Catégorie: vie à la campagne

Sous les tatamis

Le projet de la petite maison à côté de chez nous avance très lentement.

J’ai quasiment tout nettoyé et décrassé. Le sol des toilettes a changé de couleur! Nettoyer, retirer la poussière et les crottes de mouches permet de se familiariser avec le moindre recoin de la maison.

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Hier par curiosité j’ai retiré les tatamis d’une pièce. La maison a quatre pièces arrangées selon le caractère de la rizière. Les deux premières pièces, leur plancher est solide comme il faut. On peut voir qu’il a été refait il y a quelques années.

Par contre dans les deux pièces au fond; on sent le plancher sous les tatamis anormalement souple. On se sent un peu flotter à certains endroits. Il faut vérifier l’état du plancher dessous…

Je vais chercher cet outil pour retirer les tatamis.

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Conclusions:

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Le plancher sous les tatamis est d’origine, et en très mauvais état. Pour bien faire il faudra le remplacer. Voila qui fera un bon projet.

Les tatamis eux sont nouveaux, ils ont dû être remplacés il n’y a pas trop longtemps.

Découverte:

Il y a un ancien foyer sous le plancher. L’extérieur est constitué d’une vannerie en bambou, l’intérieur de torchis.

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Voilà qui est très intéressant. Ce foyer m’étonne un peu car il est vraiment très petit. Ça n’est pas un foyer que l’on aurait utilisé pour se faire griller un truc.

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Je consulte mon pote S. qui confirme en deux secondes que ce foyer était utilisé à l’époque où tout le monde dans le village élevait des vers à soie. Ces foyers permettaient de réchauffer la pièce où l’on élevait les vers à soie.

Et S. alors raconte ses souvenirs d’enfance … C’était pour les villageois une nouvelle source de revenu. Tout le monde avait chez lui des vers à soie, dans une grande cage, chez S. elle était posée à dans le tokonoma.

Une fois les cocons formés on allait les vendre dans la ville voisine à cette société, GUNZE.

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Si bien que dans la nuit on pouvait entendre juste à côté de soi les bruits de mastication des vers à soie car ils n’arrêtent pas de manger… j’imagine un peu … Tout le monde avait aussi un champ où poussaient des mûriers, les vers à soie sont friands de leurs feuilles.

Festival de Taishi (I)

Taishi, ville de 30 mille habitants à quelques encablures de chez nous. Chaque année en février s’y déroule un festival, autour du très beau temple d’Ikaruga.

Des dizaines de petits marchands installent leur stand (on appelle ces marchands ambulants d’événement à événement tékiya) dans l’enceinte du temple ou encore le long de la rue; pour proposer des jeux pour les enfants ou des choses à manger. Question bouffe il y a l’embarras du choix: crêpes, bananes enrobées de chocolat, des nouilles yakisoba, des calamars grillés etc…

Autrefois c’était dit-on un festival où se retrouvaient tous les charpentiers de la région, et de nombreux marchands proposaient sur leurs étals tous les outils qui s’imposent: ciseaux à bois, etc …

Les temps changent: il y a beaucoup moins de marchands qu’autrefois, et les marchands de fleurs et de plantes sont maintenant majoritaires.

En regardant la foule je vois la proportion très importante de personnes âgées. Il y a peu d’enfants. Difficile d’échapper à la question démographique. A se demander si ce festival existera encore dans vingt ans…

En attendant que le ciel nous tombe sur la tête on apprécie le temps quasi printanier, et l’ambiance bon enfant.

taiyaki, gâteau en forme de dorade.
De chaque côté de l’entrée du temple.

Ici un commentaire de Pierre:

Il est beau ce temple tout noir! Les deux gardiens dans le Mon (門), le premier dit “Aaa” tandis que l’autre termine “ouuum”.. Aoum / Ohm.. à eux deux, ils englobent toute la manifestation, tout l’univers!


le fameux temple
sazaé
poulet frit
marchand de couteaux
bonsais
les marchands de plantes exposent les différents types d’agrumes. J’achète un citronnier et un buntan, que je plante dans note montagne plus tard dans la journée.
belle architecture
trois potes font un break en mangeant des frites
Les calamars grillés.
Donne moi un tentacule!
les fameuses bananes au chocolat, un classique.
un affiche pour le parti politique jimintou
la marchand de fleurs a beaucoup de succès, il a le meilleur emplacement, à l’entrée du temple.

Il y a un attroupement. C’est une cérémonie religieuse. A voir dans le prochain article.

La patience paie

Vos commentaires sur l’article, où je raconte que nous avons décliné une invitation à être filmés pour une émission de divertissement à la TV japonaise, sont unanimes sur le fait que nous avons bien fait et que c’était la bonne décision. Merci.

Dimanche j’ai replanté des arbres dans notre montagne. Trois kakis, et un momiji (érable du Japon). Plus tôt cet hiver j’avais aussi replanté six ginkos.

Ces arbres je les avais plantés temporairement dans notre potager, il y a trois ans; les ginkos et les kakis à partir de graines; et le momiji à partir d’un petit pied que j’avais trouvé au bord d’un chemin. Ils ont bien pris. En trois ans, ils ont gagné en vigueur.

J’ose espérer que ces arbres après s’être bien acclimatés dans notre jardin, pourront se développer dans notre petite montagne.

Difficile de voir le kaki replanté, au milieu de sa cage métallique.
Les ginkos; replantés au niveau de la troisième terrasse.

Comme quoi, la patience paie. Ce sont des dizaines d’arbres que j’ai plantés dans notre montagne. Au début c’était une vraie jungle, encombrée d’arbres (cryptomères) effondrés. Maintenant ça commence à ressembler à quelque chose…

photo de la montagne
photo de la montagne lors de son achat en 2013

Passer à la télé?

II y a cette émission à la télévision japonaise, nani kore chinhyakkei. Souvent très drôle, où l’on présente des personnages loufoques ou des situations étonnantes et qui sortent de l’ordinaire. En voici des extraits …

Vous voyez, c’est assez exceptionnel, le dentiste qui fait de la musique pour ses patients, ou encore le salon de dentiste qui fait aussi karaoké.

Cette émission me fait un peu penser à cette émission belge, strip tease, mais sans le côté glauque et triste, car strip tease se focalise sur des cas très sérieux je dirais … quasiment pathologiques. Strip Tease fait dans pas l’entertainment mais la sociologie…

Une personne de cette émission japonaise nous a appelés cette semaine. En demandant si ils pouvaient faire un sujet sur nous …

Comment ils nous ont trouvé c’est un peu un mystère.

Certes nous constituons peut être un bon sujet pour l’émission: un Français vit à la campagne avec sa famille, dans une maison japonaise traditionnelle, il travaille pour une grosse boite US, à distance; chez lui, son bureau est aménagé dans le jardin et fait à peine un mètre sur trois … il s’habille comme un paysan et roule ses cigarettes… 

C’est sûr que tout ça ça peut faire un sujet… une autre émission d’ailleurs nous avait contacté il y a trois mois déjà.

Nous avons très poliment coupé court à ces demandes. Nous ne souhaitons pas alimenter les machines à entertainment que sont ces émissions en exposant notre vie privée.

Si les émissions avaient été un peu plus sérieuses, comme par exemple un reportage sur le dépeuplement de la campagne japonaise… nous aurions accepté car celà aurait pu être utile au débat …

Mais pour nous il est plus sage de ne pas devenir la chair à canon de la grosse artillerie de l’entertainment!, et de continuer tranquillement notre chemin.

Road Kill (2)

Une belette s’est faite tuer sur la route à 2 km.

Le bel animal gît au milieu de la route. Je vais le chercher pour l’enterrer dans notre montagne.

Ayons considération et respect pour les animaux sauvages qui daignent vivre autour de nous.

C’est la deuxième fois que je fais ça. La première fois c’était aussi une belette. C’était il y a trois ans.

Belette, repose en paix !

Recharger les batteries

Cette semaine au boulot était vraiment chargée, avec 12 à 13 heures par jour. Certes travailler à distance permet de rester chez soi et dispense des transports en commun. On peut bosser librement et se permettre quelques petites fantaisies, en général interdites au salarié de base. Par exemple quand j’ai des réunions avec les collègues en Europe, dans ma fin de journée, je sirote du whisky. Je peux aussi fumer des clopes si le coeur m’en dit. Je crois que je pourrai plus retourner dans un bureau. Mais rester cloitré devant l’ordinateur aussi longtemps, c’est pas une vie. Je me pose la question, combien de temps je vais pouvoir encore tenir comme ça, coincé dans le casse-noisette. Ah si je pouvais monter un petit business dans le village.

Mais avoir des contraintes comme au travail nous fait apprécier d’autant plus les moments de temps libre.

Ce dimanche matin on prend le temps de décompresser. Il faut se recharger les batteries. Nous allons d’abord prendre un petit en-cas dans un café, à vingt minutes de la maison.

Ca me fait penser au bleu blanc rouge ….

Le café y est bon, l’ambiance sympathique.

Il y a un chat qui ronronne sur son coussin. La formule petit déjeuner, c’est un toast beurré, un oeuf dur, quelques feuilles de salade. Un régal.

Tout est très bien arrangé dans ce café. C’est un style canadien ? On se croirait en montagne. Justement il y a des revues sur le camping et je les feuillette avec intérêt. Ça parle de camping car. De petites cabanes. Il y a des insectes aussi.

‘Les insectes qui chantent’
Un homme heureux, avec sa petite cabane!

Commence une discussion avec la dame du café. Des choses et d’autres.

Les belles photos dans les magazines ça fait rêver …. Mais au moment de payer je remarque un casse noisette en forme d’écureuil.

casse-noisette

Après le café le sanctuaire

Nous partons faire quelques emplettes et allons voir en chemin un très beau sanctuaire shintô. La pluie s’est arrêtée. Il y a peu de monde. Dès que l’on entre dans ce grand parc, recouvert d’arbres centenaires, magnifiques, on est ailleurs. Dans le monde du sacré et de la nature. L’architecture traditionnelle est en pleine harmonie avec celle-ci. C’est authentique. Pas de touriste! Tout respire.

Je prends la photo en traversant la route sans m’arrêter et tout devient flou
Tout est calme. Les soucis du travail sont loin!

Les arbres, de doux géants
Une vue panoramique du sanctuaire

Les soucis partent en fumée (tondo)

Le week end de la semaine dernière chaque quartier faisait un tondo, un grand bûcher fait de branches coupées et de bambou. D’un village à l’autre, d’un quartier à l’autre il y a des variations.

Certains villages s’organisent à l’avance et dressent des bûchers tondo magnifiquement arrangées, avec des cordes etc. Certains font un bûcher pour les hommes et un pour les femmes.

Dans notre quartier c’est plus relax, on improvise presque, en montant le bûcher le jour même. On ne fait pas dans la dentelle.

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Et puis une fois tout consumé et transformé en braises, les gens se regroupent et se font des petits barbeculs.

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Tous rassemblés ainsi autour de saucisses et de bouts de viande grillés on passe un moment agréable. Il y a de la bière, du shochu.

La discussion est animée. On parle des derniers événements.

On s’attarde sur l’avenir sombre et incertain, dans ce pays et ces campagnes où les enfants se font de plus en plus rares. C’est la question qui préoccupe tout le monde. Par contre personne n’est en mesure d’expliquer pourquoi le gouvernement et les politiques s’en battent les couilles.

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On me questionne sur les gilets jaunes, et qu’est ce qui se passe avec Carlos Ghosn. On me demande si je connais Carlos, non je connais pas Carlos.

On m’interroge aussi sur la ligne Maginot.

J’explique, puisant dans mes souvenirs de collégien, que les fortifications longeaient essentiellement la frontière allemande car on ne pensait pas que les Allemands oseraient entrer par le côté belge, la Belgique étant alors neutre.

J’ose la comparaison avec les grillages métalliques posés le long du village pour empêcher l’intrusion des chevreuils …. on connaît le résultat …avec les chevreuils qui se baladent dans le village dès que le soleil est tombé.

Une journée agréable et passée en bonne compagnie.

Avoir de bonnes relations avec ses voisins, se savoir entouré de personnes en qui on peut faire confiance, et faire partie d’une communauté solidaire et respectueuse de chacun. C’est si important.

Comme les gilets jaunes ?

Cette année nous avons un stock de bois de palettes, démantelées au pied-de-biche il y a quelques mois. Cela fait un bon bois de chauffage; et je pense aux gilets jaunes qui se rassemblaient autour des rond points, sur internet je les vois se réchauffer autour de foyers improvisés, et alimentés … de bois de palettes.

Ici encore les brouettes tricolores sont en action

Faire feu de tout bois, telle est notre devise. (exception pour les résineux).

Acheter des clémentines et des huîtres

On a un peu de temps cet après midi, après avoir fait un grand nettoyage dans la maison ce matin (une tradition avant le nouvel an), et nous allons faire un tour dans la ville d’Akou à 50km de chez nous. C’est une ville de 50 mille habitants, située le long de la mer intérieure sétonaikai, la méditerranée japonaise …

Nous allons acheter des clémentines chez monsieur Kawabata.

Il faut suivre un route minuscule qui serpente dans la montagne pour arriver à son champ situé sur le flanc orienté plein sud d’une montagne faisant face à la mer. Du sommet de celle ci on peut voir l’île de Shikoku.

Le champ est arrangé en une trentaine de petits paliers, formés avec de très belles pierres. De la bien belle ouvrage. Il nous explique que l’emplacement est idéal pour la culture de clémentines: plein sud, protégé des vents du nord, et proximité de la mer.

Monsieur Kawabata a 88 ans et une pèche du tonnerre. Il ne fume pas, ne boit pas, ne joue pas, il n’a aucun hobby nous dit-il , hormis la culture des mandarines.

Une chose qui le distingue de tous les autres c’est qu’il pratique une agriculture bio. Pas d’engrais chimiques. Pas d’insecticides. Il est le seul producteur bio de la ville nous explique-t-il. J’aurais du lui demander combien de mandariniers il a.

Pour fertiliser son champ il lui faut produire 2 tonnes de EM bokashi chaque année en faisant fermenter du komenuka (son de riz), des débris de coquillages etc…. Ce qui représente un travail considérable mais donne un produit largement supérieur.

Le camion keitora de Mr K
Tri des clémentines en S et en L
Le champ est à flanc de montagne. De la belle ouvrage.
Les arbres sont chargés de fruits. Réussite de l’agriculture bio.
Vue vers la ville d’Akou et, plus loin, la mer intérieure (sétonaikai)
Clémentines
Mister Kawabata

Les clémentines embarquées nous descendons vers la mer. La route est sinueuse, le long de la côte montagneuse. Il y a peu de place et les villages de pécheurs sont très denses. Il y a des producteurs qui vendent des huîtres.

Nous nous y arrêtons. Autrefois, mon grand père Jean était ostréiculteur, à l’île d’Oléron. Trouver des huîtres fraîches et de qualité et ça fait une bouffée de souvenirs. La vendeuse d’huîtres est charmante, on la prendrait pour une sirène. Il fait déjà nuit, trop tard pour la prendre en photo. Elle me dit ha mais pour les huîtres fraîches il faudra les ouvrir vous même. Les gens ici ne sont pas habitués à ouvrir les huîtres. La belle sirène ignore qu’elle a affaire avec un descendant d’ostréiculteur, et qu’ouvrir les huîtres fait partie de mon patrimoine génétique.

Pour ouvrir les huîtres j’utilise le couteau que l’établissement ostréicole familial offrait à ses clients. Le couteau date, le numéro de tél inscrit sur le manche n’a que deux chiffres. Le château d’oléron T. 10

A ouvrir les huîtres avec ce vieux couteau, je me dis que je répète ainsi les gestes de mon grand-père et de mon père. Enfant, je les observais debout dans la cuisine de la maison d’Oléron, penchés sur l’évier, et affairés à ouvrir les huîtres.

Un balcon en forêt, premiers pas

L’emplacement choisi, il faut dégager le passage. Je coupe les troncs à 1.8 mètres, ce qui correspond à la longueur du guide pour la tronçonneuse (haddon) et la dimension du balcon en forêt.

dégager l’espace voila quelque chose qui est tout de suite gratifiant

La pose des quatre piliers se fait assez rapidement. Je les pose sur les quatre parpaings des fondations. J’ai percé les parpaings et les piliers. Dans chaque parpaing je place une barre métallique, qui vers le bas fixe le tout dans le sol, et vers le haut s’enfonce dans le pilier. S’assurer que les piliers ont les bonnes longueurs prend un peu de temps.

Ce système avec les parpaings et les barres de fer suffit à fixer le tout, même s’il a beaucoup de jeu. Je n’ai pas vraiment l’option de couler du béton ou d’amener de grosses pierres, donc je fais dans le light ..

Ah oui pour virer les insectes du bois, penser à retirer l’écorce …

Puis entre en scène la tronçonneuse pour découper deux poutres. Qui viendront se poser sur chaque paire de piliers.

l’extension haddon qui se fixe à la barre de la tronço permet de guider celle-ci selon une ligne droite déterminée par un planche ‘guide’.
Voila la première poutre. Le plus important, ne pas se blesser.

Je fixe les poutres aux piliers avec de grosses vis de 24cm.

Ha! Pour mon grand plaisir mon épouse et Minou viennent faire un tour dans la forêt et visitent le chantier. Mon épouse en profite pour ramasser des feuilles de cryptomère. Il n’y a rien de mieux pour allumer le feu dans le poêle à bois le matin!