Tagué: pluie

Des news du village

Ce qui s’est passé cette dernière semaine ou derniers dix jours avec les pluies fortes et continues sur une grande partie du pays était selon les anciens du village sans précédent.

Notre vallée a eu beaucoup de chance, les dégâts y sont mineurs. Rien à voir avec les destructions totales des régions voisines et des lourds bilans humains avec de si nombreuses victimes à Hiroshima etc…

La rivière qui traverse le hameau a bien tenu et a bien fait son boulot d’évacuer illico des tonnes et des tonnes d’eau. Elle était quasiment dans cette situation (filmé en 2015 lors du passage d’un typhon).

Par contre cette fois, à certains endroits; la rivière arrivait à dix centimètres d’un pont ou de la route. On était à deux doigts de dégâts plus importants.

Dans la nuit de vendredi un éboulement derrière la maison d’un voisin a fait se détourner un cours d’eau devenu torrent de boue. Les différents canaux qui irriguent le village ont été immédiatement bouchés et l’eau est allée se déverser un peu partout. Les pompiers sont venus en demandant à se préparer à évacuer et, comme la plupart des voisins, nous sommes allés passer la nuit à la mairie, en sécurité.

C’était un peu une pyjama party avec les voisins. Les gens étaient très calmes, et comme tout le monde se connaissait il y avait beaucoup de discussions.

Je suis resté près de l’entrée là où se retrouvaient les pompiers pour obtenir le plus d’info possible sur la situation. D’autres éboulements ont à un moment isolé une partie de notre vallée; selon certains. A un moment je n’ai pas pu m’empécher de penser au pire.

Le samedi matin nous sommes retournés au village et avons pu mieux juger la situation, à la lumière du jour.

Des canaux débordaient toujours et l’eau boueuse continuait de se déverser partout et en partie sur notre bonne et vieille maison, en petites quantités, à peine deux trois centimètres. On a dégagé les derniers canaux obstrués et tout s’est tout de suite calmé. rentré dans l’ordre… si je peux dire.

Ici, plus de peur que de mal donc. Malheureusement, tout le monde n’a pas eu notre chance.

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Bidons vides sous la pluie

En entendant les échos des bidons de peinture vides sous la pluie ma femme a rêvé cette nuit de musiques africaines.

Les voici les bidons de peinture vides. Donnons leur la parole et laissons les chanter avec la pluie…..

A un moment Marron le chat des voisins vient jouer les trouble fête avec ses gros grelots, c’est vers 03:00.

 

 

 

Le nettoyage de la rivière

Aujourd’hui dimanche, de 13:30 à 15:30 avait lieu le nettoyage de la rivière.

Tous les habitants du hameau se sont regroupés.
C’est très organisé, comme lors du mochitsuki.
Les femmes sont divisées en deux groupes. Un se charge de ramasser les éventuels détritus sur les berges de la rivière. Le deuxième groupe est aux fourneaux et prépare les réjouissances qui suivront. Les rares enfants sont avec les femmes.
Les hommes eux sont ensemble. Tout le monde a des bottes, des vêtements de travail, et est armé de faux; de haches recourbées et de scies courtes. Certains amènent leurs keitracks.
On monte à l’arrière des keitracks, pour se rendre en aval. C’est chouette de monter à l’arrière du keitrack. Ca fonce sur 500 mètres avec le vent qui souffle dans les oreilles.
Trois groupes se forment et se dispatchent à plusieurs endroits le long de la rivière. On ne nettoie pas les mêmes chaque année.
Puis tout le monde descend.
L’ambiance est bien macho. Il y a quelques jeunes, mais la plupart ont plus de 60 ans, il y a quelques hommes qui ont plus de quatre vingts ans.
Certains descendent et vont travailler les berges immédiates de la rivière, les pieds dans l’eau. D’autres et parmi eux les plus agés restent sur la route, ils s’occuperont de charger dans les keitracks  ce que ceux d’en bas auront coupé et rassemblé.
Tout le monde s’affaire. Certains transpirent malgré l’hiver. On scie des arbres morts qui obstruent la rivière. On ramasse les canettes de café qui la polluent. On coupe les herbes, les bambous mélangés comme des mikados, on ramasse du bois mort bloqué entre des pierres.
Les pluies dans le pays sont brusques et violentes. Il faut que la rivière soit bien dégagée afin de bien dégorger les montagnes et les forêts; sous peine d’avoir des inondations. Il y a déjà assez de catastrophes naturelles comme ça.
Mes bottes sont trop courtes. Elles prennent l’eau. Les pierre arrondies qui forment le lit de la rivière sont glissantes, il faut faire attention; surtout qu’on portes de outils tranchants et très dangereux. Je glisse une fois pour tomber le cul dans l’eau. Heureusement je tiens ma serpe fermement et ne m’ampute pas. J’ai encore besoin de mes dix doigts.
Les deux heures de travail sont intenses. Les gens sont sérieux et travaillent sans rigoler beaucoup. Il s’agit d’être efficace.
Une fois le nettoyage fini on se retrouve. Certains s’assoient. C’est le moment d’allumer une cigarette et de discuter.
Les keitracks reviennent. Ils viennent charger le bois et les herbes coupées. On balaye la route pour n’y laisser aucune stigmate du nettoyage. Les petits camions partent tout déverser dans un petit parc au nord du hameau. C’est là que l’on fera le tondo; à la mi janvier.
Le tondo; mais je le verrai de mes yeux dans un mois, c’est un grand bucher que l’on organise. On célèbre l’année nouvelle. Ceux qui se baignent des fumées du tondo sont bons pour l’année: ils ne tomberont pas malades, et tout ira bien pour eux.
Le travail est terminé. Il faut marquer le coup. Tout le monde converge vers le foyer communautaire. On retrouve le groupe des femmes et des enfants. Ils ont trouvé quelques canettes et des sac plastiques, mais en petites quantités.
Le foyer communautaire est prêt. Le premier groupe de femmes y a oeuvré. Les tables sont mises. Il y a des jus de fruits; de la bière et du saké chaud à profusion. C’est génial. Les tables ont du jambon, et de l’oden chauffe dans des chaudrons. Chacun prend une place. On passe un bon moment, au chaud. Il doit y avoir 80 pour cents du village réuni. Pas beaucoup d’occasions comme ça dans l’année.
On fait connaissance. Oui, on passe un bon moment; pour clore une bien belle journée.

Les chants de l’eau

Le hameau s’étend le long d’une petite et paisible rivière.

La rivière permet une grande richesse du biotope. Serpents, grenouilles, tortues, crabes et ragondins vivent sur ses berges, elles mêmes recouvertes d’une végétation riche et dense.
Elle nous apporte sa fraicheur et est un lieu de jeu inégalé pour les enfants prudents.
rivière
Les bienfaits de la rivière sont inombrables mais il en est un sur lequel je voudrais écrire quelques lignes: le son.
A tout moment de la nuit et de la journée la rivière nous accompagne de son murmure: la mélodie de l’eau qui carresse les rochers et chatouille les herbes folles. Le son nous calme. On n’est jamais seul. Si bien que l’envie d’écouter de la musique (celle des humains) s’estompe.
Les chants de l’eau, c’est le heart beat de la nature. On se synchronise à eux, on finit par vivre à leurs rythmes. Tant qu’on les écoute, on est calme et relax. Je pense qu’ils nous aident aussi à penser, à ressentir, à réfléchir et à être créatif, à faire venir les idées.
Les chants de l’eau nourrissent nos jardins spirituels.
La rivière n’est pas seule; des petits canaux, qui irriguent les jardins et les champs de ci de là, l’accompagnent de leurs voix plus hautes. C’est donc concert tous les jours.
irriguation
La mélodie n’est jamais la même, elle est le résultat d’une fonction mathématique et parmi ses multiples variables, la pluie.
S’il a plu plus haut dans les montagnes on entend l’eau plus rapide, elle ne s’apesentit pas, elle trace son chemin, sans prendre le temp de jouer entre les pierres.
Et s’il vient une pluie très forte par contre, les chants de l’eau deviennent des cris, des hurlements.
La rivière est un torrent, transportant tout ce qui est tombé sur les montagnes, l’eau est prise de panique, elle est dans une course contre la montre, pour la mer et le plus loin possible.
La rivière nous dit alors une autre leçon, elle nous rappelle la puissance de la nature et que nous sommes de bien petites choses à ses côtés.

Après la pluie….

Il a plu très fort cette nuit et ce matin vers six heures. L’eau d’égringole d’une goutière débordée et nous prenons des sceaux qui étaient là devant la maison, sans doute oubliés par les maçons, pour récolter l’eau en excès.

Et qu’est ce que notre fils découvre au fond d’un sceau ? un bébé tortue. ishigame 石亀

ishigame