 ou 50 ans ! L’homme s’est retranché plus bas dans le village, laissant derrière lui toutes ces vieilles épaves et des tas d’ordures.

maison detruite

maison détruite

La nature elle est toujours là. Ici deux cryptomères, plantés de main d’homme pour faire des poteaux électriques, sont encore debout.

Leurs congénères autour d’eux se sont effondrés ou brisés, et l’on voit la forêt se régénérer dans ce qui apparait un fouillis et qui en réalité est un message d’espoir.

la nature

la nature

Extension du domaine de la bûche – Jour 1

Extension du domaine de la bûche -> Extension de l’abri bois situé derrière la maison.

(Pour voir le Jour 2, ici)

Tout le bois récupéré du cerisier éléphant est gardé sous une bâche plastique et avec la condensation ça n’est pas top, il faut le garder sous un abri digne de ce nom pour pouvoir le laisser sécher dans de bonnes conditions.

Le cahier des charges, c’est donc de construire un abri au dessus du tas de bois, car je n’ai pas vraiment envie de déplacer les deux tonnes de bois. Trop dur ! Le bois du cerisier éléphant est contre l’abri bois existant, il suffit donc de construire une extension à celui-ci.

Ce sera fait dans le même style que l’abri existant pour la cohérence et le plaisir des yeux. Matériaux, j’utiliserai les poutres de l’ancienne maison de monsieur S., récupérées il y a deux ans.

Je vais détailler les étapes de ce projet le plus possible car celà peut servir de référence pour quiconque s’attaquant à un projet similaire. Je travaille sur le projet 2 à 3 heures par jour et à quasi temps plein pendant le week end.

Avant chaque jour, dans le bain, je répète mentalement toutes les étapes du jour suivant. Cela me permet d’être prêt et d’identifier en avance la plupart des problèmes possibles.

1) Les appuis. Jour 1

2 – 3 heures.

je commence par installer les appuis sur lesquels l’extension viendra se poser; côté abri existant. Le terrain est constitué de deux anciennes rizières qui étaient à des niveaux différents. L’abri existant est donc situé 30cm plus bas que son extension. Pour éviter de se fracasser le crâne contre les poutres il faut donc que l’extension soit surélevée par rapport à la partie existante.

Pour les fixations je vais au plus rapide et opte pour les plaques de fer et boulons métalliques, plutôt que tenons – mortaises. car celà me prendrait beaucoup plus de temps.

Avant de commencer vraiment j’aurai fait des tonnes de croquis pour voir comment faire ces appuis de la façon la plus simple et la plus solide.

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Une Pause et Echanges

Je prends une pause au travail, 30 petites minutes pour suer un peu et fendre de grosses bûches. En sortant de la maison j’aperçois le voisin affairé au fond de son jardin. Il est assez loin, je pousse la voix pour lui souhaiter une excellente année 2015. Ca donne la pêche de donner la voix. Faut pas se gêner et c’est pour la bonne cause des relations de voisinage.

Je commence à fendre des bûches de chêne, le même voisin arrive avec deux magnifiques yamaimo.

Vocabulaire やまいも 山芋

Dioscorea japonica (non, pas diahrrea japonica). Une sorte d’igname ?

yamaimo

yamaimo

Cette plante est courante au Japon, Corée, Chine et dans une partie de l’Inde.

On discute bien, on parle outils. Hache, tronçonneuse. Nous n’avions pas conversé ainsi depuis longtemps. Je parle de mes petits projets dans la montagne; qu’il connait très bien pour y avoir joué lorsqu’il était enfant.

C’est une personne sensible et intelligente.

Le voisin part; mais revient avec son camion quelques instants plus tard. Il m’offre une hache et un tobi. Ces deux outils ont appartenu à son père qui travaillait dans les bois. Quelle touchante intention. Je ne sais comment le remercier, vraiment, et la seule chose qui me vient à l’esprit est de lui donner un beau morceau de fromage de Hollande.

La hache est superbe. Lourde et longue elle conviendra à fendre les bûches. Elle porte bien les marques de mayoké sur la tête de la hache.

Vocabulaire mayoke まよけ 魔除け

amulette ou protection contre les esprits. Sur la tête de la hache la marque caractéristique demande la protection des dieux de la forêt et l’autorisation de couper des arbres et d’en prendre le bois.

Le tobi ressemble à un pic. Je n’ai jamais utilisé cet outil.

Tobi est l’abréviation de Tobiguchi, 鳶口 qui signifie le bec du milan noir. Cet outil ressemble en effet au bec du rapace. On le plante dans un tronc d’arbre pour le tirer et le descendre de la montagne.

Peut-être même l’outil lui-même a-t-il été conçu en observant et imitant le bec du rapace.

Vocabulaire tobi ou tobi guchi とびぐち 鳶口

hache et tobi

hache et tobi

Extension du domaine de la bûche (1)

Avec le cerisier éléphant et d’autre bois collectés récemment il me faut agrandir l’abri bois. Voila donc un nouveau projet bricolo bricolage, que nous nommerons « Extension du domaine de la bûche », une fine allusion qui m’amuse, au book de Houellebecq, que je n’ai pas lu.

Si la météo est bonne, développements ces prochains jours.

extension du domaine de la buche

extension du domaine de la buche

 

 

Une famille de singes au village ?

Cette semaine, Mrs HH, une habitante du village, a aperçu une famille de singes prendre dare dare la poudre d’escampette. Elle a pu prendre en photo les silhouettes de cinq macaques filant vers les forêts.

Il est rare d’apercevoir des singes ici.

L’année dernière, l’été, j’avais entendu dire qu’un singe avait été aperçu, courant d’un jardin et emportant avec lui une pastèque.

 

Mrs HH a posté la photo sur  facebook et m’a gracieusement autorisé à la poster sur cette page. Merci Mrs HH

 

Vocabulaire: Macaque du Japon -> nihon zaru ニホンザル 日本猿

macaques du japon

macaques du japon

Mister F.

Monsieur F récolte le riz. C’est la saison. Il a une très belle machine. ISEKI FRONTIER FIGHTER 325. Yeah !

http://www.iseki.co.jp/products/combine/comb-hfc/

Il explique qu’ici dans la vallée il y a facilement 3 heures de moins d’ensoleillement et que la production de riz est ici bien inférieure à ce qu’il peut faire plus bas au sud, où la vallée est plus large et les montagnes plus éloignées les unes des autres.

Monsieur F. m’explique aussi que la fameuse maison de mille ans était la maison de sa famille. Nous avons présenté la maison de 1000 ans dans cet article. Sa famille aurait vécu dans le village pendant 63 générations. Des archéologues me dit il ont confirmé que cette maison était bien la plus ancienne que l’on puisse trouver au Japon.

C’est vrai qu’elle est belle la maison de 1000 ans et Monsieur est bien sympa de se laisser prendre en photo comme ça.

 

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Autres portraits

Monsieur H

Madame M

 

Pardon Tortue

Au pied du jardin coule une rivière.

La rive opposée est un terrain large de 3 à 4 mètres que longe la route de l’autre côté.
Je décide de passer cet espace à la débroussailleuse, pour faire place nette et aussi permettre l’eau de la rivière de déborder de ce côté et couler plus rapidement en cas de forte pluie.
Sous le soleil c’est un travail agréable qui finit par être physique. Il faut faire attention aux vipères.
C’est la vraie jungle la nature reprend vite le dessus. En bordure de la route il y a un muret il y a beaucoup de lianes très longues et débroussailler est plus difficile.
A un moment un bruit indique que la lame de la débroussailleuse a tapé quelque chose; comme un morceau de bois.
En poussant du pied les longues herbes coupées; je distingue la carapace d’une tortue.
Merde ! J’ai tapé dans la tortue ?
Elle était contre le parapet en béton sans doute pour récupérer la chaleur du béton chauffé par le soleil.
C’est une très belle tortue et je crois l’avoir déjà vue. Elle était complètement dissimulée par les herbes. Malheureusement, après un long examen de l’animal, je vois du sang et .. je ne vois pas sa tête.
Je sens soudain une absence d’énergie. La présence de la tortue apportait de l’énergie à cet endroit; entre la route et la rivière… et soudainement cette énergie est devenue toute noire et est retombée, retournant à la terre.
Pendant que le Roi d’Espagne trompe sa vieillesse en partant tirer les éléphants je suis triste et honteux de ma faute. Quelque chose a disparu, avec la tortue. A cause de mon manque de précaution.
Je lave la carapace avec de l’eau. Creuse un trou. La puissance de la nature, c’est que les fourmis ont déjà repéré le bel animal mort. Je dépose la tortue au fond du trou que je rebouche.
Plus tard dans la journée mon fils rentre de l’école. Je lui raconte ce qui s’est passé. Nous allons prendre une pierre et un gros marqueur. Nous posons la pierre sur la tombe.
Mon fils dépose une fleur. Je fais une prière.
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Le terrain, entre la route et l’eau.
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La tombe de la tortue.

The Good Life

THE GOOD LIFE.
Un excellent book écrit par Helen et Scott Nearing. Wiliam Coperthwaite cite les Nearing comme source d’inspiration dans A Hand made life – in search of simplicity.
En 1932, Helen et Scott Nearing abandonnent leur vie à New York et achètent un large terrain dans le Vermont. Où ils vivront principalement de leurs forêts et de leur jardin. Le livre est un récit de leur vie et de leur philosophie. Scott Nearing est mort à l’âge de 100 ans. Economistes de formation; Helen et Scott décrivent leur approche et leur méthode de façon détaillée et méticuleuse. La richesse des références utilisées est impressionnante et remarquable.
Les bonnes choses doivent être partagées et voici certains extraits de ce livre, dont nous vous recommandons la lecture. On peut regretter qu’aucun éditeur français ne se soit intéressé à ce remarquable récit, et qu’il n’ait pas encore été traduit en français.
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Minou, elle aussi, a beaucoup apprécié.
  • p.5 We left the city with three objectives in mind
The first was economic. We sought to make a depression free living, as independent as possible of the commodity and labor markets, which could not be interfered with by employers, whether business men, politicians or educational administrators. Our second aim was hygienic. We wanted to maintain and improve our health. We knew that the pressures of the city life were exacting, and we sought a simple basis of well being where contact with the earth, and home grown organic food would play a large part.
Our third objective was social and ethical. We desired to liberate et dissociate ourselves, as much as poccible, from the cruder forms of exploitation: the plunder of the planet; the slavery of man and beast; the slaughter of men in war, and of animals for food.
  • p.31 We would attempt to carry on this self-subsistent economy by the following steps: (1) raising as much of our own food as local soil and climatic conditions would permit. (2) Bartening our products for those which we could not or did not produce. (3) Using wood for fuel and cutting it ourselves. (4) Putting up our own buildings with stone and wood from the place, doing the work ourselves. (5) Making such implements as sleds, drays, stone=boats, gravel screens, ladders. (6) Holding down to the barest minimum the number of implements, tools, gadgets and machines which we might buy from the assembly lines of big business (7) If we had to have such machines for a few hours or days in a year *plough, tractor, rototiller, bulldozer, chainsaw), we would rent or trade them for local people instead of buying and owning them.
  • p.32 Ideas of « making money » or « getting rich » have given people a perverted view of economic principles. The object of economic effort is not money, but livelihood. Money can not feed, clothe or shelter. Money is a medium of exchange,-a means of securing the items that make up livelihood. It is the necessaries and the decencies which are important, not the money which may be exchanged for them.
  • p.33 Under any economy, people who rent out money live on easy street. Whether as individuals or banking establishments, they lend money, take security and live on a rich harvest of interest and the proceeds of forced sales. The money lenders are able to enjoy comfort and luxury, without doing any productive labor. It is the borrowing producers who pay the interest or lose their property. Farmers and home owners by the thousands lost everything they had during the Great Depression because they could not meet interest payments. We decided to buy for cash or not at all.
  • p.35 We believe that all life is to be respected -non human as well as human. Therefore, for sport we neither hunt nor fish, nor do we feed on animals. Furthermore, we prefer, in our respect for life, not to enslave or exploit our fellow creatures. Widespread and unwarranted exploitation of domestic animals includes robbing them of their milk or their eggs as well as harnessing them to labor for man. Domestic animals, whether cows, horses, goats, chicken, dogs or cats are slaves. Humans have the power of life or death overt them. Men buy them, own them, sell them, work them, abuse and torture them and have no compunctions against killing and eating them. They compel animals to serve them in multitudinous ways. If the animals resist, rebel or grow old, they are sent to the butcher or else are shot out of hand.
Cats and dogs live dependent subservient lives under the table tops of humans. Domestic pets kill and drive away wild creatures, whose independent, self-respecting lives seem far more admirable than those of docile, dish-fed retainers. We enjoy the wild creatures, and on the whole think they are more lithe, beautiful and healthy than the run of cats and dogs, although some of our best friends in vermont have been canine and feline neighbors.
  • p.91 The keystone of our economy was our food supply. As food  costs are the largest single item in the budget of low income families, if we could raise most of our food instead of buying it on the market, we could make a substantial reduction in our cash outlay and in our required cash income. (…) This decision brought us face to face with three stubborn facts, the Vermont climate, the pitch of the land, and the depleted soil.
  • p.121 most of the food consumed by human beings comes directly from the upper few inches of top soil. A whole soil is one that contains the ingredients necessary to produce sturdy healthy vegetation of the required variety and species. Different plants have different nutritional needs and offer various combinations of minerals, vitamins and enzymes to the animals and humans who consume them. Soil wholeness may be upset by erosion, by cropping, by improper fertilizers. Until the solid balance is restored, the products of an unbalanced soil will be unbalanced vegetation. If such vegetation is consumed, it may transfer its unbalance to the user, causing a person who eats « good food » by ordinary standards, to be far from well.
  • p.122 Good food should be grown on the whole soil, be eaten whole, unprocessed and garden fresh. Even the best products of the best soils lose more or less of their nutritive value if they are processed. Any modification at all is likely to reduce the nutritive value of a whole food. Peeling tomatoes, scrapping carrots, milling wheat, cooking green peas, removes essential partis of the food, causes chemical changes, or drives off vitamins.
  • p.142 We were looking for a kindly, decent, clean and simple way of life. Long ago we decided to live in the vegetarian way, without killing or eating animals; and lately we have largely ceased to use dairy products and have allied ourselves with the vegans, who use and eat no animal products, butter, cheese eggs or milk. This is all in line with our philosophy of the least harm to the least number and the greatest good to the greatest number of life forms.
  • p.144 Apply to vegetables and fruit the principles of wholeness, rawness, garden freshness, and one or few things at a meal, and you have the theory of our simple diet. In practice, the theory gave us a formulated regime, fruit for breakfast, soup and cereal for lunch, salad and vegetables for supper. (…)  We often had a one-day exclusive apple diet to revivify and cleanse the system. (…) Gourmets amongst us dipped whole bananas in honey and then in wheatgerm. Quarter sections of apples were dipped the same way, or spread with peanut butter. Nuts were often cracked and eaten with the apples. Berries were served with maple syrup or honey, or eaten dry. Breakfast was rounded up by a handful of sunflower seeds, herb tea sweetened with honey, or a tablespoon of blackstrap molasses in hot water.
  • p.145 We have gone for months at a time with no breakfast at all and maintained health and suffered no discomfort though carrying on a full program of work. For ten years we have eaten fruit for our first meal of the day, and yet put in four solid hours of hard physical or mental work until lunch. We felt better, worked better and lived better on it than after a stuffy starch, protein-rich breakfast.
  • p.148 All of our meals were eaten at wooden plank table, in wooden bowls, the same bowl right through the meal. This practically eliminated the dish washing problem. With no sauces, no frying and the like, there were few dishes to wash and pans to scrub. (…) We also felt than wooden eating utensils were more neutral and modified the flavor less than the metallic table tools.
These food habits of ours we found simple, economical, and practicable, though they were perhaps not usuals for 20th century Americans. With advancing civilization, the American diet pattern, like everything else, has undergone a thorough-going change. The business of procuring the necessities of life has been shifted form the wood lot, the garden, the kitchen and the family to the factory and the large-scale enterprise. in our case, we moved our center back to the land. There we raised the food we ate. We found it sufficient, delicious and nourishing.  On this diet we maintained a rugged health and patronized no doctors. (….) With vegetables, fruits, nuts and cereals we proved that one could maintain a healthy body as an operating base for a sane mind and a purposeful harmless life.
  • p.151 Livelihood is the central core around which most people build their lives. (…) The majority of human beings, notably in industrial communities, dedicate their best hours in their best years to getting an income and exchanging it for the necessaries and decencies of physical and social existence. Children, old people, the crippled, the sick, the voluntarily parasitic are at least partially freed from livelihood preoccupations. Able bodied adults have little choice. They must meet the demands of livelihood or pay a heavy penalty in social disapproval, insecurity, anxiety and finally in physical hardship.
Livelihood needs, particularly for the necessities, are continuous, operating every day, of every month, of every year.  An interruption in the supply of necessary goods and services, even for a short time, results in hardship and creates an atmosphere of uncertainty, anxiety and fear. By what means are the stability and security of livelihood to be safeguarded ?
(…) We would suggest seven procedures which will maximize the stability and security of livelihood.
First, regulating the sources of livelihood in such a manner that all able-bodied adults will render a service in exchange for income, thus eliminating the social divisions which develop when a part of the community lives on unearned income while the remainder exchanges labor power for its livelihood.
Second, avoid gross and glaring inequalities in livelihood status.
Third, budget and plan the community economy.
Fourth, keep community books and open the accounts to public inspection.
Fifth, pay as you go, either in labor or in materials, this avoiding inflation.
Sixth, practice economy, conserving resources, producing and consuming as little as necessary rather than as much as possible.
Seventh, provide a wide range of social services based upon specialization and cooperation.
  • p.153 Thoreau said on cutting one’s own fuel:  » It warms us twice, and the first warmth is the most wholesome and memorable, compared with which the other is mere coke… The greatest value is received before the wood is teamed home. »
  • p.154 Our purpose (…) was not to multiply food, housing, fuel and the other necessaries, but to get only enough of these things to meet the requirements of a living standard that would maintain our physical efficiency and at the same time provide us with no end in itself;  rather it was a vestibule into an abundant and rewarding life. Therefore we produced the necessaries only to a point which would provide for efficiency. When we reached that point we turned our attention and energies from bread labor to avocations or to social pursuits.
Current practice in US economy called upon the person who had met his needs for necessaries to turn his attention forthwith to procuring comforts and conveniences, and after that to luxuries and superfluities. Only by such procedures could an economy based on profit accumulation hope achieve the expansion needed to absurd additional profits and pay a return to those investing in the new industries.
Our practice was almost the exact opposite of the current one. ur consumer necessaries came mostly from the place, on a use basis. Comforts and conveniences came from outside the farm and had to be procudre either by barter or through cash outlays. (…) « Earn a little and spend a little less ».  Food from the garden and wood from the forest were the product of our time and labor. We paid no rent. Taxes were reasonable. We bought no candy, pastries, meats, soft drinks, alcohol, tea, coffee or tobacco. These seemingly minor items mount up and occupy large place in the ordinary’s family’s budget.
  • p.155 Mark Twain: Civilization is a limitless multiplication of unneccessary necessaries. A market seeks by ballyhoo to bamboozle consumers into buying things they neither or want, thus compelling them to sell their labor power as a means of paying for their purchases. Since our aim was liberation from the exploitation accompanying the sale of labor power, we were as wary of market lures as a wise mouse is wary of other traps.
  • p.158 City dwellers, accustomed to a wide variety of services, get to a point at which they believe that the essential questions of day to day living can be settled by arrangement, chiefly over a telephone. A customer with a ten dollar bill can get wonderful results in a department store. But put the same person in the backwoods with a problem to be solved and an inadequate supply of materials and tools. There money is useless, Instead, ingenuity, skill, patience and persistence are the coin current. The store customer, who comes home with a package under his arm  has learned nothing, except that a ten dollar bill is a source of power in the market place. The man or woman who has converted material into needed products via tools and skills has matured in the process.
  • p.159 William Cooper « It is not large funds that are wanted, but a constant supply, like a small stream that never dies. To have a great capital is not so necessary as to know how to manage a small one and never be without a little. »
  • p.192 We are opposed to the theories of a competitive, acquisitive, aggressive, war-making social order, which butchers for food and murders for sport and for power. The closer we have to come to this social order the more completely are we a part of it. Since we reject it in theory, we should , as far as possible, reject it also in practice. On no other basis can theory and practice be unified. At the same time, and to the utmost extent, we should live as decently, kindly, justly, orderly and efficiently as possible. Human beings, under any set of circumstances, can behave well or badly. Whatever the circumstances, it is better to love, create and construct than to hate, undermine and destroy, or, what may be even worse at times, ignore and lassoer passer.