Tagué: village japonais

Grosses pluies la semaine dernière

Il y a eu de grosses pluies la semaine dernière ici comme dans de nombreux autres coins du Japon.

Notre maison est juste à côté de ce qui est en temps normal un petit cours d’eau mais avec les grosses pluies celui ci s’est transformé en un énorme torrent.

On a dû suivre la situation de très prêt. Certains habitants de notre hameau ont préféré passer la nuit en sécurité à la mairie.

Comme nous sommes dans une vallée il y a toujours le risque d’un glissement de terrain qui pourrait aller droit dans une maison ou encore faire détourner la rivière ou la bloquer temporairement.

Heureusement les pluies se sont calmées un peu; la rivière était vraiment déchainée. Si la pluie avait continué … on aurait peut être dû évacuer nous aussi… Mais comment faire avec les chats Minou et Scotch ? Les abandonner à leur sort ?

Encore nous avons eu de la chance; dans le village aussi et dans la vallée il y a eu très peu de dégâts.

La présence de ces catastrophes naturelles nous rappelle combien tout peut tenir à petit fil. Bonne leçon d’humilité.

Le hameau est traversé par un canal d’irrigation pour les rizières; ce canal lui aussi était à capacité maximale et sur le point de déborder. des nombreuses pierres sont venues le bloquer par endroit, avec des branches d’arbre etc; c’était ric rac.

Dans tout cela on constate plusieurs choses.

  • J’ai tendance à paniquer. Par contre mon épouse est calme comme un bouddha en pierre.
  • Les voisins aussi savent rester zen.
  • Il y a une bonne organisation. Les pompiers passent en camion plusieurs fois pour voir comment ça se passe. Ils passent aussi distribuer des sacs de sable pour retenir l’eau là où ça pourrait déborder.
  • Le village comme tous les villages est équipé d’un système d’annonce avec des hauts parleurs, ainsi la mairie peut tenir la population informée du niveau d’alerte et des risques. En l’occurence la mairie a recommandé aux personnes âgées d’aller se réfugier à la mairie.
  • J’ai vu le chef du village passer plusieurs fois en voiture pour se tenir informé
  • Après le jour de tempête c’est aux villageois de nettoyer, dans ce cas c’était aux villageois de dégager le canal d’irrigation encombré de pierres et de terre. Le jeudi après midi je fais ça avec mon voisin; çà nous prend trois bonnes heures.
  • On voit ici un risque; les rares jeunes adultes qui bossent encore sont pendant la journée au bureau ou à l’usine. Je suis le seul ‘jeune’ à être au village dans la journée comme je bosse à la maison. Cette fois ci nous n’étions que deux disponibles pour dégager le canal, avec l’aide de ma voisine madame M et ses 82 ans.

Un Beau village le long de la Route n29

Ici je veux vous présenter un petit village dont nous avons fait la découverte dimanche dernier.

Juste au bord de la route nationale 29 qui traverse du nord au sud le Japon; plus précisément en connectant la ville de Himeji à la préfecture de Tottori au nord.

Route pittoresque car une grande partie du pays traversé est montagneux. on passe au pied du mont hyono qui fait 1500 mètres c’est quand même pas ridicule.

On a trouvé ce village vraiment par hasard, en passant en camion. L’étroitesse de la vallée perpendiculaire où il se planque nous a tout de suite intrigués.

Vous pouvez trouver l’endroit sur google: Wakasa, Yazu District, Tottori 680-0735

C’est très mignon. Il y a quoi, trente maisons en tout ? Elles sont de chaque côté d’un chemin goudronné qui serpente et se hisse jusqu’au fond de la vallée.

Certaines maisons sont assez récentes mais le tout a beaucoup de caractère.

L’histoire de ce village est particulière: Ce sont des membres du clan Heiké qui chassés au 12è siècle sont venus se réfugier dans ce coin.

Leurs descendants vivent toujours dans ce village. Et il faut souligner que toutes les familles qui y habitent portent ce nom: heiké. J’ai vérifié en lisant les noms sur les maisons.

(dans notre village aussi il y a des descendants du clan des Heiké qui ont fuit à la même époque)

Si l’on va jusqu’au fond de la vallée on peut admirer un énorme rocher, sous lequel les ancêtres du clan heiké se sont réfugiés … Ils y ont creusé une sorte de grotte dont je n’ai pas pu trouver l’entrée et s’y sont cachés pendant vingt ans, dit on sur la pancarte.

Il faut imaginer tout celà: il n’y avait pas internet ni de playstation même pas amazon à l’époque; comment faisaient ils, au douzième siècle ?

… je plaisante … c’était certement très bien le 12è siècle, y a pas de raison.

Au fond de la vallée le chemin mène à l’ancienne caverne que les fugitifs de heiké ont creusée avec leurs dents.

L’endroit est absolument superbe et on croirait se diriger vers le gros arbre où Totoro aime faire la sieste l’après midi.

L’endroit est superbe et je me dis que ce serait féérique comme celà partout ailleurs si le Japon ne s’était pas lancé dans la plantation massive de cryptomères il y a cinquante ans! De la belle forêt comme celà on en mangerait.

Cette belle pancarte nous informe de la présence d’ours exhibitionnistes.

Ensuite on redescend et retourne sur le hameau.

Belle récolte d’ail.

J’adore ces villages tarabiscotés !

Et la présence de l’eau change tout.

Les fleurs blanches c’est du sarrasin (pour faire du soba). excellent engrais vert qui fixe l’azote.

Un escalier en pierre grimpe assez sec et mêne au sanctuaire shintô qui protège le hameau. A l’époque Heiké ce devait être un bon endroit pour s’y planquer et faire le guet.

Car la vue est bien dégagée.

Au dessus on distingue une bâtisse très modeste qui ressemble à un garage où l’on garde un motoculteur.

La région reçoit beaucoup de neige l’hiver. Enormément de neige.

Je tire la chevillette, et la bobinette choit.

En réalité cette bâtisse très modeste, c’est le sanctuaire. C’est la première fois que je vois un tel sanctuaire; aménagé ainsi tel une pièce d’habitation.

On redescend.

Mais je m’arrête pour admirer cette scène éternelle. Ce petit potager. Installé au pied d’un jizo. Et la vieille paysanne qui sous le regard protecteur de celui ci œuvre en silence.

Quelle belle promenade. La beauté de ce village; la patience et la tenacité de ses habitants me touchent.

Tout celà inspire le respect.

Mais c’est le moment de reprendre la route. mais d’abord; admirons ce beau camion tout neuf. Quelle belle couleur. Quelle classe.

Efforcez vous d’entrer par la porte étroite

Cet après midi nous faisons un tour le long de la route nationale 29 qui relie Himeji à Tottori. Route nord sud qui traverse le Japon dans cet axe et connecte la mer intérieure au sud à la mer du japon au nord.

Nous faisons plusieurs belles découvertes en chemin. Un village extraordinaire, une magnifique cascade et un temple construit dans une grotte.

Tout ça en moins de 70 km c’est pas mal !

Le Japon est très compact … dense !

Et le Japon nous réserve des surprises ! Des choses que l’on n’oserait pas imaginer …. Comme cette inscription en Français, à côté de la route:

Cette inscription semble sculptée dans une bande de béton qui retient une rizière. C’est en pleine campagne ! Pas de ville à l’entour. On est juste à la sortie d’un petit village où il devait y avoir moins d’une centaine de maisons.

La porte étroite c’est le book de Gide et donc sans doute la raison pour laquelle cette citation est en Français ici et pas en Japonais.

Mais c’est une citation de l’évangile. Luc XIII.

Un gars demande à Jésus si beaucoup de gens atteindront le salut.

Jésus lui répond: ‘Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas’

Gide dans son livre cite le même passage.

Sur la route avec ma femme on parle de cette citation.

C’est pas le même contexte mais je dis qu’il revient à chacun, avec son travail, sa persistance, à construire son propre chemin, qui mènera à sa propre porte étroite.

Il y a bientôt dix ans notre porte étroite donnait sur le petit village où nous sommes venus nous réfugier et commencer une nouvelle vie, à la campagne. Nous y avons trouvé beauté, sécurité, amitiés. Ce village a été notre salut!

Encore un beau coin !

Il suffit de se balader dans les campagnes un peu reculées, loin des industries pour trouver des villages magnifiques.

Encore un exemple: samedi nous avons fait un tour, dans une vallée plus au nord et avons fait la découverte de ce beau sanctuaire shintô.

Point de vue architectural, la construction est très simple; plus dépouillée et moins raffinée qu’ici.

Par contre l’endroit est absolument splendide, car on est tout de suite dans une atmosphère magique qui nous connecte aux mondes anciens des hommes et au monde immuable de la nature.

Le plus important c’est les arbres; sacrés, la construction du sanctuaire parait, somme toute; secondaire.

C’est pour ces expériences que je vis au Japon. Car ces moments, ces rencontres me touchent au plus profond. Ca résonne!

Approchons nous. Le shishi, le lion, monte la garde.

A l’intérieur de vieilles peintures sur des planches de bois. Cela semble très ancien.

Détail de la peinture de gauche. Elle date de Meiji (19è)

Admirer les détails des plumes et de l’écorce du pin sur la droite. On note aussi l’arc.

Celle ci date de Taisho. (début 20è). La scène est plus complexe. Les joueurs de tambour. Un joueur de cymbales. Des danseurs. Sur la droite on dirait un tengu. Qui est le personnage qui apparait dans la nuée bleue ?

Ici deux choses exceptionnelles:

un arc ancien.

Et une caméra de vidéo surveillance qui est dirigée vers le tronc des aumônes (par sur l’arc antique)

Plein les yeux!

Comment ça va; chers amis.

Il a plu toute cette journée de samedi, jusqu’au début de l’après midi en vérité.

Le soleil a pointé le bout de son nez vers quatre heures et nous avons décidé d’aller faire un tour et d’aller promener le chien du voisin.

Ca nous en a mis plein les yeux avec une magnifique lumière et ces belles couleurs du printemps!

Il y a des moments comme ça où tout est très beau!

Les chiffres du corona remontent ici même si comme ordre de grandeur le nombre de cas par tête de pipe semble être le vingtième de ce qui est décompté en France mais les chiffres ici sont sans doute sous estimés.

On a l’impression d’être au même point que l’année dernière et de ne pas être plus avancé….

Voici quelques photos prises cet après midi; dans une partie de notre vallée.

Récolter des ginnans

Ginnans, ce sont les petites boules jaunes vertes que vous avez peut être déjà mangées dans un restaurant de type izakaya.

Techniquement ça n’est pas un fruit, mais disons que c’est la noix du fruit du ginkgo. Cet arbre souvent majestueux que l’on nomme en japonais ichou. (se lit itcho).

le ‘fruit’: ginnan 銀杏

l’arbre: ichou 銀杏 ah oui les deux mots s’écrivent avec les mêmes idéogrammes ….

Ce matin nous allons récolter des ginnans avec mon ami S. Il fait un temps magnifique. Comme vous pourrez le constater le processus de retirer la pulpe du fruit se fait en plusieurs étapes et prend beaucoup plus de temps que la récolte en elle même!

Voici la vidéo !

Ce ginnan c’est assez bon. Un peu d’amertume. Pas sans l’accent de noisettes. Mais plus que le goût à mon avis c’est la texture qui est d’intérêt. Et la chose en elle même.

Mais le ginnan contient des neurotoxines. Une consommation assidue, ou excessive peut conduire à des pertes de conscience, ou même la mort. Des décès ont en effet été rapportés pendant les périodes de disète au cours de la guerre.

Mais il faut aussi considérer que ces arbres font partie des espèces végétales les plus anciennes, puisqu’ils ont précédé les dinosaures de 40 milions d’années … quelle invitation au voyage (dans le temps). quelle dimension poétique !

Promenade & rencontre avec un anaguma (vidéo)

Encore une vidéo décidement mais la caméra permet de bien compléter ce que jusqu’à présent j’ai essayé de décrire dans le blog, sur le village et sa géographie.

Cette fois je me balade de la maison jusqu’au fond de notre petite vallée, enfin jusqu’au début de la forêt vraiment;

on pourrait suivre le chemin forestier jusqu’au bout ce sera sans doute une autre vidéo, mais pour y aller il faudra que je m’arme d’une tronçonneuse car il y a deux ans énormement d’arbres ont été aplatis par un gros typhon et bloquent le chemin.

Encore dans le hameau je m’attarde devant quelques belles constructions anciennes.

En chemin on traverse notre hameau jusqu’aux dernières maisons habitées, puis on fait la rencontre heureuse d’un charmant anaguma.

On continue pour passer devant une maison ancienne abandonnée et puis après il y a plus personne et on est vraiment tranquille.

Wakamé Tamago après avoir écrit un blog pendant 8 ans un jour s’est transformé en youtubeur, il eut beaucoup de vues et de followers, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants, pour allumer le feu l’hiver dans le poêle à bois il utilisait des liasses de billets de 500 dollars, que lui envoyaient régulièrement les comptables de youtube.

Ajout

Dans un commentaire, Christian écrit;

Tu décris le meme processus qui a eu lieu en France : occupation des montagnes avec cultures, aménagement de l’espace (murets…) et désertification au XXème siecle. Réecoute « La montagne  » de Jean Ferrat !

Tout à fait. Les paroles de Jean Ferrat décrivent des processus tout à fait similaires, il n’y va pas avec le dos de la cuillère. En voici des extraits.

Ils quittent un à un le pays
Pour s’en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné

(…)

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu’au sommet de la colline
Qu’importent les jours, les années
Ils avaient tous l’âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne

(…)

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l’autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n’y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie, ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s’en faire
Que l’heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l’on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones

Autour du puits

Mon ami S charpentier en mi retraite a un petit chantier chez ma voisine Mme T: rehausser l’auvent devant son grenier.

C’est dimanche matin à 8 heures, je vais voir et j’apporte des cafés.

Le grenier en question date de Meiji, en Japonais on dit Kura. C’est là où l’on gardait les récoltes et les trésors de la famille. La construction faite avec des murs et des portes de torchis très épais est dite résister aux incendies.

Le Kura. Avec le puits et l’évier atenant. L’auvent a déjà remis à niveau. Remarquer les portes; faites de terre, et desormais laissée ouvertes. Elles sont dans un cadre en bois pour les protéger.

Devant le kura il y a un puits que complète un évier en ciment.

Chez mes grand parents en Charente dans l’île d’Oléron; chez ma grand mère en Charente profonde il y avait un puits aussi…

Un auvent s’étend le long du kura. Il s’étend pour protéger le puits et l’évier des intempéries. Et celà crée un excellent espace pour les petits travaux, comme préparer les feuilles de thé par exemple.

Notre maison avait un puits parait il mais il aurait été bouché. Il se plaçait pas trop loin de là où j’ai mis mon bureau, peut etre qu’un jour; alors que je bosse, au téléphone avec mes collègues du Texas, pouff, le sol va se défaire sous moi pour m’engloutir dans l’ancien puits.

Un puits c’est vrai c’est un peu magique, c’est là où on pouvait planquer des trucs; tout ce qui dérange …. le bonheur est dans le pré … aussi dans le puits…

Deux poteaux supportent l’extension de l’auvent, un des deux est posé directement sur la terre (quelle mauvaise idée) et avec l’humidité du sol il s’est mis à racourcir, faisant pencher l’auvent. d’un côté..

Le travail consiste à 1 soulever l’auvent avec un cric, 2 poser une grosse pierre; 3 couper à hauteur le poteau déjà raccourci et le poser sur la pierre.

Le travail prend en tout une heure… Mais c’est la conversation du début…

S à l’affaire, il raccourci le poteau pour le poser sur la pierre

Mme T, S. et s’assoient dans le jardin. Je distribue des espresso.

T et S se connaissent peu. Ils commencent à parler du village.

Mme T a plus de 80 ans. Elle parle de la guerre, les bombardements, les B25; elle était écolière à l’époque, S raconte comment sa mère qui y travaillait dans une usine de textile avait fui la ville de Himeji le jour de son bombardement (700 tonnes de bombes incendiaires larguées)…

Elle évoque les nombreux voisins et membres de la famille qui ne sont jamais revenus.

T raconte la période difficile de l’après guerre. Faut dire, c’était la misère. Pendant les vacances d’été avec sa mère elle faisait des sandales en paille de riz ‘wara zori’ qu’elles allaient ensuite apporter à l’école, pour que les élèves aient quelque chose à se mettre aux pieds. 藁草履

La conversation switche ensuite sur la période de l’avant Meiji et j’ai l’étrange impression que pour S et T c’est un sujet beaucoup plus confortable.

T sa famille est dans le village depuis huit siècles, elle parle de l’histoire de sa famille, puis elle demande à S, s’il n’est pas un descendant de Miyamoto Musashi avec, son nom de famille en effet ! Vraiment on est bien entourés.

Il confirme; dit d’ailleurs que son arrière arrière grand père était un samourai … il dit: ‘il coupait les gens’.. Cette expression me rappelle les films de Kurosawa qu’à une époque je visionais en boucle pour apprendre le japonais.

Dans les deux familles les katanas (sabres) ont tous disparus; ils ont été volés, à un moment ou un autre. S. dit qu’enfant ils avaient encore une lance à la maison (yari) et qu’ils l’utilisaient pour la chasse. Dans un autre registre mon arrière grand père Gaston utilisait une baillonette prise aux Allemands en 14 pour récolter les asperges dans le jardin …

Je vis au Japon, mais dans ces conversations, la France, pour moi, n’est pas loin du tout … les repères sont similaires.

Après les travaux, l’idée me vient qu’il faut pas s’arrêter comme ça, et je convie S et T à venir le soir manger quelques brochettes de poulet que nous feront griller dans le jardin.

Ce qui nous permet de passer une excellente soirée.

Pour les brochettes de poulet, j’ai fait reposer la viande de poulet dans ce mélange trouvé sur le Net: Huile d’olive, poivre et sel, de la coriandre, un peu de curry indien, des herbes de provence et du sirop d’érable.

Ces canalisations en béton sont bien pratiques
J’utilise le compresseur pour booster le charbon de bois
Avec les morceaux de poulet standard on a pris aussi des coeurs de poulet; ce que l’on appelle ici le hatsu, qui vient de l’anglais ‘heart’ ,et des gésiers sunagimo

Un tour dans la vallée

Hier très belle promenade dans notre vallée mais avec une petite caméra vidéo pour en filmer quelques moments.

Faire le montage de la vidéo prend finalement plus de temps que la promenade elle même.

En tout cas ça donne une bonne idée de la géographie du coin.

A un moment je fais la connaissance d’un monsieur vraiment gentil, magnifique sourire qu’il a, et il me montre gentiment comment faire le nankin shibari, qui est le noeud que font la plupart des gens ici pour fixer le chargement d’un camion. Aucune idée si ce noeud est utilisé ailleurs qu’au Japon, sans aucun doute, voudrais je penser.

nankin shibari 南京縛り

Toujours le champ libre (nougyoubu)

Ca fait du bien d’écrire … récemment j’expérimentais avec la vidéo …

Depuis le précédent article nous avons bien progressé dans notre projet de jardinage à (pour nous) grande échelle. En Mai nous avions fini de planter gingembre, patates douces, potirons, Yamato imo (une variété d’igname très recherchée), ko imo (dialecte local je crois, sinon c’est le satoimo ou: taro) et cacahouètes. C’est sur quoi nous nous sommes concentrés et ce que nous avons planté ‘à grande échelle’ (disons un rang complet pour chaque).

de gauche à droite; gingembre, légumes divers, cacahouètes, au fond Yamato imo et patate douce

En plus nous avons planté quelques pieds de tomate, concombre, piment, aubergine, pour le fun…

En fait les 800 mètres carrés du champ sont presque trop, et nous avons décidé de laisser une grande partie de cette surface presque intouchée, nous contentant d’y semer citrouilles et tournesols, à la volée.

Ce geste, de semer à la volée: voilà un geste magique qui a dû réveiller en moi des gènes enfouis bien profond. C’est une sensation de liberté et de puissance qui jaillit lorsque l’on fait ce geste !

Tous mes espoirs sont dans les cacahouètes qui ont fait un beau départ

Ce champ est une ancienne rizière et je me rends compte qu’il y a là un sacré avantage: il suffit d’ouvrir une trappe et l’eau de la rivière amenée par un canal d’irrigation en vingt minutes vient inonder notre champ. Plutôt pratique pour arroser.

Sachant la superficie, et le peu de temps que nous consacrons à ce projet (peut être une ou deux demi journées par semaine) les habitants du village qui ne manquent pas de bien observer commencent à se marrer…. en disant de façon ironique être impatients de voir comment les mauvaises herbes vont bientôt tout recouvrir ! Surtout, que, un peu têtu que je suis, je ne veux pas poser ces feuilles plastiques noires pour empêcher les mauvaises herbes …

Le Yamato imo est très lent à démarrer.

C’est que nous tenons à respecter quelques principes, et rester fidèles à nos idées; ne pas utiliser d’engrain chimique ni aucun produit insecticide ou quoique ce soit de toxique. Nous sommes des idéalistes…. On fait du bio !

Bon, je fais une concession, en mettant une feuille de plastique noir sur le rang du gingembre, en attendant que ça sorte …

Avec mon copain S. on a appellé ironiquement notre projet le nougyoubu ou club d’agriculture. 農業部, nougyoubu sonne très sérieux, a une connotation officielle alors que nous sommes simplement deux amateurs qui optent pour la non intervention ou l’intervention minimale….. nous y avons ajouté le préfixe ‘nonbiri’ (のんびり)qui signifie insouciant.

Le club d’agriculture nonchalant, insouciant. のんびり農業部 nonbiri nougyoubu.

Lui le charpentier et moi l’employé de bureau (à distance) nous formons une belle équipe de jardiners en herbe… Mais tout ça on fond c’est juste une excuse pour faire un projet ensemble ….

On verra bien ce que ça va donner. Peut on planter et récolter sur 800 mètres carrés en y passant seulement quelques heures par semaine… sans utiliser de produits chimiques … d’insecticides …

Pour enfoncer le clou j’en fais même un T shirt. J’ai hâte de le porter et de voir la réaction des voisins!

https://society6.com/product/club-dagriculture-insouciant_t-shirt

Le triangle vert reprend la forme du champ; triangle écorné. Les couleurs jaune et vert résonnent avec mon pseudonyme (wakamé algue et tamago œuf)… les quatre étoiles évoquent les quatre hameaux de notre vallée perdue….