Catégorie: vie à la campagne
Récolter du thé
Très belle journée, et j’en ai profité pour aller dans ma petite montagne pour récolter un peu de thé. La montagne ici… en effet, on dit yama (montagne) plutôt que mori (forêt).
La montagne donc, étant couverte de grands cryptomères, la lumière y est limitée. Les nouvelles feuilles des théiers, en fonction de leur emplacement plus ou moins exposé au soleil, variaient beaucoup.
Pour y accéder, je traverse la route juste en face de la maison et je monte un chemin qui serpente pour arriver à, je dirais, trente mètres de hauteur. Il ne faut pas aller loin pour, tout d’un coup, arriver dans un autre monde : on ne voit plus les maisons du village et on n’entend plus rien des hommes. Tout d’un coup, tout est très calme, et on n’entend plus que les oiseaux et le vent qui chatouille les branches des arbres.
Espace différent. Autre échelle du temps aussi. Dès que j’arrive dans ce petit espace de la montagne — ce petit espace qui m’appartient, sept mille mètres carrés — c’est un autre chez-moi… Liberté, silence.
Qu’est-ce qu’on se sent bien !
Les théiers sont des survivants de l’époque où les habitants du village étaient autosuffisants, soit il y a 60 ou 70 ans. Alors, presque tout le monde faisait son thé, et les théiers étaient savamment plantés le long des chemins de montagne…
En écrivant ces lignes, je pense à mon arrière-grand-père qui, lui, dans les Charentes, faisait son vin. Au Japon, tout le monde faisait son thé ; en France, c’est le vin — deux boissons qui, chacune à leur manière, rendaient l’eau potable et sûre.
Dans un sens, je répète les gestes que faisait mon arrière grand père, Gaston. Il travaillait sa vigne, moi je vais récolter les feuilles de thé … les gestes dans la forme sont différents mais au fond ils se ressemblent, Donc je me reconnecte avec mes ancêtres.
Cette petite récolte de thé aujourd’hui m’a permis de passer toute la journée dehors !
Or, rien ne vaut passer la journée dehors par un si beau temps.
Une petite réflexion en passant sur la maison traditionnelle japonaise : elle est vraiment conçue pour vivre dehors. Les gens, en l’absence d’électricité, vivaient et travaillaient dehors, et n’allaient dans la maison que lorsque la pénombre ou les intempéries les en obligeaient.
La préparation du thé se fait en trois étapes : — aller prendre des feuilles de thé en montagne ; — je coupe des petites branches entières, ça permet de contrôler la croissance de l’arbuste ; — rentré à la maison, on fait un tri et on retire les branches : c’est la phase du quality control, en faisant attention aussi à retirer les insectes, les cocons de papillons, les araignées que l’on aurait pu ramener ; ensuite, on passe tout dans une marmite sur le feu pour sécher les feuilles. On répète cette opération au moins trois fois.
ça prend tout l’après-midi… Je suis debout devant la marmite ; j’utilise un Dutch oven sur un réchaud à gaz, et même maintenant, six heures plus tard, j’ai encore le pif empli de ces arômes si agréables…
Je laisse les feuilles sécher à la maison et je répèterai cette opération de séchage sur le feu encore demain matin…
Pour la phase 2 du QC quality control ma femme est venue m’aider. Ces petits travaux manuels gagnent à être faits en famille ou avec les amis.
C’est intéressant de refaire les gestes d’autrefois ces gestes qui ont été faits des milions de fois pendant des siècles …. Il y a une reconnexion qui s’opère au niveau de l’ADN ….
Ce thé que j’ai récolté on l’appelle le bancha, une version populaire du thé ou on peut utiliser toutes les feuilles, aussi bien les jeunes feuilles que les autres.
J’aime bien quand je me prépare un bancha y ajouter quelques feuilles de menthe du jardin.
Il m’est d’ailleurs arrivé ces dernières années de faire des petit trips lorsque en buvant du bancha je fume des cigarettes ou une pipe… Etonnant … Il y a tout un parfum qui s’empare de la tête entière et on se sent super bien !!!
Ce que je fais tous les jours
Version Japonaise ici, Anglaise ici.
Cette semaine, c’est la Golden Week au Japon : un petit cluster de jours fériés qui forme un beau moment dans l’année, à la meilleure saison pour profiter de quelques vacances. Avant, dès février, j’attendais son arrivée pour souffler un peu.
C’était pourtant la période où, au travail, nous devions boucler les budgets annuels — l’année fiscale de la boîte commençant le premier juillet.
En réalité, toute ma vie finissait par suivre le rythme financier de l’entreprise : budgets, prévisions trimestrielles, début de la nouvelle année fiscale… Et même pendant la Golden Week — mes collègues aux États‑Unis n’en avaient rien à fiche, de la GW ! — je devais souvent travailler un peu. Ce rythme financier, je l’aimais et je le détestais à la fois : parce que ça ne s’arrête jamais, parce que ça continuera pareil dans cinquante ans, et aussi parce que, comme c’était mon job, cela me donnait une certaine justification et une sécurité d’emploi.
Mais pour moi, c’est fini. J’ai quitté mon job en octobre, et désormais chaque jour ressemble à des vacances — dans le sens où 90 % de ce que je fais, ce sont des choses que j’ai envie de faire. Avant, c’était plutôt 10 %. Je n’ai plus qu’une seule réunion par semaine — au lieu d’une cinquantaine — celle du lundi matin avec mon ami Saki‑chan et son chien, dans son atelier, de 7 à 8 heures… et plus si affinités.
J’ai aussi une présentation mensuelle à préparer pour notre talk‑show avec monsieur Iwata sur la littérature classique japonaise, consacré aux Heures oisives de Yoshida Kenkō. D’ailleurs, demain aura lieu notre neuvième édition, avec deux chapitres qui traitent justement du pognon : les chapitres 140 et 217.
Cela dit, je suis très occupé. Je suis presque plus occupé maintenant que lorsque je travaillais à Microsoft. Incroyable.
Mon emploi du temps dépend de la météo et des saisons. J’essaie de donner la priorité au jardin : ce qu’il faut planter, arranger, récolter, cuisiner, manger. Le jardin et les légumes n’attendent pas ; ils vivent à leur rythme, et c’est à moi de les suivre.
Autre priorité : le bois. Pour stocker un énorme arrivage de bois de chauffe, j’ai dû construire un nouvel abri, puis couper, fendre et ranger le bois. Voilà une activité qui ne peut pas attendre non plus : il n’est pas souhaitable de laisser le bois longtemps sous la pluie-en Juin viendra la saison des pluies-, et en plus ça prend toute la place.
En m’occupant de tout cela ces deux dernières semaines, je me suis demandé comment j’arrivais à faire tout ça tout en travaillant à Microsoft, en y consacrant tant d’heures et d’énergie. Certes, je pouvais faire un petit tour de dix minutes au potager ou aller fendre du bois entre deux réunions. Combien de fois, d’ailleurs, chargé de stress, me suis‑je défoulé avec la hache en imaginant voir, dans les bûches à fendre, les têtes de quelques collègues antipathiques…
Mais au‑delà du jardin et du bois, j’ai désormais tout le temps pour travailler sur mes projets — notamment de dessin. J’essaie de commencer tôt, vers 6 heures du matin. Les meilleurs jours à six heures je me tourne vers mon cahier ou je prends des notes, je fais le point sur mes projets et ce que j’ai en tête, C’est peut être la meilleure façon de commencer la journée. Une meilleure solution sans doute serait de prendre ces notes le soir avant de se coucher. J’essaierai ce soir !
En cette saison, le soleil se hisse de derrière les montagnes vers 10 heures ; à ce moment‑là, je sors voir ce qui se passe. Mais en gros, de 6 heures à midi, je suis sur mes dessins.
Cela ne veut pas dire que je dessine tout ce temps. Il y a beaucoup de réflexion, de flottements : trouver des idées qui me plaisent, des idées un peu farfelues, étonnantes mais avec des sens multiples, chercher la composition, la posture des personnages, l’angle de vue, comment structurer une image. Le temps passé à réellement dessiner est en réalité une petite fraction. J’essaie aussi souvent de nouvelles techniques, et des fonctionnalités du logiciel de dessin clip studio paint … donc beaucoup de temps de recherche et d’apprentissage.
Je travaille sur trois projets :
— La préparation de nos talk‑shows mensuels : deux chapitres chaque mois des Heures oisives de Kenkō. Sélection, lecture, interprétation, puis dessin humoristique pour illustrer le propos.
— Une nouvelle bande dessinée — en réalité plutôt un livre pour enfants — qui présente les Heures oisives sous un nouvel angle. J’y sélectionne des chapitres abordés lors du talk‑show et je réalise de nouveaux dessins. C’est mon gros projet, celui qui me prend le plus de temps.
— Et quelques commandes d’illustration : les dessins de la ville de Tatsuno, un dessin retraçant l’histoire d’une famille des Ardennes au début du XXᵉ siècle, un poster pour un concert de biwa, un pamphlet pour une société d’élagage, etc.
C’est très variable, mais j’essaie de bouger l’après‑midi. Si le temps est trop mauvais, je monte sur mon rameur.
En fin d’après‑midi, je retourne au bureau et je continue. Parfois, lorsque je bute sur une idée, c’est vraiment difficile. Dans ce cas, je passe à autre chose pour laisser mijoter un peu, que les synapses se délient et fassent de la place à de nouvelles connexions.
Je ne m’étends pas dessus ici, mais les moments avec mon épouse — l’apéro avec les chats dans le jardin, les dîners — sont bien sûr si précieux …
C’est franchement une vie de rêve, ma vie de rêve. J’en apprécie chaque minute. Je m’en remercie !!

Tara No Me (pousses d’angélique du Japon) et autres choses
Lundi matin, comme presque toutes les semaines depuis plus de dix ans, je suis allé retrouver Saki‑chan dans son atelier pour prendre un café et faire le point.
On fait notre meeting de 7 à 8 heures du matin.
Quelle excellente habitude.
Les montagnes déploient devant nous leurs palettes de couleurs. Il reste encore quelques cerisiers en fleur, mais déjà on admire des explosions de vert : les jeunes feuillages commencent à se montrer, avec leur vert très frais.
Cette saison du printemps nous offre une multitude de cadeaux, et pas seulement visuels, mais aussi gustatifs.
Justement, Saki‑chan me propose d’aller chercher des tara no me タラの芽 ou des pousses d’angélique du Japon.
J’acquiesce immédiatement.
Saki‑chan remarque : « Oh, tu es vraiment libre maintenant. »
C’est sûr que lorsque je travaillais encore, je devais d’abord vérifier que je n’avais pas de réunion ou quelque chose d’urgent à faire… mais maintenant je suis libre.
La récolte prend une heure et demie.
Nous montons en montagne : il y a un endroit dégagé où poussent une dizaine de tara. Les arbres étendent leurs branches jusqu’à quatre ou cinq mètres ; on utilise des perches télescopiques équipées d’un sécateur au bout.

Au retour, je découvre dans ma botte une énorme sangsue qui se régale de mon sang. Sucer le sang d’un étranger ne semble pas l’incommoder. Je veux éviter de l’arracher, car elle pourrait laisser des crocs dans la plaie… En général, je mets du sel sur les sangsues : elles se détachent tout de suite. Mais il n’y en a pas dans l’atelier où nous sommes de retour.
J’essaie de la brûler avec un briquet. Je me rappelle avoir lu quelque part que les soldats au Vietnam fumaient sans cesse pour se débarrasser des sangsues…

Saki‑chan apporte du mokusaku‑eki (acide pyroligneux, produit de sa fabrication de charbon de bois), et cela fait enfin lâcher la sangsue.
Tout en essayant de la faire partir, on discute des nouvelles, notamment des événements en Iran : encore une chose dont on se serait bien passé. Je n’explique pas à Saki‑chan que l’ayatollah Khomeini fut en exil en France et qu’il gagna l’Iran dans un avion Air France — merci à la France d’avoir protégé cette énorme sangsue… Il aurait été plus avisé de la dégager.
De retour à la maison, je finis de travailler sur un nouvel abri pour le bois.

En général ici on prépare les tara no me en tempura.
De mon côté j’aime bien les passer à la poêle, avec du beurre.
Ce soir j’en fais une tortilla avec trois champignons shiitakés récoltés dans le jardin.

Encore une journée formidable… avec tellement de choses à faire dehors que je n’ai pas pu dessiner.
Mon nouveau projet de BD qui traite de Tsureduregusa -Les Heures Oisives, par Urabe Kenko- pourtant avance pas mal avec de gros progrès depuis Janvier….
Les artistes en scène dès 5 heures du matin
Ce matin m étant réveillé assez tôt j ai posé la caméra vidéo et ai enregistré tout ce qui se passe, entre 5h40 et 6h10 le matin ici en ce mi-mars.
Les chants d oiseaux, avec en fond la rivière … les chouettes …. des canards qui arrivent à un moment …
Plus que regarder … je dirais .. à écouter sur youtube …
Bon …. je ré-essairais mais en orientant la caméra dans le sens contraire, vers la rivière … pour voir ce qu il s y passe.
Civet de chevreuil et reconnexions
L autre soir, je faisais remarquer à ma femme que je suis très solitaire… dans le sens où je passe de longs moments sans voir personne quand je suis sur mon PC à faire des dessins.
C’est comme lorsque je travaillais : j’étais tout le temps seul dans mon home office, sauf que j’étais au téléphone en réunions ou en discussions cinq heures par jour. Ça, c’est fini.
Mais les petits événements d’aujourd’hui démentent complètement cette idée de solitude.
Voulant faire mijoter un civet de chevreuil dans un dutch oven, je vais voir ce matin Saki-chan dans son atelier pour lui demander s’il lui reste du charbon de bois.
Il en a un stock énorme et me donne une grosse caisse métallique pleine de charbon.
Il était justement en train de faire un petit feu ; je me joins à lui et nous passons une heure très agréable à parler de choses diverses et variées.
On commence par la météo, l’adoucissement annoncé et les pluies prévues cette semaine… On en a eu très peu de pluie, et certaines régions du Japon sont même à sec.
Ensuite, on aborde un sujet qui nous touche tous les deux : comment, à partir de la génération de Saki-chan — disons celle de mes parents — tout un tas de connaissances et de savoir-faire autrefois transmis de génération en génération se sont soudainement perdus avec la modernisation et l’exode rural.
De mon côté, je fais la liste des choses que mon grand-père maîtrisait : la chasse, la pêche, l’apiculture, l’élevage de petits animaux… des domaines que j’ignore totalement.
Et mon grand-oncle, charpentier : il aurait pu m’en apprendre des choses, quand enfant je passais mes vacances d’été chez lui. Sans parler de son vin… Mais j’étais petit et je préférais lire Picsou Magazine.
Et mon arrière-grand-père, qui faisait la gnôle…
Bref, tout ce savoir-faire qui a fait vivre nos ancêtres pendant des siècles s’est perdu.
Saki-chan reprend le sujet en parlant de son métier : savoir construire des maisons selon les méthodes traditionnelles. Aujourd’hui, peut-être 5 % des charpentiers ici en sont encore capables. Pour les autres, c’est le pistolet à clous et vas-y que je te cloue les planches de contreplaqué…
Qui sait encore manier la scie, le ciseau à bois, le rabot ?
Un autre exemple : autrefois, au village, dit-il, il y avait une grand-mère qui savait faire du doburoku, un alcool de riz très fort. Recette perdue. Pareil pour l’amazaké…
Bref, nous parlons de tout ça, passionnés. Puis nous partons à la station-service : je dois faire le plein de mon camion et Saki-chan doit faire réparer un pneu crevé. Là-bas, tout le monde nous salue et on tape un peu la discute.
Finalement, ce que je racontais hier à ma femme — que je suis très solitaire — c’est vraiment relatif.
Plus tard, je commence à faire un feu pour le civet.
J’utilise l’irori sur roulettes dans le jardin. Le temps est doux et il y a un beau soleil.
Allumer un feu dehors… j’ai l’impression de me reconnecter avec mon ADN.
Je passe ainsi l’après-midi : je dépose du charbon ici, j’en rajoute là, je souffle pour activer la combustion. J’écoute les oiseaux. J’écoute le chevreuil qui commence à mijoter.
Il y a tellement de choses à faire, mais des choses simples, qui ne demandent pas de réfléchir.
Au contraire je peux me concentrer sur la sensation et l observation. C’est très reposant.

Le civet sera pour le lendemain. Alors on fait un peu de place et on déplace quelques morceaux de charbon pour griller des brochettes improvisées — des morceaux de poulet — pour un déjeuner-dîner vers quatre heures de l’après-midi.
Ce qui fait rappliquer Minou, le chat.
Et donc nous dînons à trois.
Reportage chez les ours
Des médias français – le figaro par exemple – se sont fait l’écho des récentes attaques par des ours, au Japon qui à ce jour on fait une dizaine de victimes ici.
Pour faire face à ce phénomène, dans certaines régions, l’administration japonaise a autorisé l’armée à tirer sur les ours qui s’approcheraient des agglomérations.
Dans la région où nous habitons, la région du hyogo on décompte environ 600 à 800 ours …
C’est vrai la TV ici dramatise ces événements, fait un énorme pataquès de tout cela, en appuyant uniquement sur l’horreur des attaques mais sans vraiment essayer de comprendre et d’expliquer les raisons. – C’est pareil avec les médias partout …
Tout ceci m’ennerve un peu; les ours animaux sauvages ne font que leur travail d’animaux sauvages et on sait que normalement ils fuient les hommes et essaient de les éviter.
Pour me faire une meilleure idée de la situation j’ai branché la télé pour regarder la chaine de TV des ours.
Nous faisons état de nombreux cas où des ours descendent des montagnes pour s’aventurer dans les villages; ce qui cause parfois des accidents graves; et de la part de la communauté des ours nous présentons toutes nos excuses.
Pour mieux comprendre les événements actuels nous avons fait appel au professeur Kuma(ours)ta de l’université de Kuma(ours)moto
Bonsoir:
En effet à l’époque Jomon -13000 à 400 av JC- les ours et les hommes vivaient pacifiquement
Cependant ces dernières années beaucoup de chataigniers ont succombé à cause d’insectes,
et de plus beaucoup d’installations photovoltaiques ont été construites en montagne.
Nous les ours avons moins de nourriture, moins de territoires disponibles et dans certains cas nous devons descendre dans les villages pour trouver à nous nourrir.
Et si la population des campagnes décroît alors le nombre d’humains qui connaissent la nature décroît également.
Si l’homme s’éloigne de la nature, il va finir par ne penser qu’à l’argent, il va oublier l’existence des autres êtres vivants.
Et nous les ours ne seront pas les seuls à en pâtir, mais tous les autres êtres vivants: les abeilles, les blaireaux, les renards, les oiseaux, les arbres et les plantes.
Si l’homme ne comprend plus que lui aussi fait partir de la nature il sera très difficile de cohabiter avec eux.
Ceci dit; que pouvons-nous faire, nous, les ours
c’est par exemple lorsque nous mangeons des kakis; de faire caca là où les graines peuvent germer et pousser, pour faire de nouveaux arbres.
Jardin, BD, Grenouille !
Pas croyab’ qu’on soit presque en juillet déjà. J’avais drafté un article il y a 10 jours mais ai décidé de ne pas le publier … mauvais sujet !
Juin a apporté pas mal d’eau, c’est la saison des pluies. Après ce sera l’étuve pour deux bons mois ! …. Ceci dit … je suis déjà en short et marcel 24 heures sur 24, donc la vidéo pour les conférence call au travail, ça va plus !
J’ai deux collègues très téméraires (en réalité ils s’en foutent) et mettent la vidéo dans les conférence calls, en marcel et avec tous leurs tatouages. Ca donne un côté rock n roll.
Le jardin va bien. Les tomates, aubergines, et autres commencent à pousser. Les pommes de terre ont été récoltées. Si ça continue à bien pousser et pour cela il faut que je continue à visiter le jardin souvent, ce sera ratatouilles et ratatouilles que nous allons nous faire cet été.
Un lundi matin comme chaque semaine je suis allé rencontrer mon ami Saki chan dans son atelier, cela fait peut-être 10 ans que chaque lundi matin j’apporte le café et nous passons une petite heure à discuter. Quoi de mieux pour commencer la semaine…
Cette fois nous étions trois, il y avait aussi Saburo, un ami d’enfance de Saki chan; depuis la maternelle donc plus de 65 ans …
On a parlé des niouzes du moment et en particulier de la visite à priori étonnante de madame Akié Abé, veuve de l’ancien premier ministre Japonais, à Vlad Poutine, à Moscou.
Bien joué de la part des Japonais, pouvoir entretenir cette relation -certes pas officielle- avec le top du pouvoir Russe. Il est vrai que des investissements japonais dans le secteur énergétique russe ‘Sakhalin II’ par exemple sont cruciaux pour l’archipel. A Saki-chan et à Saburo je leur raconte par exemple comment Renault s’est fait plumer en étant forcé de céder aux russes leurs investissement dans Avtovaz, pour un rouble symbolique. Ou comment jeter des milliards d’euros à la poubelle … en plus, un truc qui fait les choux gras des constructeurs automobiles chinois ….
D’ailleurs; la même déconvenue a été imposée à Peugeot si je ne me trompe lorsqu’ils avaient été forcés de quitter le marché Iranien.
Intéressant !
Au sujet de ma prochaine BD je me suis lancé, ayant réécrit le scénario quatre fois je suis maintenant en train de faire des drafts sur ordinateur.
Si j’arrive à drafter une page par jour c’est bon. Ce qui est génial c’est que les nouvelle idées n’arrêtent pas et je m’amuse bien !
Cette fois je souhaite m’inspirer des livres illustrés de l’époque Meiji et avant. Comment y étaient dessinés les arbres, les animaux … La mise en page …
J’ai donc investi dans un livre en 10 volumes de 1823: 絵本彦山霊験記
Le texte, pour moi malheureusement imbitable .. mais la facture de l’ouvrage .. les illustrations … cela fait voyager dans le temps. Ce sont comme de vraies BD !!

Retournons dans l’atelier de Sakichan. Nous continuons à cultiver le champ qui y est atenant.
Pour l’été Je me suis commandé de nouveaux T shirt ‘nonbiri nougyoubu’ l’agriculture nonchalante …
Donc dimanche dernier je vais dans son champ; je prends de l’eau avec la pompe à main; hors j’y découvre une petite grenouille !


Elle est toute mignonne. Cela me fait penser au proverbe Japonais de la grenouille dans le puits …
Et j’en tire l’idée d’un dessin … à suivre dans un article futur.
A propos de pompe à main je trouve avec surpise qu’il existe encore un fabricant de pompes en France … très bien https://www.pompesgrillot.fr/pompes-a-eau/114-a-90-retro.html
Ici au Japon il y a encore au moins un fabricant: http://www.keiwaseisakujyo.co.jp/pump/#teoshi
Belle rencontre au mois de juin lors d’un entretien de monsieur Iwata… monsieur K ancien directeur d’école qui a pris sa retraite et s’est mis à écrire son journal!
Personnage très sympathique. Une semaine après notre rencontre il vient à la maison à l’improviste, le directeur de l’école du village lui a donné notre adresse, et il m’apporte une cinquantaine de pages, ce sont des copies de son journal ! On fais un échange avec mes bandes dessinées.

Depuis, le soir le lis donc son journal, tout est écrit à la main, mais son écriture étant très soignée j’arrive à comprendre entre 80 ou 90 pour cents, sans dictionnaire.
Il écrit beaucoup sur la société japonaise, l’école et toutes les transformations qui aujourd’hui ont lieu dans le système éducatif. On voit la passion de monsieur K pour le sujet et je prends beaucoup de plaisir à le lire.
Beaucoup de choses auxquelles je n’avais jamais pensé ! C’est très enrichissant.
Dix jours plus tard il repasse à la maison avec de nouvelles copies, des algues (wakamé) et des oeufs (tamago) … Qu’est-ce-qu’il est drôle !!!
Je lui prépare une surprise à monsieur K, un petit cadeau que je concocte … si tout va bien….
Voila quelque chose que j’adore, ces rencontres soudaines, et la confiance qui s’installe tout de suite ….
Certains de ses articles sont vraiment intéressant et un en particulier que j’ai eu envie de traduire et mettre dans ce blog … faut que je le retrouve !!!
Dimanche c’était hanami
Dimanche avec les voisins c’était hanami: pique nique arrosé sous les cerisiers en fleurs.
Il y a de telles micro variations dans la floraison des cerisiers. Au sud de la vallée les cerisiers sont en pleine floraison, je dirais 120 pour cents. alors qu’ici, juste 3 km plus au nord mais la vallée est plus étroite ça commençait juste ….
Tous les hameaux qui constituent le village ne fêtent pas le hanami. Il semble que notre hameau fasse exception. Sans doute une tradition hyper locale, mais c’est aussi possible parce qu’il y reigne une atmosphère particulièrement bon enfant dans notre hameau, et ça peut être un peu différent ailleurs.
Il est vrai que dans notre hameau, personne ne se prend trop au sérieux. Or il suffit qu’il y ait une seule personne qui se prenne trop au sérieux pour gâcher toute l’athmosphère ….
Et comme tout le monde se connait si bien, notre voisine sa famille vit dans le village depuis 700 ans mais les autres vivent ici depuis au moins 4 générations …. ça fait des liens des forts. C’est comme une grande famille.
Nous venus de Tokyo il y a 12 ans nous sommes comme la mouche tombée dans le yaourt mais tout le monde nous a acceuillis si chaleureusement! On n’est pas prêts de l’oublier ça …
Côté lecture, la lecture de 『卵の緒』 瀬尾まいこ | 新潮社 n’avance pas trop vite, je suis un peu distrait et étalé … Mais l’histoire est touchante, un garçon a l’intuition d’avoir été abandonné par ses parents et adopté (suteko) et on le voit de chapitre en chapitre progresser jusqu’à l’adolescence. Lire ainsi des romans japonais contemporains m’aide à toucher des sujets de la société japonaise …. sinon au village je suis trop dans ma bulle.
Il est difficile de suivre longtemps les bonnes habitudes. La bonne habitude en l’occurence c’est de se coucher le soir à 19 heures trente ou 20 heures; débrancher tout l’électronique et lire tranquillement, une heure. Je vais essayer de m’y remettre cette semaine.
J’ai commencé à travailler sur un nouveau projet de livre-bande dessinée. J’ai fini d’écrire le scénario général.
C’est un mélange de joie et d’excitation, de savoir que je suis sur le point de commencer à travailler sur un nouveau projet, mais aussi de crainte … et de questionnement: dois-je continuer comme je le fais, écrire des histoires, les faire imprimer et les vendre ensuite directement sur le site, et dans les commerces de la région, ou bien dois-je changer de méthode ?
Dois-je par exemple après que j’aurais quelques pages de faites, contacter des éditeurs et voir ce que ça peut donner ? Sachant que ça me mettrait sur une catapulte qui permettrait d’aller au niveau suivant -un peu comme un jeu vidéo- ou bien est-il préférable que je continue à travailler dans mon coin, tout seul, mais entièrement libre …. Je ne sais pas ! ….
Mais, l’absence de progrès; de transformation c’est une sorte de régression … Les boules !!!
Une semaine riche en événements
Côté boulot la semaine dernière a été assez chargée avec la présentation annuelle des budgets. Je fais ce job actuel et les budgets depuis 12 ans mais chaque année le contexte est différent et les chiffres augmentent à chaque fois.
La présentation se fait en deux fois, la première à un VP (vice président) mercredi à partir de 4 h du matin puis la deuxième à un CVP (corporate vice president), le vendredi à une heure du matin.
Les deux présentations se passent bien. Même si je suis rodé, à ce niveau, les senior executives, car ils ont accès à toutes les informations du business, sous tous les angles imaginables, ont le don de poser des questions tout à fait inattendues … donc il y a toujours une dose d’adrénaline.
La première réunion le mercredi finit bien et même plus tôt que prévu, à 4 heures trente du matin. J’en profite pour foncer dans mon camion et rouler 8 minutes dans la nuit, attention aux chevreuils sur le bord de la route, pour filer jusqu’au convenience store du village (ouvert 24 heures sur 24) … pour acheter une copie du journal de Kobé.
Le journaliste m’avait prévenu que l’article sur CONTINUER ma dernière bande dessinée paraitrait mercredi. Autant dire que, entre les présentations pour le boulot, et cet article qui doit sortir ma tête est entièrement pleine, même qu’il en coule de par les oreilles.

https://www.kobe-np.co.jp/news/himeji/202503/0018794846.shtml
Et en effet il y a écrit un article énorme ! sur toute une demie page. Je suis super content…
Le titre d’ailleurs a plein d’impact … un travail global (international) et un BD super locale … ça m’a fait bien rire! il a fait mouche …
Plus tard, mercredi encore, deux artisans viennent installer des doubles fenêtres dans ma maison-bureau. En fait on laisse les fenêtres existantes et épaisses comme une feuille de papier de cigarette, mais on installe, côté intérieur, de nouvelles fenêtres, en supplément. C’est pour un peu mieux isoler la maison, car l’hiver on s’y pèle trop les vouilles … Le deuxième step sera éventuellement d’y installer un petit poêle à bois.
Si il n’y avait pas de contrainte d’espace, j’y ferais installer une cuisinière à bois, comme celle qu’il y avait chez ma grand-mère Hélène à Saint Félix dans les charentes … pour moi c’est un souvenir d’enfance, ce gros engin où l’on fait du feu, il y a des chevillette, des bobinettes et dès fois il en sortait une magnifique tarte aux prunes ! Ces souvenirs d’enfance sont inscrits profondément dans la mémoire…
Ca devait être un truc comme ça:

Si on me disait … tu gagnes au loto, tu veux une lambo ? non; je veux une vieille cuisinière à bois !!!
Ce serait cool, je pourrais faire cuire des tartes pendant que je fais mes présentations de budgets aux VPs …. Attention à que ça ne brûle pas ….
Les deux artisans font un super boulot. C’est une tâche délicate, car la maison est ancienne, et elle penche .. tout est un peu de travers .. ça n’est pas évident, et ça prend toute la journée.
La deuxième présentation le vendredi s’est également bien passée.
Je m’étais couché la veille à sept heures du soir, dormi comme un bébé, pour me réveiller à minuit pour la réunion avec le CVP cette fois. Continuant à travailler jusqu’à 8 heures du matin j’ai pris une énorme pause et suis allé travailler tout le reste de la journée dans le jardin c’était absolument magnifique. Il fait encore froid mais je prépare quelques semis, j’arrange des petits trucs… j’observe les coccinelles … les araignées ont la pêche …
Tout ce monde bien réel …
Plus tard dans l’après midi monsieur Ohino dont je parlais dans l’article précédent est passé à la maison m’apporter du riz qu’il a produit – sans labour, sans produit en cide – je lui en achète deux kilos, j’ai hâte de le gouter. C’est peut être comme le riz que jes gens mangeaient autrefois. Je ne comprends pas tout ce qu’il raconte; cependant…. C’est pas grave; j’ai l’habitude …
Et j’aimerais bien; cet été, aller voir sa rizière observer et prendre des photos … il doit y avoir plein d’insectes, de grenouilles … des serpents … ce doit être magnifique …
On prend le thé, il est venu avec son épouse et son jeune fils, à qui je montre un album d’astérix, le domaine des dieux .. ça a l’air de l’intéresser.
Entretien entre M Iwata et un jeune agriculteur
Hier j’ai bouclé le boulot tôt, vers midi, pour aller voir un entretien entre monsieur Iwata et un jeune agriculteur, établi à Himeji.
Toutes les deux semaines il y a ainsi un entretien, les dates sont alignées au calendrier solaire traditionnel en 24 divisions, durant lequel monsieur Iwata -78 ans- développe une conversation avec un guest. J’ai eu l’honneur par deux fois d’y participer et d’être interviewé. Pour moi aller voir ces entretiens c’est devenu comme une thérapie …
Ca se déroule dans un restaurant, un endroit magnifique, installé dans une ancienne ferme de 150 ans.
Tout y est beau, et rien que d’y passer deux heures, on se sent rafraichi et inspiré.
Si vous êtes à Himeji un midi et avez une bonne demie journée de libre je vous conseille d’aller y déjeuner (il y a un arrêt de bus mais il faut un peu marcher); contactez moi si ça vous intéresse.
Hier j’avais le soleil dans l’objectif optique de mon téléphone et ici j’emprunte les photos de https://www.instagram.com/komegalleryotemae/
Hier l’entretien était avec Ohino Takuya un jeune agriculteur qui produit du riz au nord de Himeji, en suivant une méthode entièrement naturelle et en orbite autour des principes:
- pas de labour
- pas d’entrant ni de sortant (no input no output)
- ne considère pas les insectes et les ‘mauvaises’ herbes comme des ennemis.
Je pense que monsieur Ohino est obligé, pour que le public le comprenne, de définir sa méthode et sa philosophie avec des phrases négatives, car, oui 95 pour cents des agriculteurs et jardiniers ici: labourent, apportent plein d’entrants avec les engrais, et pour eux, les oiseaux les insectes les mauvaises herbes sont des ennemis !
On pourrait reformuler les définitions avec des phrases positives:
- laisser la terre tranquille pour le bien-être de ses petits habitants et des plantes
- laisser le riz se développer avec sa propre force intérieure
- considérer les insectes les oiseaux et les herbes comme des guests…
Tout cela va au-delà d’une méthode technique pour produire quelque chose, c’est à n’en pas douter une philosophie de la vie !!! On voit d’ailleurs le calme profond de la personnalité de monsieur Ohino …
L’entretien est en deux parties de 30 minutes; entre les deux parties, un duo de musiciens du village -箱庭- joue des morceaux qu’ils choisissent en fonction de la saison ou du profil de l’invité… Hier ils jouent une chanson sur le printemps. Vous pouvez les suivre sur spotify.
Au cours de l’entretien je note ces quelques phrases:
できたらできたぶんをとる
Récolter ce qui est disponible
無理のない稲
Un plant de riz qui ne se force pas
田んぼの子供の声が聞こえる
Une rizière où l’on entend des voix d’enfants
いい田んぼ
Une bonne rizière
一人分作る
Produire assez pour une personne
Souvent ces entretiens ne fournissent pas de « solution » directe; prête à utiliser, non, mais, toujours, ils entrouvrent de nouvelles portes, des fenêtres cachées, ou oubliées …. à chacun ensuite de faire les premiers pas et de faire son chemin.
A propos, monsieur Iwata qui conduit ces entretiens est ainsi pleinement dans son rôle et sa qualité d’artiste: il dévoile des signes, et ouvre l’horizon vers de nouvelles possibilités.
En ce qui me concerne dans le jardin, je suis à 66 pour cents de la methode: je ne laboure pas, j’apporte cependant régulièrement du fumier de poules ou de cheval, quant aux oiseaux et les herbes, je ne suis qu’un locataire dans leur domaine …. Bien sûr j’aimerais pouvoir m’améliorer car je suis un jardinier bien maladroit ….




























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