Catégorie: photos

En bonne compagnie

C’était un week end récent, on a passé beaucoup de temps avec les gens du village et c’était formidable.

Samedi le matin rendez vous au fond de la vallée dans un petit hameau, où ne vivent plus qu’une dizaine de personnes …

Un temps magnifique

Il s’agit de la préparation d’une future fête aux flambeaux. Ça a lieu chaque année, en juillet. et ce samedi on se retrouve pour préparer les flambeaux.

D’ailleurs à écrire cet article je me rends compte que le mois dernier on s’était retrouvés pour aller en montagne chercher des troncs de pin.

On commence par affûter les haches courtes; ‘yoki’.

J’observe ces gestes avec beaucoup d’attention. Des pierres à affûter il y en avait ainsi dans chaque hameau.

D’autres s’affairent autour d’un fendeur de bûches.

Le fendeur de bûches en action

Il faut emplir les flambeaux de faisceaux de bois (du pin car celà brûle très bien).

Monsieur A est peut-être dans le club des nonagénaires.

D’autres fendent du bois.

Un bon coup de hache !

Les habitants de ce hameau sont âgés. Le plus jeune a 70 ans. Mais ils ont tous une bonne pêche.

Entre ces montagnes de sagesse je barbote comme un petit poisson rouge.

Ils sont bien contents qu’avec quelques autres du village en bas nous venions donner un coup de main.

La préparation des flambeaux est super rapide, et bouclée en une petite heure. Commence ensuite un gros barbecul, avec de la viande de sanglier et de chevreuil, chassés récemment, et les légumes des potagers.

Le hameau est formé par un petit groupe de maisons; la plupart sont vides, malheureusement. Mais c’est vraiment un endroit magnifique, sur 360 degrés des montagnes couvertes de forêt nous surplombent.

C’est à la bonne franquette; les boites en plastique pour les poubelles serviront de chaises.

avec ces petits morceaux de pin le feu prendra vite

On passe un excellent moment.

On s’installe dans un petit hangar; là où ils gardent du bois et dépècent les chevreuils.

C’est une joyeuse assemblée
D’ailleurs la chaine et les crochets servent à attacher les chevreuils attrapés. Au menu, chou du jardin, viande de chevreuil et de sanglier, quelques autres légumes. Plus tard quelqu’un amènera des onigiris. A noter également la belle charpente.

Les blagues et les bons propos fusent de toute part. Les gens ont de la répartie. Quelle bonne humeur. Depuis pas mal de bière a coulé sous les ponts et je ne me souviens plus beaucoup des sujets de conversation….

Comment on prépare le chevreuil est évoqué…. On parle aussi de la dépopulation… Et des initiatives en cours pour mieux faire connaitre le village et, éventuellement, attirer de nouveaux habitants. J’ai pas mal oublié.

Un voisin qui ne boit pas nous ramène gentiment chez nous plus tard.

Quatorze Juillet au Japon

C’est le quatorze juillet, la fête nationale française, qui commémore la prise de la prison de la bastille, le début de la révolution et des ennuis.

Devant la maison je fais défiler; faute de chars et d’hélicoptères, mes trois brouettes, la bleue la blanche la rouge. Séquence émotion !

Encore au jardin

Il a plu cette semaine et celà a apporté un boost remarquable aux plantes du jardin.

C’est comme si les plantes qui avaient très soif, car il n’avait pas plu assez longtemps, avaient patiement attendu, plusieurs jours immobiles sur leurs starting blocks.

Denis; fidèle lecteur du blog, résume la situation du jardinier avec la sagesse qui le caractérise:

Un jardin, lorsque l’on dispose suffisamment de place et de temps de libre pour s’en occuper, est un espace de ressourcement, de quiétude et de bien-être, et qui, de plus, nous permet de disposer de vrais bons légumes, au fil des saisons, et tout au long de l’année.
Il n’y pas besoin de se prendre la tête pour cela, car, on peut commencer « petit », pour débuter, puis augmenter, au fur et à mesure de ses capacités, et de son propre apprentissage et découvertes, et ainsi avoir en retour un réel ressenti en réconfort et petite fierté personnelle, bien légitime.

Ceux là se régalent des feuilles de citrouilles

Avec la pluie cette semaine, les carottes et les tournesols et autres ont reçu un bon boost.
Oh la première framboise !

La chasseuse … combien d’yeux a-t-elle?

Futurs raisins ?
Il en a presque trop de la roquette ….
Des figues il y en aura

Sur une feuille du framboisier
La margose est une grimpeuse, j’installe deux grilles métalliques auxquelles elle s’agrippera sous peu.
Oh les groseilles

Explorer la vallée

J’ai repris le vélo! J’avais arrêté un peu, trop de boulot. Mais j’y retourne, au vélo.

Aujourd’hui il a plu. La pluie a cessé mais des nuages sont toujours accrochés dans les cheveux des montagnes. Je pars faire un tour.

Le riz a été planté

L’occasion d’explorer un coin de notre vallée où je ne m’étais jamais attardé.

C’est un petit hameau d’une vingtaine de maisons dans un endroit très encaissé, enfermé presque dans la montagne.

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A peine cinq minutes à biclou, mais c’est vraiment magnifique.

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Découvrir l’arbre à caramel

Nous sommes allés faire un tour au fond de la vallée, il pleuvait par intermittence, et finalement nous n’avions rien de mieux à faire.

Mais cette petite promenade impromptue se finira par une grande découverte et des émotions puissantes.

On laisse le camion là, dans une grande clairière au bord d’une rivière. Le dernier hameau est à deux kilomètres, après ce sont des chemins de montagne.

Ils ont bien tout dégagé: cet endroit l’été dernier était encombré de pierres et de troncs d’arbres.

Cet ouvrage, qui sert à bloquer les grosses caillasses et les troncs d’arbres, était plein à ras bord l’année dernière. On voit encore les marques laissées par les pelleteuses.

Ensuite c’est ce petit chemin qui nous guide. Tout est si beau, avec la lumière de fin d’après midi. Les jeunes feuilles déploient une palette de verts illimitée.

Et le calme. On admire un martin-pêcheur, perdu dans ses pensées, sur une branche d’arbre.

Regardez ce qui se passe à droite, et vous verrez ce cours d’eau à qui la pluie des trois derniers jours a donnée beaucoup de vigueur. Et puis ces belles roches qui attendent notre départ.

Après le chemin fait un virage, et se met à monter sec. On finit par se focaliser sur ce chemin qui monte qui monte, on en oublie de prendre des photos.

Chaque nouveau virage fait découvrir un paysage magnifique. Je crois que l’on continue comme cela assez longtemps. On sait qu’à un moment il y aura moins de lumière et qu’il sera alors plus sage de rentrer, mais tout est tellement beau que nous continuons à nous laisser guider.

Il y a une pancarte: 大桂 Cercidiphyllum japonicum ou (Grand) arbre à caramel.

Je connaissais ce terme katsura, qui désigne un arbre, mais j’ignorais la traduction française. Un arbre à caramel… Voilà quelque chose qui fait rêver. Et propulse dans l’enfance.

On monte alors un escalier de pierre. On quitte la route et le lien qui restait avec la civilisation. Immersion totale.

Il fait frais. Il n’y a pas de sangsue.

Au moment où nous commençons à douter, où est le grand katsura, se dessine une silhouette imposante.

Et puis voilà on peut le voir dans toute sa splendeur, le grand katsura, l’arbre à caramel!

Le voilà, le katsura.

Il n’est pas seul; il y en a un autre, un peu plus haut. Voilà un endroit magnifique. Ces arbres mystérieux, la rivière à leur pied. et notre solitude; car il n’y a personne.

On reviendra.

Festival de Taishi (II)

C’est la suite de l’article de la semaine dernière sur le festival de Taishi. Ici nous découvrons une cérémonie religieuse qui a lieu dans le temple. (temple bouddhiste d’Ikuraga, ville de Taishi).

préparatifs

Les hommes sont vêtus en yamabushis. Guerriers de la montagne.

Des feuilles de cyprès entassées en un bûcher, derrière l’autel.

Le prêtre entonne une longue prière. Un rythme fascinant qui prend le coeur comme un blues. C’est le soutra du coeur ou hannya shingyou 般若心経

version 1

A visionner sur youtube une version électro

Les enfants jouent un rôle important dans la cérémonie. Une façon aussi de transmettre les traditions et les connaissances de jadis.
Ce rituel auquel nous assistons a lieu depuis 4 siècles.
Si on pouvait zoomer on verrait une statuette en bois, posée sur l’autel; au dessus des offrandes.
Le caractère, posé sur le bûcher, signifie lumière.
Le tour des enfants. Avec une hache factice, il va écrire dans l’air le caractère de la lumière.

Ensuite c’est un adulte qui avec un sabre dessine dans l’air le caractère du dieu. Ensuite il dit; hama 破魔 comment traduire … ‘destruction du démon’

Il répète le geste quatre fois, faisant face à chaque côté du bûcher … couvrant ainsi les quatre points cardinaux.

Un pompier descend un jeune enfant du toit de son camion. Il l’y avait hissé pour l’aider à mieux voir la cérémonie.

En même temps j’admire la beauté du camion, on le croirait neuf. Au contraire des banlieues françaises, on ne jette pas de cailloux sur les camions de pompiers ici…. Nous sommes dans un pays civilisé!

ça y est, on a mis le feu au bûcher. la fumée porte chance, il est bon de s’y baigner, mais ça pique les yeux.
Vue de détail du camion de pompier. On remarque les outils ‘tobi‘.
Ils portent une peau d’animal, c’est pour se tenir le derrière chaud;

lorsque l’on s’assied pour une pause, dans les chemins de montagne. Il y en a un qui porte ce qui est à mon avis une peau de anaguma. Les autres ont une peau de chevreuil.

Plus il y a de la fumée et mieux c’est.
La fumée qui pique les yeux!
Derrière l’autel. Un choux chinois (hakusai) , une patate douce et des fruits sont présentés en offrande.
sur l’autel on voit les haches factices utilisées plus tôt par les enfants.

Festival de Taishi (I)

Taishi, ville de 30 mille habitants à quelques encablures de chez nous. Chaque année en février s’y déroule un festival, autour du très beau temple d’Ikaruga.

Des dizaines de petits marchands installent leur stand (on appelle ces marchands ambulants d’événement à événement tékiya) dans l’enceinte du temple ou encore le long de la rue; pour proposer des jeux pour les enfants ou des choses à manger. Question bouffe il y a l’embarras du choix: crêpes, bananes enrobées de chocolat, des nouilles yakisoba, des calamars grillés etc…

Autrefois c’était dit-on un festival où se retrouvaient tous les charpentiers de la région, et de nombreux marchands proposaient sur leurs étals tous les outils qui s’imposent: ciseaux à bois, etc …

Les temps changent: il y a beaucoup moins de marchands qu’autrefois, et les marchands de fleurs et de plantes sont maintenant majoritaires.

En regardant la foule je vois la proportion très importante de personnes âgées. Il y a peu d’enfants. Difficile d’échapper à la question démographique. A se demander si ce festival existera encore dans vingt ans…

En attendant que le ciel nous tombe sur la tête on apprécie le temps quasi printanier, et l’ambiance bon enfant.

taiyaki, gâteau en forme de dorade.
De chaque côté de l’entrée du temple.

Ici un commentaire de Pierre:

Il est beau ce temple tout noir! Les deux gardiens dans le Mon (門), le premier dit “Aaa” tandis que l’autre termine “ouuum”.. Aoum / Ohm.. à eux deux, ils englobent toute la manifestation, tout l’univers!


le fameux temple
sazaé
poulet frit
marchand de couteaux
bonsais
les marchands de plantes exposent les différents types d’agrumes. J’achète un citronnier et un buntan, que je plante dans note montagne plus tard dans la journée.
belle architecture
trois potes font un break en mangeant des frites
Les calamars grillés.
Donne moi un tentacule!
les fameuses bananes au chocolat, un classique.
un affiche pour le parti politique jimintou
la marchand de fleurs a beaucoup de succès, il a le meilleur emplacement, à l’entrée du temple.

Il y a un attroupement. C’est une cérémonie religieuse. A voir dans le prochain article.

Une cabane en montagne cette semaine

C’était l’un des derniers projets dans ma longue liste. (pas que j’aie fini tous les autres avant). ‘Construire dans la montagne une plate-forme surélevée pour y faire la sieste et admirer la forêt.’

Et pourquoi pas même y dormir. Il faudrait sans doute une tente ou une moustiquaire pour cela. C’est une cabane mais sans toit ni mur … peut-être que j’ajouterai un toit plus tard.

En tout cas, un projet bien inutile alors qu’il y a tant à faire au taff et aussi dans la maison de madame M., mais j’ai besoin d’une diversion.

Dès que l’on pénètre dans la montagne on est pris par cet air clair et empli de parfums de réglisse. Et la terre, comme il est bon de la fouler. Le chemin monte on voit toujours les maisons du village en bas mais on est tout de suite dans un autre monde, couronné par ces cryptomêres majestueux partis à la conquête du ciel.

Dans ma grande naïveté je me dis que, assis dans la montagne; sur ma petite plate-forme, avec au dessus de moi les arbres géants … je pourrai m’approcher de la vérité. Il faudra plus d’un verre de ouisseki ou plus d’une tasse de thé.

Plus tôt cette année mon ami S est venu couper une dizaine de cryptomères, au niveau de la deuxième terrasse. 

Et là comme je suis en vacances cette semaine je vais essayer de construire cette plate-forme. Le but c’est d’utiliser le bois des cryptomères coupés…. Je réfléchis à ce projet depuis plus d’un an et j’ai commencé à m’entrainer à débiter les troncs d’arbres en planches, avec ma bonne vieille tronçonneuse …


Dimanche matin en attendant

Ce dimanche matin j’accompagne mon fils et ses collègues du collège à un lycée dans la banlieue de Himeji, où ils ont un match de baseball.

Les adolescents déchargés, je m’aventure dans ce quartier inconnu que je ne connais pas.

Et comme très souvent au Japon, je découvre quelques pépites. Ces pépites qui palpitent, que l’on trouve toujours dans ces lieux transitionnels à la fois vides et pleins, où normalement il ne devrait rien y avoir d’intéressant.

Il suffit pourtant de regarder autour de soi.


Le café BEAUTIFUL LIFE
Tout est dit.
Ah ! La maison de Totoro !
Pas mal
Pour changer des gilets jaunes
Le monsieur dans le camion blanc arrive juste à son travail. 
Bon packaging, pour cette paire de chaussettes

Et Pour finir, ce panneau affiché dans le collège où j’ai déposé mon fils et ses collègues.

あいさつをする On salue les gens

じかんをまもる On respecte les horaires

ふくそうをととのえる On arrange ses vêtements

かみくずをおとさない On ne laisse pas tomber de détritus

きそくをまもる On respecte les règles

こうきょうぶつをたいせつにする On utilise les équipements publics avec soin

ことばづかいをていねいに On s’exprime poliment

ろうかはしずかに Silence dans les couloirs


Gros progrès sur le mur

J’ai dû mal comprendre au sujet de la moquette qu’Emmanuel notre président souhaite refaire pour trois cent mille roros, est-ce la moquette de la salle des fêtes de l’Élysée ou celle de Brigitte ?

Dans la liste de mes projets en cours et futurs il y avait ‘Rehausser la berge de la rivière le long de la maison de madame M, pour mieux la protéger d’inondations possibles. Pierres et béton.’

Voilà c’est fait. je ne sais pas si c’est fini vraiment car il y aura des petites retouches à faire, mais, le mur le long de la rivière est effectivement refait et rehaussé. Les pierres en haut étaient simplement posées sur des sacs en plastique emplis de terre. J’ai tout retiré, posé des pierres plus grosses, les plus grosses possible; et consolidé le tout avec béton et mortier.

La clef pour réussir ce projet c’était 1- ne pas se détruire le dos 2- utiliser une bétonneuse, empruntée auprès d’un ami.

J’ai également continué en montant un parapet le long de la terrasse de la maison de madame M, qui surplombe la rivière. Haut de 30 cm c’est pour éviter les inondations mais aussi:

-évider les chutes accidentelles, d’enfants ou d’adultes îvres. A un endroit la chute d’une personne se ferait sur trois mètres et pourrait endommager la roche en bas qui forme le lit de la rivière. Safety first. 安全第一

-et faire une sorte de banc en pierre, où l’on peut s’asseoir et observer tranquillement la rivière qui s’écoule juste en bas, et y picoler et/ou bouquiner tranquillement. (les joies simples).

Parce que la maison de Mme M c’est un peu comme chez nous, le meilleur endroit de la maison, c’est le jardin, quand on est dehors.

assis sur le parapet on a vue directe sur la rivière. c’est formidable.

Pour faire le parapet j’ai utilisé des pierres assez énormes. Certaines doivent faire facilement 60 kilos si c’est pas plus. Je les ai prises de la rivière, en les faisant rouler. 

Il faut que ce soit du costaud, et puis ces grosses pierres sont vraiment belles. Et pouvoir en rassembler quelques unes ainsi fut un vrai plaisir.

Pour consolider le tout j’ai également coulé du béton derrière les pierres .


Il est toujours bon d’ajouter un peu de fantaisie. J’ai installé trois pieux métalliques sous les pierres. Ils sortent du côté de la rivière:

-ils serviront d’appui pour descendre directement de la cour dans la rivière

-je pourrai même y fixer une planche pour y faire un banc.