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Du bois difficile à fendre

Je prépare du bois pour les hivers prochains.

Dans ce domaine, il faut toujours des longueurs d’avance.

C’est Mister K qui m’avait informé d’un énorme tas de bois à aller ramasser, en décembre dernier

De diverses essences, et du bon bois. Qui chauffera bien. Dans le tas il y a du kaki, et voila un bois qui est bien difficile à fendre.

Même avec l’excellent merlin de la marque fiskars (Fiskars Iso Core 8 lb Maul 36 Inch, 751110-1001), faut frapper le bois à répétition comme un malade, pour qu’il commence à se fendre.

Ce tronc de kaki était conséquent. En son centre des galeries ont été creusées par des larves d’insectes, grosses gourmandes. Il faut de sacrées mandibules, pour creuser des galeries dans ce bois si dur. Là encore on constate la puissance de la nature.

J’avais vu une fois à la tv japonaise; un passage mémorable où un gars en montagne se faisait une belle poêlée de ces larves, avec du beurre et de la sauce de soja. Cela parait-il un bon goût de noisette.

S’occuper du bois de chauffe en plus d’être une bonne activité physique permet d’observer les différents écosystèmes qui se se développent dans les arbres. En plus de se muscler, on finit moins con.

Vendredi Matin

Ce matin aussi, levé très tôt, à 4 heures.

Je bois un verre d’eau et vais dans mon bureau dans le jardin. Il fait encore nuit, et un peu froid, il fait huit degrés dans le bureau.

Première réunion à 4 heures trente, avec une équipe de l’Iowa. J’embraye à 5 heures avec deux gars en Virginie etc…

Mais ça se passe plutôt bien.

Vers 7 heures mon épouse m’apporte une tasse de café.

A 9 heures j’ai fini mes réunions. Je fais une pause. Et voilà le gros avantage à travailler à distance, chez soi, c’est que le temps nous appartient pleinement dès que l’on s’éloigne de l’ordinateur. Si j’était au bureau et si je devais faire une pause hé bien je serais toujours prisonnier au bureau, à regarder la moquette et les calvities des collègues.

Je vais dans le jardin fendre un peu de bois, histoire de commencer à faire quelque chose d’utile et agréable.

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Puis je vais voir si les gars des poubelles ont bien ramassé les tatamis que j’ai laissés la veille aux encombrants, car je suis pas sûr qu’ils ramassent les tatamis … en fait ils sont pas encore passés, mais un vélo y a été jeté … et il m’a l’air en bon état, quel dommage de jeter ça … je l’embarque.

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Car il pourra servir lorsque nous aurons des invités, ou des visiteurs dans notre future guest house. Il suffira d’y ajouter une selle …

Voilà donc un vendredi qui commence bien.

Refaire le plancher (2)

Tout le long de cette (grosse) opération j’observe S.

Je fais pas grand chose, je passe le balais; ramasse les débris, visse avec mon impact driver makita, mais plus que tout je regarde.

Je regarde comment S. qui doit avoir 65 ans et qui a commencé charpentier à 14 ans , en apprentis, je regarde comment il bouge, comment il manie le marteau. Son marteau il l’utilise selon cent manières différentes, des fois il caresse le bois avec son marteau, dès fois il le frappe comme s’il était un forgeron, je crois que n’importe quelle pièce de bois, elle lui obéit à son marteau, dès qu’elle en voit l’ombre, ou sent l’air qu’il chasse, la pièce de bois abandonne toute velléité, elle va là où le marteau lui dit d’aller.sous son mouvement; la pièce de bois, elle a pas le choix.

C’est tellement beau à regarder. Et puis il y a aussi le ciseau à bois.

Je luis dit à S., que l’observer comme ça comment il travaille à poser un nouveau plancher, c’est quelque chose de formidable, c’est le Bolchoï, le défilé du 14 juillet.

Il me dit si on fait ça pendant 50 ans, ça prend forme … 50年やったら、形になるで

Voilà. Tout est dit. On est à une époque où tout va très vite, où les choses semblent servies sur un plateau, mais S dans sa sagesse modeste remet tout à sa place, en une phrase courte et ajustée qui fait mouche, comme ses coups de marteau.

Après avoir tout dégagé nous posons les poutres horizontales qui supporteront le nouveau plancher. Elles proviennent de cryptomères que S. a coupé en montagne et qu’il a confiés ensuite à une scierie pour en tirer des poutres bien droites.

sur la droite on voit qu’une moitié du plancher a été refait par l’ancienne propriétaire. Il y a des pieds métalliques et des blocs de béton. Nous n’y touchons pas.

Tout ça c’est du solide.

Dès ce moment il faut bien calculer, la hauteur où doivent arriver ces poutres. Sur celles-ci on posera les tarukis (chevrons), et ensuite les planches du plancher. Il faut que les planches du plancher s’emboitent exactement dans le montant en aluminium des fenêtres. C’est au millimètre prêt. Une autre contrainte, c’est de faire un plancher droit et pas de traviole, alors que la maison, si on regarde bien, elle est un peu de traviole!

Les nouvelles poutres …. on met les pieds métalliques en dernier. Au fond de la photo on voit le mur en torchis, derrière les colonnes autour du tokonoma.

Je peux donner un petit coup de main en taillant des encoches dans les anciennes poutres où les tarukis viendront s’appuyer.

Cette poutre malgré les apparences a bien tenu. Pas besoin de la remplacer.
A regarder les détails, les marques d’outils, on devine que cet ancien tronc d’arbre a été ajusté à la hachette (ヨキ)

Ensuite on pose les tarukis


Et ensuite les pieds métalliques, que l’on fixe aux blocs de béton avec une colle spéciale.

On règle la hauteur des pieds métalliques. Donc voila un moment délicat, avec un fil on doit regarder dans toutes les directions comme sur un damier et on règle la hauteur des pieds pour que tout soit droit, et à la bonne hauteur. A certains endroit on entend bien que l’on force sur les poutres ….

Réparer une hache

Il y avait une petite tête de hache, toute rouillée et bien misérable, dans un débarras de la maison de madame M.

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Je doute qu’elle s’en soit servi, mais ce doit être un préjugé de macho, car comment savoir en vérité.

Si ONO おの 斧 signifie la hache en général, il semble qu’ici au moins on nomme YOKI よき les haches de petite taille.

La tête de la hache est vraiment rouillée.

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Mais on distingue les marques typiques du mayoké (pour faire chasser les esprits); des trois et des quatre traits gravés de chaque côté de la lame.

C’est donc une hache à utiliser en forêt dans la montagne (ça n’est pas truc que l’on utilise simplement à la maison).

On distingue aussi deux caractères; Kawanishi. 川西 Ce devait être le nom du forgeron du coin. Je vais essayer de vérifier auprès des anciens du village. A ma connaissance il n’y avait pas de forgeron dans la vallée, ce Kawanishi devait être dans la ville voisine ? Mystère et bouledegomme.

L’idée me vient de restaurer et remettre en état cet outil.

Le métal reprend de son éclat, après un long passage au papier de verre.

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La lame est bien endommagée j’essaye de la reprendre en la travaillant sur une pierre à affûter. Voila un travail bien agréable pour une fin de journée.

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Ca commence quand même à prendre forme.

Ensuite ajouter un manche, pour cela j’utilise le manche d’un vieil outil de madame M encore … et le tour est joué!

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Les locataires des tas de bois

Y a plein de petits geckos qui se planquent tranquille dans notre tas de bois. Sans doute un bon endroit pour passer l’hiver.

Il faut faire attention, lorsque l’on prend du bois pour aller alimenter Calcifer le poêle à bois, à ne pas enfourner ces sympathiques bestioles.

Il y a beaucoup de punaises aussi qui se planquent dans nos bûches mais dans ce cas j’ai beaucoup moins de précautions et je les fais brûler avec le bois. Comme quoi nous sommes très sélectifs. A quoi tiennent ces différents critères, bestiole sympathique que l’on veut épargner, bestiole désagréable que l’on zigouille sans regret. Toutes sont le fruit de la création pourtant.

Cet après midi je fendais une énorme bûche et d’une petite fente dans le bois est sorti ce petit gecko. Il a eu chaud, j’aurais pu le réduire en bouillie avec ma hache.

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Petit à petit

Petit à petit l’oiseau fait son nid ….. petit à petit la montagne prend forme à force de nettoyer et de ranger les troncs d’arbres effondrés.

nettoyage de la montagne

Le mieux c’est d’y aller à la hache. On travaille ainsi son swing.

arbre courbe coupe hache

Maintenant que le tout est plus facile d’accès, on peut mieux apprécier la vue sur le village …

vue du village de la montagne

Le marronnier de la voisine

Donc, on a coupé le marronnier de la voisine lors du nettoyage collectif de la rivière car il encombrait trop et gênait le débit de l’eau (de la rivière).

Un beau marronnier centenaire.

La voisine était triste et aurait préféré le garder et ne pas le couper. Je sentais qu’elle n’était pas tout à fait d’accord avec la décision du chef du village (par contre son mari était d’accord).

Une fois coupé on a transporté les buches jusqu’à la maison.

Le bois était très frais et ma hache suédoise l’a fendu avec beaucoup de facilité. Une vraie entente entre le bois et l’acier. On sentait vraiment qu’il était encore vivant, le marronnier. Il était frais comme un légume que l’on vient de retirer de la terre du jardin. Maintenant le marronnier est saucissonné et rangé dans mon abri bois. Où il va pouvoir sécher tranquillement.

En le fendant j’ai pu observer tous les différents insectes qui y vivaient. C’était impressionnant.

Dans une branche pourrie j’ai vu quelques termites. Cette branche je vais l’apporter au tondo, le grand bûcher annuel du village. Pas besoin de garder ça à côté de la maison trop longtemps.

J’ai trouvé aussi une colonie de fourmis. Les fourmis étaient assez grosses, un centimètre. Et d’une magnifique couleur caramel.

Dans d’autres branches il y avait une autre colonie de fourmis qui elles étaient minuscules, de l’ordre du millimètre.

Dans le bois de marronnier ici on trouve invariablement les galeries creusées par un kamikirimushi. (capricorne). On pourrait y enfoncer le petit doigt. On trouve aussi des larves de capricorne. Je sais que certains ici au Japon les passent à la poêle avec un peu de beurre, ça un goût de noisette dit-on !

Ce beau marronnier était un écosystème à lui tout seul.

La voisine disait que ce marronnier avait été planté par le grand père; elle était vraiment attachée à cet arbre. Malgré son âge avancé elle continuait à descendre dans la rivière pour y récolter ses marrons, malgré la descente acrobatique et hasardeuse le long du mur de pierres, et les gros galets glissants.

En fendant a la hache une partie du tronc j’ai gardé une petite planche. Je l’ai passée au rabot et à la ponceuse. Je vais la donner à la voisine comme souvenir de ce bel arbre.

 

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Autre nature morte à la tronçonneuse

J’aime bien cette nature morte à la tronçonneuse. C’était avant que je ne répare la vieille hache.

C’est toujours un moment important lorsque l’on prépare les outils avant d’aller travailler sur un projet.

On savoure d’avance le plaisir et la fatigue que le travail procurera.

D’où l’envie d’immortaliser ces moments au petit matin.

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Fendre du bois si on s’ennuie

Réparer une vieille hache

Après la serpe … la hache …

Cette hache trouvée pour 500 yens dans une brocante (soit 5 euros) a besoin d’être réparée pour pouvoir servir.

Nous avons envie de l’utiliser lorsque nous irons travailler dans la montagne.

la vieille hache

la vieille hache

Il faut en remplacer le manche, le manche actuel se défait et en plus il est trop long.

Il faut aussi retirer la rouille pour faire réapparaître la beauté du métal.

Et affûter la lame avec la pierre.

la vieille hache après réparation

la vieille hache après réparation

Je crois que l’on appelle ce type de hache Yoki.

Vocabulaire.

Ono 斧 Hache

Yoki ヨキ Hache plus petite, que l’on utilise d’une main. Je crois ce nom est une onomatopée.

A propos, une autre hache du même type, mais plus grande; somnole dans l’atelier. Achetée également pour 500 yens.

Le jour viendra où nous lui referons une petite beauté:

un autre vieille hache

un autre vieille hache

Si vous ne connaissez pas je vous recommande l’article où nous parlions des signes magiques inscrits sur les lames des haches japonaises.