Catégorie: bricolage

Ce que je fais tous les jours

Version Japonaise ici, Anglaise ici.

Cette semaine, c’est la Golden Week au Japon : un petit cluster de jours fériés qui forme un beau moment dans l’année, à la meilleure saison pour profiter de quelques vacances. Avant, dès février, j’attendais son arrivée pour souffler un peu.

C’était pourtant la période où, au travail, nous devions boucler les budgets annuels — l’année fiscale de la boîte commençant le premier juillet.

En réalité, toute ma vie finissait par suivre le rythme financier de l’entreprise : budgets, prévisions trimestrielles, début de la nouvelle année fiscale… Et même pendant la Golden Week — mes collègues aux États‑Unis n’en avaient rien à fiche, de la GW ! — je devais souvent travailler un peu. Ce rythme financier, je l’aimais et je le détestais à la fois : parce que ça ne s’arrête jamais, parce que ça continuera pareil dans cinquante ans, et aussi parce que, comme c’était mon job, cela me donnait une certaine justification et une sécurité d’emploi.


Mais pour moi, c’est fini. J’ai quitté mon job en octobre, et désormais chaque jour ressemble à des vacances — dans le sens où 90 % de ce que je fais, ce sont des choses que j’ai envie de faire. Avant, c’était plutôt 10 %. Je n’ai plus qu’une seule réunion par semaine — au lieu d’une cinquantaine — celle du lundi matin avec mon ami Saki‑chan et son chien, dans son atelier, de 7 à 8 heures… et plus si affinités.
J’ai aussi une présentation mensuelle à préparer pour notre talk‑show avec monsieur Iwata sur la littérature classique japonaise, consacré aux Heures oisives de Yoshida Kenkō. D’ailleurs, demain aura lieu notre neuvième édition, avec deux chapitres qui traitent justement du pognon : les chapitres 140 et 217.

Cela dit, je suis très occupé. Je suis presque plus occupé maintenant que lorsque je travaillais à Microsoft. Incroyable.

Mon emploi du temps dépend de la météo et des saisons. J’essaie de donner la priorité au jardin : ce qu’il faut planter, arranger, récolter, cuisiner, manger. Le jardin et les légumes n’attendent pas ; ils vivent à leur rythme, et c’est à moi de les suivre.

Semis de KROTs and TOMTs … départ tardif mais prometteur

Autre priorité : le bois. Pour stocker un énorme arrivage de bois de chauffe, j’ai dû construire un nouvel abri, puis couper, fendre et ranger le bois. Voilà une activité qui ne peut pas attendre non plus : il n’est pas souhaitable de laisser le bois longtemps sous la pluie-en Juin viendra la saison des pluies-, et en plus ça prend toute la place.

C’est quand que tu vas ranger tout ça ? – dis Minou le chat

En m’occupant de tout cela ces deux dernières semaines, je me suis demandé comment j’arrivais à faire tout ça tout en travaillant à Microsoft, en y consacrant tant d’heures et d’énergie. Certes, je pouvais faire un petit tour de dix minutes au potager ou aller fendre du bois entre deux réunions. Combien de fois, d’ailleurs, chargé de stress, me suis‑je défoulé avec la hache en imaginant voir, dans les bûches à fendre, les têtes de quelques collègues antipathiques…

Nouvel abris bois, presque plein

Mais au‑delà du jardin et du bois, j’ai désormais tout le temps pour travailler sur mes projets — notamment de dessin. J’essaie de commencer tôt, vers 6 heures du matin. Les meilleurs jours à six heures je me tourne vers mon cahier ou je prends des notes, je fais le point sur mes projets et ce que j’ai en tête, C’est peut être la meilleure façon de commencer la journée. Une meilleure solution sans doute serait de prendre ces notes le soir avant de se coucher. J’essaierai ce soir !

En cette saison, le soleil se hisse de derrière les montagnes vers 10 heures ; à ce moment‑là, je sors voir ce qui se passe. Mais en gros, de 6 heures à midi, je suis sur mes dessins.

Cela ne veut pas dire que je dessine tout ce temps. Il y a beaucoup de réflexion, de flottements : trouver des idées qui me plaisent, des idées un peu farfelues, étonnantes mais avec des sens multiples, chercher la composition, la posture des personnages, l’angle de vue, comment structurer une image. Le temps passé à réellement dessiner est en réalité une petite fraction. J’essaie aussi souvent de nouvelles techniques, et des fonctionnalités du logiciel de dessin clip studio paint … donc beaucoup de temps de recherche et d’apprentissage.


Je travaille sur trois projets :

— La préparation de nos talk‑shows mensuels : deux chapitres chaque mois des Heures oisives de Kenkō. Sélection, lecture, interprétation, puis dessin humoristique pour illustrer le propos.

— Une nouvelle bande dessinée — en réalité plutôt un livre pour enfants — qui présente les Heures oisives sous un nouvel angle. J’y sélectionne des chapitres abordés lors du talk‑show et je réalise de nouveaux dessins. C’est mon gros projet, celui qui me prend le plus de temps.

Et quelques commandes d’illustration : les dessins de la ville de Tatsuno, un dessin retraçant l’histoire d’une famille des Ardennes au début du XXᵉ siècle, un poster pour un concert de biwa, un pamphlet pour une société d’élagage, etc.

C’est très variable, mais j’essaie de bouger l’après‑midi. Si le temps est trop mauvais, je monte sur mon rameur.

On n’a pas fini tous les poireaux l’hiver

En fin d’après‑midi, je retourne au bureau et je continue. Parfois, lorsque je bute sur une idée, c’est vraiment difficile. Dans ce cas, je passe à autre chose pour laisser mijoter un peu, que les synapses se délient et fassent de la place à de nouvelles connexions.

Je ne m’étends pas dessus ici, mais les moments avec mon épouse — l’apéro avec les chats dans le jardin, les dîners — sont bien sûr si précieux …

C’est franchement une vie de rêve, ma vie de rêve. J’en apprécie chaque minute. Je m’en remercie !!

Le paradis sur terre

Dimanche (avant‑hier), il y avait un marché organisé par le temple d’un village à 10 km d’ici. J’y ai déployé mon stand et proposé mes productions aux visiteurs : bandes dessinées, serviettes tenugui, et Le cahier de la vie comme un dessert.

J’avais participé au même marché l’année dernière, en mars, mais il pleuvait alors et nous n’avions pas encore l’explosion de couleurs et de lumières du printemps.

Le temple n’est pas particulièrement grand. Il est situé au centre d’un petit hameau resserré sur lui‑même, où serpentent des ruelles étroites… Les voitures ne peuvent pas s’y croiser, ce qui témoigne d’une époque où il n’y avait pas de bagnoles, mais des mules… non, plutôt des vaches.

Le tout se trouve au milieu d’une plaine assez large, dont les rizières ont pu assurer, ces derniers siècles, une prospérité sans doute inconnue à mon village : ici, la vallée est étroite, les montagnes plus présentes, et l’espace pour les cultures bien plus limité.

À peine 10 km nous séparent, mais la géographie de ce hameau est très différente de la nôtre.

À côté de l’entrée du temple, une petite mare où grenouilles et autres petits êtres doivent vivre en toute sécurité. C’est peut‑être une réserve d’eau en cas d’incendie.

Près de la porte principale, une porte secondaire donne accès à une petite bâtisse ouverte tous les jours aux enfants du village. Je vois d’ailleurs quatre vélos arrêtés devant ; à l’intérieur, des enfants sont assis confortablement, sans doute en train de faire leurs devoirs ou des révisions.

Depuis cette bâtisse, on rejoint le temple proprement dit en se laissant guider par un petit chemin de pierres. Il faut dire que tout est fleuri : fleurs, arbustes, arbres… et leur emplacement n’est pas fortuit. Ensemble, ils participent à cette atmosphère de paix et de sérénité qui imprègne tout l’endroit.

L’espace s’ouvre et se dégage devant le temple. Au milieu, un ancien puits. Si l’on y prête l’oreille, on peut entendre une grenouille. Ce puis est superbe et un cerisier lui tient compagnie.

J’installe mon stand juste sous la statue de Shinran, fondateur au XIIIᵉ siècle de l’école bouddhique japonaise Jōdo‑Shinshū.

La journée commence, avec plusieurs centaines de visiteurs. Et tout le monde a l’air si heureux.

C’est incroyable. Il y a des groupes de musiciens. Des enfants font le tour des stands à l’infini.
Nous devons être une vingtaine d’exposants. Plusieurs vendent des livres d’occasion ; il y a un stand de thé taïwanais, un stand de desserts vietnamiens, un stand de café, d’onigiris, de barbe à papa… Un stand d’arrangements floraux, un autre avec de jolis pots de fleurs faits maison.

Un ami que je n’avais pas vu depuis plusieurs années me suit sur Instagram et est venu me rendre visite avec son jeune fils. Ça m’a fait très plaisir. On a pu bien discuter… Qu’est‑ce que c’est sympathique. Au même moment, trois jeunes femmes arrivent et posent des questions sur mes BD. Je leur présente Retour sur Terre, et justement cet ami leur dit : « Vous voyez là, le dessin de ce monsieur qui fait pipi debout dans une baignoire dans la forêt ? C’EST MON PAPA ! »

Et oui, c’est vrai ! Qu’est‑ce que j’ai ri ! « Et regardez ici aussi, ce monsieur qui apporte un chaton à Wakame Tamago… c’est mon frangin ! » Et oui, c’est vrai aussi !

Pour moi, c’est aussi l’occasion de “tester” mon offre, assez variée : les serviettes tenugui, mes BD, mon dernier cahier La vie comme un dessert.

Je suis conscient des limites de mon business model : le cycle de production de mes BD est très lent. Même si j’ai quitté mon job et que je dessine désormais tous les jours, il me faudra au moins un an pour produire un nouveau livre (contre trois à cinq ans auparavant). À cela s’ajoute qu’avec les BD, on ne peut pas avoir de repeater : une fois qu’une personne a acheté et lu une BD, elle ne va pas racheter la même. Grosse différence avec, par exemple, les desserts vietnamiens… si bons qu’on pourrait vouloir s’en offrir un tous les jours.

Cela dit, je ne fais pas tout cela pour l’argent. Idéalement, la vente de mes produits permettrait simplement de générer assez de cash pour réinvestir : produire un nouveau design de serviette tenugui, par exemple. En même temps, je veux éviter de crouler sous les stocks d’invendus.

Aller dans ces marchés, c’est surtout l’occasion de rencontrer des gens et de faire connaissance. Et vraiment, tout le monde est si gentil, aimable, curieux, amusant… C’est un vrai plaisir.

À un moment, un oiseau est venu voler juste à côté de moi et je me suis dit : ce temple, c’est un vrai paradis.

Pouvoir créer un tel lieu où les gens se rassemblent et passent des moments agréables, le cœur léger, sans tomber dans la moindre vulgarité… voilà un summum de la civilisation.

Tara No Me (pousses d’angélique du Japon) et autres choses

Lundi matin, comme presque toutes les semaines depuis plus de dix ans, je suis allé retrouver Saki‑chan dans son atelier pour prendre un café et faire le point.
On fait notre meeting de 7 à 8 heures du matin.

Quelle excellente habitude.

Les montagnes déploient devant nous leurs palettes de couleurs. Il reste encore quelques cerisiers en fleur, mais déjà on admire des explosions de vert : les jeunes feuillages commencent à se montrer, avec leur vert très frais.

Cette saison du printemps nous offre une multitude de cadeaux, et pas seulement visuels, mais aussi gustatifs.
Justement, Saki‑chan me propose d’aller chercher des tara no me タラの芽 ou des pousses d’angélique du Japon.
J’acquiesce immédiatement.

Saki‑chan remarque : « Oh, tu es vraiment libre maintenant. »
C’est sûr que lorsque je travaillais encore, je devais d’abord vérifier que je n’avais pas de réunion ou quelque chose d’urgent à faire… mais maintenant je suis libre.

La récolte prend une heure et demie.
Nous montons en montagne : il y a un endroit dégagé où poussent une dizaine de tara. Les arbres étendent leurs branches jusqu’à quatre ou cinq mètres ; on utilise des perches télescopiques équipées d’un sécateur au bout.

Au retour, je découvre dans ma botte une énorme sangsue qui se régale de mon sang. Sucer le sang d’un étranger ne semble pas l’incommoder. Je veux éviter de l’arracher, car elle pourrait laisser des crocs dans la plaie… En général, je mets du sel sur les sangsues : elles se détachent tout de suite. Mais il n’y en a pas dans l’atelier où nous sommes de retour.
J’essaie de la brûler avec un briquet. Je me rappelle avoir lu quelque part que les soldats au Vietnam fumaient sans cesse pour se débarrasser des sangsues…

Saki‑chan apporte du mokusaku‑eki (acide pyroligneux, produit de sa fabrication de charbon de bois), et cela fait enfin lâcher la sangsue.

Tout en essayant de la faire partir, on discute des nouvelles, notamment des événements en Iran : encore une chose dont on se serait bien passé. Je n’explique pas à Saki‑chan que l’ayatollah Khomeini fut en exil en France et qu’il gagna l’Iran dans un avion Air France — merci à la France d’avoir protégé cette énorme sangsue… Il aurait été plus avisé de la dégager.

De retour à la maison, je finis de travailler sur un nouvel abri pour le bois.

En général ici on prépare les tara no me en tempura.
De mon côté j’aime bien les passer à la poêle, avec du beurre.
Ce soir j’en fais une tortilla avec trois champignons shiitakés récoltés dans le jardin.

Encore une journée formidable… avec tellement de choses à faire dehors que je n’ai pas pu dessiner.
Mon nouveau projet de BD qui traite de Tsureduregusa -Les Heures Oisives, par Urabe Kenko- pourtant avance pas mal avec de gros progrès depuis Janvier….

Tom Sachs, faire un furoshiki

Tom Sachs

Les magies de l’algorithme de YouTube faisant bien les choses, je suis récemment retombé sur des vidéos de Tom Sachs, ce créateur‑bricoleur basé à New York.
Créateur‑bricoleur, car ses œuvres ressemblent davantage à du bricolage qu’à des sculptures à proprement parler.

Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est qu’il a bâti tout un processus, une esthétique, un culte autour de l’acte du bricolage : une élévation du bricolage jusque dans un espace sacré… presque comme une discipline spirituelle.
Pensez, par exemple, à son atelier qu’il a organisé et codifié avec des rituels. C’est assez incroyable.

En fait, Tom Sachs déconstruit la création en un concept terre‑à‑terre comme celui du bricolage, pour ensuite l’élever sur un piédestal et le célébrer comme un acte sacré.

Ses réflexions sur le consumérisme, les marques, ses partenariats avec Nike par contre, ne m’intéressent absolument pas ; mais oui, il faut avoir le sens des affaires.

Pour ma part, je réutilise — je remastique — cette idée, notamment celle d’être pleinement dans le moment grâce au bricolage.

Dans un de ses récents posts Instagram, il parlait du furoshiki.

Furoshiki

Le furoshiki, c’est une ancienne technique japonaise traditionnelle de pliage et de nouage d’un carré de tissu, utilisée pour emballer, transporter et offrir des objets ou des cadeaux.

À noter d’ailleurs que Sachs a aussi travaillé sur la cérémonie du thé.

Pourrais‑je utiliser un furoshiki pour emballer et transporter mes courses, mes pots de yaourt, mes poches de saucisses ? Peut‑être pourrais‑je ainsi me passer de ces affreux sacs plastiques.

Et surtout, apprendre et répéter moi‑même des gestes que les Japonais ont accomplis pendant des siècles, ça, c’est très intéressant…

Faire les gestes d’autrefois.

Par exemple, fendre du bois avec une hache est une expérience très différente que de le fendre avec une machine.

Idem pour faire un feu : c’est une expérience à part. On sent que quelque chose se reconnecte… par contre … allumer la gazinière … allumer la télé …

Oui, il y a une reconnexion qui s’opère quelque part lorsque l’on refait les gestes d’autrefois.

Donc, pourquoi pas utiliser un furoshiki ?

Bricolage ! Avec mes serviettes ténuguis

Mais plutôt que d’en acheter un, autant en fabriquer un.

Il faut un tissu carré : 90 cm sur 90 cm paraît raisonnable. Les plus grands front 130 sur 130.

Or, j’ai fait des serviettes ténugui, de fines serviettes en coton, elles mesurent 34 × 90 cm.

J’ai deux designs : un design Wakame Tamago avec une algue et des œufs durs ; un autre inspiré des légumes du jardin et des petites bébêtes qu’on y trouve.

J’ai encore du stock, une cinquantaine de chaque. Je les vends en ligne et aussi sur les marchés ou pendant mes expos.
Mon but ici, une fois les stocks épuisés, est d’avoir un prétexte pour travailler sur un nouveau design.

Ces ténugui, je les utilise tous les jours : en hiver comme écharpe légère, en été pour me protéger la tête du soleil et m’essuyer avec la chaleur humide.

Pourquoi alors ne pas utiliser trois vieux ténugui et les coudre ensemble pour former un carré de 90 × 90 ?

Voyez comme tout cela s’enchaîne comme par magie (comme l algorithme de youtube d ailleurs) … Je voulais aussi apprendre à me servir de la machine à coudre…

Avec ce projet utile, je peux en apprendre les bases.

Pour y voir clair, je mets la machine à coudre dans le jardin un jour de soleil, et hop, c’est parti…

Quand on fait les choses soi même on accepte les défauts … d ailleurs pourquoi pas des courbes plutôt que des lignes droites …

reste à apprendre les différentes utilisations et techniques pour bien utiliser mon furoshiki ….

Le noyer et le chat

Il y a dix ans j’avais planté un noyer dans le jardin. Placé à quelques mètres de la rivière il avait très bien poussé. Seulement une fois cependant, il avait donné des noix, j’en avais fait un article.

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Mais à la fin de l’été dernier il a tout d’un coup perdu toutes ses feuilles, et ce printemps on a eu beau attendre en espérant: rien. pas de bourgeon, pas de feuille…. rien du tout.

Je l’ai coupé.

J’ai remarqué après l’avoir découpé un petit trou dans le tronc; très certainement l’œuvre d’un capricorne… Voila la raison de la mort soudaine du noyer.

D’ailleurs il y a un coquin qui se balade la ….

Le donner à manger à notre poêle à bois calcifier ça aurait été un peu trop triste, alors pour garder un contact avec le noyer j’en fait une paire de baguettes (des grandes baguettes, pour cuisiner) et une spatule.

Je passe ainsi trois bonnes heures silencieuses avec le noyer, dont le bois continuera à nous tenir compagnie….


La saison des pluies est officiellement terminée et il a commencé à faire chaud. Notre chatte Minou n’est pas rentrée à la maison pendant trois jours et nous nous sommes inquiétés.

Elle est rentrée; très frêle, très fragile. Elle a dû se déshydrater, perdant un quart de son poids !

Où a-t-elle passé ces trois jours. Était-elle bloquée quelque part, pas exemple dans la grange d’un voisin, on ne le saura jamais car elle nous ne le dira pas !

Mais quel soulagement de la savoir de retour…


Minou elle est très sauvage mais on voit qu’elle comprend et anticipe nos pensées … et moi aussi je comprends ce qu’elle veut … peut-être est-elle la réincarnation d’une princesse, une aristocrate… Notre autre chatte Scotch elle est très différente, c’est plutôt comme si elle était une extra-terrestre, et venait directement de l’espace.

Préparations pour le marché, le 16 mars

Le 16 Mars le dimanche dans un temple bouddhiste pas loin d’ici, au nord de Himeji, dans la bourgade de Hayashida, il y aura un petit marché (est-ce-que le mot marché s’applique vraiment dans ce cas) avec des libraires indépendants et des collectionneurs de livres.

https://maps.app.goo.gl/bTiAhuq5wJa5pdvd6

Je participerai à l’événement. Pour faire un petit stand -je n’aurai pas besoin d’une grande table; car j’ai seulement trois bande dessinées à mon compteur-, j’ai transformé l’engin à quatre roues de brouettes que j’avais fait il y a quelques année, pour transporter de grosses pierres.

C’est en effet l’occasion de faire un truc original et amusant.

Depuis j’y ai ajouté une sorte de grande cage en bois afin de transporter du bois (pas de photo de cette version), mais l’idée en gros c’est d’en faire un petit stand mobile, sur roues. Le dessus servira de table pour exposer mes trois bandes dessinées, et sous la table je garderai une boite en carton pour le stock de BD, une gourde de thé et un tabouret.

Voila ce que ça donne….

Au dessus de chaque BD je mets un message explicatif:

Bon … Il y a encore quelques petites choses à régler mais il ne reste que deux semaines …..

Curieux de voir ce que ça va donner

Hier samedi le soleil et le temps doux évoquaient le printemps.

Très agréable.

Propice pour faire quelques projets. Remplacer la roue d’une brouette. Refaire le grillage autour d’un prunier planté l’année dernière pour mieux le protéger des chevreuils. Nettoyer le potager.

Et puis, aller installer une grande bassine dans ma montagne (ici au village on dit yama mais je pense que ‘dans mon bois’ ou ‘dans ma forêt’ est sans doute plus approprié).

Je choisis un emplacement dégagé et lumineux. Je bloque la bassine avec des troncs d’arbres et y pose au fond quelques pierres.

Les prochaines pluies viendront emplir la bassine qui deviendra un point d’eau pour les animaux. Le fait est tout le terrain étant pentu, il n’y a quasiment pas de point d’eau. Je me demande comment ils font!

Je suis très curieux d’observer d’ici quelques semaines comment la bassine va s’emplir et si il y aura des changements notables. Je pourrai installer un camera pour filmer les visiteurs de la nouvelle oasis.

En espérant que les sangliers ne foutent pas tout en l’air. Ce sont des coquins ….

Déblocages: Dernière page de la bande dessinée

{Article en Japonais}

Ici un déblocage énorme, j’ai fini la dernière page de ma nouvelle bande dessinée!!

J’ai refait cette page au moins trois fois depuis septembre, mais là, je crois que c’est final !!

Ici un des sketchs pour cette dernière page … on nous voit tous les cinq, mon épouse, moi, le chevreuil, le sanglier et le hibou ….

Je vais faire une dernière relecture ce week end, pour ensuite préparer les fichiers que j’enverrai à l’imprimeur, si tout va bien, lundi.

Cette « phase finale de la BD » prend beaucoup de temps: trois mois de relectures, corrections, additions. C’est normal, si l’on veut produire quelque chose de correct, il faut passer par là et ne pas négliger cette étape super importante …

Sans l’aide de mon épouse je n’y serais pas arrivé, c’est si stressant que j’aurais eu le réflexe de, plutôt que de relire et de revérifier, …. d’appuyer sur l’accélérateur, comme un dingue, et de tout boucler, illico presto.

Mon épouse est vraiment mon 編集者, rédactrice … tout seul je n’y arriverais pas. C’est elle qui m’a fait refaire la dernière page plusieurs fois et m’a donné l’idée du dialogue final …

La dernière page est tellement importante, je me dis, ce serait peut être plus facile de commencer par dessiner la dernière page ? Cependant on fait tant de découvertes pendant l’élaboration de l’œuvre …. mais …. c’est une bonne question.


Mieux vaut tard que jamais: j’ai upgradé mon espace de travail pour la BD en y installant une nouvelle table de travail.

J’avais cette grande planche qui depuis un an n’attendait qu’à se rendre utile.

Jusqu’à maintenant soit je faisais mes BDs le soir dans la cuisine à la maison, soit dans mon bureau mais sur une table très basse. Maintenant, c’est beaucoup mieux, c’est pro….

2024

Nous vous présentons tous nos meilleurs vœux de santé et de bien être pour cette année nouvelle.

Bonne année !!

新年に向けて、皆様の健康と幸せを心からお祈り申し上げます。

あけましておめでとうございます!!

Du Japon, nous aimons aussi les décorations traditionnelles du nouvel an.

Comme ici, avec des feuilles diverses trouvées dans notre jardin.

日本の新年の伝統的な飾りも大好きです。

こちらは、私たちの庭で見つけた様々な葉で作ったものです。

Tranches de vie & bricolage

Hier vendredi j’avais laissé quelques petits trucs en plan au boulot et donc j’ai mis mon réveil assez tôt 430 AM ce samedi matin pour boucler ces petites choses tôt et pour ne pas avoir à les faire lundi !

Après, vers sept heures il fait déjà beau mais encore frais je vais dans le jardin que des courges, poussées inopinément cette année (sans doute des graines jetées l’année dernière) envahissent de façon décidée.

Des courges, j’en récolte sept, et des belles. J’en donnerai aux voisins.

Et vers neuf heures je vais voir Saki chan mon acolite. Il est dans son atelier.

On se prend un café. J’ai apporté deux petits cigares de Cuba que nous dégustons tranquillement. On discute. Et tiens, dans la conversation vient une idée pour un dessin futur… A tester … ca peut être pas mal !

On s’apprête à récolter des patates douces. Malheureusement nous faisons une bien piètre récolte. L’été nous n’y avons pas du tout touché, et le rang de patates douces était dans une véritable jungle …. C’est peut être la raison. Il y a eu aussi très peu de pluies.

Je suis un peu déçu Mais bon: c’est comme ça et, bien sûr que c’est un peu ma faute, j’aurais dû mieux m’en occuper.

Il n’y a pas de magie….

Arrivent deux voisins qui eux viennent récolter le riz, leur rizière est juste à côté.

S’ensuit une discussion animée sur la canicule que nous avons eu cet été ! L’un des deux est forestier et l’autre (plus âgé, 72 ans je crois) travaille dans la construction. Et bien sûr la canicule ils ont eu l’occasion de la goûter, sur leurs chantiers !

Je me dis quelle chance de pouvoir faire partie de ce groupe et de cette conversation.

Saki chan m’offre un sac de châtaignes qu’il a récoltées.

Un peu plus tard je rentre à la maison et après une courte hésitation j’essaie de remettre en état la vieille porte coulissante de la grange où je veux faire ma galerie d’art « open garage« .

C’est, en effet, une horreur. Mais l’affaire est finalement moins compliquée que je pensais.

D’abord retirer ces affreuses vitres translucides.

Je commence par faire une nouvelle poignée avec un bois de chevreuil. Ajouter de la fantaisie quand c’est possible.

Puis remplacer les vitres par du plexigas.

Tout en faisant cela je prépare le dîner, je fais mijoter tranquillement des sardines avec du gingembre et des uméboshis. (pour 15 sardines de taille moyenne, 6 uméboshis, une grosse boule de gingembre, 3 CS de sucre, 6 CS de sauce de soja, 3 CS de mirin -vinaigre de riz-, 3 CS de saké). C’est un plat simple et très économique.

La porte a trois rangées de vitres mais je n’en remplace que deux avec du pléxi, la rangée la plus basse, je mets du contreplaqué. Comme ça la lumière arrivera juste à la hauteur du comptoir …

Voila ça prend forme …

Ensuite de retour à la maison pourquoi pas faire cuire du riz avec des châtaignes, on dit takikomigohan.

Ici encore c’est très simple; éplucher les châtaignes et les déposer sur le riz dans le rice cooker, et mettre en route ce dernier.

Et le dîner est génial car nous y avons tant de produits du jardin, ou du village.

les concombres du jardin à goûter avec du yuzu miso, mélangé à une vieille confiture de coings, coings trouvés en montagne l’année dernière.

Une petite courge du jardin passée à la poêle.

Le riz, récolté la semaine dernière par monsieur T qui a cuit mélangé avec les châtaignes de Saki chan.

Mes petites sardines qui ont mijoté avec le gingembre récolté l’année dernière, et les uméboshis faites il y a deux ans.

Et puis quoi d’autre ah oui, dans la salade j’ai ajouté des figues du jardin.

Quelle joie de pouvoir profiter de la générosité des amis, et du potager …