Ecrit le 17 octobre au Japon, avant le 17 octobre en France

En prenant des notes ce matin je retrouve le texte de cet article que j’avais écrit le matin du 17 octobre, ici au Japon.

C’était avant que le 18 au matin je ne découvre avec horreur mais sans vraie surprise les nouvelles de France, le chaos dans les rues, les violences, les pillages etc.

Ce pays pourtant qui a tout pour prospérer !

Voici le texte que j’avais écrit le 17 au Japon, avant le 17 en France.


Avant-hier, je suis allé dans une librairie pour voir dans quelle catégorie de livres pourrait se ranger ma nouvelle bande dessinée, celle qui traite du classique Les Heures oisives.

Mon nouveau livre, ça n’est pas vraiment une bande dessinée, ni tout à fait un livre pour enfants. Et il s’inspire de la littérature classique.
Quand je serai prêt, et que je contacterai des éditeurs, il faudra pourtant que j’explique à quoi correspond mon projet, à quel genre il appartient …

Dans cette librairie, j’ai trouvé une étagère indiquée Zatsugaku — 雑学 — ce qui signifie « études diverses ». Je me suis dit que cela correspondait parfaitement à mon projet. D’ailleurs, sur cette étagère, il y avait déjà plusieurs livres sur la littérature japonaise classique et sur le japonais classique. Je me suis donc dit que oui, c’était une bonne catégorie dans laquelle mon projet pourrait entrer.

Le mot zatsu, …
zatsu 雑 veut dire varié, hétérogéne, mélangé … un peu à l’état brut … on le retrouve dans fukuzatsu 複雑 (complexe), mais aussi dans zasshi 雑誌, qui veut dire « magazine ».
Zatsugaku, ça veut dire des connaissances variées qui traitent de sujets très larges mais sans être spécialisé … C’est tout à fait mon truc !
Ce concept me fait d’ailleurs penser aux bandes dessinées de Gotlib, la série des Rubrique-à-brac, où Gotlib parlait de tous les sujets imaginables. J’ai grandi en lisant les Rubrique-à-brac.


Cela m’a rassuré de voir qu’une catégorie existait, et que mon livre pourrait y trouver sa place.

Je me suis aussi baladé dans la section enfants. Et j’ai été très surpris de voir, en tête de gondole, plusieurs livres sur les finances personnelles et les investissements pour les jeunes écoliers. C’est la première fois que je vois ça dans un rayon jeunesse.

Cela m’a rappelé une conversation que j’avais eue avec la directrice du collège du village cet été : elle me disait qu’une personne employée par une société financière était venue faire une présentation aux collégiens sur ce thème.

Qu’est-ce qui se passe ?
La société japonaise a compris qu’avec une population déclinante et vieillissante, le système actuel de retraite ne fonctionne plus. La solution, c’est la retraite par capitalisation. D’où les efforts faits désormais pour informer et éduquer les enfants dès leur plus jeune âge, ici jeunes écoliers, à cette nouvelle mécanique.

Cependant… avec la démographie, on est capable de faire des calculs et de projeter à court terme où on sera dans 10 ou 20 ans.

Alors pourquoi le fait-on seulement maintenant? Les gens un peu plus âgés que moi ne touchent aujourd’hui que des cacahuètes avec leur retraite…. Ce shift vers la capitalisation aurait dû être fait il y a 20 ans ! Même plus tôt! A l’époque, on pouvait déjà comprendre avec certitude la situation démographique actuelle du pays …

La nature humaine … les hommes et surtout peut-être ironiquement les hommes politiques, semblent incapables de se parer pour l’avenir, et semblent uniquement focalisés sur le présent…

À propos de cacahuètes : j’ai récolté celles du jardin. Une récolte assez modeste, mais bonne au regard des efforts (que je n’ai pas) fournis.

Côté lecture, j’ai eu envie de relire un peu en français, pour me reconnecter avec la langue.
Je cherchais des écrits de qualité. J’ai pioché dans mes Pléiades.


J’ai commencé avec quelques lignes de Saint-John Perse, mais … il n’arrête pas tourner autour du pot …

Je me suis alors replongé dans les Mémoires de Charles de Gaulle. Je les avais lues il y a environ 25 ans.

Et tout de suite, j’ai été emporté par la simplicité et la solidité du style, par cette capacité à faire des phrases si bien équilibrées.

Je me suis dit : « Waouh. Quelle maîtrise de la langue et de la pensée. »

Grosses avancées sur mon nouveau livre

English version here Version Japonaise ici

Début octobre. Pour la première fois depuis le mois de juin, aujourd’hui j’ai enfilé un pantalon. Il fait en effet un peu frisquet, et mon épouse a allumé à la maison le premier feu de cet automne.

Samedi 3, nous étions en ville pour notre talk‑show sur la littérature japonaise classique, consacré au Tsurezuregusa (Les Heures oisives). C’était notre 14ᵉ talk‑show. Cette fois-ci, nous avons parlé des chapitres 89 et 235. Je suis toujours frappé par la diversité des propos et des thèmes que couvre le Tsurezuregusa : tant de sagesse, tant de bienveillance, le tout avec humour et parfois légèreté.

En couvrant ces deux chapitres, nous avons parlé d’un tas de choses : le yōkai Nekomata, ce chat à deux queues qui fait partie des animaux fantastiques du folklore japonais. Nous avons essayé d’expliquer pourquoi le Japon est un pays où les créatures fantastiques semblent si bien vivre. Puis nous avons dressé quelques parallèles entre le chapitre 89 et l’actualité, en particulier les attaques d’ours, qui ont fait couler tant d’encre électronique depuis l’année dernière.

Pour le chapitre 235, nous avons parlé des maisons vides, les akiya, des kodama, les esprits des arbres, et des haches japonaises… Bref, une tonne de sujets. Le talk‑show de samedi s’est très bien passé. Nous avons fait salle comble avec 25 participants.

photo by waraccher


Parmi eux, des habitués mais aussi des nouveaux venus. Je suis vraiment reconnaissant envers toutes les personnes qui viennent nous voir et nous écouter. C’est grâce à elles que nous pouvons continuer. Merci beaucoup à elles.

photo by waraccher

À côté du talk‑show, je continue à travailler dur sur mon projet de bande dessinée. Cette nouvelle bande dessinée — ou peut-être plutôt ce livre pour enfants — traite du même classique, le Tsurezuregusa.
L’histoire de mon nouveau livre montre mes deux personnages, le sanglier et le chevreuil trouver par hasard le Tsurezuregusa dans la forêt, ils commencent à le lire, se disant que cela leur permettra peut être de mieux comprendre les humains…. S’ensuivent des pages d’exploration et d’aventure …

La semaine dernière, pour la première fois, j’ai montré les planches à mon épouse. Une étape très délicate : si elle avait dit que c’est de la merde, je ne sais pas si j’aurais eu le courage de continuer. Mais au contraire, elle m’a dit que c’est très, très bien. Voilà : ma première lectrice.

Nous avons aussi commencé ensemble une vérification poussée des textes en japonais. Je recueille ainsi tous ses retours sur les textes, dessins, couleurs, mise en page. Nous avons revu environ 60 % pages, mais il y a déjà une petite centaine de corrections à faire. Si nous continuons sur ce rythme, je devrais pouvoir compléter les corrections à la fin du mois? Je dis ça, mais plus on regarde, plus on trouve des choses à peaufiner, à améliorer, ou même à couper. Ce processus de révision, correction, re‑révision, re‑correction peut être très long.

Mais du point de vue du dessin, du scénario, du titre et de la couverture, je dirais que tout est bouclé!

Tout cela représente énormément de travail, mais aussi énormément de satisfaction.

Voir les pages ensemble avec mon épouse m’a rempli de joie.

Je voyais mon monde imaginaire prendre vie, avec les personnages, leur environnement, la manière dont ils progressent dans l’histoire… C’était émouvant.

Une fois que tout sera bouclé, je vais me jeter dans l’inconnu en recherchant et en contactant des maisons d’édition au Japon, et essayer de leur présenter mon travail….

Pour la version en Français je ferai comme jusqu’à maintenant, en autopublication … à moins qu’un professionnel ne me lise ici et soit intéressé ?

Souvenirs de lycée

A lire les news de France et les événements violents autour des lycées je me mets à fouiller dans mes souvenirs de lycéen.

J’ai fait mes trois années de lycée au lycée de Corbeil Essonnes, de 86 à 89.
Le bâtiment et je crois qu’il subsiste de nos jours était une enorme barre comme un lingot, un bâtiment interminable; tout droit un peu comme une grande caserne.

L’élément le plus marquant c’était que toutes les portes des chiottes étaient déglinguées, et aussi la total absence de PQ.
Pendant mes trois années au lycée je suis parvenu à jamais n’y faire caca, voila je crois mon plus grand accomplissement!

Une chose amusante c’est que la serrure de l’armoire de ma chambre à la maison pouvait ouvrir la plupart des portes du lycée. Pratique pour s’installer tranquille dans une salle de cours libre, pour faire des révisions.

A part ça j’ai le souvenir de quelques profs qui étaient vraiment très bons. Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu d’ailleurs de mauvais profs. Parmi les profs très très bons, c’est ceux dont je me souviens encore un peu; le prof de sport (EPS à l’époque) monsieur Teste, le prof de grec ancien, le prof de sciences physiques; la prof de biologie….. 3 ans c’était long quand même … avec les moments de bazar bien sûr quand la société de bus faisait grève, quand les LCR defilaient ou faisaient des trucs à l’entrée du lycée … des manifs pour l’Afrique du Sud


Rien de méchant à l’époque ….

Ancien Bain Public et choses étranges chez les chats

Il y a souvent des choses étranges qui se passent avec les chats. Nous en avons trois, des chats: Minou, Scotch, Ashram.
Le mois dernier, le jour même où mon fils nous a quittés pour repartir en Allemagne ou il étudie, notre chatte Minou a disparu.

Elle est partie quelque part, et n’est pas revenue pendant une semaine. C’était la première fois qu’elle s’absentait aussi longtemps. Nous étions vraiment inquiets. Que lui était‑il arrivé ?

Les chats entrent et sortent librement dans la maison …

Une semaine plus tard, elle est réapparue, complètement amaigrie, avec une énorme bosse sur la tête. Qu’est‑ce qui s’était passé ? Elle était partie sans que nous sachions si elle reviendrait. Nous étions tous les deux, ma femme et moi, dans un état second. Impossible de savoir où elle avait pu aller, et si elle était partie pour toujours. C’est la contrepartie de la liberté que nous accordons aux chats nous disions nous un peu pour nous consoler.

Chaque soir, nous faisions le tour du village, en parlant et en faisant entendre nos voix, espérant qu’elle se manifeste.

C’est seulement la deuxième fois, en treize ans, que Minou disparaît aussi longtemps. J’en avais d’ailleurs écrit un article.

Ce qui est étrange, c’est que lorsque mon fils est parti en Allemagne pour ses études, il y a trois ans, pour la première fois, le jour de son départ, un chaton est apparu devant notre maison. C’était Ashram.

C’est un peu comme si, dans le monde des chats, on pouvait percevoir le départ de notre fils … Et à chaque fois, il se passe quelque chose.
Le monde des chats est mystérieux; on sent qu’il s’y joue des choses que nous ne comprendrons jamais.

Avant le retour de Minou nous nous demandions si elle reviendrait. Ou, avait elle senti que ses derniers moments étaient arrivés ?

Depuis, Minou a repris un peu de poids. Sa bosse a éclaté. Elle fait d’énormes siestes à la maison. Elle reprend des forces.

Il y a quelques mois, j’avais parlé de mon projet d’illustrations de la ville de Tatsuno. Dans ce projet, j’ai réalisé dix dessins représentant des maisons anciennes, avec un brin de fantaisie. Depuis, nous avons organisé plusieurs expositions dans différents lieux de la ville.

Et pour le mois de septembre, nous exposons dans un petit restaurant installé dans un ancien bain public. L’endroit est charmant, et les currys qu’ils servent sont absolument délicieux.

L’installation des illustrations a été très amusante : avec le propriétaire, nous avons accroché les dessins dans l’ancienne salle où les femmes de la ville venaient se baigner. Nous sommes donc juste à côté d’une baignoire, dans laquelle on voit encore l’espace aménagé pour les enfants, moins profond.

Avec cette exposition, nous arrivons un peu à la fin de ce projet d’illustration. C’est un projet qui m’a tellement aidé, qui m’a fait vivre tant d’expériences, rencontrer tant de personnes. C’était absolument formidable. Bien sûr, je suis un peu triste de savoir que nous arrivons au bout. Mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Sachant que nombreuses familles viennent y manger, avec leurs enfants j’ai préparer des dessins à colorier !

Remises à zéro de la tête et du corps.

「Versions en Japonais et en Anglais」

J’ai fait des remises à zéro de la tête et du corps.

En août, je suis parti deux semaines, en France et en Allemagne. Je suis d’abord allé en Allemagne, où j’ai retrouvé mon fils, qui étudie à l’université de Leipzig.

Ce court séjour a vraiment remis mes idées en place. Je me suis dit : ah, l’Europe, c’est sympa en fait ! Cela faisait vraiment longtemps… Leipzig, ville agréable, où les gens semblent heureux. Voir tous ces gens, le matin, traverser la ville à vélo, très décontractés, chacun à son rythme… Des femmes presque à moitié nues sur leur vélo. Magnifique.

Ce qui m’a le plus marqué pendant ce séjour, c’était bien entendu de revoir mon fils. Qui est vraiment un adulte.
Il est d’ailleurs plus adulte que moi.
Moi, je suis encore un bébé. Un gros bébé.

Oui, un moment d’émotion très forte : voir mon fils devenu adulte. Je me suis dit : Il n’a plus besoin de moi… je ne sers plus à rien? Puis-je trouver une nouvelle façon d’être utile?

Un autre grand moment d’émotion a été ma visite à l’église Saint‑Thomas, où Jean‑Sébastien Bach a travaillé si longtemps, et où il repose. Il ne se passe pas une semaine sans que je n’écoute sa musique, en particulier sa musique d’orgue. Ce sont des morceaux que j’adore, et dont je ne me lasse pas.

Tous les jours, je suis allé dans cette église. Je me suis assis sur un banc. J’ai regardé, j’ai écouté.
Un jour en particulier, il y avait un étudiant qui jouait à l’orgue. Ecouter cet étudiant, qui reprenait des passages, s’arrêtait… C’était si frais, si spontané. Cela m’a vraiment touché.

En buvant de bonnes bières en Allemagne, je me suis dit : OK, en fait, c’est vrai, l’Allemagne, c’est viable, c’est vivable. Ça m’a fait un reset dans ma tête. Je me suis même dit : je pourrais très bien arrêter tout ce que je fais, et ne faire que deux choses : boire de la bière et écouter de la musique.
Cette pensée m’a un peu perturbé. Peut-être que je me mets trop la pression, avec mes projets.
Il faut aussi veiller à ne pas se laisser engloutir dans la routine …

En Allemagne j’ai fait aussi un flash back …
Il y a vingt‑six ans, en 2000, j’ai vécu une année en Allemagne. Je travaillais pour une société américaine dans les télécoms. J’avais travaillé pour cette même société au Japon, et à un moment je m’étais dit : je n’en peux plus à Tokyo, je vais rentrer en Europe. J’avais alors eu l’opportunité de travailler pour la filiale allemande, à Francfort — Francfort qui n’est pas, je dirais, la ville la plus attrayante…

Mais je n’ai pas vraiment cherché à profiter de ce séjour en Allemagne. C’est très étrange. Plutôt que de réétudier l’allemand, aller voir des concerts de musique, plutôt que m’acheter un vélo, j’ai passé tout mon temps libre à jouer à des jeux vidéo.

Peut‑être voulais‑je simplement retourner au Japon, que je venais juste de quitter !

Après avec mon fils, nous sommes allés passer quelques jours en France, et retrouver la famille.

Cela faisait plusieurs années que nous ne nous étions pas tous retrouvés et c’étaient la aussi des moments pleins d’émotions.

Mais aussi c’est là que s’est développé un énorme rhume, que j’avais attrapé dans l’avion. Avec une journée de grosse fièvre, ça a été une véritable remise à zéro de mon corps…

Ensuite, retour au village au Japon, avec mon fils. Il a passé deux semaines avec nous.

Il m’a vraiment fallu du temps — deux, trois semaines? — pour me réhabituer au Japon et récupérer de cette énorme ruhme.

Retrouver mon élément. Me réhabituer à mon aquarium…

Ces remises à zéro étaient certainement nécessaires!

10 000 Heures

English Japonais

J’ai entendu quelque part que, pour être très bon à quelque chose, il faut y consacrer au moins 10 000 heures.

À vue de nez, ce chiffre a l’air raisonnable.

Par exemple, mon ami Saki‑chan, ancien charpentier, a appris le métier en étant apprenti pendant cinq ans. Cinq ans, ça nous amène à 8 000 ou 12 000 heures — 12 000 s’il travaillait six jours par semaine. Je ne sais pas s’il avait des congés…

J’ai alors fait le compte de toutes les pages de bande dessinée que j’ai réalisées : Tout Ira Bien, 92 pages ; Retour sur Terre, 68 pages ; Continuer, 72 pages ; mon nouveau livre en cours, 88 pages ; et d’autres projets d’illustration. J’arrive à 4 000 heures, grosso modo.

Intéressant, me dis‑je. Je calcule qu’il me faudrait encore 1 000 jours de travail, à raison d’une moyenne de six heures par jour, pour atteindre ce seuil des 10 000 heures. Soit trois ans.

J’ai bien fait d’arrêter mon job à 54 ans. Dans 1 000 jours de travail, j’aurai 58 ans… Faire tout cela après la soixantaine serait sans doute trop tard.

À propos, dans le chapitre 151 des Heures oisives, Yoshida Kenkō écrit ceci :

151 —

Somebody has remarked that if you have not become adept at an art by the time you are fifty, you should give up.

Certes mais l’espérance de vie a augmenté depuis le 14è siècle ….

You do not have the time left to make further efforts worthwhile. People should not laugh at the old. It is painful and off-putting to see old men mixing with society. As a rule, those over fifty are most seemly when they withdraw from all activities and retire to a leisured life, and this is what they ought to do. A man is a fool if he spends his entire life involved with worldly affairs. If there is something you wish to know, by all means ask instruction of others, but once you have grasped the facts well enough to feel clear about the question, pursue it no further. The ideal is not to desire to know in the first place.

Empathie pour le vivant

English

Japonais

Hier, j’ai fini de récolter le maïs. Belle récolte. Et maintenant, il faut manger tout cela. Au menu : du maïs pour les trois prochains jours. Jardiner et avoir un potager, c’est se forcer à suivre les saisons.

Apparemment, il y a beaucoup d’incendies en France en ce moment.

Mes pensées vont aux arbres, aux plantes, aux petits animaux, aux insectes qui disparaissent. Aux personnes qui y perdent leurs biens, leur maison, leurs champs… Aux pompiers qui travaillent avec courage, certainement avec trop peu de moyens et des équipements vétustes. Un pays comme la France, idéalement, aurait tant de Canadairs… qu’on ne saurait plus où les mettre… Mais, les priorités sont différentes.


Cela me rappelle une conversation lunaire avec une collègue australienne, il y a quelques années. L’Australie était alors ravagée par d’immenses incendies. Et elle, à Melbourne, se plaignait de l’odeur. Je m’étais demandé : ma grosse -elle faisait 220 kilos je crois-, tu n’as pas une pensée pour tous ces êtres vivants qui y perdent la vie ? Cela m’avait vraiment choqué.

Elle n’était pas la seule : j’avais remarqué cette absence d’empathie pour le vivant chez certains collègues américains qui vivaient au nord-ouest, dans des régions touchées par les incendies. Ils parlaient simplement de la fumée.

Parfois, j’aimerais que l’on retourne à des périodes ancestrales où l’animal était sacré, où l’on dansait et chantait pour lui. Désormais, tout n’est plus qu’un objet.

Sujet similaire cette semaine : il y avait un entretien de M. Iwata avec un chasseur. C’est la série qui a lieu deux fois par mois dans un café dans un village voisin ou monsieur Iwata s’entretient avec quelqu’un.
Cet entretien portait spécifiquement sur le roadkill, c’est-à-dire les animaux tués sur la route par des véhicules. Dans la région où habite ce chasseur, il existe une procédure : les autorités le contactent, il ramasse les animaux morts et les amène sur un terrain spécifique où ils sont ensuite enterrés. Il peut gagner, selon l’animal, entre 3 000 et 10 000 yens pour chaque dépouille.
Je me suis dit : voila qui est un peu sec, dépourvu de sentiments. Ce serait bien si l’on pouvait ajouter une petite prière, une petite danse pour l’animal retrouvé. Et pourquoi pas même une amende pour l’automobiliste ou le chauffeur de camion — la personne malheureuse qui a heurté l’animal — afin de financer une petite cérémonie. Ce serait économiquement inutile, mais tellement plus joli. Ou même un petit cimetière pour les animaux. Ce serait très beau.

C’est grave, docteur ? J’ai toujours été comme ça. Et c’est avec cet esprit que j’écris ce blog et que je fais mes BD, où il y a toujours des animaux comme personnages.

Il faudrait que je remette un seau et une pelle à l’arrière de mon camion, je faisais cela à un moment pour ramasser les petits animaux tués sur les routes et les enterrer dans ma montagne.

En ce moment, je travaille à deux projets : la traduction en japonais de ma première bande dessinée Tout ira bien, et ma nouvelle BD sur les Heures oisives de Yoshida Kenkō -Tsureduregusa-. Bon progrès pour les deux.

J’ai vraiment bien fait de quitter mon travail l’année dernière. Il y a un an, le travail — et tout ce qu’il fallait faire autour — occupait mon esprit à 40 %. Et en même temps, l’idée de quitter mon travail en occupait 50 %. Il ne restait plus grand-chose.
Je ne pensais qu’à ça, quitter mon job …

Voila une règle à s’appliquer, si l’on pense plus à quitter son travail qu’au travail lui-même, alors, il faut y aller, et quitter son travail !

Vive l’été

English.

La saison des pluies est passée. Elle semble avoir duré une dizaine de jours de plus que d’habitude, ce qui, du point de vue de la chaleur, nous a donné un peu de répit. Mais désormais, il fait chaud et humide : nous pouvons déguster de vraies journées d’été.

J’ai toujours trouvé l’été japonais à la fois difficile et énergisant. On peut y dépenser toute son énergie, mais la chaleur doublée de l’humidité nous demande aussi beaucoup d’efforts. Vers la fin de l’été, on sent vraiment une fatigue particulière. Il y a d’ailleurs un mot pour cela : natsu-bate. Je me souviens que, ces dernières années, vers la fin août, je décidais souvent : « Allez, on va bouffer de la bidoche », et je vais acheter des steaks.

L’été japonais, c’est une explosion d’énergie. Dans le jardin, tout pousse très vite. Il fait toujours très chaud. Souvent, de gros orages passent. Les insectes sont partout. C’est une véritable explosion de vie. Mais c’est aussi une saison exigeante. Elle nous rappelle qu’il faut nous préserver et nous protéger. C’est une saison qui nous dit de prendre soin de nous : faire des siestes, éviter le travail continu sous le soleil, se rafraîchir en mangeant des pastèques.

Ca commence juste à pousser ….

Cette saison nous invite à être forts, à bouger beaucoup, à profiter du dehors. Et en même temps, elle nous rappelle notre fragilité. Je parle ici du point de vue de la vie à la campagne, sachant qu’en ville on est plutôt dans un four à micro-ondes : l’asphalte et le béton chauffés à blanc n’ont pas, la nuit, le temps de libérer leur chaleur.

On pense aussi à la thermodynamique et à la préservation de l’énergie. Toute cette chaleur qui vient du soleil reste ici ; finalement, tout finit par être chauffé à blanc. Et si on utilise la clim, on rajoute encore de l’énergie pour simplement déplacer cette chaleur. J’écris d’ailleurs cet article dans mon bureau, où la propriétaire précédente avait installé une clim. Merci à elle.

Lorsque j’écrivais mon dernier article, vendredi 3 juillet, dans le jardin, je disais être bloqué sur mon projet de BD, à la page 43. Depuis, j’ai bien avancé : j’ai pu résoudre plusieurs problèmes et j’en suis maintenant vers la page 60. Tout cela est un travail de longue haleine, non sans moments de doute où je me dis que, plutôt que de bosser devant mon PC, je pourrais aller faire la sieste avec les chats, ou aller me balader à la recherche de villages abandonnés, aller voir la mer …

Oui, je pourrais faire plein d’autres choses. Mais je crois que je veux vraiment explorer et développer mes capacités de création. Les mettre sur papier, donner forme à mes idées. C’est, somme toute, pour cela que j’ai quitté mon job l’année dernière.

Pour revenir à l’été japonais : c’est une saison très généreuse, mais également très dure. Elle nous met à l’épreuve. Elle nous rappelle notre petitesse et notre fragilité. Elle nous dit aussi qu’il ne sert à rien de s’agiter contre les éléments : il faut les accepter tels qu’ils sont et tenter de s’adapter, en toute humilité.

Collector ! ces sacs de chips avec l emballage noir et blanc suite à des pénuries -ou à la hausse des prix- de l’encre, causées par le blocage d Ormuz

Vendredi dans le jardin

C’est vendredi, un peu après midi. Il est 12h30. Je suis dans le jardin, sous notre petit pavillon. Il fait un beau soleil, il fait chaud, mais pas encore humide. C’est une belle journée d’été.

J’ai amené mon PC dans le jardin et je lui dicte ce texte en buvant une petite tisane rafraîchissante. Nous sommes au mois de juillet 2026. Six mois sont déjà passés : nous sommes à mi‑chemin de l’année.

J’essaie de noter chaque jour dans un carnet toutes les choses que je fais, en particulier l’heure à laquelle je me lève et sur quelle page de ma nouvelle bande dessinée je travaille. Cela me permet de mesurer à peu près la vitesse de mon progrès et de voir combien de temps il me faut pour faire une page de dessin.

Aujourd’hui, j’en suis à la page 43. Et je bute : je bloque sur le scénario des deux prochaines pages, et je bloque aussi sur la manière d’améliorer le dessin de deux personnages dans un chapitre précédent. Donc, en ce moment, je suis un peu coincé.

Dans ce cas-là, j’attends. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai décidé de passer la journée dehors, dans le jardin. La passer au bureau, devant mon PC, ne me donnerait aucune nouvelle idée. En général, les idées me viennent lorsque je suis dehors : en train de jardiner, de marcher, ou même lorsque je suis dans mon bain.

Aujourd’hui aussi, préparations pour la session du talk‑show que nous aurons demain sur Les Heures oisives de Yoshida Kenko. Nous faisons cela avec monsieur Kenzaburo Iwata, dans un café à Himeji. Demain, nous parlerons de deux chapitres : le chapitre 7, où l’auteur y va avec un obusier — puis le chapitre 21, qui lui n’est que délicatesse.

Demain, je pense faire un rapprochement entre le chapitre 7, où l’auteur parle de la manière dont on peut finir par gâcher sa vie en en passant à côté, et l’essai de Sénèque sur la brièveté de la vie.

J’aime beaucoup l’idée que, sur des continents différents, à des siècles de distance, des cultures différentes aient évoqué les mêmes sujets. Nous sommes tous des humains, et depuis 2000 ans, finalement, peu de choses ont changé.

C’est cela qui est beau. Et j’aimerais, dans un monde idéal, voir tout le monde s’intéresser à ce genre de sujet plutôt que de se laisser distraire par les faits divers et les petites choses minuscules qui accaparent les esprits. C’est le noise …

Finalement, le sujet du chapitre 7 que nous aborderons demain est vraiment d’actualité pour moi et pour nous tous. Le temps que nous avons est limité et il est aisé de se le laisser aspirer par plein de choses annexes auxquelles on ne tient pas vraiment. Il faut une certaine vigilance et une dose de discipline …

Découvrez Monsieur Munetsugu, un personnage exceptionnel

Les magies des algorithmes de youtube … nous ont fait recouvrir à mon épouse et moi-même ce personnage incroyable qu’est Tokuji Munetsugu. Depuis deux semaines j’ai du regarder une dizaine de ses interviews et je me suis promis de lire un de ses books. (ISBN 978-4296126057)

Si vous avez été au Japon vous reconnaitrez sans doute les enseignes de la chaine de restaurants de curry CoCo Ichiban Ya; dont ce Munetsugu est le fondateur.

Une Jeunesse Forgée dans l’Adversité et la Pauvreté Extrême

Tokuji Munetsugu est né en 1948 ……… placé dans un orphelinat peu après sa naissance, il est adopté à l’âge de trois ans par la famille Munetsugu. Son enfance est marquée par une pauvreté absolue causée par l’addiction de son père adoptif au jeu (les courses de vélos).

Vivant dans des chambres exiguës et sombres sans électricité ni eau courante, il s’éclairait à la bougie et utilisait des caisses de pommes vides en guise de meubles. Pour satisfaire les besoins de son père, il parcourait la ville pour ramasser des mégots de cigarettes. Parfois, la faim était telle qu’il devait se nourrir de mauvaises herbes. Ce n’est qu’à l’âge de 15 ans, lors de son inscription au lycée, qu’il a découvert sa véritable identité et son statut d’enfant adopté en consultant son registre familial.

Dès le lycée fini il travaille dans une agence immobilière où il rencontre celle qui sera sa femme. Avec celle-ci ils commencent par ouvrir un café Puis ils ouvrent un restaurant de curry, ce qui deviendra une chaine de restaurants avec plus 1000 restaurants …

La chaine de restaurants est côtée en bourse et Munetsugu est devenu milliardaire .. en Dollars

Une Philosophie de Vie et d’Entrepreneur Unique

L’approche des affaires de Munetsugu est indissociable de son éthique personnelle. Pour lui, « le nettoyage est une forme de gestion ». Il considère qu’une boutique sale est le signe d’un manque d’attention aux détails, ce qui conduit inévitablement à un mauvais service client. Sa devise, « Niko-niko, Kibi-kibi, Haki-haki » (souriant, agile, rafraîchissant), est devenue le standard de service de toutes ses enseignes.

En tant qu’entrepreneur, il a révolutionné le modèle de franchise avec le « Bloom System ». Contrairement aux modèles classiques, ce système permet uniquement aux employés formés sur le terrain de devenir propriétaires de leur restaurant, et ce, sans payer de redevances (royalties) au siège social. Sa vision de la richesse est tout aussi frappante : il considère sa fortune comme un « dépôt temporaire » confié par la société, qu’il a le devoir de redistribuer intégralement.

Une Discipline Quotidienne de Fer

L’organisation de ses journées témoigne d’un stoïcisme légendaire :

  • Le « Super Réveil Précoce » : Il se lève chaque jour à 3h55 du matin (le « Sa-go-go »).
  • Le Nettoyage Rituel : Dès 4h00, il consacre environ deux heures à nettoyer les rues de Nagoya ou les alentours de sa salle de concert, plantant et entretenant également des milliers de fleurs à ses propres frais.
  • L’Écoute des Clients : Pendant ses années d’activité, il arrivait au bureau vers 4h45 pour lire personnellement plus de 1 000 cartes de commentaires de clients par jour, qu’il traitait comme des « lettres de fans » pour améliorer ses services.

Ses Activités Actuelles : Philanthropie et Musique Classique

Depuis son retrait volontaire de la direction de CoCo Ichibanya en 2002 à l’âge de 53 ans, Munetsugu se consacre à sa passion pour la musique classique et à la bienfaisance :

  • Munetsugu Hall : Il a fondé à Nagoya une salle de concert de renommée mondiale qui organise environ 400 concerts par an, avec des tarifs accessibles pour populariser la musique classique.
  • Yellow Angel : Via cette organisation NPO, il finance des bourses d’études pour des centaines d’étudiants et **prête des instruments de musique à de jeunes talents internationaux.
  • Don de soi : Il continue ses activités de nettoyage quotidiennes et participe activement à des soupes populaires pour les sans-abris.

Voici une bonne interview de lui, sur youtube. J’ai vérifié que les sous-titres en Français sont disponibles -même si pas parfaits.

【毎日3時起き】ココイチ創業者の1日に朝から晩まで密着してきた | COCO壱番屋 宗次徳二さん – YouTube

Au début de cet interview on le voit le matin en train de planter des fleurs le long d’une avenue de Nagoya.

Je me dits qu’en France les pots de fleurs seraient sans doute volés; et les parterres de fleurs saccagés…

Quel personnage exceptionnel que ce Munetsugu, l’écouter me fait sourire et me donne de l’espoir.

Pour nous rapprocher un peu de lui nous sommes allés dîner dans un de ses restaurants; à Himeji. Tout était très propre. Le staff excellent. Le restau très bien organisé; rien n’a été laissé au hasard. Le curry excellent. Nous y retournerons.


Des nouvelles depuis mai

Article en Anglais ICI

Voilà donc un peu plus d’un mois que je n’ai pas écrit d’article.

Ces dernières semaines, je me suis vraiment plongé dans mon projet de livre sur les Heures Oisives (徒然草), et j’ai enfin commencé à voir clairement quel type de dessin je veux faire, quelles couleurs utiliser, dans quel style, et quels éléments intégrer au livre. Avec l’ajout d’un nouveau personnage, l’ensemble commence vraiment à prendre sens.

J’avais commencé à écrire dessiner ce livre — qui est quelque part entre la bande dessinée et le livre pour enfants — en janvier ou février. Au début je faisais surtout des esquisses, j’assemblais des idées, des gags. Mais comment tout cela allait-il s’assembler ? Est-ce que l’ensemble tiendrait debout ?

Et puis, il y a un peu plus d’un mois, j’ai commencé à y voir plus clair. Ou plutôt, j’ai enfin obtenu quelque chose qui me satisfait vraiment. À partir de là, j’ai travaillé à fond, complétant environ 80 % d’une trentaine de pages. J’ai maintenant l’impression d’être à mi‑chemin. Il reste beaucoup à faire mais je sens que je suis sur des rails, plutot qu’au milieu d’un sentier mal tracé.

Au jardin, les tomates poussent bien, mais les concombres se font zigouiller par des petites bêtes. Les plants d’aubergines, eux, ont littéralement fondu — sous la pluie — et j’ai dû les refaire, ainsi que les piments. Comme d’habitude, rien ne se passe jamais exactement comme on voudrait.

J’ai suivi également les actualités : les émeutes, les destructions et les attaques un peu partout en France après la victoire du PSG. Je me demande comment tout cela va finir, sachant que chaque fois, tout semble aller crescendo, les émeutes étant plus violentes et ayant lieu à travers des territoires plus étendus. Un peu comme des métastases.

Je me dis que ces événements ne doivent pas être vus comme des incidents isolés, mais comme une tendance, un mouvement profond qui tourne sur des cycles de vingt à vingt‑cinq ans.

Un nouveau projet: les illustrations que j’avais réalisées pour la ville de Tatsuno continuent de tourner et depuis la semaine dernière, elles sont exposées dans une pâtisserie de Tatsuno.

Il y a peu, j’avais dessiné un dessert, un parfait, en comparant chacune de ses couches de glace aux différentes phases de la vie. « La vie comme un dessert »

J’en ai fait un cahier que je vends en ligne.

La pâtisserie a proposé d’en faire un vrai dessert — absolument délicieux. Pendant l’exposition, nous organiserons deux journées avec un talk‑show où je parlerai du dessin, de la vie comme d’un dessert, et à la fin, tout le monde pourra en déguster la version réelle.

J’ai aussi donné une présentation de deux heures la semaine dernière pour une association culturelle à Himeji. J’y ai parlé de ma vie, et de la manière dont, à plusieurs reprises, tout en travaillant ou en étudiant, je me suis lancé en autodidacte dans l’étude de nouvelles disciplines : le japonais, le business et les finances, ou encore les systèmes d’exploitation Linux — sans parler des trois bandes dessinées que j’ai réalisées en parallèle de mon travail. Chaque fois, cela m’a permis de changer de direction: venir vivre au Japon, trouver un excellent poste chez Microsoft, devenir CEO d’une entreprise locale, et finalement transformer ma vie et devenir Wakame Tamago.

Soixante personnes sont venues voir la présentation — beaucoup plus que ce que j’imaginais — et j’ai eu d’excellents retours. J’étais un peu tendu au début, mais tout s’est très bien passé.

Je me disais cependant, que puis-je partager avec cet auditoire vénérable, qu’il ne sait pas déjà ? Grosse question !

Ah! les gens sont vraiment généreux ! Je les en remercie.

J’aimerais en effet pouvoir faire des présentations, raconter des histoires, cela pourrait très bien compléter mon travail de création graphique avec Wakame Tamago.

Bref, les mois de mai et juin ont été bien remplis.

Beaucoup de travail, mais aussi énormément de très bons moments, grâce aux amis, mon épouse, aux chats, aux lecteurs ! On n’est jamais seul.

Récolter du thé

{English} {Japonais}

Très belle journée, et j’en ai profité pour aller dans ma petite montagne pour récolter un peu de thé. La montagne ici… en effet, on dit yama (montagne) plutôt que mori (forêt).

La montagne donc, étant couverte de grands cryptomères, la lumière y est limitée. Les nouvelles feuilles des théiers, en fonction de leur emplacement plus ou moins exposé au soleil, variaient beaucoup.

J’avais aussi planté des mûriers

Pour y accéder, je traverse la route juste en face de la maison et je monte un chemin qui serpente pour arriver à, je dirais, trente mètres de hauteur. Il ne faut pas aller loin pour, tout d’un coup, arriver dans un autre monde : on ne voit plus les maisons du village et on n’entend plus rien des hommes. Tout d’un coup, tout est très calme, et on n’entend plus que les oiseaux et le vent qui chatouille les branches des arbres.

Espace différent. Autre échelle du temps aussi. Dès que j’arrive dans ce petit espace de la montagne — ce petit espace qui m’appartient, sept mille mètres carrés — c’est un autre chez-moi… Liberté, silence.

Qu’est-ce qu’on se sent bien !

Les théiers sont des survivants de l’époque où les habitants du village étaient autosuffisants, soit il y a 60 ou 70 ans. Alors, presque tout le monde faisait son thé, et les théiers étaient savamment plantés le long des chemins de montagne…

En écrivant ces lignes, je pense à mon arrière-grand-père qui, lui, dans les Charentes, faisait son vin. Au Japon, tout le monde faisait son thé ; en France, c’est le vin — deux boissons qui, chacune à leur manière, rendaient l’eau potable et sûre.

Dans un sens, je répète les gestes que faisait mon arrière grand père, Gaston. Il travaillait sa vigne, moi je vais récolter les feuilles de thé … les gestes dans la forme sont différents mais au fond ils se ressemblent, Donc je me reconnecte avec mes ancêtres.

Cette petite récolte de thé aujourd’hui m’a permis de passer toute la journée dehors !

Or, rien ne vaut passer la journée dehors par un si beau temps.

Une petite réflexion en passant sur la maison traditionnelle japonaise : elle est vraiment conçue pour vivre dehors. Les gens, en l’absence d’électricité, vivaient et travaillaient dehors, et n’allaient dans la maison que lorsque la pénombre ou les intempéries les en obligeaient.

La préparation du thé se fait en trois étapes : — aller prendre des feuilles de thé en montagne ; — je coupe des petites branches entières, ça permet de contrôler la croissance de l’arbuste ; — rentré à la maison, on fait un tri et on retire les branches : c’est la phase du quality control, en faisant attention aussi à retirer les insectes, les cocons de papillons, les araignées que l’on aurait pu ramener ; ensuite, on passe tout dans une marmite sur le feu pour sécher les feuilles. On répète cette opération au moins trois fois.

ça prend tout l’après-midi… Je suis debout devant la marmite ; j’utilise un Dutch oven sur un réchaud à gaz, et même maintenant, six heures plus tard, j’ai encore le pif empli de ces arômes si agréables…

Je laisse les feuilles sécher à la maison et je répèterai cette opération de séchage sur le feu encore demain matin…

Pour la phase 2 du QC quality control ma femme est venue m’aider. Ces petits travaux manuels gagnent à être faits en famille ou avec les amis.

C’est intéressant de refaire les gestes d’autrefois ces gestes qui ont été faits des milions de fois pendant des siècles …. Il y a une reconnexion qui s’opère au niveau de l’ADN ….

Ce thé que j’ai récolté on l’appelle le bancha, une version populaire du thé ou on peut utiliser toutes les feuilles, aussi bien les jeunes feuilles que les autres.

J’aime bien quand je me prépare un bancha y ajouter quelques feuilles de menthe du jardin.

Il m’est d’ailleurs arrivé ces dernières années de faire des petit trips lorsque en buvant du bancha je fume des cigarettes ou une pipe… Etonnant … Il y a tout un parfum qui s’empare de la tête entière et on se sent super bien !!!

Fleuris, là où tu as été planté

{English} {Japonais 日本語}

Tranquillement, dans le jardin, ce matin, je prépare des planches de semis. Cacahuètes. Haricots rouges azuki. Sur les planches préparées il y a une dizaine de jours, pointent déjà les pousses de maïs, de tomates, de concombres.

Le temps est nuageux.

De plusieurs coins du hameau paisible où nous vivons montent les bruits de débroussailleuses. Les voisins s’activent dans leurs jardins et autour de leurs maisons.

Me revient à l’esprit la phrase de St François de Sales.
Fleuris, là où tu as été planté.

Je la répète aux cacahuètes et aux haricots rouges qui vont bientôt s’éveiller, et aux tomates, aux concombres, au maïs…

Pour mon livre CONTINUER, j’avais fait un dessin inspiré de cette phrase, mais finalement je ne l’ai pas retenu.

Sachant que personnellement je me suis dépoté de France et replanté au Japon …

Ce que je fais tous les jours

Version Japonaise ici, Anglaise ici.

Cette semaine, c’est la Golden Week au Japon : un petit cluster de jours fériés qui forme un beau moment dans l’année, à la meilleure saison pour profiter de quelques vacances. Avant, dès février, j’attendais son arrivée pour souffler un peu.

C’était pourtant la période où, au travail, nous devions boucler les budgets annuels — l’année fiscale de la boîte commençant le premier juillet.

En réalité, toute ma vie finissait par suivre le rythme financier de l’entreprise : budgets, prévisions trimestrielles, début de la nouvelle année fiscale… Et même pendant la Golden Week — mes collègues aux États‑Unis n’en avaient rien à fiche, de la GW ! — je devais souvent travailler un peu. Ce rythme financier, je l’aimais et je le détestais à la fois : parce que ça ne s’arrête jamais, parce que ça continuera pareil dans cinquante ans, et aussi parce que, comme c’était mon job, cela me donnait une certaine justification et une sécurité d’emploi.


Mais pour moi, c’est fini. J’ai quitté mon job en octobre, et désormais chaque jour ressemble à des vacances — dans le sens où 90 % de ce que je fais, ce sont des choses que j’ai envie de faire. Avant, c’était plutôt 10 %. Je n’ai plus qu’une seule réunion par semaine — au lieu d’une cinquantaine — celle du lundi matin avec mon ami Saki‑chan et son chien, dans son atelier, de 7 à 8 heures… et plus si affinités.
J’ai aussi une présentation mensuelle à préparer pour notre talk‑show avec monsieur Iwata sur la littérature classique japonaise, consacré aux Heures oisives de Yoshida Kenkō. D’ailleurs, demain aura lieu notre neuvième édition, avec deux chapitres qui traitent justement du pognon : les chapitres 140 et 217.

Cela dit, je suis très occupé. Je suis presque plus occupé maintenant que lorsque je travaillais à Microsoft. Incroyable.

Mon emploi du temps dépend de la météo et des saisons. J’essaie de donner la priorité au jardin : ce qu’il faut planter, arranger, récolter, cuisiner, manger. Le jardin et les légumes n’attendent pas ; ils vivent à leur rythme, et c’est à moi de les suivre.

Semis de KROTs and TOMTs … départ tardif mais prometteur

Autre priorité : le bois. Pour stocker un énorme arrivage de bois de chauffe, j’ai dû construire un nouvel abri, puis couper, fendre et ranger le bois. Voilà une activité qui ne peut pas attendre non plus : il n’est pas souhaitable de laisser le bois longtemps sous la pluie-en Juin viendra la saison des pluies-, et en plus ça prend toute la place.

C’est quand que tu vas ranger tout ça ? – dis Minou le chat

En m’occupant de tout cela ces deux dernières semaines, je me suis demandé comment j’arrivais à faire tout ça tout en travaillant à Microsoft, en y consacrant tant d’heures et d’énergie. Certes, je pouvais faire un petit tour de dix minutes au potager ou aller fendre du bois entre deux réunions. Combien de fois, d’ailleurs, chargé de stress, me suis‑je défoulé avec la hache en imaginant voir, dans les bûches à fendre, les têtes de quelques collègues antipathiques…

Nouvel abris bois, presque plein

Mais au‑delà du jardin et du bois, j’ai désormais tout le temps pour travailler sur mes projets — notamment de dessin. J’essaie de commencer tôt, vers 6 heures du matin. Les meilleurs jours à six heures je me tourne vers mon cahier ou je prends des notes, je fais le point sur mes projets et ce que j’ai en tête, C’est peut être la meilleure façon de commencer la journée. Une meilleure solution sans doute serait de prendre ces notes le soir avant de se coucher. J’essaierai ce soir !

En cette saison, le soleil se hisse de derrière les montagnes vers 10 heures ; à ce moment‑là, je sors voir ce qui se passe. Mais en gros, de 6 heures à midi, je suis sur mes dessins.

Cela ne veut pas dire que je dessine tout ce temps. Il y a beaucoup de réflexion, de flottements : trouver des idées qui me plaisent, des idées un peu farfelues, étonnantes mais avec des sens multiples, chercher la composition, la posture des personnages, l’angle de vue, comment structurer une image. Le temps passé à réellement dessiner est en réalité une petite fraction. J’essaie aussi souvent de nouvelles techniques, et des fonctionnalités du logiciel de dessin clip studio paint … donc beaucoup de temps de recherche et d’apprentissage.


Je travaille sur trois projets :

— La préparation de nos talk‑shows mensuels : deux chapitres chaque mois des Heures oisives de Kenkō. Sélection, lecture, interprétation, puis dessin humoristique pour illustrer le propos.

— Une nouvelle bande dessinée — en réalité plutôt un livre pour enfants — qui présente les Heures oisives sous un nouvel angle. J’y sélectionne des chapitres abordés lors du talk‑show et je réalise de nouveaux dessins. C’est mon gros projet, celui qui me prend le plus de temps.

— Et quelques commandes d’illustration : les dessins de la ville de Tatsuno, un dessin retraçant l’histoire d’une famille des Ardennes au début du XXᵉ siècle, un poster pour un concert de biwa, un pamphlet pour une société d’élagage, etc.

C’est très variable, mais j’essaie de bouger l’après‑midi. Si le temps est trop mauvais, je monte sur mon rameur.

On n’a pas fini tous les poireaux l’hiver

En fin d’après‑midi, je retourne au bureau et je continue. Parfois, lorsque je bute sur une idée, c’est vraiment difficile. Dans ce cas, je passe à autre chose pour laisser mijoter un peu, que les synapses se délient et fassent de la place à de nouvelles connexions.

Je ne m’étends pas dessus ici, mais les moments avec mon épouse — l’apéro avec les chats dans le jardin, les dîners — sont bien sûr si précieux …

C’est franchement une vie de rêve, ma vie de rêve. J’en apprécie chaque minute. Je m’en remercie !!

Le paradis sur terre

Dimanche (avant‑hier), il y avait un marché organisé par le temple d’un village à 10 km d’ici. J’y ai déployé mon stand et proposé mes productions aux visiteurs : bandes dessinées, serviettes tenugui, et Le cahier de la vie comme un dessert.

J’avais participé au même marché l’année dernière, en mars, mais il pleuvait alors et nous n’avions pas encore l’explosion de couleurs et de lumières du printemps.

Le temple n’est pas particulièrement grand. Il est situé au centre d’un petit hameau resserré sur lui‑même, où serpentent des ruelles étroites… Les voitures ne peuvent pas s’y croiser, ce qui témoigne d’une époque où il n’y avait pas de bagnoles, mais des mules… non, plutôt des vaches.

Le tout se trouve au milieu d’une plaine assez large, dont les rizières ont pu assurer, ces derniers siècles, une prospérité sans doute inconnue à mon village : ici, la vallée est étroite, les montagnes plus présentes, et l’espace pour les cultures bien plus limité.

À peine 10 km nous séparent, mais la géographie de ce hameau est très différente de la nôtre.

À côté de l’entrée du temple, une petite mare où grenouilles et autres petits êtres doivent vivre en toute sécurité. C’est peut‑être une réserve d’eau en cas d’incendie.

Près de la porte principale, une porte secondaire donne accès à une petite bâtisse ouverte tous les jours aux enfants du village. Je vois d’ailleurs quatre vélos arrêtés devant ; à l’intérieur, des enfants sont assis confortablement, sans doute en train de faire leurs devoirs ou des révisions.

Depuis cette bâtisse, on rejoint le temple proprement dit en se laissant guider par un petit chemin de pierres. Il faut dire que tout est fleuri : fleurs, arbustes, arbres… et leur emplacement n’est pas fortuit. Ensemble, ils participent à cette atmosphère de paix et de sérénité qui imprègne tout l’endroit.

L’espace s’ouvre et se dégage devant le temple. Au milieu, un ancien puits. Si l’on y prête l’oreille, on peut entendre une grenouille. Ce puis est superbe et un cerisier lui tient compagnie.

J’installe mon stand juste sous la statue de Shinran, fondateur au XIIIᵉ siècle de l’école bouddhique japonaise Jōdo‑Shinshū.

La journée commence, avec plusieurs centaines de visiteurs. Et tout le monde a l’air si heureux.

C’est incroyable. Il y a des groupes de musiciens. Des enfants font le tour des stands à l’infini.
Nous devons être une vingtaine d’exposants. Plusieurs vendent des livres d’occasion ; il y a un stand de thé taïwanais, un stand de desserts vietnamiens, un stand de café, d’onigiris, de barbe à papa… Un stand d’arrangements floraux, un autre avec de jolis pots de fleurs faits maison.

Un ami que je n’avais pas vu depuis plusieurs années me suit sur Instagram et est venu me rendre visite avec son jeune fils. Ça m’a fait très plaisir. On a pu bien discuter… Qu’est‑ce que c’est sympathique. Au même moment, trois jeunes femmes arrivent et posent des questions sur mes BD. Je leur présente Retour sur Terre, et justement cet ami leur dit : « Vous voyez là, le dessin de ce monsieur qui fait pipi debout dans une baignoire dans la forêt ? C’EST MON PAPA ! »

Et oui, c’est vrai ! Qu’est‑ce que j’ai ri ! « Et regardez ici aussi, ce monsieur qui apporte un chaton à Wakame Tamago… c’est mon frangin ! » Et oui, c’est vrai aussi !

Pour moi, c’est aussi l’occasion de “tester” mon offre, assez variée : les serviettes tenugui, mes BD, mon dernier cahier La vie comme un dessert.

Je suis conscient des limites de mon business model : le cycle de production de mes BD est très lent. Même si j’ai quitté mon job et que je dessine désormais tous les jours, il me faudra au moins un an pour produire un nouveau livre (contre trois à cinq ans auparavant). À cela s’ajoute qu’avec les BD, on ne peut pas avoir de repeater : une fois qu’une personne a acheté et lu une BD, elle ne va pas racheter la même. Grosse différence avec, par exemple, les desserts vietnamiens… si bons qu’on pourrait vouloir s’en offrir un tous les jours.

Cela dit, je ne fais pas tout cela pour l’argent. Idéalement, la vente de mes produits permettrait simplement de générer assez de cash pour réinvestir : produire un nouveau design de serviette tenugui, par exemple. En même temps, je veux éviter de crouler sous les stocks d’invendus.

Aller dans ces marchés, c’est surtout l’occasion de rencontrer des gens et de faire connaissance. Et vraiment, tout le monde est si gentil, aimable, curieux, amusant… C’est un vrai plaisir.

À un moment, un oiseau est venu voler juste à côté de moi et je me suis dit : ce temple, c’est un vrai paradis.

Pouvoir créer un tel lieu où les gens se rassemblent et passent des moments agréables, le cœur léger, sans tomber dans la moindre vulgarité… voilà un summum de la civilisation.

Les artistes en scène dès 5 heures du matin en Avril

Je souhaite documenter les changements de saison ici dans notre village. Tout est si bien orchestré …

Faire ça tôt le matin vers 5 heures, installer la caméra et un sound recorder ça a l’avantage de ne pas être dérangé par les 10 voitures par heure qui viennent passer ici.

5 heures le matin c’est après le distributeur de journaux – il y en a deux, un qui passe vers deux heures du mat et un qui passe vers 3 heures 40- et avant le distributeur de lait qui lui passe à six heures.

J’avais fait un premier essai en mars, voici le nouvel enregistrement.

Tara No Me (pousses d’angélique du Japon) et autres choses

Lundi matin, comme presque toutes les semaines depuis plus de dix ans, je suis allé retrouver Saki‑chan dans son atelier pour prendre un café et faire le point.
On fait notre meeting de 7 à 8 heures du matin.

Quelle excellente habitude.

Les montagnes déploient devant nous leurs palettes de couleurs. Il reste encore quelques cerisiers en fleur, mais déjà on admire des explosions de vert : les jeunes feuillages commencent à se montrer, avec leur vert très frais.

Cette saison du printemps nous offre une multitude de cadeaux, et pas seulement visuels, mais aussi gustatifs.
Justement, Saki‑chan me propose d’aller chercher des tara no me タラの芽 ou des pousses d’angélique du Japon.
J’acquiesce immédiatement.

Saki‑chan remarque : « Oh, tu es vraiment libre maintenant. »
C’est sûr que lorsque je travaillais encore, je devais d’abord vérifier que je n’avais pas de réunion ou quelque chose d’urgent à faire… mais maintenant je suis libre.

La récolte prend une heure et demie.
Nous montons en montagne : il y a un endroit dégagé où poussent une dizaine de tara. Les arbres étendent leurs branches jusqu’à quatre ou cinq mètres ; on utilise des perches télescopiques équipées d’un sécateur au bout.

Au retour, je découvre dans ma botte une énorme sangsue qui se régale de mon sang. Sucer le sang d’un étranger ne semble pas l’incommoder. Je veux éviter de l’arracher, car elle pourrait laisser des crocs dans la plaie… En général, je mets du sel sur les sangsues : elles se détachent tout de suite. Mais il n’y en a pas dans l’atelier où nous sommes de retour.
J’essaie de la brûler avec un briquet. Je me rappelle avoir lu quelque part que les soldats au Vietnam fumaient sans cesse pour se débarrasser des sangsues…

Saki‑chan apporte du mokusaku‑eki (acide pyroligneux, produit de sa fabrication de charbon de bois), et cela fait enfin lâcher la sangsue.

Tout en essayant de la faire partir, on discute des nouvelles, notamment des événements en Iran : encore une chose dont on se serait bien passé. Je n’explique pas à Saki‑chan que l’ayatollah Khomeini fut en exil en France et qu’il gagna l’Iran dans un avion Air France — merci à la France d’avoir protégé cette énorme sangsue… Il aurait été plus avisé de la dégager.

De retour à la maison, je finis de travailler sur un nouvel abri pour le bois.

En général ici on prépare les tara no me en tempura.
De mon côté j’aime bien les passer à la poêle, avec du beurre.
Ce soir j’en fais une tortilla avec trois champignons shiitakés récoltés dans le jardin.

Encore une journée formidable… avec tellement de choses à faire dehors que je n’ai pas pu dessiner.
Mon nouveau projet de BD qui traite de Tsureduregusa -Les Heures Oisives, par Urabe Kenko- pourtant avance pas mal avec de gros progrès depuis Janvier….

Tom Sachs, faire un furoshiki

Tom Sachs

Les magies de l’algorithme de YouTube faisant bien les choses, je suis récemment retombé sur des vidéos de Tom Sachs, ce créateur‑bricoleur basé à New York.
Créateur‑bricoleur, car ses œuvres ressemblent davantage à du bricolage qu’à des sculptures à proprement parler.

Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est qu’il a bâti tout un processus, une esthétique, un culte autour de l’acte du bricolage : une élévation du bricolage jusque dans un espace sacré… presque comme une discipline spirituelle.
Pensez, par exemple, à son atelier qu’il a organisé et codifié avec des rituels. C’est assez incroyable.

En fait, Tom Sachs déconstruit la création en un concept terre‑à‑terre comme celui du bricolage, pour ensuite l’élever sur un piédestal et le célébrer comme un acte sacré.

Ses réflexions sur le consumérisme, les marques, ses partenariats avec Nike par contre, ne m’intéressent absolument pas ; mais oui, il faut avoir le sens des affaires.

Pour ma part, je réutilise — je remastique — cette idée, notamment celle d’être pleinement dans le moment grâce au bricolage.

Dans un de ses récents posts Instagram, il parlait du furoshiki.

Furoshiki

Le furoshiki, c’est une ancienne technique japonaise traditionnelle de pliage et de nouage d’un carré de tissu, utilisée pour emballer, transporter et offrir des objets ou des cadeaux.

À noter d’ailleurs que Sachs a aussi travaillé sur la cérémonie du thé.

Pourrais‑je utiliser un furoshiki pour emballer et transporter mes courses, mes pots de yaourt, mes poches de saucisses ? Peut‑être pourrais‑je ainsi me passer de ces affreux sacs plastiques.

Et surtout, apprendre et répéter moi‑même des gestes que les Japonais ont accomplis pendant des siècles, ça, c’est très intéressant…

Faire les gestes d’autrefois.

Par exemple, fendre du bois avec une hache est une expérience très différente que de le fendre avec une machine.

Idem pour faire un feu : c’est une expérience à part. On sent que quelque chose se reconnecte… par contre … allumer la gazinière … allumer la télé …

Oui, il y a une reconnexion qui s’opère quelque part lorsque l’on refait les gestes d’autrefois.

Donc, pourquoi pas utiliser un furoshiki ?

Bricolage ! Avec mes serviettes ténuguis

Mais plutôt que d’en acheter un, autant en fabriquer un.

Il faut un tissu carré : 90 cm sur 90 cm paraît raisonnable. Les plus grands front 130 sur 130.

Or, j’ai fait des serviettes ténugui, de fines serviettes en coton, elles mesurent 34 × 90 cm.

J’ai deux designs : un design Wakame Tamago avec une algue et des œufs durs ; un autre inspiré des légumes du jardin et des petites bébêtes qu’on y trouve.

J’ai encore du stock, une cinquantaine de chaque. Je les vends en ligne et aussi sur les marchés ou pendant mes expos.
Mon but ici, une fois les stocks épuisés, est d’avoir un prétexte pour travailler sur un nouveau design.

Ces ténugui, je les utilise tous les jours : en hiver comme écharpe légère, en été pour me protéger la tête du soleil et m’essuyer avec la chaleur humide.

Pourquoi alors ne pas utiliser trois vieux ténugui et les coudre ensemble pour former un carré de 90 × 90 ?

Voyez comme tout cela s’enchaîne comme par magie (comme l algorithme de youtube d ailleurs) … Je voulais aussi apprendre à me servir de la machine à coudre…

Avec ce projet utile, je peux en apprendre les bases.

Pour y voir clair, je mets la machine à coudre dans le jardin un jour de soleil, et hop, c’est parti…

Quand on fait les choses soi même on accepte les défauts … d ailleurs pourquoi pas des courbes plutôt que des lignes droites …

reste à apprendre les différentes utilisations et techniques pour bien utiliser mon furoshiki ….

Les artistes en scène dès 5 heures du matin

Ce matin m étant réveillé assez tôt j ai posé la caméra vidéo et ai enregistré tout ce qui se passe, entre 5h40 et 6h10 le matin ici en ce mi-mars.

Les chants d oiseaux, avec en fond la rivière … les chouettes …. des canards qui arrivent à un moment …

Plus que regarder … je dirais .. à écouter sur youtube …

Bon …. je ré-essairais mais en orientant la caméra dans le sens contraire, vers la rivière … pour voir ce qu il s y passe.

Nouveau: le cahier « La Vie comme un dessert »

Voici un cahier original avec mon dessin « La Vie comme un dessert« .

L idée est trop bonne et drop drôle pour la laisser au stade de dessin, pourquoi pas donc un cahier pour faire des croquis, prendre des notes …

Les plats recto et verso sont en Japonais, les 2e et 3 plats sont en Français !

Petite vidéo youtube qui présente ce cahier.

Format B5 – 44 pages. Made in Japan. Papier 70kg par m2.

9 Euros port inclus.

Pour commander hors Japon, merci d utiliser paypal en cliquant sur ce lien ici. (mais si vous résidez au Japon allez ici).

Merci !

Un bel arbre dans un bel endroit

Dimanche, monsieur U., un arboriste et esthète, m’appelle pour me dire que je peux aller chercher du bois dans le village à côté de son atelier.
Il a en effet élagué le ginkgo géant du sanctuaire shintô de son hameau.

Dans le hameau en question plein de belles maisons anciennes

Je vais voir lundi et découvre un immense amas de branches, aussi grosses que les arbres auxquels j’ai en général affaire !
Avant de commencer à débiter et à charger mon petit camion, je vais voir monsieur U. chez lui… Ah, mais il est parti sur un chantier.

Je confie une bouteille de saké à son épouse.


Puis je fais un tour au sanctuaire shintô pour voir de quel arbre il s’agissait… Il y a en effet un ginkgo gigantesque. Je le remercie. -le ginko-.

Quand je travaillais encore comme salarié, j’aurais été contraint d’étaler le travail sur plusieurs jours : une heure par-ci, deux heures par-là.
Mais comme je suis désormais libre de contraintes, je décide de tout transporter en une journée, quoi qu’en disent mon dos et mon camion.

Il ne me faudra pas moins de six chargements : dans mon petit camion keitora, je ne peux charger que jusqu’à 350 kg.

Certaines branches ressemblent à de véritables troncs d’arbres. Quel bois magnifique !

Il est tellement beau que ce serait dommage de tout fendre et de tout brûler. Je vais donc en tirer au moins une planche, qui me permettra de faire quelque chose plus tard : un banc, une étagère… que sais‑je !
Pour cela aussi, je n’ai pas à compter mes heures : ça change tout.

Civet de chevreuil et reconnexions

L autre soir, je faisais remarquer à ma femme que je suis très solitaire… dans le sens où je passe de longs moments sans voir personne quand je suis sur mon PC à faire des dessins.
C’est comme lorsque je travaillais : j’étais tout le temps seul dans mon home office, sauf que j’étais au téléphone en réunions ou en discussions cinq heures par jour. Ça, c’est fini.

Mais les petits événements d’aujourd’hui démentent complètement cette idée de solitude.

Voulant faire mijoter un civet de chevreuil dans un dutch oven, je vais voir ce matin Saki-chan dans son atelier pour lui demander s’il lui reste du charbon de bois.
Il en a un stock énorme et me donne une grosse caisse métallique pleine de charbon.


Il était justement en train de faire un petit feu ; je me joins à lui et nous passons une heure très agréable à parler de choses diverses et variées.

On commence par la météo, l’adoucissement annoncé et les pluies prévues cette semaine… On en a eu très peu de pluie, et certaines régions du Japon sont même à sec.

Ensuite, on aborde un sujet qui nous touche tous les deux : comment, à partir de la génération de Saki-chan — disons celle de mes parents — tout un tas de connaissances et de savoir-faire autrefois transmis de génération en génération se sont soudainement perdus avec la modernisation et l’exode rural.

De mon côté, je fais la liste des choses que mon grand-père maîtrisait : la chasse, la pêche, l’apiculture, l’élevage de petits animaux… des domaines que j’ignore totalement.
Et mon grand-oncle, charpentier : il aurait pu m’en apprendre des choses, quand enfant je passais mes vacances d’été chez lui. Sans parler de son vin… Mais j’étais petit et je préférais lire Picsou Magazine.
Et mon arrière-grand-père, qui faisait la gnôle…
Bref, tout ce savoir-faire qui a fait vivre nos ancêtres pendant des siècles s’est perdu.

Saki-chan reprend le sujet en parlant de son métier : savoir construire des maisons selon les méthodes traditionnelles. Aujourd’hui, peut-être 5 % des charpentiers ici en sont encore capables. Pour les autres, c’est le pistolet à clous et vas-y que je te cloue les planches de contreplaqué…
Qui sait encore manier la scie, le ciseau à bois, le rabot ?
Un autre exemple : autrefois, au village, dit-il, il y avait une grand-mère qui savait faire du doburoku, un alcool de riz très fort. Recette perdue. Pareil pour l’amazaké…

Bref, nous parlons de tout ça, passionnés. Puis nous partons à la station-service : je dois faire le plein de mon camion et Saki-chan doit faire réparer un pneu crevé. Là-bas, tout le monde nous salue et on tape un peu la discute.

Finalement, ce que je racontais hier à ma femme — que je suis très solitaire — c’est vraiment relatif.

Plus tard, je commence à faire un feu pour le civet.
J’utilise l’irori sur roulettes dans le jardin. Le temps est doux et il y a un beau soleil.

Allumer un feu dehors… j’ai l’impression de me reconnecter avec mon ADN.

Je passe ainsi l’après-midi : je dépose du charbon ici, j’en rajoute là, je souffle pour activer la combustion. J’écoute les oiseaux. J’écoute le chevreuil qui commence à mijoter.


Il y a tellement de choses à faire, mais des choses simples, qui ne demandent pas de réfléchir.

Au contraire je peux me concentrer sur la sensation et l observation. C’est très reposant.

Le civet sera pour le lendemain. Alors on fait un peu de place et on déplace quelques morceaux de charbon pour griller des brochettes improvisées — des morceaux de poulet — pour un déjeuner-dîner vers quatre heures de l’après-midi.

Ce qui fait rappliquer Minou, le chat.
Et donc nous dînons à trois.

Fin du projet Promenade à Tatsuno

Fin du projet Promenade à Tatsuno

La semaine dernière j’ai bouclé le projet Promenade à Tatsuno.
Le projet consistait à dessiner dix maisons anciennes de la ville dans le but de mieux faire connaitre la ville -Tatsuno- aux visiteurs étrangers.

Mon conseil aux voyageurs

A tout voyageur désirant découvrir le Japon d’autrefois et visitant notre région -ouest de Osaka et Kyoto-, je conseillerais ce bundle:
– une journée à Himeji pour le matin faire la découverte du sanctuaireEngyo ji puis visiter le château et la ville.
– une nuit à l’hôtel après s’être réhydraté auprès des nombreux bistrots et izakaya -izakaya signifie littéralement là ou est l’alcool
– et puis le lendemain matin, prendre le train (ligne Kishin) pour 10 ou 15 minutes jusqu’à la gare Hon Tatsuno….

Le Japon comme autrefois

… De là, gagner la ville ancienne pour se perdre dans les petites allées, les ruelles qui longent les cours d’eau, crapahuter jusqu’au château…

Et profiter des nombreux points de vue qui permettent d’imaginer une ville au Japon il y a 50 100 ou 200 ans…. et tout ça, sans touristes !
La ville n’a pas été détruite pendant la guerre…. et c’est si triste à dire, c’est une exception.
Pour tout personne intéressée par l’architecture il y a des centaines de petites découvertes à faire ….

De belles maisons de 400 ans, on n’en fait plus de nos jours … Beauté fragile… et précieuse.

Les dessins

Sur cette page j’ai mis des copies des dessins.

L’idée c’était avec des maisons sélectionnées mais éparses dans la ville de créer comme une rue virtuelle où l’on peut se promener.
Donc, les maisons sont toutes dessinées de face, sans perspective, et elles sont plus ou moins à la même échelle. Elles sont positionnées à la même hauteur et on peut imaginer en collant les dessins bout à bout suivre une rue imaginaire ….

L’ancienne épicerie Kikuya

C’est ce que nous essaierons de créer en faisant une exposition des dessins sans doute en Avril …

J’ai d’ailleurs fait une petite animation avec certains dessins …

Quel projet merveilleux

En tout cas ce projet était merveilleux pour moi, l’occasion de connaitre et de collaborer avec des gens formidables, de redécouvrir la ville de Tatsuno, et puis du point de vue du dessin et de la conduite d’un projet de création, apprendre beaucoup de nouvelles choses.

avec Mme Mika, du café Galleria

Plusieurs choses glanées sur YOUTUBE

Voici plusieurs choses glanées sur youtube que j’ai trouvé intéressantes, ces dernières semaines.

Un tisserand dans la région du Tarn, qui produit du linge de maison; comment continuer à produire localement dans une industrie transformée par la globalisation.
https://www.youtube.com/watch?v=dckxjnkLPK4

La baleine qui s’était échouée dans la baie d’Osaka; il y a 2 ans avait été enterrée. Deux ans plus tard des travaux ont lieu pour déterrer son squelette qui sera exposé dans le musée d’histoire naturelle d’Osaka.

Dans notre ville à Himeji.

Dans la gare de Himeji, il y a un piano, libre d’accès. Le reportage montre un agent de sécurité qui y joue régulièrement, et qui est devenu une célébrité locale.

Une analyse intéressante de Uniqlo, de son positionnement et de sa stratégie.

Pourquoi tout le monde s’habille chez Uniqlo ?

Espérance de vie qui augmente, vaporisation des retraites, il y a de plus en plus de personnes sénior qui au Japon se lancent dans un business; ici l’exemple d’un réparateur d’instruments de musiques anciens et exotiques qui a commencé son biz à 64 ans.

“第二の人生”シニア世代の起業が増加 8年で売上10倍…1000万円到達も 成功のワケは【羽鳥慎一モーニングショー】(2026年1月15日) – YouTube

1977; Illinois; un café où chacun des 162 clients réguliers ont leur propre coffee mug.

La vie comme un dessert !

N’ayant plus de stress depuis que j’ai arrêté mon job j’ai fortement réduit ma consommation de choses sucrées. Cependant le 1er janvier avec mon épouse on s’est dit allez, on va au convenience store du village et on va manger des trucs sucrés !

J’ai pris une coupe de glace, et j’ai alors pensé à faire ce dessin, et c’est devenu aussi l’opportunité d’apprendre à dessiner des ellipses en perspective…

Bonne année 2026 !

Bonne année 2026 ! et meilleurs voeux de santé et de bien-être pour cette nouvelle année, année du cheval.

Fidèle à la tradition ici le cheval mange des nouilles de sarrasin soba pour passer de 2025 à 26, accompagnées d’algues wakame et d’un oeuf tamago. … mon nom d’artiste c’est Wakame Tamago…

Il s’exclame ha c’est délicieux uma! abrévation de umai, or, cheval se dit uma ….

Suite du projet « Promenade à Tatsuno » – La Résidence Asai.

Je continue à publier chaque semaine sur instagram les dessins de maisons anciennes de la ville de Tatsuno.

En tout, nous aurons 10 maisons ou bâtiments dessinés.

Je vais rassembler tous les dessins sur cette page.

Après le dessin du café Galleria nous avons publié celui de la maison de la famille Asai.


La ville de Tatsuno est connue comme le berceau de la sauce soja shoyu usukuchi et constitue l’un des trois grands centres de production de sauce soja au Japon. La résidence Asai était autrefois la maison d’Asai Sekizō, premier président de la société Higashimaru Shōyu. C’est une magnifique demeure japonaise entourée d’un jardin.
J’ai eu la chance de pouvoir la visiter. Beaucoup de détails architecturaux très intéressants. A noter aussi comment certains bois étaient choisis en fonction de chaque pièce, par exemple du cerisier est utilisé pour les plafonds d’une pièce pour la cérémonie du thé.

Sur le dessin Mr Asai Sekizō jeune, au centre, et à droite, plus vieux. Au premier étage j’ai représenté les silhouettes des usines de highashimaru au début du siècle au centre et aujourd’hui à droite.

Il y a bien longtemps Higashimaru faisait des publicités en utilisant des éléphants, dans le dessin j’ai donc ajouté monsieur Asai, troisième génération de la famille … sur un éléphant.

Si vous passez à Tatsuno et souhaitez visiter la maison vous pouvez contacter monsieur Asai via la pâtisserie attenante « Shisuitei » ou bien en me contactant.

Souvenirs de Noël

Hier soir, avec ma femme, nous nous sommes bien régalés, avec trois cuisses de poulet et un petit gâteau. C’était notre repas de Noël.
Les chats, eux, étaient comme d’habitude. Je crois qu’ils sont bouddhistes.

Pendant ce repas très simple, j’ai raconté à mon épouse japonaise les repas de famille que nous faisions dans le temps, lorsque j’étais enfant, en France.

Nous partions voir mes grands-parents maternels, dans l’île d’Oléron en charente maritime, 17. Il y avait ma sœur, mes parents, ma tante, son mari et ses enfants. Quels moments chaleureux!
Et nous nous tapions des gueuletons énormes. Rien que faire la liste du menu, hier pendant notre repas, nous a rempli le bide.

Nous commencions invariablement par des huîtres, accompagnées de petites saucisses. Ça, je n’ai jamais compris pourquoi, les saucisses … les crépinettes …. À noter qu’Oléron est le temple de l’huître, et que mon grand-père était ostréiculteur. Rien que les huîtres, ça aurait dû nous remplir.

Bien sûr, avant de commencer avec les huîtres, il fallait faire un peu d’échauffement, avec un petit apéro.

Invariablement, après les huîtres, nous enchaînions sur un plat de viande. Je ne me souviens plus très bien, mais il y avait certainement du sanglier, du chevreuil -mon grand-père chassait- et un truc pour accompagner… un légume ? Il est très difficile, pour les légumes, de rester dans les mémoires. Peut-être des pommes de terre ?

C’étaient vraiment des moments joyeux. Bien sûr, enfant, je ne pensais qu’aux cadeaux que j’allais avoir plus tard, dans la nuit, ….. à la rigueur, je pensais aux cadeaux et au gâteau du dessert.
Un peu plus tard, quand j’étais adolescent, je crois que j’ai commencé à comprendre le plaisir des ces grands repas de famille. De tout ça, je garde d’excellents souvenirs.

Et puis dans les discussions les mêmes histoires, les mêmes blagues revenaient, c’était comme si on se répétait les mêmes mythes de la famille, pour tisser une trame … A l’époque je ne comprenais pas tout …

Il y avait la blague que mon grand-père avait fait à ma grand mère, pendant l’Occupation par les allemands …

Bien sûr, la viande finie, après c’était le fromage.
Et puis le dessert, comme s’il y avait encore de la place.


Et puis après, les digestifs, accompagnés de petits chocolats.

Et je crois que ça a été comme ça tous les ans, la nuit du 24, et puis bien sûr le lendemain aussi, le déjeuner du 25. Quelle prospérité !!

Une fois je me souviens, le repas fini, nous avions, tous ensemble, quitté le hameau où vivaient mes grand-parents pour marcher la nuit sur les petits chemins entre les marais jusqu’à l’église du chateau d’oléron, pour aller à la messe de noël. 1.8km.


A cette époque tout le monde dans la famille était vivant, et en forme.


Tout ça, c’est une vraie culture : manger énormément comme ça. C’est un sport. Et j’avoue ne pas retrouver ça au Japon. C’est différent, ne serait-ce que parce que chacun se sert ; et donc, même si on a un repas copieux, on peut contrôler les doses, on peut contrôler de combien on va remplir son assiette.

Cette histoire, bien sûr, a fait rire ma femme. Lorsqu’elle était venue nous voir en France, elle avait participé à des repas de famille. Elle s’était demandé : « Mais comment est-ce qu’ils font pour manger tout ça ? »
Ah, ça requiert de l’entraînement.

Ça me fait également penser à Roland Barthes, dans son livre L’Empire des signes. Il avait très habilement dit qu’en France, on boit de l’alcool pour manger, pour accompagner la nourriture, les cuisines. Au Japon, on mange pour boire : c’est-à-dire que la nourriture est faite pour accompagner l’alcool.
Intéressant : le Japon et la France sont à la fois très forts sur la gastronomie et l’alcool, mais leurs rôles sont inversés.


Il est très difficile pour moi, vivant au Japon et étant quand même bien éloigné de la religion, de penser vraiment à Noël et à Jésus. J’essaie de me forcer un peu en écoutant de la belle musique d’Olivier Messiaen.

Et puis je me suis rappelé de la déchristianisation forcée qu’il y avait au travail, à Microsoft ; j‘en ai fait un petit article en anglais. Jusqu’à un certain moment, dans leurs messages annuels, les vice-présidents envoyaient à tout le staff leurs bons vœux, et ils n’hésitaient pas à mettre dans leur message le mot Christmas.
Mais j’ai bien noté qu’à partir d’un certain moment, ça a disparu. Il y a dû avoir des directives de la part du Politburo pour absolument ne pas utiliser le mot Christmas.

Déchristianisation en marche aussi en Europe, les cérémonies des JO de Paris l’attestent, entre autres signes.

Cependant …. qui sont les véritables révolutionnaires ….

« Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des Cieux » (Matt. 19:16-26)


Je vous souhaite un joyeux Noël.

Classement des coins de sieste

Classement des coins de sieste autour du poêle à bois …

Je fais des petites BD courtes, comme la dernière fois avec le reportage sur les ours.

C’est une double expérimentation.

  • Poster des choses courtes régulièrement sur instagram …. ça a un effet ?…. à voir ….
  • J’en profite aussi pour essayer d’améliorer mon dessin ici je suis plutôt satisfait du résultat …

Au sujet de noël, sur vous cherchez à faire des cadeaux pensez à offrir mes bandes dessinées… ce serait un cadeau double … pour la personne à qui vous offrez la BD et … à moi !!!

Prix de l’association Bunren.

Bunren est une association qui a été créée après la guerre à Himeji pour promouvoir la culture et des artistes et créateurs qui officient dans la région. On voulait reconstruire, et promouvoir la paix …

Depuis, Bunren chaque année décerne des prix à des personnes de la région.

Cette année les prix ont été attribués à M. Watanabé guitariste classique, M. Fujita calligraphie, Mme Kita céramique, M. Ségawa Danse, Mme Téi peinture, M Takatsuka recherche historique et … votre serviteur Wakamé Tamago.

Hier c’était la remise des prix… il fallait faire un discours … j’étais un peu stressé n’ayant jamais fait de discours dans ma vie ni en français ni en japonais … ah si ça m’arrive en fait mais quand je suis tout seul dans mon bain.

Après le discours nous avons fait un mochi tsuki …

Sur mon blog en japonais j’ai mis le texte du discours que j’ai fait.

Tout ça c’est une aventure, comme dans « le livre dont vous êtes le héros ».

Chaque personne récompensée s’est vue offrir également un papier calligraphié comme ici

Je traduis, car c’est si bien tourné …

Wakamé Tamago

De la vie urbaine et de l’accident nucléaire vous avez ressenti un questionnement sur la manière de vivre, cela vous a conduit à vous installer dans un village à proximité de Himeji, qui vous rappelle la vie à la campagne en France, et tout en continuant à travailler chez microsoft vous avez écrit un blog qui présente la vie à la campagne au Japon. En 2021 vous avez publié la BD Retour Sur Terre qui retrace votre retour à la campagne, et en 2025 vous avez publié en japonais et en français CONTINUER un ukiyoé manga, ce qui constitue un véritable japonisme contemporain.

Maintenant que vous avez quitté votre travail vous avez commencé un événement mensuel intitulé le kotenpan où vous choisissez un passage de la littérature classique japonaise pour en discuter librement, cet événement devient peu à peu un lieu d’échanges interculturels.

En hommage à vos activités, qui portent un regard international sur la société contemporaine, et dans l’attente de vos succès toujours croissants, nous vous décernons le Prix spécial de la Culture de Himeji – Prix d’échange culturel international.

Projet « Promenade à Tatsuno » – Premier dessin

Chaque semaine jusqu’à fin janvier je vais poster sur instagram le dessin d’une maison de la ville de Tatsuno.

Tatsuno est une ville qui a prospéré depuis la période féodale grâce à la production de sauce de soja. C’est ce qui aussi l’a préservée des bombardements américains pendant la guerre -car, je suppose, n’ayant pas d’autre industrie à l’époque.
Et donc son quartier historique est excellement bien préservé et gagne à être connu des voyageurs ….

Le but du projet « Promenade à Tatsuno »est de mieux faire connaitre cette ville auprès des voyageurs étrangers.

Ce premier dessin représente Galleria, un café situé entre la gare JR de HonTatsuno et le quartier historique de la ville. Le bâtiment doit dater de l’époque de Taisho et au début, c’était une banque.
L’intérieur d’ailleurs est presque inchangé. On y trouve le comptoir d’origine, et le coffre fort est toujours la. Imaginez y faire la queue et entendre le cliquettement des bouliers soroban.

La géante qui surgit de la maison c’est Madame Mika, la gérante de Galleria. Elle est passionnée d’art et de culture.

Il y a donc toujours des expositions, des concerts ou des conférences, Galleria est beaucoup plus qu’un simple café.

En imaginant des voyageurs venus découvrir Tatsuno je les ai imaginés arrivant par le train. Galleria serait donc une première étape, avant de traverser la rivière et de s’aventurer dans la vieille ville, y prendre un café, une part de tarte ou de gateau et discuter avec Mme Mika …. dont la fille vit à Paris …

Reportage chez les ours

Des médias français – le figaro par exemple – se sont fait l’écho des récentes attaques par des ours, au Japon qui à ce jour on fait une dizaine de victimes ici.

Pour faire face à ce phénomène, dans certaines régions, l’administration japonaise a autorisé l’armée à tirer sur les ours qui s’approcheraient des agglomérations.

Dans la région où nous habitons, la région du hyogo on décompte environ 600 à 800 ours …

C’est vrai la TV ici dramatise ces événements, fait un énorme pataquès de tout cela, en appuyant uniquement sur l’horreur des attaques mais sans vraiment essayer de comprendre et d’expliquer les raisons. – C’est pareil avec les médias partout …

Tout ceci m’ennerve un peu; les ours animaux sauvages ne font que leur travail d’animaux sauvages et on sait que normalement ils fuient les hommes et essaient de les éviter.

Pour me faire une meilleure idée de la situation j’ai branché la télé pour regarder la chaine de TV des ours.


Bonjour, ce sont les news des Ours

Nous faisons état de nombreux cas où des ours descendent des montagnes pour s’aventurer dans les villages; ce qui cause parfois des accidents graves; et de la part de la communauté des ours nous présentons toutes nos excuses.

Pour mieux comprendre les événements actuels nous avons fait appel au professeur Kuma(ours)ta de l’université de Kuma(ours)moto

Bonsoir:

En effet à l’époque Jomon -13000 à 400 av JC- les ours et les hommes vivaient pacifiquement

Cependant ces dernières années beaucoup de chataigniers ont succombé à cause d’insectes,
et de plus beaucoup d’installations photovoltaiques ont été construites en montagne.


Nous les ours avons moins de nourriture, moins de territoires disponibles et dans certains cas nous devons descendre dans les villages pour trouver à nous nourrir.

Et puis; surtout; la population des campagnes et des villages décroît.

Et si la population des campagnes décroît alors le nombre d’humains qui connaissent la nature décroît également.

Si l’homme s’éloigne de la nature, il va finir par ne penser qu’à l’argent, il va oublier l’existence des autres êtres vivants.
Et nous les ours ne seront pas les seuls à en pâtir, mais tous les autres êtres vivants: les abeilles, les blaireaux, les renards, les oiseaux, les arbres et les plantes.

Si l’homme ne comprend plus que lui aussi fait partir de la nature il sera très difficile de cohabiter avec eux.


Ceci dit; que pouvons-nous faire, nous, les ours

c’est par exemple lorsque nous mangeons des kakis; de faire caca là où les graines peuvent germer et pousser, pour faire de nouveaux arbres.

Merci professeur.


Eh bien comme l’homme est devenu très dangereux pour les ours, le mieux si l’on vient à en croiser sur notre chemin, le mieux, c’est de prendre la fuite.

Quelque chose que j’aurais du apprendre quand j’ai commencé à travailler….

Hier matin, YouTube m’a proposé un documentaire d’Arte assez intriguant, sur des hommes en Islande qui tricotent.

Les premières minutes sont assez cool on voit des gars normaux mais descendants des vikings quand même, … et ils tricotent, de gros pulls pour passer l’hiver …

J’ai pensé…

« Oh, quand j’ai commencé à travailler à MS (Microsoft) le 1er juin 2007, j’aurais dû commencer à apprendre le tricot ! »

Alors j’aurais pu mettre à profit les centaines d’heures de formations RH, de formations sécurité, de formations compliance, de réunions d’équipe, de conference calls, de formations de sensibilisation sur les LGBT, des réunions avec les Vice President, les General Manager, etc. Toutes ces réunions où je devais simplement écouter …

Pendant toutes ces heures, j’aurais ainsi pu acquérir et améliorer des compétences en tricot. Facile à faire puisque je travaillais à distance, sans jamais activer la caméra du PC.
D’ailleurs peut être que tricoter aurait amélioré ma capacité à écouter.

J’aurais pu faire des écharpes… des chaussettes… des pulls !

Parfait pour mon bureau à domicile absolument glacial en hiver, et aussi idéal pour faire des cadeaux.

Imaginez :

À mon manager, ou à mon collaborateur direct que j’allais voir aux US une ou deux fois par an: « Voici une écharpe — je l’ai tricotée pour toi pendant toutes nos réunions hebdomadaires. »

Ou à mon General Manager : « Voici des chaussettes — je les ai tricotées pendant tous vos QBRs Quarterly Business Reviews. »

Voilà ce que je recommanderais aujourd’hui à toute personne travaillant chez MS ou y commençant une carrière professionnelle là-bas : apprenez à tricoter !

Quoi de neuf !

(article similaire en anglais ici)

Chercher du bois

Cette semaine avec mon ami Saki Chan nous sommes allés chercher du bois en montagne. Un chemin forestier à moitié défoncé a été refait plus tôt cette année et pour ces travaux ils ont coupé beaucoup d’arbres, des cryptomères, rangés le long du chemin et Saki chan a eu l’autorisation pour les utiliser. Il suffit de les ramasser …

La semaine dernière aussi j’ai eu l’opportunité de récolter du bois cette fois un genre de marronnier, j’ai donc passé plusieurs après-midis à tronçonner et à fendre …

Côté jardin, nous avons aussi fini de planter les oignons ….

Premier mois de liberté

Un peu plus d’un mois que j’ai quitté mon travail
Cela fait un peu plus d’un mois que j’ai quitté mon travail, et franchement j’ai aussitôt comme oublié ce que c’était …

oublier n’est pas le terme exact, car je me souviens mais c’est comme si mon cerveau s’était empressé d’enfouir les souvenirs du travail …. pour faire place nette … et se reconstruire, établir de nouvelles connexions …

Je constate d’autres changements, qui sont venus naturellement, sans me forcer ….

  • Je mange beaucoup moins. C’est un peu comme si je n’avais plus faim. Avant, quand je travaillais, j’avais tout le temps la dale …. maintenant je ne prends rien le matin, pas faim, et je vais peut être prendre quelque chose de léger vers midi et puis dîner vers 16 ou 17 heures ….
  • question pognon aussi j’ai cessé de faire des achats un peu impulsifs … ça m’arrivait de temps en temps …. je pense que je travaillais, j’avais du stress et parfois j’achetais sur amazon, en un click, des petits trucs de manière impulsive, du genre …. je sacrifie tout mon temps pour le boulot … je vais donc sacrifier un peu de pognon en retour … Je ne suis plus du tout dans ce mode de fonctionnement !

Pour continuer à formuler mon message et raconter mon histoire de early retirement j’ai commencé un blog en anglais sur substack, histoire également de continuer à écrire en anglais pour ne pas le perdre… et puis aussi pour éclairer mes anciens collègues …

Projet sur la ville de Tatsuno

Ces deux dernières semaines j’ai bossé dur pour finaliser une série de dessins sur le thème de la ville de Tatsuno.
Je ne sais plus si j’en ai parlé dans le blog mais on m’avait contacté au mois de mai pour un projet de dessins sur cette charmante ville de la région.
Pour moi ça a été une chance incroyable de pouvoir travailler sur un tel projet.

C’est aussi l’occasion d’apprendre beaucoup de choses sur plein de domaines différents, travailler sur un project « commercial », l’architecture, comment structurer un dessin et aussi les fonctions du logiciel clip studio paint que j’utilise.

Tatsuno est une ville qui a prospéré depuis la période féodale grâce à la production de sauce de soja. C’est ce qui aussi l’a préservée des bombardements américains pendant la guerre -car, je suppose, n’ayant pas d’industrie d’armement à l’époque.
Et donc son quartier historique est excellement bien préservé et gagne à être connu des visiteurs et des touristes ….

J’ai proposé de faire dix dessins de maisons anciennes en y ajoutant un grain de fantaisie …

Mercredi je suis allé retrouver les commanditaires, mes clients, pour leur présenter les dessins. Ils étaient très satisfaits, et ça s’est super bien passé.
Nous allons publier les dessins sur instagram à partir de samedi prochain…

Deux semaines depuis que j’ai quitté mon travail

(J’ai écris ce même article en anglais ici)

Cela fait un peu plus de deux semaines que j’ai quitté mon travail.
Les choses commencent à se stabiliser.

Je suis encore un peu trop occupé. J’ai besoin de ralentir un peu.
J’ai l’impression d’avoir gardé mon rythme de salarié à temps plein …

Il faudra encore quelques semaines pour que tout se calme vraiment.

Le jour où je serai plus apaisé—quand je pourrai m’asseoir et regarder en moi—je sais que je pleurerai de joie.
Je pleurerai de joie parce que je me suis libéré.


Mon nouveau rythme quotidien

Je me rends compte que ce que je fais maintenant, chaque jour :

  • Je me réveille quand je me réveille.
  • Je vais dans mon home office et je me fais un café.
  • Je passe plusieurs heures à dessiner, faire des bandes dessinées ou écrire quelque chose.

La série Ippuku = une bouffée – histoire courte en quelques cases

La série Itteki = une goutte – dessin simple, spontané qui décrit un moment

  • Puis, une fois que le soleil passe les montagnes, vers 10 ou 11h, je commence à bouger, je pars pour une longue marche, ou je fends du bois, je travaille au jardin, je récolte fruits et légumes et je les cuisine.

Ce que je fais chaque jour ressemble beaucoup à ce que je faisais quand j’avais 12 ans : écrire, dessiner, lire.

Est-ce que tout cela ne serait pas un retour à un état initial ?

Je me demande : est-ce que ça valait la peine de travailler pendant 30 ans juste pour revenir à faire ce que j’aimais déjà enfant ? Oui bien sur …


Décomposer ces 30 années

1995 → 2005

  • Profiter de la vie
  • Explorer, travailler dans différents pays
  • Apprendre à être salarié, Apprendre un métier, Apprendre l’anglais
  • Mariage !

2005 → 2015

2015 → 2025

Je mets « retraite anticipée » entre guillemets parce que je ne suis pas sûr qu’arrêter de travailler comme employé à 54 ans et se lancer dans ses projets personnels ce soit vraiment anticipé…
Mais mieux vaut tard que jamais


Vivre la vie idéale

Ma vie actuelle ressemble à la vie idéale que j’imaginais.

En ce sens, il est utile d’avoir une vision—quelques images—de ce à quoi ressemble sa vie idéale.
Chacun aura sa propre conception de la vie idéale, ses propres images.

Pour moi, la vie idéale est un mélange de travail créatif—dessin et écriture—et de travail physique, concret, comme le jardinage ou toute activité liée à l’autosuffisance.

Un exemple de vie idéale pour moi est celle de Tomi Ungerer, qui avait quitté New York dans les années 70 pour vivre quelques années au Canada, en Nova Scotia, avant de s’installer en Irlande.
Il partageait son temps entre le travail artistique et l’elevage de moutons.
Je me souviens d’un documentaire où on le voyait s’occuper de moutons au Canada.

🎥 Documentaire sur Tomi Ungerer – Kunst Künstler

D’ailleurs, je connais le travail de Tomi Ungerer depuis l’âge de sept ans, quand ma tante Francoise m’a offert un de ses livres :

Pas de baiser pour maman

Déjà j’adorais ses dessins !!!!

Premiers jours de liberté

On est vendredi, une semaine déjà que j‘ai quitté mon travail…

C‘est quelque chose qui a commencé à me trotter dans la tête depuis quelques années, mais est devenue une véritable obsession depuis un an…

Décider d‘arrêter a cependant été très compliqué.
Il m’a fallu plusieurs mois pour me décider.
Quoi, quitter la cage dorée, où le maître me donne des graines à manger chaque vingt cinq du mois, où aussi chaque mois de septembre il me donne un bonus avec des actions ….

C’est ma femme qui a su trouver les mots décisifs qui ont su me convaincre.

Un point qu’il m’a fallu résoudre c’est la redéfinition de mon rôle. Depuis que je bosse, soit depuis trente ans, et depuis que nous avons un enfant, lequel est maintenant adulte puisqu’il a vingt-et-un ans, j’étais le pourvoyeur. Or, désormais sans revenu fixe je devrai me retirer cette étiquette, je ne serai plus le provider … que serai-je à la place ?

Mais maintenant c‘est fait.

Et à 54 ans je commence une nouvelle vie où je vais me consacrer à mes projets de création de bande dessinées et autres, à plein-temps.

Faire ce move plus tard dans ma vie -dans un deux ou trois ans- serait simplement trop tard. C’était maintenant ou jamais.

Jusqu’à ce que je prenne la décision finale et que je l’annonce à mon chef, mon départ, après dix huit ans dans la même société, il y avait dans ma tête comme un dialogue passionné entre:

l’égo, qui se soucie des sous et de notre possibilité à simplement survivre.

mon coeur, qui veut se dédier aux projets de wakame tamago et tout ce qui gravite autour,

et mon corps qui ne veut plus se lever les matins à trois heures trente pour se caler devant un PC et faire des conference calls pour les cinq heures qui suivent !

Le coeur et le corps l’ont emporté !

Deuxième talk show aujourd‘hui …

Aujourd‘hui, cet après-midi, nous faisons notre deuxième talk show avec monsieur Iwata Kenzaburo, sur le thème des Heures Oisives de Yoshida Kenko (ou Urabe Kenko).

Nous allons couvrir au max quatre textes,

  • 82 laisser une place d’inachevé、
  • 68 les gros radis、
  • 55 comment bien construire sa maison、
  • 74 les fourmis

en fonction du temps que nous passerons sur chacun.

Cela demande beaucoup de préparation, d‘abord pour la sélection des passages, leur compréhension, l‘idée pour un dessin les accompagnant et puis les questions, les thèmes que l‘on veut développer dessus au moment du talk show.

Bien évidement chaque étape me permet d‘apprendre énormément de choses, dans tous ces domaines différents, la compréhension de la langue et de la culture japonaises, la connaissance de l‘histoire, comment «décortiquer» un texte, et en extraire ce qui est aujourd‘hui des pépites et en faire des dessins …

En background les soirs de semaine je me prépare pour les talk shows futurs en lisant d‘autres ouvrages que je voudrais pouvoir aborder même superficiellement, comme le dit des heiké (12è siècle, gros pavé difficile d‘accès), l‘essai d‘esthétique de Tanizaki sur l‘éloge de l‘ombre (cependant ça n‘est pas vraiment de la litérature classique, ça date de l‘avant guerre) par exemple …

Les quatre passages sélectionnés aujourd‘hui: tous ouvrent la porte sur des concepts fascinants

  • 82 laisser une place d’inachevé、–> éviter la perfection
  • 68 les gros radis、–> ne pas sous-estimer l‘importance, la puissance de la foi
  • 55 comment bien construire sa maison、–> garder une pièce vide sans usage prédéterminé
  • 74 les fourmis –> on s‘active tel les fourmis, courant d‘un point A à un point B, mais à la fin c‘est la mort qui nous attend au bout de la route

Mmmm peut-être que, si je continue à travailler pour ces talk shows j‘arriverai à être un peu moins con … ce serait cool !

Ici, la page préparée pour l‘histoire des gros radis … J‘aime beaucoup ce dessin, j‘en suis très content …

L‘histoire raconte comment deux radis viennent défendre un préfet attaqué par des brigands … ce préfet qui depuis des années a religieusement mangé des radis pour son petit déjeuner … ici j‘ai dessiné donc un radis japonais (daikon) vétu d‘une armure, mais une armure européenne, car, pourquoi pas !!!

Premier Talk Show réussi

Le projet du 6 septembre avec Kenzaburo Iwata s’est très bien passé. Nous avons fait salle comble, le café où nous avons tenu le KOTENPAN -talk show sur la litérature japonaise classique- était plein !

Le public était varié, de 7 à 95 ans…

Du livre des heures oisives nous nous sommes entretenus sur le chapitre 69 et le chapitre 109

J’avais préparé ces deux pages qui présentent chaque chapitre, avec un lien QR Code vers la traduction en Japonais moderne, le texte original, et un dessin.

Le dessin à droite traite du chapitre 69 qui met en scène Shounin, le fondateur le Engyoji, et oui, le formidable ensemble de temples situés au top d’une montagne juste au nord de Himeji. C’est un des endroits les plus formidables du Japon et étonnamment préservé du tourisme sauvage

Dans l’histoire, Shounin est dans une auberge et il entend les plaintes de haricots mis à bouillir, et de leurs cosses qui elles brûlent et se consument pour faire cuire les premiers.

Voila une histoire bien étonnante !!

Le dessin à gauche reprend le chapitre 109, beaucoup plus terre-à-terre mais non moins plein de sagesse avec l’anecdote du grimpeur d’arbre accompagné de son maître.

Le maître ne dit rien, il fume tranquillement une cigarette et boit son café lorsque le grimpeur est tout en haut dans l’arbre, mais lorsqu’il redescend et n’est plus qu’à deux mètres du sol, le maître s’active et l’interpelle, pour faire bien attention à ne pas tomber …

J’ai lu cette histoire à mon ami Saki chan qui monte souvent haut dans les arbres pour les élaguer, et il confirme:

quand on est tout en haut on sent le danger et naturellement on fait très attention.

Mais lorsque l’on descend et que l’on est plus prêt du sol, alors on peut relacher son attention et par excès de confiance faire une mauvaise chute !

Yoshida Kenko l’auteur des heures oisives, au 14è siècle, a vu juste!


Voir tant de monde m’a donné confiance dans mes prochaines aventures où j’abandonnerai mon travail salarié pour me consacrer pleinement à ce genre de projet.

Passés les premiers moments d’euphorie on pense à plusieurs points à améliorer pour la prochaine fois; à savoir notamment communiquer à l’avance les chapitres sélectionnés, pour permettre aux spectateurs de se préparer et de les lire à l’avance. Se mettre tout d’un coup dans un texte classique même court n’est pas forcement évident.

Nous espérons ainsi avoir plus de questions et une audience plus engagée pendant la présentation.

Et donc pour la prochaine fois nous aurons:

Les chapitres -dans le désordre-

  • 82 laisser une place d’inachevé、
  • 68 les gros radis、
  • 55 comment bien construire sa maison、
  • 74 les fourmis

Le prochain Talk Show sera le 4 octobre à 14 heures, dans le même café, Kokuraya.

https://www.instagram.com/kokuraya.himeji/


Sinon l’automne est définitivement arrivé, et les nuits sont fraiches, on a besoin d’une petite couverture …

L’été paradoxalement n’a pas été horriblement chaud comme l’année dernière.

Eté formidable, projet formidable

Cet été a été formidable. Il a fait chaud mais c’était beaucoup plus supportable que l’année dernière. peut-être grâce aux doubles fenêtres désormais installées dans ma maison-bureau ? C’est vrai que maintenant la petite clim a un effet …

J’ai repris ma vieille habitude chaque après midi d’aller marcher deux heures sous le soleil; j’emporte des boissons et s’il ne fait pas trop chaud j’ajoute des poids dans mon sac à dos. Souvent j’écoute un podcast en alternant sur les sujets ou alors les œuvres d’orgue complètes de Bach par Marie Claire Alain. Je crois que l’homme aime suivre des habitudes tout devient un rituel …

Des ours ont été repérés pas loin et lorsque j’emprunte une petite route dans la montagne je switch le son sur un petit haut parleur. Je me demande d’ailleurs si la musique d’orgue de Bach qui est si belle n’aurait pas un effet contraire, si au lieu d’éloigner les ours et ne les ferait pas venir ? ? Comment vérifier ….

Au bureau j’ai été assez absent … , physiquement j’ai travaillé comme d’hab mais j’avais la tête ailleurs !

J’ai du mal à imaginer comment c’est en Europe où les gens prennent de vraies vacances d’été. Deux semaines, trois semaines … ca fait très longtemps que je n’ai pas fait ça. Déjà ici prendre une semaine entière c’est une marque d’audace par rapport à mes collègues US qui semblent ne prendre que deux semaines dans l’année… Les pauvres …


J’ai un nouveau projet qui m’occupe beaucoup. C’est tout à fait merveilleux: plus tôt au moins de juin; monsieur Iwata Kenzaburo m’a proposé de faire ensemble un talk show mensuel, dans un café situé à côté du château de Himeji.

Le sujet du talk show: la littérature classique japonaise.

On choisit un livre, pour le premier talk show ce sera les Heures Oisives de Urabé Kenko écrit au 14è siècle. Du book; je choisis deux ou trois passages, sur lesquels nous discuterons.

Ce livre est un de mes livres préférés, c’est un peu un manuel de la vie …. C’est plein de bon sens. C’est parfois drôle … rarement hermétique…

C’est un honneur incroyable de pouvoir ainsi faire un projet et collaborer avec monsieur Iwata. Je dois me pincer les fesses pour me dire que je ne suis pas en train de rêver !

Le premier talk show, c’est bientôt; le 6 septembre à 14 heures, dans le café Kokuraya à Himeji https://www.instagram.com/kokuraya.himeji/

Cela requiert de la préparation:

D’abord il faut tout relire, choisir les passages et ceux-là je les lis et relis en japonais; pour bien comprendre. En Japonais moderne et classique … que j’ai jamais appris bien sûr.

Et puis ensuite nous nous retrouvons avec monsieur Iwata pour en discuter et faire un point.

Cerise sur le gâteau je prépare un petit livret, avec le texte en japonais ancien et j’ajoute une petite illustration; afin d’amuser étonner éclairer les spectateurs !!


Donc c’est sûr rien qu’avec ça je n’ai plus le temps de penser au travail, et c’est très bien ainsi !

Le noyer et le chat

Il y a dix ans j’avais planté un noyer dans le jardin. Placé à quelques mètres de la rivière il avait très bien poussé. Seulement une fois cependant, il avait donné des noix, j’en avais fait un article.

DSC_2188

Mais à la fin de l’été dernier il a tout d’un coup perdu toutes ses feuilles, et ce printemps on a eu beau attendre en espérant: rien. pas de bourgeon, pas de feuille…. rien du tout.

Je l’ai coupé.

J’ai remarqué après l’avoir découpé un petit trou dans le tronc; très certainement l’œuvre d’un capricorne… Voila la raison de la mort soudaine du noyer.

D’ailleurs il y a un coquin qui se balade la ….

Le donner à manger à notre poêle à bois calcifier ça aurait été un peu trop triste, alors pour garder un contact avec le noyer j’en fait une paire de baguettes (des grandes baguettes, pour cuisiner) et une spatule.

Je passe ainsi trois bonnes heures silencieuses avec le noyer, dont le bois continuera à nous tenir compagnie….


La saison des pluies est officiellement terminée et il a commencé à faire chaud. Notre chatte Minou n’est pas rentrée à la maison pendant trois jours et nous nous sommes inquiétés.

Elle est rentrée; très frêle, très fragile. Elle a dû se déshydrater, perdant un quart de son poids !

Où a-t-elle passé ces trois jours. Était-elle bloquée quelque part, pas exemple dans la grange d’un voisin, on ne le saura jamais car elle nous ne le dira pas !

Mais quel soulagement de la savoir de retour…


Minou elle est très sauvage mais on voit qu’elle comprend et anticipe nos pensées … et moi aussi je comprends ce qu’elle veut … peut-être est-elle la réincarnation d’une princesse, une aristocrate… Notre autre chatte Scotch elle est très différente, c’est plutôt comme si elle était une extra-terrestre, et venait directement de l’espace.

Jardin, BD, Grenouille !

Pas croyab’ qu’on soit presque en juillet déjà. J’avais drafté un article il y a 10 jours mais ai décidé de ne pas le publier … mauvais sujet !

Juin a apporté pas mal d’eau, c’est la saison des pluies. Après ce sera l’étuve pour deux bons mois ! …. Ceci dit … je suis déjà en short et marcel 24 heures sur 24, donc la vidéo pour les conférence call au travail, ça va plus !

J’ai deux collègues très téméraires (en réalité ils s’en foutent) et mettent la vidéo dans les conférence calls, en marcel et avec tous leurs tatouages. Ca donne un côté rock n roll.

Le jardin va bien. Les tomates, aubergines, et autres commencent à pousser. Les pommes de terre ont été récoltées. Si ça continue à bien pousser et pour cela il faut que je continue à visiter le jardin souvent, ce sera ratatouilles et ratatouilles que nous allons nous faire cet été.


Un lundi matin comme chaque semaine je suis allé rencontrer mon ami Saki chan dans son atelier, cela fait peut-être 10 ans que chaque lundi matin j’apporte le café et nous passons une petite heure à discuter. Quoi de mieux pour commencer la semaine…

Cette fois nous étions trois, il y avait aussi Saburo, un ami d’enfance de Saki chan; depuis la maternelle donc plus de 65 ans …

On a parlé des niouzes du moment et en particulier de la visite à priori étonnante de madame Akié Abé, veuve de l’ancien premier ministre Japonais, à Vlad Poutine, à Moscou.

Bien joué de la part des Japonais, pouvoir entretenir cette relation -certes pas officielle- avec le top du pouvoir Russe. Il est vrai que des investissements japonais dans le secteur énergétique russe ‘Sakhalin II’ par exemple sont cruciaux pour l’archipel. A Saki-chan et à Saburo je leur raconte par exemple comment Renault s’est fait plumer en étant forcé de céder aux russes leurs investissement dans Avtovaz, pour un rouble symbolique. Ou comment jeter des milliards d’euros à la poubelle … en plus, un truc qui fait les choux gras des constructeurs automobiles chinois ….

D’ailleurs; la même déconvenue a été imposée à Peugeot si je ne me trompe lorsqu’ils avaient été forcés de quitter le marché Iranien.

Intéressant !


Au sujet de ma prochaine BD je me suis lancé, ayant réécrit le scénario quatre fois je suis maintenant en train de faire des drafts sur ordinateur.

Si j’arrive à drafter une page par jour c’est bon. Ce qui est génial c’est que les nouvelle idées n’arrêtent pas et je m’amuse bien !

Cette fois je souhaite m’inspirer des livres illustrés de l’époque Meiji et avant. Comment y étaient dessinés les arbres, les animaux … La mise en page …

J’ai donc investi dans un livre en 10 volumes de 1823: 絵本彦山霊験記

Le texte, pour moi malheureusement imbitable .. mais la facture de l’ouvrage .. les illustrations … cela fait voyager dans le temps. Ce sont comme de vraies BD !!


Retournons dans l’atelier de Sakichan. Nous continuons à cultiver le champ qui y est atenant.

Pour l’été Je me suis commandé de nouveaux T shirt ‘nonbiri nougyoubu’ l’agriculture nonchalante …

Donc dimanche dernier je vais dans son champ; je prends de l’eau avec la pompe à main; hors j’y découvre une petite grenouille !

Elle est toute mignonne. Cela me fait penser au proverbe Japonais de la grenouille dans le puits …

Et j’en tire l’idée d’un dessin … à suivre dans un article futur.

A propos de pompe à main je trouve avec surpise qu’il existe encore un fabricant de pompes en France … très bien https://www.pompesgrillot.fr/pompes-a-eau/114-a-90-retro.html

Ici au Japon il y a encore au moins un fabricant: http://www.keiwaseisakujyo.co.jp/pump/#teoshi


Belle rencontre au mois de juin lors d’un entretien de monsieur Iwata… monsieur K ancien directeur d’école qui a pris sa retraite et s’est mis à écrire son journal!

Personnage très sympathique. Une semaine après notre rencontre il vient à la maison à l’improviste, le directeur de l’école du village lui a donné notre adresse, et il m’apporte une cinquantaine de pages, ce sont des copies de son journal ! On fais un échange avec mes bandes dessinées.

Depuis, le soir le lis donc son journal, tout est écrit à la main, mais son écriture étant très soignée j’arrive à comprendre entre 80 ou 90 pour cents, sans dictionnaire.

Il écrit beaucoup sur la société japonaise, l’école et toutes les transformations qui aujourd’hui ont lieu dans le système éducatif. On voit la passion de monsieur K pour le sujet et je prends beaucoup de plaisir à le lire.

Beaucoup de choses auxquelles je n’avais jamais pensé ! C’est très enrichissant.

Dix jours plus tard il repasse à la maison avec de nouvelles copies, des algues (wakamé) et des oeufs (tamago) … Qu’est-ce-qu’il est drôle !!!

Je lui prépare une surprise à monsieur K, un petit cadeau que je concocte … si tout va bien….

Voila quelque chose que j’adore, ces rencontres soudaines, et la confiance qui s’installe tout de suite ….

Certains de ses articles sont vraiment intéressant et un en particulier que j’ai eu envie de traduire et mettre dans ce blog … faut que je le retrouve !!!

Trois pour cents, les sept règles, Bach et un cactus.

Il y a deux semaines je crois la boite a fait un dégraissage en virant manu militari 3 pour cents de ses employés.

C’est pas avec 3 pour cents que l’on fait des économies et que l’on dégraisse en vrai. Pour alléger une organisation il faudrait couper 7 ou 8 pour cents, en revoyant les vraies priorités et coupant des équipes entières.

Dans un gouvernement ou la fonction publique ce serait facile 15 pour cents. Plus une organisation est grande moins elle est efficace. On voit d’ailleurs que les ‘petits pays’ comme la Suisse ou Singapour sont efficaces en comparaison avec les plus grands.

Par contre déjà avec 3 pour cents on arrive à gâcher l’ambiance de somnolente fraternité qui régnait …

Il faut savoir ce qu’on veut.

Personnellement ça fait maintenant 30 ans que je travaille et je sens une grande lassitude s’installer. Ou, l’ennui …. D’autant que de l’autre côté de la barrière, avec mon projet Wakame Tamago, qu’est-ce-que je m’amuse !

Oui je sais l’herbe de l’autre côté de la barrière semble toujours plus verte et plus nourrissante.

Bref à un moment je caressais fébrilement l’espoir d’être dans le panier des 3 pour cents… Facile à dire …

Ce qui n’est pas facile c’est d’arrêter quelque chose de soi-même, Poutine et Gel en ski en sont l’exemple il faut les regarder … ils ne peuvent plus s’arrêter …

C’est facile si les autres décident à notre place.


Il y a deux semaines aussi, j’ai fini de lire l’autobiographie de Shigeru Mizuki.

Excellent book. Après l’avoir lu je me suis commandé des albums de Gégégé no Kitaro, et j’ai lu un volume. Certaines idées m’ont vraiment étonné et fait exploser de rire. Très bien.

Dans son autobiographie il parle de ses sept principes pour le bonheur. Les voici.

  1. Ne pas agir pour le succès, la gloire ou la victoire.
  2. Continuez à faire ce que vous ne pouvez pas vous empêcher de faire. ( WT: peut-être que ça s’applique aussi aux flatulences ?)
  3. Ne vous comparez pas aux autres et poursuivez ce qui vous contente.
  4. Croyez en la force que porte ce que l’on aime.
  5. Le revenu et le talent sont des choses différentes. Savoir que beaucoup peuvent se laisser trahir par leurs efforts.
  6. Devenez paresseux.
  7. Croyez en un monde invisible.

Il fait ensuite un chapitre pour chacun de ces principes.


Lundi je suis allé faire une promenade après le travail. J’ai mis mes belles chaussettes de Jean Sébastien Bach et, les petits écouteurs enfoncés dans les oneilles, je suis parti presque deux heures en écoutant les ouvres complètes de Bach pour orgue, par Marie-Claire Alain.

C’est tellement beau cette musique d’orgue je me dis souvent que dans ma prochaine vie si je suis un humain je ferais bien organiste.

Sur la route j’ai vu trois beaux serpents, j’en vois beaucoup cette année. Ceux qui sont au milieu de la route prennent trop de risque de se faire écraser, sachant que la moitié des conducteurs ici a plus de 70 ans et ne voit rien, l’autre moitié he bien peut-être qu’ils font exprès d’écraser les serpents sur la route (mais à réfléchir je vois rarement des couleuvres écrasées sur la route, ce sont presque toujours des vipères). Les serpents au milieu de la route je leur adresse la parole en Français et leur conseille de regagner les forêts. Il m’écoutent !

Or une surprise m’attend en chemin, sur le bord de la route, dans un caniveau pour être exact:

il y a la un cactus, comment est-il venu s’installer la, aurait-il été jeté au bord de la route …. et ce cactus fleurit ! Je vois ça comme un miracle …

Quelques notes sur la journée

Voila un article que j’hésite à poster … présente-t-il le moindre intérêt ?

MMM je ne suis pas convaincu à 100 pour cent … Mais le message pourtant existe, c’est le bonheur des gestes et des choses simples.

bon tant pis … je le publie ….


Vers 0400 du mat cauchemard étrange – et j’espère pas prémonitoire.

Vers 0500 du mat; réveil et lever. Quick vérif des mails gmails reçus – ah non pas de commande de BD ! Lis deux pages de l’autobiographie de Mizuki Shigeru.

Mon épouse est levée, aussi; et fait son yoga.

Jusqu’à 0700 je vais dans mon home office faire du rangement, mets de l’ordre dans mes stocks de BD – monsieur bazar dès qu’on a le dos tourné fait vite pour s’installer.

Par la même occasion je regarde les mails du boulot et puis recherche où acheter quelques BDs de Mizuki Shigeru, j’en avais avant mais depuis les ai bazardées mais maintenant j’ai envie de les relire ! les recherches amazon ne sont pas satisfaisantes … je recherche auprès de bouquinistes en ligne et fais une bonne trouvaille hop la commande est lancée.

Retour à la maison. Mon épouse a déjà pris son ptit déj et maintenant regarde des match de tennis sur YT. Je me prépare un ptit déj que je vais manger dehors dans le jardin en regardant la forêt et écoutant les oiseaux. Cette proximité quotidienne avec la nature procure tant de satisfaction !

A propos il fait chaud et humide on se croirait déjà en été.

J’enfile la salopette de travail et les bottes pour passer la débroussailleuse.

Les herbes coupées je les ramasse et vais les apporter dans le potager; autour des pieds de tomates et d’aubergines.

Mon attention se tourne ensuite vers les oignons qui ont bien poussé, c’est quand déjà qu’on les récolte ? je dégage des ‘mauvaises herbes’ qui les envahissent et je crains qu’ils aient été exposé ainsi à trop d’humidité… souvenons-nous d’en récolter deux ce soir pour le diner, on fera une salade …

En tout je passe une bonne heure dans le jardin c’est un vrai moment de bonheur, … tout cela en écoutant le dernier épisode du podcast all-in; c’est un des podcasts que je suis régulièrement, leurs analyses de l’économie; du stock market et de l’industrie de l’IA sont toujours enrichissantes.

Pendant ce moment mon épouse fait une consultation avec un de ses clients.

Sa consultation finie elle vient me voir dans le potager, elle a faim ! C’est l’heure du déjeuner.

Après une rapide préparation on part déjeuner dans un petit restaurant de la ville voisine, c’est un endroit charmant, ils font une cuisine délicieuse et tellement originale. Ils sont tellement sympathiques. D’ailleurs mes BD y sont en vente… A propos je remarque que ma BD qui était affichée à côté de l’entrée n’y est plus … cela m’inquiète un peu. Nous nous régalons; mon épouse a un beau plat de spaghettis meat sauce et j’ai deux petits pains légers et fourrés.

On prend quelques minutes tranquille pour lire un peu … je finis l’autobiographie de Mizuki Shigeru. Très bon book !

Je remarque que chaque fois que je me rends ici pour déjeuner; je mange très lentement: c’est parce que c’est si bon !!

Au moment de payer, grosse surprise; juste à côté de la caisse ils avaient préparé une petite table avec mes deux BDs!! incroyable … quelle gentillesse et quelle générosité. le coin Wakamé Tamago …

avec même un petit robot ….

Nous repartons et continuons plus vers le nord où nous irons acheter des oeufs fermiers.

Sur le chemin nous nous arrêtons dans un petit café torrefacteur où j’achète 500g de grains de café. leur café est excellent. C’est le Rocky no ie.

Les fleurs devant le Rocky no ie sont absolument magnifiques. Nous passons quelques minutes à les admirer. J’avais félicité madame Rocky de la beauté de ces fleurs .. si bien arrangées .. les abeilles et les bourdons adorent eux aussi et nous observons leurs va-et-viens.

Un peu plus tard on achète les oeufs fermiers puis retournons à la maison.

De nouveau salopette de travail pour cette fois travailler dans le petit coin fleuri de mon épouse, il fait chaud et humide, on transpire bien, mais on est si bien dehors…

Partout dans le jardin où nous allons les chats nous suivent en silence … C’est que du bonheur tout cela.

Vente Directe de BD & expo – deux jours au village

Samedi et dimanche j’ai donc ouvert ma petite galerie que j’avais commencé à préparer il y a deux ans.

Dans la galerie -nommée le garage de wakamé tamago- j’avais exposé des dessins extraits de mes trois bandes dessinées, collés à une petit plaque plastique, de sorte que l’on peut prendre les dessins dans ses mains et les observer à souhait.

Beaucoup de personnes sont venues; beaucoup plus que je ne l’avais imaginé, 49 visiteurs en tout, de 1 an à 89 ans.

Dans la deuxième pièce du garage une table triangulaire permettait de s’asseoir; goûter au thé bancha fait maison et d’échanger tranquillement.

Ca a été donc un grand succès et je suis très satisfait de cette expérience.

Beaucoup des visiteurs étaient des connaissances et je suis très sensible à leur soutien.

Je mets les photos ici aussi au cas où l’intégration wordpress instagram cesse de marcher.

Wado sensei maître de la flute shakuhachi est venu nous honorer de sa visite.

Benoît aussi avec sa famille:

Et Jun; qui dirige un bistrot français à Himeji et même venu nous voir en dodoche !!!

C’était, franchement; une grande fête.


En attendant les visiteurs je profite de la belle lumière et travaille au sketch d’une nouvelle bande dessinée. Les voisins n’ont pas l’habitude d’entrées et de sorties du garage et j’ai acheté deux plots pour éviter des accidents.

Première pièce du garage avec des dessins de RETOUR SUR TERRE

Dans la deuxième pièce des dessins de ma dernière BD CONTINUER il y a aussi des dessins de TOUT IRA BIEN (que je n’ai pas traduite en Japonais)

Magnifique flower box par TWood, aux couleurs de Wakame (Algue) et de Tamago (oeuf)

Semaine de vacances

J’ai pris une semaine de vacances et c’était vraiment formidable.

Chaque fois que je prends des vacances; c’est comme un run test de lorsque j’aurais arrêté mon boulot … ou que le boulot m’arrêtera …

Mélange de travaux dans le jardin, de travail autour de mes bandes dessinées, et une ou deux escapades. Le tout dans un rayon de moins de 20 kilomètres.

Encore plus agréable avec cette belle saison. Il fait beau, les matins et les nuits sont frais; mais le temps la journée est très agréable.

Et puis c’est la merveilleuse saison des pousses de bambou et d’autres bonnes choses comme le tara no me, jeunes feuilles d’angélique.

Ici d’énormes pousses de bambou laissées à refroidir après les avoir bouillies dans du son de riz pour en retirer l’amertume.

Saki chan m’a amené dans un coin de la vallée où il y en a foison. Souvent le tara no me se fait en tempura mais j’ai essayé, avec mon ADN Charentais, avec du beurre à la poêle. Très bon.

Les tara no me, avant de passer à la casserole.

Dans le jardin je vais visiter régulièrement les semis et voir ce qui se passe.


Côté Bande dessinée

Côté Bande dessinée j’ai fini de ranger mon Open Garage et je vais l’ouvrir les samedi et dimanche de la semaine prochaine.

Le projet de l’open garage je l’avais un peu mis en sourdine ayant réalisé que pour exposer des dessins …. il faut d’abord des dessins ! Je me suis donc concentré sur mon dernier livre, Continuer, que j’ai pu finaliser en Janvier.

Je ne sais pas si il y aura des visiteurs, je me lance dans l’inconnu mais c’est bon pour la santé ça de se jeter dans quelque chose de nouveau que l’on n’a jamais essayé !

Voici les photos que j’ai postées sur instagram hier.

Vente directe de mes BD pendant la Golden Week

Les 3 et 4 mai

à Himeji

Noter les cônes de signalisation (la porte donne juste sur la route et je trouve que ça peut être dangereux) aux couleurs de Wakamé (vert) Tamago (jaune)

Vente directe des BD

Petite note sur le parking

J’expose aussi des dessins de mes trois bande dessinées, Tout Ira Bien, Retour sur Terre et Continuer.

Les dessins, imprimés, je les colle à une petite planche ce qui fait qu’elles tiennent toutes seules et on peut les prendre en main pour les regarder.

Des dessins de Tout Ira Bien

Des dessins de Continuer, avec quelques objets d’autrefois

Voila !

Faites-moi signe si vous êtes à Himeji !


Côté lecture

depuis novembre je me suis mis à lire en japonais; choisissant des livres avec ces critères simples: contemporain, et moins de 250 pages. ca a donné une suite de livres assez éclectiques, certains m’ont beaucoup plu, d’autres, beaucoup moins.

Le dernier livre, https://www.gentosha.co.jp/book/detail/9784344434523/ ce soir c’est du gibier par Ogawa Ito m’a tellement déçu (j’ai trouvé trop léger et sans réelle substance) je vais désormais changer mes critères.

https://bookmeter.com/users/1554216/books/read

J’ai classifié les romans japonais lus ces derniers mois.

Axe bas vers le haut: intérêt. le sujet ou l’histoire m’a intéressé voire passionné. Les choses qui m’ont passionné, beaucoup touchent de la société japonaise contemporaine, l’identité コンビニ人間, le suicide des jeunes カラフル、天国はまだ遠く, l’argent pour la retraite 老後の資金ありません、vie de paria en rédemption 苦役列車

J’ai cherché sans trouver des romans sur d’autres thèmes que j’aimerais mieux comprendre le thème des hikikomori, le thèmes des enfants qui refusent d’aller à l’école; auriez-vous des suggestions de livres qui traitent de ces sujets .

Axe gauche vers droite: accessibilité ou facilité de lecture pour le lecteur lambda dont je fais partie.

Donc la bulle orange; excellents livres, sujets passionnants mais le style et le vocabulaire très riches rend la lecture difficile.

Bulle bleu claire; facile à lire mais le livre m’a simplement ennuyé, trop fade à mes yeux, manque de piment.

Bulle jaune: facile à lire et le sujet ou l’histoire m’ont vraiment intéressé.

Bulle bleu foncé : un peu entre les deux.

Ca me fait un ratio proche de 50 50 si je compte les livres dans la bulle jaune vs les livres dans les bulles orange et bleu clair.

Pas mal.

Maintenant ma nouvelle approche va être un peu plus ciblée, j’ai gagné confiance en ma capacité à lire en Japonais avec plaisir, donc maintenant je vais choisir des livres qui m’intéressent plus directement, même si le texte peut être un peu plus ancien ou bien plus difficile d’accès.

Cette semaine je commence avec une autobiographie de Mizuki Shigeru le grand dessinateur de Gégégé ni Kitaro … !

Dimanche c’était hanami

Dimanche avec les voisins c’était hanami: pique nique arrosé sous les cerisiers en fleurs.

Il y a de telles micro variations dans la floraison des cerisiers. Au sud de la vallée les cerisiers sont en pleine floraison, je dirais 120 pour cents. alors qu’ici, juste 3 km plus au nord mais la vallée est plus étroite ça commençait juste ….

Tous les hameaux qui constituent le village ne fêtent pas le hanami. Il semble que notre hameau fasse exception. Sans doute une tradition hyper locale, mais c’est aussi possible parce qu’il y reigne une atmosphère particulièrement bon enfant dans notre hameau, et ça peut être un peu différent ailleurs.

Il est vrai que dans notre hameau, personne ne se prend trop au sérieux. Or il suffit qu’il y ait une seule personne qui se prenne trop au sérieux pour gâcher toute l’athmosphère ….

Et comme tout le monde se connait si bien, notre voisine sa famille vit dans le village depuis 700 ans mais les autres vivent ici depuis au moins 4 générations …. ça fait des liens des forts. C’est comme une grande famille.

Nous venus de Tokyo il y a 12 ans nous sommes comme la mouche tombée dans le yaourt mais tout le monde nous a acceuillis si chaleureusement! On n’est pas prêts de l’oublier ça …


Côté lecture, la lecture de 『卵の緒』 瀬尾まいこ | 新潮社 n’avance pas trop vite, je suis un peu distrait et étalé … Mais l’histoire est touchante, un garçon a l’intuition d’avoir été abandonné par ses parents et adopté (suteko) et on le voit de chapitre en chapitre progresser jusqu’à l’adolescence. Lire ainsi des romans japonais contemporains m’aide à toucher des sujets de la société japonaise …. sinon au village je suis trop dans ma bulle.

Il est difficile de suivre longtemps les bonnes habitudes. La bonne habitude en l’occurence c’est de se coucher le soir à 19 heures trente ou 20 heures; débrancher tout l’électronique et lire tranquillement, une heure. Je vais essayer de m’y remettre cette semaine.


J’ai commencé à travailler sur un nouveau projet de livre-bande dessinée. J’ai fini d’écrire le scénario général.

C’est un mélange de joie et d’excitation, de savoir que je suis sur le point de commencer à travailler sur un nouveau projet, mais aussi de crainte … et de questionnement: dois-je continuer comme je le fais, écrire des histoires, les faire imprimer et les vendre ensuite directement sur le site, et dans les commerces de la région, ou bien dois-je changer de méthode ?

Dois-je par exemple après que j’aurais quelques pages de faites, contacter des éditeurs et voir ce que ça peut donner ? Sachant que ça me mettrait sur une catapulte qui permettrait d’aller au niveau suivant -un peu comme un jeu vidéo- ou bien est-il préférable que je continue à travailler dans mon coin, tout seul, mais entièrement libre …. Je ne sais pas ! ….

Mais, l’absence de progrès; de transformation c’est une sorte de régression … Les boules !!!

Une semaine riche en événements

Côté boulot la semaine dernière a été assez chargée avec la présentation annuelle des budgets. Je fais ce job actuel et les budgets depuis 12 ans mais chaque année le contexte est différent et les chiffres augmentent à chaque fois.

La présentation se fait en deux fois, la première à un VP (vice président) mercredi à partir de 4 h du matin puis la deuxième à un CVP (corporate vice president), le vendredi à une heure du matin.

Les deux présentations se passent bien. Même si je suis rodé, à ce niveau, les senior executives, car ils ont accès à toutes les informations du business, sous tous les angles imaginables, ont le don de poser des questions tout à fait inattendues … donc il y a toujours une dose d’adrénaline.

La première réunion le mercredi finit bien et même plus tôt que prévu, à 4 heures trente du matin. J’en profite pour foncer dans mon camion et rouler 8 minutes dans la nuit, attention aux chevreuils sur le bord de la route, pour filer jusqu’au convenience store du village (ouvert 24 heures sur 24) … pour acheter une copie du journal de Kobé.

Le journaliste m’avait prévenu que l’article sur CONTINUER ma dernière bande dessinée paraitrait mercredi. Autant dire que, entre les présentations pour le boulot, et cet article qui doit sortir ma tête est entièrement pleine, même qu’il en coule de par les oreilles.

https://www.kobe-np.co.jp/news/himeji/202503/0018794846.shtml

Et en effet il y a écrit un article énorme ! sur toute une demie page. Je suis super content…

Le titre d’ailleurs a plein d’impact … un travail global (international) et un BD super locale … ça m’a fait bien rire! il a fait mouche …


Plus tard, mercredi encore, deux artisans viennent installer des doubles fenêtres dans ma maison-bureau. En fait on laisse les fenêtres existantes et épaisses comme une feuille de papier de cigarette, mais on installe, côté intérieur, de nouvelles fenêtres, en supplément. C’est pour un peu mieux isoler la maison, car l’hiver on s’y pèle trop les vouilles … Le deuxième step sera éventuellement d’y installer un petit poêle à bois.

Si il n’y avait pas de contrainte d’espace, j’y ferais installer une cuisinière à bois, comme celle qu’il y avait chez ma grand-mère Hélène à Saint Félix dans les charentes … pour moi c’est un souvenir d’enfance, ce gros engin où l’on fait du feu, il y a des chevillette, des bobinettes et dès fois il en sortait une magnifique tarte aux prunes ! Ces souvenirs d’enfance sont inscrits profondément dans la mémoire…

Ca devait être un truc comme ça:

Si on me disait … tu gagnes au loto, tu veux une lambo ? non; je veux une vieille cuisinière à bois !!!

Ce serait cool, je pourrais faire cuire des tartes pendant que je fais mes présentations de budgets aux VPs …. Attention à que ça ne brûle pas ….

Les deux artisans font un super boulot. C’est une tâche délicate, car la maison est ancienne, et elle penche .. tout est un peu de travers .. ça n’est pas évident, et ça prend toute la journée.


La deuxième présentation le vendredi s’est également bien passée.

Je m’étais couché la veille à sept heures du soir, dormi comme un bébé, pour me réveiller à minuit pour la réunion avec le CVP cette fois. Continuant à travailler jusqu’à 8 heures du matin j’ai pris une énorme pause et suis allé travailler tout le reste de la journée dans le jardin c’était absolument magnifique. Il fait encore froid mais je prépare quelques semis, j’arrange des petits trucs… j’observe les coccinelles … les araignées ont la pêche …

Tout ce monde bien réel …

Plus tard dans l’après midi monsieur Ohino dont je parlais dans l’article précédent est passé à la maison m’apporter du riz qu’il a produit – sans labour, sans produit en cide – je lui en achète deux kilos, j’ai hâte de le gouter. C’est peut être comme le riz que jes gens mangeaient autrefois. Je ne comprends pas tout ce qu’il raconte; cependant…. C’est pas grave; j’ai l’habitude …

Et j’aimerais bien; cet été, aller voir sa rizière observer et prendre des photos … il doit y avoir plein d’insectes, de grenouilles … des serpents … ce doit être magnifique …

On prend le thé, il est venu avec son épouse et son jeune fils, à qui je montre un album d’astérix, le domaine des dieux .. ça a l’air de l’intéresser.


Entretien entre M Iwata et un jeune agriculteur

Hier j’ai bouclé le boulot tôt, vers midi, pour aller voir un entretien entre monsieur Iwata et un jeune agriculteur, établi à Himeji.

Toutes les deux semaines il y a ainsi un entretien, les dates sont alignées au calendrier solaire traditionnel en 24 divisions, durant lequel monsieur Iwata -78 ans- développe une conversation avec un guest. J’ai eu l’honneur par deux fois d’y participer et d’être interviewé. Pour moi aller voir ces entretiens c’est devenu comme une thérapie …

Ca se déroule dans un restaurant, un endroit magnifique, installé dans une ancienne ferme de 150 ans.

Tout y est beau, et rien que d’y passer deux heures, on se sent rafraichi et inspiré.

Si vous êtes à Himeji un midi et avez une bonne demie journée de libre je vous conseille d’aller y déjeuner (il y a un arrêt de bus mais il faut un peu marcher); contactez moi si ça vous intéresse.

Hier j’avais le soleil dans l’objectif optique de mon téléphone et ici j’emprunte les photos de https://www.instagram.com/komegalleryotemae/

Hier l’entretien était avec Ohino Takuya un jeune agriculteur qui produit du riz au nord de Himeji, en suivant une méthode entièrement naturelle et en orbite autour des principes:

  • pas de labour
  • pas d’entrant ni de sortant (no input no output)
  • ne considère pas les insectes et les ‘mauvaises’ herbes comme des ennemis.

Je pense que monsieur Ohino est obligé, pour que le public le comprenne, de définir sa méthode et sa philosophie avec des phrases négatives, car, oui 95 pour cents des agriculteurs et jardiniers ici: labourent, apportent plein d’entrants avec les engrais, et pour eux, les oiseaux les insectes les mauvaises herbes sont des ennemis !

On pourrait reformuler les définitions avec des phrases positives:

  • laisser la terre tranquille pour le bien-être de ses petits habitants et des plantes
  • laisser le riz se développer avec sa propre force intérieure
  • considérer les insectes les oiseaux et les herbes comme des guests…

Tout cela va au-delà d’une méthode technique pour produire quelque chose, c’est à n’en pas douter une philosophie de la vie !!! On voit d’ailleurs le calme profond de la personnalité de monsieur Ohino …


L’entretien est en deux parties de 30 minutes; entre les deux parties, un duo de musiciens du village -箱庭- joue des morceaux qu’ils choisissent en fonction de la saison ou du profil de l’invité… Hier ils jouent une chanson sur le printemps. Vous pouvez les suivre sur spotify.


Au cours de l’entretien je note ces quelques phrases:

できたらできたぶんをとる

Récolter ce qui est disponible

無理のない稲

Un plant de riz qui ne se force pas

田んぼの子供の声が聞こえる

Une rizière où l’on entend des voix d’enfants

いい田んぼ

Une bonne rizière

一人分作る

Produire assez pour une personne

Souvent ces entretiens ne fournissent pas de « solution » directe; prête à utiliser, non, mais, toujours, ils entrouvrent de nouvelles portes, des fenêtres cachées, ou oubliées …. à chacun ensuite de faire les premiers pas et de faire son chemin.

A propos, monsieur Iwata qui conduit ces entretiens est ainsi pleinement dans son rôle et sa qualité d’artiste: il dévoile des signes, et ouvre l’horizon vers de nouvelles possibilités.

En ce qui me concerne dans le jardin, je suis à 66 pour cents de la methode: je ne laboure pas, j’apporte cependant régulièrement du fumier de poules ou de cheval, quant aux oiseaux et les herbes, je ne suis qu’un locataire dans leur domaine …. Bien sûr j’aimerais pouvoir m’améliorer car je suis un jardinier bien maladroit ….

C’était formidable (le marché)

Le marché dimanche: c’était formidable

Dimanche dans un temple à 10, 15 km d’ici avait lieu un petit marché où des bouquinistes, et des collectionneurs se sont assemblés pour vendre des livres. J’y étais aussi, pour vendre mes BDs.

Le temps n’était pas clément et il a plu toute la journée. Nous nous sommes installés abrités dans et autour du temple.

Le temple est vraiment formidable. Il est truffé de petites bibliothèques dont on peut emprunter les ouvrages. Sur un côté de l’autel il y a un piano droit ! C’est la première fois que je vois un piano dans un temple. Bibliophiles et mélomanes.

Je l’avais évoqué dans un article précédent; il y a aussi un petite maison attenante qui est ouverte aux enfants du village. Les enfants après l’école y viennent faire leurs devoirs, ou simplement passer le temps ensemble. C’est comme autrefois, m’explique plus tard ce matin mon ami Saki chan, les enfants après l’école allaient étudier ensemble au temple du village.

Sur mon compte instagram j’ai posté deux courtes vidéos de l’ambiance sereine et heureuse du marché. Il y avait aussi des musiciens, dont un duo de joueuses de shamisen.

Quelle paix et quelle sérénité ! Encore cette fois cela m’a frappé, et j’ai admiré cet art de vivre ensemble.


Des serviettes ténugui 手ぬぐい

Pour le marché, suivant les recommandations de mon épouse j’avais fait le design de serviettes ‘ténugui’, pour avoir autre chose à vendre et agrémenter ma petite table avec mes produits. Ne vendre en effet que mes trois bande dessinées, c’est hard core, il n’est pas facile de vendre un livre, encore plus hardu s’il s’agit d’une BD qui est bien différente des mangas et faite par un amateur …

Le ténugui sur le thème des algues et des oeufs (ce qui correspond à mon pseudonyme wakamé tamago).

J’en ai fait réaliser une centaine. Au pire, me disais-je, j’aurais 100 ténugui à utiliser jusqu’à ma mort !

Mais il ne m’en reste plus que 75 ….

J’ajouté un bouton paypal si les ténuguis vous intéressent !!!

ici avec mes voisines de stand, qui testent les ténuguis, et dont j’emprunte la photo d’instagram et qui font de l’arrangement floral.


Une énorme surprise

Un énorme surprise c’est lorsqu’une dame très élégante est venue, m’a dit bonjour wakamé tamago et m’a donné un sac avec du café et du chocolat, et puis elle est repartie comme elle était venue. J’ai été bien gêné, car je n’avais pas pu la reconnaitre, et étais dans l’incapacité de la remercier, jusqu’à ce que je comprenne qu’il s’agit d’une des employées du bureau de la poste du village ! (à la poste elle porte un uniforme et un masque). Quelle générosité !!

Lundi je suis allé la voir à la poste et lui ai offert un ténugui pour la remercier de son gentil geste.


Une autre surprise de taille

Une autre surprise de taille c’est que les ténugui et mes bandes dessinées se sont vendus comme des petits pains. Déjà dans les 10 premières minutes du marché j’avais vendu un ténugui et j’étais déjà content de moi (la peur de rentrer la queue entre les jambes) et puis oui; que pensent les gens en regardant mon travail ? Sont-ils intéréssés ? curieux ? C’est pas évident du tout !


et oui, on voit que le temple fait aussi ciné club avec des projections de films !

L’entrée qui mène à la maison ouverte aux enfants. On distingue les tables de ping pong.

C’est un vrai paradis !!

Vivement le printemps

Vivement que le printemps arrive et s’installe… Les nuits ici sont encore froides.

Je suis en avance sur mon schedule car tout le bois a été fendu et est déjà rangé. Nous sommes prêts pour les hivers prochains.

Hier j’ai reçu un coup de fil d’un ami du village pour m’informer que trois cryptomères, coupés, sont disponibles à aller chercher au bord d’un chemin, j’irai les chercher cette semaine. Il doit y en avoir pour quatre camionnées. Du bois il n’y en a jamais de trop.

Vivement l’arrivée du printemps que l’on puisse écouter les oiseaux, observer les insectes dans le jardin et que, comme un gros chat, on puisse se réchauffer dehors au soleil.

Ca va être formidable !


Des nuits la température est descendue vers moins huit, flinguant des brocolis innocents qui œuvraient patiemment à leur croissance. Je les avais pourtant recouverts d’un tissu. Peut-être qu’ils vont reprendre ? Il faut observer.


Beaucoup de personnes m’aident et m’apportent leur soutien dans mes projets de bandes dessinées. En les achetant en ligne, ou en les mettant en vente dans leur commerce.

Mercredi une employée du bureau de la poste du village est venue chez nous à la maison pour accompagner un client qui voulait acheter ma nouvelle BD ! Quelle gentillesse !

En fait ces projets de bande dessinées ça n’est pas pour les sous, mais pour ces connexions avec les lecteurs et ces rencontres, qu’elles soient à distance ou en personne, c’est une façon de communiquer, et cela enrichit la vie, c’est incroyable.

Voila … Mes BDs je les fais pour le bonheur de les faire et le bonheur des rencontres qu’elles rendent possibles. Et ce bonheur n’est pas taxable; il n’est pas soumis à la TVA …. Attention il faut que je m’arrête ici car je ne voudrais pas donner l’idée à des politichiens qui liraient cette page de penser à taxer le bonheur !


Au sujet de monsieur Iwata: mercredi dernier dans un restaurant de la région il a fait son entretien bi mensuel cette fois avec un artisan de tambours japonais (wa daiko 和太鼓). Entretien passionnant! L’artisan continue une tradition familiale de fabrication de tambour et il en est la 18è génération. Les sujets évoqués sont vastes; traitent les aspects personnels économiques et sociaux et me permettent d’entrevoir un monde que personnellement j’ignore complètement.

Cet entretien qui a lieu toutes les deux semaine, c’est une véritable bouffée d’oxygène! Le prochain entretien sera avec un agriculteur de la région.

Préparations pour le marché, le 16 mars

Le 16 Mars le dimanche dans un temple bouddhiste pas loin d’ici, au nord de Himeji, dans la bourgade de Hayashida, il y aura un petit marché (est-ce-que le mot marché s’applique vraiment dans ce cas) avec des libraires indépendants et des collectionneurs de livres.

https://maps.app.goo.gl/bTiAhuq5wJa5pdvd6

Je participerai à l’événement. Pour faire un petit stand -je n’aurai pas besoin d’une grande table; car j’ai seulement trois bande dessinées à mon compteur-, j’ai transformé l’engin à quatre roues de brouettes que j’avais fait il y a quelques année, pour transporter de grosses pierres.

C’est en effet l’occasion de faire un truc original et amusant.

Depuis j’y ai ajouté une sorte de grande cage en bois afin de transporter du bois (pas de photo de cette version), mais l’idée en gros c’est d’en faire un petit stand mobile, sur roues. Le dessus servira de table pour exposer mes trois bandes dessinées, et sous la table je garderai une boite en carton pour le stock de BD, une gourde de thé et un tabouret.

Voila ce que ça donne….

Au dessus de chaque BD je mets un message explicatif:

Bon … Il y a encore quelques petites choses à régler mais il ne reste que deux semaines …..

Une carte postale d’une lectrice et marché le 16 mars

Heureuse surprise aujourd’hui de découvrir dans la boite aux lettres une carte postale, envoyée par une lectrice. Quelle gentillesse, que de prendre le temps d’écrire…


La carte évoque l’arrivée prochaine du printemps

Il a fait froid ce matin. Il a du faire froid dans votre village.

J’ai lu la bande dessinée dans le style ukiyoé ‘Tsudukeru’ (Continuer) de Wakamé Tamago.

Sur chaque page il y a plein de choses, des petites fleurs, des petits animaux,

à chaque fois on découvre quelque chose et c’est amusant.

J’ai bien ri à la page 3 lorsqu’il s’agit de se dessiner de façon réaliste.

A propos, à la télé, sur la NHK, il y a justement un feuilleton sur les ukiyoés.


C’est le side effect d’écrire des BDs: les rencontres; les connexions et ces communications, tout cela fait chaud au cœur !


Le 16 Mars le dimanche dans un temple bouddhiste au nord de Himeji, dans la bourgade de Hayashida, il y aura un petit marché (est-ce-que le mot marché s’applique vraiment dans ce cas) avec des libraires indépendants et des collectionneurs de livres.

J’y serai pour vendre mes Bandes Dessinées: Tout Ira Bien (je n’ai que la version française), Retour Sur Terre (la version japonaise) et Continuer / つづける。

Voici l’affiche pour le marché. C’est la prêtre du temple qui en a fait le design. C’est très réussi, et évoque ici aussi le printemps ….

Le nom du temple: 教覚寺 - traduction approximative: le temple de l’éveil.

Je suis allé visiter le temple pour faire un repérage il y a quelque temps. Magnifique.

Pas mal de choses à préparer pour le marché, entre autres, faire imprimer d’autres copies de la version japonaise de retour sur terre et puis faire une table pour y présenter mes productions….

A suivre !!!

Curieux de voir ce que ça va donner

Hier samedi le soleil et le temps doux évoquaient le printemps.

Très agréable.

Propice pour faire quelques projets. Remplacer la roue d’une brouette. Refaire le grillage autour d’un prunier planté l’année dernière pour mieux le protéger des chevreuils. Nettoyer le potager.

Et puis, aller installer une grande bassine dans ma montagne (ici au village on dit yama mais je pense que ‘dans mon bois’ ou ‘dans ma forêt’ est sans doute plus approprié).

Je choisis un emplacement dégagé et lumineux. Je bloque la bassine avec des troncs d’arbres et y pose au fond quelques pierres.

Les prochaines pluies viendront emplir la bassine qui deviendra un point d’eau pour les animaux. Le fait est tout le terrain étant pentu, il n’y a quasiment pas de point d’eau. Je me demande comment ils font!

Je suis très curieux d’observer d’ici quelques semaines comment la bassine va s’emplir et si il y aura des changements notables. Je pourrai installer un camera pour filmer les visiteurs de la nouvelle oasis.

En espérant que les sangliers ne foutent pas tout en l’air. Ce sont des coquins ….

Dormir avec les chats

La semaine dernière nous avons eu quelques nuits où la température est descendue jusqu’à moins 8. Certaines régions du Japon ont eu des records de neige.

Jeudi j’ai pris froid, je me suis enrhumé… il caillait tellement dans le bureau!

et j’ai alors passé les trois journées suivantes au lit, ayant déplacé le futon juste devant le poêle à bois à la maison, et j’ai ainsi dormi autant que les chats, en leur compagnie, pendant trois jours. Les chats qui ont pu aussi tester le futon.

Mon épouse s’est aussi bien occupée de moi que des chats: que du bonheur. Etre seul dans de telles conditions doit être bien différent. Ce repos forcé était bénéfique.


Conclusion il faut que je regarde au chauffage de mon bureau, et je vais commencer par en remplacer les fenêtres qui sont en très mauvais état et laissent tout passer.

J’hésite à faire installer un poêle à bois dans le bureau, car je ne vois pas vraiment où l’installer, il n’y a pas de mûrs, mais que des fenêtres ! Ce sera la deuxième étape, je pense.


Côté bande dessinée

  • je prends des notes sur un futur projet; surtout une liste d’idées. Cette phase de réflexion – mijotage – macération – infusion – trempage peut prendre beaucoup de temps ! Mais pourquoi s’arrêter; il vaut mieux continuer.
  • J’ai reçu un nouveau lot de 200 copies de Continuer la semaine dernière.
  • Mi mai il y aura un petit marché dans un temple bouddhiste et j’y tiendrai un stand pour présenter mes BD…

Mon grand projet final qui sera l’apogée de notre installation à la campagne il y a 12 ans (penser en cycles de 12 ans), de notre libération partielle des envies de la ville, sera ma libération du travail au bureau.

J’ai commencé à travailler en 95, (j’aurai 54 ans cette année) ça fait 30 ans non stop. Mon job actuel: que j’ai pu emporter avec moi au village, je l’ai depuis 2007, soit bientôt 20 ans! Je n’aurais jamais pensé rester si longtemps au départ.

Ce travail nous lui avons donné beaucoup et il nous a donné énormément en retour. Mais les meilleures choses ont une fin et je vais me préparer à y mettre fin pour commencer une nouvelle étape dont les éléments :

  • vie simple à la campagne et auto production. – Activité Physique et alimentation
  • Création de livres – bandes dessinées. – Activité intellectuelle
  • Et quelque chose d’autre à définir, ouverte sur le monde, qui permettra de rencontrer des gens. -Activité sociale
    • monter ma boite d’édition pour distribuer mes livres au Japon ? c’est une question. Un gros avantage serait que ça m’amènerait à voyager partout au Japon et rencontrer plein de gens intéressants. on peut essayer … il y a plus de risques à ne pas essayer je dirais.
    • peut être simplement ma galerie d’exposition; à doubler en café.

Tous les éléments sont là…

Qu’en pensez-vous les amis.


C’est une vraie aventure

Merci à toutes et tous d’entre vous qui avez commandé ma nouvelle bande dessinée « Continuer« ; merci !!

Toutes les BD commandées à ce vendredi 24 janvier ont été postées.


A propos, lundi, lorsque je suis allé à la poste envoyer le premier batch de commandes la directrice du bureau m’a demandé s’il s’agissait de ma nouvelle BD et très gentiment m’en a acheté une sur le champ.

Elle est son équipe ont accepté de se faire photographier!

Tout ça fait partie de tous ces moments sympathiques, la BD devient un prétexte pour une connexion, quelques mots, des sourires. C’est une véritable aventure.

J’ai été tellement impliqué dans la BD cette semaine, au boulot c’était disons un peu service minimum, normal …. le cœur est ailleurs …


Lundi après-midi d’ailleurs je suis allé retrouver monsieur Iwata pour son entretien quinzomadaire dans un restaurant pas loin du village. Cette fois c’était avec un jeune agriculteur-entrepreneur, et l’entretien était passionnant.


J’ai pu glisser dans la besace de Iwata Sensei une copie de Continuer avec l’espoir qu’il daigne y jeter un coup d’œil…

Quelle ne fut pas ma joie lorsque deux jours plus tard en lisant son magasine hérahéra tsushin, la version en ligne qu’il met à jour quotidiennement, un long article sur Continuer ….

En fait il a écrit dessus trois jours de suite… C’est difficile à dire mais je lui suis si reconnaissant de consacrer tant de temps et de pages à Continuer, les larmes me viennent aux yeux. (21 22 23 janvier 2025).

Nouvelle Bande Dessinée: Continuer つづける

Roulements de tambour…

Ma nouvelle Bande Dessinée est ficelée. Je l’ai reçue de l’imprimeur hier.

Continuer つづける

(つづける se lit tsouzoukélou et signifie Continuer).


Je présente la BD dans cette petite vidéo youtube:


Le livre: 70 Pages, tout en couleurs. Format B5. Le livre est orienté horizontalement, façon paysage. Après plusieurs tests il était clair que A4 en paysage, la prise en main est difficile. En B5 au contraire le livre est vraiment mignon !!


Bilingue Français Japonais.

Le livre est orienté à la façon japonaise, et se lit de droite à gauche !


L’histoire?

Je viens de finir de dessiner Retour Sur Terre et recherche un nouveau projet.

Sans avoir d’idée claire je me mets à dessiner en m’inspirant des estampes japonaises « ukiyoé« , que, franchement, j’adore. C’est aussi un moyen de célébrer mon amour pour le Japon.

Je montre le résultat à mon épouse qui me conseille de réfléchir un peu plus, et je demande alors aux animaux de la forêt, le chevreuil et le sanglier de la BD précédente, Retour Sur Terre, de m’aider …


Sur 70 pages on explore plein de sujets différents, les sujets de la vie:

La liberté. L’amour. La mort. Les impôts. La paix. Les amis. La gratitude. Transformer sa vie. Le travail.

Sur la page de droite, un dessin dans le style de l’ukiyoé, sur la page de gauche, les commentaires, remarques, par le chevreuil et le sanglier.

(j’ai pris les photos avec une version de test avant de changer l’ordre des pages).


Voici quelques exemples:

Ici le thème de se construire. (avec en plus le portrait de Pierre, un lecteur de longue date du blog-Pierre m’a conseillé pour dessiner une forge traditionnelle japonaise).

Savoir s’excuser: le secret des relations qui durent

L’enfer des impôts


Pour les livraisons hors Japon, vous pouvez commander ‘Continuer’ avec Paypal.

J’envoie les livres avec la Poste. Les postières du villages d’ailleurs se sont bien habituées aux envois à l’international. Les livres arrivent en Europe en 10 jours. Vers l’Amérique du Nord par exemple le Québec ça prend plus de temps, compter deux semaines.

18 Euros; Port inclus toutes destinations

Achetez la BD avec votre Carte Bancaire

Pour les commandes sur le Japon, cliquer sur ce lien https://wakametamago.theshop.jp


MERCI POUR VOTRE SOUTIEN

2025: tous nos meilleurs vœux

2025; tous nos meilleurs vœux de santé et de bien-être !

2025, c’est l’année du serpent.

Souvent sous le plancher de la maison veille un serpent, protecteur, car gourmant de souris …

Le serpent blanc (白蛇) est une divinité qui apporte fortune et prospérité, des sanctuaires lui sont consacrés.

Donc au premier janvier pourquoi pas trinquer ensemble …


Un autre chasseur de souris notre chat Scotch.

Le jour de l’an le matin nous avons grimpé jusqu’à notre montagne pour saisir les premiers rayons du soleil.

Comme chaque année nous allons dans le petit sanctuaire shinto du village.

Cette année j’ai prié pour le succès de ma nouvelle Bande Dessinée qui sera disponible fin Janvier.


BD, visiteurs de marque, sanctuaire shintô, Noël

Ma nouvelle Bande Dessinée

Au sujet de ma nouvelle bande dessinée, j’ai reçu la semaine dernière des exemplaires imprimés et fait une nouvelle relecture et ensuite une trentaine de corrections. J’ai tout renvoyé de nouveau à l’imprimeur pour faire un autre test.

J’ai vu par contre que les frais d’impression ont augmenté depuis ma dernière BD Retour Sur Terre. L’inflation est partout présente. Et je me suis lancé dans de savants calculs pour déterminer le prix de vente de la bande dessinée.

Si tout est bon je pourrai annoncer le produit final et le vendre à partir de janvier.

D’un point de vue économique je pourrais faire imprimer à Hong Kong par exemple, le coût serait divisé par deux mais ce serait contraire à mon attachement aux choses simples et au principe de rester local. Surtout que mon « produit » n’est pas du tout un produit de première nécessité…

Je fais corrections et ajustements depuis septembre, cette phase prend vraiment beaucoup de temps!!!

Mais encore mon but c’est que les lecteurs et les lectrices soient satisfaits de leur achat… et donc ces trois mois assez pénibles avec les corrections sont nécessaires.

Peut-être que j’ai écrit exactement la même phrase dans le dernier article !!


Des visiteurs de marque

Ces deux dernières semaines nous avons reçu des visiteurs de marque.

Pierre, qui lit le blog depuis 10 ans depuis le Canada était de passage dans la région avec son épouse et nous avons pu faire connaissance: C’était vraiment chouette. Pour marquer le coup j’avais préparé un hachis parmentier. Pierre, qui est Québécois, a dit que ça ressemblait à du pâté chinois, soit ce que l’on donnait dans le temps aux ouvriers chinois qui ont bâti les lignes de chemin de fer au Canada. Ca nous a bien fait rire. Nous aurions pu discuter beaucoup plus longtemps, il y avait tant de sujets à traiter ! Pierre a expérience au Japon tout à fait exceptionnelle et j’aurais pu préparer un véritable questionnaire mais plutôt nous nous sommes concentrés sur l’instant présent.

Le dimanche avant la visite ministérielle de Pierre une voiture peu commune, une mitsuoka viewt est venue s’arrêter devant chez nous. En sortent trois charmantes dames: l’épouse de monsieur Kenzaburo Iwata, une jeune disciple de 83 ans et une de leur amie.

Venir comme ça à l’improviste, c’est après réflexion une sorte de politesse. On s’excuse de ne pas s’être annoncé mais aussi cela évite à la personne à qui l’on rend visite d’avoir à se préparer… Ce qui était chouette c’est que pour la visite de Pierre je venais de faire le ménage dans le bureau !!! Lucky !!

Nous avons discuté avec ces trois dames tout à fait charmantes et très drôles. Et passé un excellent moment.

En fait cette visite n’était pas désintéressée: madame N, la disciple de 83 ans voulait me donner des livres de sa collection d’œuvres de M Iwata. Ce sont en fait les premiers numéros de son fanzine hérahéra tsushin ! de 1992…

Absolument incroyable.

Tout à fait superbe.

Comme tous ces numéros et beaucoup de livres sont aujourd’hui épuisés et introuvables il est vraiment difficile d’appréhender l’importance de l’œuvre de monsieur Iwata, cette œuvre est presque plus littéraire et journalistique qu’artistique même…

Faire la connaissance de monsieur Iwata a été un énorme fait marquant de 2024 pour moi …


Aller voir le sanctuaire des boules bleues

Aujourd’hui nous sommes allés voir le sanctuaire shinto AoDama (boules bleues), à 60 km d’ici vers le nord est. C’est dans un superbe endroit. Le sanctuaire est connu pour les sept cryptomères géants qui le protègent.

Rien que de voir des arbres majestueux comme ça, ça rend heureux ! Ca calme, et ça rappelle combien l’on est petit et insignifiant. Ca réduit la pression ..

Lorsque nous arrivons il y a des villageois assemblés qui installent le kadomatsu, la décoration du nouvel an. Ils ont l’air si heureux ! Lorsque l’on laisse les gens tranquilles dans leur élément et qu’on ne les enquiquine pas, ils tendent naturellement vers le bonheur.

Juste à côté du sanctuaire se trouve une petite boutique que nous allons voir.

Deux coupes à saké (guinomi) m’intéressent. Des deux je dois en choisir une. Elles sont identiques en forme mais chacune a certains défauts, des petites craquelures qui se sont produites lors de la cuisson de la céramique.

Quels sont les défauts que je préfère ? Ces craquelures révèlent en effet la nature minérale de la coupe et lui donnent un caractère … et sa beauté … Oh voilà qui est passionnant … la capacité, dans l’esthétique japonais, à dériver la beauté de défauts …


Noël

Aujourd’hui c’est le 22 décembre.

J’avais bien remarqué l’année dernière que, au boulot, le vice président de notre division, dans son message annuel de vœux, avait sciemment évité d’utiliser le mot Christmas …

On voit comment le wokisme a contaminé les cervelles des volailles dans les entreprises … Je crains que cette année ce soit pareil … qu’il parle des Holiday mais surtout pas du Christmas … Enfin !!

Joyeux Noël à toutes et à tous!

Déblocages: Dernière page de la bande dessinée

{Article en Japonais}

Ici un déblocage énorme, j’ai fini la dernière page de ma nouvelle bande dessinée!!

J’ai refait cette page au moins trois fois depuis septembre, mais là, je crois que c’est final !!

Ici un des sketchs pour cette dernière page … on nous voit tous les cinq, mon épouse, moi, le chevreuil, le sanglier et le hibou ….

Je vais faire une dernière relecture ce week end, pour ensuite préparer les fichiers que j’enverrai à l’imprimeur, si tout va bien, lundi.

Cette « phase finale de la BD » prend beaucoup de temps: trois mois de relectures, corrections, additions. C’est normal, si l’on veut produire quelque chose de correct, il faut passer par là et ne pas négliger cette étape super importante …

Sans l’aide de mon épouse je n’y serais pas arrivé, c’est si stressant que j’aurais eu le réflexe de, plutôt que de relire et de revérifier, …. d’appuyer sur l’accélérateur, comme un dingue, et de tout boucler, illico presto.

Mon épouse est vraiment mon 編集者, rédactrice … tout seul je n’y arriverais pas. C’est elle qui m’a fait refaire la dernière page plusieurs fois et m’a donné l’idée du dialogue final …

La dernière page est tellement importante, je me dis, ce serait peut être plus facile de commencer par dessiner la dernière page ? Cependant on fait tant de découvertes pendant l’élaboration de l’œuvre …. mais …. c’est une bonne question.


Mieux vaut tard que jamais: j’ai upgradé mon espace de travail pour la BD en y installant une nouvelle table de travail.

J’avais cette grande planche qui depuis un an n’attendait qu’à se rendre utile.

Jusqu’à maintenant soit je faisais mes BDs le soir dans la cuisine à la maison, soit dans mon bureau mais sur une table très basse. Maintenant, c’est beaucoup mieux, c’est pro….

Déblocages: La lecture en Japonais

J’ai pu réaliser récemment plusieurs déblocages. En voici un, d’abord, sur le sujet de la lecture en Japonais.


Je vis au Japon depuis plus de vingt ans et pourtant je lis très, très peu en Japonais. En tout cas, je ne lis pas en Japonais pour le plaisir, mais plutôt par nécessité. Ce qui est vraiment dommage et un finit par constituer un handicap.

Le fait que mon travail se fait tout en Anglais n’aide pas du tout. Et en plus beaucoup des infos que je consulte ou consomme sont elles aussi en Anglais, que ce soient des podcasts ou des vidéos sur youtube.


La découverte plus tôt cette année du fanzine de monsieur Iwata a aidé mon cerveau à former de nouvelles connexions. Cet été j’ai lu des recueils de chroniques qu’il avait écrites pour le Kobe Shinbun.

Donc j’avais une pile de héra hera tsushin (le fanzine en question) à côté de mon futon. Un soir que je bouquine avant de me coucher, je comprends tout d’un coup que ce héra héra tsushin que j’aime tant est un peu l’équivalent contemporain des Heures Oisives de Urabé Kenko (14è siècle). Je me suis mis alors à relire les Heures Oisives, en Français. C’est l’un de mes livres préférés et il m’a suivi partout. En le relisant avec énormément de plaisir je découvre qu’il évoque le temple de Engyo ji de Himeji (à 10 km de la maison). J’y prends tellement de plaisir que j’achète une édition de l’époque de Meiji afin d’essayer de me rapprocher un tout petit peu du sujet et de l’esprit …

Cet ancien livre décrit un ancien monde révolu. Et ces belles illustrations. La calligraphie, qui imite une écriture au pinceau et se nomme kusushimoji rend le book tout à fait inbitable au novice que je suis et resterai.

J’ai parlé des heures oisives et des points communs avec héra héra tsushin à Monsieur Iwata et ça lui a fait très plaisir …. il a même mis dans son fanzine une photocopie de mon exemplaire des heures oisives !

(magazine du 27 mai 2024) https://www.hera-hera.net/nikki202405.html#top

Plus tard je lui ai aussi donné un dessin de lui et de urabe kenko dans la même maison, à des époques différentes. Il l’a mis aussi dans son fanzine.

(magazine du 2 août 2024) https://www.hera-hera.net/nikki202408.html


Un autre événement c’est un workshop sur le théatre noh, dans un restaurant pas loin d’ici. Des acteurs de noh viennent nous présenter leur art, en particulier leurs instruments de musique. Au préalable nous devions, les participants, préparer un petit texte sur le noh, ce que j’avais fait avec plaisir …

Le workshop se passe très bien et à la fin nous emportons avec nous les copies des textes écrits par les autres participants. Ma première réaction -typique- était ah non je ne vais pas lire ça (trop difficile). Mais finalement une fois de retour à la maison je me mets à lire les textes écrits pas les autres participants.

En particulier le texte écrit par un participant qui compare l’histoire de la pièce de noh « hachi ki » à certains passages de la bible. Ce texte est magistral et sa lecture me donne beaucoup de plaisir.

Finalement: je me dis: hey, je peux lire des choses « compliquées » comme ça, sans avoir recours au dictionnaire… C’est comme une révélation..!


Pour tester cette « théorie » je vais chercher un roman contemporain; La Fille de la supérette (コンビニ人間, Konbini Ningen). Le texte est simple dans un contexte que je connais et ce livre finalement se laisse lire. Sur les pages je copie les mots et les idéogrammes que j’ignore.

Je lis ce livre avec plaisir. Constater que je peux lire avec un effort raisonnable un roman en Japonais me donne confiance et dissout mes réticences.

Ainsi je peux découvrir de nouveau le Japonais écrit. Et il y a vraiment des pépites à découvrir, dans les expressions et les tournures de phrases. OMG !!


Quel idiot que je suis mais mieux vaut tard que jamais; sans doute absorbé dans le travail et toutes les autres choses, ces 20 dernières années, je n’avais pas essayé vraiment de lire en Japonais.

Or, il y a tant de choses à apprendre.


En même temps, en tant qu’auteur de BD, je me renseigne sur la nécessité de créer une maison d’édition.

Je m’intéresse aussi aux librairies, au Japon. Avec la digitalisation, le vieillissement de la population, et l’accaparement des cerveaux par les smart phones, beaucoup de librairies au Japon ont fermé. En 20 ans, un tiers des librairies au Japon a fermé.

La magie encore de youtube, (cette même magie qui contribue aux faillites de librairies) m’informe que, au milieu de ce marasme, il y a des cas exceptionnels, comme par exemple une librairie ouverte 24 heures sur 24, car elle est jointe à un convenience store (konbini) Family Mart. Ce qui est fou, c’est que cette librairie n’est qu’à 40 km d’ici. Trop curieux j’attends la nuit et je vais voir….

Pour y trouver quelques romans contemporains auxquels je vais m’essayer. Il faut, en effet, continuer à apprendre…

C’est beaucoup de travail

J’arrive à la phase finale de ma nouvelle bande dessinée et c’est vraiment beaucoup de travail:

Dessiner la couverture; corriger les textes, repositionner les dessins, ajuster les couleurs, j’y consacre une grande partie de mon temps libre, cette phase finale est difficile (a pain in the ass) mais nécessaire: pour obtenir un livre qui satisfait ses lecteurs en étant un produit de qualité et soigné, il faut faire ces efforts.

Si je ne fais pas tous ces efforts le résultat en souffrira. Au contraire, à travers tout ce travail je sais que je vais m’améliorer et devenir encore meilleur dans cette partie.

Mon objectif principal c’est que les personnes qui achèteront et liront le livre soient satisfaites. Elles seront certainement surprises peut-être décontenancées car un tel livre, construit de cette façon n’a sans doute jamais existé, en tout cas je n’en ai jamais lu ! Mais si je mets tout le travail nécessaire normalement elles ne devraient pas être déçues.

J’avoue que ma première BD Tout Ira Bien avait peut-être un aspect un peu bâclé … par exemple je n’avais pas dessiné la couverture et avait simplement réutilisé un dessin de la BD… et ça a du être très visible aux lecteurs.

Un problème c’est que à chaque relecture je peux trouver des choses à corriger … à un moment je pense que pourrai me dire ok c’est pas encore parfait mais c’est bon … on y va … on envoie à l’imprimeur!


Ici la saison commence sa transition vers l’hiver. Cette semaine on devrait pouvoir faire nettoyer notre poêle à bois calcifer et je pense que d’ici dix jours nous commencerons nos journées à faire un petit feu.

Côté jardin j’ai encore quelques pieds d’aubergine et de poivrons qui continuent à donner. Les poireaux plantés à la fin de l’été on bien poussé et on pourrait commencer à les utiliser pour la cuisine.

Ce week end je vais planter les oignons. Il faut que j’aille voir comment vont les choux et les gros radis. Je trouve que le moment de les semer est délicat; si ils commencent à pousser trop tôt les insectes vont dévorer leurs feuilles succulentes, si trop tard … c’est trop tard.


J’ai beaucoup suivi les élections américaines sur youtube; plus que les élections françaises.

Trump a fait une excellente campagne, incroyable pour 78 ans. Les Démocrates lui ont cependant bien facilité le jeu en lui opposant une candidate finalement décevante.

Au téléphone avec mes collègues US je les teste un peu pour voir leur réaction; jusqu’à maintenant personne n’a ‘osé’ laisser transparaitre son support à Trump … Il faudrait que je contacte des collègues du Texas ou du Wyoming pour comparer la température avec Seattle et Portland …

Au sujet de la victoire de Trump; c’est peut-être la chance d’arrêter la guerre en Ukraine ? En sur-simplifiant je me dis qu’il suffit d’arrêter de fournir des armes … et que les stocks d’obus sur place s’épuiseront naturellement… avant ça bien sûr il faudrait se mettre d’accord avec Vlado pour s’assurer qu’il arrête sont armée avant Kiev, un truc comme ça. Les Russes ont déjà payé un prix très fort pour leur agression et en plus ils ont perdu Nordstream, qui était peut-être la cible principale des US ….

Mon dessin de 2022 avec Poutine aspiré dans les toilettes était quand même bien faux !

Récolter et consommer du makomo

Makomo. Une plante dont je n’avais jamais entendu parler. Un jeune agriculteur à 15 km d’ici en a planté dans sa rizière. Il y a même eu une petite fête organisée, en mai, et avec quelques dizaines de personnes, nous y étions allés, pour planter du Makomo. Ca se plante comme du riz.

C’était la première fois que je m’aventurais dans une rizière inondée. La sensation d’être les pieds dans l’eau, de s’enfoncer et de glisser dans la boue et de sentir le sol dur au fond c’est presque magique…

Tout ça c’est Reiko vraiment une personne formidable et pleine de créativité qui a monté cet évènement. Elle connecte les idées et les gens, car établie dans le même village que l’agriculteur elle monte une école d’agriculture et de noh. J’ai pu participer modestement puisque j’ai fait le dessin que cette école utilise.

Bref, la semaine dernière nous nous sommes retrouvés dans la rizière pour cette fois récolter le makomo.

Ce makomo, on peut traduire par riz sauvage. Or, ici interviennent les dieux, car par l’effet d’un champignon la tige du makomo va enfler et produire une tige blanche; gonflée et tendre, qui se consomme.

Ici un extrait de wikipédia pour prouver que je ne suis pas fou:

 mais pour la production d’un légume particulier : ses tiges enflées par les galles causée par un champignon du groupe des charbons, Ustilago esculenta. Lorsque le champignon envahit la plante-hôte, il provoque une hypertrophie, augmentant la taille des cellules et leur nombre. L’infection par le champignon Ustilago esculenta inhibe la floraison de la plante et interdit la mise à graines de sorte que la plante doit être reproduite par multiplication végétative grâce à ses rhizomes. Les nouvelles pousses sont infectées par les spores présentes dans le milieu environnant, qui est généralement une rizière6.

Les tiges enflées sont récoltées comme légumes appelés gau-soon et kal-peh-soon6 (également, gau sun et kah peh sung)7 et jiaobai en Chine8. Leur nom japonais est makomotake9.

Aller dans la rizière on est entouré des ces tiges très hautes et on oublie rapidement le monde alentour. Les pieds dans l’eau on observe ce microcosme différent. Les araignées. Les grenouilles. C’est superbe. Parmi les tiges on cherche celles qui sous l’effet du champignon montrent cette protubérance blanche, on la coupe.

Rien n’est perdu avec le makomo. Arrivé à la maison on récupère ces parties blanches. Elles font penser un peu au salsifi et à l’asperge. Mais on garde aussi les grandes feuilles car séchées au soleil on peut les passer dans une grande marmite comme lorsque nous préparons le thé: on obtient une infusion délicieuse et sucrée.

Pour cuisiner le makomo on a essayé plusieurs façons différentes; cuit avec le riz, ou bien en poêlée avec du beurre.

Un vrai régal.

Lorsque en mai nous avons planté le makomo.

La rizière avec le makomo, pas encore récolté

Biotope vivant

Récolte

Récolte

L’agriculteur coupe les tiges récoltées

On voit bien les protubérances blanches…

Mais à la maison on récupère les longues tiges

Que l’on fait sécher au soleil. Puis je les passe dans une marmite

Et avec cela nous pourrons boire du thé de makomo!

Premier essai de cuisine avec les « choses blanches », à la poêle avec du porc

Un régal

Vous pouvez suivre l’agriculteur sur instagram et trouver plus de photos: https://www.instagram.com/yauchishizennouen24/

Plier et ne pas rompre, harmonie

Article en Japonais

Je suis en phase avec l’harmonie générale qui règne au Japon.

J’apprécie chaque minute que j’y passe.

Disons plutôt que, maintenant, je réussis à moins perturber l’harmonie générale qui y règne. Je me fonds mieux dans la nature.


On a vraiment transitionné dans l’automne après un mois de septembre longtemps chaud. Les anciens confirment que les étés sont plus chauds et plus longs.

Il y a encore quelques indices de l’été… comme les pieds de tomates. et les aubergines qui continuent à donner.

Il a fait tellement chaud, avec Saki chan, on a quasiment abandonné notre projet d’agriculture nonchalante l’été.

Déjà, j’ai peu de temps, et avec la chaleur nous faisons très attention à éviter le 熱中症 – hyperthermie.

Par contre l’automne venu nous continuons et cette semaine nous avons planté des navets et radis japonais. Cependant, cette fois-ci nous utilisons une bâche en plastique pour éviter les herbes… En gros j’abandonne mes convictions ou idéologies anti plastik pour une démarche beaucoup plus pragmatik ! On évolue.


Cette semaine encore ma voisine Elisabeth, une dame vraiment formidable et si intelligente, elle est vraiment incroyable. Je l’appelle Elisabeth car elle a vécue expatriée au Royaume Uni plusieurs années et est bilingue en Anglais. Dans ma BD Retour Sur Terre je l’avais dessinée sur deux cases mais j’aurais pu faire franchement monter les oeufs en neige sur plusieurs pages, avec Elisabeth !!

Cette semaine encore donc elle m’a pris trois exemplaires de ma BD, qu’elle va ensuite redonner à un monsieur mystérieux qui vit à Okayama … C’est un amoureux de la nature, il aime beaucoup les insectes, je l’ai nommé mushiméganésensei -en ce moment apparement il s’occupe beaucoup de papillons- eh bien ce monsieur a dû offrir ma BD à une quarantaine voire une cinquantaine de personnes.

Quel honneur pour moi.

  • Je devrais aller lui rendre visite pour faire sa connaissance et le remercier
  • Il y a deux ans je lui avais adressé un délicieux gâteau allemand de noël, un Stollen, fait par un ami allemand à Tokyo, Benjamin.
  • En fréquentant et suivant de très près monsieur Kenzaburo Iwata j’ai bien compris que, en tant qu’artiste c’est bien de construire et d’entretenir une relation avec son lectorat. Iwata san après chaque rencontre envoie une carte postale ! En observant monsieur Iwata j’apprends et comprends toutes mes lacunes. Disons que si je veux devenir un créateur je dois agir et travailler comme un professionnel.

J’ai reçu les test d’impressions de mon nouveau livre.

Quand j’ai reçu l’impression j’étais un peu paralysé et au bord des larmes. le premier jour j’ai été complètement déprimé par le résultat mais le lendemain après une nouvelle lecture absolument positif et très fier …. C’est grave docteur ???

La qualité du papier et les couleurs sont vraiment top.

Le format A4 en orientation paysage est excellent.

Par contre j’ai un petit problème avec l’équilibre -l’harmonie- entre les pages de dessin style ukiyoé et les pages style BD … Mon épouse et mon ami Franck me conseillent de séparer les pages, voire d’en faire deux books. Mais je vais d’abord essayer de changer les pages style BD pour qu’elles n’étouffent pas les pages ukiyoé…

Voici par exemple la page sur le thème de la liberté.

Il faut que les deux éléments différents s’aident l’un l’autre comme des réactifs mais il ne faut pas qu’ils se dérangent. C’est une question de dosage. Ici je trouve que la page de droite (style BD) prend trop de place par rapport à la page ukiyoé.

Voici une nouvelle version d’essqi; où la page de droite est moins chargée: (j’ai encore à ajouter les dialogues en japonais, le livre sera bilingue FR JP).

Je trouve que c’est mieux. Qu’en pensez-vous ?


Samedi soir dernier nous sommes allés diner avec monsieur Kenzaburo Iwata et son associté monsieur Sako. Nous sommes allés à Anzai un petit restaurant à Himeji dans la même rue que le restaurant Le Chat Botté, tenu par Dimitri. Le chef d’Anzai est un ami d’enfance de monsieur Iwata et pour l’ouverture du restaurant monsieur Iwata à peint une immense raie. (Hiramé, en Japonais).

La raie trône juste derrière le comptoir, face aux clients. C’est superbe !!!

Vous voyez les points noirs sur le dessin ? Monsieur Iwata nous a raconté que lorsqu’il a fait le dessin, il a collé des feuilles de papier sur des planches et a fait le dessin dehors, dans son jardin. C’était l’hiver. Il est rentré chez lui prendre un café chaud. Il s’est mis à neiger. Et la neige a fait ces points noirs que l’on peut discerner.

Si vous vous promenez à Himeji vous pourrez noter par ci par là des œuvres de monsieur Iwata. Regardez bien … Son style, et le style de ses caractères sont si particuliers qu’on peut les reconnaitre facilement.

Donc pour aller dîner avec monsieur Iwata je m’étais préparé et pour faire écho au dessin de la raie j’avais mis mon T Shirt avec la plie … cela nous a bien fait rigoler !

J’ai mis mes designs de T shirts et de sacs sur un nouveau site, made in Japan. ….

je plie et ne romps pas …

Seattle et Kansai Airport

Aller trois jours à Seattle faire la connaissance des collègues et faire les adieux avec ma chef qui a été vraiment formidable a été un moment marquant.

Je lui ai dit thank you for saving me car lorsqu’elle m’a pris dans son équipe il y 5 ou 6 ans j’étais un peu sur la sellette (que fait ce français en sandales au japon alors que nous bossons tous aux bureaux de redmond avec des chaussures en cuir)…

Le premier jour j’ai dévoilé le dessin que j’ai fait pour ma chef et elle ne s’attendait pas du tout à cela! Elle a été très émue!!

Nous avons ensuite pris une photo de l’équipe devant le dessin avec chaque membre de l’équipe dans le même ordre …

J’avais eu cette idée de nous dessiner en bébés nains de blanche neige (la chef) pour montrer combien ‘elle s’est occupée de nous’ et aussi (sens à moitié caché) elle nous a gavés de boulot à n’en plus finir…

Dans le dessin elle nous fait une soupe de chiffres …. Et puis chaque membre de l’équipe est dessiné en bébé. C’est plus pratique de dessiner tout le monde en bébés et comme on peut le voir des collègues sont proches des 150 ou 160 kg et je n’avais pas du tout envie d’aborder ce genre de sujet (comment les dessiner), avec des bébés on peut profiter d’une certaine neutralité dans le dessins des corps !

Faire le dessin m’a tenu occupé plusieurs soirée des vendredis et samedis mais ça valait le coup de le faire.


Au sujet de mon prochain projet de bande dessinée.

J’ai envoyé les fichiers à mon imprimeur (une petite boite située au nord de Kyoto) lundi dernier et je devrais recevoir 5 copies de ce qui est vraiment le premier jet de ce nouveau livre … C’est à la fois très exciting mais aussi un peu paralysant. Qu’est-ce-que ça va donner ???

Maintenant je travaille sur la couverture. J’ai deux choix pour le titre japonais; je n’ai pas encore réfléchi au titre français …


Notre fils était rentré d’Allemagne où il étudie à l’université, et ses vacances d’été finies nous l’avons raccompagné hier jusqu’à l’aéroport de Kansai (KIX) pour son vol avec Luftwaffe Lufthansa. Pendant tout son séjour; de fin aout à fin septembre, l’été a déployé sa chaleur humide. Il faut se méfier de l’été japonais!

160 kilomètres nous séparent de l’aéroport mais des autoroutes superbes permettent de franchir cette distance sans souci. La qualité des infrastructures doit être saluée.

Certains aspects de l’aéroport du Kansai font un peu années 90 mais c’est peut être mon aéroport préféré, pour sa propreté et sa taille modérée. On est un peu ‘at home’.

C’était difficile de voir notre fils qui a 20 ans repartir pour si loin. Bien sûr ayant quitté la France dès la fin de mes études j’ai fait vivre ces mêmes moments à mes parents. Combien de fois je leur ai fait faire la route Seine Et Marne et aéroport charles de gaule ! Une autre chose c’est que en excluant le côté financier il est indépendant dans sa réflexion et dans ses actes et donc … Il n’a plus vraiment besoin de nous mais nous, nous aimerions pouvoir continuer à donner …

D’un côté il y a ces pensées tristounettes mais d’un autre il y a la joie explosive de le voir grand fort et intelligent… Que du bonheur.


C’est avec ce mélange d’émotions que nous avons pris la route du retour vers notre village.

Ce jour du départ de notre fils tout d’un coup le temps a changé. Il fait beaucoup moins chaud et l’air n’est plus humide … Un temps d’automne.

Acheter un bentô à la gare

L’avion pour Seattle où j’ai trois jours de meetings cette semaine part de Tokyo, de l’aéreport de Haneda. Il y a 10 ans il y avait un direct Osaka KIX Seattle et c’était bien pratique: il suffisait alors de prendre le bus qui relie direct himeji à KIX mais le vol a été arrété un ou deux ans après notre emmenagement à Himeji.

Donc je prends d’abord le shinkansen pour aller à Tokyo et ensuite prendre l’avion. Pourquoi pas, j’aime beaucoup le Shinkansen ! Conseil aux voyageurs: voyager en première classe dans le Shinkansen. C’est tranquille, confortable, spacieux….

Au fond: le chateau de Himeji

Avant de monter dans le Shinkansen sur le quai de la gare de Himeji je vais voir la petite boutique où une dame très attentionnée vend des friandises, des bentôs et des boissons.

Je remarque que derrière elle il y a la reproduction d’une gravure de monsieur Iwata qui représente les très célèbres fêtes de Himeji. Au fond, la silhouette du chateau et devant, une foule pleine de joie et de puissance.

Je lui demande si elle connait monsieur Iwata elle me dit que pas personnellement, non; alors je lui parle de l’interview que j’ai faite de lui et lui en résume très brièvement les propos, et en particulier: faire les choses en mode ténuki (mode nonchalant) pour pouvoir les faire dans la durée.

Alors elle se met à sauter sur ses petits pieds et elle me dit:

« ‘c’est exactement ça pour moi !! je fait tout en ténuki !!! et comme ça, j’ai pu travailler ici pendant 16 ans !! »


Voila qui est merveilleux !!

Pour marquer le coup je lui achète son bentô le plus cher !!


L’aéroport de Hanéda est vraiment bien. Super propre. Il y avait d’ailleurs une émission TV qui avait fait le portrait d’une dame qui travaille au nettoyage de l’aéroport et qui avec sa façon de travailler formidable est devenue une célébrité … En cherchant le lien vers la vidéo je vois qu’elle a commencé son propre channel youtube et qu’elle a plus de 30 000 followers. Dingue ! https://www.youtube.com/@user-wy9eu7sb5o

Nettoyage du sanctuaire et bientôt à Seattle

Dans dix jours je retourne à Seattle voir les collègues, cela fera 6 ans je crois que je ne suis pas allé au bureau ! Je me demande si ma carte marche toujours pour ouvrir les portes.

La raison de ce business trip, ma chef prend sa retraite et nous nous retrouverons toute l’équipe pour faire connaissance de son remplaçant.

En Février j’aurais pu postuler pour remplacer ma chef mais j’ai rapidement abandonné cette idée, car travailler encore plus que maintenant, jusqu’à 14 ou 15 heures par jour et la plupart dans des meetings c’est simplement impossible, je suis en ce moment au contraire sur une autre vague, pas la vague où on veut travailler plus pour gagner plus mais la vague où je voudrais travailler moins et gagner moins.

Une fois que les besoins essentiels sont satisfaits et que l’on a sa propre maison est-il nécessaire de courir encore plus vite dans la cage du hamster, sachant que plus l’on gagne plus l’on paie des impôts etc…

Voila moi je faire comme les chats …. être tranquille !!!

J’ai énormément d’estime pour ma chef et la remplacer aurait été un honneur mais … j’ai d’autres choses à faire!

Déjà notre quotidien est très pris avec le travail et mon activité de blogueur dessinateur, déjà je vois que le potager souffre de mes absences prolongées.

Pour célébrer le départ en retraite de ma chef adorée je lui ai préparé une surprise: un dessin d’elle transformée en blanche neige qui prépare une soupe pour ses petits nains … c’est à dire nous les membres de l’équipe. Ce dessin m’a peut être pris entre 15 et 20 heures … et j’espère que ça lui fera plaisir ! En le dessinant j’avais souvent les larmes aux yeux à penser à toute la bonne camaraderie que nous avons avec les autres membres de l’équipe ….


Dimanche dernier était une belle journée. Nous avons retrouvé nos voisins immédiats et sommes allés nettoyer le sanctuaire shintô du hameau. Il fait chaud et humide et j’ai du transpirer plus d’un litre. C’était cool de se retrouver tous ensemble et de faire le ménage ….

Je l’ignorais mais autrefois il y avait un autre sanctuaire shintô, encore plus profond dans la vallée … Il a du être détruit.

allez un bon coup de balai !!!!

Dans le sanctuaire un voisin a affiché un dessin qu’il avait fait, représentant les enfants du village qui autrefois les jours de fête allaient au sanctuaire et jouaient au sumo. Le gagnant des combats gagnait 10 ou 20 yens pour s’acheter des bonbons.

Toute cette époque est révolute: il y a beaucoup moins d’enfant, et les enfants restent chez eux devant leur switch nintendô. Nous assistons au changement dramatique des pratiques ….

Le dessin du voisin m’a donné l’idée d’imprimer la page de ma BD Retour Sur Terre qui se passe justement dans ce sanctuaire. et …. de l’accrocher dans le sanctuaire. Ce serait très drôle. Sauf que c’est peut être un peu déplacé ?

J’avais écrit un article en 2016 sur le sanctuaire … et fait aussi une vidéo il y a 3 ans https://www.youtube.com/watch?v=YVRoNA3KLV0


Plus tard nous sommes rentrés à la maison j’ai pris une douche et je suis parti avec notre fils voir un spectacle de Noh à Himeji. Notre fils était parti l’année dernière étudier la physique en Allemagne et il est de retour avec nous pour quelques semaines. En Allemagne c’est merveilleux car il va voir des concerts de musique classique 2 ou 3 fois par semaine et ce pour une bouchée de pain. Quelle chance !

Et je me suis dit pourquoi pas aller ensemble tous les deux voir quelque chose de très japonais: un spectacle de noh. Ce spectacle en l’occurrence c’était Hachi no ki par zéami. Le noh, c’est vraiment très étonnant… !

Si vous venez voyager au Japon vraiment je vous recommande d’aller voir un noh. Vous n’y comprendrez certainement rien comme moi mais c’est une quelque chose à connaitre.


Pour mon projet de BD je suis presque à la fin, il me reste à faire deux pages, les deux dernières. Ensuite je la ferai imprimer en 5 copies pour avoir une version d’essai qui deviendra un point de départ pour une vague de corrections et de rectifications. Il faut aussi que je trouve un titre ! Depuis une dizaine de jours je suis bloqué pour ces deux dernières pages, j’ai une idée mais je veux trouver quelque chose de mieux … Dans ce cas là j’arrête et j’attends que ça vienne … L’idée viendra lorsque je ne l’attends plus …


C’était bien O bon

La semaine dernière c’était O bon.

Le O bon c’est la fête des morts ici: les défunts reviennent chez eux et les familles au préalable se sont rassemblées pour les accueillir.

Ca se déroule en trois phases, le mukaé bon (préparations pour l’acceuil des défunts), le chu-nichi (les familles sont ensemble), et le okuri-bon (les défunts repartent).

J’écris ça mais je ne l’ai jamais vraiment vécu car ma femme « ne le pratique pas » et nous sommes à 600 km de sa famille …

En pensant à ce ‘principe’ de o-bon je me suis dit que c’est quelque chose de génial. J’aimerais pouvoir revoir ma mère comme ça et qu’elle vienne nous voir à la maison ! Elle qui nous a quittés il y a 7 ans.

J’en parle à ma femme et très sérieusement elle me dit qu’il suffit que je le demande et ma maman reviendra nous voir, au o-bon. On aimerait tous pouvoir faire le o-bon et que ça marche …


Mercredi soir c’était la fête du o-bon dans le village. J’y suis allé mais n’y suis pas resté trop longtemps, à peine deux heures, car le lendemain j’avais une réunion pour le travail, très tôt, à 3h30.

Revoir les voisins et pouvoir passer du temps ensemble avec eux m’a bien touché et fait plaisir. Ils sont si gentils. Je suis toujours surpris par leur gentillesse. Je me forcerais, je crois que je n’arriverais jamais à être aussi gentil qu’eux! C’est peut-être mon côté Charentais …

J’aime bien la cuisine de la salle des fêtes. Autrefois s’y préparaient de grands repas, pendant des obsèques par exemple.

Monsieur Fuku est la; dès que j’arrive il me montre où sont les bières, Monsieur S. m’accueille, je discute avec monsieur H. que je n’avais pas vu depuis longtemps, je m’étais un peu inquiété d’ailleurs, il me raconte qu’il s’est blessé il y a quelques mois en tombant du toit du sanctuaire shintô qu’il était en train de nettoyer ….

Monsieur Fuku, dans ma nouvelle BD en préparation …

Notre prête bouddhiste préféré aussi dans la nouvelle BD en préparation

Je passe du temps avec les plus jeunes; ceux de ma génération, cinquantaine ou late fourties, ils sont regroupés autour d’un petit barbecue où sifflent les saucisses et brochettes de poulet. On prend des nouvelles. Comment vont les enfants, où en sont-ils dans leurs études, lycée, université…

Le prêtre bouddhiste du village, son temple est juste en face de la salle des fêtes, est avec nous. Il a visionné sur youtube la vidéo de monsieur iwata et a beaucoup aimé.

Un peu plus tard vers 1900 heures plus de monde arrive, les familles et beaucoup d’enfants. Alors commence vraiment la fête, avec la musique, le tambour japonais et les danses … Il y a beaucoup d’enfants, peut-être une vingtaine d’enfants.

Le directeur de la banque postale arrive, encore dans son superbe costume, il rentre du travail et est passé nous voir directement. Quelle classe ! J’aurais du le prendre en photo …

Je me dis c’est bien précieux ces moments. La population du village continue de baisser comme partout au Japon, malgré quelques arrivées de nouveaux, et qui sait encore combien d’années on pourra continuer à avoir une belle fête comme ça!

O bon ce soir …

Des jeux olympiques j’ai beaucoup aimé le personnage de Snoop Dogg; fameux rappeur américain, si jovial et si élégant. Quelle classe ! Intéressant de penser à son acolyte Pharrel Wiliams devenu créateur ou je sais pas trop quoi pour LVMH.

J’ai beaucoup aimé la photo où une médaillée d’or sud coréenne a fait un selfie avec la médaillée d’argent, nord coréenne. Quand j’ai vu cette image j’ai perdu les réserves que j’avais par rapport aux jeux olympiques …. Et si la paix devenait possible ?

Si la Russie n’avait pas été exclue des jeux que ce serait-il passé si nous avions vu deux athlètes Russe et Ukrainien sur le même podium ? Cela aurait été magnifique. Ou peut-être que ça ce serait très mal passé!


La publication de la vidéo de l’interview de Iwata Kenzaburo, artiste de Himeji a eu un gros impact. 600 vues en dix jours, je n’ai jamais vu ça sur ma chaine youtube.

Pour faire le montage et les sous titres j’ai visionné la vidéo pendant des heures et des heures et je l’ai presque apprise par cœur. Il y a vraiment des thèmes qui résonnent et j’ai bien vu dans vos commentaires que cela ne vous pas laissés indifférents non plus !!

J’ai pris note de tous vos commentaires et les ai traduits en Japonais pour les partager avec monsieur Iwata.

Constater qu’il peut résonner jusqu’en Europe et au Canada lui a fait très plaisir: Merci !


Ici ce mois d’août nous offre quelques nuits fraiches et c’est un vrai délice.

Cette semaine c’est la fête d’O-bon. Beaucoup de familles rentrent au village, arrivant d’Osaka, Tokyo et ailleurs pour célébrer les ancêtres. Le village est soudainement animé. A la superette on voit des produits plus luxueux. Dans une semaine tout le monde sera rentré. Ces célébrations forment un ciment qui lie les gens et renforce la cohésion.

Mercredi soir c’est la fête du o-bon au village, j’irai me joindre à la petit foule quelques heures, descendre une ou deux bières, mais jusqu’à pas trop tard, car le lendemain matin il faudra se lever tôt vers trois heures trente pour un premier meeting, à 4 heures.

Photo de 2019:

La vidéo de l’interview de M Iwata est en ligne !

Ca y est la vidéo de l’interview de monsieur Iwata est en ligne.

Pour rappel: C’est un artiste qui vit à Himeji et produit des gravures sur bois mais a également écrit de nombreux livres. Il écrit également un magnifique fanzine; le hérahéra tsushin https://www.hera-hera.net/nikki.html

Faire le montage et ajouter les sous titres en français a pris beaucoup de temps mais je voulais vraiment vous faire découvrir et rencontrer ce personnage et artiste formidable.

Dans l’interview vous constaterez qu’il est plein d’humour.

Si, lors d’un voyage au Japon, vous souhaitez voir ou même acquérir ses œuvres, contactez moi et je pourrai vous guider vers sa galerie – musée, à Himeji.

Si vous avez des commentaires ou des questions pour monsieur Iwata, n’hésitez pas à le mes envoyer en commentaire sur l’article ou sur youtube et je les lui transmettrai.

C’est un singe !

On a mené notre petite enquête avec Saki chan ce matin pour comprendre quel animal a bien pu s’introduire dans notre champ et manger toutes les feuilles des patates douces.

De fil en aiguille et après avoir exclu les hypothèses du chevreuil et du ragondin nous arrivons à la conclusion qu’il ne peut s’agir que d’un singe.

Make sense puisque un voisin de Saki chan a évoqué la disparition soudaine de ses pastèques.

Make sense aussi puisque un autre voisin a aperçu un singe se balader dans le village il y a 4 jours !

Voila. Bon eh bien on n’y peut rien à part écrire un article! Et réécouter cette belle chanson de Brassens… chanson écrite en 1973….

Fin des vacances

Article en Japonais https://wakametamago.wordpress.com/2024/07/30/%e5%85%88%e9%80%b1%e3%81%af%e4%bb%95%e4%ba%8b%e3%82%92%e4%bc%91%e3%81%bf%e3%81%be%e3%81%97%e3%81%9f/

Fin d’une semaine de vacances et demain c’est retour au taff. Bon comme le taff c’est à la maison et que je n’ai pas besoin de voir mes chers collègues que j’adore en vrai, le retour au taff devrait se faire tranquillement.

C’est que j’ai encore besoin de mon salaire pour rester cash flow neutral. Les rendements de nos petits investissements ne permettent pas encore de couvrir toutes nos dépenses courantes, et d’être cash flow neutral. Donc je dois continuer à travailler.

Les vacances nous sommes restés à la maison et c’était formidable. A part une journée où nous sommes allés sur la côte nord, sur une belle plage de la mer du Japon et c’était vraiment cool de nager. L’aller retour se fait facilement dans la journée. Sur le retour nous sommes passés par la ville de Izushi, où l’on a découvert un beau fabricant de saké.

Sinon pendant les vacances j’ai passé beaucoup de temps à jardiner, à ranger du bois; cuisiner; alternant ratatouilles et burger (en testant les divers mélanges; viande et tofu ou viande et tofu et aubergine), à dessiner, et puis finalement faire l’éditing vidéo, pour la vidéo d’entretien avec monsieur Iwata. Bref, tous les trucs que j’aime.

Côté jardinage les tomates commencent juste à donner. Certains légumes vont peut être se rattraper en aout. Saki chan m’a informé par contre qu’un animal mystérieux a mangé toutes les feuilles de nos patates douces. Il m’a dit ça en rigolant; et je l’ai écouté … en rigolant !! On ne prend pas cela trop au sérieux.

Les nuits sont chaudes mais les matinées offrent une trêve … on doit être à 28 degrés … faudra que je vérifie. L’été au Japon se lever très tôt à quatre heures permettra de passer trois heures agréablement, dehors, dans une fraicheur relative. On peut aussi profiter de beaux levers de soleil.

Au sujet de mon prochain projet de livre j’ai quasiment fini la première phase, c’est à dire tous les dessins.

Je me dis que le plus dur a été fait. Je suis super fier de ça. Je commence donc la deuxième phase avec la vérification des textes (la BD sera bilingue Français Japonais) et des petits ajouts et des corrections.

Par exemple sur une page où j’évoque que l’on se construit à la manière d’un forgeron qui s’assemble lui-même avec ses expériences, j’ai ajouté le portrait de Pierre N qui suit le blog depuis très longtemps et qui; forgeron de son métier m’a donné beaucoup d’indications techniques pour dessiner une forge japonaise traditionnelle.

Cette deuxième phase pourrait durer indéfiniment, c’est comme affûter la lame d’un outil… mais permettra d’apporter une cohérence au tout, et de garder un bon équilibre entre le drôle, le léger, et le sérieux.

Au sujet encore de M Iwata, je l’ai retrouvé la semaine dernière, il interviewait dans un restaurant à 10 km d’ici un ornithologue émérite qui fait des photos incroyables. Il se consacre aux échasses blanches. セイタカシギ

Entretemps je suis passé à la bibliothèque du village et ai « réservé » six livres de M Iwata, qui étaient dans d’autres bibliothèques de la ville de Himeji. Les livres sont arrivés le lendemain à la bibliothèque du village et je suis donc allé les chercher. C’est toujours formidable de voir comment ces services fonctionnent parfaitement au Japon. J’arrive à la bibliothèque et deux charmantes dames m’appellent ha monsieur wakamé tamago nous avons vos livres !! Les livres que j’ai empruntés sont magnifiques et donnent un bon aperçu de la quantité d’œuvres, et de dessins que monsieur Iwata a réalisés !!! C’est vraiment impressionnant. Cela m’aide pour mes commentaires sur la vidéo.

Ces vacances nous avons apprécié un quotidien répétitif dans le calme avec une constance dans les ingrédients: un chat, une casserole pour faire mijoter des trucs dehors, et pourquoi pas une petite bière bien fraiche. C’est tous ces petits bonheurs que l’on peut ramasser avec un filet à papillon ….

C’était formidable

L’interview de monsieur Iwata s’est très bien passée et c’était formidable.

Nous étions installés dans un petit bâtiment où il stocke des œuvres. Il y avait avec nous son assistant monsieur S., une personne tout à fait charmante et étonnante.

Sa maison ressemble à la nôtre; dans le sens où sur un grand terrain se dressent quatre différents bâtiments. Nous sommes voisins, moins de trente kilomètres nous séparent.

Il vit en bordure de la ville de Himeji, d’un côté de sa maison sommeille une rizière, de l’autre, un grand potager.

Le style des petits bâtiments est moderne, en bois et -ça n’est certainement pas une coïncidence- rappelle la maison de Hayao Miyazaki à Tokyo (j’étais passé devant en vélo lors d’une longue balade lorsque nous vivions à Tokyo et la présence d’une deux chevaux Citroën devant la maison confirmait la présence du maître).


Monsieur Iwata était en train de travailler sur une gravure sur bois, représentant la ligne de chemin de fer qui relie la ville de Himeji au nord … la ligne ‘bantan’ ban – banshuu la région historique de Himeji, tan – tajima la région historique éponyme. Une superbe composition.

J’avoue que je craignais de ne pas être à la hauteur. Est ce que j’arriverais à poser mes questions; à entretenir le flot de la conversation et pour mon plus grand soulagement dès notre arrivée la conversation coule naturellement et s’ensuivent des moments merveilleux.

A plusieurs reprises j’ai été complètement choqué par les réponses et la pensée de monsieur Iwata …

A un moment par exemple je dis quelque chose comme la vie c’est un peu comme un marathon c’est à dire que ça n’est pas un sprint, et que l’on peut faire des pauses; des pauses pipi et des pauses banane ….

Lui alors il réfléchit et puis il dit: la vie, c’est une danse !!!

Voila quelque chose à laquelle que je n’avais JAMAIS pensé !! Incroyable.

Bref, de cet interview nous revenons éclairés et humbles !!

A gros coups de ciseaux électroniques, j’ai réduit 3 heures de vidéo en quinze minutes.

Il faudra encore plusieurs heures de travail pour finir les sous titres en Français et publier la vidéo sur youtube….

Encore une belle aventure.


Pour remercier monsieur Iwata et monsieur S pour leur générosité je dessine une carte postale que je leur envoie, avec mes remerciements. Je fais la carte postale « dans le style Iwata » c’est à dire que je noircis une page sur mon software de BD et ensuite je dessine en utilisant la gomme, comme si je gravais une planche de bois …

Ce qui est très amusant et flatteur c’est qu’aujourd’hui monsieur Iwata a publié la carte postale dans son fanzine hérahéra: https://www.hera-hera.net/nikki.html#top (date du 23 juillet)

Préparer l’interview de Monsieur Iwata Kenzaburo – Comment faire ?

J’ai déjà parlé de monsieur Iwata Kenzaburo ici de nombreuses fois et quel choc j’ai reçu plus tôt cette année lorsque j’ai découvert le fanzine qu’il produit.

Ici le numéro 309

où l’on voit ce superbe dessin de poissons médaka

Tout est allé très vite: découverte de son fanzine dans un restaurant au mois de mars, puis rencontre lors d’une de ses expositions, rencontre encore dans un café où il interview des gens pour le fanzine, ensuite il est venu chez nous et a fait mon interview, pour son fanzine.

Le mois dernier j’ai appelé son assistant et lui ai proposé d’aller rencontrer monsieur Iwata, le filmer et lui poser quelques questions, je mettrais les sous titrages en français et posterais la vidéo sur mon channel youtube, cela pourrait être l’occasion de faire connaitre le travail de monsieur Iwata en France ….

Tout a été décidé rapidement, et demain lundi, avec mon épouse nous allons le rencontrer chez lui, dans son atelier, pour l’interviewer !!!

Je le filmerai en train de travailler sur une gravure sur bois… Si tout marche bien je mettrai la vidéo sur ma chaine youtube.

Côté technique: les piles des caméras sont rechargées et les cartes mémoire ont été vidées ….

Je prépare quelles questions à lui poser. Je les note ici. Mais peut-être que je changerai tout. Il ne faut pas être sur-préparé, il faut pouvoir être spontané … mais faut pas être vide non plus …

Quelques questions possibles:

  • Votre parcours en tant qu’artiste
    • Comment avez-vous commencé ?
    • Avez-vous appris seul la gravure sur bois ? (版画)
  • Il y a t il des influences qui ont façonné votre travail ?
    • Des artistes particuliers, dans la gravure sur bois ?
  • Comment la ville de Himeji et sa culture locale influencent-elles votre art ?
    • Est-ce qu’il y a un esprit himeji-esque (il y a une certaine truculence particulière à cette région de Harima, ou encore Banshuu).
  • Comment trouvez-vous l’inspiration ?
  • La gravure sur bois joue un rôle particulier dans votre production mais vous faites beaucoup d’autres choses aussi…
    • Est ce qu’il y a des choses particulières que vous n’exprimez que via la gravure sur bois ? ….
    • La gravure sur bois a-t-elle pour vous une puissance particulière ?
  • Quels thèmes principaux ou messages cherchez-vous à transmettre à travers vos œuvres ?
  • Pourquoi avoir décidé d’écrire le fanzine hérahéra tsuushin ?
    • Ca correspond à un énorme travail !
    • J’ai l’impression que c’est une sorte de synthèse
  • Dans votre travail qu’est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction ?

Cette liste de questions …. c’est peut être un problème des questions comme ça. Faire cette liste cependant est important car cela permet à mon cerveau de se préparer, de faire son échauffement.

Idéalement on ne posera pas de question; ce sera plus une discussion qu’un interrogatoire, mais la discussion comme le papillon ira butiner certains de ces thèmes ….


Non finalement nous changeons les questions !

A travers tout ce que vous avez créé, gravures; dessins, peintures et reportages radio, vous avez toujours été original. Cette originalité qui est bien à vous est elle venue naturellement ?

Dans le fanzine hérahéra on trouve plein de choses, des dessins des gravures des articles; comment êtes vous arrivé à ce concept ?

Quand on lit le fanzine hérahéra on sent de l’intimité et l’on en ressent de la joie, est ce que les lecteurs vous écrivent souvent ? Comment décrivez vous la relation avec les lecteurs ?

La gravure sur bois offre t elle une façon particulière de s’exprimer, par rapport (example) au dessin ?

Comment faire si, en gravant, on fait une erreur ?

On a remarqué lorsque l’on a fait votre connaissance lors de votre exposition que tous les visteurs étaient vraiment heureux de vous voir!!

Faire son chemin à la machette

Samedi matin 5 heures. Le temps est sublime, il y a une magnifique lumière, le soleil est toujours caché derrière la montagne et donc il fait encore un peu frais. On est encore protégé de ses javelots de photons.

C’est un moment magique et pour bien en profiter je me suis installé dehors dans le jardin pour écrire cet article. J’entends les chants des grenouilles. Les chants des insectes. Les chants des oiseaux.

Les pluies continuelles (c’est la saison des pluies) nous ont dissuadés d’aller dans le jardin cette semaine, sauf hier, il a fait beau et nous avons alors récolté un seau de pommes de terre.


Je parlais dans l’article précédent de mon collègue Christopher; cette semaine on a fait un truc très sympa: chaque jour on a regardé tous les deux un épisode d’une série d’entretiens avec Joseph Campbell, qui a du être réalisée dans les années 80 dans le ranch de George Lucas. (le skywalker ranch). La série d’entretiens se nomme la Puissance du Mythe. (Voici le link du blog de Christopher: https://mushroom-paladin.com/; et ici un article qu’il avait fait sur moi https://mushroom-paladin.com/f/how-the-ai-war-is-won-the-king-maker très drôle !!!!)

Il regarde l’épisode dans sa soirée aux US, il m’envoie une photo de sa TV, vers ce même moment je me mets sur mon rameur dans le bureau, et je regarde le même épisode, en ramant.

Ramer en regardant quelque chose de compliqué comme cela je peux comprendre et retenir au plus 50 pour cents, car souvent je me focalise sur le compteur du rameur et n’écoute plus, ou alors ma pensée se met parfois à faire de longues promenades mais c’est comme ça souvent aussi que j’ai de nouvelles idées pour mes dessins.

Les mythes. Les religions. Par exemple; les similarités entre des passages du livre de la genèse et d’autres mythes …. Ce sont des sujets tout à fait passionnants. Dans ma jeunesse étudiant en école d’ingénieur j’avais pris une option anthropologie et cela m’avait passionné, j’avais alors lu beaucoup des Mircea Eliade et Marcel Griaule … C’est peut être les seuls trucs que j’ai retenus de mon école d’ingénieur d’ailleurs …

Il y a vraiment des choses magnifiques dans ces documentaires. https://www.youtube.com/watch?v=hEqR73j_oMY Certains propos sont repris aujourd’hui par Jordan Peterson. Passionnant. Je connecte tout cela aussi avec un formidable podcast par Jonathan Pageau, sur Dante et la divine comédie.

Encore un problème: comment pouvoir passer du temps et s’éduquer sur des sujets passionnants comme ça quand le travail nous occupe 10 heures par jour si ce n’est plus. …

Une image créée avec IA par Chris avec ses champignons magiques les connexions intergalactiques et Joseph Campbell…


Pour ces élections en France j’ai voté électroniquement de nouveau. Le deuxième tour. J’avais l’impression d’être en classe économique; sur un vol aeroflot, et une énorme hôtesse de l’air, ancienne haltérophile aux bras velus (toutes ses anciennes piqures de testostérone) pousse vers moi un chariot avec les plats et me dit BEEF OR FISH mais moi je veux du CHICKEN

Franchement avec la technologie actuelle on pourrait se défaire de tous ces députés qui vivent et s’engraissent à nos frais, et généraliser le vote électronique, une fois par mois. Pour approuver ou désapprouver toute nouvelle loi. Référendum continu. Ce serait un équivalent des votations suisses et alors ce serait vraiment la démocratie. Techniquement c’est faisable.

Car pourquoi essayer de résoudre les problèmes du 21è siècle avec une technologie du 19è ?


Laurent aux yeux bleus a réagi à mon dernier article sur fessebouc, lorsque j’évoquais certains aspects de la vie politique japonaise qui semblent avantageux.

Et oui, on finit par se dire que l’indifférence des Japonais vis a vis de la politique est peut-être salutaire, dans ce monde si chaotique (oui, mais on pourrait dire cela seulement si ce pays n’etait pas ronge de l’interieur par le système quasi-mafieux patriarcal-ultra-libéral du Jiminto, qui sacrifie les femmes et les campagnes, et de fait entraine automatiquement une chute du taux de fécondité jusqu’a 0,9 a Tokyo !… d’ou aussi un manque d’ouverture et de rêves pour nos enfants élevés ici au Japon…

En effet ce système japonais a été successfull dans l’après-guerre mais aujourd’hui comme Laurent aux yeux bleus je ne vois pas comment il sera capable d’évoluer, de se réinventer: en tout cas il a été incapable de s’attaquer au gravissime problème de la natalité, et il continue toujours sur sa même trajectoire comme si de rien n’était, à faire des jeux olympiques à Tokyo, des expositions universelles à Osaka toutes ces choses du 19è siècle dont le monde on n’a plus vraiment besoin … sans voir le mur de béton épais de 20 mètres , au bout du rail. L’impact va faire très mal.

Être jeune au Japon aujourd’hui ? Oui, la garantie de trouver un boulot. Mais une très grande chance d’être payé le minimum, pour juste de quoi survivre. Et pour longtemps. Un peu comme en France, sauf qu’on y est peut être souvent au chômage. C’est difficile. Et comment s’en sortir en vivant à Tokyo avec un petit salaire … Pas étonnant que les gens n’y fassent plus d’enfants …

Dans tous les cas c’est la démerde, c’est à dire qu’il faut penser et agir par soi-même, et essayer faire son propre chemin, comme dans la jungle, à la machette … stage commando de survie tropicale … Je dis ça, mais moi j’ai toujours été guidé par mes peurs …


Côté projet de nouveau livre BD, j’ai fait d’énormes progrès cette semaine. Le prochain livre fera un peu moins de 80 pages. J’ai scotché ensemble deux classeurs pour faire 80 pages max et où je mets mes dessins à mesure que je les fais. Cela me permet de bien visualiser et de mesurer la progression.

Ici j’ai un bon sketch pour le dessin qui accompagnera la gomen machine

Ici un dessin style ukiyoé sur le thème du travail que je ne veux pas faire ….. manque encore le petit dessin pour l’accompagner


Dans tout cela le plus important c’est le process de fabrication plutôt que le résultat

car à chaque nouveau dessin

je change,

j’évolue,

je progresse….

je vieillis …

et ça m’occupe …

chaque nouveau dessin, chaque seau rempli de pommes de terres récoltées c’est comme un coup de machette dans la jungle … On avance …

Continuer sur le thème de l’amour

C’est maintenant la saison des pluies.

Dans le jardin le développement des tomates est pertubé par des Henosepilachna vigintioctopunctata en très grand nombre, ces bestioles ressemblent à des coccinelles mais elles ont bp plus de points sur le dos … J’essaie d’aller dans le jardin chaque jour, pour les écraser entre mes deux doigts … il en ressort un petit jus jaune vert, que si je pouvais le récupérer en quantité suffisante pourrait être tartiné sur des toasts en tant que « compote bio de pistaches ». Une nouvelle super food !!


Première fois de ma vie: j’ai voté électroniquement pour les élections législatives, le système est bien conçu et facile à utiliser.

Finalement si c’est aussi facile à faire, me dis-je, le vote devrait être purement électronique, c’est plus pratique et plus économique. Je rajouterais au début un questionnaire pour calculer le quotient intellectuel des électeurs, et pour les très bas pourquoi pas filtrer leur vote ou bien les considérer comme équivalents à une demie voix par exemple.

A une époque où les gens semblent si partagés; divisés entre gauche et droite comment faire finalement la synthèse de tout cela ? D’autant que les réseaux sociaux et les médias boostent la part de l’émotionnel … Macron en tant que président aurait pu essayer de faire la synthèse et de rassembler les gens autour d’idées et de valeurs mais il a continué simplement à diviser pour régner.

Bref, Macron qui est loin d’être idiot -et est en réalité un être démoniaque- a avec cette dissolution ouvert le couvercle de la marmite où il a laissé à mijoter un monstre à deux têtes … et pas sûr qu’il puisse refermer ce couvercle …

A vivre au Japon j’observe les Japonais qui ont une approche tout à fait différente de la politique. Et je me dis que leur système avec le même parti politique au pouvoir depuis la guerre, donc une direction constante, téléguidée par le patronat mais avec des courants et des saveurs variés permet au Japonais de continuer sa vie, mener sa barque sans avoir à se soucier de la politique. Il y a un comme un contrat tacite entre le Japonais et les politiques: continuez tranquillement votre chemin, essayez de faire vos magouilles avec réserve et discrétion, et menez une politique dans le sens de nos intérêts sans trop nous matraquer …. Voila. Ne pas penser ni s’inquiéter de la politique -pensez à votre cerveau comme à un processeur- libère de la puissance de calcul qui peut être assignée à d’autre tâches plus utiles. Ou simplement éviter la surchauffe …


Bon, revenons aux choses sérieuses:

Quand mes réunions au travail sont finies je vais donc au jardin essayer de m’occuper des tomates.

Aussi, en fin d’après midi après mes séances de rameur je vais fendre du bois. Ces deux exercices vont très bien ensemble !!!


Mercredi j’ai discuté au téléphone avec mon collègue Christopher. C’est un collègue et un ami. Il vit aux US. Chaque semaine on se prend une heure pour se retrouver au tél et discuter. Il est passionné par la psychologie, l’énergie nucléaire, l’intelligence artificielle, et les champignons hallucinogènes.

Il me parle de son dernier trip halluci qu’il a fait avec des champi. Il s’est fait ce trip le jour du solstice. Il était dehors, juste sous le soleil, dans son jardin.

Là où il habite c’est legit. Il me décrit son trip, je prends des notes pendant ce temps, je griffonne sur quatre pages. Il me dit se retrouver lui-même, lorsqu’il était enfant et adolescent, il était laissé à lui-même et victime de maltraitance. Pendant le trip il se retrouve soi-même enfant et se soigne et se protège, et retire son trauma.

Il a ensuite une vision globale du monde, son trip l’amène au Göbeklitepe en Turquie. Ensuite il visite le Ġgantija à Malte, et une vingtaine d’autres temples qui sont enfouis dessous …. Son trip l’amène aux côtés d’un vieil homme qui chante,

puis

il voit Dieu et la Création, l’Amour et la Paix.

Il me fait ce récit incroyable et j’ai alors l’idée de le dessiner, de dessiner Christopher, dans son trip, où il va visiter Saint François d’Assise … Le thème, l’amour et l’énergie infinie que l’Amour produit.

Pendant trois soirées donc, je prépare le dessin, ce dessin dans un style plus léger, comme une esquisse, accompagnera le dessin dans le style ukiyoé que j’avais fait sur le thème de l’amour; source infinie d’énergie. Les pages; orientées horizontalement, se feront face. C’est mon nouveau projet de livre …

A chaque nouvelle page finie, je vais l’imprimer et je la mets dans un classeur. Cela me permet de me motiver. Pour imprimer les dessins je vais au convenience store du village. C’est une petite routine que je suis ainsi et je sais que ça m’aide à me motiver.

En travaillant à ce dessin avec Christopher j’écoute l’opéra Saint François d’Assise d’Olivier Messiaen.

Incroyable musique; composée par cet incroyable personnage que ce Messiaen. Quelques jours après sa mort le 27 avril 1992 j’étais allé à l’église de la trinité à Paris, où il a été organiste pendant 61 ans, allumer des cierges ….

Le récit du trip de Christopher non seulement m’inspire pour un dessin mais aussi me reconnecte avec Messiaen que j’avais un peu oublié. Vendredi après le boulot je fais 6 km de rameur en regardant une magnifique interview d’Yvonne Loriod, sa deuxième épouse; et pianiste exceptionnelle.


Nous avons le choix entre le laid, et le sublime.

Les deux sont à portée de la main.


Dans le style petits bonheurs et surprises du quotidien:

Une vieille coccinelle rencontrée sur la route. Regarder le numéro de la plaque d’immatriculation: 64, qui peut se lire ‘mushi’ (insecte) (voir l’article sur le dentiste du village)

Le poster délire d’un boucher ‘stand by meat’

Samedi dans les bois

Article en Japonais ici …https://wakametamago.wordpress.com/2024/06/18/%e5%9c%9f%e6%9b%9c%e6%97%a5%e3%80%81%e8%96%aa%e3%82%92%e5%8f%96%e3%82%8a%e3%81%ab%e8%a1%8c%e3%81%93%e3%81%86/

Ici on ne dit pas forêt mais montagne, car en effet ça n’est pas plat.

Samedi mon ami Saki chan est allé chercher du bois dans une vallée voisine de notre hameau, et je suis allé l’accompagner. Le bois c’est six cryptomères qu’il avait coupés l’an dernier, et, depuis; laissés à sécher.

Le chemin de montagne qui mène à l’endroit est complètement défoncé, de fortes pluies l’année dernière l’ont partiellement détruit, et on ne peut y aller qu’en petit camion kéitora.

Pour avancer il faut enclencher le mode 4 roues motrices du camion et se mettre dans le mode Low gear (vitesse basse). Je fais attention car à 20 cm près je pourrais tomber dans la rivière.

A peine un kilomètre sur ce petit chemin, et on se sent loin de tout le reste. Les arbres et les montagnes bouchent le paysage et font tout oublier, nous sommes dans un autre monde.


Ce lieu, je l’avais dessiné dans ma bande dessinée car il y a plusieurs années j’étais allé apporter du café à Saki chan qui était en train de couper des cryptomères pour construire une maison.


On travaille assez dur et prenons peu de pauses, mais on est bien comme ça à nous affairer. Avec sa pelleteuse équipée d’une grosse pince il saisit les troncs d’arbre de 25 mètres de long et les tire, et vazyla que je te les découpe par tronçons de quatre mètres avec ma tronçonneuse.

Ma tronçonneuse, de marque shindaiwa, une marque que je recommande, elle démarre toujours sans problème. Quand la tronçonneuse se tait on entend des champs d’oiseaux.

A sept heures d’ailleurs quand nous sommes d’abord allés repérer l’endroit on pouvait entendre une chouette.

C’est vraiment une belle journée. Un gros effort physique aussi. Le bois Saki chan va l’utiliser pour faire des fagots, qu’il vend au camping du village. Tous les morceaux qui ne lui conviennent pas; trop gros ou trop petits, conviendront très bien à notre poêle à bois, Calcifer. Je charge 5 camionnées … C’est du volume …

Bien entendu nos camions sont de la même couleur !!

Je veille à ne pas trop charger le camion vu l’état du chemin

Ensuite; couper; fendre … ranger … y a du boulot.

Intelligences Humaine et Artificielle

Article en Japonais

Mercredi c’était, dans un restaurant du coin, mon interview par Iwata Kenzaburo.

Ca s’est très bien passé et ce fut l’occasion de faire de nouvelles connaissances, dont une lectrice qui avait commandé ma BD en version française et japonaise il y a deux ans: c’est une chanteuse soprano qui a étudié en France et maîtrise parfaitement le français.

Quelle belle rencontre! Elle m’a offert un de ses CD, un CD de chansons où elle chante en japonais et en français des chansons d’Emile Jacques Dalcroze, un compositeur suisse. C’est absolument superbe. Le CD maintenant tourne en boucle dans mon camion (je n’ai pas d’autre lecteur CD sinon)…

D’autres rencontres, avec un chasseur professionnel que monsieur Iwata avait interviewé il y a quelques mois. Et puis un gars très sympathique qui comme moi a quitté Tokyo mais travaille en remote pour une boite dans l’IT. Et enfin Benoît, un musicien burkinabais.

Ces interviews; dans le restaurant, l’assistant de monsieur Iwata prend des notes et les publie ensuite dans le fanzine hérahéra.

C’est vraiment bien organisé.

On commence par un petit morceau de musique; joué au koto par une collégienne du village.

Puis on fait l’interview, pendant 30 minutes.

Autre petite pause musicale, avec un couple de musiciens du village. Leur chanson est très drôle et mélange texte et chants d’oiseaux. Vous pouvez les suivre sur Spotify: https://open.spotify.com/intl-fr/artist/3M6fq1I66LVV44BCrtIWa2?si=C9REeL8UTWOHRvUAf00owg

Puis encore 30 minutes pour continuer l’interview… Et c’est fait.

Ensuite tout le monde rentre chez soi…. ce processus de rentrer chez soi … prend une heure, car tout le monde préférerait rester plus longtemps, plutôt que de rentrer chez soi !!!

Bref: c’est merveilleux. Cet événement allie intelligemment tous les sens, la musique, le langage; le contact humain, la beauté puisque le cadre est fleuri et magnifique. C’est vraiment très beau.

Dostoïevski a écrit que la beauté sauvera le monde et c’est vraiment ce que l’on a senti.


Dans le jardin les choses suivent leur cours. Je pourrai bientôt récolter les pommes de terre. Les haricots grimpants sont sur leur fin. J’ai remarqué que des petites guêpes aiment bien y établir leur nid, ce qui est finalement une mauvaise idée car avec le vent les longues tiges des zaricots peuvent plier et se renverser: exposant alors le petit nid au soleil et à la pluie ! Ainsi j’ai remarqué dans les zaricots plusieurs nids de guêpe qui ont finalement été abandonnés, car exposés à la pluie …

Il fait tout de même moins chaud que d’habitude et les légumes progressent plus lentement.

Cette année aussi nous faisons pousser des légumes dans le champ de Sakichan et nous voyons la même chose, un développement assez lent des taro, et des patates douces.

Pour faire joli et faire plaisir aux oiseaux nous avons aussi planté une centaine de tournesols.


En suivant les événements mondiaux je pense à l’importance d’avoir une exit strategy, une stratégie pour se sortir d’une situation difficile.

La guerre en Ukraine traine en longueur. Il semble que les russes avaient une exit strategy au début des hostilités car un traité de paix a failli être signé au tout début de la guerre mais les US ont insisté pour que cela ne se fasse pas …. et donc cette porte fermée, l’exit strategy semble inexistante: la guerre va durer encore combien de temps?

Macron dit envoyer des militaires français pour entrainer des pauvres ukrainiens quinquagénaires ou adolescents. Les entrainer à quoi ? à de faire sauter sur des mines ? Il devrait plutôt chercher à se désengager le plus possible et chercher des moyens de désescalade, pour une exit strategy. Macron fait cela par calcul politique mais il sous estime le possible prix à payer.

Chirac avait vraiment été très bon lorsqu’il avait dit non à la deuxième guerre du golf. Finalement dans cette affaire ukrainienne les deux chefs d’état les plus malins sont Erdogan et Orban…

On peut se demander aussi si Israel a une exit strategy …

On voit tous ces événements qui se répètent. Les dirigeants politiques ayant une vraie compréhension des événements et des enjeux sur le moyen et long terme semblent faire exception, sera-t-il possible un jour de remplacer les médiocres par une intelligence artificielle ?

(au sujet de Macron, pour autant, il maîtrise le sujet d’exit strategy; son mariage avec Brigitte le démontre; qui sait d’ailleurs, peut-être ne s’est-il jamais aventuré à l’intérieur)


Donc ce concept d’exit strategy. Cela s’applique à moi aussi …. J’ai le même boulot depuis 17 ans … incroyable !! Quelle est mon exit strategy. Ma cheffe elle prend sa retraite, elle a 67 ans. Et elle m’a posé la question la semaine dernière à savoir que quand je pense m’arréter… Elle doit sentir mon manque de motivation parfois … Bien sûr au Japon même comme ailleurs le système des retraites va juste s’évaporer dans les airs, comme les volutes de tabac des Gitanes de Serge Gainsbourg … à défaut d’être un fumeur de havanes …..

A moi aussi il me faudrait une intelligence artificielle pour bien me conseiller … remplacer mes rorones …


Côté projet galerie, je fais des petits progrès, j’ai fini un banc, et puis monté un petit muret pour éviter des chutes …

Les pieds du banc … un cryptomère qui était tombé dans notre montagne …

Je remets aussi en état une partie du sol … Ils ont vraiment fait cette grange avec les moyens du bord ! Mais ils n’avaient peut être pas le choix. Et finalement ça a très bien tenu donc pourquoi s’enquiquiner.

Déjà Juin.

Juin. C’est l’été. La deuxième des cinq saisons du Japon. (Printemps Eté Enfer Automne Hiver)


Ce mercredi 5 juin c’est du big car l’après midi monsieur Iwata Kenzaburo dont le fanzine hérahéra m’a donné une énorme claque va faire mon ‘interview’ dans un restaurant galerie à 10 km d’ici.

Il publie ensuite les interviews dans son fanzine …

Pour préparer l’interview il est venu nous rendre visite lundi dernier, avec son assistant. On a donc passé une heure et demie dans le jardin avec thé et café. C’était un moment assez incroyable. Mais nous étions tellement dans le moment que nous n’avons pas pris de photo !


Côté jardin la récolte des oignons est très décevante. Décidément je n’ai toujours pas la méthode. Les oignons sont rikiki.

Les carottes et les laitues marchent bien. Mais ici aussi la récolte sera-t-elle à la hauteur des espérances ? Pas certain.


Jeudi un villageois a aperçu un ours au sud de notre vallée.

Apparemment beaucoup de châtaigniers n’ont pas survécu à l’été dernier, à cause d’un insecte. Il faut que je demande à Sakichan de quel insecte exactement. Voila, avec cette cata pour les châtaigniers, les ours ont beaucoup moins pour se nourrir avant l’hiver … Ces changements dans les forêts touchent les ours directement qui, affamés; n’ont alors plus qu’à se rapprocher des villages … Déjà que les forêts constituées ici à 80 pour cents de cryptomères forment un écosystème pauvre avec peu de nourriture pour les animaux….

Regarder les niouzes à ce sujet est également pathétique. Les niouzes vont décrire les ours comme un animal dangereux etc mais sans remarquer du tout que si leur habitat leur permettait de s’y nourrir eh bien il n’y aurait pas de problème. Décidément l’homme moderne a été perdu sa connexion avec la nature.

Je m’étais fait cette remarque il y a 2 ans déjà; lorsque les feux de forêt faisaient rage en Australie, j’avais alors évoqué ces incendies avec une collègue de Sidney, et la seule chose qu’elle évoquait, c’était … les fumées … aucune pensée pour les millions d’êtres vivants; végétaux, animaux qui disparaissaient dans la fournaise ?? Cela m’avait vraiment attristé. Exactement pareil lors des feux de forêt en Californie et j’avais alors eu exactement le même genre de réflexion de la part des collègues américains.

L’homme est foutu !


Mardi il y a eu des pluies très violentes qui en une nuit ont presque rempli la rivière qui coule juste à côté de chez nous …

Très impressionnant

Un petit canal d’irrigation autrefois installé pour alimenter les rizières en eau qui s’étend sur l’autre côté de la maison était lui aussi plein à rabord, menaçant d’inonder notre maison…

A cinq heures du matin deux voisins s’y affairaient à retirer des pierres et des branches dans le canal d’irrigation pour éviter les débordements. Ce matin j’ai alors annulé mes meetings du boulot pour pouvoir me joindre à eux.

Pour éviter que ce canal ne déborde on est allés le bloquer plus en amont avec une planche coupée illico presto ….

Les choses sont retournées à la normale; la pluie a cessé vers 15 heures et les niveaux ont commencé à baisser peu après.


Au sujet de mes dessins inspirés du style ukiyoé j’ai fini le 47è cette semaine. Je vais essayer d’en faire un livre où il y aura une sélection des dessins et, à côté, des dessins plutôt style BD … Il y a encore beaucoup de travail à faire ! Mais je pense que cela pourra aboutir à quelque chose de très original.


Revenons aux moutons de monsieur Kenzaburo Iwata …. Son fanzine hérahéra tsushin dont j’ai dévoré quelques numéros m’a soudainement fait penser au classique japonais: les heures oisives, écrit au 14è siècle par Urabe Kenko. Le titre japonais de ce chef d’oeuvre c’est tsurezure gusa ….

Je l’ai donc relu; en avril. pour la 4è fois. Et c’était vraiment passionnant. Je devrais faire un article avec des extraits. ISBN– 2070709256 Qu’il est bon de lire de telles merveilles!!!

Lorsque monsieur Iwata est venu nous voir lundi; je lui ai parlé de cette analogie que je m’étais faite; entre son travail et le tsurezure gusa … Voila qui l’a bien intéressé … Je vais chercher le livre, que j’avais acheté à la fnac à Paris en 1992 ou 1993 … et je lui montre alors le passage où Urabe Kenko parle du temple de Shosha qui est à Himeji à juste 25 kms de notre village: Voila qui l’époustoufle !!

Il demande une photocopie du passage avant de partir …

Et voila que le lendemain; sur son blog où il poste les pages de son fanzine avant impression …. Il parle de notre rencontre et de tsurezuregusa !!! https://www.hera-hera.net/nikki202405.html#top …. sur le menu à gauche sélectionner la date du 28 MAI

Ma sœur Sophie écrit un article

Ma sœur Sophie est venue nous voir le mois dernier, elle est venue passer deux semaines au Japon, les deux dernières semaines d’avril, avec ses deux enfants. La première semaine elle est restée chez nous, au village et nous avons passé de très beaux moments. La deuxième semaine ils sont allés tous les trois visiter Kyoto et Nara.

Sophie a écrit un article pour le blog. Le voici:


Nous avons quitté notre petit village haut savoyard pour 2 semaines de dépaysement total. Après un atterrissage à Osaka, nous avons rejoint le village de Wakame Tamago.

Sur la route nous avons pu observer la foret, luxuriante et recouvrant ces paysages de basse et moyenne montagne. Certains pans sont entièrement recouverts d’énormes bambous, dont les pousses sont de taille impressionnante.

Un soir la très gentille voisine de Wakame Tamago [Note: Madame T. dans la bande dessinée] nous en avait amenées. Nous les avons grillées au barbecue et j’ai trouvé que cela ressemblait à l’artichaut. Vraiment étonnant et délicieux!

Photo : Pousse de bambous pour le barbecue

En cette fin avril, la majorité des cerisiers n’est hélas plus en fleurs. Par contre, c’est le début de saison pour les glycines et les azalées ! Ces dernières forment des buissons énormes dans les villes et les jardins des temples. Je n’en avais jamais vu de telles ! Pour les glycines, il y en a beaucoup à l’état sauvage, qui ponctuent la foret de belles taches violettes.

Photos : Glycine à Kyoto, Cerisier en fleurs à Tatsuno

Dans les villages que nous avons traversés, les jardins sont toujours très bien entretenus et sont très coquets. Presque partout, de grands conifères taillés en forme de nuage décorent majestueusement les jardins.

Nous avons vu beaucoup d’érables, certains au feuillage vert tendre à cette époque de l’année et d’autres arborant des teintes rouges à violacées.

Photo : Erable et ikebana à l’entrée d’une maison

Une des choses les plus belles que nous ayons vues lors de ce séjour est le somptueux jardin ISUI-EN à Nara.

Photo : Azalées en fleurs dans le jardin de Isui-En à Nara.

De magnifiques souvenirs qui donnent de l’inspiration pour sculpter et dompter mon petit jardin haut savoyard 😊.

Deux découvertes avec Charles et Olivier

(Article en Japonais ici)

Deux très belles découvertes et rencontres hier vendredi le 10 mai; qui apportent de l’air et de la lumière.


Le matin à la fin d’une réunion téléphonique au travail (je travaille à la maison pour une multinationale US dans l’IT), je discute avec Charles, un collègue qui vit au Texas.

Charles est un gars très sympa, il est toujours très calme. Je connais déjà une facette de sa vie puisqu’il m’a déjà parlé de sa passion pour les chevaux et de l’activité de son épouse: son épouse travaille dans un centre de réhabilitation où l’on utilise le contact avec les chevaux pour aider des enfants en difficultés.

Il me demande comment ça va; je lui dis que c’est la pêche en ce moment car c’est la belle saison au Japon et aussi je fais beaucoup de progrès sur mon nouveau projet de livre avec mes dessins. Il me dit ah bon tu dessines ?? Je partage mon écran et lui montre le dessin de Sisyphe.

Il me félicite généreusement et puis il me demande si j’utilise Spotify ? Oui je réponds …

« Vas voir le groupe Midnight Traveler » …. OK …. Oh dingue !!! Mais c’est Charles ? Oui qu’il me dit, je viens de faire un Album ! Oh génial !! Son groupe est également sur insta

Plus tard dans la journée j’écoute l’album 5 ou 6 fois. C’est vraiment bien. Un peu dans le style country rock. Les textes sont biens, la chanteuse est extra. Charles et son associée ont composé les morceaux et Charles joue toutes les guitares. Les morceaux de violon sont par un musicien qui participe aux concerts des Eagles.

C’est vraiment formidable de découvrir cette nouvelle facette de mon collègue Charles. Au bureau on travaille ensemble très régulièrement sur des projets d’investissements; il fait la validation technique, et je fais la validation financière.

Comme quoi aussi dès que l’on sort du sujet professionnel … tout devient passionnant.


Ce vendredi je finis le travail assez tôt, vers 13 heures (j’ai commencé à 4 heures) … je n’ai plus d’inspiration et en profite alors pour aller travailler un peu dans le jardin. J’ajoute un peu d’engrais naturel pour la dernière ligne droite des oignons; avant la récolte. Les oignons ont bien poussé et je m’en suis occupé régulièrement, même si on voit facilement que ceux du voisins sont deux fois plus volumineux et heureux.

La chose finie je sors du jardin et juste à ce moment là une moto arrive … Connais pas … mais c’est bizarre la moto s’arrête devant chez nous et j’ai bien l’impression que c’est un étranger …. BIZARRE!!!

« Bonjour c’est Wakamé Tamago ??? » qu’il dit, en français !! Alors ça !

C’est Olivier un lecteur de très longue date, 10 ans !! qui de passage au Japon où il a une belle maison et passait dans la région, et a trouvé notre village, en s’étant orienté avec le plan très approximatif qui était dans la bande dessinée.

Quel plaisir de pouvoir faire connaissance. On prend un petit thé et on discute. Olivier m’avait envoyé un mail en 2016 sur la maison qu’il venait d’acheter au Japon. Et puis il m’avait généreusement commandé ma bande dessinée. S’il connaissait déjà beaucoup de notre vie en ayant lu le blog et la BD, nous, nous pouvons maintenant mieux le connaitre; son métier, ses voyages, sa famille.

Olivier est un voyageur et un aventurier, il campe et la route ne lui fait pas peur. Cela m’amuse car moi dès que je m’éloigne du village de 100 km j’ai la chair de poule.

Tiens tiens … le nom du groupe de Charles … c’est midnight traveler …

Sans le savoir c’est comme si nous nous connaissions depuis très longtemps. Olivier nous parle des évolutions en cours en Europe et en Belgique où il vit.

Ce qui est très amusant c’est qu’une amie à lui Japonaise vit actuellement en Allemagne dans la même ville où notre fils est parti étudier …. et en fait, notre fils la connait…

La rencontre avec Olivier est finalement brève mais son impact sur nous est considérable, car elle nous donne des indices sur une vie épanouie de façon différente mais avec beaucoup de points communs.


La distance entre la Belgique et notre village est beaucoup plus courte qu’on penserait.

La distance entre notre village et le Texas aussi, est beaucoup plus courte qu’on penserait.

Nous faisons tous partie d’un gigantesque mécanisme, d’un formidable mouvement dont chacun de nous est une petite pièce.

Le mouvement de chacun va influencer celui des autres, l’énergie de l’un sera transmise aux autres qui eux mêmes mis en mouvement feront passer, aux autres pièces de ce rouage ininterrompu.

Un Dessin Aujourd’hui

Lundi: aujourd’hui férié mais il pleut. La pluie; très bien pour les plants de tomates etc oui je suis à la bourre. Comme toujours.

Prenant un café dans le jardin à l’abri je surfe instagrame et y vois un dessin de poisson et cela me donne immédiatement envie de dessiner un poisson … ou même des poissons !

Le thème, nous respirons tous le même air…

Que le l’on soit russe ou ukrainien, que l’on mange de la viande ou des pommes de terre; que l’on boive du rouge ou du blanc -ou même de l’eau! , quelles que soient nos origines nos goûts et tout le tintouin, nous respirons tous le même air … à la manière des poissons dans l’eau…

L’article en version japonaise est ici

Dans l’article japonais je finis sur un petit jeu de mot avec ‘air’ 空気

「皆が、同じ空気を吸う」と書く私ですが、普段私は空気を読めない人です。

Inspiration (Re-suite)

Des choses incroyables se sont passées.


Dans la boite aux lettres j’ai reçu le dernier numéro du merveilleux fanzine hérahéra ….

vous voyez ce beau mélange de dessins et de texte …. Dans ce numéro paru en mars il parle beaucoup des oiseaux migrateurs …

et qu’est-ce-que je vois en dernière page …. le dessin que j’avais donné à monsieur Iwata … Il a mis mon dessin de locomotive dans son magnifique fanzine … Quel honneur !! J’étais super content.


Mais ça n’est pas tout: en continuant mes recherches (je suis vraiment un stalker) je découvre que monsieur Iwata se rend toutes les deux semaines dans un restaurant à 10 km de notre village pour faire un entretien avec une personne choisie … dans chaque numéro de hérahéra il y a en effet … un entretien.

Les entretiens que j’ai lus d’ailleurs sont variés. Un chasseur, Madame T Wood, le directeur de la poste d’un village pas loin d’ici, etc…


Si le monde est petit, il l’est plus encore à la campagne !

Il fait ces entretiens dans un restaurant que je connais un peu pour y être allé il y a quelques années, et puis la charmante dame qui tient ce restaurant a lu ma BD Retour Sur Terre et avait écrit une très gentille note sur son instagram …

Ce restaurant https://www.instagram.com/komegalleryotemae/ d’ailleurs est tout à fait particulier; installé dans une magnifique maison ancienne au milieu d’un beau jardin, la cuisine y est très recherchée, et tout, les meubles, la décoration, l’arrangement est empreint de gout et de sensibilité. Après le déjeuner la patrone madame Reiko Okada va se mettre au piano et chanter. On y va vraiment pour vivre une expérience totale.

Je pense d’ailleurs que cette expérience esthétique et gastronomique pourrait vous intéresser si vous veniez vous aventurer dans la région.

Donc je la contacte pour savoir si je pourrais assister à un de ces entretiens, afin de pouvoir revoir mon maître à penser.


Reiko répond « je viens te voir dimanche; je voulais faire ta connaissance! » Génial. Elle vient avec son mari et sa fille et nous passons l’après-midi ensemble; en fait elle veut me demander de l’aider pour dessiner une affiche pour un nouveau projet à elle: une séance de théâtre de noh dans un champ où elle plantera du makomo. (makomo = wild rice https://en.wikipedia.org/wiki/Wild_rice).

Ce projet s’inscrit dans un projet plus ambitieux encore: une école d’agriculture et de théatre noh! cela va loin tout cela et elle est vraiment entreprenante et pleine d’énergie et de courage .

Nous discutons de ce projet … et puis à la fin elle me propose de faire un entretien avec monsieur Iwata lui-même… quel honneur encore !!! Ce sera le 5 juin. Bon, qu’est ce qu’on va raconter ? Voila la collision improbable, de la comète Iwata et de la poudre de comète, wakamé tamago … Délire !


Le projet d’école d’agriculture et de noh, on continue par converser via instagram et à partir des idées de Reiko j’obtiens ce dessin qui devient une affiche.


Ces dernières semaines, ça a donc été une série d’électrochocs … la découverte de monsieur Iwata et de son fanzine héra héra, pouvoir le rencontrer en personne, puis faire la connaissance de madame Okada et pouvoir l’aider dans son projet avec l’affiche … j’en suis très honoré … et puis pouvoir, bientôt, être interviewé par le maitre lui-même ….


Inspiration (Suite)

Dans l’article du 3 mars je parlais du choc reçu en découvrant dans un restaurant un petit fanzine nommé ‘hérahéra tsuushin’, écrit par un artiste qui vit à Himeji, monsieur Iwata Kenzaburo.


Rentré à la maison je lui écris pour lui commander quelques numéros du zine. Reçus quelques jours plus tard je les feuillette et les lis un à un.

Les dessins, les textes dans le fanzine sont si chaleureux et humains … Dès qu’on l’ouvre, on se sent bien !

La plupart des textes sont écrits à la main. J’y trouve dans ce fanzine une innocence et de l’honnêteté … C’est authentique. Les sujets traités ? ses rencontres; ses lectures, sa vie de tous les jours, la santé aussi un peu et ce qu’il lit et mange ….


Je me suis renseigné sur l’auteur: Monsieur Iwata écrit ce fanzine depuis … une trentaine d’années. C’est un artiste, il dessine, il fait des estampes (ou ‘hanga’)… Monsieur Iwata a 77 ans ….

Et justement Monsieur Iwata a une expo de ses gravures dans une salle à Himeji … Et ce qui est génial c’est que nous pourrons l’y rencontrer…


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J’achète une boite de chocolats et fais un petit dessin, d’une locomotive à vapeur, avec des wagons, chaque wagon portant un caractère de héra héra …

C’est en effet l’image générale que je retiens …

ce fanzine qu’il écrit depuis trente ans me fait penser à une vieille loco à vapeur

qui, malgré les aléas, continue son chemin … et rien ne l’arrête…


L’exposition a lieu dans un bâtiment municipal situé dans une vallée à l’est de la ville de Himeji, un quartier que nous ne connaissions pas …

Tout à fait surprenant, car dans cette vallée on peut voir d’anciennes sépultures du 7è siècle, des « kofun » http://bansyu.com/1204kohun/kohun.htm qui m’ont fait penser aux dolmens bretons…

Revenons à notre mouton ….


Il y a une grande salle, où des gravures sont exposées sur des panneaux. Au centre, une table avec des livres et des classeurs pleins de gravures par ce monsieur Iwata. Ces gravures, simples allégories de la jeunesse, il dessine beaucoup d’enfants, et des fleurs, des légumes, qui évoquent les saisons. Les compositions sont très dynamiques, on sent la vie et le mouvement. L’angle est toujours surprenant.

Nous sommes les seuls visiteurs lorsque nous arrivons mais d’autres viennent se joindre à nous …. comme nous je crois ils ont choisi cette heure de début d’après midi sachant que monsieur Iwata arrivera, en vélo, vers 13 heures …


Et voila l’honorable bonhomme qui arrive, il porte une petite sacoche, pleine de dessins et d’outils pour ses gravures …

On va le saluer, je lui donne la boite de chocolats et le dessin, il nous invite à nous asseoir et on discute une bonne dizaine de minutes en toute simplicité. Une vieille dame arrive, elle aussi est une fan de Monsieur Iwata et nous discutons alors tous ensemble … voila un moment bien agréable.

Monsieur Iwata explique qu’il a décidé de devenir dessinateur et d’en faire sa profession lorsqu’il avait quelque chose comme 17 ans, après avoir vu le film A Bout de Souffle, lorsque Jean Paul Belmondo dit: Les voleurs volent Les assassins assassinent Les amoureux s’aiment

Il s’est dit alors ‘eh bien: les dessinateurs dessinent’ ….


C’est assez merveilleux de rencontrer ce formidable personnage et de voir ses autres fans…


Quand je lui donne la carte postale avec le dessin de la locomotive, il me dit:

« tu sais, je me considère moi-même comme un train ! et regarde, –il ouvre une page de son dernier hérahéra où l’on voit un train passer sur un pont — ce train la, c’est moi, c’est mon auto portrait »

Beaucoup de progrès avec l’open garage

{article en Japonais }

J’ai fait trois articles déjà sur le sujet, l’année dernière, où je décrivais l’avancement sur mon projet d’installer une galerie dans un vieux garage (vieille grange) attenante à mon bureau.

Dans la galerie j’exposerai des dessins. Et j’offrirai thé ou café aux visiteurs. On pourra faire connaissance et discuter. J’ouvrirai la galerie quelques week ends chaque année. Des gens viendront ?? Aucune idée; mais c’est justement parce que je n’ai aucune idée de comment ça va fonctionner que c’est intéressant!!

Voici les articles précédents


Depuis, j’ai également installé des étagères et fait des meubles, deux tables comptoir, une table triangulaire etc… J’ai également réhaussé le petit parapet avec des pierres pour éviter des chutes dans la rivière.

Ca prend forme et la prochaine étape c’est tout ranger, nettoyer. Alors je pourrai regarder à apporter quelques dernières améliorations.

Le but ultime étant d’offrir une expérience agréable aux probables visiteurs.

Car si une personne prend la peine de venir jusqu’ici pour regarder mes modestes dessins, je veux vraiment qu’elle soit satisfaite de sa visite et qu’elle passe un bon moment. (en dehors des dessins), voire même qu’elle ait envie de revenir !!

Le visiteur entrera par le rideau métallique.

Ou alors faire le tour et passer par la petite cour intérieure qui surplombe la rivière.

La galerie est organisée selon ce plan;

A l’intérieur donc j’ai remplacé le verre translucide des fenêtres et fait des meubles; étagères d’exposition; table comptoir le long du mur, etc

Le process de faire le design des meubles était vraiment intéressant.

Voila la première pièce sous tous les angles (c’est la pièce avec le rideau métallique qui donne sur la rue)

Je suis très satisfait du design de cette étagère d’exposition. Dans une deuxième phase je me dis je pourrais continuer pour couvrir toute la surface du rideau métallique et ajouter une porte pour faire un peu ‘maison de totoro’ …

Ca ferait toute la symbolique de pénétrer dans un monde imaginaire … Mais ce sera dans une deuxième phase.

Et la seconde pièce…

La on voit des étagères où je poserai des dessins. Oui il faut que je finisse de ranger.

avec une grande fenêtre qui donne sur la cour intérieure. Il faut que je range aussi !!!

Est-ce que j’ai une date pour tout finaliser et ouvrir la galerie ? Pas encore. A chaque fois il y a en réalité de nouvelles choses à faire et puis maintenant c’est le printemps et nous devrions aussi nous occuper au jardin.

Il faut dire aussi que transformer et donner forme à cet espace c’est un projet si agréable que … je prends mon temps !


Un Grand Merci Lecteur, Lectrice, de continuer à suivre ce blog, merci pour votre soutien.

Si parmi vous de si nombreuses personnes n’avaient pas commandé ma BD (échange contre fromage ou paiement paypal) je n’aurais sans doute pas pensé à faire une galerie.

Je me dis que toutes ces étapes sont les étapes de ma propre transformation, où je deviens … un artiste.

MERCI

Ne pas oublier la gratitude

Article en Japonais ici

Là où nous vivons, dans un petit hameau situé au nord de la ville Himeji nous goûtons une vie paisible et en sécurité.

Comme c’est à la campagne, les infrastructures qui supportent la vie quotidienne en ville sont cependant absentes: il n’y a pas de gaz de ville; il n’y a pas non plus de tout à l’égout…

Notre vie ici à la campagne est donc possible grâce entre autres aux employés des société de distribution de gaz et d’entretien de fosses sceptiques.

Les gars qui viennent pour livrer de nouvelles bouteilles de gaz, et pour les inspections ou le nettoyage de nos fosses sceptiques sont de vrais pros.

Les gars ont toujours le sourire et sont polis. Quand ils arrivent travailler ils nous saluent, tout comme lorsqu’ils ont fini et s’en vont en disant merci. Leurs camions sont immaculés.

On voit qu’ils ont une fierté à faire leur travail.

C’est pareil aussi pour le livreur de Takkyubin ou le postier qui sillonnent la région avec leur camions et nous livrent des trucs d’Amazon, commandés souvent la veille.

La vie à la campagne est donc rendue possible par ces professionnels sérieux et dévoués et je voulais leur rendre hommage dans ce dessin et leur exprimer ma gratitude.


Ce paragraphe qui suit, je ne l’ai pas écrit dans l’article du blog en Japonais car un lecteur Japonais ne pourrait pas comprendre pourquoi cela arrive, mais depuis quand, les années 2000 ? les camions de pompiers sont régulièrement attaqués en France et peut être d’autres pays en Europe.

Comme vous savez ce sont pas des phénomènes isolés ou exceptionnels (d’après chatgpt qui cite senat.fr et interieur.gouv.fr):

Les pompiers en choisissant leur métier on décidé de se mettre au service de la population tout en s’exposant à des risques considérables.

or, par lâcheté et pour des calculs politiques, les politiques français et la population française ont laissé ces agressions se faire … et augmenter terriblement:

Et je me dis, que vaut et où va une société qui ne protège pas ces personnes mêmes qui ont décidé de se mettre au service, quitte au péril de leur vie, de cette même société? Pourquoi une telle ingratitude ??

Voila quelque chose qu’il m’est impossible de comprendre!

Chatgpt:

Visite chez TWood

Article en Japonais ici https://wakametamago.wordpress.com/2024/03/14/twood%e3%81%95%e3%82%93%e3%81%ae%e7%a7%98%e5%af%86%e5%9f%ba%e5%9c%b0%e3%82%92%e8%a8%aa%e5%95%8f/

Je reviendrai plus tard sur le petit magazine herahera tsushin dont je décris la découverte dans l’article précédent.

C’est que nous sommes aussi allés visiter la base secrète de TWood! (https://www.instagram.com/twood346/)

Ce qu’ils ont construit est magnifique. Plein de poésie, d’imagination, et de tendresse.

TWood on a fait connaissance sur instagram, mais nous avons des amis en commun.

TWood est un couple qui vit en ville à Himeji la semaine, et le week end profite de la nature et du calme dans une petite maison, une vraie tiny house, en pleine montagne.

Ils sont juste dans une vallée parallèle à la nôtre, mais dans un endroit beaucoup plus isolé, et plus sauvage. Ce sont des passionnés de montagne, et l’emplacement qu’ils ont choisi n’est pas fortuit car le chemin qui serpente jusque chez eux permet si l’on continue tout droit en serpentins de gagner le mont Seppiko; une montagne qui culmine à 915m.

Je les suivais sur instagram avec intérêt depuis longtemps, et sur une de leurs photos insta ils montraient une petite bibliothèque qu’ils avaient conçue pour y mettre en valeur des livres sur la montagne et la nature. J’ai du ajouter un commentaire signifiant mon admiration pour ce projet, et leur réponse disait: ‘on voudrait bien ajouter ta bande dessinée 失われた田舎暮らしを求めて dans cette bibliothèque (la version japonaise de Retour Sur Terre– dont le titre japonais traduit littéralement signifie ‘à la recherche de la vie à la campagne perdue‘.)

Ecoutez les amis je viendrai vous l’apporter directement! Livraison à domicile, 24×7 !

Leur tiny house qu’ils ont construite eux-mêmes donc est construite à flanc de montagne. Ils ont alors ajouté plusieurs éléments, en jouant très intelligemment sur les différent niveaux, ce que la pente abrupte de la montagne rend possible.

Une fois chez eux on se croirait dans un magazine ou alors chez un vieux trappeur au Canada (il s’appelle sans doute Pierre) :). Tout est arrangé avec style. Le poêle à bois. les haches accrochées au mur. Une petite cuisine. Une belle collection de dutch ovens. C’est magnifique. On note aussi l’installation électrique qui imite les installations d’avant ou juste après guerre où les deux fils conducteurs sont deux fils séparés…

Adjacent à leur maison ils ont installé une plateforme surélevée où avec une vue plongeante sur la forêt ils donnent des cours le week end de composition florale. Leurs élèves de la journée arriveront bientôt et ils feront des choses avec du mimosa.

Pour ces cours ils utilisent beaucoup de fleurs et de plantes qui poussent autour de leur base, dans la foret.

Madame TWood m’offre une couronne d’ailleurs, faite avec des feuilles de cyprès et une autre plante dont je n’ai su saisir le nom, elle explique: j’ai fait cette couronne en pensant à toi, Wakamé Tamago, et j’ai utilisé une plante qui a des épines.

Ils ont ajouté aussi une petite extension à la plateforme qui rejoint un bel arbre. Là on peut s’assoir « en altitude » et se mettre dans un kotatsu (table basse chauffante) et admirer le paysage comme si l’on était un momonga. (l’écureuil volant japonais).

Elle m’a vraiment compris ! Alors que nous nous voyons pour la première fois.

Avec toute son astuce Monsieur TWood a installé un petit atelier sous la maison. Tout est si bien rangé !! Il est très adroit.

Je suis tellement intéressé et curieux, je n’arrête pas de poser des questions. Mais malheureusement le temps nous fait défaut.

Nous aurions pu observer le four à pain et à pizza. Nous aurions pu observer aussi leur baignoire traditionnelle (et extérieure), le fameux goémon buro, avec vue sur la foret et les momongas.

Tout l’amour que TWood a mis dans ce projet, c’est vraiment impressionnant. Il y a du goût et une recherche esthétique. Une fantaisie aussi. et puis ils partagent tout cela, avec leurs cours de composition florale.

Ils ont un bon écosystème, rendu possible par la proximité de la ville et de la montagne. Ils ont une vie double. La semaine en ville et le travail, et le week end dans leur base fortifiée dans les montagnes.

Mais leurs élèves arrivent on ne peut pas s’attarder ! Nous devons partir.

Mais qu’il est bon de se faire de nouveaux amis.

Et wakame tamago s’en alla porter sa couronne d’épines…..

Surprise et inspiration

{article en Japonais ici}

Dimanche dernier … j’ai reçu un véritable choc … je ne m’y attendais pas du tout …

Nous sommes allés déjeuner dans une petite ville à vingt minutes vers l’Est …

Cette ville s’est développée récemment, il y a des industries, une ligne de chemin de fer, un autoroute, c’est un petit ‘hub’ et il y a de nombreuses grandes surfaces etc … ce genre de gros blurb; pratique et un peu moche … c’est un peu comme la France des rond points, sauf qu’au Japon il n’y a pas de rond points.

Cependant si l’on fait l’effort d’aller dans la vieille ville, et si l’on ne craint pas de s’aventurer dans des ruelles tortueuses où passeraient difficilement deux ânes, et la, vraiment énorme respect pour tous ceux qui parviennent à y manœuvrer leurs énormes bagnoles ! Même avec mon petit camion j’ai l’impression que je passe juste ….

Dans cette partie ancienne de la ville se collent les unes sur les autres des petites maisons et leurs jardins et on peut trouver une ancienne demeure qui date de 1871. Cette demeure est organisée avec un petit jardin intérieur et tout autour de celui-ci il y a des dépendances, sans doute ce qui était autrefois des granges ou des écuries.

Or, des petits commerces se sont installés, dans ces dépendances. Un peut comme des start ups … Il y a une boulangerie, un restaurant, et un petit hôtel.

Bref, nous allons voir cette vieille demeure pour déjeuner dans un tout petit restaurant qui est installé dans une de ses anciennes granges. https://kotohogicafe.jimdofree.com/ Le site du resto. Ce resto a été lancé par l’épouse d’un agriculteur. Diversification et création de valeur ajoutée.

Il faut observer que les Japonais excellent à faire vivre et ‘maximiser’ les espaces réduits. On sait ne pas prendre de place.

Tout y est très compact et il y a peut-être une vingtaine de clients déjà.

L’endroit comme dit plus haut est assez étroit, mais on sent que tous les clients se sentent bien et sont contents d’être la.

On se met au comptoir.

La nourriture est simple et excellente. Après le repas on sent un bien-être très particulier. Un véritable plaisir.

Mais la grosse surprise n’est pas dans l’assiette, mais sur le comptoir.

Des livres et des livrets y sont posés… or un petit livret a tout de suite attiré mon regard … Il y a un beau dessin une aquarelle et des textes sur la couverture … je trouve le dessin superbe…

Ca s’appelle HERA HERA TSUSHIN へらへらつうしん

C’est un petit… comment dire … un fanzine ?? fait par un artiste qui vit à Himeji; Iwata Kenzaburo. Un petit fascicule de 40 pages avec des dessins, des gravures des textes qui racontent son quotidien et ses rencontres.

Il ressort de cela une douceur, une joie de vivre tout à fait incroyables …, je me sens profondément ému. J’en ai presque les larmes aux yeux.

Et c’est difficile à expliquer.

Mais cela me rappelle une bande dessinée que j’avais faite il y a bien longtemps, je devais être au collège … . J’avais d’ailleurs complètement oublié, et c’est regarder ce petit magazine qui me le rappelle … Ce genre de foisonnement avec des textes et des dessins dans tous les sens, le genre, on pourrait lire le truc une centaine de fois sans se lasser !!! C’est un peu mon rêve ça ….

Bref je fais là une énorme découverte; ……… et je me dis ah putain mais c’est ça en fait ce que je voulais faire dans ma vie !! ou disons plutôt … c’est ce que je veux faire !! Enfin bon je ne sais pas vraiment ce que cela veut dire ….

Sitôt le repas fini et rentrés à la maison 1 on remet du bois dans le poêle à bois, 2 on caresse les chats 3 on fait quelques recherches sur ce monsieur Iwata …

Je lui envoie un mail pour lui commander des numéros de son magazine et puis on voit aussi qu’il est en train de faire une exposition de ses gravures sur bois (hanga) à Himeji … nous irons le voir et faire sa connaissance la semaine prochaine !!!! https://www.himeji-kanko.jp/event/1222/

Promenades à Tatsuno

(article en Japonais: https://wakametamago.wordpress.com/2024/03/01/%e3%81%9f%e3%81%a4%e3%81%ae%e7%89%a9%e8%aa%9e/)

Samedi on va dans la ville voisine de Tatsuno. à 30 km au sud du village. On va d’abord passer un moment au bord de la mer, c’est la mer intérieure, notre méditerranée.

Déjeuner dans un nouveau restaurant. avec vue sur la mer

Faut pas s’étonner que ce restau aie du succès, vu cette vue. Ils ont retapé une ancienne bâtisse de façon très intelligente, en arrangeant deux niveaux différents … le long de la fenêtre un niveau bas, de sorte que tous les clients puissent admirer la mer …

Ensuite on se promène sur la plage, une plage minuscule. Une coquille saint jacques vient se cogner contre mon pied et je la mets dans ma poche. Au loin on voit Iejima qui est une ile qui fait partie de la ville de Himeji.

La mer intérieure ou sétonaikai me fait toujours penser à un film de Ozu … peut être Tokyo monogatari … me souviens plus, ça fait si longtemps …

Il y a dans ce hameau en bord de mer un cluster de petits commerces, un café pour motards, deux ou trois restos, un boulanger …. et il y a aussi le studio d’un artiste, c’est un dessinateur, je retrouve dans son style l’influence de Katsuhiro Otomo, l’auteur d’Akira.

Il a arrangé son studio dans une belle extension de sa maison, où l’on peut voir son bureau, et ses œuvres. L’homme est plutôt timide, on le salue et on passe quelques moments à regarder son travail.

Ses dessins sont pleins d’énergie et de positivité aussi. Il y aussi du kawaii.

Vous pouvez suivre le gaillard sur instagrammes : hidarinekoze

Il faut une dose de courage et de confiance pour s’exposer comme ça en montrant le lieu où l’on travaille.

J’essaie aussi de glaner de l’inspiration et des idées pour mon propre projet de galerie…

Ensuite nous allons au centre historique de la ville de Tatsuno; il y a de très belles demeures et des rues pleines de caractère. Nous allons y prendre un verre et redécouvrir quelques coins de rues.

Le regard s’attarde sur cette maison tarabiscotée et fantaisiste qui évoque les dessins animés de GHIBLI.

Rentrés à la maison je nettoie la coquille saint jacques et l’accroche à l’entrée de ma future galerie.

Puis aller dans le jardin et collecter quelques légumes pour le souper … on va faire une soupe miso avec plein de légumes !!

fleurs de colza, petits navets, épinards, takana, poireaux

Visite à l’archipel et à Sasayama … et en bonus une recette facile !

Courte visite à Sasayama. Petite ville en bordure de Kyoto et d’Osaka, sur le côté ouest.

Sur la route on passe dans un magasin / galerie étonnant. On appelle ça un select shop ? Les objets en vente sont produits par des artisans / artistes contemporains, choisis dans tout le Japon. Il y a de très belles céramiques, des vêtements, des sacs étonnants faits en écorce d’arbres, et des pots de confiture d’haricots, des petits biscuits. Tout est franchement très beau; c’est comme une galerie d’art.

Le lieu s’appelle Archipelago (instagramme: archipelago.me), je pense à Soljenitsyne mais ils avaient à l’esprit j’imagine l’image de l’archipel -l’arc insulaire- qui forme le Japon et d’où viennent tous ces artistes formidables qu’ils ont sélectionnés avec soin.

La galerie elle-même est installée dans l’ancien entrepôt de la coopérative agricole d’un tout petit hameau, desservi par une gare non moins minuscule. Le nom de la gare, signifie l’ancien marché furuichi: 古市

On discute avec la proprio de la galerie, elle est très aimable. Ses deux jeunes enfants l’accompagnent et tiennent la caisse. Elle connait très bien tous ces artistes qu’elle a sélectionnés. Notre portefeuille s’est emballé d’ailleurs car nous lui achetons deux céramiques (une de Mashiko, une de Nara) et aussi un sécateur que j’utiliserai au jardin. Le sécateur est fait par un atelier de la région établi dans la ville de Ono, qui, avec une autre ville voisine, Miki, est très connue pour sa production d’outils. Franchement le sécateur est superbe.

On discute donc et elle nous explique qu’elle et son mari ont juste ouvert cette galerie il y a quelques mois et qu’ils sont venus vivre de Tokyo. (comme nous en 2012 donc …). Quel courage de se lancer dans une telle aventure me dis-je, dans un coin si reculé.

Elle nous dit aussi qu’en plus de cette galerie ils ont monté un café librairie ! mais qu’il est fermé ce dimanche mais si on veut bien elle va nous le montrer … on ne se fait pas prier…

Ce café librairie est superbement arrangé … et installé dans le bâtiment de l’ancienne banque agricole du village ! incroyable d’ailleurs on voit l’ancien coffre fort de la banque … personne n’a pu l’ouvrir nous dit-elle ah zut si j’aurais su, j’aurais apporté mon chalumeau !

L’ancien entrepôt de la coopérative agricole. Où se trouve Archipelago. On voit encore l’inscription « confiez vos économiés à la coopérative » 貯金は農協へ

Installer une galerie dans un tel bâtiment, c’est vraiment du wabi sabi.

c’est l’entrée
la c’est la banque agricole où ils ont installé un café librairie (à droite il y avait jadis un distributeur de billets)
l’intérieur est vraiment réussi
ca fait du bien de voir des livres

On fait un petit tour dans le hameau paisible.

la gare
promenade dans le village

Ensuite nous allons à Sasayama.

Du château de Sasayama subsistent des superbes mûrs d’enceinte que je ne photographie pas.

On fait quelques rues, il y a quelques touristes, une rue est particulièrement bien préservée. Je m’arrête devant le superbe atelier d’un artisan de tatamis, monsieur Tadani. On voit qu’il utilise des machines anciennes.

Il est très ouvert est sympathique, on discute une bonne demie heure. Il fait les tatamis à l’ancienne et il nous explique l’histoire du tatami … Sujet passionnant. Justement on lui fait part de nos demis regrets car lorsque nous avons refait notre vieille maison pour nous y installer, nous avons viré tous les tatamis et fait installer un parquet.

Or, un tatami est si confortable … mais aussi qu’en penseraient les griffes des chats, et aussi les vomis des chats ??? mmmm …

Monsieur Tadani on discute avec lui on est tellement naturels on a l’impression que l’on se connait depuis 10 ans alors que ça ne fait que quelques minutes !

Il nous explique entre autre que lui n’utilise que de l’igusa (une espèce de jonc) produite à Kyushu, à Kumamoto, par quelques réfractaires… Il faut savoir que la majorité des tatamis aujourd’hui sont produits avec de l’igusa faite en Chine et contiennent aussi des plaques en plastique …

Voilà une belle rencontre.


Recette facile – ou une recette qu’il m’est difficile de rater.

Faire revenir du poulet coupé en petits morceaux (peut se substituer avec du goret) dans une marmite, un peu d’huile d’olive, de l’ail, un oignon.

Puis ajouter des haricots (ici je fais avec des pois-chiches) et ajouter:

2 cuillérées de sucre

6 cuillèrées à soupe de sauce de soja

3 cuillèrées à soupe de mirin

3 cuillèrées à soupe de saké

recouvrir d’eau

Laisser mijoter tranquillement.

Sur la fin, si on peut en trouver, ajouter du sansho. (celui-ci provient de notre montagne, je l’avais récolté le printemps dernier.)

Si c’est des haricots, je les fais bouillir au préalable.

J’appelle cette recette ‘oba no aji’ soit: « le goût de grand mère ».

Car si j’en fais une grosse marmite je vais en apporter à mon ami Saki chan et à sa femme pour leur dîner, et il me dit souvent « ah c’est oba no aji » soit « c’est exactement comme la cuisine de ma mère », laquelle a 95 ans…. Qu’est ce que ça m’amuse lorsqu’il dit ça!!!!

Tout ça c’est du bonheur …

Les onigiris !

Les onigiris ! C’est un peu le sandwich Japonais ! (article en Japonais ici)

Un onigiri est une boulette de riz japonaise, souvent enveloppée d’une algue nori et fourrée d’un ingrédient salé ou acide. C’est un en-cas très populaire au Japon, que l’on peut trouver dans les konbini (supérettes) ou les onigiri-ya (magasins spécialisés). Les onigiri existent depuis le XIᵉ siècle et ont des formes variées, comme le triangle, le cylindre ou la galette.

En pensant à mon ami Philippe qui tient avec son épouse le restaurant Japonais Yoisho! à Tours, spécialisé dans la soul food Japonaise, avec des onigiris au menu, j’ai eu l’idée de faire des dessins d’onigiri.

Le mot onigiri veut dire en Japonais « se tient dans la main » et s’écrit en général en hiragana … おにぎり

Mais on peut se laisser inviter à quelques jeux de mots. car « oni » peut désigner le démon, giri est la nasalisation de kiri qui peut signifier couper… ou tuer avec un sabre…

Je me suis bien amusé !

En détail:

l’onigiri qui se défait

l’onigiri qui fait dans son algue

l’onigiri qui mange un onigiri

l’onigiri qui s’habille

l’onigiri qui « découpe » un démon

un onigiri qui se fait griller (délicieux)

un onigiri sumotori

un onigiri qui fait du vélo.

Plusieurs petites choses pêle-mêle

Avec mon voisin et ami Saki chan on se retrouve tous les lundis matins pour faire le point. Nous étions devant un petit feu, dehors et regardions le soleil se lever pas à pas, sur la vallée. Avec son chien cha cha.

A un moment on a parlé démographie; quiconque vit au Japon est conscient de l’énorme changement qui s’annonce avec le manque d’enfants dans le pays… on consulte le web qui nous confirme que la population du Japon en 1850 n’était que de 32 millions… aujourd’hui 125 … eh bien on “risque” de retourner vers les 32…

Quelques notes sur des choses apprises ou consultées récemment:

  • La vie du Père Michel Jaouen sur lequel je souhaite me renseigner un peu.

« Le Père Michel Jaouen (1920-2016) : « Démerdez-vous pour être heureux ! «  » on https://radiofrance.fr/franceculture/podcasts/toute-une-vie/le-pere-michel-jaouen-1920-2016-demerdez-vous-pour-etre-heureux-6708208

  • Un podcast écouté à moitié mais non moins intéressant, par Sam Harris sur l’hubris et le chaos de la politique étrangère américaine et occidentale, avec Rory Stewart
  • Et puis finalement j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt l’interview de Poutine par Tucker Carlson. Sur le sujet de Poutine et de la guerre en Ukraine j’observe que j’ai personnellement changé d’avis plusieurs fois… Il est clair que la pauvre Europe comme un poulet sans tête; et les anglais les premiers, s’est laissée embobiner dans un gros merdier … sans parler des pauvres moujiks ukrainiens et russes qui paient le prix fort; celui de leur vie …

D’ailleurs “avoir un avis” sur la chose ne veut pas dire … grand chose … la guerre a commencé et elle continue; et on ne sait pas quand elle va finir.

Cela fait penser au célèbre tableau de Brueghel, la parabole des aveugles; un aveugle en guide un autre pour former une longue procession et tomber tous ensemble dans la fosse à purin. C’est exactement ce qui s’est passé, chaque antagoniste s’est laissé guider par un autre, et tous … sont aveugles ….

A retrouver dans l’évangile selon St Matthieu; 15: “Laissez-les: ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles; si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse.”

Tout le monde est-il perdant ? je me dis que les US jusqu’à maintenant ont fait de très bons deals en donnant leurs vieux stocks et en équipant de nombreux pays européens avec leur matériel militaire dernier cri… les affaires continuent. Par contre ils perdent beaucoup en crédibilité. Les US essaient désormais et péniblement de se désengager en limitant leurs soutien à l’Ukraine … le Japon, la Corée du Sud qui dépendent tant des US pour leur défense vont prendre note … juste quelques années après la débandade en Afghanistan ça fait beaucoup…

Côté jardin, on sent la fin de l’hiver se rapprocher et on commence quelques préparations dans le jardin. On a d’ailleurs l’année dernière installé des structures permanentes dans le champ de Saki chan, l’idée étant d’être le plus efficace possible … c’est à dire de ne pas avoir à nous occuper à chaque saison installer et retirer les filets; tissus, supports … toute la petite logistique …

Ces structures permanentes forment des cellules métalliques qui protègent éventuellement des chevreuils et aussi servent de support aux haricots et concombres etc … L’été on peut ajouter une toile plastique pour protéger les tomates de la pluie et des corbeaux…

Donc samedi nous débroussaillons et déposons du fumier de vache. Histoire d’être prêts pour planter des trucs, plus tard.

Nous faisons ensuite un civet de chevreuil, un chevreuil a été pris la semaine dernière par monsieur H et il m’en a fait donner de beaux morceaux. Je fais le civet dans le dutch oven, et le résultat est excellent.

A noter que après avoir découpé la viande il y avait quelques déchets que j’ai posés sur une pierre au milieu de la rivière et bien comme prévu cinq minutes plus tard tout à disparu, les corbeaux ont tout de suite repairé l’aubaine… (j’avais fait une video similaire).

Plus tard encore je raconte à Saki chan cette histoire avec les corbeaux, comment presque par magie ils arrivent à détecter des morceaux de viande de façon instantanée … comment font-ils, car dans notre hameau il n’y a qu’un couple de corbeaux, ils couvrent donc un large territoire ….

Saki chan me raconte alors que il y a quelques années, lorsqu’il avait des poules “boris brown” et qu’il pouvait les laisser en liberté dans son atelier les corbeaux étaient à l’affut et dès qu’ils entendaient une poule chantonner après la ponte d’un œuf, ils se ruaient pour essayer d’emporter l’œuf … il aurait vu plusieurs fois un corbeau s’envoler, avec un œuf dans son bec.

Opérations escargot

Une vidéo des niouzes japonaises me fait sourire car évoquant les manifs par les agriculteurs en France ils y traduisent littéralement les opérations escargots (blocage des routes avec les tracteurs etc): エスカルゴ作戦 « esukarugo sakusen« 

Cette expression me faire rigoler … c’est trop mignon….

C’est que escargot, en japonais c’est katatsumuri カタツムリ ils auraient pu donc dire katatsumuri sakusen mais ils ont choisi d’utiliser esukarugo qui désigne l’escargot, non pas l’animal .. mais l’aliment … (comme porc vs cochon) et qui vient direct du mot en Français escargot.

Et justement cette expression ainsi choisie évoque la France et sa culture culinaire…

Bon. Voila un truc que je trouve passionnant.

A l’heure où j’écris le moment de protestation des agriculteurs semble se calmer. Je suis un peu déçu que les tracteurs avec leurs citernes pleines de purin n’aient pas continué leur chemin jusqu’au palais présidentiel de l’Elysée … pour remplir la piscine de Manu et la baignoire de gigite … Cela aurait été tellement beau !

Au sujet d’escargots j’en ai deux boites qui attendent patiemment le printemps. Elles sont au congélateur.

J’avais même demandé à mon papa de m’envoyer ce superbe service à escargots qui était à la maison (en France) et qui me rappelle de beaux souvenirs d’enfance.

J’attends le printemps et une bonne occasion pour les déguster avec mes amis du village …et leur faire découvrir…

Ce fameux service à escargots en compagnie de son ami godzilla.

Voila … un rien nous amuse !!

Quelques heures à Kobé

Hier j’ai passé quelques heures à Kobé.

J’étais curieux de voir ce qui se passe en ville et au Japon en général. J’allais aussi rencontrer plus tard le soir mes acolytes; ilotiers de la région de Hyogo, nous sommes cinq compères qui au cas d’une catastrophe dans la région pourraient avoir a relayer des infos de l’ambassade aux français vivant dans la région.

En sortant du train je découvre un peu le quartier de Kitano, un quartier très touristique et élégant, avec des belles villas de l’époque de Meiji. Il y a de nombreux touristes et ils ont l’air d’apprécier l’endroit.

Même les touristes Chinois sourient et font la queue devant des magasin de pâtisserie mais c’est certainement la liberté qu’ils goûtent le plus. En profitent-ils pour penser librement ? visiblement ceux-là non car sinon on les verrait dans les bibliothèques, et pas devant les pâtisseries. Ceux qui sauraient en profiter pour penser librement sont sans doute déjà exilés, ou bien encore en prison.

Un peu à l’écart je trouve l’église catholique de Kobé. Un très beau bâtiment où je vais essayer de me recueillir. D’abord avant d’y entrer on passe par une cour circulaire, bien arrangée. J’y vois des grosses marmites -pour faire cuire le riz- encore sur des tables, j’imagine que l’on y a arrangé un repas, pour nourrir les nécessiteux sans doute.

Il y a toujours la coexistence de la richesse et de la misère.

A l’entrée de l’église il y a comme dans toutes les églises un panneau avec des affiches, des publications chrétiennes et des messages par les associations et les volontaires. Ce suis très touché de voir ces efforts pour venir à l’aide à l’autre.

Une grande boite en bois est mise à disposition pour y recueillir des dons pour la région de Noto touchée par le grand tremblement de terre.

J’y glisse un billet de 1000 yens et oui je suis un peu con pourquoi ne pas y avoir mis 10 000 à la place ?

Puis j’entre dans l’église proprement dite. Architecturalement c’est une véritable réussite. Je m’assieds et j’essaie de me calmer l’esprit. Les années de catéchisme sont très lointaines, j’ai oublié la moitié du Notre Père.

Cette longue pause me permet de ré-assembler les pièces de mon puzzle et je repars visiter la ville.

Les rues en pente guident les pas vers la gare de Sannomiya et des rues très animées, des rues avec des bars et restos, des rues avec des magasins de fashion, il y en a pour tous. Partout une foule jeune, assez fluide et très joyeuse.

Les gens font la queue devant de nombreux cafés et magasins c’est assez impressionnant. Le tout dans une ambiance joviale. Finalement faire la queue avec ses copains ou copines ça fait partie de la fête, on discute dans le froid mais on sait qu’à un moment un peu plus tard il y aura une table des fauteuils et du chauffage….

Il y a des ruelles étroites où se cachent des boutiques étonnantes arrangées avec goût et la aussi des gens font la queue … incroyable !!

Gelato Pique une marque de pyjamas avec une stratégie marketing géniale, qui permet au final de transformer du pétrole en or …

Parfois la foule heureuse doit s’arrêter pour laisser passer une énorme Mercedes ou alors une LEXUS magnifique ….

Cette pancarte explique que manger des gyozas et boire de la bière ça fait partie de la culture. Entièrement d’accord. Lu et approuvé.

J’admire tout cela mais je me dis que cela manque un peu d’authenticité …

Au fond ce luxe et cette joie forment une fine couche de quelque chose qui finira par sécher, craqueler et sera remplacée par quelque chose d’autre.

Un peu plus tard je découvre un ancien marché, une vieillie galerie marchande couverte, très étroite … Cela date directement de l’époque de Showa. On imagine qu’à l’époque il y avait du monde, c’était bruyant, il y avait des enfants et des chats.

De nombreuses boutiques sont fermées mais il y a encore deux poissonniers, un marchand de thé qui travaillent la depuis 50 ou 60 ans peut-être, comme si rien n’avait changé. Tout cela c’est certain sera bulldozé dans quelques années.

Et puis dans quelques années les rues animées que j’ai admirées plus tôt auront elles aussi changé.

Ce renouvellement permanent très visible ici au Japon car on construit et détruit facilement donne à la ville cet aspect organique qui est si envoutant.

S’y mélangent tristesse et beauté.

Finalement je trouve un petit café tranquille où poser ma besace et m’y vient cette réflexion;

le village où nous vivons représente le Japon d’il y a 50 ou 60 ans, avec les traditions d’autrefois qui y subsistent.

mais le village où nous vivons représente aussi le futur du Japon, où il n’y aura plus que des vieux et où il n’y aura plus d’enfants.

Voila pour terminer sur une note assez sombre …. merci

Ca tremble

Au sujet du tremblement de terre du 1er janvier qui a frappé la péninsule de Noto, sur la côte nord.

J’ai regardé quelques reportages de la télé japonaise qui montrent la détresse des personnes qui ont perdu ou évacué leur maison et qui sont réfugiées dans des écoles, sans eau ni électricité et dans le froid, et sous la neige.

Il est intéressant de constater la relative lenteur des secours et l’insuffisance des aides pour les survivants, et ce, même dans un pays riche et préparé comme le Japon.

Est ce que le Japon n’est pas assez préparé ? Ou bien est il simplement impossible de répondre en masse à de telles catastrophes ?


Dans les titres des reportages à la télé il y a un mot qui revient sans cesse, c’est isolation 孤立: de nombreux villages et hameaux ont été coupés du monde avec les routes détruites, les fines lignes des flux logistiques, les câbles électriques ont tous été brisés et ces villages se retrouvent coupés du reste du Japon, où la logistique est si efficace !

Tout en visionnant ces reportages je me disais mais cette région est une région très excentrée, rurale, et justement les habitants de la campagne savent peut être encore vivre un peu comme autrefois: ils ont accès à l’eau des puits et des rivières, et il savent faire du feu… Ils récoltent leur riz et donc ont de gros stocks … Donc ils devraient pouvoir s’en sortir …

Je posais la question hier à mon ami Saki chan sur ce sujet et il faisait exactement la même remarque.

Peut être que ça n’est pas dans le script des studios télé, le profil des campagnards qui savent être autosuffisants, et … vivre en dehors du ‘système’.

Ces ‘campagnards’ même si les lignes logistiques sont coupées savent se suffire à eux mêmes.


Une fois, c’était il y a 5 ou 6 ans une collègue du Royaume Uni m’avait demandé pourquoi je restais au Japon où il y a tant de catastrophes naturelles.

En Japonais il y a ces deux mots 自然災害 qui désigne la catastrophe d’origine naturelle et人的災害 qui désigne la catastrophe d’origine humaine

Je lui avais alors répondu, et sur le moment j’avais l’impression de dire quelque chose d’intelligent, qu’à choisir je préfère vivre dans un pays où il y a plus de catastrophes naturelles que d’humaines, que le contraire. Lorsque je lui avais répondu ça j’avais en tête les shootings dans les écoles aux US et puis les nombreuses attaques terroristes en France.

On peut accepter la violence de la nature, car la nature est telle quelle.

Il m’est impossible d’accepter la violence humaine et en réaction à la violence humaine mon corps produit des molécules de colère en retour, et qui vont venir m’auto détruire.

Certes dans les deux cas on se retrouve soudainement vulnérable et possiblement sans défense (dans le cas où l’on n’est pas broyé immédiatement).

Ca me rappelle le livre de Nassim Taleb sur l’anti fragilité.

Mais je ne suis pas sûr qu’il y ait un vrai rapport avec le sujet.

Ce serait vraiment cool si la télé japonaise montrait, en plus de ceux que le tremblement de terre a mis dans une situation très précaire, aussi ceux qui, malgré les coupures d’électricité et d’eau, parviennent à survivre grâce à leurs connaissances de la vie à la campagne…

Il y a des choses encore aussi intéressantes à noter: après un grand séisme; l’importance d’avoir accès à l’eau et donc d’avoir un puits, par exemple.

La voisine de mon ami Franck qui habite au centre Kyoto s’est à propos fait installé un puits, ce qui lui permet de pomper et d’avoir de l’eau même en cas d’urgence.

Si vous habitez dans une très grande ville au Japon, et si vous y avez votre propre maison, essayez de voir si vous pouvez faire creuser un puits.

Ca ne devrait coûter que un ou deux millions de yens et ça en vaut certainement la peine.

Tremblement de terre 1er janvier 2024 – péninsule de Noto

Le 1er janvier un énorme tremblement de terre, suivi d’un tsunami a dévasté une partie de la péninsule de Noto (sur la côte nord, qui donne sur la Mer du Japon).

Si vous souhaitez aider la région de Noto qui a été lourdement frappée par le séisme et si vous ne savez pas où adresser vos dons, sachez que la mairie de Wajima a mis en place un compte bancaire spécialement à cet effet.

Leur page web a ajouté une traduction en anglais avec les détails du compte bancaire, pour les transfers internationaux.

https://www.city.wajima.ishikawa.jp/article/2024010500020/

Merci à Marie Claire de me poser la question via Facebook.

2024

Nous vous présentons tous nos meilleurs vœux de santé et de bien être pour cette année nouvelle.

Bonne année !!

新年に向けて、皆様の健康と幸せを心からお祈り申し上げます。

あけましておめでとうございます!!

Du Japon, nous aimons aussi les décorations traditionnelles du nouvel an.

Comme ici, avec des feuilles diverses trouvées dans notre jardin.

日本の新年の伝統的な飾りも大好きです。

こちらは、私たちの庭で見つけた様々な葉で作ったものです。

Joyeux Noël !

Je veux vous souhaiter un Joyeux Noël et d’excellentes fêtes de fin d’années.

Je vous remercie aussi de continuer à suivre ce blog, et de vous intéresser à mes petites histoires, que ce soit dans le blog ou dans mes bandes dessinées et mes dessins.

Grâce à vous, à votre suivi et à votre soutien, s’opère une transformation profonde: comme vous consommez mes « productions » artistiques … je deviens un artiste!!

Être un artiste c’était un de mes rêves et petit à petit je sens cette transformation se produire.

En cette fin d’année on sent que les choses dans leurs mouvements commencent à ralentir … Le nouvel an c’est vraiment un big deal au Japon.

On peut en profiter pour faire une pause et se rappeler aux choses qui sont essentielles:

l’amour

et vivre le moment présent.

L’amour, d’ailleurs, est une source d’énergie infinie, comme l’explique ce dessin:

愛情は無限エネルギー L’amour, énergie infinie.

Bien sûr il est important de garder aussi à l’esprit la dureté du monde et de ses réalités.

Amour et vivre le moment présent, dans la réalité d’un monde qui peut être dur, qui n’est pas bisounours.

C’est la signification de la silhouette lointaine du cuirassier japonais Yamato, dans le dessin.

Joyeux Noël!!!

Nouveau mot du temple

Il n’y a pas longtemps le prêtre bouddhiste du village m’avait inspiré un dessin avec ses bons mots pleins de sagesse et de gentillesse.

Aujourd’hui il a affiché un nouveau message, calligraphié tout beau, et il m’en a envoyé la photo.

Je recherche tout de suite l’origine de cette citation.

誰だれかが泣いないてたら 抱きしめよだきしめよう それだけでいい
誰だれかが笑っわらってたら 肩かたを組もくもう それだけでいい
誰だれかが倒れたおれたら 起こせおこせばいい それだけでいい
誰だれかが立ったったなら ささえればいい それだけでいい

Si quelqu’un pleure, serrons-le dans nos bras, c’est tout ce qu’il faut.

Si quelqu’un rit, enlaçons ses épaules, c’est tout ce qu’il faut.

Si quelqu’un tombe, relevons-le, c’est tout ce qu’il faut.

Si quelqu’un se lève, soutenons-le, c’est tout ce qu’il faut.

Ce sont en fait les paroles de la chanson darekaga (quelqu’un), par le groupe rock The Birthday

Chatgpt m’indique aussi que la chanson a été reprise par le groupe puffy pour un des films de Naruto …

En tout cas j’apprécie vraiment d’avoir un prêtre bouddhiste branché et rock and roll …. C’est trop génial!!!

Jamais aussi facile qu’on le pensait, et c’est exprès !!

(Article en Japonais: https://wakametamago.wordpress.com/2023/12/10/%e6%80%9d%e3%81%a3%e3%81%9f%e3%81%bb%e3%81%a9%e7%b0%a1%e5%8d%98%e3%81%98%e3%82%83%e3%81%aa%e3%81%84%e3%81%ae%e3%81%af%e3%80%81%e5%bd%93%e3%81%9f%e3%82%8a%e5%89%8d/)

C’est vers septembre cette année que j’ai compris.

Pour le boulot je devais préparer le nouveau forecast trimestriel, le Q2 forecast pour être exact, car l’année fiscale de la boite commence le 1er juillet.

Des forecasts j’en ai déjà fait des tonnes, depuis des années.

J’essaie alors de donner un gros coup de bourre, assembler les chiffres, faire l’analyse, juger grosso modo de combien on va changer par rapport au budget initial et tout saucissonner dans une présentation power point pour le vice président.

Mais bon ce forecast je me dis ok je devrais pouvoir tout torcher en 4 jours … et comme ça je pourrai passer à un autre projet qui m’intéresse plus ….

Or malgré toute mon expérience passée, la tâche est beaucoup plus difficile que je ne l’avais espéré au départ et je finis pas passer 8 jours sur la préparation jusqu’au fignolage, soit le double de ce que je m’étais fixé.

Et puis, quelques jours plus tard, … pendant un tour en vélo je me dis

  • ah dingue en fait c’est exprès ….
  • C’est exprès que les choses ne soient jamais aussi simples que l’on aurait imaginé …. C’est toujours plus complexe …
  • Et c’est par désign, ainsi sont les choses faites;
  • C’est la volonté de Dieu de nous éprouver car ainsi nous pouvons à chaque fois essayer de nous améliorer et de mesurer notre petitesse, rester humbles … en restant humbles nous pouvons espérer grandir…
  • Ainsi Dieu, au ciel, se gratte les narines et lance sur nous des crottes de nez qui tombent sur terre, en tombant sur terre elles deviennent des rochers géants qui entravent notre chemin ..
  • A nous alors de déglinguer ces énormes roches, à coup de masse et de nous frayer un passage, pour continuer notre route.

Le mot du mois du temple et en faire un dessin

Merci aux lectrices et aux lecteurs pour leurs commandes de ma bande dessinée Retour Sur Terre.

Il m’en reste encore quelques exemplaires ….


Il y a un très joli temple bouddhiste dans notre hameau; et le prêtre bouddhiste est un sacré personnage. L’année de notre installation au village il nous avait épaté en organisant un concert de rock au temple… L’un des premiers articles du blog ce fut …

D’ailleurs, j’ai déjà dessiné le prêtre ici.

Et puis régulièrement il affiche des messages pleins d’humour et de sagesse, et je ne manque pas de les partager avec vous. 1 2 3 4 5 6 7

En plus de tout cela chaque premier jour du mois il envoie par IM sur LINE (équivalent de what s app)  »le mot du mois » 今月の言葉.

Ce 1er décembre il m’a envoyé:

Traduction:

Plutôt que de me plaindre tout le temps

Et de tirer les autres vers le bas (tirer par le pied)

Je veux montrer de la gratitude

Et les tirer vers le haut (tirer par la main)


Je trouve ce mot du mois formidable et ça me donne envie d’en faire un dessin …

que voici;