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Encore des récoltes

Le jour suivant; j’ai décidé d’aller faire une grande promenade. Une balade jusqu’au fond de la vallée. Trois heures de marche à peu près; à bon pas.

En chemin, je passe devant chez un voisin.

Prends donc mon chien avec toi, et j’irai le reprendre en camion à mi chemin.

Quelle bonne idée me dis-je.

Mission impossible ? Prendre une photo au Japon, sans câbles électriques

La chienne Tchatacha est visiblement très contente d’aller faire un tour ! Elle ne se fait pas prier.

On traverse un hameau, arrive à une route qui serpente et monte dans la montagne. Une petite demie heure. Le maître de Tchatcha passe en camion la reprendre comme prévu et je continue mon chemin, seul.

La route grimpe sec. Partout la végétation. J’arrive à un barrage. La route continue, il n’y a pas âme qui vive sur 30 minutes. La vue à certains endroits est bien dégagée sur le lac du barrage et les montagnes.

La verdure nourrit les yeux

C’est superbe. Puis la route arrive à l’aurée du dernier hameau de la vallée, après c’est un cul de sac. Je croise deux copains en camion.

jitensha médéta ? t’as cassé ton vélo ?

自転車めでた?

めでた; médéta signifie casser(é), un terme du patois local, en japonais standard on dirait kowareta.

Les deux gars sont en grande forme, à l’arrière de leur camion on distingue les restes d’une carcasse de sanglier qu’ils viennent de dépecer: ils s’en vont larguer les os quelque part. C’est pas tous les jours qu’on peut prendre un sanglier. Ils ont dû le prendre dans un piège, en fait une grosse cage en métal et dont la porte se referme sur l’animal qui s’y sera aventuré par excès de gourmandise.

Au fond de la vallée il y a une sorte de camping j’y fais un petit tour pour constater qu’il y a beaucoup de ‘touristes’, et combien l’air de la montagne et la nature leur font du bien. Cure de desintoxication.

C’est le moment de faire demi tour. Quelques photos.

Chaque fois que je me balade dans le coin j’ai l’impression d’être en France, la sensation d’espace peut-être
Ca devient grandiose …

La route redescend et retrouve un hameau.

C’est là que la magie du marcheur se produit….

Quand on est à pied; on est accessible, on est près des gens.

La voiture a créé une distance … pour s’arrêter; descendre de sa bagnole et aller discuter avec quelqu’un il faut être super motivé… Il est beaucoup simple de continuer sa route sans s’arrêter, au pire on fait un petit signe de la main.

Mais là je suis à pinces et un groupe d’habitants au bord d’une rizière me fait signe. Ils sont en train de récolter le riz. Je me rapproche, on se dit bonjour, on me tend une canette de bière.

Il y a la mister S, et la famille M. Ils récoltent leur riz sur trois rizières.

Les travaux des champs
Hey Wakamé Tamago!!!!

Mister Y un peu comme moi, est venu simplement, pour voir ce qu’il se passe. Donc il y a quatre personnes qui s’activent avec les machines et dans les rizières, et six autres qui sont assises tranquillement sur le bord du chemin et regardent ce qui se passe.

Regader les gens travailler … j’adore !!!

Il y a là un petit air de fête. On regarde les travaux et observe les différentes manoeuvres. C’est passionant de regarder les gens travailler.

On doit avoir l’impression d’avoir touché le jack pot …

La récolte se fait dans trois rizières. La moissoneuse pleine, il déchargent les grains de riz dans un camion keitora.

Le riz récolté et sorti tout frais de la moissoneuse. Il faudra ensuite en décortiquer la balle.

Récolter le riz, voila un moment de bonheur et de joie. Tout le monde la est heureux, c’est clair.

Toutes les choses prennent leur sens.

Quelle chance de pouvoir gouter ce moment en bonne compagnie.

La récolte du riz

Il fait encore chaud mais ce n’est plus la chaleur ultra humide dans laquelle nous avons cuit, dans l’étuve comme des gyouzas, ces deux derniers mois.

Dans le village, on a commencé à récolter le riz. C’est beau de voir les gars qui s’activent dans leur champs, le riz et le paysan ont bien travaillé. Il y a un résultat.

il y a un petit criquet sur les épis de riz

Je me balade dans le village, et vois un gars qui vient de récolter le riz de sa rizière, il charge son camion, sa moissonneuse a rempli déjà une belle douzaine de sacs.

Autrefois, m’explique-t-il, après la récolte du riz, on plantait du blé. On produisait ainsi deux récoltes chaque année, c’est ce que l’on nomme le nimousaku. 二毛作 Le blé est désormais importé, les prix sont très bas. On fait encore du riz, pour continuer la tradition et parce que le prix du riz est fortement protégé par des taxes à l’importation.

Quatre heures de l’aprèm on est déjà à l’ombre

On voit bien comment l’importation du bois, du blé, a tout foutu en l’air dans les campagnes japonaises, et donc, les gens sont partis vivre en ville. Pour pouvoir vivre de la récolte du riz il faut disposer de sacrées surfaces. Dans notre vallée montagneuses, ce sont des retraités ou bien des salariés qui font du riz; c’est un passe temps plutôt qu’un business.

C’est dommage de ne pas faire deux récoltes, car maintenant, une fois le riz récolté, la terre est laissée toute nue exposée aux éléments pour de très longs mois. Bonjour l’érosion et l’appauvrissement des sols. Et puis les vers de terre, ils ont pas contents c’est sûr … Si on pensait plus du point de vue des vers de terre on ferait moins de conneries.

La promenade continue.

Au détour d’un chemin je vois un très beau keitora. (keitora; ou ‘camion léger’, indissociable des campagnes japonaises, fiable, maniable, serviable, ici on ne peut pas vivre sans ….) Il est neuf! C’est un Honda. Les keitora Honda sont réputés; le moteur est monté à l’arrière. Ce qui permet de les charger à fond, bien au delà des 350kg max réglementaires.

Il n’y en a pas tant que ça, de jeunes beautés

Tiens un gars arrive c’est le propriétaire de ce magnifique bolide. On discute … voilà dans le village, on discute avec tout le monde et il y a toujours un sujet de conversation à portée de la main.

Je demande si je peux le prendre en photo avec son nouveau camion…

L’heureux propriétaire

Il dit: il va me durer vingt ans !

Cell ne m’étonne pas, le mien a 18 ans et fonctionne à merveille.

Explorer la vallée

J’ai repris le vélo! J’avais arrêté un peu, trop de boulot. Mais j’y retourne, au vélo.

Aujourd’hui il a plu. La pluie a cessé mais des nuages sont toujours accrochés dans les cheveux des montagnes. Je pars faire un tour.

Le riz a été planté

L’occasion d’explorer un coin de notre vallée où je ne m’étais jamais attardé.

C’est un petit hameau d’une vingtaine de maisons dans un endroit très encaissé, enfermé presque dans la montagne.

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A peine cinq minutes à biclou, mais c’est vraiment magnifique.

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Sous les tatamis

Le projet de la petite maison à côté de chez nous avance très lentement.

J’ai quasiment tout nettoyé et décrassé. Le sol des toilettes a changé de couleur! Nettoyer, retirer la poussière et les crottes de mouches permet de se familiariser avec le moindre recoin de la maison.

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Hier par curiosité j’ai retiré les tatamis d’une pièce. La maison a quatre pièces arrangées selon le caractère de la rizière. Les deux premières pièces, leur plancher est solide comme il faut. On peut voir qu’il a été refait il y a quelques années.

Par contre dans les deux pièces au fond; on sent le plancher sous les tatamis anormalement souple. On se sent un peu flotter à certains endroits. Il faut vérifier l’état du plancher dessous…

Je vais chercher cet outil pour retirer les tatamis.

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Conclusions:

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Le plancher sous les tatamis est d’origine, et en très mauvais état. Pour bien faire il faudra le remplacer. Voila qui fera un bon projet.

Les tatamis eux sont nouveaux, ils ont dû être remplacés il n’y a pas trop longtemps.

Découverte:

Il y a un ancien foyer sous le plancher. L’extérieur est constitué d’une vannerie en bambou, l’intérieur de torchis.

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Voilà qui est très intéressant. Ce foyer m’étonne un peu car il est vraiment très petit. Ça n’est pas un foyer que l’on aurait utilisé pour se faire griller un truc.

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Je consulte mon pote S. qui confirme en deux secondes que ce foyer était utilisé à l’époque où tout le monde dans le village élevait des vers à soie. Ces foyers permettaient de réchauffer la pièce où l’on élevait les vers à soie.

Et S. alors raconte ses souvenirs d’enfance … C’était pour les villageois une nouvelle source de revenu. Tout le monde avait chez lui des vers à soie, dans une grande cage, chez S. elle était posée à dans le tokonoma.

Une fois les cocons formés on allait les vendre dans la ville voisine à cette société, GUNZE.

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Si bien que dans la nuit on pouvait entendre juste à côté de soi les bruits de mastication des vers à soie car ils n’arrêtent pas de manger… j’imagine un peu … Tout le monde avait aussi un champ où poussaient des mûriers, les vers à soie sont friands de leurs feuilles.

Vous en reprendrez bien encore un peu (épluchage)

Aujourd’hui dimanche, encore épluché des troncs d’arbres descendus de notre montagne; 7 troncs de 5 à 6 mètres de long, disons quarante mètres en tout … ça m’a pris 4 heures … donc du dix mètres de l’heure.

En tout cas c’en est fini pour l’épluchage; j’ai épluché tout ce qu’on pouvait éplucher.

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Etape suivante; on va passer les troncs à la scierie pour notre projet de technology transfer. Là on est dans l’atelier de S.

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Après cette belle journée, les cacahouètes accompagnent la bibine avec perfection. En plus il y avait de la Carlsberg au supermarché. Ca change un peu des bières locales.

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Pendant ce temps là le riz pousse dans les rizières en face.

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Les chevreaux poussent aussi …

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Momigara ou glume de riz

Les récoltes de riz ont bien commencé dans les rizières du village. Les dates des récoltes dépendent du type de riz qui a été planté. Des variétés sont tardives et d’autres pas.

On voit les agriculteurs montés sur des machines qui ressemblent à des robots gundam.

C’est donc le moment d’aller prendre du momigara, ou glume de riz.

Certains le déposent aux pieds des légumes l’hiver dans les jardins pour les protéger du froid et du gel. Je me dis aussi que cela doit être très aussi bien pour pailler le potager, je suis curieux d’essayer en tout cas.

La voisine d’en face me propose d’aller en chercher ensemble. On part tous les deux dans le camion, et nous nous rendons a quelques kilomètres, chez un agriculteur. C’est monsieur T.

A cote de ses combain, mini moissonneuses batteuses montées sur chenilles de caoutchouc, un gros tas de momigara.

Monsieur T est content de nous voir car le momigara ne lui est d’aucune utilité et il souhaite s’en débarrasser. Nous en chargeons le camion.

momigara

A vivre à la campagne nous sommes proches des réalités et à bien y réfléchir une des choses les plus fantastiques que nous pouvons vivre, c’est d’être acteurs des cycles de transformation. Si la société de consommation rime souvent avec déchet, poubelle, gâchis (« waste » en anglais), à la campagne nous participons aux cycles de transformation où les matières organiques se transforment et sont utilisées de nouveau et à l’infini. Pas de plastique dans tout ça.

Examples, la récolte de riz s’accompagne donc de production de glumes, lesquels sont utiles pour le jardinage; leurs elements retournent à la terre et l’enrichissent.

Le bois coupé alimente Calcifer qui nous réchauffe, la cendre laissée par sa combustion retourne dans le jardin où elle enrichit le sol.

Pareil pour les déchets de la cuisine, ou encore le crottin de cheval du club hippique pas loin, la matière organique retourne à la terre et n’est jamais perdue, et alimente les organismes vivants du sol.

Cercles vertueux donc qui peuvent être répétés à l’infini.

Vocabulaire

もみがら 籾殻 momigara glume du riz

momigara

momigara

momigara

momigara

Les rizières et les épouvantails

Dans les rizières, les épis de riz sont chargés de grains. Fleurissent alors les épouvantails.

Il faudrait faire une série de photos sur les épouvantails, certains sont amusants.

Je ne connaissais pas la version gonflable ci-dessous.

epouvantail

epouvantail

Vocabulaire

Epouvantail; かかし kakashi

Un truc chouette à l’école

A propos, un truc chouette que font les enfants à l’école ….

Chaque année les enfants des classes de 5e et 6e année de l’école primaire du village  replantent du riz avec l’aide d’un agriculteur du coin.

Et plus tard en octobre les enfants participeront à la récolte.

Sur la photo, les 7 enfants de CM1. Et oui il n’y a que 46 enfants en tout dans l’ecole. Le batiment actuel de l’école date de 1970. L’école à l’époque comptait plus de 300 élèves. On voit donc, en 40 ans, la rapidité de la dépopulation (des campagnes japonaises). L’exode rural conjugué au faible taux de natalité …

Je trouve vraiment chouette que l’on montre aux enfants les gestes de toujours, et comment l’on replante le riz. Les fondamentaux de la civilisation. Dans un sens c’est beaucoup de responsabilité pour 7 enfants …

les enfants repiquent le riz

les enfants repiquent le riz

Moissonneuses et Gundam

Les moissonneuses à riz me font penser à Gundam.

Leur forme trapue, les chenilles, les couleurs, les mécanismes complexes qu’on imagine à l’intérieur … sans oublier le pilote qui est aux manettes. Ouais, je sais pas exactement pourquoi mais ça me fait penser à Gundam.

Gundam vous connaissez peut-être pas … c’est une série super populaire au Japon avec des robots géants. des sortes de tanks en forme de robots et qui peuvent se déplacer dans l’espace. Gundam c’est quasiment un culte ici au Japon. Et ce, depuis les années 80.

Article wikipédia sur Gundam. http://fr.wikipedia.org/wiki/Gundam

Donc; regardons un gars travailler sur sa moissonneuse à riz.

 

moissonneuse à riz

moissonneuse à riz

 

A la place du bonhomme; imaginez un pilote gundam (ou pilote de chasse).

 

moissonneuse à riz avec un pilote gundam

moissonneuse à riz avec un pilote gundam

 

et là avec une mitrailleuse !

moissonneuse équipée de mitrailleuse

moissonneuse équipée de mitrailleuse

 

Encore mieux avec un lance missiles

 

moissonneuse avec lance missile

moissonneuse avec lance missile

 

 

Et ajoutez des ailes pour que tout vole.

 

 

moissonneuse volante gundam

moissonneuse volante gundam

 

enfin bon c’est pas tout à fait gundam mais on s’amuse bien quand même !

Riz: moissons tardives

La plupart des rizières de la vallée ont déjà été récoltées.

Mais aujourd’hui on voyait encore des agriculteurs chevaucher des petits monstres en métal et s’affairer dans leurs rizières. Les moissonneuses sont compactes et n’ont rien à voir avec les machines géantes que l’on trouve en Europe. Elles sont adaptées à la géographie japonaise où beaucoup de rizières sont petites et les routes étroites.

moissoneuse à riz

moissoneuse à riz

moissoneuse à riz

moissoneuse à riz