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Endo Michiro

Comme chaque mois le prêtre bouddhiste du village m’envoie un message sur LINE avec le mot du mois.

Donc le mot du mois c’est

JUST LIKE A BOY 少年のように街に出よう

Just like a boy, sortons en ville comme un jeune garçon

Ben attends je lui réponds, c’est le titre d’une chanson de Michiro Endo;

Exact répond-il de suite, Michiro est décédé le mois dernier.

Michiro Endo est un grand artiste, une figure du rock punk japonais. Et en 2013 il avait fait un concert, dans le temple du village.

C’était un moment fort et une grande découverte. Son concert dans le temple du village nous avait énormement impressionné.

Sur scène, il donnait tout.

Endo Michiro, lors du concert dans le village, en 2013.

Ooya, un village sauvé par l’art ? (2)

(Suite de l’article précédent)

Les surprises continuent. Une NPO ‘Ooya village d’art’ s’est installée dans une école primaire désaffectée.

Le bâtiment est ancien, tout en bois et ne devait plus répondre aux normes de constructions modernes. Une nouvelle école a été construite ailleurs dans le village.

L’ancien gymnase de l’ancienne école est désormais aménagé en galerie d’art. Belle initiative. D’autres l’auraient simplement rasé, ou laissé pourrir sous le soleil.

expo de sculptures sur bois à Ooya

expo de sculptures sur bois à Ooya

expo de sculptures sur bois à Ooya

expo de sculptures sur bois à Ooya

 

Le volume et la luminosité du lieu servent admirablement les oeuvres exposées. Tout est très bien fait et visiblement l’expo ainsi que la NPO reçoivent le soutien de professionnels. On ne trouverait pas mieux à Tokyo.

Après le gymnase nous passons à l’école.

l'école transformée

l’école transformée

 

les photos des élèves de l'école

les photos des élèves de l’école

l'ancienne école

l’ancienne école

 

 

Dans l’école divers ateliers sont aménagés dans les anciennes salles de cours.

L’ancien bureau du directeur de l’école, les deux sièges en cuir sont encore là, a été transformé en mangathèque.

ancien bureau du directeur, changé en mangathèque

ancien bureau du directeur, changé en mangathèque

Une autre salle regorge des anciens instruments de musique de l’école. tambours, xylophones, orgues.

Plus loin une ancienne salle de cours est dédiée à l’apprentissage de la sculpture sur bois, où un superbe tanuki sculpté nous acceuille.

 

salle de cours, sculpture bois

salle de cours, sculpture bois

sculpture bois (tanuki)

sculpture bois (tanuki)

Une autre salle est dédiée à la céramique, une autre la teinture, calligraphie, et encore la fabrication de vêtements.

Les portraits de Beethoven et Bach sont encore là.

 

 

bach et beethoven dans l'école

bach et beethoven dans l’école

 

 

 

L’école peut être un lieu de contrainte, où tout: les horaires, les sujets, les méthodes est imposé de force à l’élève. Mais retirez en les profs et les programmes et l’école peut devenir un lieu de liberté; d’expérimentation et de plaisir.

Quel est le lien entre le village d’Ooya et la sculpture sur bois ? Il y a 20 ans un habitant du village s’est lancé dans la sculpture. C’est ce qui aurait déclenché tout celà.

D’ailleurs nous rencontrons par hasard l’artiste en question. Monsieur Kazuki Matsuda. Il est en train de peindre une sculpture monumentale.

 

Monsieur Kazuki Matsuda

Monsieur Kazuki Matsuda

Gràce à la présence d’artistes et les initiatives qui se sont construites autour de leur travail nous avons passé quelques heures excellentes. Mais aussi nous avons le sentiment que le village d’Ooya est animé par une puissance rare. Cette puissance qui émane des sculptures et de la créativité. C’est comme un rayon de lumière.

 

Le site web de la NPO BIG LABO http://biglabo.info

Rock Punk, la liberté

Au Japon il n’y a pas forcément les cloisonements et les blocages auquels nous avons souvent été habitués. On ne craint pas le mélange des styles, ni le ‘mauvais goût’ qui peut en résulter.

Les interdits rapport à la religion sont également beaucoup plus lâches. En gros; dès lors qu’on ne met pas la cohésion de la société en question, rien n’est interdit.

Il en résulte une certaine liberté que je n’avais jamais goûtée jusqu’alors.

La liberté, nous l’avons vue à l’oeuvre  dimanche soir au temple de notre village.

En effet. A l’invitation du temple bouddhiste du village; Endou Michirou est venu se produire en concert. Le concert a eu lieu dans le temple. Michirou; harmonica, guitare, et sa voix a tout donné. Ses belles chansons puissantes; sur la révolte; le sexe; la liberté et la souffrance.

Un spectacle magnifique qui s’est déroulé juste devant l’autel bouddhique. C’était assez surréel de voir ce contraste entre Bouddha qui appelle au détachement et Michiro Endou qui chante … celà nous a beaucoup dit sur l’ouverture d’esprit du prêtre notre ami et du village tout entier.

Amusant de voir aussi la foule héteroclite de 50 personnes dans le temple; avec les fans de toujours de Michirou qui ont fait le déplacement de 600 kilomètres pour le voir, et les habitants du village; venus de leurs potagers et de leurs montagnes.

Endou Michirou fut dans les années 80 une figure du rock punk au Japon. Il a formé un groupe, THE STALIN. Dissous depuis. C’est un peu le Iggy Pop du Japon. Son visage porte les marques de la drogue et des abus en tous genres, mais à 62 ans il a une pèche d’enfer et ses chansons respirent l’envie de liberté et la colère contre l’injustice et la bétise.

Voici une sélection de ses chansons sur Youtube.

Just Like a boy https://www.youtube.com/watch?v=r-aJenF-C-g

Le Blues de la Centrale nucléaire https://www.youtube.com/watch?v=fMEEjEKPU90

https://www.youtube.com/watch?v=r3OMoHX7qzA&list=RD228tBtgZK0rs0

La porte du paradis sur l’air de stairways to heaven https://www.youtube.com/watch?v=xaoYlxBG55M

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