Catégorie: lectures

Un beau passage

Dans Thérèse Desqueyroux, de Mauriac. Pléiade (tome 2 / p. 62)

mauriac

 

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Lecture: Le peuple de l’abîme (Jack London)

Je crois en l’importance des rencontres que l’on peut faire avec les livres, en particulier lorsque l’on voyage à l’étranger ou que l’on y vit:

En Pologne en 1994 j’avais découvert un exemplaire de l’histoire de l’art par Claude Roy, chez un antiquaire pour 500 zlotys. Une lecture passionnante !

Plus tard au Japon j’ai fait moults découvertes en particulier dans le quartier de jimbocho à Tokyo. Un manuel français de chirurgie légale avec illustrations était posé dans la rue, sur un transformateur électrique. Sans doute la trouvaille la plus spectaculaire.

Plus tard en 2008 j’avais trouvé parmi des livres perdus dans une station de métro à Tokyo, station ou je m’étais arrêté par hasard pour prendre un coup de fil, six Maigret de Simenon.

Plus récemment encore alors depuis plusieurs mois que je voulais me renseigner sur Saint François d’Assise, j’ai trouvé un exemplaire de ses fiorettis dans une petite librairie de Kichijoji, à Tokyo, toujours en version française.

Il y a deux semaines j’étais aux US pour un petit business trip et j’ai déniché chez un libraire un livre de Jack London; le peuple de l’abîme. Jack London dont j’ignore presque tout me fait penser plutôt aux lectures d’aventures de jeunesse. J’ai entendu parler de son engagement politique. Je décide de me séparer des quatre dollars quatre vingt dix neuf cents pour faire l’acquisition de ce vieil exemplaire, imprimé en 1975.

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Ce livre est en réalité un documentaire, une enquête. Jack London, quitte sa Californie et part à Londres. Le récit a été publié pour la première fois en 1904.

A Londres, Jack London part vivre dans le East London. Quartier populaire … à la lecture du livre on voit qu’il s’agit en réalité d’un bidon ville, d’une favela londonienne, s’y entassent 800 000 pauvres âmes dans une misère incroyable, tous et toutes sans aucun espoir, et glissant plus ou moins vite sur la même pente qui les conduit toutes et tous, sans, exception, à l’abîme.

Les bidonvilles et cette misère décrits par Jack London ont depuis été déplacés, et ont suivi les usines, en Chine, au Bangladesh et ailleurs, avec la mondialisation. Le propos est donc toujours d’actualité. http://www.waronwant.org/sweatshops-bangladesh

L’écriture est claire. C’est un travail journalistique, et une lecture que je vous recommande. Le livre apparemment est toujours disponible, le titre français a été modifié.

https://www.amazon.fr/dp/2859405992

En voici quelques extraits.

page 221

La suprématie d’une certaine classe ne peut exister que grâce a la dégradation des autres classes sociales.
Quand on parque les travailleurs dans le Ghetto, ils n’échappent pas à la déchéance. Une nouvelle race, maladive et mal lotie, prend la place de l’autre: c’est le peuple du pavé qui est abruti et sans force. Les hommes ne sont plus que des caricatures d’eux-mêmes, leurs femmes et leurs enfants sont pales et anémiés, leurs yeux sont cercles de noir, ils ont le dos voûté et traînent la savate, et deviennent très vite rachitiques, sans grâce et sans beauté.

Et pour corser le tout, les hommes du Ghetto sont ceux dont personne ne veut — c’est une souche déracinée qu’on abandonne jusqu’a la plus complète pourriture. Pendant plus de cent cinquante ans, on a tiré d’eux le meilleur d’eux-mêmes. Les esprits forts et courageux, pleins d’initiative et d’ambition, sont partis à la découverte de pays plus accueillants,_ où la liberté n’était pas un vain mot. Ceux qui n’avaient plus rien dans la tête, ni dans le cœur, ni dans les mains, tous les bons-à-rien et les désespérés, sont restés là pour conserver la race. Au fil des années, on leur a retiré le meilleur de ce qu’ils avaient.

Dès qu’un homme solide et bien bâti devient adulte, on l’oblige à s’engager dans l’ armée. Un soldat, comme l’a écrit Bernard Shaw, est soit-disant un défenseur héroïque et patriotique de son pays. En réalité, c’est un malheureux, conduit par la misère à offrir son corps aux obus, contre une nourriture et des vêtements.

 

page 223

A mon avis ce serait suffisant pour condamner la société moderne à peine en avance sur les temps de l’esclavage et du servage, si la condition permanente de l’industrie devait rester telle qu’elle s’étale sous nos yeux actuellement. Quatre vingt dix pour cent des véritables producteurs de biens de consommation courante n’ont pas de toit assuré plus loin que la semaine en cours, n’ont aucune parcelle de terre et n’ont même pas de chambre qui leur appartienne, ne possèdent rien, sauf quelques vieux débris de meubles qui tiendraient dans une charrette, vivent sur des salaires hebdomadaires insuffisants, qui ne leur garantissent même pas la santé, sont loges dans des taudis tout juste bons pour des chevaux, et sont si près de la misère qu’un simple mois sans travailler une simple maladie ou une perte imprévisible les feraient basculer sans espoir de retour vers la famine et la pauvreté. Au dessous de cet état normal de l’ouvrier moyen dans la ville et dans les campagnes il  y a la troupe des laisses pour compte de la société qui sont sans ressources – cette troupe qui suit l’armée industrielle et qui compte au moins un dixième de la population prolétarienne, et croupit dans la misère et la maladie. Si c’est la ce que doit être cette société moderne, dont on nous rebat les oreilles, c’est la civilisation même qui est coupable d’avoir apporte la misère a la plus grande partie de l’espèce humaine.

Quatre Ans ! 444ème article ! rétrospective …

Voici le quatre cent quarante quatrième article de ce blog. Ca fait quatre ans que nous avons commencé une nouvelle vie à la campagne en nous installant dans un petit village de la région du Kansai, au Japon.

Une première surprise avec ce blog c’est d’avoir autant de lectrices et de lecteurs. Je me réjouis toujours de vos commentaires et de vos questions.

Une deuxième surprise c’est d’avoir encore des choses à raconter, après quatre ans.

Je suis tenté de retracer une mini chronologie de ce blog, car il y a eu plusieurs phases ou étapes. Et on pourrait résumer tout cela en: initiation du novice citadin à la vie à la campagne (au Japon).

Eté 2012 

Installation dans le village. Premières impressions.

ferme japonaise

Nous étions encore bien naïfs, nous ne savions rien de la vie à la campagne.

Et nous avions encore peur des insectes.

On écrit aussi un peu sur notre maison japonaise. Qui avant les travaux n’était pas vraiment folichon.

Pour nous c’est une nouvelle vie, même si j’ai la possibilité de garder mon job en informatique, que j’effectue désormais à distance, à la maison.

Hiver 2012-2013

Une periode ou l’on essaie tout et où rien ne marche vraiment, faute d’expérience. Cela n’entame pas notre enthousiasme pour autant. Je me sens un peu comme Jean de Florette ….

Printemps – été 2013

Concert de rock punk dans le temple bouddhiste du village. Le bonze de notre village est délirant.

Nous faisons la rencontre de S. C’est un moment clef pour nous car c’est par l’intercession de S. que nous apprenons énormément par la suite.

L’histoire de notre initiation à la vie à la campagne est un peu comme un escalier dont nous gravissons les marches une à une.

S. est charpentier, nous lui commandons la destruction d’une vielle batisse juste en face de notre maison, qui est en très mauvais état. Jadis construite pour l’élevage des vers à soie. A la place S. construit une petite maison de une pièce; selon les techniques de construction japonaises traditionnelles et avec le bois des arbres qu’il a coupés lui-même dans la montagne. Je passe beaucoup de temps à regarder comment il travaille. C’est beau et passionnant.

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Hiver 2013-2014

Mes parents et ma tante nous honorent de leur visite et voyagent de France. Nous visitons un peu Kyoto qui n’est pas loin et passons beaucoup de temps dans le village. Ma mère prépare un civet de chevreuil qu’elle fait goûter aux voisins avec beaucoup de succès.

Nous construisons aussi ensemble un abri pour stocker notre bois.

Nous achetons un camion keitora. Ceci marque symboliquement notre appartenance à la campagne Japonaise.

Hiroshi nous donne un petit chaton abandonné, et nous le nommons Minou. Minou est très faible, malade, pleine de parasites. Mais en quelques semaines elle devient un chat magnifique.

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En un an nous avons réalisé la puissance de la nature qui nous entoure au village. La beauté des insectes, des plantes, du ciel, de l’eau. Cette vérité que nous avions oubliée nous immerge. Et puis, marcher sur la terre lorsque nous jardinons, et le contact avec le bois.

Vivre dans une maison japonaise ancienne, faite de bois et de terre..  On est ainsi en permanence connecté avec l’univers et on se sent très très bien.

Un an après notre installation, nous savons que la ville (Tokyo) ne nous manque pas.

Une grande surprise aussi est la qualité des relations que nous entretenons avec nos voisins. Tout le monde est sympathique et nous a acceptés d’emblée. On comprendra plus tard que les gens étaient très contents de voir des gens s’installer avec un jeune enfant.

Ma femme bien que venant d’une région plus au sud s’est très bien habituée à la vie dans notre village et affirme ne vouloir retourner à Tokyo pour rien au monde. Quand à moi; vivre ici au village c’est comme vivre en France. Il y a de l’espace (plus qu’à Tokyo), de la nature (plus qu’à Tokyo) et les gens me foutent la paix (comme à Tokyo). Donc je ne sens aucun dépaysement. A part la distance avec la famille et le manque de fromage.

Et les discours de François Hollande nous rappellent à chaque fois que nous sommes très bien au Japon.

Printemps 2014

Pour une année, et suivant la rotation d’une maison l’autre, nous sommes chef du district. Ou rinpocho. Ca consiste surtout à collecter des sous chaque mois. Par contre, une personne âgée de notre district décédée, notre qualité de chef de district nous amène à jouer un rôle clef lors des obsèques.

On comprend alors combien les liens de confiance entre tous sont importants dans le village. Nous nous sentons aussi très intégrés.

Lis the good life de Helen et Scott Nearing.

Nous récoltons du thé dans la forêt.

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Eté 2014

Récolte un carton de pommes de terre.

Automne 2014

Nous faisons l’acquisition d’un bout de la montagne; juste en face de chez nous. Commence à débroussailler. La montagne deviendra par la suite un immense terrain de jeu et d’expérimentations. Ce moment marque vraiment notre passage à l’action.

Nous pouvons remodeler la montagne à notre guise. Mon projet est de réduire la quantité de cryptomères, dégager la jungle et les broussailles et planter une grande variété d’arbres, afin que la nature puisse repartir et se re développer.

Le contact avec la terre aussi nous fait toujours du bien. Chaque personne sur cette planète devrait avoir son petit lopin de terre et y faire des trous. Le monde irait bien mieux.

On pense au concept de grounding où justement on est connecté à la terre.

Commence aussi une longue relation avec les sangsues.

Des visions de moissonneuses de riz transformée en robots gundam.

moissonneuse Gundam

Hiver 2014 – 2015

Découvre dans une montagne voisine un cerisier géant et écroulé. Il s’appelle ‘cerisier éléphant‘. Je le débite et le ramène à la maison. Bonne expérience avec la tronçonneuse. Dois doubler la capacité de notre abri bois.

Je finis ma première Bande Dessinée Tout Ira Bien. Dernière page publiée sur le blog !

Dans la montagne, plante les premiers arbres.

Minou commence à se promener dans la montagne, en notre compagnie.

Printemps 2015

Visite de Kristophe Noel, photographe, rencontré via ce blog.

L’ecole maternelle du village ferme, faute d’enfants. Le vieillissement de la population et le peu d’enfants est un très gros problème Japon et va aller de mal en pis.

Je me relance dans le jardinage mais je l’avoue sans trop de succès, à cause de mon boulot trop busy et de mon manque de focus.

Eté 2015

Pourtant le thème de l’agriculture continue de me passionner; et je lis un excellent book sur la permaculture et autres méthodes.

Automne 2015

Autre signe que les choses commencent à partir sérieusement en rouille avec la diminution de la population; la superette du village ferme.

Hiver 2015-2016

Travaille de nouveau dans la montagne. Dégage la deuxième terrasse. Plante une vingtaine d’arbres.

le plan de la montagne

Publie ma bande dessinée Tout Ira Bien. à compte d’auteur. Le résultat; imprimé, est vraiment convaincant. Vends sur le net. Versions Française et Anglaise.

Exposition photo de Kristophe Noel dans un café du village. Portraits des habitants.

Fais la connaissance de TS, un jeune agriculteur de la région, éduqué aux Etats Unis. On parle en Anglais. Par la suite je fais connaissance avec quelques étrangers établis ici, ce qui est une première, et un soulagement un peu de ne pas être me seul étranger de la région.

S. donne un coup de main et coupe une dizaine d’arbres dans notre montagne. Des cryptomères.

Printemps 2016

Notre fils rejoint l’équipe de baseball du village.

S. propose d’utiliser le bois des arbres de notre montagne et de construire un truc avec. Commence alors le projet de Technology Transfer je vais travailler les week ends dans l’atelier de S., S. m’enseigne les ficelles de son métier. C’est passionnant. On aimerait devenir charpentier !

Eté 2016

444è article de ce blog.

Lecture: Permaculture

Des notes de lecture pour ce 300ème article !
Après avoir découvert leur fantastique ferme sur youtube (https://www.youtube.com/watch?v=5w3VqluGfGY) j’ai lu le livre ‘Permaculture’ par Perrine et Charles Hervé-Gruyer. Un très beau livre, très bien écrit, avec beaucoup d’intelligence et un bon style. Qui relate le cheminement des auteurs et les diverses réflexions, inspirations et techniques qui ont conduit à la réalisation de la ferme du Bec Hellouin.
permalecture

permalecture

Les passages où l’on évoque les tribus d’Amérique du Sud ou d’ailleurs et où l’on évoque la relation respectueuse et symbiotique de l’homme premier avec la nature sont particulièrement intéressants. Il y a aussi un peu d’utopie. Et pourquoi pas s’offrir une lueur d’espoir. Si il y a de la lumière au bout du tunnel, ça n’est pas forcement un train.
  • Editeur : ACTES SUD (10 septembre 2014)
  • ISBN-10: 2330034342
  • ISBN-13: 978-2330034344
En voici quelques extraits.
(numéro de page non noté)
Nous avons progressivement cessé de croire que nous faisons pousser les plantes. Le potentiel d’une plante est contenu dans la graine; la mission du sol est d’assurer sa germination puis sa croissance. Nous ne sommes que les modestes assistants de ces forces de vie. Notre mission est d’offrir aux plantes les conditions les plus favorables à leur épanouissement. Nous sommes les serviteurs des vers de terre!
p60-61
D’où vient l’inébranlable sérénité des Wayanas ? Cette absence d’angoisse du lendemain ? Du fait que la nature environnante leur donne potentiellement tout ce dont ils ont besoin pour vivre bien, jour après jour. Ils sont entourés d’une nature fertile et ont les compétences nécessaires pour en tirer leurs ressources. Ces deux éléments sont également importants:
la disponibilité des ressources, d’une part, et la capacité d’en tirer profit, d’autre part. Cela explique pourquoi les Améridiens perçoivent la forêt amazonienne comme une mère féconde et généreuse, et pourquoi nous les Blancs lé décrivons souvent comme jungle hostile, l’enfer vert: nous sommes incompétents pour vivre de cet environnement si différent du nôtre!
Chez les Wanayas, quasiment rien ne s’achète, hormis les produits apportés par les blancs qui leur sont devenus nécessaires. Comme les autres peuples premiers, les Amérindiens savent tirer parti des ressources biologiques- bois, plantes, fibres, os, plumes terre- pour fabriquer leurs objets usuels: cases, pirogues, petite mobilier, hamacs, arcs et flèches, vanneries, poteries, objets rituels ….
Ces objets ont tous en commun d’être parfaitement adaptés à leur usage, légers, solides, biodégradables et non toxiques, tout en étant habilement décorés. L’art se conjugue à l’outil jusque dans le plus humble des outils.
Voici qq points essentiels qui différencient nos sociétés modernes et les peuples traditionnels:
Les resources en nourriture, matériaux et énergie sont généralement abondantes dans l’environnement immédiat des communautés tribales.
Ces ressources appartiennement collectivement à la communauté et sont gratuites.
Chaque individu (ou chaque communauté) possède l’ensemble des savoir-faire qui lui permettent de satisfaire à ses besoins essentiels gràce aux ressources naturelles. L’argent n’est donc pas nécessaire, les échanges se fondent sur le don ou sur la réciprocité.
(…)
Tout cela procure un profond sentiment de sécurité. Les peuples premiers ont peu d’objets, réglementées peu comparés à nous, mais ne leur manque de ce qu’il leur est nécessaire pour assurer leurs besoins vitaux: habitat, alimentation, vêtements, outillage (….)
Il convient du reste de relativiser la notion de travail: celui-ci n’a pas le caractère contraignant qu’il revêt chez nous. Chasser, pêcher, cultiver le manioc, fabriquer des outils sont des activités appréciées. Il leur reste quantité de temps libre pour entretenir des relations sociales, célébrer leurs fêtes et leurs rites.
p71
Se nourrir est un acte aussi intime que faire l’amour.
Quand vous faites l’amour, la fusion est totale. Mais l’intimité des corps va bien au-delà du physique : l’énergie de votre amant vient s’enfoncer profondément dans votre bulle énergétique. C’est pour cela que l’acte sexuel, selon la manière dont il est vécu, peut être source d’immenses bienfaits comme de profonds désordres. Il en est de même à chaque repas. Les molécules ingérées vont beaucoup plus loin que le sperme : elles rejoignent chacune des milliards de cellules qui nous constituent.
Ingurgiter des aliments industriels pollués est une forme de viol de notre corps. Une atteinte à la vie. Donner ces aliments à nos enfants peut être vu comme un assassinat à petit feu. Nous voulons tous le meilleur pour nos enfants, n’est-ce pas ? Devenir plus conscients du rôle de l’alimentation pourra nous aider à faire les meilleurs choix pour eux. L’apprentissage d’une alimentation saine devrait faire partie des fondamentaux de l’éducation, tout comme la gestion du stress et la résolution non violente des conflits. Mais ces choses importantes ne s’enseignent pas à l’école. (….)  Manger est un acte sacré qui devrait être entouré du plus grand respect. Au fond, pour l’acte sexuel comme pour notre nourriture, tout est affaire d’amour.
p93
Dès nos premières recherches, notre attention est attirée par un système de culture plurimillénaire, sorti de l’oubli par la permaculture: la culture sur buttes permanentes. Cette approche se fonde sur un constant simple: dans la nature, le sol n’est jamais travaillé. De plus, il est généralement toujours couvert par une litière de végétaux en décomposition. En créant des buttes de culture permanentes, nous évitons de détruire le potentiel de fertilité du sol par des passages d’engins mécaniques ou par le bêchage. Les organismes vivants du sol; vers, bactéries, champignons, algues, etc vont pouvoir prospérer et améliorer naturellement la structure et la fertilité du sol. Si de plus le sol est court par un paillis, ou mulch, les éléments fertiles du sol ne sont plus lessivés, les désherbage est réduite, les réserves d’eau du sol sont protégées de l’évaporation, les premiers centimètres du sol ne sont pas stérilisés sous l’action du soleil, et cette litière, en se décomposant, réalise un véritable compostage en place.
p210
L’industrie, l’agriculture et la pêche contemporaines sont enfermées dans des logiques ‘extractives’, comme des carrières: on puise dans les ressources de la planète, jusqu’à épuisement. Pour assouvir nos besoins et nos désirs, les agriculteurs dilapident les ressources en matière organique des terres arables; les pêcheurs vient la mer des stockes poissons, les industriels épuisent les gisements de minéraux du sous-sol, et nous tous, collectivement, asséchons les réserves d’énergies fossiles. Nous prenons sans rien restituer. Nous vivons sur le capital de la terre, une telle politique est suicidaire.
p211
L’avenir est à une économie écosystémique, circulaire, qui crée de la richesse à chaque étape des cycles d’échanges, ne gaspille rien, se contente de prélever les intérêts du capital de la Terre. Ce type d’économie s’inspire de la nature et s’appuis sur les forces du vivant, car seul l’organique est capable d’engendre un accroissement naturel des ressources. Il faudra ré-apprendre à vivre presque exclusivement des ressources biologiques, comme le faisaient nos ancêtres.
p293
Le chômage est un fléau des sociétés industrielles sur le déclin qui semble impossible à contenir. Tous les gouvernements successifs en font leur priorité, avec les résultats que l’on sait. Peut-petre conviendrait-il de prendre un peu de recul  et de considérer l’histoire récente de notre pays ? Au début du XXè siècle un choix politique a été fait: privilégier l’industrie au détriment de l’agriculture. En sous-payant les produits agricoles, on libérait du pouvoir d’achat au profit des biens industriels. En ponctionnant la main d’oeuvre agricole on disposait d’ouvriers pour les usines. L’exode rural et le gonflement des villes allaient dans le sens d’une politque centralisée et d’une certaine vision du progrès.
Nous avons évoqué les 5,45 millions d’emplois agricoles qui ont disparu en France depuis 1955? Ces millions d’emplois détruits correspondent à peu près au numbre de chômeurs actuels. Pourtant, personne ne fait le lien entre les emplois détruits et les emplois manquants.
p296
‘Les hommes sont comme les pommes: plus on les entasse, plus ils pourrissent.’ affirmait Mirabeau.`
p306
Les satisfactions sont à la hauteur de l’investissement personnel et des risques encourus -à condition toutefois de surmonter les obstacles et de pérenniser la microferme! Pour nous, vivre dans la nature est la vraie vie, une existence variée et épanouissante qui permet de développer notre potentiel d’être humain. La récompense n’est pas monétaire, elle ne vient pas non plus en termes de reconnaissance sociale car les métiers de la terre restent encore injustement dévalorisés. Elle tient dans la qualité de la vie. L’émerveillement devant le spectacle quotidien de la nature, la brume du matin, les gouttes de rosée, la magie de la germination des graines, les oiseaux pour compagnons, la beauté des légumes et des fruits, la joie de se nourrir de sa propre production, les échanges vrais et sincères avec des personnes hommasses: tout cela n’a pas de prix. Travailler chez soi, être son propre patron, vivre dehors, poser ses choix et en assumer les conséquences donne une vie noble et pleine, même si les soucis sont réels. Les journées sont longues mais, comme l’écrivait John Seymour, le soir venu on se dit ‘déjà fini ?’
Devenir paysan  offre aussi la satisfaction d’engager sa vie au service de la Terre et des autres; chaque geste a du sens et peut contribuer au bien commun. Trouver un but à sa vie, dans un monde caractérisé par la perte de sens, est un privilège.
p308
Pour une installation maraîchère, lorsque vous parviendrez à produire plus de 25 euros de légumes par mètre carré et par an, en moyenne, et que chaque heure de travail dégagera au moins 15 euros de chiffre d’affaires vous pourrez estimer que vous avez quelques chances d’arriver à vivre (modestement) du métier de maraîcher.
p321
Habiter la terre en poète ou en assassin ?
p322
L’être humain a un rôle essentiel à jouer, un rôle positif et constructeur, dans l’avenir de la biosphère. Si la nature nous a dotés d’un cerveau aussi sophistiqué, ce n’est pas pour la détruire en retour, mais pour entrer dans une démarche active de coévolution avec elle. Nous pouvons coopérer avec les processus biologiques pour créer de nouvelles formes de vie et de nouvelles formes d’organisation du vivant. Les jardiniers ne font pas autre chose, lorsqu’ils conduisent des plantes sauvages à donner des fleurs, des fruits, des légumes admirables. Chaque rose parfumée, chaque pomme vermeille, chaque carotte sucrée est le fruit d’une symbiose antre la nature et des générations de jardiniers. La nature n’aurait pas créé sans nous ces fleurs et ces fruits. Mais faut-il encore nous positionner en dehors de la nature ? Nous sommes la nature, sa fine point consciente peut-être, et notre mission est de veiller avec douceur et sagesse sur tous nos compagnons de voyage. Ils n’attendent qu’une chose de nous: que nous devenions vraiment humains, que nous nous ,montrions dignes de cette position unique qui est la nôtre.
Chaque jardin, chaque ferme peut devenir un lieu de guérison du monde et continuer à son embellissement.

Lecture: Le Sol

Une courte vidéo sur Facebook me fait connaitre le couple Bourguignon. Spécialistes du sol. Je m’empresse de commander leur livre que je dévore. Qu’est ce que le sol. Les interactions entre le vivant et le minéral. les différentes faunes qui habitent le sol, et le transforment. L’impact de l’agriculture moderne. Le manque d’intérêt et de compréhension pour le sol.
Le dernier chapitre traite des animaux domestiques, de notre relation avec l’animal.
Le livre est passionnant. J’ai marque beaucoup de passages dans ce livre, et j’en recommanderais la lecture à toute personne qui jardine ou s’intéresse au sujet.
En voici quelques extraits.
Claude & Lydia Bourguignon
Le Sol, La Terre et les Champs.
ISBN 978-2-86985-199-7
p29 Le sol est le fruit d’une synergie entre les argiles provenant de la roche mère et les humus provenant des débris organiques.
p29 30
les facteurs qui participent à l’altération des roches et à la décomposition de la litière (….) facteurs physico chimiques et facteurs biologiques.
température (….) toute augmentation de la température de 10C multiplie la vitesse des réactions chimiques par trois. (…) un autre facteur est la pluviométrie.  Plus celle-ci est abondante plus la décomposition des roches et de la litière sera rapide. (…)
les racines er les microbes attaquent la roche mère (…) pour y prélever leur alimentation. (…) Les roches sont essentiellement formées de silice, de fer et d’aluminium, Lors de leur attaque, les racines et les microbes vont prélever dans les roches les éléments dont ils ont besoin; à savoir la potasse, le phosphore, le soufre; le calcium, la magnésie … par contre la silice, le fer et l’aluminium sont des oligo éléments pour les plantes, elles ont donc en prélever très peu. Ce faisan, elles vont laisser, dans l’eau du sol, de grandes quantités de silice, de fer et d’élu puisqu’ils sont majoritaires dans les roches. Lorsque les concentrations de ces éléments seront arrivés à un certain niveau, il y a cristaliisation de la silice, du fer et de l’alu en silicates de fer et d’alumine, qui sont des argiles.
p66
Il y a 80pc de vide à la surface du sol. Ceci va conférer au sol une très grande perméabilité qui atteint 150mm p heure en forêt de feuilles tempérée et 300mm p heure au sol de forêts tropicales. Grâce à cette perméabilité, le sol de forêt peut absorber tous les orages sans érosion.  un limon labouré, qui devient battant, voit sa perméabilité tomber à 1mm p heure. Cela explique pourquoi notre époque est touchée par les inondations alors que la pluviométrie n’augmente pas. En tuant la faune érigée par nos labours, nos engrais et nos pesticides, nous avons créé le siècle des inondations; des glissements de terrain et nous essayons de fuir nos responsabilités en rejetant la faute sur la pluie.
p66
La faune anémique est connue de tous.  Ce sont les grands vers de terre, les lombrics qui vivent dans des terriers verticaux. Ils cont nocturnes; toutes les nuits, ils remontent chercher de la litière. Ils font demi-tour, vident leur intestn à l’extérieur de la galerie pour former les turciques et replongent en profondeur. Ce sont eux qui brassent continuellement le sol de profondeur riche en argile, avec le sol de surface riche en humus.
p67 (…) chaque faune a un rôle très particulier. L’épigée décompose la litière et aère le sol de surface. L’endogée digère les racines mortes et la faune anémique brasse la terre, évitant ainsi le lessivage des éléments.
p68
Lorsqu’un brin de paille tombe au sol, il est d’abord attaqué par les bactéries capables de dégrader la cellulose et qui pullulent sur les fibres cellulosiques de la paille. Puis, les amibes mangent ces bactéries et libèrent les fibres de lignite; permettant ainsi aux champignons qui dégradent celles-ci d’intervenir.
Sans l’action de ces amibes, les champignons seraient gênés par les bactéries
p70
on pourrait comparer le sol à une pâte à pain qui a besoin d’être brassée, aérée, malaxée, par les mains du boulanger pour pouvoir ensuite permettre l’action des levures qui la feront gonfler; changeront son goût et permettront de la changer en pain.
p78
Sans le monde microbien, l’azote de l’atmosphère ne pourrait pas entrer dans le monde vivant. L’azote est  une molécule très stable que seules les bactéries savent transformer en ammonium, puis en nitrate. Il a fallu attendre 1913 avec le procédé Haber Bosch pour que l’homme sache copier cette réaction microbienne afin d’obtenir des nitrates pour les bombes. Jusqu’alors l’homme fabriquait la poudre avec le salpêtre (nitrate de potassium) fabriqué dans les caves huiles par le monde microbien.
p80
Les deux sources du phosphore sont les roches 60pc et la matière organique 40pc. Ce sont les champignons qui attaquent les roches et libèrent le phosphore sous forme d’ion phosphate. Cet ion est absorbé par les racines des plantes. Lorsque ces dernières meurent; le phosphore se retrouve dans l’humus d’où des champignons le minéraliseront à nouveau en phosphate.
p83
En n’apportant que le N, P, K, l’agriculteur déséquilibre ses plantes, les rend malades et doit ensuite acheter des pesticides pour les protéger. Au lieu de négliger les microbes, il peut les stimuler, soit en faisant des engrais verts qui nourrissent les microbes de la minéralisation, soit en apportant du compost qui ensemence son sol en microbes de l’humification, en particulier, les champignons.
p85
Lorsque la matière végétale et animale est déposée sur le sol, elle est broyée par la faune puis transformée par les micro organismes. Une partie est minéralisée par les bactéries et sert à l’alimentation des plantes, une autre partie sert à nourrir la faune et les micro organismes, enfin une troisième partie est transformée en humus par les champignons et sert à nourrir le sol. L’importance de chacune de ces voies dépendra de la nature des matériaux constituant la litière. Si les matériaux sont jeunes, c’est à dire riches en azote et pauvres en carbones, comme les engrais verts, les tourteaux, les lisiers ou les gadoues urbaines, c’est la voie de la minéralisation qui va dominer. Les composés ne produiront pas d’humus. (….) a l’inverse, les matériaux riches en carbones et pauvres en azote comme les pailles les bois raméaux ou la sciure de bois vont stimuler la voie de l’humification car ils sont riches en cellulose et en lignine, les deux substances qui produisent l’humus.
p86 87
le compost aboutit à une fermentation chaude qui a l’avantage de pasteuriser la matière organique et d’éviter ainsi de contaminer les champs avec des graines de mauvaises herbes et avec des germes pathogènes contenus dans les excréments animaux. (….) pour le compostage il faut que la fermentation soit aérobie car ce sont les champignons qui transforment la cellulose et la lignaient en humus et tous les champipi sont aérobies. (….)  en absence d’oxygène le métabolisme microbien ne peut pas dépasser 30C. Cette montée en température est assurée par des germes thermophiles en particulier les actinomycètes dont l’intérêt est d’être producteur d’antibiotiques. Ceux ci vont bloquer le développement des bactéries minéralisatrices qui se multiplient 20 fois plus vite que les champignons. Si on laisse les bactéries dominer elles vont minéraliser le tas…. la pasteurisation ne concerne que le centre du compost, la partie la plus chaude; celle qui dépasse 41C. Il faut donc retourner 2 à 3 fois le tas pour que l’ensemble du compost se pasteurise. Après les montées en température le tas va se rafraîchir et la faune érigée du sol pourra intervenir. Les vers de fumier(….) vont broyer finement le compost et produire des boulettes fécales que les champignons pourront alors attaquer et transformer en humus.
p97
Les graminées sont les seules plantes qui ne contiennent pas de facteurs toxiques anti nutritionnels et qui peuvent donc être mangées en grande quantité sans risque d’intoxication.
p102
Les arbres des régions froides ouvrent leurs bourgeons en fonction de la longueur du jour ex le chêne. Les espèces ne sont donc pas trompées par un mois de février trop doux. Dans les régions équatoriales où les jours et les nuits ont les mêmes durées toute l’année, les plantes sont sensibles à la température.
p154
Tout élevage doit pouvoir fournir un environnement physique, biologique, et social eg structure des troupeaux de qualité afin de produire des bêtes en bonne santé.
p166
Curieuse civilisation que celle qui brûle ses vaches et ses volailles, qui extermine la faune sauvage et qui cajole à l’excès ses chiens et ses chats. Notre coeur n’est-il plus assez vaste pour aimer la nature dans sa plénitude ?

Quick update on the webcomic Everything will be fine (English Version)

Just a FYI to our English speaking followers (thank you). We started to publish the English version of our webcomic !

The title in English is « Everything will be fine ».

The comic is an alegory inspired from the events that followed the nuclear crisis that hit Japan and Fukushima in March 2011. It happens in a fantastic world, a mix of medieval world with giant insects, pig, rats and humans. It is a fable more than anything else.

Though in a fantastic world, the events and the story line are all about what happens in the aftermath of a nuclear accident, like Fukushima or Tchernobyl.

Link to the English version : http://wakametamago.wordpress.com

Link to the French version: http://toutirabien.me

 

Thank you 🙂

everything will be fine title

everything will be fine title

The Good Life

THE GOOD LIFE.
Un excellent book écrit par Helen et Scott Nearing. Wiliam Coperthwaite cite les Nearing comme source d’inspiration dans A Hand made life – in search of simplicity.
En 1932, Helen et Scott Nearing abandonnent leur vie à New York et achètent un large terrain dans le Vermont. Où ils vivront principalement de leurs forêts et de leur jardin. Le livre est un récit de leur vie et de leur philosophie. Scott Nearing est mort à l’âge de 100 ans. Economistes de formation; Helen et Scott décrivent leur approche et leur méthode de façon détaillée et méticuleuse. La richesse des références utilisées est impressionnante et remarquable.
Les bonnes choses doivent être partagées et voici certains extraits de ce livre, dont nous vous recommandons la lecture. On peut regretter qu’aucun éditeur français ne se soit intéressé à ce remarquable récit, et qu’il n’ait pas encore été traduit en français.
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Minou, elle aussi, a beaucoup apprécié.
  • p.5 We left the city with three objectives in mind
The first was economic. We sought to make a depression free living, as independent as possible of the commodity and labor markets, which could not be interfered with by employers, whether business men, politicians or educational administrators. Our second aim was hygienic. We wanted to maintain and improve our health. We knew that the pressures of the city life were exacting, and we sought a simple basis of well being where contact with the earth, and home grown organic food would play a large part.
Our third objective was social and ethical. We desired to liberate et dissociate ourselves, as much as poccible, from the cruder forms of exploitation: the plunder of the planet; the slavery of man and beast; the slaughter of men in war, and of animals for food.
  • p.31 We would attempt to carry on this self-subsistent economy by the following steps: (1) raising as much of our own food as local soil and climatic conditions would permit. (2) Bartening our products for those which we could not or did not produce. (3) Using wood for fuel and cutting it ourselves. (4) Putting up our own buildings with stone and wood from the place, doing the work ourselves. (5) Making such implements as sleds, drays, stone=boats, gravel screens, ladders. (6) Holding down to the barest minimum the number of implements, tools, gadgets and machines which we might buy from the assembly lines of big business (7) If we had to have such machines for a few hours or days in a year *plough, tractor, rototiller, bulldozer, chainsaw), we would rent or trade them for local people instead of buying and owning them.
  • p.32 Ideas of « making money » or « getting rich » have given people a perverted view of economic principles. The object of economic effort is not money, but livelihood. Money can not feed, clothe or shelter. Money is a medium of exchange,-a means of securing the items that make up livelihood. It is the necessaries and the decencies which are important, not the money which may be exchanged for them.
  • p.33 Under any economy, people who rent out money live on easy street. Whether as individuals or banking establishments, they lend money, take security and live on a rich harvest of interest and the proceeds of forced sales. The money lenders are able to enjoy comfort and luxury, without doing any productive labor. It is the borrowing producers who pay the interest or lose their property. Farmers and home owners by the thousands lost everything they had during the Great Depression because they could not meet interest payments. We decided to buy for cash or not at all.
  • p.35 We believe that all life is to be respected -non human as well as human. Therefore, for sport we neither hunt nor fish, nor do we feed on animals. Furthermore, we prefer, in our respect for life, not to enslave or exploit our fellow creatures. Widespread and unwarranted exploitation of domestic animals includes robbing them of their milk or their eggs as well as harnessing them to labor for man. Domestic animals, whether cows, horses, goats, chicken, dogs or cats are slaves. Humans have the power of life or death overt them. Men buy them, own them, sell them, work them, abuse and torture them and have no compunctions against killing and eating them. They compel animals to serve them in multitudinous ways. If the animals resist, rebel or grow old, they are sent to the butcher or else are shot out of hand.
Cats and dogs live dependent subservient lives under the table tops of humans. Domestic pets kill and drive away wild creatures, whose independent, self-respecting lives seem far more admirable than those of docile, dish-fed retainers. We enjoy the wild creatures, and on the whole think they are more lithe, beautiful and healthy than the run of cats and dogs, although some of our best friends in vermont have been canine and feline neighbors.
  • p.91 The keystone of our economy was our food supply. As food  costs are the largest single item in the budget of low income families, if we could raise most of our food instead of buying it on the market, we could make a substantial reduction in our cash outlay and in our required cash income. (…) This decision brought us face to face with three stubborn facts, the Vermont climate, the pitch of the land, and the depleted soil.
  • p.121 most of the food consumed by human beings comes directly from the upper few inches of top soil. A whole soil is one that contains the ingredients necessary to produce sturdy healthy vegetation of the required variety and species. Different plants have different nutritional needs and offer various combinations of minerals, vitamins and enzymes to the animals and humans who consume them. Soil wholeness may be upset by erosion, by cropping, by improper fertilizers. Until the solid balance is restored, the products of an unbalanced soil will be unbalanced vegetation. If such vegetation is consumed, it may transfer its unbalance to the user, causing a person who eats « good food » by ordinary standards, to be far from well.
  • p.122 Good food should be grown on the whole soil, be eaten whole, unprocessed and garden fresh. Even the best products of the best soils lose more or less of their nutritive value if they are processed. Any modification at all is likely to reduce the nutritive value of a whole food. Peeling tomatoes, scrapping carrots, milling wheat, cooking green peas, removes essential partis of the food, causes chemical changes, or drives off vitamins.
  • p.142 We were looking for a kindly, decent, clean and simple way of life. Long ago we decided to live in the vegetarian way, without killing or eating animals; and lately we have largely ceased to use dairy products and have allied ourselves with the vegans, who use and eat no animal products, butter, cheese eggs or milk. This is all in line with our philosophy of the least harm to the least number and the greatest good to the greatest number of life forms.
  • p.144 Apply to vegetables and fruit the principles of wholeness, rawness, garden freshness, and one or few things at a meal, and you have the theory of our simple diet. In practice, the theory gave us a formulated regime, fruit for breakfast, soup and cereal for lunch, salad and vegetables for supper. (…)  We often had a one-day exclusive apple diet to revivify and cleanse the system. (…) Gourmets amongst us dipped whole bananas in honey and then in wheatgerm. Quarter sections of apples were dipped the same way, or spread with peanut butter. Nuts were often cracked and eaten with the apples. Berries were served with maple syrup or honey, or eaten dry. Breakfast was rounded up by a handful of sunflower seeds, herb tea sweetened with honey, or a tablespoon of blackstrap molasses in hot water.
  • p.145 We have gone for months at a time with no breakfast at all and maintained health and suffered no discomfort though carrying on a full program of work. For ten years we have eaten fruit for our first meal of the day, and yet put in four solid hours of hard physical or mental work until lunch. We felt better, worked better and lived better on it than after a stuffy starch, protein-rich breakfast.
  • p.148 All of our meals were eaten at wooden plank table, in wooden bowls, the same bowl right through the meal. This practically eliminated the dish washing problem. With no sauces, no frying and the like, there were few dishes to wash and pans to scrub. (…) We also felt than wooden eating utensils were more neutral and modified the flavor less than the metallic table tools.
These food habits of ours we found simple, economical, and practicable, though they were perhaps not usuals for 20th century Americans. With advancing civilization, the American diet pattern, like everything else, has undergone a thorough-going change. The business of procuring the necessities of life has been shifted form the wood lot, the garden, the kitchen and the family to the factory and the large-scale enterprise. in our case, we moved our center back to the land. There we raised the food we ate. We found it sufficient, delicious and nourishing.  On this diet we maintained a rugged health and patronized no doctors. (….) With vegetables, fruits, nuts and cereals we proved that one could maintain a healthy body as an operating base for a sane mind and a purposeful harmless life.
  • p.151 Livelihood is the central core around which most people build their lives. (…) The majority of human beings, notably in industrial communities, dedicate their best hours in their best years to getting an income and exchanging it for the necessaries and decencies of physical and social existence. Children, old people, the crippled, the sick, the voluntarily parasitic are at least partially freed from livelihood preoccupations. Able bodied adults have little choice. They must meet the demands of livelihood or pay a heavy penalty in social disapproval, insecurity, anxiety and finally in physical hardship.
Livelihood needs, particularly for the necessities, are continuous, operating every day, of every month, of every year.  An interruption in the supply of necessary goods and services, even for a short time, results in hardship and creates an atmosphere of uncertainty, anxiety and fear. By what means are the stability and security of livelihood to be safeguarded ?
(…) We would suggest seven procedures which will maximize the stability and security of livelihood.
First, regulating the sources of livelihood in such a manner that all able-bodied adults will render a service in exchange for income, thus eliminating the social divisions which develop when a part of the community lives on unearned income while the remainder exchanges labor power for its livelihood.
Second, avoid gross and glaring inequalities in livelihood status.
Third, budget and plan the community economy.
Fourth, keep community books and open the accounts to public inspection.
Fifth, pay as you go, either in labor or in materials, this avoiding inflation.
Sixth, practice economy, conserving resources, producing and consuming as little as necessary rather than as much as possible.
Seventh, provide a wide range of social services based upon specialization and cooperation.
  • p.153 Thoreau said on cutting one’s own fuel:  » It warms us twice, and the first warmth is the most wholesome and memorable, compared with which the other is mere coke… The greatest value is received before the wood is teamed home. »
  • p.154 Our purpose (…) was not to multiply food, housing, fuel and the other necessaries, but to get only enough of these things to meet the requirements of a living standard that would maintain our physical efficiency and at the same time provide us with no end in itself;  rather it was a vestibule into an abundant and rewarding life. Therefore we produced the necessaries only to a point which would provide for efficiency. When we reached that point we turned our attention and energies from bread labor to avocations or to social pursuits.
Current practice in US economy called upon the person who had met his needs for necessaries to turn his attention forthwith to procuring comforts and conveniences, and after that to luxuries and superfluities. Only by such procedures could an economy based on profit accumulation hope achieve the expansion needed to absurd additional profits and pay a return to those investing in the new industries.
Our practice was almost the exact opposite of the current one. ur consumer necessaries came mostly from the place, on a use basis. Comforts and conveniences came from outside the farm and had to be procudre either by barter or through cash outlays. (…) « Earn a little and spend a little less ».  Food from the garden and wood from the forest were the product of our time and labor. We paid no rent. Taxes were reasonable. We bought no candy, pastries, meats, soft drinks, alcohol, tea, coffee or tobacco. These seemingly minor items mount up and occupy large place in the ordinary’s family’s budget.
  • p.155 Mark Twain: Civilization is a limitless multiplication of unneccessary necessaries. A market seeks by ballyhoo to bamboozle consumers into buying things they neither or want, thus compelling them to sell their labor power as a means of paying for their purchases. Since our aim was liberation from the exploitation accompanying the sale of labor power, we were as wary of market lures as a wise mouse is wary of other traps.
  • p.158 City dwellers, accustomed to a wide variety of services, get to a point at which they believe that the essential questions of day to day living can be settled by arrangement, chiefly over a telephone. A customer with a ten dollar bill can get wonderful results in a department store. But put the same person in the backwoods with a problem to be solved and an inadequate supply of materials and tools. There money is useless, Instead, ingenuity, skill, patience and persistence are the coin current. The store customer, who comes home with a package under his arm  has learned nothing, except that a ten dollar bill is a source of power in the market place. The man or woman who has converted material into needed products via tools and skills has matured in the process.
  • p.159 William Cooper « It is not large funds that are wanted, but a constant supply, like a small stream that never dies. To have a great capital is not so necessary as to know how to manage a small one and never be without a little. »
  • p.192 We are opposed to the theories of a competitive, acquisitive, aggressive, war-making social order, which butchers for food and murders for sport and for power. The closer we have to come to this social order the more completely are we a part of it. Since we reject it in theory, we should , as far as possible, reject it also in practice. On no other basis can theory and practice be unified. At the same time, and to the utmost extent, we should live as decently, kindly, justly, orderly and efficiently as possible. Human beings, under any set of circumstances, can behave well or badly. Whatever the circumstances, it is better to love, create and construct than to hate, undermine and destroy, or, what may be even worse at times, ignore and lassoer passer.

 

 

A handmade life

Je viens de finir A Hand made life – in search of simplicity de Wiliam Coperthwaite.

Un livre remarquable.
En voici quelques extraits.
ISBN 978-1-933392-47-9
http://amzn.com/1933392479

p.14
if it is true that folk wisdom is our basic wealth, the chief insurance of a culture’s worth, then we are nearly bankrupt. Traditional knowledge is disappearing at an accelerating rate, as the creations of local craftspeople are replaced by factory made products, who are not designed with a concern for the improvement of human life but merely for profit. We need to be collecting as many examples of the old knowledge and skill, before they are forgotten and lost forever.
p.22 what is beautiful is easier to live with and care for. If we had fewer things and more meaningful ones, our homes and towns would be less cluttered, less ugly, and more peaceful. Our surroundings have a direct relationship to how tired we get and how happy we feel.
p.24 there are many unnecessary things in our daily lives that take up the largest part of our visual space.
p.25 We must learn to see beauty in our neighbors living well.
p.25 We need to build a society in which everyone wins. Losers are not good for business. the cost of having so many losers is tremendous in term of happiness, in $ of healthcare, famine relief, prisons (…) in wasted human potential.
p.25 true beauty must be as pleasing to the mind as to the eye.
p.27 When we look at total cost to society of buying a car, we may start searching for a vehicle made through a more beautiful form of production.
p.28 Life should be a search for harmony -not a battle, not a challenge- neither domination nor contending with nature but seeking harmony (…) We need to surround ourselves with things made with care and affection.
p.34 Work, to some, suggests drudgery -prostitution in order to earn a living- something one must do. For others of us, this is a gross misuse of the term: we believe that work is the productive and creative activity that makes human life possible.
p.36 Work is no misunderstood. The prevalent attitude toward hard work is that it is a necessary evil and that, while perhaps its burdens ought to be shared -done out of duty- works is definitively not an experience to be enjoyed. Many people learn to accomplish obligatory tasks well, at least efficiently; they dutifully do their share of labor to meet personal or family needs. Yet they consider bread labor less important than art, thought, research, or « creative » activities.
I protest. Bread labor is a primary activity of life, equal to or above these other pursuits in importance. What if we have been on the wrong track ? What if work, including the meeting of mundane needs, were to be recognized as an essential tool in understanding ourselves and our world ? What if we were to see that creativity, to be valuable and not merely dilettante, must be rooted in work ? Without labor, our way of life would not exist.
p.37 We all agree that slavery is wrong.Isn’t it equally wrong  to sell oneself ? Employers make it easy. pleasant working space, interesting companions, large salary, pension and insurance plans, short hours, long holidays, stock options, bonuses, (…) But this is not work that you feel good about doing -work that you do only for the pay and the benefits- it remains prostitution.
p.43 Those who feel « the need to get away » with vacations and retirement have not had the joy of finding the right job. Productive leisure is more satisfying than non productive leisure.
p.46 The story goes that Paden Powell got the idea from the boy scouts from seeing a crowd of people watching a soccer match. He suddenly realized  that the crowd should be  playing rather than watching.
As people, we live vicariously much of the time, we watch someone else’s drama, sex life, ball games etc. or listen to someone else’s music. Instead of vicarious ball games, how about a real gas of split wood -or plant garden- or catch a porcupine for supper ?
p.48 Good schooling and good teaching can be delightful, and can aid greatly in someone’s advancement, they are not fundamental to education: learning is.
p.50 out of fear of misusing children, we have deprived them of the opportunity of doing real work. the work of most adults is hidden rom the children. even worse, most of the adults they meet do not enjoy their work. As a result of this coercion, and the corresponding lack of opportunities for fully applied imaginations, is it any wonder that kids turn for their thrills to stimuli that are antigrowth and antisocial ? Kids need to see productive work being undertaken by those around them and to be given an opportunity to take part at an early age. Useful work as a learning tool has largely been ignored by our educational system. Not only do students learn in the doing of the work but also grow in emotional stability as they see the work of their hands being of use to others. For example, while the family is gathering and stacking firewood for winter, encourage children to make stake of their own. Then, at Christmas, use only wood from those stacks, letting the children see try directly that their work is keeping the family warm.
p.69 In modern parlance, WE TEACH WHAT WE ARE. The art of living is the most important of the arts. All others derive from this. Without the vision of a beautiful life, the other arts are incomplete. Which is more important ?? beautiful things ? or beautiful life ? We need vigilance if these two outlooks  are not to compromise on another, for instance, wanting to live a more violent life while holding a violent concept of beauty.
p.71 We teach children brutality with the media, with « histories », with toys and with military training. We feed them a steady diet of violence in their most formative years and expect them to grow into gentle, sensitive, loving adults. It simply can not be done. the violence of wars and urban rioting is minor compared to the scale of the violence that goes on every day in the lives of small children. We destroy creativity, spontaneity and confidence, we stifle curiosity, sensitivity and a sense of wonder, we kill love.
p.71 we use « primitive » to refer to a culture that we consider to be un civilized and also use the term for someone who is violent or brutal. Yet some allegedly primitive cultures have very little violence – for example the Lapps, Eskimos- while many civilized cultures are often engaged in wars of annihilation – Rome, Germany, US. We cal ourselves civilized though we spend more on weaponry than any other society has ever done. This hypocrisy, a form of self deception, is dangerous. Hypocrisy keeps us from trull knowing ourselves, the first stage in growing to individual and cultured maturity.
p.74 If I fell so concerned about others forms of life, why am I not a vegetarian ? Somehow I have never been able to take the anthropocentric prosition of putting animal life on a higher plane than plant life by eating plants and refusing to eat animals. From there it is easy to set human up as the highest of the animals, which seems a dangerous step to take (…) it is painful to choose to destroy anything -plant, animal, living or non living- but life demands destruction. We  plants and animals are all interdependent. We take away and give back. The least we can do is not to wastefully destroy, to use as little as need to be, and to cultivate a reverence for all things, then to ask that our remains be gratefully returned to the cycle.
p.75 We should use whatever we use with reverence, with concern for its nature, beauty and spirit.
p.76 We show ignorance of our kinship with nature by our burial practices. Are so afraid of becoming one with the earth that we need to fill dead bodies with poisons and seal them away in caskets to slow their return to the soil ? To deny our nature in this way demonstrates a fundamental insecurity and lack of appreciation for life and its cycles. How much more beautiful it would be to ease the body’s transition to compost, in the process helping the earth’s green carpet to bloom.
p.80 The finest gifts depend on thoughtfulness, sensitivity, knowledge, and caring. Not on the material wealth of the giver (). A more generous way of defining wealth requires rethinking many aspects of our lives: our dress, our homes, our way of living. Rather than rare paintings and China, why not fill our homes with the presence of joy, evidence of the search of wisdom, and signs of caring ?
p.82 fashion is a device to separate fools from their money, a snare to enrich merchants and producers. rather than being a follower of expensive fashion, why not be leader in simple fashion ? Be clothed in purpose, clarity and kindness, and dress in a way that makes the best use of the world’s supply of materials.
p.83 violence is rooted in insecurity and want, and simplicity in living addresses both of these ills. (…) the simpler something is to make, the more easily it can be replaced and the less wear dependent on special skills, materials, or markets. Simplicity is not just a matter of doing more with less, or spending less, or using less of the world’s resources, it is a matter of freedom.
p.84 The home you invest your time, energy and money in should be the one you prefer esthetically.
p.85 we are accustomed to thinking in game terms, of winning and losing, We need to develop a philosophy of life in which there are no losers, a world where everyone can win.
p.92 simple living is less violent and less exploitative. when we live in complexity, our needs are so great in terms of energy and material goods that we live at the expense of others. as we simplify our homes, our clothes, and our eating habits, not only is less work needed to supply us but also less effort to maintain our way of life as well.
 p.108
     We live in a world where the word « education » does not mean learning but schooling. « Civilization » does not mean cultivation and culture but rather nation states spending astronomical amounts of wealth on preparation for war.
« Food » does not mean nourishment but an endless array of substitutes, adulterants, preservatives and growth hormones. « Shoe » does not mean foot wear but foot ornament. And « Freedom » does not mean liberty but wage slavery, welfare, and prostitution of labor.

Sur les forêts

Le village est entouré de montagnes que la forêt recouvre. La forêt c’est l’infini qui nous entoure et la liberté à portée de la main. Sans doute, lorsque le moment viendra, notre prochaine étape.

Et ces lignes de Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson, résonnent particulièrement.

p.168
En Russie, la forêt tend ses branches aux naufragés. Les croquants, les bandits, les cœurs purs, les résistants, ceux qui ne supportent d’obéir qu’aux lois non écrites, gagnent les taïgas. Un bois n’a jamais refusé l’asile. Les princes, eux, envoyaient leurs bûcherons pour abattre les bois. Pour administrer un pays, la règle est de le défricher. Dans un royaume en ordre, la forêt est le dernier bastion de la liberté à tomber.
 
L’État voit tout; dans la forêt, on vit caché. L’État entend tout; la forêt est nef de silence. L’État contrôle tout; ici; seuls prévalent les codes immémoriaux. L’État veut des êtres soumis; des cœurs secs dans des corps présentables; les taïgas ensauvagent les hommes et délient les âmes.
Les Russes savent que la taïga est là si les choses tournent mal.
(….)
Refuzniks de tous les pays, gagnez les bois ! Vous y trouverez consolation. La forêt ne juge personne, elle impose sa règle. 
p. 190
En cabane, on vit à l’heure contre révolutionnaire. Ne jamais détruire (…) mais conserver et continuer. On cherche ici la paix, l’unité, le renouement. On croit au cycle des retours. A quoi on la rupture puisque tout passera et que tout reviendra ? La cabane a t elle un sens politique ? Vivre ici n’apporte rien à la communauté des hommes. L’expérience de l’ermitage ne verse pas son écot à la recherche collective sur les moyens de faire vivre les gens ensemble. (…) 
La cabane n’est pas une base de reconquête mais un point de chute. Un havre de renoncement, non un quartier général pour la préparation des révolutions. Une porte de sortie, non un point de départ. (….) Le trou où la bête panse ses plaies, non le repaire où elle fourbit ses griffes.
 (nrf)