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Lundi matin (vélo)

Comme tous les lundis matins j’ai vraiment la tête dans le cul et il est très pénible de se mettre au travail. Je commence donc par aller faire un grand tour en vélo.

Je descends vers le bas de la vallée puis la remonte dans son intégralité jusqu’aux pieds des montagnes.

La lumière et les couleurs sont magnifiques. Tout est beau et m’emplit d’espoir. 35 km, ça fait du bien.

L’homme n’a pas été fait pour passer des journées entières sur un clavier d’ordinateur c’est sûr.

 

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L’entrée de la vallée. A l’horizon les montagnes: tout espoir est possible.

 

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Comme le village se fond avec le paysage. Quelle harmonie.

 

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Une de mes vues préférées.

 

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Un peu plus loin un barrage. La route va monter sec.

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Et cette petite route sauvage, où il n’y a plus âme qui vive … on y est très bien.

Régulièrement je fais sonner la poire klaxon du vélo, histoire de faire fuir les ours … pas envie de rencontrer de plantigrade ce matin.

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Les montagnes à perte de vue …

 

Dans les coins les plus reculés, des idiots jettent des ordures … des idiots il y en a décidément partout. Frigos et machines à laver. Je vois des employés de la ville les récupérer avec des cordes pour ensuite les dégager et les emporter vers les usines de recyclage. Good job …..

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Un chat bien botté

Le Chat Botté est un restaurant français à Himeji.

Le fameux matou botté

Dimitri et son épouse Reiko ont ouvert le chat botté cette année. Il faut saluer cette initiative. Voyez vous, il faut avoir des vraies cojones pour ouvrir son restaurant comme ça à l’étranger.

Le Chat Botté: https://www.facebook.com/lechatbottehimeji/?pnref=about.overview

Avec Dimitri, si je compte les enfants, ça doit faire …. quatre résidents français à Himeji ? Quatre sur Cinq Cent mille. C’est pas mal … Ça fait du 0.008%. Ça c’est de la minorité! C’est même pas de la minorité … c’est de l’unicité !

Nous avons enfin eu l’occasion d’aller déjeuner au Chat Botté, et nous ne le regrettons pas.

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La cuisine est vraiment très bonne. La cuisine est traditionnelle, avec une touche locale, car Dimitri se fournit avec des produits de la région (légumes et viandes). C’est vraiment chouette de pouvoir ainsi avoir une cuisine authentique et moderne dans une ville comme Himeji. Il utilise certains ingrédients très japonais, comme du sudachi.

Des recettes sont très françaises dirais-je. Comme le coq au vin. Ça n’est pas un plat que l’on peut manger tous les jours au Japon… (la photo dessous c’est du canard …)

 

 

canard!

L’ambiance est décontractée. Le style de Dimitri est unique. Chef, il porte une casquette de baseball de l’équipe de Nagoya. Je crois que ça permet de désacraliser le statut de CHEF et de décongeler l’atmosphère. Les tables en comptoir donnent un air de bistrot également. Et le mac book pro fait jeune et moderne.

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Ce qui nous a beaucoup touché, c’est l’attention aux détails, le service. On voit l’amour du beau travail. On voit aussi que Dimitri et son épouse veulent que leurs clients passent un très bon moment, qu’ils soient contents, et ils veulent qu’ils reviennent ! C’est toujours très touchant ça, vous savez.

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Donc voila. Si vous venez visiter Himeji, le Chat Botté est l’endroit de choix pour faire une pause, passer un très bon moment et goûter de bonnes choses. Se ressourcer.

 

Le chat nous gagne. On est de plus en plus chat.

Promenade à Kamigori

J’amène mon fils à un match de baseball, dans la ville de Kamigori (上郡).

Petite bourgade à 30 km de Himeji, à l’ouest. Il y a une gare avec des trains qui passent deux fois l’heure. On sent que l’endroit, à un moment, a voulu devenir une ville mais quelque chose a cloché. Entre deux matchs de baseball, je vais faire un tour.

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Pas mal les plaques d’acier qui chevauchent le caniveau. Non sans dérision.

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La, j’aime bien les couleurs des inscriptions et des briques

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On appelle ca gomi yashiki ゴミ屋敷(maison à ordures). J’ai aperçu le fou à l’œuvre à l’intérieur, en train de dessouder des composants d’une ancienne carte électronique …. Fou ou génie … qui sait ! les deux peut-être …

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Heureux l’homme qui, parmi ce bazar urbain sans âme, sait garder un contact avec la terre.

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Enfin un peu de beauté dans ce monde de brutes.

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Les jeunesses populaires, un peu rebelles, que l’on appelle ici les yankii, aiment bien ce genre de vieilles cylindrées. Je lis la aussi un certain sens d’humour et de dérision. (ces voitures, anciens symbole de la bourgeoisie il y a 20 30 ans ?)…[aujourd’hui les bourgeois roulent en Prius].

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De nos jours la plupart des pachinko en service sont au moins deux ou trois fois plus grands que celui-ci.

Celui-ci fait donc de la résistance… sauvons les petits artisans du pachinko !!!

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et soudain, au milieu de la ville vide qui n’est plus que le souvenir de ce qu’elle fut, une maison-cube.

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La c’est purement magnifique.

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Ce camion hiace Toyota est très fréquemment utilisé par les menuisiers. Il se fond à merveille dans le paysage urbain historique.

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Sais pas pourquoi mais la soudainement j’ai pensé à la Meurthe et Moselle.

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Ça aussi c’est magnifique … J’adore ces vieux trucs … ils deviennent presque organiques.

Hummock café: un endroit incroyable

Parfois on trouve des endroits incroyables. Par exemple la pâtisserie Morizou il y a quelque temps.

Cette semaine nous avons fait la découverte du Hummock café à Himeji. Il est situé au bord de la mer, faut bien une heure de route de chez nous, mais le déplacement vaut la peine.

 

Un petit port de pêche dans le lequel vient se déverser un canal assez douteux. Il y a une plage et des baigneurs insouciants; l’horizon donne sur une gigantesque centrale thermique avec des gros tuyaux et des montagnes de charbon. Un port de plaisance aussi. La rouille resplendit sous le soleil et les carapaces de crabes.

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Il y a donc là plusieurs espaces de différentes natures qui s’entrecroisent, se superposent ….  les bateaux de pêche, de vieilles ruelles et de belles maisons anciennes, un chantier naval où ils font des barques en bois … c’est industrieux … et aussi super zen …  il y a une petite montagne recouverte de verdure. Tout au bout de la route un sanctuaire shinto nous rappelle, s’il en était encore besoin, au souvenir de Totoro.

 

Dans tout ce fratras, on découvre le hummock café. Construit avec des shipping containers. Le rez-de-chaussée est en fait un garage spécialisé dans la restauration et la revente d’anciennes voitures. Il y a une peugeot 205 et  des petits bolides au design exceptionnel, tous dans l’attente d’une transaction sonnante et trébuchante. Le garage semble se nommer Monte Carlo.

Il faut monter un petit escalier de bois, et la se trouve le café, fait de deux containers placés en L.

Il y a une terrasse avec vue sur la Mer Intérieure et ses épaves. Dans les containers, la déco est kitsch et agencée avec beaucoup de goût. C’est délicat. Les meubles sont vintage. Un truc avec des mange disques de Disc Jokey apporte de la modernité. Un Piano.

La climatisation est un soulagement par cette chaleur où le béton le dispute à l’asphalte. Une douce musique brésilienne accompagne l’air frais. On prend le set du p’tit déj et l’on nous sert une magnifique assiette de fruits et de légumes, ainsi que trois tranches de cochon et de pain de campagne. Des bouchées de mangue. D’aubergine. Une sauce à l’orange. Il y a beaucoup de raffinement et de sensibilité.

Voila, le message du Hummock Café c’est peut-être, la possibilité de la beauté malgré l’endroit . On apprécie l’intention. Ca marche. C’est efficace.

C’est une vraie oeuvre d’art que ce Hummock café. Une bulle d’oxygène au bord de la ville qui s’étouffe.

Au voyageur qui vient visiter la ville de Himeji pour voir son chateau mondialement connu, je recommanderais fortement d’aller visiter ce petit coin perdu et d’y savourer quelques instants de calme.

 

 

J’ai pris une tonne de photos dans les alentours et aussi l’extérieur du hummock café. Par contre pas pris de photo à l’intérieur … à vous donc de venir visiter un jour …

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Hummock café

 

〒671-0111   兵庫県姫路市的形町的形 磯1864
ZIP671-0111  1864 matogata himeji hyogo japan

TEL  079-254-1400

http://hummock.blogspot.jp/2008/03/blog-post_24.html

Le plein d’énergie avec le poissonnier ambulant

C’était l’occasion d’aller nous promener au fond de la vallée.

Nous nous promenons dans les ruelles du hameau à moitié abandonné, il n’y reste qu’une vingtaine d’habitants, et l’on entend une musique délirante qui perce le silence des montagnes et les chants réguliers des insectes. D’où peut donc venir cette musique ?

Nous découvrons le camion du poissonnier ambulant! Et faisons ainsi la connaissance de Monsieur I.

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Un personnage au grand sourire et qui déborde d’énergie. On commence tout de suite à parler de tout, sur tout. Qu’est-ce-qu’un Français fait là. Où est -ce que j’habite. Quel est mon job. Et lui où il habite, comment il a arrangé son camion etc; si, sur la musique du camion, c’est sa femme qui chante ? ….

Il vit dans la ville voisine et depuis plus de 30 ans fait le tour des villages alentours avec son camion et vend des poissons et des friandises. (côté gauche, poissons, côté droit, friandises).

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Au détour de la conversion on apprend qu’il apprend l’anglais et qu’il se lève tous les matins à 3 heures pour aller se fournir en poissons au marché de Himeji à 30 kilomètres.

Il n’a pas de magasin et ne fait que de la vente ambulante. Ce qui me semble un bon business, car les frais et les soucis sont bien moindres ainsi, et tous les jours il sort et voit du pays.

Il a de beaux saba (サバ 、maquereaux) et on cède aussitôt à l’envie d’en acheter.

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Pour finir Monsieur I. sort son ocarina et nous joue un truc très chouette et nous projette directement dans le monde de Totoro.

Bien en tout cas c’est décidé désormais nous nous fournirons en poisson auprès de Monsieur I ! Et ce sera aussi l’occasion de bien blaguer !

Au sujet des vendeurs ambulants, il y en avait autrefois beaucoup ! De nos jours tout le monde a une voiture, et Monsieur I et son sourire sont parmi les derniers rescapés. Autrefois il y avait ainsi un marchand de glaces qui faisait le bonheur des enfants. On dit que le vendeur de glaces faisait aussi du kami shibai. Pour les enfants.

Ça devait être pareil en France. Quand j’avais 5 ou 6 ans nous habitions en région parisienne et je me souviens de Pedro le marchand de glaces qui passait dans sa fourgonnette Citroën avec ses petites boules sucrées.

Par contre Pedro ne jouait pas d’ocarina.

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Champion

A côté de l’école primaire du village, un garage de motos a toujours retenu mon attention. L’atelier est super clean; et assez petit. On voit qu’une seule personne y travaille. C’est plus un atelier qu’un garage.

Un après midi nous passons et faisons connaissance avec le propriétaire, un phénomème.

La vingtaine. Il travaille seul, s’est mis à son compte et son site web est ici http://himeji-gs.com/
L’atelier se nomme 総合二輪製作所 GOOD SPEED
Il se spécialise dans la customization de motos. Avec pour objectif d’augmenter la vitesse maximale.
Il a appris tout seul. C’est un solitaire passionné. Il est né dans le village, a fréquenté l’école juste en face de chez lui.
C’est vraiment cool que entouré de ses montagnes il ait trouvé sa passion et qu’il en vive. Il aurait pû s’exiler en ville mais il reste ici avec le chant des oiseaux. En fait il n’a pas besoin d’aller trouver les clients, car les clients viennent jusqu’à lui. Puisqu’ils vont faire 600 kilomètres de Kyushu  ou de Tokyo pour le voir et lui remettre leur motos, qu’il va booster avec tous ses secrets.
Impressionant.
Ca ne s’arrête pas la. Il nous explique sa passion pour la vitesse. Lui même travaille sur sa propre moto. Un bolide qui propusle jusqu’à 300 kilomètres heure. Une des motos les plus rapides du monde ?Au fait il est sur le point de partir cet été aux US pour participer aux championnat du monde de Vitesse, dans l’UTAH.
Génial.
Il y a la flamme dans ses yeux quand il parle de sa passion. Quelle pêche.
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Les premières grenouilles

Nous allons visiter un grand sanctuaire shintô, Iwajinja, à une quinzaine de kilomètres.
Le sanctuaire est situé au bord de la route 29 qui relie Himeji à Tottori. Il est entouré d’une belle forêt de cryptomères géants multicentenaires.
Pour accéder au sanctuaire, sur quelques centaines de mètres, on admire d’abord les arbres et c’est comme une première purification.
Les bâtiments du sanctuaires sont pas mal. Sous un préhaut de belles peintures gravées sur bois relatent des faits de guerre de jadis. Ca jette.
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Ceci dit, ce qui finit par nous intéresser le plus, c’est les premières grenouilles de l’année, que nous découvrons dans les sous bois du sanctuaire:

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Promenade en ville

Dans la ville voisine de Shiso.

Promenade dominicale dans ce qui fût la rue principale, à l’époque antérieure aux automobiles, de cette ville qui autrefois prospérait, et profitait de sa position, sur l’axe Himeji-Tottori. Les rues sont très étroites, on s’étonne que les bords de la voiture ne râclent pas sur les façades de maison centenaires et noires.
Il y a des temples, de très vieux magasins dont il ne reste que l’ombre; et des fabriques de saké; établies 250 ans de là.

Nous en visitons deux.
Dans la première, une très vieille dame souriante nous reçoit et nous montre sa collection d’objets anciens. Une machine à coudre de Meiji, des dès en porcelaine, qui faisaient décider la taille des gobelets de saké dans lesquels boire; un oreiller en bois laqué surélevé; afin de ne pas défaire les coiffures exubérantes de ces dames etc … Il y a aussi un superbe frigo de la marque NATIONAL qui doit bien dater de 50 ans, et qui; nous explique-t-on; a rendu l’âme le mois dernier. Il est remplacé par une horreur en plastique blanc Made in China.
Nous visitons l’autre fabrique de saké elle aussi dans le business depuis trois siècles et qui fait face au précédent. La fille de la famille a eu l’excellente idée d’y installer un salon de thé -en Japonais on appelle ces salons de thé ‘café’-. Le tout est arrangé avec bon goût et met en valeur l’architecture traditionnelle de l’ancienne bâtisse. Les poutres noires. Les sols en tatami. Et toutes les ouvertures qui coulissent. La pénombre. Les vieux meubles. Quelques objets d’autrefois; commes les téléphones noirs et massifs. De jolis meubles. Les menus sont écrits; en blanc sur des disques vyniles antiques. C’est très bien fait; le café est bon et réchauffe; quelques bonnes revues sont disponibles et entretiennent la rêverie.
Sur des étagères; des poteries, des trousses et des portefeuilles faits par des artistes de la région sont en vente.
C’est sûr, nous y retournerons.
Leur site web: http://cafesansyo.exblog.jp
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