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Un pied-de-biche bien français

Mon pied-de-biche

Quelle belle expression ! en Japonais on dit simplement barre (バール) bien qu’il y ait aussi ce mot: 鉄梃(かなてこ) kanatéko. En américain on dit crowbar et dans certaines régions comme l’Angleterre ou l’Australie on utiliserait ce terme de pied de cochon pig foot.

Eh bien ici il est clair que le terme Français se distingue par son élégance. (En Espagnol c’est pie de cabra soit pied de chèvre). J’aurais dû apprendre le Russe.

Mon pied-de-biche, à force de creuser des trous et déloger de grosses pierres, montre quelques signes de fatigue.

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Neuf il était pas mal; bicolore vert orange.

Après six ans de service est venu le moment de lui refaire une beauté.

Et pourquoi pas donc le repeindre en bleu blanc rouge, comme le drapeau.

 

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D’abord une bonne couche de blanc.

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Ça jette !

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La grange et son message

Suite à l’achat de la maison de notre ancienne voisine visitons le petit bâtiment de deux niveaux qui lui est attenant. Comment le nommer en français, j’hésite entre le hangar et la grange … Pourquoi pas la grange.

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Le rez de chaussée, le sol est en béton. Et il y a tous les outils de jardinage de madame M. Deux magnifiques brouettes complèteront ma collection. Il y a un motoculteur que je vais donner à un voisin. Sinon beaucoup d’ustensiles que je pourrai réutiliser dans mon petit jardin.

 

Tout ça on laisse; on fera le tri petit à petit. Car, Petit à petit, l’oiseau fait son nid.

 

 

Je pense que tous les outils et affaires que Madame utilisait pour ses nombreuses activités de jardinage et récolte de pêches, yuzu, châtaignes étaient assemblées dans cette grange.

Le long de la maison il y a un autre débarras avec des outils beaucoup plus anciens, comme une araire et autres choses. (pour un article futur).

Il y a aussi, alignées sur des étagères, des choses anciennes, des pots, et des caisses en bois datées et signées qui doivent contenir de la vaisselle. Nous nous y attarderons plus tard.

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L’escalier qui mène au premier étage est si raide qu’on le confondrait presque avec une échelle.

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En haut, une grande pièce avec tatamis. C’est un vrai capharnaüm. Le sol est recouvert d’affaires, on hésite où poser le pied. Globalement les choses ici sont plus récentes et d’intérêt moindre.

Je fais le tri dans les affaires et mets dans un coin ce que nous allons garder. Seuls quelques trucs retiennent mon attention, des machines à coudre, un ou deux meubles, un échiquier, des cendriers … il y a tellement de cendriers! A croire que pour chaque événement dans le village on distribuait des cendriers.

 

Il y a aussi un vieux magnétophone Sony. Ce modèle date de 1963.

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Avec la fille de madame M nous nous sommes arrangés pour qu’elle bazarde tout ce dont nous ne voulons pas. C’est rapide, les gars balancent direct dans leur camion benne, du premier étage ! oh yeah c’est rock and roll !

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Voici quelques photos de la pièce du haut après rangement. Le plancher est un peu souple, il faudra le refaire peut être. On voit, la pièce fait huit tatamis donc c’est assez grand …

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Le pavillon d’or de Kyoto.

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de vieilles valises.

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La vue de la fenêtre.

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Pendant le rangement j’ai remarqué cette boite de biscuits métallique. Avec ce message, à méditer.

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NB Un Lecteur sur Facebook m’informe que c’est du Paul Valéry. C’est un vers du poème le cimetière marin.

Le vent se lève… ! Il faut tenter de vivre !
L’air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !
Rompez, vagues ! Rompez d’eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs !

La maison de Madame M

Madame M est décédée il y a deux ans. Cette dame à la volonté et prestance exceptionnelles, qui a vécu des productions de son jardin, en quasi autarcie, jusqu’à un âge très avancé.

Une anecdote à son sujet, peu après notre arrivée dans le village; il y a six ans, je me suis mis a déplacer des rochers  dans la rivière, pour essayer de la dégager et éviter les débordements lors de déluges; eh bien malgré ses quatre vingt dix ans elle est descendue dans la rivière venir m’aider ….

Depuis son décès, sa maison est restée vide. Sa maison est ancienne, centenaire. C’était, autrefois, le logement des instituteurs du village. Elle est adjacente à notre terrain.

L’idée d’acheter cette maison n’a cessé de trotter dans ma tête, et finalement nous nous sommes lancés.

Nous avons finalisé l’achat de cette maison hier. Maintenant que tout est fait, il nous reste à trouver un ou des projets pour cette maison (location court terme pour voyageurs égarés, bar pour les nuits de pleine lune, qui sait …).

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Cette maison qui a tant de désavantages, c’en est presque charmant: pas de parking, petit terrain. Un peu sombre. (Lire l’éloge de l’ombre de Tanizaki).

Son schéma est identique à celui de notre maison, et probablement à toutes les anciennes maisons de la vallée. Également identique au plan de la maison de mille ans… sauf qu’il n’y avait pas de place pour y mettre une vache.

Une grande entrée, qui donne sur la cuisine. A gauche quatre petites pièces en tatami arrangées en quatre carrés adjacents comme l’idéogramme de la rizière 田. La pièce, au fond et du côté de l’entrée, abrite un tokonoma et l’autel aux ancêtres, ou butsudan. (celui-ci a été évacué).

Comme chez nous; la salle de bains a été ajoutée plus tard, pendant les seventies ?

Il y a eu quelques autres travaux, comme par exemple l’effacement des engawas (ces couloirs qui font une transition entre le dehors et le dedans) pour agrandir les pièces (les panneaux coulissants en papier rendus obsolètes avec l’introduction des rideaux), et l’entrée où un carrelage est venu remplacer la terre battue (chez nous c’est du béton).

L’esprit original de la maison est, malgré ces ajustements qui ont suivi les nouveaux modes de vie, préservé: la structure en bois avec les poutres et les piliers est toujours visible; les tatamis aussi sont encore là.

Cette modeste maison a du potentiel aussi: elle est petite et n’est pas gigantesque. Elle est en excellent état et il n’y a presque pas de travaux a faire. Elle donne directement sur la rivière, ce qui est sympa.

Il y a aussi une annexe, sur deux niveaux, qui servait de hangar pour les outils. Intéressant de noter que la surface construite pour l’habitation occupe la même superficie que pour stocker les outils et les choses du jardin ou des champs.

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A ma demande, l’annexe a été laissée telle quelle, elle est donc encore pleine des outils plus ou moins anciens que Madame M et sa famille ont utilisés dans leurs potagers, montagnes et rizières.

La première tâche sera donc de dégager tout cela et de faire un peu de tri, il y aura sans doute des choses intéressantes, des objets d’autrefois; j’en dresserai la liste ici dans des articles futurs.

 

 

 

 

 

Prendre le temps

J’écris pas mal d’articles sur mes petits projets bricolages mais … 

Mais le message, en fait c’est, plutôt que le bricolage en soi, le plaisir à prendre le temps, et le plaisir de faire les choses soi même.

Passque des bricoleurs plus adroits et plus appliqués que moi, il y en a des millions.

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Au pied de notre petite montagne.

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Il reste ce grand tas de bois. Des arbres que nous avons coupés l’année dernière. et les avons laissés là…

 

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Les outils sont made in Japan sauf le draw knife qui est made in England.

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Oh regardez moi ce petit bébé ! Il mange la partie extérieure des troncs, qui est plus tendre et plus riche. Ca doit correspondre à l’aubier.

Je découpe les troncs, coupés à 1.7 mètres pour en faire des pieux carrés pour faire une barrière. On voit que l’aubier  est trempé d’eau et parfois donc habité d’insectes.

L’aubier est trempé pour les arbres que nous avons coupés en avril l’année dernière. Ceux que nous avions coupés plus tôt pendant l’hiver en février, eux sont secs.

Ce travail permet de retirer une grande partie de l’aubier . (donc je vire les insectes; les parties mouillées qui vont pourrir, j’allège le tout, et donne un aspect uniforme à tous les piliers).

 

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Pendant ce temps j’entends au loin les aboiements d’un chien. Un chien de chasse qui s’est égaré dans les montagnes. Les chasseurs dans leurs petits camions keitora passent en boucle dans le village en bas et klaxonnent pour récupérer le chien qu’ils finissent par retrouver.

Tous ces chasseurs sont très âgés. Petits; nerveux. Il chassent pour l’argent; la prime de huit mille yens par tête de chevreuil. Ils ne semblent pas chasser pour le plaisir ou l’art de le faire … Ca se lit sur leur visage … leur âme s’est éteinte … la lumière dans leur regard est opaque … Ils sont dans le côté obscur de la force …

La présence de ces chasseurs m’inquiète un peu. Ils sont tous à moitié aveugle …  je descends les voir et leur indique d’où les aboiements du chien perdu semblent parvenir. Ils retrouvent leur toutou.

Pour éviter  un accident je vais chercher des hauts parleurs et je mets de vieilles chansons de David Bowie qui viennent emplir le silence de la montagne. Histoire que les chasseurs ne me tirent pas dessus par erreur… sachant que les chevreuils n’écoutent pas David Bowie.

C’est le problème quand on travaille avec des outils à main … si j’avais bossé avec la tronçonneuse j’aurais pas eu besoin de David Bowie pour faire s’éloigner les chasseurs …

Mais j’aurai pas eu autant de plaisir à travailler…

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Les pieux feront 5 suns (pouces) sur 5 soit 15 centimètres de côté… Ca va être du solide …

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Il faudra une vingtaine de pieux en tout … C’est bien de pouvoir prendre le temps…

 

 

Les six colonnes sont faites

L’abri que nous allons construire dans le jardin (technology transfer) aura six colonnes (hashira 柱).

J’ai fini les colonnes hier.

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Je travaille dans l’atelier de S. Il me prête ses grosses machines. Il m’a fallu dompter cette machine infernale assez impressionnante au départ, qui avec quatre scies circulaires découpe des tenons en deux coups. Il faut rester concentré. Les Saoudiens pourraient utiliser cette même machine pour couper les mains des voleurs de poule, comme il est d’usage chez eux.

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Le tenon découpé, il faut percer le trou pour la cheville.

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Cheville  komisen 込栓

Pour celà on utilise une perceuse spéciale qui fait des trous carrés, de la taille de la future cheville. (la cheville fait 5 buns de côté soit la moitié d’un sun, et cela correspond  à la largeur de la sashigané … comme par hasard ….) ….

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Ensuite on fait une petite entaille à 45 degrés sur le côté supérieur du trou carré avec le ciseau à bois. Cela permettra à la cheville de pénétrer plus facilement. (photo ci dessous avant de faire l’entaille).

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Ensuite il y aura des hiuchi, ou arbalétrier c’est ça ? qui vont connecter la colonne aux poutres à 45 degrés. On prévoit des entailles dans les colonnes pour y accueillir (et soutenir) les hiuchi.

Pour ce faire on utilise ici aussi le ciseau à bois, j’en utilise un qui fait 1 sun et 4 buns de largeur. Très bien aiguisé il découpe le bois comme si c’était du beurre.

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S. revient d’une partie de pêche et me montre au début comment se positionner par rapport au bois et aux outils etc … ici démonstration clope-au-bec avec un tsukinomi, ciseau à bois à manche long, que l’on utilise sans marteau.

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Pour préparer ces six colonnes il y a donc toute une série d’opérations et de gestes à faire, une séquence précise à suivre. Et voyez vous tout celà est comme une danse, à la manière de bouger, de se positionner, et d’utiliser les divers outils. Il y a grand plaisir à faire tout cela.

 

Le plein d’outils

Un peu par hasard, je récupère les outils d’un charpentier d’une ville voisine qui a cessé ses activités et fermé son atelier. Les gens voulaient se débarrasser.

Y en a un sacré paquet. Ca remplit presque le camion.

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Certains sont exceptionnels (au moins pour moi)

De vieilles équerres sashigané. さしがね 差金 A noter qu’elles ne portent pas d’indication chiffrée.

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Un ancien sumitsubo en bois. (sumitubo) すみつぼ 墨つぼ 墨壺

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et avec une boite de coton spécial pour l’encre.

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Une grande quantité de rabots (kanna) かんな 鉋

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Un très bel ensemble de ciseaux à bois. (nomi) のみ 鑿

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Un ciseau à bois au manche long, pour travailler les poutres.

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Cette trouvaille arrive à un moment intéressant car je passe désormais tous mes week ends dans l’atelier de S le charpentier, où il m’enseigne les rudiments de son beau métier.

Un petit coup de pouce venu de dessus les nuages ?

L’équerre du menuisier

Nous avons descendu le bois de notre montagne et commençons un nouveau projet, pharaonique: construire un nouvel abri dans le jardin, pour y étendre le linge, pour offrir à Minou un endroit agréable pour surveiller les alentours en toute sécurité, et faire des petites party avec les zamis, même sous la pluie.

Nous utiliserons le bois de notre montagne. Je ferai ce projet avec l’aide de S., menuisier charpentier, qui va m’apprendre ses techniques de base. C’est donc un transfer de technologie… technology transfer ….

 

Durant la phase de préparation j’observe l’équerre de S. et suis tout de suite intéressé par cet outil traditionnel et aux fonctionnalités étonnantes.

Cette équerre traditionnelle, utilisée depuis le 7è siècle s’appelle sashigane. 差し金

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Celle-ci est graduée en sun et en shaku, les mesures traditionnelles, mais il y a des versions modernisées en système métrique.

sun すん 寸 (env. 3 cm)

shaku しゃく 尺 ( env. 30 cm)

L’outil à priori simplissime a quelques secrets que je voudrais vous presenter ici ….

 

 

des marques en idéogrammes chinois

Je crois comprendre qu’ils correspondent à une ancienne version du shaku; utilisée autrefois en Chine avant le 7è siècle.

Chaque signe a son sens, et indique à l’artisan les endroits propices (ou au contraire néfastes) à l’emplacement d’une porte ou d’une colonne par exemple. Je pense que ce concept est proche du Feng Shui.

財(ざい)Un excellent emplacement pour positionner une colonne ou une poutre. Garantie de bonne fortune

病(びょう) Maladie. Mauvais karma. A éviter.

離(り、りう、はなるともいう)Séparation des enfants ou des conjoints. A éviter.

義(ぎという)Bonne chance. Bon emplacement pour les coffre forts ou les choses de valeur.

管(かん)Longévité.

劫(ごう)Bad !

害(がい)Malheur, décès.

吉 (きち) Lucky Strike !!!!

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des graduations augmentées d’un facteur de 1.41

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1.41….. c’est la racine carrée de 2.

La graduation permet de calculer la longueur de l’hypoténuse d’un triangle isocèle rectangle… Ses deux côtés sont de longueur égale, disons A. Pythagore nous dit que l’hypoténuse sera égale à la racine carrée de 2 fois A au carré, soit  la racine carrée de 2,  multipliée par A.

des graduations augmentées d’un facteur de 3.14

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Mesurer avec ces graduations le diamètre d’un cercle, la mesure affiche la valeur du diamètre multipliee par PI, soit le périmètre du cercle.

un petit lapin !

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alors là on peut se poser la question … pourquoi le petit lapin … mais il doit y avoir une raison n’est-ce-pas ….

Tout cela est super intéressant, tant d’ingéniosité !

Montagne 2.0 (suite de la suite) et premiers épluchages

Ca n’est jamais aussi simple. Je crois que c’est là une généralité dans la vie. 

Dans le projet montagne 2.0 il a fallu poser un renfort le long de la rampe d’accès au chemin pour éviter les éboulements de pierrailles, qui finiraient sur la route (danger).

Le renfort, deux troncs d’arbres … de notre montagne bien sûr. Pour éviter l’intrusion d’insectes il faut en éplucher l’écorce. Pour celà je fais la connaissance d’un nouvel outil, l’éplucheur d’arbre. ou kawamukiki.

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Dans le temps, les enfants et les vieillards étaient chargés de retirer l’écorce des arbres avant la vente du bois. N’empêche, j’ai transpiré trois litres de sueur facile dans l’opération.

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Une difficulté supplémentaire, la roche est très friable et il est difficile d’y planter des pitons pour y fixer le renfort. La solution, planter un piton à la verticale sur le chemin, et y attacher un câble d’acier qui va retenir les troncs d’arbres de tomber.

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Réparer une vieille hache

Après la serpe … la hache …

Cette hache trouvée pour 500 yens dans une brocante (soit 5 euros) a besoin d’être réparée pour pouvoir servir.

Nous avons envie de l’utiliser lorsque nous irons travailler dans la montagne.

la vieille hache

la vieille hache

Il faut en remplacer le manche, le manche actuel se défait et en plus il est trop long.

Il faut aussi retirer la rouille pour faire réapparaître la beauté du métal.

Et affûter la lame avec la pierre.

la vieille hache après réparation

la vieille hache après réparation

Je crois que l’on appelle ce type de hache Yoki.

Vocabulaire.

Ono 斧 Hache

Yoki ヨキ Hache plus petite, que l’on utilise d’une main. Je crois ce nom est une onomatopée.

A propos, une autre hache du même type, mais plus grande; somnole dans l’atelier. Achetée également pour 500 yens.

Le jour viendra où nous lui referons une petite beauté:

un autre vieille hache

un autre vieille hache

Si vous ne connaissez pas je vous recommande l’article où nous parlions des signes magiques inscrits sur les lames des haches japonaises.

Réparer l’ancienne serpe

C’est l’automne, d’ici quelques semaines, il n’y aura plus ni sangsue ni frelon et je retournerai dans notre petite montagne. Le but, débroussailler, continuer à déblayer et planter des arbres. C’est donc le temps des préparations. Car telle est ma mission.

Un truc à faire, remplacer le manche de la serpe et en réarranger la lame. Cette serpe est ancienne. Un voisin me l’avait offerte l’année dernière après que nous ayons acheté notre petite montagne. Elle avait dû appartenir à son père ou son grand père. La lame porte le nom du forgeron qui l’a faite ainsi que le nom de la ville de Shiso; proche de 10 kilomètres.

Autrefois il y avait une trentaine de forgerons à Shiso, je crois comprendre qu’il n’en reste aujourd’hui que deux ou trois. Ces forgerons fournissaient les agriculteurs et les forestiers en outils … Pas du made in china mais du made à dix kilometres de la maison.

Je me suis bien servi de la serpe l’année dernière, mais tapant comme un malade sur des tonnes de lianes et de bambous j’en ai brisé le manche et abimé la lame.

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D’abord je protège la lame dans un journal plié pour éviter de me trancher les bras.

Je scie dans la longueur un nouveau manche, sur 3寸, 3 sun, soit trois pouces. Les charpentiers utilisent toujours le sun comme mesure et expliquent que les chiffres exprimés en pouces sont plus faciles à retenir qu’en centimètres car ils sont sont plus petits. (par exemple 3 sun au lieu de 10 centimètres).

Il est un peu plus délicat de voir où percer le manche pour y insérer les deux clous de fixation.

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Mais bon on y arrive après avoir fait une copie de la lame sur un bout de papier.

Ensuite je passe la lame à la meule pour la corriger, et effacer les éclats faits l’année dernière.

Finalement je passe la lame à la pierre à aiguiser pour la reprendre en douceur. Ce  type de travail avec la pierre ou la meuleuse invite toujours à apprendre des gestes. A les faire bien. C’est tout un art. A chaque fois on finit par se laisser guider par le geste. La pierre et le métal se parlent et on suit le geste qu’ils nous incitent à faire. C’est très reposant.

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Le résultat est assez concluant.

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J’en profite pour dégager l’entrée de la montagne. La végétation obstrue l’entrée.

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Les branches coupées, on les amène ensuite aux chèvres du voisin qui sont toutes contentes. Elles aiment bien ces feuilles.

Rien ne se perd. Tout se transforme.