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Troc BD contre « wagashi » (pâtisserie japonaise)

Avec monsieur K qui vit dans la ville voisine nous avons fait un troc: ma Bande Dessinée, dans sa version japonaise bien sûr, contre des pâtisseries japonaises « wagashi » qu’il a faites lui même!

Monsieur K n’est pas un pro mais il a un don pour s’essayer et exceller à tous les domaines.

Ce qu’il a fait est superbe. Il a utilisé des haricots rouges azuki, des châtaignes, et du thé vert matcha.

Itadakimasu !!! (bon apétit)

Le remplissage du samedi

Sept heures du soir. Une journée bien remplie et pourquoi pas en faire le résumé.

MATIN

Lever vers 5 heures. Mon épouse est déjà levée et bricole. Petite heure tranquille dans la cuisine. Je bouquine les Illusions Perdues du père Balzac. Excellent traité de « business pour les naïfs qui montent à Paris » (c’est à dire qu’ils se font pulvériser). Voilà un roman qu’il est vraiment actuel et moderne.

Je ne prends pas de petit déjeuner, car depuis cet été je ne mange pas le week end. C’est à dire que je ne mange pas entre le diner de vendredi et le diner du dimanche. Comme j’ai du gras, je vois que ça ne me limite pas du tout.

Aujourd’hui il fera beau! Voila ce que je vois quand je sors de la maison.

7 heures trente. Je prends ma tenue de combat et mes bottes, et vais voir Sakichan à son atelier. Café. Il est à son atelier depuis 5 heures trente. On papote puis on se met au boulot. Dans le champ on récolte ce qui reste de gingembre. On pose aussi un petit tissu pour protéger les épinards, le colza (nanohana) et la moutarde brune (karashina) du froid qui commence à s’installer.

8 heures trente je retourne à la maison. Enfile un pantalon décent. Prépare une vingtaine de copies de la version JP de ma BD, je les mets dans une pochette plastique, ajoute un bandeau de papier explicatif. Sur une BD sur 10, je glisse un post it avec des oreilles de chat qui dépassent, pour faire la surprise, comme ici:

9 heures je parts et vais visiter un café salon de thé à vingt kilomètres au sud. La semaine dernière J’avais fait la rencontre par hasard de la cheffe de ce café et elle avait proposé d’y vendre des copies de ma BD. or tout a été vendu qu’elle m’a dit la veille, donc je vais y déposer un nouveau petit stock. Le café est dans un nouveau building et très bien arrangé. Il est situé juste devant une gare de train. Ils vendent aussi des légumes de leur production et la spécialité de leur village: des pousses de bambou en conserve. Je rencontre la responsable, dont je fais la connaissance et on discute pendant une heure. C’est vraiment sympa: grâce à mon projet de BD je rencontre des gens et sors un peu du village.

10 heures trente je suis de retour au village, et retrouve Saki chan à son atelier. Il va livrer du bois au camping du village, je le suis car mes BDs y sont également en vente, or ici aussi tout a été vendu! j’y vais déposer un autre stock de 10 copies.

Arrivés au camping on va voir un groupe de jeunes pas si jeunes du village qui ont organisé avec un couple de youtubeurs un « cours de cuisine au camping ». Je vais voir les youtubeurs on discute un peu topinambour et comment les préparer.

Cet évenement est organisé pour « revitaliser » le village et tout est vraiment bien fait … good job guys!!!

APRES MIDI

13 heures je repars cette fois pour aller voir Shin chan qui a un super café resto dans la ville voisine. Je veux y prendre un café, le café y est délicieux, et aussi offrir une copie de ma BD à Shin chan. Au resto il y a deux gars qui sont assis tranquillement et on fait connaissance. L’un est agriculteur l’autre travaille pour un fabricant d’outils de nettoyage. Deux personnages encore très sympathiques et on papote pendant une bonne heure au moins.

15 heures je suis de retour à la maison.

C’est bien joli de papoter mais j’ai besoin de bouger. Je remets ma tenue de combat et vais transporter de grosses pierres dans le jardin. Je les amène dans un petit coin où je fais comme une terrasse; cet endroit est sinon envahi de petits bambous et l’été c’est un cauchemar pour débroussailler. Pour transporter les pierres je teste un nouveau chariot bricolé récemment Ca marche très bien et c’est super pratique. Tout cela m’occupe pendant deux bonnes heures et je sue à grosses gouttes. Car il s’agit aussi de retirer de la terre; de la passer au tamis, d’amener cette terre dans le potager et de retirer de grosses racines pour pouvoir poser ces grosses pierres. Ce travail physique me fait un bien énorme.

18 heures

Eh oui! ne pas manger le week end allonge celui ci considérablement. Tout ce que j’ai pu faire dans cette seule journée, c’est aussi parce que je n’ai pas eu besoin de m’arrêter pour bouffer.

Qu’est ce qu’on va faire demain ? le matin je vais continuer à m’occuper des pierres. Je ferai ça sans doute en écoutant un podcast … ça va être cool. Puis j’irai faire quelques courses et en fin d’après midi on se retrouve chez Saki chan dans son atelier pour une petite fête. Son épouse aura amené des huitres. Nous amènerons des boissons et du fromage du pays basque reçu d’une lectrice ….

Toutes ces choses simples; ces rencontres, ces amitiés, et ces grosses pierres aussi, c’est que du bonheur….

La Fête des Ombres

Si vous suivez ce blog il y a une bonne chance que vous soyez branché(e) sur le Japon, et que vous soyez familier(e) avec Atelier Sentô. Si vous ne connaissez pas encore Atelier Sentô; c’est le moment de vous rattraper 🙂

Atelier Sentô c’est un duo, Cécile et Olivier, créateur de bande dessinées.

J’ai commencé à les suivre il y a quelques années, c’est alors au moment de la parution de leur première BD, ONIBI. Je l’ai lue fin 2016. Onibi est une histoire, le voyage initiatique de deux français dans un Japon rural et mystérieux …. dans la région de Niigata.

Le monde de Facebook est vraiment petit, je commence à les suivre. Peut être que c’est à ce moment que Cécile et Olivier commencent à suivre ce blog. Ils nous font l’honneur de likes et de commentaires!

Un peu plus tard je leur commande une petite lithographie en vente sur leur site. C’est la litho d’un jizo, petite statue bouddhiste. Depuis, la litho m’accompagne tous les jours au travail, que ce soit dans mon petit bureau ‘le plus petit bureau du monde‘ ou bien dans la maison de Madame M.

Le jizô fait par Atelier Sentô trône dans notre tokonoma. (La belle céramique n’est pas Japonaise, elle date de cent ans et vient de mon village des Charentes, non loin de Surgères)

La Fête des Ombres vient de sortir: c’est le premier tome de la dernière BD d’atelier sentô.

En voilà une couverture qu’elle est belle ! (photographié devant une petite maison faite par S.)

C’est un véritable régal. L’histoire se laisse développer, on découvre les éléments narratifs un à un: C’est très bien construit. Il y a du suspense ! Du mystère ! De la poésie!

Les couleurs sont formidables. Il y a beaucoup de douceur dans les dessins.

Le tome 1 se passe en automne et en hiver; dans la campagne japonaise.Chaque case est un festin pour le neuneuil.

Il y a des clins d’oeil tout à fait irrésistibles.

Comment ils ont pu saisir et restituer les sensations de la vie à la campagne au Japon, c’est assez incroyable.

L’année dernière, en septembre, Atelier Sentô m’a contacté: ‘comment dessiner l’intérieur d’un keitora?’ (petit camion que l’on voit partout dans la campagne au Japon) … Je suis devenu technical advisor , dis je à alors mon épouse, en bombant le torse … j’ai envoyé alors quelques photos de mon keitora …. que vous pourrez retrouver, dessinées dans La Fête des Ombres …. ha ha

Quelle joie d’avoir pû apporter un grain de sable à cet édifice … et d’être mentionné dans les remerciements à la fin du book…. !

Décidement gràce à ce blog nous faisons de belles rencontres.

Allez y! Faites chauffer les cartes bleues ! Il y en aura pas pour tout le monde !

J’ai montré la Fête des Ombres à mon ami S.: quelle est sa réaction? Est ce que la vie à la campagne au Japon est bien représentée ? Que pense t il des dessins ?

S. a tout de suite réagi à l’authenticité des dessins. La justesse des dessins des maisons. Tous les détails.

En page 24 il s’exclame c’est exactement comme ça que l’on épluche les kakis ici!!! En effet on ne découpe pas les fruits de la même façon d’un pays l’autre …

Il souligne l’exactitude du détail des tenons dessinés sur l’escalier en bois, en page 36.

En page 53 il tilte encore en disant qu’autrefois la salles de bains chez lui était exactement comme dans le dessin… à part que chez lui le couvercle de la baignoire était carré ….

C’est dingue comme soudainement tout est si proche … Atelier Sentô c’est des artistes…

Je suis allé montrer la fête des ombres à mon ami S. Il admire tous les détails et la beauté des dessins et des couleurs.
Ah! Ils ont dessiné les tenons de l’escalier !! C’est fou !! dit il.
Ah … Que ce camion parait confortable ….

J’ai montré le livre aussi à monsieur K qui lui aussi a immédiatement réagi sur cette magnifique salle de bains. C’était comme ça chez mon grand père dit il.

Le livre est très bien fait … c’est de la belle ouvrage… regardez ce clin d’oeil, avec les kakis; épluchés et mis à sécher sous le code barre …. C’est pas beau ça ???

Lu et approuvé par Wakame Tamago !!!! Dans son camion !!!

Les boules de feu

Comme tous les lundis matins on commence la semaine avec un café que je prends avec mon ami S.

Je fais un bon espresso; avec cette cafetière à pression italienne, et je l’apporte à l’atelier de S. où en général il se trouve, devant un petit feu et avec son chien.

Café Chien Feu, la bonne combinaison pour commencer la semaine de bon pied bon oeil.

Ah il était en train de retapper une vieille serpe.

Toute rouillée

Ces conversations; il faudrait les filmer. Les histoires qu’il raconte. Et puis aussi la beauté du dialecte local, le banshuuben. Le Japonais standard que l’on parle à Tokyo est devenu si ennuyeux à mes oreilles… Le banshuuben avec ses abréviations, ses intonations est si beau …

Pas la peine de dire que il y a 8 ans, quand nous quittions notre vie confortable et vide de Tokyo, pour nous installer dans le village; je comprenais très difficilement nos voisins. Mais alors lorsque plus tard j’ai fait la connaissance de S., qui parle une version plus prononcée du dialecte, je ne bitais rien du tout et je devais demander à mon épouse de tout traduire … Depuis j’ai fait de bons progrès et comprends 95 pour cents de ce qu’il dit (il faut toujours laisser une place pour l’inconnu, d’où les 5 pour cents)….

noter la transformation, qui selon S., lui a pris deux matinées.

Il y a deux jeunes qui se joignent à nous ce matin, c’est un jeune couple de photographes.

On parle.

S. raconte comment on brûlait les morts autrefois. On les mettait dans la position du foetus, et les plaçait dans une grande barrique en bois. On transportait le tout là bas, au bord de la rivière et y on mettait le feu. Il montre du doigt un endroit à 500 mètres, vers le sud.

Avant d’allumer le bûcher on distribuait des petits gâteaux aux enfants.

Parfois une fois le bûcher bien démarré, le corps se dressait tout droit dans les flammes; explique-t-il, cela faisait un peu peur…

Parfois aussi on voyait voler une boule de feu, ce qui correspond au départ de l’âme…

Voilà ces quelqus notes que j’ai prises mais il faudrait vraiment enregistrer tout cela … D’ailleurs pourquoi ce jour sommes nous tombés sur ce sujet, allez savoir .. peut être la présence inédite des deux photographes ?

Je retourne à la maison pour raconter ces histoires extraordinaires à ma femme, qui n’est pas surprise du tout et répond. Ben oui.

Toujours le champ libre (nougyoubu)

Ca fait du bien d’écrire … récemment j’expérimentais avec la vidéo …

Depuis le précédent article nous avons bien progressé dans notre projet de jardinage à (pour nous) grande échelle. En Mai nous avions fini de planter gingembre, patates douces, potirons, Yamato imo (une variété d’igname très recherchée), ko imo (dialecte local je crois, sinon c’est le satoimo ou: taro) et cacahouètes. C’est sur quoi nous nous sommes concentrés et ce que nous avons planté ‘à grande échelle’ (disons un rang complet pour chaque).

de gauche à droite; gingembre, légumes divers, cacahouètes, au fond Yamato imo et patate douce

En plus nous avons planté quelques pieds de tomate, concombre, piment, aubergine, pour le fun…

En fait les 800 mètres carrés du champ sont presque trop, et nous avons décidé de laisser une grande partie de cette surface presque intouchée, nous contentant d’y semer citrouilles et tournesols, à la volée.

Ce geste, de semer à la volée: voilà un geste magique qui a dû réveiller en moi des gènes enfouis bien profond. C’est une sensation de liberté et de puissance qui jaillit lorsque l’on fait ce geste !

Tous mes espoirs sont dans les cacahouètes qui ont fait un beau départ

Ce champ est une ancienne rizière et je me rends compte qu’il y a là un sacré avantage: il suffit d’ouvrir une trappe et l’eau de la rivière amenée par un canal d’irrigation en vingt minutes vient inonder notre champ. Plutôt pratique pour arroser.

Sachant la superficie, et le peu de temps que nous consacrons à ce projet (peut être une ou deux demi journées par semaine) les habitants du village qui ne manquent pas de bien observer commencent à se marrer…. en disant de façon ironique être impatients de voir comment les mauvaises herbes vont bientôt tout recouvrir ! Surtout, que, un peu têtu que je suis, je ne veux pas poser ces feuilles plastiques noires pour empêcher les mauvaises herbes …

Le Yamato imo est très lent à démarrer.

C’est que nous tenons à respecter quelques principes, et rester fidèles à nos idées; ne pas utiliser d’engrain chimique ni aucun produit insecticide ou quoique ce soit de toxique. Nous sommes des idéalistes…. On fait du bio !

Bon, je fais une concession, en mettant une feuille de plastique noir sur le rang du gingembre, en attendant que ça sorte …

Avec mon copain S. on a appellé ironiquement notre projet le nougyoubu ou club d’agriculture. 農業部, nougyoubu sonne très sérieux, a une connotation officielle alors que nous sommes simplement deux amateurs qui optent pour la non intervention ou l’intervention minimale….. nous y avons ajouté le préfixe ‘nonbiri’ (のんびり)qui signifie insouciant.

Le club d’agriculture nonchalant, insouciant. のんびり農業部 nonbiri nougyoubu.

Lui le charpentier et moi l’employé de bureau (à distance) nous formons une belle équipe de jardiners en herbe… Mais tout ça on fond c’est juste une excuse pour faire un projet ensemble ….

On verra bien ce que ça va donner. Peut on planter et récolter sur 800 mètres carrés en y passant seulement quelques heures par semaine… sans utiliser de produits chimiques … d’insecticides …

Pour enfoncer le clou j’en fais même un T shirt. J’ai hâte de le porter et de voir la réaction des voisins!

https://society6.com/product/club-dagriculture-insouciant_t-shirt

Le triangle vert reprend la forme du champ; triangle écorné. Les couleurs jaune et vert résonnent avec mon pseudonyme (wakamé algue et tamago œuf)… les quatre étoiles évoquent les quatre hameaux de notre vallée perdue….

Couper des cryptomères (YouTube)

Uploader cette vidéo sur YouTube prend un temps fou. Faudra que je voie comment obtenir un fichier moins lourd sans compromettre la qualité de la vidéo.

Hier toutes les conditions étaient réunies:

  • S. était libre.
  • Son chien tchatcha aussi était libre
  • Il faisait beau temps, pas de pluie.

Et le matin nous avions une très bonne lumière. C’était comme au printemps déjà, nous entendions le chant d’uguisus.

Nous avions déjà coupé quelques cryptomères dans ma petite montagne, mais je souhaite continuer à l’éclaircir. A certains endroits c’est encore assez sombre. Et puis je vais y planter quelques arbres, des mûriers.

L’année dernière j’y ai planté des ginkos. Cette année je vais planter trois, quatre mûriers…

Comme ces cryptomères font plus de vingt mètres de haut, il est beaucoup facile de les couper maintenant qu’après avoir planté de nouveaux arbres ….

Grand moment de bonheur, que de passer deux belles heures dans la montagne avec S. et de le voir au travail.

En tout il coupe sept cryptomères. J’ai une petite caméra GoPro avec moi et ça donne vraiment de belles images.

Au départ S est charpentier, et lorsqu’il était en pleine activité il allait couper les cryptomères qu’il utilisait pour construire les maisons de ses clients.

On pourrait aussi couper tous ces cryptomères d’un coup, pour y faire une grande plantation de mûriers etc mais on préfère y aller doucement:

  • garder des cryptomères pour jouer le rôle pare-vent pendant la saison des typhons
  • couper ces grands arbres qui ne nous ont fait aucun mal, c’est quand même un peu triste.

Quelques heures à Kobé

Kobé nous avons déjà visité et pris quelques photos, dans cet article.

Aujourd’hui j’y fais un tour, pour retrouver Francky mon ami, nous nous connaissons depuis 1988, putain ! Nos parcours depuis suivent les mêmes spirales, c’est étonnant, incroyabl’, région parisienne, Paris, Tokyo, Paris, Tokyo, et puis maintenant le Kansai où nous vivons tous les deux.

L’amitié apporte beaucoup à la vie mais je ne vais pas m’étaler là dessus, place aux photos.

A Kobé on marche facilement de la mer à la montagne

Au bord de l’eau on ne sait s’ennuyer il y a tant à observer.

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petite cahute dans le port.

Je ne le photographie pas mais juste à côté il y a bateau spécialisé dans les enterrements ou plutôt enmerements, car il disperse les cendres des défunts dans la mer intérieure du Japon.

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On embarque sur le nihon maru, bateau école.
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Vivent les mariés!
Voilà l’entrée d’une maison qu’elle a été vachement bien arrangée
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Sans doute le coin le plus beau et le plus émouvant de la ville, et je parie qu’il n’est dans aucun guide touristique!
Magasin de disques, comme autrefois
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Ca devient intéressant. Quartier avec quelques hôtels de passe, ou love hôtel. Dans un petit parc, ce lampadaire, mais quelqu’un a aveuglé une caméra de surveillance en la recouvrant d’un sac plastique.

A propos de caméras de surveillance, si, au beau milieu d’un quartier résidentiel vous voyez un bâtiment protégé par une multitude de caméras de surveillance, bingo, il y a de grandes chances qu’il s’agisse de locaux utilisés par les yakuzas. Pas trop loin de ce poteau on voit d’ailleurs une de ces maisons. La présence d’une voiture de police confirme.

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Franchement voilà un geste généreux, que de donner l’heure à tout le monde.

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Superbe. Admirer l’ordonnancement des outils et les couleurs, le jaune, le rouge, les oranges. Magnifique!

Poste de police de quartier.

Au Japon il y a toujours ces étincelles d’incongru, d’inattendu. C’est ça qui empêche les synapses de rouiller. Comme ici devant un poste de police de quartier avec les posters des criminels en cavale, un poster de recrutement … et un de star wars.

Un Arbre en cage

La bonne habitude du lundi matin

Voilà une bonne habitude.

Les lundi matins, pour commencer la semaine, je vais voir S. dans son atelier. C’est à 15 20 minutes à pied de chez nous.

J’apporte le café, car je suis le novice qui va voir son maître, le sensei. Lui a toujours du bon tabac dans sa tabatière.

On discute de la semaine à venir et des mouvements du monde.

Quand des villageois de passage se joignent à nous, ça prend plus d’une heure. Le lundi ici au Japon c’est encore dimanche aux USA, donc je n’ai pas de téléconférences: j’ai tout mon temps.

Dans ces discussions libres, il y a toujours tant à apprendre, que ce soit sur l’histoire du village, ou bien la vie de S., son enfance par exemple. Ou encore les arbres; comment les forêts ont changé ces vingt ou trente dernières années. C’est passionnant !

Quand S raconte ses souvenirs d’enfance je me croirais dans un livre, une manga. Il raconte comment les enfants allaient jouer dans les montagnes, comment c’était à l’école, avec les professeurs qui étaient revenus de la guerre (par exemple il y avait un professeur qui continuait à s’habiller comme un soldat), comment il a tué son premier sanglier, il devait avoir dix ans peut être, etc.

Que des aventures.

Voici quelques photos que j’ai prises sur le chemin de l’atelier de S., lundi dernier.

J’ai eu de gros soucis avec le boulot, plus tôt cette année. Je ne dirais pas que j’ai surmonté les problèmes; j’ai suivi la vague d’emmerdes, j’ai surfé sur les vagues de merdes au boulot…

Ces amitiés et la beauté du paysage m’ont énormément aidé dans tout ça.

Hop c’est parti !

Le ciel, Vers l’Est.
La maison avec le toit rouge doit avoir 130 – 150 ans. (Si ce n’est plus)
L’atelier de S. Quand il y a de la fumée je sais qu’il est là … un charpentier a toujours quelque chose à brûler
Vue de l’atelier de S.
Je ne me lasse pas du paysage
Des kakis
Le signe sur la route indique la proximité d’une école
Un sanglier de 120 kg s’est laissé prendre dans cette cage il y a deux semaines
Je retourne à la maison

Construction d’un garage

Le bureau de la coopérative forestière, dans le village, a commandé à mon ami S., charpentier, la construction d’un garage. Il s’agit de protéger des intempéries leur nouveau camion ainsi que d’autres équipements forestiers.

S. construit le garage avec des arbres (cryptomères) coupés dans notre vallée.

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Il s’agit de faire un garage qui expose la beauté du bois de la localité: Pour cela utiliser les troncs tels quels, en rondins, permet de mettre en valeur les belles courbes et toute la beauté du matériau.

sumitsuki, kizami

S., il fait les choses à l’ancienne. Les pièces de bois sont travaillées à la main.

Voilà quelque chose de très intéressant, et à chacune de mes visites à l’atelier de S., je prends des photos pour documenter l’avancée du projet.

A son atelier j’y vais très souvent.

Les lundis matins vers 7 heures, j’apporte le café et nous faisons le point sur la semaine qui commence et ce mouvement du monde qu’on ne peut plus arrêter.

Sinon de temps en temps je vais le voir en fin d’après midi. Son frigo dans l’atelier est toujours plein de bibine…

Les villageois s’étonnent d’ailleurs que je sois toujours fourré dans l’atelier de S. C’est pour écouter la bonne parole, réponds-je à chaque fois.

Ce projet de garage est conséquent. Les poutres dans la longueur du bâtiment font neuf mètres.

Le jour de la construction ou munéagé 棟上げ approche. L’assemblage de toutes les pièces de bois prendra en fait deux jours.

S. se fait aider des bûcherons de la coopérative.

Je prends des journées de congé pour me libérer du boulot et assister aux travaux et photographier tout celà. En deux jours; pas moins de 800 photos.

Car voir tout le monde travailler, dans la bonne humeur mais avec aussi une excellente coordination est un vrai spectacle. Les gars sont des pros.

Je ne me sens pas trop gêné de m’incruster comme ça pendant les travaux, personne ne m’a demandé de venir; mais personne ne me demande de partir … On m’offre même le café !

Pour moi ce sont deux journées merveilleuses. Ah les artistes ! Des hommes qui savent travailler et qui savent vivre !

Et T. le charpentier reconverti en bûcheron, quand il grimpe sur une poutre et qu’il tappe avec son maillet comme un malade, quelle classe.

Parce que pour qu’une pièce de bois entre dans l’autre, il faut tapper, il faut tapper.

Je me dis que pour les bûcherons, c’est un projet intéressant, de construire un bâtiment avec le bois qu’ils ont eux-même extrait des montagnes.

Ce garage; une fois assemblé, a un style du tonnerre.

S. a exploité avec goût les différentes courbes des troncs des rondins; et cela apporte au tout une dynamique qui ne laisse pas indifférent. Il y a un côté transcendant dans ce garage.

Des 882 photos je fais une sélection. Une bonne quarantaine.

J’en imprime un photo book que je vais offrir plus tard à S. et au big boss de la coopérative forestière.

L’idée du photo book c’est bien sûr remercier de m’avoir accueilli sur le chantier mais aussi passer le message; qu’un tel projet, et avec de tels gens, c’est beau. Et que ça vaut bien un petit livre.

Changer les pneus avec les poules

Le mois dernier je suis allé faire changer les pneus, pneus neige pour pneus pas neige.

On fait toujours ces changements avec un gros mois de retard, on fait mettre les pneus neige après les premières neiges, et les pneus pas neige quand le printemps est bien avancé.

Pour ce faire on va au garage de monsieur K, qui est un copain d’enfance de mon ami S. et donc on se connait un peu.

Son garage est bien arrangé et agréable comme endroit.

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Je pourrais attendre dans la salle d’attente, il y a du café à volonté, des petits biscuits et un joli banc en cryptomère fait par le charpentier du coin, mais je préfère aller les regarder travailler et observer tous leurs outils.

La salle d’attente est bien arrangée et accueillante
ces petits poissons; on les appelle médaka メダカ

Tous les équipements qu’il faut. Les démonte pneus sont italiens.

On entend le coq chanter, car K. a un poulailler juste à côté du garage, il doit y avoir une vingtaine de volailles.

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Je lance: Dis, il est en forme ton coq !

K: Ah oui ! tu veux un ou deux poulets ? je peux te les mettre dans le coffre et tu pourras les manger ce soir !

Qu’est ce que ça m’amuse qu’il dise ça. D’ailleurs chaque fois que je viens le voir il me propose de prendre un poulet avec moi … Ça me fait rire.

Ah les gens sont formidables.