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Récolter du thé

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Très belle journée, et j’en ai profité pour aller dans ma petite montagne pour récolter un peu de thé. La montagne ici… en effet, on dit yama (montagne) plutôt que mori (forêt).

La montagne donc, étant couverte de grands cryptomères, la lumière y est limitée. Les nouvelles feuilles des théiers, en fonction de leur emplacement plus ou moins exposé au soleil, variaient beaucoup.

J’avais aussi planté des mûriers

Pour y accéder, je traverse la route juste en face de la maison et je monte un chemin qui serpente pour arriver à, je dirais, trente mètres de hauteur. Il ne faut pas aller loin pour, tout d’un coup, arriver dans un autre monde : on ne voit plus les maisons du village et on n’entend plus rien des hommes. Tout d’un coup, tout est très calme, et on n’entend plus que les oiseaux et le vent qui chatouille les branches des arbres.

Espace différent. Autre échelle du temps aussi. Dès que j’arrive dans ce petit espace de la montagne — ce petit espace qui m’appartient, sept mille mètres carrés — c’est un autre chez-moi… Liberté, silence.

Qu’est-ce qu’on se sent bien !

Les théiers sont des survivants de l’époque où les habitants du village étaient autosuffisants, soit il y a 60 ou 70 ans. Alors, presque tout le monde faisait son thé, et les théiers étaient savamment plantés le long des chemins de montagne…

En écrivant ces lignes, je pense à mon arrière-grand-père qui, lui, dans les Charentes, faisait son vin. Au Japon, tout le monde faisait son thé ; en France, c’est le vin — deux boissons qui, chacune à leur manière, rendaient l’eau potable et sûre.

Dans un sens, je répète les gestes que faisait mon arrière grand père, Gaston. Il travaillait sa vigne, moi je vais récolter les feuilles de thé … les gestes dans la forme sont différents mais au fond ils se ressemblent, Donc je me reconnecte avec mes ancêtres.

Cette petite récolte de thé aujourd’hui m’a permis de passer toute la journée dehors !

Or, rien ne vaut passer la journée dehors par un si beau temps.

Une petite réflexion en passant sur la maison traditionnelle japonaise : elle est vraiment conçue pour vivre dehors. Les gens, en l’absence d’électricité, vivaient et travaillaient dehors, et n’allaient dans la maison que lorsque la pénombre ou les intempéries les en obligeaient.

La préparation du thé se fait en trois étapes : — aller prendre des feuilles de thé en montagne ; — je coupe des petites branches entières, ça permet de contrôler la croissance de l’arbuste ; — rentré à la maison, on fait un tri et on retire les branches : c’est la phase du quality control, en faisant attention aussi à retirer les insectes, les cocons de papillons, les araignées que l’on aurait pu ramener ; ensuite, on passe tout dans une marmite sur le feu pour sécher les feuilles. On répète cette opération au moins trois fois.

ça prend tout l’après-midi… Je suis debout devant la marmite ; j’utilise un Dutch oven sur un réchaud à gaz, et même maintenant, six heures plus tard, j’ai encore le pif empli de ces arômes si agréables…

Je laisse les feuilles sécher à la maison et je répèterai cette opération de séchage sur le feu encore demain matin…

Pour la phase 2 du QC quality control ma femme est venue m’aider. Ces petits travaux manuels gagnent à être faits en famille ou avec les amis.

C’est intéressant de refaire les gestes d’autrefois ces gestes qui ont été faits des milions de fois pendant des siècles …. Il y a une reconnexion qui s’opère au niveau de l’ADN ….

Ce thé que j’ai récolté on l’appelle le bancha, une version populaire du thé ou on peut utiliser toutes les feuilles, aussi bien les jeunes feuilles que les autres.

J’aime bien quand je me prépare un bancha y ajouter quelques feuilles de menthe du jardin.

Il m’est d’ailleurs arrivé ces dernières années de faire des petit trips lorsque en buvant du bancha je fume des cigarettes ou une pipe… Etonnant … Il y a tout un parfum qui s’empare de la tête entière et on se sent super bien !!!

Récolter et consommer du makomo

Makomo. Une plante dont je n’avais jamais entendu parler. Un jeune agriculteur à 15 km d’ici en a planté dans sa rizière. Il y a même eu une petite fête organisée, en mai, et avec quelques dizaines de personnes, nous y étions allés, pour planter du Makomo. Ca se plante comme du riz.

C’était la première fois que je m’aventurais dans une rizière inondée. La sensation d’être les pieds dans l’eau, de s’enfoncer et de glisser dans la boue et de sentir le sol dur au fond c’est presque magique…

Tout ça c’est Reiko vraiment une personne formidable et pleine de créativité qui a monté cet évènement. Elle connecte les idées et les gens, car établie dans le même village que l’agriculteur elle monte une école d’agriculture et de noh. J’ai pu participer modestement puisque j’ai fait le dessin que cette école utilise.

Bref, la semaine dernière nous nous sommes retrouvés dans la rizière pour cette fois récolter le makomo.

Ce makomo, on peut traduire par riz sauvage. Or, ici interviennent les dieux, car par l’effet d’un champignon la tige du makomo va enfler et produire une tige blanche; gonflée et tendre, qui se consomme.

Ici un extrait de wikipédia pour prouver que je ne suis pas fou:

 mais pour la production d’un légume particulier : ses tiges enflées par les galles causée par un champignon du groupe des charbonsUstilago esculenta. Lorsque le champignon envahit la plante-hôte, il provoque une hypertrophie, augmentant la taille des cellules et leur nombre. L’infection par le champignon Ustilago esculenta inhibe la floraison de la plante et interdit la mise à graines de sorte que la plante doit être reproduite par multiplication végétative grâce à ses rhizomes. Les nouvelles pousses sont infectées par les spores présentes dans le milieu environnant, qui est généralement une rizière6.

Les tiges enflées sont récoltées comme légumes appelés gau-soon et kal-peh-soon6 (également, gau sun et kah peh sung)7 et jiaobai en Chine8. Leur nom japonais est makomotake9.

Aller dans la rizière on est entouré des ces tiges très hautes et on oublie rapidement le monde alentour. Les pieds dans l’eau on observe ce microcosme différent. Les araignées. Les grenouilles. C’est superbe. Parmi les tiges on cherche celles qui sous l’effet du champignon montrent cette protubérance blanche, on la coupe.

Rien n’est perdu avec le makomo. Arrivé à la maison on récupère ces parties blanches. Elles font penser un peu au salsifi et à l’asperge. Mais on garde aussi les grandes feuilles car séchées au soleil on peut les passer dans une grande marmite comme lorsque nous préparons le thé: on obtient une infusion délicieuse et sucrée.

Pour cuisiner le makomo on a essayé plusieurs façons différentes; cuit avec le riz, ou bien en poêlée avec du beurre.

Un vrai régal.

Lorsque en mai nous avons planté le makomo.

La rizière avec le makomo, pas encore récolté

Biotope vivant

Récolte

Récolte

L’agriculteur coupe les tiges récoltées

On voit bien les protubérances blanches…

Mais à la maison on récupère les longues tiges

Que l’on fait sécher au soleil. Puis je les passe dans une marmite

Et avec cela nous pourrons boire du thé de makomo!

Premier essai de cuisine avec les « choses blanches », à la poêle avec du porc

Un régal

Vous pouvez suivre l’agriculteur sur instagram et trouver plus de photos: https://www.instagram.com/yauchishizennouen24/

Cette année aussi nous avons récolté du thé

C’est chaque fois un plaisir, que d’aller au fond de la vallée récolter les feuilles des théiers.

J’ai fait déjà des articles sur cette récolte des feuilles de thé et leur préparation, et même une vidéo, sur youtube !

Voici le lien vers la vidéo si vous souhaitez voir les détails de la préparation.

Ces jeunes feuilles sont vraiment appétissantes avec ce beau vert frais qui brille!

Du thé j’en ai bu énormément l’année dernière, et toujours avec beaucoup de plaisir. Il y des arômes très fruités. Je le bois quand je travaille et j’ai remarqué que boire ce thé bancha me met très souvent de bonne humeur.

J’ai même fait des trips avec ce thé: parfois je sens un effet spécial, de légéreté et d’euphorie, lorsque je bois ce thé combiné avec ma pipe (je fume la pipe quand je bosse).

J’ai fait cette expérience; de joie et d’euphorie, plusieurs dizaines de fois.

A mesure que l’on passe les feuilles de thé sur le feu elles changent d’aspect. C’est au moment de cette préparation que le thé devient du thé vert, du thé style anglais ici on dit thé rouge, ou alors du bancha: la variante populaire du thé vert, ici.

Cette préparation prend une journée entière! A midi on se fait un bol de ramen, ici agrémenté de feuilles de laitue et de feuilles de thé.

On fait tout cela avec des amis du village, c’est un grand moment. Une voisine a préparé des financiers, délicieux, au thé matcha et à l’hojicha.

Ce sont des micro événements qui donnent à notre petite vie à la campagne tout son sens…

Faire du thé bancha en vidéo!

Comme les années précédentes nous avons récolté du thé dans les montagnes et l’avons préparé.

C’est un événement important, qui nous connecte avec la saison. Nous en avons parlé déjà dans plusieurs articles

Préparer du thé

Faire son thé en 2017

Faire son thé

Cette année rebelote nous avons récolté les feuilles de thé et tout préparé mais cette fois ci je filme l’opération.

Si les mots et quelques photos font vivre l’imagination et ont une dimension poétique, la vidéo est plus brut de pomme, et transmet la réalité telle quelle…