Catégorie: maison japonaise

Le long de la maison

‘La maison de Madame M

La maison il y a deux ans quand nous l’avions achetée

Je pensais ajouter un genre de wood deck le long de la maison. Un peu comme un engawa extérieur… le engawa c’est un couloir dans la maison traditionnelle japonaise qui longe un (ou des) côté de la maison et assure la transition entre le dedans et le dehors.

Pour ce projet j’utilise le bois des arbres que Madame M a dû faire planter il y a 40 ou 50 ans. Il y a cet article où je dis ne pas changer le monde. D’un bel arbre j’avais tiré quelques belles planches. 6cm d’épaisseur, 20 à 30 cm de large (là la longueur de la barre de la tronçonneuse impose une limite), et 1.8m de long.

L’ancien champ de Mme M où des cryptomères coupés offrent de belles planches

Pour soutenir le tout je vais chercher des sections de tronc du même arbre.

La partie la plus difficile, c’est tout mettre à niveau, la bande de béton, le long de la maison, sur laquelle tout viendra se reposer, a une inclinaison, pour évacuer l’eau de pluie. Et puis, tout n’est pas régulier.

Un truc pour pouvoir positionner les troncs facilement c’est de fixer de grosses visses sous les troncs. En les vissant ou dévissant, je peux régler la longueur de la visse qui dépasse, et ainsi tout mettre à niveau. Je suis très mauvais dans les mesures précises, et ce stratagème me permet de passer outre.

Une idée de génie !

Là tout est à niveau. Ca a un côté trop rustique à mon gout mais comme ce sera caché par les planches …

Dans ce projet je me laisse guider par le matériau, les planches.

Les planches sont encore très lourdes car chargées d’eau. Je les passe au rabot pour les aplanir et les mettre à la mème épaisseur (5 cm).

On obtient un grand banc de trois mètres sur cinquante centimètres.

Les planches sont simplement posées sur les ‘pieds’ et fixées avec de grosses visses.

On peut s’y coucher pour écouter la rivière et observer la forêt. S’y asseoir pour bouquiner.

Et le truc le plus formidable, et pour mieux comprendre il faudrait une photo les porte fenêtre ouvertes, on pourra, de la maison, aller s’asseoir ou se coucher directement sur le banc. ou, assis sur le plancher de la maison poser ses pieds sur le banc …

Pour un peu plus de confort j’accoude deux ajoutoirs (j’ajoute deux accoudoirs).

Avec ce projet, la remise en état de la maison est quasiment terminée (je dois mettre quasiment car il y aura toujours une infinité de choses à faire)… Le dernier problème à résoudre c’est l’eau chaude … l’eau n’arrive pas au chauffe eau …

Finalement voilà mon petit message à destination des villageois: si on s’en donne la peine on peut fabriquer des trucs super chouettes avec ce bois de cryptomère qui est souvent laissé pourrir dans les forêts ou le long des routes.

Et le même message s’applique à la maison, certaines maisons peuvent être remises en état avec un minimum…

Il suffit d’un peu de patience.

Le bois de cryptomère prend parfois ces couleurs sombres, presque noires, lorsque la terre est riche.

La bonne habitude du lundi matin

Voilà une bonne habitude.

Les lundi matins, pour commencer la semaine, je vais voir S. dans son atelier. C’est à 15 20 minutes à pied de chez nous.

J’apporte le café, car je suis le novice qui va voir son maître, le sensei. Lui a toujours du bon tabac dans sa tabatière.

On discute de la semaine à venir et des mouvements du monde.

Quand des villageois de passage se joignent à nous, ça prend plus d’une heure. Le lundi ici au Japon c’est encore dimanche aux USA, donc je n’ai pas de téléconférences: j’ai tout mon temps.

Dans ces discussions libres, il y a toujours tant à apprendre, que ce soit sur l’histoire du village, ou bien la vie de S., son enfance par exemple. Ou encore les arbres; comment les forêts ont changé ces vingt ou trente dernières années. C’est passionnant !

Quand S raconte ses souvenirs d’enfance je me croirais dans un livre, une manga. Il raconte comment les enfants allaient jouer dans les montagnes, comment c’était à l’école, avec les professeurs qui étaient revenus de la guerre (par exemple il y avait un professeur qui continuait à s’habiller comme un soldat), comment il a tué son premier sanglier, il devait avoir dix ans peut être, etc.

Que des aventures.

Voici quelques photos que j’ai prises sur le chemin de l’atelier de S., lundi dernier.

J’ai eu de gros soucis avec le boulot, plus tôt cette année. Je ne dirais pas que j’ai surmonté les problèmes; j’ai suivi la vague d’emmerdes, j’ai surfé sur les vagues de merdes au boulot…

Ces amitiés et la beauté du paysage m’ont énormément aidé dans tout ça.

Hop c’est parti !

Le ciel, Vers l’Est.
La maison avec le toit rouge doit avoir 130 – 150 ans. (Si ce n’est plus)
L’atelier de S. Quand il y a de la fumée je sais qu’il est là … un charpentier a toujours quelque chose à brûler
Vue de l’atelier de S.
Je ne me lasse pas du paysage
Des kakis
Le signe sur la route indique la proximité d’une école
Un sanglier de 120 kg s’est laissé prendre dans cette cage il y a deux semaines
Je retourne à la maison

Quelques projets dans la maison: fauteuil et boîte aux lettres

Merci aux lectrices et aux lecteurs qui se sont inquiétés la semaine dernière de notre devenir après le passage du dernier typhon, les dommages et les pertes à l’Est du pays sont considérables; ici notre vallée a été épargnée.

Dans la série bricolage et arrangement de la petite maison voisine. Après le portemanteau et les tabourets, j’ai fait un fauteuil.

La maison est ancienne, indatable, mais conçue pour vivre sur les tatamis.

Il y aura donc une table basse, avec des coussins (zabuton, 座布団)pour le confort des derrières. Il y a un comptoir avec deux places.

Mais dans ma vision il y a aussi un coin cozy, presque british. Le cuir d’un fauteuil chesterfield moisirait sans doute avec l’humidité l’été, mais je vois bien un fauteuil, peut être même deux fauteuils, avec une bouteille de ouiski, et un bon book.

Histoire de sirotter, de parcourir les pages d’un bon ouvrage tout en écoutant la rivière qui s’écoule au pied de la maison. A priceless experience.

Vous l’avez compris, je n’ai pas de contrainte de temps et ce qui m’intéresse c’est de faire moi-même le plus de choses possibles, histoire de gagner des points d’expérience comme dans les jeux vidéos: de m’essayer à de nouvelles techniques de bricolage.

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Pour le fauteuil je vais prendre deux belles planches, tirées dans des cryptomères de notre montagne, coupés il y a trois ans. Depuis le bois a bien séché.

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Je découpe les différents éléments avec une petite scie circulaire. Le seul outil un peu exceptionnel que j’utilise pour l’opération c’est un rabot de Makita de 30 ou 40 mm. qui permet de mettre les planches à la même épaisseur.

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Comme pour les tabourets et le bar, je mets en valeur le bois et les côtés courbés. A certains endroits je laisse même des morceaux de l’écorce.

Ce bois de cryptomère n’a quasiment aucune valeur marchande. Il est sous évalué.

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Et pourtant il y a ces belles teintes roses rouges, magnifiques, et puis c’est un bois léger et tendre. Le contact est doux et chaud. Donc on se fait pas mal au popotin.

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Le résultat est très satisfaisant.

Et puis, devant la maison il y a aussi la boîte aux lettres, que j’ai repeinte de mes couleurs; mon pseudo étant wakamé tamago; soit algue / oeuf, donc, la boîte aux lettres; verte et jaune !!

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Quelques projets dans la maison: tabourets

L’installation de la petite maison que nous avons achetée l’année dernière continue.

Pour aller avec le bar, j’ai fait deux tabourets.

Le haut des tabourets est fait avec du cryptomère de notre montagne.

Pour les pieds j’utilise un bois plus dur et dense, que je ne sais identifier.

Voilà comment les choses devraient s’emmancher.

Même pour un petit tabouret il n’est pas évident de faire un truc parfaitement de carré. Plus tard je m’aperçois que le guide que j’utilise pour la scie circulaire impose une inclination à la lame de la scie …. ha … le moteur de la scie est trop bas ou le guide est trop haut … donc les angles ne sont pas bons…

Pour fixer les pièces de bois j’utilise des goujons (ダボ). Après c’est histoire de patience pour coller le tout.

C’est toujours un énorme bordel sur l’établi et dans l’atelier en général.
Les quatre pieds sont assemblés.

Le dessus du tabouret, cryptomère. Renversé je prépare (à la défonceuse) quatre emplacements pour les pieds.
Bon, faut que les trous soient bien alignés, et faits droits.

Voilà c’est fini.

Je fais les deux tabourets à des hauteurs différentes.

C’est pas mal. Les tabourets vont bien avec le bar.

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Quelques projets dans la maison: portemanteau

Pour l’entrée de la maison que nous avons achetée l‘année dernière, je fais un porte manteau.

J’utilise une petite planche de cryptomère, et des bois de chevreuil. C’est très simple, et associer ces deux matériaux provenant tous les deux des montagnes du village a tout son sens.

Je découpe les bois de chevreuil, en des morceaux de 5 à 6 cm

Ah oui j’aurais pu être dentiste, j’aurais gagné plein de brouzoufs en faisant des implants… ! la perceuse fait un trou dans le bois de chevreuil et j’y fixe un pas de vis.

La planche de cryptomère. Comment positionner les bois de chevreuil.
Je fixerai le porte manteau sur la colonne de bois, dans l’entrée de la maison. Le banc, je l’ai fait d’une planche d’un cryptomère que madame M. l’ancienne propriétaire de la maison avait planté.

Voilà c’est fini !!!!

Coup de jeune pour la cuisine

La vieille maison que je retape… nous avons fait le plancher il y a quelques mois. Une belle réussite.

Ensuite il fallait s’attaquer à la cuisine. Commencé par tout décaper. Ensuite j’ai remplacé les portes des placards. Celà faisait vieillot.

J’opte pour le plus simple, des planches de contreplaqué; peintes en blanc.

Pour les poignées des placards j’utilise des bois de chevreuil.

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Ensuite je commence à faire un bar / comptoir de cuisine. C’est multi fonction: cacher une porte qui a été ajoutée autrefois et qui n’est vraiment pas terrible, plus de rangement, et ça fait un endroit où manger.

Je crois que dans la grande pièce (où nous avons refait le plancher) je ne mettrai pas de table haute. L’endroit a été conçu pour vivre assis sur le plancher (anciennement les tatamis) et changer le point de vue avec des chaises, des tables … finalement n’ira pas très bien avec le lieu.

Essai et positionnement Et oui, de la grande pièce … on a vue sur les toilettes ….
Le signe en rouge signifie: attention aux incendies.
J’assemble les différents éléments avant une couche de peinture ivoire.
Voila ça fera un truc comme ça. Pour le top je mettrai de belles planches de cryptomère de notre montagne.
Je peinds le tout. Ajoute deux pièces transverses sur lesquelles viendra se fixer le top.
Des planches. J’en ai un stock dans le jardin. Tout cela vient des arbres que nous avons coupés dans notre montagne.
deux longues planches
Après la découpe je les passe au rabot pour égaliser les épaisseurs.
Pour dissimuler la porte et mettre des étagères je vais poser une petite cloison en contreplaqué. Celle ci s emboitera par le haut et la bas dans les rainures creusées ici.
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Cette cloison blanche fait son job; la porte coulissante n’est plus visible. En plus on a deux petites étagères où poser des bouteilles. Pour les étagères j’utilise de vieilles planches de chataigner, qui faisaient partie de l’ancien plancher. Rien ne se perd: après un bon coup de rabot le bois reprend toute sa beauté.
Voilà c’est quasiment fini !!!

Flash back (2)

Les travaux de la maison il y a sept ans c’était un peu spécial:

Nous vivions toujours à Tokyo et n’étions pas sur place pour pouvoir superviser.

Et comme nous n’étions pas du coin, nous ne connaissions personne sur place.

Et quand à moi je n’y connaissais rien; je n’avais aucune idée, de comment c’est fait une maison japonaise ancienne.

Etant donnés toutes ces difficultés le résultat était pas mal.

Depuis, j’ai fait la connaissance de S, charpentier du village et nous sommes devenus amis. Depuis aussi, j’ai pu observer plusieurs chantiers et j’ai pu apprendre beaucoup de choses sur le sujet.

Les travaux nous les avons faits avec un budget minimum. Tout ce qui pouvait être réutilisé a été réutilisé.

je me demande d’où tout ce bois a pu sortir
côté ancienne cuisine plus salle de bains
A voir ces photos sept ans plus tard je me demande si les gars ont vraiment fait un bon boulot… si je compare au plancher que nous avons refait cette année ….

Mais bon à la fin le plus important c’est d’apprendre…

L’espace à gauche c’était autrefois là où on gardait la vache.
Ensuite transformé en débarras plus chiottes donnant sur l’extérieur; désormais changé en salle de bains plus chiottes.
Ca c’est le plafond du doma ou entrée traditionnelle. on voit bien l’ancien passage qui permettait de monter sous le toit.
Témoins de la vie d’autrefois toutes les vieilles poutres sont noircies…

Flash back (1)

Celà fait sept ans que nous nous sommes installés au village. Comme dans beaucoup de choses la continuité paie. Le changement perpétuel, si il a des vertus, a un coût.

Je me replonge dans les photos prises les premiers jours lorsque nous étions venus visiter le village et la maison. Nous étions tombés par hasard sur l’annonce sur le net de cette maison en vente pour une bouchée de pain et avions fait dare dare les 600 km de Tokyo (deux heures en shinkansen) pour aller la voir.

A droite le hanaré que nous avons détruit et remplacé par la suite
A l’intérieur l’ancienne salle de bains
Le truc avec la cheminée c’était pour chauffer l’eau du bain au bois
mur en torchis (土壁)derrière la maison
Une belle installation électrique
A droite, l’ancienne entrée pour la vache

De la belle ouvrage
Un cryptomère pousse dans la goutière
Ceci dit, la toiture de la maison était en excellent état.
Qui aurait dit qu’un jour j’installerais mon bureau au fond de cette construction toute rouillée.

Poser le parquet

Sur le plancher refait nous posons un nouveau parquet, avec de belles planches de pin. Les planches font 3 cm d’épaisseur (1 sun), et quatre mètres de long.

On commence par transporter les planches.

Au début j’observe bien comment mon ami S. s’y prend. Il me dit que des parquets il en a posé des centaines de fois.

Et au bout de quelques heures je l’imite (pour les parties faciles). C’est pas mal; ça avance assez rapidement. On fait une bonne équipe. Il faut comprendre les étapes, les gestes, et le pourquoi du comment, et se lancer, en prenant le rythme. Tout commence par l’observation.

Après c’est comme les petits pingouins qui pour la première fois se lancent de la banquise.

On dirait que les colomnes de la maison ont vrillé, car leur côtés ne sont pas parallèles aux planches du parquet.


Parfois il faut tapper bien fort, sur le côté, pour forcer les planches dans la planche précédente, elles s’emboitent mais pour qu’elles s’emboitent l’une dans l’autre sans interstice, il faut tapper. Parfois même on les force avec un pied de biche.

Ça prend tout de suite de l’allure, et on a envie de s’asseoir sur ce nouveau plancher.

Cette colonne aussi, elle a vrillé… impressionnant !
Vue de dessous du plancher (la partie que nous avons refaite)

Voilà c est fini. Difficile avec mon appareil photo de capturer l’ensemble…

Refaire le plancher (3) et deux autres découvertes

Finalement la nouvelle ère c’était pas genshô mais reiwa…

Dans l’article précédant nous avons refait les bases du plancher des deux pièces au fond.

Les deux autres pièces, du côté de l’entrée, le plancher a été refait il y a quelques années par l’ancienne proprio donc pas besoin de tout refaire. La aussi on retire et jette les tatamis, car le nouveau parquet d’étendra sur les quatre pièces. On retire aussi les cloisons coulissantes. Cela fait un grand espace:

Les deux pièces au fond où on a tout refait et puis les deux pièces où l’on garde le plancher plus récent et en bon état.


Le plancher qui a été refait à un moment, on distingue deux surfaces, une où les planches sont du cryptomère et sont neuves, une autre où de vielles planches de marronnier ont été utilisées.

A un endroit je remarque une masse, un gros truc sous le plancher … kézako c’est quoi. Encore un foyer, un irori 囲炉裏?

Il y a un interstice entre les planches, j’y glisse mon iPod et prends une photo … c’est en fait un ancien kotatsu.

Intéressant. En gros, une caisse de bois, sous le plancher, dans un cadre de bois et de torchis.

Au dessus il y avait une table basse. On s’asseyait par terre sur les tatamis et l’on glissait les pieds, sous la table, dans le kotatsu. Au fond il y avait un petit braséro pour une poignée de charbon de bois … avec une grille pour pas se brûler. Voilà comment passer l’hiver. Les pieds au chaud!

Les deux planchers (le neuf et l’ancien) ne sont pas à la même hauteur.

C’est parce que l’ancien plancher était ajusté pour des tatamis, qui font deux sun 寸(soit 6 cm) d’épaisseur. Or les planches de pin que nous allons poser font un sun d’épaisseur; il font donc élever l’ancien plancher d’un sun, d’un neuvième de sun pour être exact.

Pour celà on pose des tarukis ou chevrons d’un neuvième de pouce sur le plancher.

Ici aussi, simple sur le papier mais il faut s’assurer que les planches de pin du parquet arriveront directement sous les montants des fenêtres et il y a des différences de quelques millimètres. A certains endroits on rehausse les chevrons d’un chouya, en posant dessous une petite pièce de bois.


Les chevrons posés, les planchers sont alignés à la même hauteur et l’on est prêt pour la prochaine étape: la pose du parquet. Avec de belles planches de pin de quatre mètres.

Une autre decouverte interessante, dans un placard, cet … impermeable … un version hybride des nattes de paille que l on portait autrefois pour se proteger de la pluie … on en voit sur les estampes anciennes, doublée d’une feuille de tissu synthetique … meme S. n’a jamais vu de truc pareil !

On voit la découpe autour du cou qui permet de bien protéger les épaules
et, tout chiffonné, ce qui autrefois formait une capuche