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Tondo de 2020

Cette année aussi nous avons fait le tondo, avec les gens du village. Tondo de 2019 Tondo de 2016 Tondo de 2015

Donc on se retrouve pour faire brûler un énorme tas de branches etc.

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Purification en début d’année. Cette année il y a peu de monde. Les plus jeunes (les moins vieux), pompiers volontaires, sont d’astreinte.

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Le grand bûcher réchauffe bien ce dimanche matin. Mais où est passé l’hiver ? Pas encore la moindre neige cette année. Et si les matins sont froids, les journées sont très douces. Je questionne les plus anciens, 80 ans, personne n’a connu un hiver aussi doux ! On se croirait au printemps. Normalement on devrait se peler un peu les c….

Tout cela est inquiétant.

Le bûcher se consomme devant nous. On sort les bières. Les bouteilles de shochu.

Le sujet de Carlos Ghosn revient dans les conversations.

On discute aussi de yumemakura. Yumemakura: contraction de yumé (rève) et de makura (oreiller) et qui désigne un rêve au cours duquel apparait un défunt ou un esprit.

Un voisin avec les braises du bûcher se fait cuire un petit gâteau de riz (mochi). Il fait griller des petits poissons, et réchauffer du saké. La simplicité de cette combinaison. Saké. Poisson. Riz. Cette simplicité me frappe. Quelle beauté me dis-je.

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Faut être fort voyez vous pour arriver à un tel niveau. Une personne ordinaire aurait amené des chips ou des cacahouètes.

Savoir s’arrêter à l’essentiel.

Pour finir, ‘taifu’ de Happy End. (From the 1972 Kazemachi Roman album)

1er janvier 2020, promenade

Ce 1er janvier nous allons faire une belle promenade dans notre vallée.

D’abord nous allons voir le sanctuaire shintô de notre vallée. Suite à la chute d’une grosse branche le toit a été refait.

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Nous allons ensuite au fond de la vallée, revoir l’arbre à caramel. C’était une grande découverte de 2019, l’arbre à caramel que l’on peut admirer ….

C’est un endroit magnifique que l’on gagne après avoir laissé le camion et grimpé un chemin à moitié défoncé qui s’élance à pic dans la montagne.

L’idée me traverse la cervelle que, après avoir visité le sanctuaire où l’on prie les dieux, nous allons saluer le dieu directement.

L’arbre à caramel est toujours là, comme une fleur géante ses bras pétales pointent vers le ciel.

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Aux pieds du géant une jungle de mousses
Si l’on prête l’oreille on peut les entendre chanter…
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Plus tard nous redescendons, regagnons un hameau à moitié abandonné et allons voir un autre sanctuaire shintô.

Il se fait sombre et la photo ne donne rien
Encore un endroit formidable mais difficile à capturer en photo
Il y a beaucoup de très beaux coins dans notre petite vallée !

Plus tard la lumière se fait rasante et permet ceci:

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La beauté de la nature qui nous entoure et la beauté des villages, des sanctuaires que des générations ont construits et entretenus continuent de nourrir nos coeurs et nos neuneuilles.

2020

Le 31 au soir, hier, nous nous sommes réunis au temple du village.

L’association des ‘jeunes’ du village a installé devant le temple deux bûchers où un feu bien alimenté offre un peu de chaleur. Il y a des boissons. Des saucisses et de l’oden. Une radio diffuse de la musique. On peut faire sonner la grande cloche. Les enfants n’y vont pas de main morte.

Cette année il fait beaucoup moins froid se dit-on.

Les villageois arrivent en grappe, certains sont de retour de Tokyo pour les fêtes. On discute librement avec tout le monde. Oh là que tout le monde est zen. Me souviens quand j’étais venu au temple comme ça il y a 7 ans j’étais tout excité…

On est très calme, détendu.

Bonne année et meilleurs voeux !

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La bonne habitude du lundi matin

Voilà une bonne habitude.

Les lundi matins, pour commencer la semaine, je vais voir S. dans son atelier. C’est à 15 20 minutes à pied de chez nous.

J’apporte le café, car je suis le novice qui va voir son maître, le sensei. Lui a toujours du bon tabac dans sa tabatière.

On discute de la semaine à venir et des mouvements du monde.

Quand des villageois de passage se joignent à nous, ça prend plus d’une heure. Le lundi ici au Japon c’est encore dimanche aux USA, donc je n’ai pas de téléconférences: j’ai tout mon temps.

Dans ces discussions libres, il y a toujours tant à apprendre, que ce soit sur l’histoire du village, ou bien la vie de S., son enfance par exemple. Ou encore les arbres; comment les forêts ont changé ces vingt ou trente dernières années. C’est passionnant !

Quand S raconte ses souvenirs d’enfance je me croirais dans un livre, une manga. Il raconte comment les enfants allaient jouer dans les montagnes, comment c’était à l’école, avec les professeurs qui étaient revenus de la guerre (par exemple il y avait un professeur qui continuait à s’habiller comme un soldat), comment il a tué son premier sanglier, il devait avoir dix ans peut être, etc.

Que des aventures.

Voici quelques photos que j’ai prises sur le chemin de l’atelier de S., lundi dernier.

J’ai eu de gros soucis avec le boulot, plus tôt cette année. Je ne dirais pas que j’ai surmonté les problèmes; j’ai suivi la vague d’emmerdes, j’ai surfé sur les vagues de merdes au boulot…

Ces amitiés et la beauté du paysage m’ont énormément aidé dans tout ça.

Hop c’est parti !

Le ciel, Vers l’Est.
La maison avec le toit rouge doit avoir 130 – 150 ans. (Si ce n’est plus)
L’atelier de S. Quand il y a de la fumée je sais qu’il est là … un charpentier a toujours quelque chose à brûler
Vue de l’atelier de S.
Je ne me lasse pas du paysage
Des kakis
Le signe sur la route indique la proximité d’une école
Un sanglier de 120 kg s’est laissé prendre dans cette cage il y a deux semaines
Je retourne à la maison

Encore des récoltes

Le jour suivant; j’ai décidé d’aller faire une grande promenade. Une balade jusqu’au fond de la vallée. Trois heures de marche à peu près; à bon pas.

En chemin, je passe devant chez un voisin.

Prends donc mon chien avec toi, et j’irai le reprendre en camion à mi chemin.

Quelle bonne idée me dis-je.

Mission impossible ? Prendre une photo au Japon, sans câbles électriques

La chienne Tchatacha est visiblement très contente d’aller faire un tour ! Elle ne se fait pas prier.

On traverse un hameau, arrive à une route qui serpente et monte dans la montagne. Une petite demie heure. Le maître de Tchatcha passe en camion la reprendre comme prévu et je continue mon chemin, seul.

La route grimpe sec. Partout la végétation. J’arrive à un barrage. La route continue, il n’y a pas âme qui vive sur 30 minutes. La vue à certains endroits est bien dégagée sur le lac du barrage et les montagnes.

La verdure nourrit les yeux

C’est superbe. Puis la route arrive à l’aurée du dernier hameau de la vallée, après c’est un cul de sac. Je croise deux copains en camion.

jitensha médéta ? t’as cassé ton vélo ?

自転車めでた?

めでた; médéta signifie casser(é), un terme du patois local, en japonais standard on dirait kowareta.

Les deux gars sont en grande forme, à l’arrière de leur camion on distingue les restes d’une carcasse de sanglier qu’ils viennent de dépecer: ils s’en vont larguer les os quelque part. C’est pas tous les jours qu’on peut prendre un sanglier. Ils ont dû le prendre dans un piège, en fait une grosse cage en métal et dont la porte se referme sur l’animal qui s’y sera aventuré par excès de gourmandise.

Au fond de la vallée il y a une sorte de camping j’y fais un petit tour pour constater qu’il y a beaucoup de ‘touristes’, et combien l’air de la montagne et la nature leur font du bien. Cure de desintoxication.

C’est le moment de faire demi tour. Quelques photos.

Chaque fois que je me balade dans le coin j’ai l’impression d’être en France, la sensation d’espace peut-être
Ca devient grandiose …

La route redescend et retrouve un hameau.

C’est là que la magie du marcheur se produit….

Quand on est à pied; on est accessible, on est près des gens.

La voiture a créé une distance … pour s’arrêter; descendre de sa bagnole et aller discuter avec quelqu’un il faut être super motivé… Il est beaucoup simple de continuer sa route sans s’arrêter, au pire on fait un petit signe de la main.

Mais là je suis à pinces et un groupe d’habitants au bord d’une rizière me fait signe. Ils sont en train de récolter le riz. Je me rapproche, on se dit bonjour, on me tend une canette de bière.

Il y a la mister S, et la famille M. Ils récoltent leur riz sur trois rizières.

Les travaux des champs
Hey Wakamé Tamago!!!!

Mister Y un peu comme moi, est venu simplement, pour voir ce qu’il se passe. Donc il y a quatre personnes qui s’activent avec les machines et dans les rizières, et six autres qui sont assises tranquillement sur le bord du chemin et regardent ce qui se passe.

Regader les gens travailler … j’adore !!!

Il y a là un petit air de fête. On regarde les travaux et observe les différentes manoeuvres. C’est passionant de regarder les gens travailler.

On doit avoir l’impression d’avoir touché le jack pot …

La récolte se fait dans trois rizières. La moissoneuse pleine, il déchargent les grains de riz dans un camion keitora.

Le riz récolté et sorti tout frais de la moissoneuse. Il faudra ensuite en décortiquer la balle.

Récolter le riz, voila un moment de bonheur et de joie. Tout le monde la est heureux, c’est clair.

Toutes les choses prennent leur sens.

Quelle chance de pouvoir gouter ce moment en bonne compagnie.

La récolte du riz

Il fait encore chaud mais ce n’est plus la chaleur ultra humide dans laquelle nous avons cuit, dans l’étuve comme des gyouzas, ces deux derniers mois.

Dans le village, on a commencé à récolter le riz. C’est beau de voir les gars qui s’activent dans leur champs, le riz et le paysan ont bien travaillé. Il y a un résultat.

il y a un petit criquet sur les épis de riz

Je me balade dans le village, et vois un gars qui vient de récolter le riz de sa rizière, il charge son camion, sa moissonneuse a rempli déjà une belle douzaine de sacs.

Autrefois, m’explique-t-il, après la récolte du riz, on plantait du blé. On produisait ainsi deux récoltes chaque année, c’est ce que l’on nomme le nimousaku. 二毛作 Le blé est désormais importé, les prix sont très bas. On fait encore du riz, pour continuer la tradition et parce que le prix du riz est fortement protégé par des taxes à l’importation.

Quatre heures de l’aprèm on est déjà à l’ombre

On voit bien comment l’importation du bois, du blé, a tout foutu en l’air dans les campagnes japonaises, et donc, les gens sont partis vivre en ville. Pour pouvoir vivre de la récolte du riz il faut disposer de sacrées surfaces. Dans notre vallée montagneuses, ce sont des retraités ou bien des salariés qui font du riz; c’est un passe temps plutôt qu’un business.

C’est dommage de ne pas faire deux récoltes, car maintenant, une fois le riz récolté, la terre est laissée toute nue exposée aux éléments pour de très longs mois. Bonjour l’érosion et l’appauvrissement des sols. Et puis les vers de terre, ils ont pas contents c’est sûr … Si on pensait plus du point de vue des vers de terre on ferait moins de conneries.

La promenade continue.

Au détour d’un chemin je vois un très beau keitora. (keitora; ou ‘camion léger’, indissociable des campagnes japonaises, fiable, maniable, serviable, ici on ne peut pas vivre sans ….) Il est neuf! C’est un Honda. Les keitora Honda sont réputés; le moteur est monté à l’arrière. Ce qui permet de les charger à fond, bien au delà des 350kg max réglementaires.

Il n’y en a pas tant que ça, de jeunes beautés

Tiens un gars arrive c’est le propriétaire de ce magnifique bolide. On discute … voilà dans le village, on discute avec tout le monde et il y a toujours un sujet de conversation à portée de la main.

Je demande si je peux le prendre en photo avec son nouveau camion…

L’heureux propriétaire

Il dit: il va me durer vingt ans !

Cell ne m’étonne pas, le mien a 18 ans et fonctionne à merveille.

Vivre (et mourir) au village

Il y a quelques semaines c’était la fête du obon. (obon: festival bouddhiste japonais honorant les esprits des ancêtres). Tous se retrouvent dans la salle des fêtes pour des danses etc. Il y a des petites choses à grignoter; à siroter, et ensuite un bingo pour le plaisir des petits et des grands. Une centaine de personnes.

Les familles parties vivre loin, à Tokyo, Nagoya, Osaka etc sont de retour pour quelques jours. Tout d’un coup, il y a beaucoup d’enfants dans le village. Beaucoup de têtes inconnues aussi.

Ça faisait longtemps que je rêvais de faire quelque chose, pour marquer le coup et pour remercier les gens du village qui nous ont accueillis il y a sept ans maintenant.

Cette fois-ci je me suis lancé, et j’ai fait un petit stand de crêpes. On a installé le stand de crêpes dans l’entrée de la salle des fêtes; personne ne pouvait le manquer.

Deux types de crêpe au menu: glace à la vanille et blueberries, ou flambées au rhum.

Les gens bien sûr ne s’attendaient pas à voir un stand de crèpes (j’avais quand mème demandé l’autorisation au préalable au chef du village), c’était amusant de voir leur surprise.

Ca s’est très bien passé. Les enfants faisaient la queue pour les crêpes. Et visiblement ils étaient très contents.

Les flambées au rhum ont eu du succès aussi, auprès des adultes.

Faire ce petit projet a demandé pas mal de préparation, j’ai fait plusieurs essais quatre week ends de suite pour ajuster la recette et obtenir la pâte adéquate. Il a fallu aussi construire un stand. Mais quelle satisfaction quand ça se passe bien.

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Dans les rizières le riz continue de pousser.

La semaine dernière un voisin, Monsieur T., est décédé.

Il est décédé à l’âge de 82 ans, après une longue hospitalisation.

Le soir, comme il est de coutume lors des décès, nous avons rejoint les autres villageois pour aller saluer Monsieur T et sa famille.

Nous entrons dans une très belle maison. L’épouse du défunt nous attend dans la grande entrée, avec ses enfants.

La dépouille de Monsieur T dort dans la pièce principale, sur les tatamis.

Derrière lui il y a un autel bouddhique. Une pastèque (du jardin) y est déposée en offrande. Dans cette pièce je remarque avec plaisir des bibliothèques emplies de livres et un beau piano. Il y a aussi les photos des ancêtres.

Nous sommes assis sur les tatamis, avec les autres voisins, autour de monsieur T.

Madame T nous décrit les derniers moments, comment tout s’est emmanché. Elle évoque les maladies et leurs complications qui avaient pointé le bout de leur nez il y a quelques années. La fille de madame T passe en silence et nous offre une tasse de thé.

J’écoute et j’observe, je regarde toute l’assemblée, et je me dis

ah je suis au Japon.

Vivre au Japon: c’était mon rêve depuis que j’avais 16 ans. Là, j’y suis vraiment. Y a pas de retour possible. Sur ce point de vue on a bien réussi.

Le lendemain, les pompes funèbres locales viennent prendre la dépouille de monsieur T pour la transporter jusqu’au lieu d’incinération.

C’est à 16 heures; nous nous retrouvons tous encore; à la sortie du village. Monsieur T a été porté jusqu’au corbillard.

C’est ce que l’on appelle le shukkan (出棺), le départ du cerceuil.

Le corbillard avant de partir fait sonner son klaxon, un klaxon spécial, au son doux et grave qui s’étend sur de très longues secondes.

Les grains de riz sont bien formés mais il faut encore attendre pour la récolte

En bonne compagnie

C’était un week end récent, on a passé beaucoup de temps avec les gens du village et c’était formidable.

Samedi le matin rendez vous au fond de la vallée dans un petit hameau, où ne vivent plus qu’une dizaine de personnes …

Un temps magnifique

Il s’agit de la préparation d’une future fête aux flambeaux. Ça a lieu chaque année, en juillet. et ce samedi on se retrouve pour préparer les flambeaux.

D’ailleurs à écrire cet article je me rends compte que le mois dernier on s’était retrouvés pour aller en montagne chercher des troncs de pin.

On commence par affûter les haches courtes; ‘yoki’.

J’observe ces gestes avec beaucoup d’attention. Des pierres à affûter il y en avait ainsi dans chaque hameau.

D’autres s’affairent autour d’un fendeur de bûches.

Le fendeur de bûches en action

Il faut emplir les flambeaux de faisceaux de bois (du pin car celà brûle très bien).

Monsieur A est peut-être dans le club des nonagénaires.

D’autres fendent du bois.

Un bon coup de hache !

Les habitants de ce hameau sont âgés. Le plus jeune a 70 ans. Mais ils ont tous une bonne pêche.

Entre ces montagnes de sagesse je barbote comme un petit poisson rouge.

Ils sont bien contents qu’avec quelques autres du village en bas nous venions donner un coup de main.

La préparation des flambeaux est super rapide, et bouclée en une petite heure. Commence ensuite un gros barbecul, avec de la viande de sanglier et de chevreuil, chassés récemment, et les légumes des potagers.

Le hameau est formé par un petit groupe de maisons; la plupart sont vides, malheureusement. Mais c’est vraiment un endroit magnifique, sur 360 degrés des montagnes couvertes de forêt nous surplombent.

C’est à la bonne franquette; les boites en plastique pour les poubelles serviront de chaises.

avec ces petits morceaux de pin le feu prendra vite

On passe un excellent moment.

On s’installe dans un petit hangar; là où ils gardent du bois et dépècent les chevreuils.

C’est une joyeuse assemblée
D’ailleurs la chaine et les crochets servent à attacher les chevreuils attrapés. Au menu, chou du jardin, viande de chevreuil et de sanglier, quelques autres légumes. Plus tard quelqu’un amènera des onigiris. A noter également la belle charpente.

Les blagues et les bons propos fusent de toute part. Les gens ont de la répartie. Quelle bonne humeur. Depuis pas mal de bière a coulé sous les ponts et je ne me souviens plus beaucoup des sujets de conversation….

Comment on prépare le chevreuil est évoqué…. On parle aussi de la dépopulation… Et des initiatives en cours pour mieux faire connaitre le village et, éventuellement, attirer de nouveaux habitants. J’ai pas mal oublié.

Un voisin qui ne boit pas nous ramène gentiment chez nous plus tard.

Explorer la vallée

J’ai repris le vélo! J’avais arrêté un peu, trop de boulot. Mais j’y retourne, au vélo.

Aujourd’hui il a plu. La pluie a cessé mais des nuages sont toujours accrochés dans les cheveux des montagnes. Je pars faire un tour.

Le riz a été planté

L’occasion d’explorer un coin de notre vallée où je ne m’étais jamais attardé.

C’est un petit hameau d’une vingtaine de maisons dans un endroit très encaissé, enfermé presque dans la montagne.

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A peine cinq minutes à biclou, mais c’est vraiment magnifique.

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Hanami au village

Cette année encore, ce dimanche les habitants du hameau se sont retrouvés pour faire un hanami: un grand pique nique, sous les fleurs des cerisiers.

Il faisait beau. Les cerisiers en fleurs étaient de toute beauté.

On se groupe par quartier ourinpo, soit un groupe de dix ou douze maisons. C’est le chef de rinpo de l’année qui arrange les boissons, thé, bière, shochu et les bentôs.

La maison de retraite amène une camionnée de vieillards, on les pose délicatement sur des chaises, ils sont bien, là, sous le doux soleil, et avec les employés ils entonnent des chansons d’enfants.

Monsieur K, conseiller municipal, prend sa retraite cette année. Il vient nous présenter son remplaçant, lequel; il faut remarquer, porte un costume trois pièces.

Sur la pelouse on déploie une grosse moquette et puis zouh des tables basses, quelques bancs, et c’est parti. Oh le bentô est magnifique! C’est un bentô à trois mille yens ça !

La bière se boit toute seule.

On parle de tout ou presque, du nom de la nouvelle ère, du manyoushu, ce recueil de poèmes du 8è siècle qui l’a inspiré, et du nouveau projet du voisin, avec ses plantations de vigne.

Ceux qui ont été malades parlent des opérations qu’ils ont subies. On s’attarde aussi sur les événements récents du village. L’installation d’une nouvelle famille.

Les enfants jouent. Ils découvrent dans un fossé le squelette d’un chevreuil. Ils ramassent les os, et les installent sur les branches d’un arbre. Un crâne, quelques tibias. Intéressant de voir comment cela amuse les enfants.

Le matin j’avais préparé des crêpes, elles reçoivent bon accueil, c’est un dessert bienvenu.

Je fais deux tailles de crêpes. Et les prépare à la maison, un peu comme des sushis, ou des onigiris. pâte à tartiner au chocolat, ou au café.

Une fois les bentôs terminés on s’en va butiner d’une table à l’autre, pour discuter avec les autres quartiers. On sort les bouteilles de shochu, cet alcool de patate douce. Les hommes et les femmes forment des groupes séparés.

Je fais la connaissance du petit fils de monsieur O, il a un an et est très mignon.

Un voisin qui travaillait pour une société de chemins de fer avoue; après des verres de shochu, avoir fait monter une jeune femme une fois dans sa locomotive. Il travaillait alors dans le fret. C’est génial!

Bien sûr tout le monde a ses soucis, petits et grands, mais sous les fleurs de cerisiers, on les oublie et on passe tous un excellent moment.

J’apprécie ce savoir vivre, ce savoir vivre ensemble que m’enseignent les voisins, dans leur grande générosité.