Catégorie: maison japonaise

Refaire le plancher (2)

Tout le long de cette (grosse) opération j’observe S.

Je fais pas grand chose, je passe le balais; ramasse les débris, visse avec mon impact driver makita, mais plus que tout je regarde.

Je regarde comment S. qui doit avoir 65 ans et qui a commencé charpentier à 14 ans , en apprentis, je regarde comment il bouge, comment il manie le marteau. Son marteau il l’utilise selon cent manières différentes, des fois il caresse le bois avec son marteau, dès fois il le frappe comme s’il était un forgeron, je crois que n’importe quelle pièce de bois, elle lui obéit à son marteau, dès qu’elle en voit l’ombre, ou sent l’air qu’il chasse, la pièce de bois abandonne toute velléité, elle va là où le marteau lui dit d’aller.sous son mouvement; la pièce de bois, elle a pas le choix.

C’est tellement beau à regarder. Et puis il y a aussi le ciseau à bois.

Je luis dit à S., que l’observer comme ça comment il travaille à poser un nouveau plancher, c’est quelque chose de formidable, c’est le Bolchoï, le défilé du 14 juillet.

Il me dit si on fait ça pendant 50 ans, ça prend forme … 50年やったら、形になるで

Voilà. Tout est dit. On est à une époque où tout va très vite, où les choses semblent servies sur un plateau, mais S dans sa sagesse modeste remet tout à sa place, en une phrase courte et ajustée qui fait mouche, comme ses coups de marteau.

Après avoir tout dégagé nous posons les poutres horizontales qui supporteront le nouveau plancher. Elles proviennent de cryptomères que S. a coupé en montagne et qu’il a confiés ensuite à une scierie pour en tirer des poutres bien droites.

sur la droite on voit qu’une moitié du plancher a été refait par l’ancienne propriétaire. Il y a des pieds métalliques et des blocs de béton. Nous n’y touchons pas.

Tout ça c’est du solide.

Dès ce moment il faut bien calculer, la hauteur où doivent arriver ces poutres. Sur celles-ci on posera les tarukis (chevrons), et ensuite les planches du plancher. Il faut que les planches du plancher s’emboitent exactement dans le montant en aluminium des fenêtres. C’est au millimètre prêt. Une autre contrainte, c’est de faire un plancher droit et pas de traviole, alors que la maison, si on regarde bien, elle est un peu de traviole!

Les nouvelles poutres …. on met les pieds métalliques en dernier. Au fond de la photo on voit le mur en torchis, derrière les colonnes autour du tokonoma.

Je peux donner un petit coup de main en taillant des encoches dans les anciennes poutres où les tarukis viendront s’appuyer.

Cette poutre malgré les apparences a bien tenu. Pas besoin de la remplacer.
A regarder les détails, les marques d’outils, on devine que cet ancien tronc d’arbre a été ajusté à la hachette (ヨキ)

Ensuite on pose les tarukis


Et ensuite les pieds métalliques, que l’on fixe aux blocs de béton avec une colle spéciale.

On règle la hauteur des pieds métalliques. Donc voila un moment délicat, avec un fil on doit regarder dans toutes les directions comme sur un damier et on règle la hauteur des pieds pour que tout soit droit, et à la bonne hauteur. A certains endroit on entend bien que l’on force sur les poutres ….

Refaire le plancher (1)

On a donc décidé de refaire le plancher de la petite maison que nous avons achetée l’année dernière.

Au début je pensais faire beaucoup des travaux, avec l’aide de mon ami S, charpentier de son état, mais en réalité c’est un projet beaucoup plus complexe que je ne l’avais imaginé.

Une raison pour celà c’est qu’une maison japonaise ancienne comme celle-ci a tendance à s’affaisser. En effet il n’y a pas de fondation. Les poutres sont simplement posées sur des pierres, elles mêmes reposant sur le sol. Pendant 60 ou 80 ans les choses bougent, à pas de fourmis certes. Donc les éléments finissent par ne pas être alignés parfaitement.

Une grosse partie du travail donc c’est de s’assurer que le nouveau plancher s’aligne correctement avec le bas des fenêtres etc. Voilà une tâche délicate; si je m’étais lancé tout seul dans l’aventure, j’aurais échoué misérablement !

Tout cela m’aide à mieux comprendre comment ces maisons ont été construites. Construites d’ailleurs avec une grande économie de moyens, une poignée de grosses pierres, du bois, de la terre et le tout est solide et durable. Des maisons écologiques !

La durabilité d’une maison comme celle-ci surpasse celle d’une maison japonaise moderne, assemblée avec des vis, du bois aggloméré… du plastique …

Ici première étape, il faut dégager l’ancien plancher. On retire les tatamis. Et tout ce qui il y a dessous. Faire place nette!

Vraiment en très mauvais état, mais ça quand même tenu 60 ou 80 ans sans se casser la gueule.

Toutes les vieilles planches etc finissent dans notre jardin.

Un muret de pierres et de torchis supporte cette poutre transversale, qui soutenait le plancher et connectait ensemble deux colonnes.

On laisse la poutre, elle est en bon état, c’est du marronnier.

Par contre on vire les pierres.

Ici on trouve l’ancien foyer qui servait à réchauffer la pièce, à l’époque où l’on élevait des vers à soie.

Ce foyer est fait de terre, avec une grosse soupière au sommet. Finalement on le vire aussi, il s’effrite et tombe en morceaux tout seul.

Ensuite on positionne des blocs de béton. Les poutres (oo-biki 大引き) du nouveau plancher s’appuieront dessus.

Le bois des vieilles planches n’est pas perdu. C’est du cryptomère, pas du pin, et calcifer notre poêle à bois

saura le digérer sans problème.

Voilà, fin de la première journée!

Sur tous les fronts

Un week end bien occupé, avec des activités variées. Les activités ne manquent pas. A la campagne il y a toujours plein de choses à faire.

Vers 8 heures je vais voir S à l’autre bout du village, il est dans son atelier, se réchauffe devant un petit feu. J’apporte des cafés. Il me passe une cigarette. On se parle de la semaine qui vient de passer, et de celle qui va suivre.

Ensuite à la maison je déplace du bois dans le jardin, du point A au point B, pour pouvoir, plus tard, le couper, le fendre et le mettre à sécher. Ce sera pour nous chauffer, dans deux ans. (le bois pour l’hiver prochain est déjà prêt, préparé il y a deux ou trois ans). C’est du bon bois. C’est Mr K. qui m’avait fait signe en décembre, pour aller chercher tout ce bois, au sud du village, sur le futur chantier d’une usine. Une partie aussi (les troncs de cryptomères en premier plan) je les ai descendus un par un de notre montagne.

Ça donne chaud de transbahuter tout ce bois et le chêne et le kaki sont particulièrement lourd. Toujours veiller à ne pas se blesser.

Pour faire une pause je déguste la première page du neveu de Rameau. C’est tout à fait formidable.

Ensuite je pars à 30 minutes du village pour aller chercher du crottin de cheval dans un club hippique. Notre fils y faisait du dada il y a quatre ans … Revoir les chevaux me fait un choc, quelle beauté, quelle puissance, quelle douceur. On se sent tout petit.

Ça me fait vraiment du bien. Une Horse therapy express en dix minutes. Après, je charge le camion de crottin!

Pour plus tard l’étaler dans notre potager. Le crottin de cheval fait toujours un effet boeuf sur la terre. ça sent bon tout ça.

Ensuite notre ami S passe nous avoir avec son chien. On se retrouve tous sous les rayons du soleil, c’est une belle journée printanière, mon épouse rapplique, on sort les bières.

On parle de la vie: c’est notre sujet favori.

Les canettes de bière vides on va jeter un coup d’oeil à la petite maison, S. me donnera un (gros) coup de main pour refaire le plancher des deux pièces du fond. Au préalable j’ai retiré les tatamis.

Intéressant de voir que sous les tatamis il y a une étiquette qui indique leur emplacement dans la pièce (les anciennes maisons ne suivent pas un standard particulier, et donc les tatamis n’y ont pas tous forcément la même taille).

Sous ce tatami par exemple on voit ‘Ouest’.

Voila ce que ça donne sans les tatamis. Certaines parties on vraiment été bricolées et on peut se demander comment tout tient debout. Il faut vraiment refaire cette partie du plancher.

Mais aussi il faut saluer cette grande économie de moyens! Il y a pas de gâchis. Et le tout avec des matériaux naturels.

A noter, les espaces le long des engawas, renforcés de pierres et de torchis. Avec des ouvertures pour laisser le tout bien aéré. Ce qui est fondamental dans ce pays aux été très humides.

Sous les tatamis

Le projet de la petite maison à côté de chez nous avance très lentement.

J’ai quasiment tout nettoyé et décrassé. Le sol des toilettes a changé de couleur! Nettoyer, retirer la poussière et les crottes de mouches permet de se familiariser avec le moindre recoin de la maison.

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Hier par curiosité j’ai retiré les tatamis d’une pièce. La maison a quatre pièces arrangées selon le caractère de la rizière. Les deux premières pièces, leur plancher est solide comme il faut. On peut voir qu’il a été refait il y a quelques années.

Par contre dans les deux pièces au fond; on sent le plancher sous les tatamis anormalement souple. On se sent un peu flotter à certains endroits. Il faut vérifier l’état du plancher dessous…

Je vais chercher cet outil pour retirer les tatamis.

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Conclusions:

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Le plancher sous les tatamis est d’origine, et en très mauvais état. Pour bien faire il faudra le remplacer. Voila qui fera un bon projet.

Les tatamis eux sont nouveaux, ils ont dû être remplacés il n’y a pas trop longtemps.

Découverte:

Il y a un ancien foyer sous le plancher. L’extérieur est constitué d’une vannerie en bambou, l’intérieur de torchis.

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Voilà qui est très intéressant. Ce foyer m’étonne un peu car il est vraiment très petit. Ça n’est pas un foyer que l’on aurait utilisé pour se faire griller un truc.

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Je consulte mon pote S. qui confirme en deux secondes que ce foyer était utilisé à l’époque où tout le monde dans le village élevait des vers à soie. Ces foyers permettaient de réchauffer la pièce où l’on élevait les vers à soie.

Et S. alors raconte ses souvenirs d’enfance … C’était pour les villageois une nouvelle source de revenu. Tout le monde avait chez lui des vers à soie, dans une grande cage, chez S. elle était posée à dans le tokonoma.

Une fois les cocons formés on allait les vendre dans la ville voisine à cette société, GUNZE.

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Si bien que dans la nuit on pouvait entendre juste à côté de soi les bruits de mastication des vers à soie car ils n’arrêtent pas de manger… j’imagine un peu … Tout le monde avait aussi un champ où poussaient des mûriers, les vers à soie sont friands de leurs feuilles.

Progrès de la BD Histoires Naturelles

Histoires Naturelles est un nouveau de projet de BD inspiré de notre vie à la campagne ici au Japon, dans notre village. Comment nous avons décidé de quitter Tokyo et de commencer une nouvelle vie à la campagne. Comment nous avons trouvé notre maison, fait les travaux etc … Et puis toutes nos découvertes … dans le village … la forêt … les animaux … les voisins … la nature … les nouveaux amis que nous avons rencontrés etc.

Ça n’est pas ma première BD, j’ai également écrit Tout Ira Bien, une fable politique post accident nucléaire.

Je fais tout à l’ordinateur (PC), avec le software CLIP STUDIO PAINT et une tablette Wacom.

Écrire une BD, en tant qu’amateur est un travail de longue haleine. L’idée est venue en 2015 lors de la découverte d’un squelette de chevreuil dans notre montagne. Mais c’est en 2017 que je finalise une bonne partie du scénario et des brouillons.

Aujourd’hui on est en octobre 2018 et 27 pages sont dessinées. Je suis à peu près à la moitié.

J’ai eu de longues périodes d’arrêt!: blocage au niveau du scénario ou du dessin, ou bien trop chaud l’été, ou encore trop de boulot par ailleurs et quand je suis trop fatigué ou stressé je me lance dans des parties de jeu vidéo qui me bouffent les soirées …

La depuis septembre je suis dans une bonne période et j’arrive à passer une heure et demie chaque jour, le soir, sur la BD …

Le brouillon tel qu’il était en mars 2017

 

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Depuis, j’ai pas mal progressé. Les pages colorées sont complètes à 95 pour cents. J’ai fait les dessins jusqu’à la page 28. Si tout tient en 62 pages …

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Voici le détail du progrès …

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Sur ce blog j’ai publié quelques pages déjà… Les voici:

 

La page 1 avec le métro boulot dodo à Tokyo.

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La page 2 ou comment on décide de partir vivre à la campagne.

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La page 3 où l’on part chercher une maison à la campagne. Cette page a depuis été modifiée !

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La page 11 sur notre voisine Madame ‘Riki’. Depuis elle est décédée et j’ai racheté sa maison.

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Voilà ! Quoi qu’il en soit, pouvoir travailler sur un sujet créatif, où l’on peut donner libre cours à la fantaisie, faire des petits dessins avec des jolies couleurs, fait beaucoup de bien.

Ces journées d’été

Il fait très chaud. On parle de canicule pour la région du Kansai. Il faisait trente sept degrés aujourd’hui.

Voici une liste des événements de ces derniers jours…

 

  • Notre fils a encore trouvé un petit chaton sur le bord de la route; sur son chemin d’école. Très affaibli, il ne devait avoir que quelques jours. Nous l’avons recueilli et depuis il a repris des forces.

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Depuis il a commencé à s’habituer à la maison. Il explore. oh génial un paquet de chips … Au fond du caniveau où notre fils l’a trouvé, il n’aurait sans doute pas survécu la chaleur.

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Nos chats Scotch et Minou depuis hésitent à entrer dans la maison… l’odeur de ce petit intrus est une violation inacceptable du territoire … Mais d’ici quelques jours tout le monde devrait s’habituer je pense … La vie est faite de compromis.

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  • Suite aux très fortes pluies d’il y a dix jours, un petit canal attenant à la rivière qui longe notre maison et traverse le hameau a été bouché par du sable et des pierres. (ces canaux servent à l’irrigation des rizières, en aval). Avec les typhons il y aura d’autres pluies très fortes et il est crucial de laisser la rivière libérée de tout obstacle.

Avec ma petite pelle j’entreprends de dégager tout cela.

Avec la chaleur et le soleil qui tappent je m’y prends à plusieurs reprises, sans forcer, avec moultes pauses.

Toujours agréable de travailler dans la rivière, on redevient enfant …

 

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A chaque pause je m’allonge sur un banc à l’ombre du hanaré dans le jardin. J’observe longuement les nuages merveilleux. J’ai le droit; hein, il fait si chaud .. Voici des moments   bien précieux.

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  • Les dernières pluies ont aussi descendu de belles pierres. Il y en a une dont la forme plate et allongée est intéressante. Elle doit faire 80 ou 100 kg, no idea, je la déplace dans la rivière sur trente mètres pour ensuite la hisser le long d’un petit passage qui arrive sur la route.

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Pour cette opération titanesque j’ai préparé un petit chariot, fixant des roulettes sur une ancienne palette … comme je n’avais pas de rondelles métalliques à disposition j’utilise des pièces de cinq yens (elles sont perforées en leur milieu)… très pratique ! Voilà … chaque pays devrait avoir des pièces perforées … de préférence, celles de petite valeur. En plus cela ferait d’énormes économies de métal …

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Cette belle pierre arrivée à destination facilitera l’accès au hanaré côté rivière. Nous y avons mis un banc mais il est assez haut… (sur la photo, sur le banc, un oreiller en céramique, idéal pour la sieste).

Passque quand il fait chaud comme ça il faut se la couler douce, suivre le rythme, se calmer, faire la sieste … et là encore les chats nous montrent l’exemple à suivre.

  • Ici Minou qui sait tirer de l’ombre d’une table quelques moments de répit.

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  • Dans le jardin on installe une cuisine d’été improvisée. Préparation d’une ratatouille.

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  • Le matin on va donner un coup de main aux habitants du hameau au fond de la vallée pour préparer une fête de nuit aux flambeaux, ou fête du feu.

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Les montagnes qui entourent précieusement ce petit hameau comme un joyau sont superbes. J’aime beaucoup ces travaux avec les autres habitants; toujours l’occasion de passer un bon moment et d’apprendre de nombreuses choses et de mieux faire connaissance.

A monsieur O je lui fais la remarque que, Denis, lecteur du blog saigne ses chevreuils la tête en haut. Un autre villageois confirme connaitre quelqu’un qui les saigne; comme Denis, la tête en haut. Monsieur O philosophe écoute avec respect mais conclut la discussion avec moi je le fais la tête en bas !

Monsieur K est une connaissance plus récente, lui aussi est un chasseur et un personnage tout en couleur. Fin cuisinier il nous a fait goûter à ses préparations de chevreuil, tout en finesse. Il me dit Tu aimes la tortue ? TURTLE !!!

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Fait toujours aussi chaud mais on aimerait bien construire une petite cabane tout en haut d’une montagne.

Ranger la grange et les objets d’autrefois

Le rangement de la grange de madame M a bien progressé depuis les derniers articles.

Ah oui on a fait changer toute l’électricité. Certaines connexions, faites avec deux fils séparés dataient trop et constituaient un danger d’incendie trop élevé pour être ignoré.

Il y a quelques semaines encore un vrai capharnaüm, la grange de madame M est quasiment dégagée maintenant.

BEFORE

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AFTER

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Je me suis bien étalé sur les porcelaines, mais d’autre objets anciens, comme égrainés par un petit poucet d’autrefois sur son chemin, guident notre imagination vers la vie dans le village d’il y a soixante ans, ou plus…

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Je garde les objets les plus anciens; en un ou deux exemplaires. Pour les ranger je transforme une vieille échelle en étagères.

 

Ha ! voila une chose universelle, que vous trouverez dans n’importe quelle maison ancienne au Japon. Chaque maison avait sa paire de pierres à moudre.

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Pierre à moudre 石臼

Ici, on retrouve le caractère organisé de madame M, les deux pierres sont toujours ensemble, et il y a même encore la poignée en bois pour tourner la pierre. Comme si quelqu’un l’avait utilisée la veille pour moudre du sarrasin ou des graines de soja ….

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Ces vieilles gamelles allaient sur le okudo san, le foyer de l’ancienne cuisine. On y faisait cuire le riz et autres mets . Il y avait aussi des couvercles en bois, en mauvais état; je les ai offerts à notre poêle à bois Calcifer. Il a bien aimé. Du bois bien sec.

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Ici deux fers à repasser …

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Là ce sont des mesures. des masu, ici pour mesurer le saké ou autres liquides. Le petit masu correspond à un ‘Gou’, soit 180.39 ml. Le grand masu à cinq gous.

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Celle-ci pour mesurer les grains. L’unité de mesure est ici 18 litres, cela correspond à l’ancienne mesure, qui se nommait to et qui correspondait à 18.039 litres (soit cent gous). Comme quoi les anciens usages survivent aux changements d’unité qui accompagnent la modernisation … la standardisation  …

gou 合

to 斗

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Une calculette

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Un grand bol strié, pour y écraser des graines ou des yamaimos (igname).

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De très jolis paniers. Vous voyez, dans toutes ces vieilles affaires, tout est fait de matériaux naturels et nobles. C’est magnifique tous ces anciens objets. C’était avant l’invasion du plastique. La planète en crève, du plastique. Merde au plastique.

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Quelques outils pour aller travailler en montagne dans les forêts

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Voilà donc la grange rangée.

Il reste aussi des bouteilles emplies d’huile ou d’essence, faudra trouver moyen à s’en débarrasser d’une façon clean.

 

Encore des porcelaines

Lorsque ce dimanche je faisais l’inventaire des porcelaines, madame T est donc passée et m’a demandé ce que je trafiquais.

Je lui ai expliqué que je faisais du rangement dans la grange et en particulier que je regardais les porcelaines, rangées dans des boites depuis les seventies.

Je lui demande et toi aussi alors tu as de vieilles porcelaines comme ça chez toi ?

Et me répond oh la la je veux tout jeter mais je sais pas comment m’en débarrasser. Le mois dernier j’ai jeté un nagamochi qui date de Meiji.

Je suis tellement généreux, ça me perdra: je lui dit ben si tu veux tu peux amener tes porcelaines, les poser ici, et si elles ne me plaisent pas je les jetterai moi-même.

OK brother, Let’s Do It qu’elle dit dans le patois local. Si on vivait dans le Bronx on se serait fait un High Five.

Elle retourne chez elle et revient un peu plus tard avec deux brouettées de porcelaines rangées dans du papier journal.

C’est tristounet que toutes ces belles choses d’autrefois finissent à la poubelle. Qu’est ce qui a fait changer le regard des gens? Le changement est une constante dans le monde moderne. Tout s’accélère. (dans notre chute générale).

Un peu plus tard je défais le papier journal qui protège ces porcelaines dont madame T voulait tant se débarasser.

Mamamia c’est magnifique.

En voici quelques clichés. J’aime beaucoup les couleurs. Ces porcelaines là sont plus raffinées.

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Les couleurs de ce plat sont un véritable plaisir pour les yeux.

J’aime bien aussi ces assiettes.

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Bon ça c’était un dimanche. Quelques jours plus tard le jeudi, je retourne dans la grange continuer le tri et jeter des affaires; en particulier des vieux outils de jardinage et des barriques antiques. La porte ouvre difficilement, c’est bizarre, me dis-je, quelqu’un a du venir … c’est chelou ça, j’ouvre, et je vois que depuis, madame T est revenue et a posé une autre brouettée de porcelaines !

Ca me fait bien rigoler !

Je ne veux pas commencer une nouvelle collection: Donc, Que faire de tous ces petits trésors?

 

La grange et son message

Suite à l’achat de la maison de notre ancienne voisine visitons le petit bâtiment de deux niveaux qui lui est attenant. Comment le nommer en français, j’hésite entre le hangar et la grange … Pourquoi pas la grange.

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Le rez de chaussée, le sol est en béton. Et il y a tous les outils de jardinage de madame M. Deux magnifiques brouettes complèteront ma collection. Il y a un motoculteur que je vais donner à un voisin. Sinon beaucoup d’ustensiles que je pourrai réutiliser dans mon petit jardin.

 

Tout ça on laisse; on fera le tri petit à petit. Car, Petit à petit, l’oiseau fait son nid.

 

 

Je pense que tous les outils et affaires que Madame utilisait pour ses nombreuses activités de jardinage et récolte de pêches, yuzu, châtaignes étaient assemblées dans cette grange.

Le long de la maison il y a un autre débarras avec des outils beaucoup plus anciens, comme une araire et autres choses. (pour un article futur).

Il y a aussi, alignées sur des étagères, des choses anciennes, des pots, et des caisses en bois datées et signées qui doivent contenir de la vaisselle. Nous nous y attarderons plus tard.

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L’escalier qui mène au premier étage est si raide qu’on le confondrait presque avec une échelle.

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En haut, une grande pièce avec tatamis. C’est un vrai capharnaüm. Le sol est recouvert d’affaires, on hésite où poser le pied. Globalement les choses ici sont plus récentes et d’intérêt moindre.

Je fais le tri dans les affaires et mets dans un coin ce que nous allons garder. Seuls quelques trucs retiennent mon attention, des machines à coudre, un ou deux meubles, un échiquier, des cendriers … il y a tellement de cendriers! A croire que pour chaque événement dans le village on distribuait des cendriers.

 

Il y a aussi un vieux magnétophone Sony. Ce modèle date de 1963.

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Avec la fille de madame M nous nous sommes arrangés pour qu’elle bazarde tout ce dont nous ne voulons pas. C’est rapide, les gars balancent direct dans leur camion benne, du premier étage ! oh yeah c’est rock and roll !

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Voici quelques photos de la pièce du haut après rangement. Le plancher est un peu souple, il faudra le refaire peut être. On voit, la pièce fait huit tatamis donc c’est assez grand …

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Le pavillon d’or de Kyoto.

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de vieilles valises.

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La vue de la fenêtre.

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Pendant le rangement j’ai remarqué cette boite de biscuits métallique. Avec ce message, à méditer.

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NB Un Lecteur sur Facebook m’informe que c’est du Paul Valéry. C’est un vers du poème le cimetière marin.

Le vent se lève… ! Il faut tenter de vivre !
L’air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !
Rompez, vagues ! Rompez d’eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs !

Dans la maison de Madame M

Voici quelques photos de la maison de la voisine que nous avons achetée cette semaine.

Mais vous savez, on est par ce que l’on fait.

On n’est pas par ce que l’on a.

Au fruit on connaît l’arbre. Matthieu 12-33

Voila un truc qui nous imprègne depuis notre installation à la campagne. En ville, je pensais plutôt être par ce que j’avais.

Avoir une maison en plus n’est pas donc vraiment significatif. C’est ce que nous allons en faire qui est important (à la rigueur).

Ceci dit; cette maison étant ancienne porte un message, et nous informe sur la vie dans le village d’il y a cinquante ou soixante ans. Voilà une chose qui nous intéresse.

 

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La maison, et devant, le hangar à deux niveaux.

On pourrait s’asseoir sur le muret de pierres, siroter un ouiski en se trempant les pieds dans la rivière.

Pour le plan. C’est quasi identique à celui de notre maison. C’est plus petit, la cuisine est rikiki; et il n’y a plus d’engawa mais la structure logique est en tous points identique.

plan d une ferme japonaise traditionnelle

plan d une ferme japonaise traditionnelle

 

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L’entrée, ou doma. Le plancher de la maison est surélevé. Par sur la photo, mais le doma est à hauteur du sol et ici recouvert de carrelage. Originellement ça devait être de la terre battue.

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Dans l’entrée; des autocollants rappelant de contacter la police en cas de visite d’arnaqueurs. Il y a beaucoup de petits filous qui essaient de profiter de la crédulité de personnes seules et âgées. Moi quand j’en vois de ces filous, je leur montre ma tronçonneuse.

 

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De l’entrée; sur la gauche. Au fond, le tokonoma avec la calligraphie. A la droite de celui-ci il y avait le butsudan ou autel aux ancêtres.

Notez la porte sur la gauche, elle ne donne sur rien mais indique l’existence autrefois du engawa.

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On voit les quatre pièces de tatami adjacentes les unes aux autres; formant le caractère de la rizière, 田

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Faisons marche arrière et allons voir la cuisine. Qui est face au doma. Difficile de faire plus simple pour la cuisine mais dans la version originale de la maison, la cuisine était sans doute en terre battue, avec un petit foyer que l’on nomme okudo san.

vue de la cuisine

La cuisine donne sur deux pièces de tatami.

 

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A côté de la cuisine ce signe rappelle de faire attention au feu. J’ai vu ce même signe dans une autre maison dans le village, lors de travaux. Il a donc dû être distribué à tout le monde, à une époque.

 

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Les colonnes sont en marronnier. Celle-ci est plus conséquente que les autres. Située au centre de la maison on la nomme la kokubashira ou colonne noire.

 

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La classe. Les murs sont en torchis et recouverts d’enduit. (shikkui).

Faut être un bon charpentier, pour utiliser des poutres courbées comme celle-ci. D’un point de vue esthétique je trouve que celà apporte une dynamique inattendue; dans une pièce où tout est droit.

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Les cloisons coulissantes sont décorées, mais ça c’est plutôt standard.

 

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Vue du tokonoma. Nous avons demandé à laisser quelques affaires, comme machine à coudre, instrument de musique, de thé, et calligraphie.

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Si on se retourne on voit une autre pièce, et l’entrée du début.

 

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Il faudra refaire l’électricité.