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Le paradis sur terre
Dimanche (avant‑hier), il y avait un marché organisé par le temple d’un village à 10 km d’ici. J’y ai déployé mon stand et proposé mes productions aux visiteurs : bandes dessinées, serviettes tenugui, et Le cahier de la vie comme un dessert.
J’avais participé au même marché l’année dernière, en mars, mais il pleuvait alors et nous n’avions pas encore l’explosion de couleurs et de lumières du printemps.
Le temple n’est pas particulièrement grand. Il est situé au centre d’un petit hameau resserré sur lui‑même, où serpentent des ruelles étroites… Les voitures ne peuvent pas s’y croiser, ce qui témoigne d’une époque où il n’y avait pas de bagnoles, mais des mules… non, plutôt des vaches.
Le tout se trouve au milieu d’une plaine assez large, dont les rizières ont pu assurer, ces derniers siècles, une prospérité sans doute inconnue à mon village : ici, la vallée est étroite, les montagnes plus présentes, et l’espace pour les cultures bien plus limité.
À peine 10 km nous séparent, mais la géographie de ce hameau est très différente de la nôtre.
À côté de l’entrée du temple, une petite mare où grenouilles et autres petits êtres doivent vivre en toute sécurité. C’est peut‑être une réserve d’eau en cas d’incendie.
Près de la porte principale, une porte secondaire donne accès à une petite bâtisse ouverte tous les jours aux enfants du village. Je vois d’ailleurs quatre vélos arrêtés devant ; à l’intérieur, des enfants sont assis confortablement, sans doute en train de faire leurs devoirs ou des révisions.
Depuis cette bâtisse, on rejoint le temple proprement dit en se laissant guider par un petit chemin de pierres. Il faut dire que tout est fleuri : fleurs, arbustes, arbres… et leur emplacement n’est pas fortuit. Ensemble, ils participent à cette atmosphère de paix et de sérénité qui imprègne tout l’endroit.
L’espace s’ouvre et se dégage devant le temple. Au milieu, un ancien puits. Si l’on y prête l’oreille, on peut entendre une grenouille. Ce puis est superbe et un cerisier lui tient compagnie.
J’installe mon stand juste sous la statue de Shinran, fondateur au XIIIᵉ siècle de l’école bouddhique japonaise Jōdo‑Shinshū.
La journée commence, avec plusieurs centaines de visiteurs. Et tout le monde a l’air si heureux.
C’est incroyable. Il y a des groupes de musiciens. Des enfants font le tour des stands à l’infini.
Nous devons être une vingtaine d’exposants. Plusieurs vendent des livres d’occasion ; il y a un stand de thé taïwanais, un stand de desserts vietnamiens, un stand de café, d’onigiris, de barbe à papa… Un stand d’arrangements floraux, un autre avec de jolis pots de fleurs faits maison.
Un ami que je n’avais pas vu depuis plusieurs années me suit sur Instagram et est venu me rendre visite avec son jeune fils. Ça m’a fait très plaisir. On a pu bien discuter… Qu’est‑ce que c’est sympathique. Au même moment, trois jeunes femmes arrivent et posent des questions sur mes BD. Je leur présente Retour sur Terre, et justement cet ami leur dit : « Vous voyez là, le dessin de ce monsieur qui fait pipi debout dans une baignoire dans la forêt ? C’EST MON PAPA ! »
Et oui, c’est vrai ! Qu’est‑ce que j’ai ri ! « Et regardez ici aussi, ce monsieur qui apporte un chaton à Wakame Tamago… c’est mon frangin ! » Et oui, c’est vrai aussi !
Pour moi, c’est aussi l’occasion de “tester” mon offre, assez variée : les serviettes tenugui, mes BD, mon dernier cahier La vie comme un dessert.
Je suis conscient des limites de mon business model : le cycle de production de mes BD est très lent. Même si j’ai quitté mon job et que je dessine désormais tous les jours, il me faudra au moins un an pour produire un nouveau livre (contre trois à cinq ans auparavant). À cela s’ajoute qu’avec les BD, on ne peut pas avoir de repeater : une fois qu’une personne a acheté et lu une BD, elle ne va pas racheter la même. Grosse différence avec, par exemple, les desserts vietnamiens… si bons qu’on pourrait vouloir s’en offrir un tous les jours.
Cela dit, je ne fais pas tout cela pour l’argent. Idéalement, la vente de mes produits permettrait simplement de générer assez de cash pour réinvestir : produire un nouveau design de serviette tenugui, par exemple. En même temps, je veux éviter de crouler sous les stocks d’invendus.
Aller dans ces marchés, c’est surtout l’occasion de rencontrer des gens et de faire connaissance. Et vraiment, tout le monde est si gentil, aimable, curieux, amusant… C’est un vrai plaisir.
À un moment, un oiseau est venu voler juste à côté de moi et je me suis dit : ce temple, c’est un vrai paradis.
Pouvoir créer un tel lieu où les gens se rassemblent et passent des moments agréables, le cœur léger, sans tomber dans la moindre vulgarité… voilà un summum de la civilisation.
Fin du projet Promenade à Tatsuno
Fin du projet Promenade à Tatsuno
La semaine dernière j’ai bouclé le projet Promenade à Tatsuno.
Le projet consistait à dessiner dix maisons anciennes de la ville dans le but de mieux faire connaitre la ville -Tatsuno- aux visiteurs étrangers.
Mon conseil aux voyageurs
A tout voyageur désirant découvrir le Japon d’autrefois et visitant notre région -ouest de Osaka et Kyoto-, je conseillerais ce bundle:
– une journée à Himeji pour le matin faire la découverte du sanctuaireEngyo ji puis visiter le château et la ville.
– une nuit à l’hôtel après s’être réhydraté auprès des nombreux bistrots et izakaya -izakaya signifie littéralement là ou est l’alcool
– et puis le lendemain matin, prendre le train (ligne Kishin) pour 10 ou 15 minutes jusqu’à la gare Hon Tatsuno….
Le Japon comme autrefois
… De là, gagner la ville ancienne pour se perdre dans les petites allées, les ruelles qui longent les cours d’eau, crapahuter jusqu’au château…
Et profiter des nombreux points de vue qui permettent d’imaginer une ville au Japon il y a 50 100 ou 200 ans…. et tout ça, sans touristes !
La ville n’a pas été détruite pendant la guerre…. et c’est si triste à dire, c’est une exception.
Pour tout personne intéressée par l’architecture il y a des centaines de petites découvertes à faire ….
De belles maisons de 400 ans, on n’en fait plus de nos jours … Beauté fragile… et précieuse.
Les dessins
Sur cette page j’ai mis des copies des dessins.
L’idée c’était avec des maisons sélectionnées mais éparses dans la ville de créer comme une rue virtuelle où l’on peut se promener.
Donc, les maisons sont toutes dessinées de face, sans perspective, et elles sont plus ou moins à la même échelle. Elles sont positionnées à la même hauteur et on peut imaginer en collant les dessins bout à bout suivre une rue imaginaire ….

C’est ce que nous essaierons de créer en faisant une exposition des dessins sans doute en Avril …
J’ai d’ailleurs fait une petite animation avec certains dessins …
Quel projet merveilleux
En tout cas ce projet était merveilleux pour moi, l’occasion de connaitre et de collaborer avec des gens formidables, de redécouvrir la ville de Tatsuno, et puis du point de vue du dessin et de la conduite d’un projet de création, apprendre beaucoup de nouvelles choses.

Prix de l’association Bunren.
Bunren est une association qui a été créée après la guerre à Himeji pour promouvoir la culture et des artistes et créateurs qui officient dans la région. On voulait reconstruire, et promouvoir la paix …
Depuis, Bunren chaque année décerne des prix à des personnes de la région.
Cette année les prix ont été attribués à M. Watanabé guitariste classique, M. Fujita calligraphie, Mme Kita céramique, M. Ségawa Danse, Mme Téi peinture, M Takatsuka recherche historique et … votre serviteur Wakamé Tamago.
Hier c’était la remise des prix… il fallait faire un discours … j’étais un peu stressé n’ayant jamais fait de discours dans ma vie ni en français ni en japonais … ah si ça m’arrive en fait mais quand je suis tout seul dans mon bain.


Après le discours nous avons fait un mochi tsuki …

Sur mon blog en japonais j’ai mis le texte du discours que j’ai fait.
Tout ça c’est une aventure, comme dans « le livre dont vous êtes le héros ».
Chaque personne récompensée s’est vue offrir également un papier calligraphié comme ici

Je traduis, car c’est si bien tourné …
Wakamé Tamago
De la vie urbaine et de l’accident nucléaire vous avez ressenti un questionnement sur la manière de vivre, cela vous a conduit à vous installer dans un village à proximité de Himeji, qui vous rappelle la vie à la campagne en France, et tout en continuant à travailler chez microsoft vous avez écrit un blog qui présente la vie à la campagne au Japon. En 2021 vous avez publié la BD Retour Sur Terre qui retrace votre retour à la campagne, et en 2025 vous avez publié en japonais et en français CONTINUER un ukiyoé manga, ce qui constitue un véritable japonisme contemporain.
Maintenant que vous avez quitté votre travail vous avez commencé un événement mensuel intitulé le kotenpan où vous choisissez un passage de la littérature classique japonaise pour en discuter librement, cet événement devient peu à peu un lieu d’échanges interculturels.
En hommage à vos activités, qui portent un regard international sur la société contemporaine, et dans l’attente de vos succès toujours croissants, nous vous décernons le Prix spécial de la Culture de Himeji – Prix d’échange culturel international.
Deuxième talk show aujourd‘hui …
Aujourd‘hui, cet après-midi, nous faisons notre deuxième talk show avec monsieur Iwata Kenzaburo, sur le thème des Heures Oisives de Yoshida Kenko (ou Urabe Kenko).
Nous allons couvrir au max quatre textes,
- 82 laisser une place d’inachevé、
- 68 les gros radis、
- 55 comment bien construire sa maison、
- 74 les fourmis
en fonction du temps que nous passerons sur chacun.
Cela demande beaucoup de préparation, d‘abord pour la sélection des passages, leur compréhension, l‘idée pour un dessin les accompagnant et puis les questions, les thèmes que l‘on veut développer dessus au moment du talk show.
Bien évidement chaque étape me permet d‘apprendre énormément de choses, dans tous ces domaines différents, la compréhension de la langue et de la culture japonaises, la connaissance de l‘histoire, comment «décortiquer» un texte, et en extraire ce qui est aujourd‘hui des pépites et en faire des dessins …
En background les soirs de semaine je me prépare pour les talk shows futurs en lisant d‘autres ouvrages que je voudrais pouvoir aborder même superficiellement, comme le dit des heiké (12è siècle, gros pavé difficile d‘accès), l‘essai d‘esthétique de Tanizaki sur l‘éloge de l‘ombre (cependant ça n‘est pas vraiment de la litérature classique, ça date de l‘avant guerre) par exemple …
Les quatre passages sélectionnés aujourd‘hui: tous ouvrent la porte sur des concepts fascinants
- 82 laisser une place d’inachevé、–> éviter la perfection
- 68 les gros radis、–> ne pas sous-estimer l‘importance, la puissance de la foi
- 55 comment bien construire sa maison、–> garder une pièce vide sans usage prédéterminé
- 74 les fourmis –> on s‘active tel les fourmis, courant d‘un point A à un point B, mais à la fin c‘est la mort qui nous attend au bout de la route
Mmmm peut-être que, si je continue à travailler pour ces talk shows j‘arriverai à être un peu moins con … ce serait cool !
Ici, la page préparée pour l‘histoire des gros radis … J‘aime beaucoup ce dessin, j‘en suis très content …
L‘histoire raconte comment deux radis viennent défendre un préfet attaqué par des brigands … ce préfet qui depuis des années a religieusement mangé des radis pour son petit déjeuner … ici j‘ai dessiné donc un radis japonais (daikon) vétu d‘une armure, mais une armure européenne, car, pourquoi pas !!!
Premier Talk Show réussi
Le projet du 6 septembre avec Kenzaburo Iwata s’est très bien passé. Nous avons fait salle comble, le café où nous avons tenu le KOTENPAN -talk show sur la litérature japonaise classique- était plein !
Le public était varié, de 7 à 95 ans…

Du livre des heures oisives nous nous sommes entretenus sur le chapitre 69 et le chapitre 109

J’avais préparé ces deux pages qui présentent chaque chapitre, avec un lien QR Code vers la traduction en Japonais moderne, le texte original, et un dessin.
Le dessin à droite traite du chapitre 69 qui met en scène Shounin, le fondateur le Engyoji, et oui, le formidable ensemble de temples situés au top d’une montagne juste au nord de Himeji. C’est un des endroits les plus formidables du Japon et étonnamment préservé du tourisme sauvage
Dans l’histoire, Shounin est dans une auberge et il entend les plaintes de haricots mis à bouillir, et de leurs cosses qui elles brûlent et se consument pour faire cuire les premiers.
Voila une histoire bien étonnante !!
Le dessin à gauche reprend le chapitre 109, beaucoup plus terre-à-terre mais non moins plein de sagesse avec l’anecdote du grimpeur d’arbre accompagné de son maître.
Le maître ne dit rien, il fume tranquillement une cigarette et boit son café lorsque le grimpeur est tout en haut dans l’arbre, mais lorsqu’il redescend et n’est plus qu’à deux mètres du sol, le maître s’active et l’interpelle, pour faire bien attention à ne pas tomber …
J’ai lu cette histoire à mon ami Saki chan qui monte souvent haut dans les arbres pour les élaguer, et il confirme:
quand on est tout en haut on sent le danger et naturellement on fait très attention.
Mais lorsque l’on descend et que l’on est plus prêt du sol, alors on peut relacher son attention et par excès de confiance faire une mauvaise chute !
Yoshida Kenko l’auteur des heures oisives, au 14è siècle, a vu juste!
Voir tant de monde m’a donné confiance dans mes prochaines aventures où j’abandonnerai mon travail salarié pour me consacrer pleinement à ce genre de projet.
Passés les premiers moments d’euphorie on pense à plusieurs points à améliorer pour la prochaine fois; à savoir notamment communiquer à l’avance les chapitres sélectionnés, pour permettre aux spectateurs de se préparer et de les lire à l’avance. Se mettre tout d’un coup dans un texte classique même court n’est pas forcement évident.
Nous espérons ainsi avoir plus de questions et une audience plus engagée pendant la présentation.
Et donc pour la prochaine fois nous aurons:
Les chapitres -dans le désordre-
- 82 laisser une place d’inachevé、
- 68 les gros radis、
- 55 comment bien construire sa maison、
- 74 les fourmis
Le prochain Talk Show sera le 4 octobre à 14 heures, dans le même café, Kokuraya.
https://www.instagram.com/kokuraya.himeji/
Sinon l’automne est définitivement arrivé, et les nuits sont fraiches, on a besoin d’une petite couverture …
L’été paradoxalement n’a pas été horriblement chaud comme l’année dernière.
Eté formidable, projet formidable
Cet été a été formidable. Il a fait chaud mais c’était beaucoup plus supportable que l’année dernière. peut-être grâce aux doubles fenêtres désormais installées dans ma maison-bureau ? C’est vrai que maintenant la petite clim a un effet …
J’ai repris ma vieille habitude chaque après midi d’aller marcher deux heures sous le soleil; j’emporte des boissons et s’il ne fait pas trop chaud j’ajoute des poids dans mon sac à dos. Souvent j’écoute un podcast en alternant sur les sujets ou alors les œuvres d’orgue complètes de Bach par Marie Claire Alain. Je crois que l’homme aime suivre des habitudes tout devient un rituel …
Des ours ont été repérés pas loin et lorsque j’emprunte une petite route dans la montagne je switch le son sur un petit haut parleur. Je me demande d’ailleurs si la musique d’orgue de Bach qui est si belle n’aurait pas un effet contraire, si au lieu d’éloigner les ours et ne les ferait pas venir ? ? Comment vérifier ….
Au bureau j’ai été assez absent … , physiquement j’ai travaillé comme d’hab mais j’avais la tête ailleurs !
J’ai du mal à imaginer comment c’est en Europe où les gens prennent de vraies vacances d’été. Deux semaines, trois semaines … ca fait très longtemps que je n’ai pas fait ça. Déjà ici prendre une semaine entière c’est une marque d’audace par rapport à mes collègues US qui semblent ne prendre que deux semaines dans l’année… Les pauvres …
J’ai un nouveau projet qui m’occupe beaucoup. C’est tout à fait merveilleux: plus tôt au moins de juin; monsieur Iwata Kenzaburo m’a proposé de faire ensemble un talk show mensuel, dans un café situé à côté du château de Himeji.
Le sujet du talk show: la littérature classique japonaise.
On choisit un livre, pour le premier talk show ce sera les Heures Oisives de Urabé Kenko écrit au 14è siècle. Du book; je choisis deux ou trois passages, sur lesquels nous discuterons.
Ce livre est un de mes livres préférés, c’est un peu un manuel de la vie …. C’est plein de bon sens. C’est parfois drôle … rarement hermétique…
C’est un honneur incroyable de pouvoir ainsi faire un projet et collaborer avec monsieur Iwata. Je dois me pincer les fesses pour me dire que je ne suis pas en train de rêver !
Le premier talk show, c’est bientôt; le 6 septembre à 14 heures, dans le café Kokuraya à Himeji https://www.instagram.com/kokuraya.himeji/
Cela requiert de la préparation:
D’abord il faut tout relire, choisir les passages et ceux-là je les lis et relis en japonais; pour bien comprendre. En Japonais moderne et classique … que j’ai jamais appris bien sûr.
Et puis ensuite nous nous retrouvons avec monsieur Iwata pour en discuter et faire un point.
Cerise sur le gâteau je prépare un petit livret, avec le texte en japonais ancien et j’ajoute une petite illustration; afin d’amuser étonner éclairer les spectateurs !!
Donc c’est sûr rien qu’avec ça je n’ai plus le temps de penser au travail, et c’est très bien ainsi !
Vente Directe de BD & expo – deux jours au village
Samedi et dimanche j’ai donc ouvert ma petite galerie que j’avais commencé à préparer il y a deux ans.
Dans la galerie -nommée le garage de wakamé tamago- j’avais exposé des dessins extraits de mes trois bandes dessinées, collés à une petit plaque plastique, de sorte que l’on peut prendre les dessins dans ses mains et les observer à souhait.
Beaucoup de personnes sont venues; beaucoup plus que je ne l’avais imaginé, 49 visiteurs en tout, de 1 an à 89 ans.
Dans la deuxième pièce du garage une table triangulaire permettait de s’asseoir; goûter au thé bancha fait maison et d’échanger tranquillement.
Ca a été donc un grand succès et je suis très satisfait de cette expérience.
Beaucoup des visiteurs étaient des connaissances et je suis très sensible à leur soutien.
Je mets les photos ici aussi au cas où l’intégration wordpress instagram cesse de marcher.



Wado sensei maître de la flute shakuhachi est venu nous honorer de sa visite.

Benoît aussi avec sa famille:

Et Jun; qui dirige un bistrot français à Himeji et même venu nous voir en dodoche !!!

C’était, franchement; une grande fête.

En attendant les visiteurs je profite de la belle lumière et travaille au sketch d’une nouvelle bande dessinée. Les voisins n’ont pas l’habitude d’entrées et de sorties du garage et j’ai acheté deux plots pour éviter des accidents.

Première pièce du garage avec des dessins de RETOUR SUR TERRE

Dans la deuxième pièce des dessins de ma dernière BD CONTINUER il y a aussi des dessins de TOUT IRA BIEN (que je n’ai pas traduite en Japonais)

Magnifique flower box par TWood, aux couleurs de Wakame (Algue) et de Tamago (oeuf)
Semaine de vacances
J’ai pris une semaine de vacances et c’était vraiment formidable.
Chaque fois que je prends des vacances; c’est comme un run test de lorsque j’aurais arrêté mon boulot … ou que le boulot m’arrêtera …
Mélange de travaux dans le jardin, de travail autour de mes bandes dessinées, et une ou deux escapades. Le tout dans un rayon de moins de 20 kilomètres.
Encore plus agréable avec cette belle saison. Il fait beau, les matins et les nuits sont frais; mais le temps la journée est très agréable.
Et puis c’est la merveilleuse saison des pousses de bambou et d’autres bonnes choses comme le tara no me, jeunes feuilles d’angélique.

Ici d’énormes pousses de bambou laissées à refroidir après les avoir bouillies dans du son de riz pour en retirer l’amertume.

Saki chan m’a amené dans un coin de la vallée où il y en a foison. Souvent le tara no me se fait en tempura mais j’ai essayé, avec mon ADN Charentais, avec du beurre à la poêle. Très bon.

Les tara no me, avant de passer à la casserole.
Dans le jardin je vais visiter régulièrement les semis et voir ce qui se passe.
Côté Bande dessinée
Côté Bande dessinée j’ai fini de ranger mon Open Garage et je vais l’ouvrir les samedi et dimanche de la semaine prochaine.
Le projet de l’open garage je l’avais un peu mis en sourdine ayant réalisé que pour exposer des dessins …. il faut d’abord des dessins ! Je me suis donc concentré sur mon dernier livre, Continuer, que j’ai pu finaliser en Janvier.
Je ne sais pas si il y aura des visiteurs, je me lance dans l’inconnu mais c’est bon pour la santé ça de se jeter dans quelque chose de nouveau que l’on n’a jamais essayé !
Voici les photos que j’ai postées sur instagram hier.
Les 3 et 4 mai
à Himeji
Noter les cônes de signalisation (la porte donne juste sur la route et je trouve que ça peut être dangereux) aux couleurs de Wakamé (vert) Tamago (jaune)
Vente directe des BD
J’expose aussi des dessins de mes trois bande dessinées, Tout Ira Bien, Retour sur Terre et Continuer.
Les dessins, imprimés, je les colle à une petite planche ce qui fait qu’elles tiennent toutes seules et on peut les prendre en main pour les regarder.
Côté lecture
depuis novembre je me suis mis à lire en japonais; choisissant des livres avec ces critères simples: contemporain, et moins de 250 pages. ca a donné une suite de livres assez éclectiques, certains m’ont beaucoup plu, d’autres, beaucoup moins.
Le dernier livre, https://www.gentosha.co.jp/book/detail/9784344434523/ ce soir c’est du gibier par Ogawa Ito m’a tellement déçu (j’ai trouvé trop léger et sans réelle substance) je vais désormais changer mes critères.
https://bookmeter.com/users/1554216/books/read

J’ai classifié les romans japonais lus ces derniers mois.
Axe bas vers le haut: intérêt. le sujet ou l’histoire m’a intéressé voire passionné. Les choses qui m’ont passionné, beaucoup touchent de la société japonaise contemporaine, l’identité コンビニ人間, le suicide des jeunes カラフル、天国はまだ遠く, l’argent pour la retraite 老後の資金ありません、vie de paria en rédemption 苦役列車
J’ai cherché sans trouver des romans sur d’autres thèmes que j’aimerais mieux comprendre le thème des hikikomori, le thèmes des enfants qui refusent d’aller à l’école; auriez-vous des suggestions de livres qui traitent de ces sujets .
Axe gauche vers droite: accessibilité ou facilité de lecture pour le lecteur lambda dont je fais partie.
Donc la bulle orange; excellents livres, sujets passionnants mais le style et le vocabulaire très riches rend la lecture difficile.
Bulle bleu claire; facile à lire mais le livre m’a simplement ennuyé, trop fade à mes yeux, manque de piment.
Bulle jaune: facile à lire et le sujet ou l’histoire m’ont vraiment intéressé.
Bulle bleu foncé : un peu entre les deux.
Ca me fait un ratio proche de 50 50 si je compte les livres dans la bulle jaune vs les livres dans les bulles orange et bleu clair.
Pas mal.
Maintenant ma nouvelle approche va être un peu plus ciblée, j’ai gagné confiance en ma capacité à lire en Japonais avec plaisir, donc maintenant je vais choisir des livres qui m’intéressent plus directement, même si le texte peut être un peu plus ancien ou bien plus difficile d’accès.
Cette semaine je commence avec une autobiographie de Mizuki Shigeru le grand dessinateur de Gégégé ni Kitaro … !
Une semaine riche en événements
Côté boulot la semaine dernière a été assez chargée avec la présentation annuelle des budgets. Je fais ce job actuel et les budgets depuis 12 ans mais chaque année le contexte est différent et les chiffres augmentent à chaque fois.
La présentation se fait en deux fois, la première à un VP (vice président) mercredi à partir de 4 h du matin puis la deuxième à un CVP (corporate vice president), le vendredi à une heure du matin.
Les deux présentations se passent bien. Même si je suis rodé, à ce niveau, les senior executives, car ils ont accès à toutes les informations du business, sous tous les angles imaginables, ont le don de poser des questions tout à fait inattendues … donc il y a toujours une dose d’adrénaline.
La première réunion le mercredi finit bien et même plus tôt que prévu, à 4 heures trente du matin. J’en profite pour foncer dans mon camion et rouler 8 minutes dans la nuit, attention aux chevreuils sur le bord de la route, pour filer jusqu’au convenience store du village (ouvert 24 heures sur 24) … pour acheter une copie du journal de Kobé.
Le journaliste m’avait prévenu que l’article sur CONTINUER ma dernière bande dessinée paraitrait mercredi. Autant dire que, entre les présentations pour le boulot, et cet article qui doit sortir ma tête est entièrement pleine, même qu’il en coule de par les oreilles.

https://www.kobe-np.co.jp/news/himeji/202503/0018794846.shtml
Et en effet il y a écrit un article énorme ! sur toute une demie page. Je suis super content…
Le titre d’ailleurs a plein d’impact … un travail global (international) et un BD super locale … ça m’a fait bien rire! il a fait mouche …
Plus tard, mercredi encore, deux artisans viennent installer des doubles fenêtres dans ma maison-bureau. En fait on laisse les fenêtres existantes et épaisses comme une feuille de papier de cigarette, mais on installe, côté intérieur, de nouvelles fenêtres, en supplément. C’est pour un peu mieux isoler la maison, car l’hiver on s’y pèle trop les vouilles … Le deuxième step sera éventuellement d’y installer un petit poêle à bois.
Si il n’y avait pas de contrainte d’espace, j’y ferais installer une cuisinière à bois, comme celle qu’il y avait chez ma grand-mère Hélène à Saint Félix dans les charentes … pour moi c’est un souvenir d’enfance, ce gros engin où l’on fait du feu, il y a des chevillette, des bobinettes et dès fois il en sortait une magnifique tarte aux prunes ! Ces souvenirs d’enfance sont inscrits profondément dans la mémoire…
Ca devait être un truc comme ça:

Si on me disait … tu gagnes au loto, tu veux une lambo ? non; je veux une vieille cuisinière à bois !!!
Ce serait cool, je pourrais faire cuire des tartes pendant que je fais mes présentations de budgets aux VPs …. Attention à que ça ne brûle pas ….
Les deux artisans font un super boulot. C’est une tâche délicate, car la maison est ancienne, et elle penche .. tout est un peu de travers .. ça n’est pas évident, et ça prend toute la journée.
La deuxième présentation le vendredi s’est également bien passée.
Je m’étais couché la veille à sept heures du soir, dormi comme un bébé, pour me réveiller à minuit pour la réunion avec le CVP cette fois. Continuant à travailler jusqu’à 8 heures du matin j’ai pris une énorme pause et suis allé travailler tout le reste de la journée dans le jardin c’était absolument magnifique. Il fait encore froid mais je prépare quelques semis, j’arrange des petits trucs… j’observe les coccinelles … les araignées ont la pêche …
Tout ce monde bien réel …
Plus tard dans l’après midi monsieur Ohino dont je parlais dans l’article précédent est passé à la maison m’apporter du riz qu’il a produit – sans labour, sans produit en cide – je lui en achète deux kilos, j’ai hâte de le gouter. C’est peut être comme le riz que jes gens mangeaient autrefois. Je ne comprends pas tout ce qu’il raconte; cependant…. C’est pas grave; j’ai l’habitude …
Et j’aimerais bien; cet été, aller voir sa rizière observer et prendre des photos … il doit y avoir plein d’insectes, de grenouilles … des serpents … ce doit être magnifique …
On prend le thé, il est venu avec son épouse et son jeune fils, à qui je montre un album d’astérix, le domaine des dieux .. ça a l’air de l’intéresser.
Entretien entre M Iwata et un jeune agriculteur
Hier j’ai bouclé le boulot tôt, vers midi, pour aller voir un entretien entre monsieur Iwata et un jeune agriculteur, établi à Himeji.
Toutes les deux semaines il y a ainsi un entretien, les dates sont alignées au calendrier solaire traditionnel en 24 divisions, durant lequel monsieur Iwata -78 ans- développe une conversation avec un guest. J’ai eu l’honneur par deux fois d’y participer et d’être interviewé. Pour moi aller voir ces entretiens c’est devenu comme une thérapie …
Ca se déroule dans un restaurant, un endroit magnifique, installé dans une ancienne ferme de 150 ans.
Tout y est beau, et rien que d’y passer deux heures, on se sent rafraichi et inspiré.
Si vous êtes à Himeji un midi et avez une bonne demie journée de libre je vous conseille d’aller y déjeuner (il y a un arrêt de bus mais il faut un peu marcher); contactez moi si ça vous intéresse.
Hier j’avais le soleil dans l’objectif optique de mon téléphone et ici j’emprunte les photos de https://www.instagram.com/komegalleryotemae/
Hier l’entretien était avec Ohino Takuya un jeune agriculteur qui produit du riz au nord de Himeji, en suivant une méthode entièrement naturelle et en orbite autour des principes:
- pas de labour
- pas d’entrant ni de sortant (no input no output)
- ne considère pas les insectes et les ‘mauvaises’ herbes comme des ennemis.
Je pense que monsieur Ohino est obligé, pour que le public le comprenne, de définir sa méthode et sa philosophie avec des phrases négatives, car, oui 95 pour cents des agriculteurs et jardiniers ici: labourent, apportent plein d’entrants avec les engrais, et pour eux, les oiseaux les insectes les mauvaises herbes sont des ennemis !
On pourrait reformuler les définitions avec des phrases positives:
- laisser la terre tranquille pour le bien-être de ses petits habitants et des plantes
- laisser le riz se développer avec sa propre force intérieure
- considérer les insectes les oiseaux et les herbes comme des guests…
Tout cela va au-delà d’une méthode technique pour produire quelque chose, c’est à n’en pas douter une philosophie de la vie !!! On voit d’ailleurs le calme profond de la personnalité de monsieur Ohino …
L’entretien est en deux parties de 30 minutes; entre les deux parties, un duo de musiciens du village -箱庭- joue des morceaux qu’ils choisissent en fonction de la saison ou du profil de l’invité… Hier ils jouent une chanson sur le printemps. Vous pouvez les suivre sur spotify.
Au cours de l’entretien je note ces quelques phrases:
できたらできたぶんをとる
Récolter ce qui est disponible
無理のない稲
Un plant de riz qui ne se force pas
田んぼの子供の声が聞こえる
Une rizière où l’on entend des voix d’enfants
いい田んぼ
Une bonne rizière
一人分作る
Produire assez pour une personne
Souvent ces entretiens ne fournissent pas de « solution » directe; prête à utiliser, non, mais, toujours, ils entrouvrent de nouvelles portes, des fenêtres cachées, ou oubliées …. à chacun ensuite de faire les premiers pas et de faire son chemin.
A propos, monsieur Iwata qui conduit ces entretiens est ainsi pleinement dans son rôle et sa qualité d’artiste: il dévoile des signes, et ouvre l’horizon vers de nouvelles possibilités.
En ce qui me concerne dans le jardin, je suis à 66 pour cents de la methode: je ne laboure pas, j’apporte cependant régulièrement du fumier de poules ou de cheval, quant aux oiseaux et les herbes, je ne suis qu’un locataire dans leur domaine …. Bien sûr j’aimerais pouvoir m’améliorer car je suis un jardinier bien maladroit ….


















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