Tagué: sanctuaire shinto

Quatre Minutes

Cet après midi je suis allé filmer quatre minutes au pied d’un cryptomère géant qui se trouve dans un sanctuaire shintô au fond de la vallée.

Filmer: plutôt enregistrer les sons dans ce petit bout de forêt. On entend une rivière couler en bas. Et quelques oiseaux. On sent que c’est le début du printemps…

Faut essayer de décrocher de temps en temps. Sous ce grand arbre (il y en pas beaucoup ici des comme ça) … on se sent très bien.

Un peu de poésie; un peu de calme …

J’ai récemment découvert ce podcast suisse: la planète bleue. Vous connaissez ? Dans l’un des enregistrements le gars évoque le silence ou disons les lieux apparemment de plus en plus rares où l’on n’entend nul bruit provenant d’activités (in)humaines.

Découverte d’un sanctuaire shintô

Nous faisons un tour, mon épouse et moi, dans une vallée que nous connaissons peu, à vingt kilomètres de chez nous pour faire cette belle découverte que je veux partager avec vous.

Il s’agit d’un sanctuaire shintô, que nous trouvons vraiment par hasard… Il est un peu en retrait des habitations. De beaux arbres le protègent. Une pancarte donne mille ans à ce sanctuaire. Ca nous rajeunit pas.

Tout de suite nous sommes saisis par la sérénité du lieu.

Il faut apprécier tout cela dans son ensemble, les arbres, le calme et le silence, ces bâtiments, la lumière, la petite bouteille de saké déposée en offrande et puis aussi, le fait qu’il n’y a pas âme qui vive.

Le quart d’heure que nous y passons nous lave et nous débarrasse de tous nos soucis éventuels, les quinze minutes nous nettoient, nous resynchronisent avec nous mêmes; On est prêts à repartir.

Promenade à Akou

Le coronavirus progresse plus rapidement au Japon; les décès aussi. On assiste à une accélération. En un an on arrive à 4000 (quatre mille) décès recensés et dûs au corona. (il y en a eu peut être beaucoup plus). Pour un peu de perspective il y a grosso merdo 30 000 (trente mille) suicides recensés au Japon chaque année.

Le nouvel état d’urgence déclaré la semaine dernière par le gouv est plutôt soft; car les écoles et les commerces restent ouverts.

Tout celà n’est pas prêt de s’arréter, il faut se faire à l’idée, se préparer à l’idée que cette pandémie sera autour de nous encore de très nombreux mois voire des années.

Dimanche dernier nous avons allumé la télé pour regarder les niouzes. Un spécialiste interviewé évoque le taux d’utilisation des hôpitaux et le fait que dans la région de Tokyo ils sont quasiment pleins. (avec 65000 malades do corona hospitalisés). Il lance ce terme 在宅死亡 zaitaku shibo. Mort à domicile. Voilà, laisser les malades mourir chez eux car on ne peut plus leur apporter des soins. C’est assez choquant d’utiliser ce terme n’est ce pas.

Cependant faut pas céder à la panique. Je pense à mes grand parents qui, eux, ont vécu la guerre. Et les aventures de mon grand père pendant la grande débacle, je crois qu’il avait gagné la grande bretagne sur un bâteau de pêche; fuyant les boches, et comment avait il regagné la France ?? Il n’y a plus personne pour s’en souvenir.

Nous avons repris le boulot la semaine dernière. Je suppose que je fais partie des privilégiés; je travaille chez moi et il y a plein de boulot, il y en a encore et encore, toujours plus. Le secteur d’activité, le cloud computing est en plein boom avec tous les business subitement forcés à avoir leur staff travailler à domicile.

Dans le village, la vie continue tranquillement. Sans doute les arbres qui nous entourent remarquent ils quelques changement, comme le tondo, le bûcher que nous allumons en début d’année; qui a été annulé dans notre hameau cette année, à cause du corona.

Sinon ce samedi matin nous amenons notre fils à son collège, il a un examen le mogishiken 模擬試験 ou moshi. Nous le déposons au collège et allons voir à la mer qui n’est qu’à trente minutes de là. La ville se nomme Akou. On y arrive tôt le matin le soleil se lève. La mer est si calme.

Sanctuaire Shintô (ville de Akou)
Ces deux fauteuils, font face à la mer et sont bien sympathiques. Je devrais essayer d’en faire un dans ce style ….
Ah la mer !!!!
Tiens! préparation du tondo dans le sanctuaire …
Leur tondo c’est du sérieux dans notre hameau on le fait de façon très libre et approximative, je vois, posé à l’arrière d’un camion le plan du tondo qu’ils sont en train de monter ….

Bon, prenez tous bien soin de vous et de ceux et celles que vous aimez et qui vous aiment.

Bonne année à tous (tes)

Bonne année à toutes et à tous. Nous vous adressons nos vœux de bonne santé et de bien être.

Nous vous remercions de continuer à suivre nos modestes aventures dans ce petit coin de campagne du Japon, nous vous remercions aussi de participer à ce blog à travers vos nombreux commentaires ! Ces commentaires qui permettent à ce blog de dépasser le monologue.

Ce blog entre tout de même dans sa neuvième année.

En 2021 nous continuerons notre chemin caillouteux et creuserons notre sillon.

Aujourd’hui 1er janvier nous sommes tous les trois; notre fils mon épouse et bibi et allons nous recueillir dans le sanctuaire shintô de notre hameau. Il a neigé il y a deux jours, le paysage garde quelques belles bulles blanches. Avec le corona on voit que beaucoup sont restés chez eux et se sont abstenus d’aller voir les grands parents au village. C’est encore plus calme que d’habitude.

Il faut grimper pour accéder au sanctuaire
le voici notre sanctuaire shintô préféré !
Bouteille de saké, mochi, clémentines
C’est très calme. On se sent bien.

Cérémonie shintô dans le village

Dans le sanctuaire shintô de notre village a lieu une cérémonie, dont d’ailleurs j’ignore le nom.

Cette cérémonie a lieu chaque année à la fin de l’été.

J’ai eu l’occasion d’en parler déjà, en 2012 ici, plus tard en 2016 ici

Cette année j’ai une caméra vidéo et filme l’événement.


Faut grimper un joli chemin pour y arriver. J’y retrouve mes voisins formidables. Il y a le chef du village qui discute avec le prêtre shintô pendant que les visiteurs prient.
Je suis avec ma voisine madame T à qui je pose la question fondamentale: depuis quand existe le Japon.

Puis; commence la cérémonie que je filme dans son intégralité.

Dites moi ce que vous en pensez, quelles sont vos impressions?

1er janvier 2020, promenade

Ce 1er janvier nous allons faire une belle promenade dans notre vallée.

D’abord nous allons voir le sanctuaire shintô de notre vallée. Suite à la chute d’une grosse branche le toit a été refait.

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Nous allons ensuite au fond de la vallée, revoir l’arbre à caramel. C’était une grande découverte de 2019, l’arbre à caramel que l’on peut admirer ….

C’est un endroit magnifique que l’on gagne après avoir laissé le camion et grimpé un chemin à moitié défoncé qui s’élance à pic dans la montagne.

L’idée me traverse la cervelle que, après avoir visité le sanctuaire où l’on prie les dieux, nous allons saluer le dieu directement.

L’arbre à caramel est toujours là, comme une fleur géante ses bras pétales pointent vers le ciel.

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Aux pieds du géant une jungle de mousses
Si l’on prête l’oreille on peut les entendre chanter…
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Plus tard nous redescendons, regagnons un hameau à moitié abandonné et allons voir un autre sanctuaire shintô.

Il se fait sombre et la photo ne donne rien
Encore un endroit formidable mais difficile à capturer en photo
Il y a beaucoup de très beaux coins dans notre petite vallée !

Plus tard la lumière se fait rasante et permet ceci:

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La beauté de la nature qui nous entoure et la beauté des villages, des sanctuaires que des générations ont construits et entretenus continuent de nourrir nos coeurs et nos neuneuilles.

Continuer et entretenir

Si wordpress avait une fonction pour rechercher des mots clefs dans les commentaires des lecteurs je pourrais retrouver le commentaire où Pierre disait l’importance d’entretenir les choses, car tout y prend son sens.

Ici encore Pierre nailed it.

La semaine dernière. Je vais voir mon ami S. Je veux le consulter, j’ai reçu des papiers à remplir, pour m’inscrire au festival de la montagne, où en novembre, je ferai un stand de crêpes.

Bon il est pas à son atelier; mais on m’indique qu’il est sur un chantier dans le sanctuaire shintô de son hameau.

Très bien. Je vais voir.

Le sanctuaire shintô en question. La bâche bleue protège un 土俵 dohyou de sumo.

En effet S. y est avec son épouse. Il installe une grille pour empêcher des chauve souris de nicher à l’intérieur du sanctuaire.

Peut-on laisser les chauve souris tranquilles, peut être qu’on se trompe et que le vrai dieu à honorer, c’est la chauve souris elle même ?

On se dit avec l’épouse de S., mais, dieu ou pas dieu, ça fait caca partout.

Essai du cadre en bois avec une grille, pour empêcher les chauve souris de nicher.

C’est l’occasion de visiter le sanctuaire et de m’aventurer jusqu’à l’intérieur. Construction en bois récente, il a été refait dans les années 80.

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J’oublie toujours le nom de cette plante …. Le pack rouge c’est du saké, en offrande.
Voilà ce que voit le dieu tous les jours

L’emplacement du sanctuaire est particulier. Ces choses là ne sont jamais choisies au hasard. Au pied d’un énorme roc. Au bord de la rivière, là ou celle ci fait un crochet. Et puis il y a des arbres superbes, paratonnerres naturels.

Au fond du sanctuaire je fais une découverte inattendue, un obus de 75mm.

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Intéressant. Pourquoi donc laisser un obus dans le sanctuaire … je me demande si il est chargé… mais on peut imaginer de multiples raisons, comme un hommage à tous ceux du village tombés autrefois sur les champs de bataille.

Il est important d’entretenir les sanctuaires shintô, car c’est la continuité et l’ancrage des communautés dans l’espace et le temps. Et là on revient au propos de Pierre.

Chaque hameau a son sanctuaire. Le nôtre, je l’ai photographié à de multiples reprises. Eh bien il a été endommagé cet été par la chute d’une grosse branche. Des charpentiers y sont à le réparer. C’est sur le chemin de mes promenades.

Recharger les batteries

Cette semaine au boulot était vraiment chargée, avec 12 à 13 heures par jour. Certes travailler à distance permet de rester chez soi et dispense des transports en commun. On peut bosser librement et se permettre quelques petites fantaisies, en général interdites au salarié de base. Par exemple quand j’ai des réunions avec les collègues en Europe, dans ma fin de journée, je sirote du whisky. Je peux aussi fumer des clopes si le coeur m’en dit. Je crois que je pourrai plus retourner dans un bureau. Mais rester cloitré devant l’ordinateur aussi longtemps, c’est pas une vie. Je me pose la question, combien de temps je vais pouvoir encore tenir comme ça, coincé dans le casse-noisette. Ah si je pouvais monter un petit business dans le village.

Mais avoir des contraintes comme au travail nous fait apprécier d’autant plus les moments de temps libre.

Ce dimanche matin on prend le temps de décompresser. Il faut se recharger les batteries. Nous allons d’abord prendre un petit en-cas dans un café, à vingt minutes de la maison.

Ca me fait penser au bleu blanc rouge ….

Le café y est bon, l’ambiance sympathique.

Il y a un chat qui ronronne sur son coussin. La formule petit déjeuner, c’est un toast beurré, un oeuf dur, quelques feuilles de salade. Un régal.

Tout est très bien arrangé dans ce café. C’est un style canadien ? On se croirait en montagne. Justement il y a des revues sur le camping et je les feuillette avec intérêt. Ça parle de camping car. De petites cabanes. Il y a des insectes aussi.

‘Les insectes qui chantent’
Un homme heureux, avec sa petite cabane!

Commence une discussion avec la dame du café. Des choses et d’autres.

Les belles photos dans les magazines ça fait rêver …. Mais au moment de payer je remarque un casse noisette en forme d’écureuil.

casse-noisette

Après le café le sanctuaire

Nous partons faire quelques emplettes et allons voir en chemin un très beau sanctuaire shintô. La pluie s’est arrêtée. Il y a peu de monde. Dès que l’on entre dans ce grand parc, recouvert d’arbres centenaires, magnifiques, on est ailleurs. Dans le monde du sacré et de la nature. L’architecture traditionnelle est en pleine harmonie avec celle-ci. C’est authentique. Pas de touriste! Tout respire.

Je prends la photo en traversant la route sans m’arrêter et tout devient flou
Tout est calme. Les soucis du travail sont loin!

Les arbres, de doux géants
Une vue panoramique du sanctuaire

Une grenouille dans les toilettes

Ce dimanche matin. On va faire quelques courses. Acheter des champignons, des oeufs bio et des haricots. En chemin nous faisons un break dans un café, ‘la maison de Rocky’, un endroit très sympathique et découvert à peine le mois dernier.

La maison de Rocky vaudrait un article.

‘Rocky no ie’ j’emprunte cette photo de leur site web

Puis nous continuons un peu plus au nord jusqu’à un magnifique sanctuaire Shinto à côté duquel on peut trouver les productions locales.

Vient le moment critique de la pause pipi. Les toilettes sont en partie ouvertes sur l’extérieur. A un mètre à peine au dessus de l’urinoir dans le coin, une petit grenouille semble passer l’hiver!

Reconstruction du sanctuaire détruit

Il y a quelques mois déjà, un énorme cryptomère a détruit dans sa chute un sanctuaire shinto dans le village. La photo est assez impressionnante.

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Depuis, tout a été dégagé; et les travaux de (re)construction ont bien avancé.

Je suis allé y faire un tour et le charpentier et un maçon y était affairés. Très sympa le charpentier, on a pu faire connaissance; et il m’a fait visiter le chantier.

 

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Intéressant de noter que la nouvelle construction est différente. On ne fait pas à l’identique. D’ailleurs plus ouvragé et recherché qu’avant.

 

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Cet élément entre les deux poutres, s’appelle; m’explique le charpentier, kaérumata ou les cuisses de la grenouille. 蟇股

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Non seulement le charpentier est très sympathique mais il a aussi un beau camion.

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Pour la construction il a choisi du cyprès hinoki ヒノキ 檜. Le plafond est fait avec du sugi cryptomère すぎ 杉.

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Le charpentier est également bien organisé avec ce système pour réchauffer les canettes de café. Quand j’étais étudiant en Pologne j’utilisais un truc similaire pour chauffer des boites d’épinard.

Je suis vraiment content de savoir que ce sanctuaire est reconstruit, et ce dans les règles de l’art.

Mais ce qui me réjouit aussi, c’est qu’autour du sanctuaire; là où se dressaient les cryptomères qui se sont écroulés; ils ont planté des arbres. Des érables du Japon.