Tagué: bouddhisme japonais
La sagesse des villageois se transforme en pépites d’or
Article connexe en Japonais ici
Je me suis fait tant de nouveaux amis et de nouvelles connaissances depuis notre installation au village.
Certes quand je me balade dans la vallée à pinces ou à vélo je salue tout le monde, et j’en profite souvent pour discuter un peu. C’est toujours l’occasion de me renseigner sur la vie au village autrefois, comment les gens jardinent etc …
Et puis aussi je suis souvent fourré dans l’atelier de mon ami Saki chan où les promeneurs eux aussi viennent faire une pause et taper la discute; que des occasions d’apprendre et de me renseigner.
Sans oublier de dire que la plupart des gens que je rencontre sont plus âgés, presque tous sont à la retraite (les jeunes eux pendant ce temps travaillent).
Et donc ainsi je peux profiter de la sagesse accumulée des « anciens », des ainés.
Pour moi leurs paroles, les histoires qu’ils me racontent, ce sont comme des pépites d’or, des petits morceaux précieux de connaissance.
Je marche sur leurs pas, et je ramasse les pépites pour les mettre dans ma besace….
Et de tout cela, j’en fais un dessin.

Tous les personnages dans le dessin sont « réels ».

1 Monsieur O, qui chasse chevreuils et sangliers avec style et compassion
2 Monsieur I, sensei de shakuhachi, la flûte traditionnelle en bambou
3 Mister F, grand connoisseur de littérature et de musique et qui partout où il va transporte un piano avec lui.
4 Un autre Mister F, un grand sage, qui a le talent d’arrondir les choses et de les rendre plus simples
5 Saki chan que vous connaissez déjà, si vous suivez le blog ou avez lu ma bande dessinée
6 Le prêtre bouddhiste du village; également amateur de rock punk
7 Monsieur K, qui a vraiment tous les talents et réussit tout ce qu’il entreprend (sport, construction, pizza, musique)
8 Madame E (elle est ausssi dans ma bande dessinée) qui est si gentille, et aime beaucoup les chats et les animaux
9 Madame T (elle est ausssi dans ma bande dessinée) dont l’humour noir me surprend toujours.
Festival de Taishi (II)
C’est la suite de l’article de la semaine dernière sur le festival de Taishi. Ici nous découvrons une cérémonie religieuse qui a lieu dans le temple. (temple bouddhiste d’Ikuraga, ville de Taishi).

Les hommes sont vêtus en yamabushis. Guerriers de la montagne.

Le prêtre entonne une longue prière. Un rythme fascinant qui prend le coeur comme un blues. C’est le soutra du coeur ou hannya shingyou 般若心経
A visionner sur youtube une version électro

Ce rituel auquel nous assistons a lieu depuis 4 siècles.





Ensuite c’est un adulte qui avec un sabre dessine dans l’air le caractère du dieu. Ensuite il dit; hama 破魔 comment traduire … ‘destruction du démon’
Il répète le geste quatre fois, faisant face à chaque côté du bûcher … couvrant ainsi les quatre points cardinaux.

En même temps j’admire la beauté du camion, on le croirait neuf. Au contraire des banlieues françaises, on ne jette pas de cailloux sur les camions de pompiers ici…. Nous sommes dans un pays civilisé!




lorsque l’on s’assied pour une pause, dans les chemins de montagne. Il y en a un qui porte ce qui est à mon avis une peau de anaguma. Les autres ont une peau de chevreuil.









Le sanctuaire de l’arbre sacré
Ce matin il neige encore et toujours. Vais voir l’arbre sacré, sa branche arrachée et tombée dans la rivière. Repérage pour quand je pourrai revenir avec ma tronçonneuse pour dépecer le bois en des morceaux transportables.
Au pied de l’arbre sacré donc il y a un sanctuaire. C’est une petite construction. Qui a été entièrement refaite il y a deux ans je crois.
A l’intérieur il y a des jizos de pierre. Je fais coulisser la porte et jette un coup d’oeil.
Un banc de chaque côté et un petit autel; avec cinq jizos, tous de taille différente. Deux bouquets de fleurs. Des offrandes (des mandarines). Et tous les ustensiles utiles pour la prière.
Au dessus des jizos, une planche de bois avec ces caractères えんめいじぞうそん 延命地蔵尊 Jizo de longévité.
La même ambience et tranquillité reposante que dans une chapelle à la campagne.
Dans cette petite pièce il y a persistante une odeur d’encens. Il y a donc quelqu’un qui vient prier ici régulièrement me dis-je.
Juste à cet instant arrive monsieur U. Il a toujours un beau sourire d’enfant. On se connait bien.
Il explique qu’il vient prier ici chaque matin.
Monsieur U explique qu’avec l’argent collecté dans le tronc, une somme importante, il a fait tout refaire par un charpentier de la ville voisine. C’est de la très belle ouvrage.
Chevilles. Poutres en cryptomère. Colonnes en cyprès. On regarde chaque détail de la construction et c’est super chouette me dis-je que monsieur U ait pris la peine et la responsabilité d’organiser tous ces travaux.
L’idée me vient, à écrire ces lignes, que je ferais bien de glisser un petit billet dans le tronc du sanctuaire, puisque j’ai l’honneur de pouvoir découper cette gigantesque branche, pour Calcifer notre poêle à bois.
Balade (temple sekizou-ji)
Dimanche. Promenade en voiture. Villes de Sasayama et Tanba, à 80 km à l’ouest de Osaka.
La fin de la route
Le chemin qui traverse le hameau avant de partir en vrilles vers les tréfonds de la montagne amène; entre deux ponts, à un groupement de tombes batties à flanc de montagne. Il y a un monument, indéchiffrable, pour ceux qui se sont fait tuer à la guerre.
Il y a aussi 6 jizos.
Jizo: http://fr.wikipedia.org/wiki/Ksitigarbha
Wikipédia me met face à face à mon ignorance, et explique que les jizos ne sont pas six par hasard:
Roku Jizō[modifier]
Roku Jizō signifie 6 Jizo. Une représentation très répandue au Japon, en particulier à l’entrée des cimetières, est constituée de 6 statues de Jizo, une pour chacun des 6 mondes Loka. À noter que le baton de Jizo porte généralement 6 anneaux, dont la symbolique est la même :
- Le Jizo qui visite l’enfer tient un bâton surmonté d’un crâne ou d’une tête humaine,
- le Jizo qui visite le royaume des esprits affamés (en) porte un bol de mendiant pour nourrir les affamés,
- le Jizo dans le monde des animaux tient une bannière
- le Jizo du royaume des asuras porte la triple joyau (cintamani)
- le Jizo du royaume humain porte un chapelet (Mâlâ)
- et le Jizo du royaume céleste des deva tient un disque solaire et un vajra.
A mon prochain passage, je serai beaucoup plus attentif, et nous essaierons d’identifier chacun des six.
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