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Au jardin en mi juillet

On commence à récolter le maïs. Tous les deux jours je remplis une boite de tomates, concombres, carottes. Les courgettes ne donnent pas grand chose.

Les piments sont prometteurs.

Jamais aussi bien réussi les tournesols.
Les margoses commencent à donner. On les cuisine en curry ou simplement poêlées, avec de l’ail. Ca va très bien avec l’été.

Cette année le jardin est très bien protégé des chevreuils et des anagumas. C’est l’année dernière je crois que j’ai tout barricadé avec des filets en nylon et des grilles métalliques. No pasaran.

Des oeufs méticuleusement alignés sous une feuille de piment.

Un jardinier qui passe de l’insecticide partout doit bien s’ennuyer. Les insectes offrent un spectacle dont je ne sais me lasser.

Finalement les pieds de tomates plantés en pleine jungle, dans un espace étroit et occupé par les pousses de myoga marchent très bien. Les tomates sont un peu difficiles d’accès mais par contre les autres plantes les protègent des oiseaux.

Une citrouille (kabocha) pousse dans les branches du grenadier.
Récupération des eaux de pluie dans un récipient métallique utilisé traditionnellement pour stocker du riz et le protéger des souris.

La saison des pluies est tardive cette année, donc pas eu beaucoup à arroser. En général, en fait, je n’arrose pas, car j’essaie de recouvrir la terre du jardin avec des brindilles, de la paille, des feuilles mortes ou encore du crottin de cheval. Un sol recouvert n’a pas vraiment besoin d’être arrosé.

Les feuilles rouges; c’est du shiso. Cela pousse naturellement. On utilise ces feuilles rouges pour colorer les uméboshis, ou en faire un jus, délicieux et désaltérant.

Je crois que, ami chou, est venu pour toi le moment de passer à la casserole.

Je prépare une petite allée pour planter de nouvelles choses; comme des carottes.
Observer la dextérité et l’élégance.

Sans doute le développement de l’intellect et de la cervelle est le résultat d’une erreur dans le processus évolutif, qui aboutira à l’autodestruction de notre espèce.

Le vrai problème n’est pas l’autodestruction de notre espèce mais que une quantité phénoménale d’autres espèces se verra disparaitre au cours du processus destructif, et par notre faute.

J’ai du caca dans les yeux ou cette araignée a perdu des pattes ? Que lui est il arrivé ?

En voilà une qui se balade autour de l’escargot, elle a toutes ses pattes !
Sudachi – Merci à dame la mouche d’apporter un peu de rouge.

Samedi matin au jardin

Le jardin!

Samedi, après une semaine de travail bien chargée, avec beaucoup d’emmerdes; mais aussi faut pas oublier: de grands moments de bonheur, du bonheur bien profond et dense comme on peut le sentir avec les doigts, tout ça j’en parlerai plus tard, dans un autre article ….

Samedi donc c’est le repos des braves (et des salariés) et l’occasion d’aller s’occuper du potager.

La saison des pluies (tsuyu) a démarré. Presque deux semaines en retard par rapport à la date habituelle.

Il y a eu un gros apport d’eau, il y eu beaucoup de lumière, de la chaleur.

Le potager s’est presque transformé en jungle! Tout pousse.

Je suis bien content d’avoir aménagé les allées du jardin avec du gravier plus tôt au printemps; car sinon, ce serait tout à fait impraticable, et décourageant.

Même là avec les plantes qui débordent les allées sont assez étroites. Les tournesols, le mais ont très bien poussé.
Vue côté ouest
Les carottes marchent bien … vais-je réussir mes premières carottes ???

Si les courgettes avaient pu être grosses comme celle de Rocco …. mais non elles sont rikiki… style jean luc mélenchon….
Ah! voilà ! enfin ! le gingembre qui pointe le bout de son nez !!! Le gingembre est un pépère … il prend son temps …

piment

J’ai déjà récolté deux magnifiques concombres. Et la relève est prête.
Les sudachis sont bien partis. Excellent pour accompagner du poisson grillé.

Les figues aussi
Les choux ont fait le régal des insectes et nous mangeront ce qu’ils nous auront laissé, dans leur grande générosité.

Le jardin … c’est mon petit paradis … je n’y utilise bien entendu aucun produit insecticide ou herbidicide … aucun cide … le jardin n’est pas un endroit où l’on tue, c’est un lieu où l’on recrée le paradis, et chacun y a sa place … aucun produit chimique non merci …

Si j’étais agriculteur c’est sûr qu’il y aurait une contrainte économique … faudrait produire … des produits … des légumes qui répondent à diffèrents critères de qualité et de beauté …

Ne pas être dans le business c’est être libre

Dans mon jardin tout le monde est le bienvenu. personne n’est nuisible. c’est une question d’amour.

Récolter des légumes certes mais pour moi en fait le jardin c’est plus une thérapie et une reconnexion à la terre, que quelques poignées de patates!

Le jardin c’est une expérience et pas forcément un endroit de production … je crois que, au jardin, je fais l’aumône.

Et les légumes ont toujours quelque chose à m’offrir.

Moi qui leur offre si peu.

Et toi, mon petit bébé … que fais tu, dans les choux?

Que de travail par l’oignon; pour arriver à ce stade, ce point culminant.
Quelle étrange plante, le mais (sur mon clavier japonais je ne sais plus où trouver la combinaison de touches pour faire le i avec les deux points).
Et l’escargot planqué dans le MAIS ! (ajouter deux points sur le I).
Alors, aurons nous des grenades cette année ?

Avec le nikon D80 je peux faire de belles photos des différents habitants du jardin
Des citrouilles il y en aura c’est sûr
Madame … que faites-vous dans les tournesols ?

Des tournesols dont la fleur se laisse attendre
Et cette mante religieuse, qui patiemment attend … un visiteur ….

Encore au jardin

Il a plu cette semaine et celà a apporté un boost remarquable aux plantes du jardin.

C’est comme si les plantes qui avaient très soif, car il n’avait pas plu assez longtemps, avaient patiement attendu, plusieurs jours immobiles sur leurs starting blocks.

Denis; fidèle lecteur du blog, résume la situation du jardinier avec la sagesse qui le caractérise:

Un jardin, lorsque l’on dispose suffisamment de place et de temps de libre pour s’en occuper, est un espace de ressourcement, de quiétude et de bien-être, et qui, de plus, nous permet de disposer de vrais bons légumes, au fil des saisons, et tout au long de l’année.
Il n’y pas besoin de se prendre la tête pour cela, car, on peut commencer « petit », pour débuter, puis augmenter, au fur et à mesure de ses capacités, et de son propre apprentissage et découvertes, et ainsi avoir en retour un réel ressenti en réconfort et petite fierté personnelle, bien légitime.

Ceux là se régalent des feuilles de citrouilles

Avec la pluie cette semaine, les carottes et les tournesols et autres ont reçu un bon boost.
Oh la première framboise !

La chasseuse … combien d’yeux a-t-elle?

Futurs raisins ?
Il en a presque trop de la roquette ….
Des figues il y en aura

Sur une feuille du framboisier
La margose est une grimpeuse, j’installe deux grilles métalliques auxquelles elle s’agrippera sous peu.
Oh les groseilles

Photos du jardin

L’épisode précédent où on faisait un tour de notre petit potager c’était fin avril.

La planète irait mieux si tout le monde pouvait avoir un petit bout de terre pour, comme nous, jardiner.

Tournesol et maïs poussent. Je suis curieux de voir si ils vont bien s’entendre.

Les carottes poussent bien, mais je vois bien qu’un de mes gros problèmes c’est que je sème avec une trop grande densité, et après je peine à éclaircir. Les plantes veulent pousser mais finissent par se gêner.

Les tomates; j’ai toujours eu du mal à les ‘ranger’, et garder leur croissance sous contrôle … je préfère les laisser libres, mais après ça fait un tel fouillis ! Gros capharnaüm en effet, ici les tomates sont avec de la menthe, du myouga, des courgettes et des groseilles. C’est comme le métro le matin; plein de gens qui n’ont rien en commun et qui sont obligés de se supporter les uns les autres.

Ce sera bientôt la fin des haricots pour les petits pois mais nous en avons bien profité.

Le potager n’est pas immense mais j’y ai planté quelques arbres. Ici un sudachi, qui nous laisse espérer avoir quelques fruits cette année ??

On espère que les petits phallus des courgettes deviendront grands, comme celui de Rocco !

Le grenadier est en fleurs.

Les framboises font leur boulot.

Les blueberry aussi !

Cette rangée marche bien. Petits pois et laitues. Par contre là aussi j’ai planté les laitues en trop grande densité. Il faut que je retienne cette leçon. Pour les petits pois cette année j’ai utilisé ces grilles métalliques qui servent à couler du béton. C’est plus facile à utiliser qu’un filet je trouve et ça fait moins fouillis.

Aussi dans les allées du jardin j’ai mis du gravier. Avec des tissus en plastique dessous. Dans l’espoir de stopper les mauvaise herbes; car sinon je finis pas passer mon temps à retirer les mauvaises herbes et je n’ai plus le temps pour m’occuper des légumes.

La coriandre et la roquette marchent du tonnerre.

Cette araignée tisse sa toile dans le ki-ichigo (rubus).

Des fraises aussi nous avons bien profité avec une belle poignée tous les matins. mais je ne les prends pas en photo.

Les insectes ont passé les feuilles de komatsuna à la mitraille. Je pense à la Syrie. Berceau de la civilisation. Qu’avons nous laisser faire à ce pays?

Les concombres, n’ont presque pas bougé d’un poil, la météo n’a pas été sensationnelle, mais bon, ils devraient pouvoir se refaire ….

Il y a un prunier, qui a crevé. A ses pieds, étendu les nattes de paille des tatamis de la maison de madame M … et Minou y fait la sieste !

Et comment pourrait on ne pas parler des tomates ?

Un tour au jardin

Comme chaque année les montagnes cette semaine sont magnifiques avec les jeunes feuilles; il y a une palette extraordinaire de verts et de couleurs.

Fin avril début mai; c’est peut être le moment où les montagnes sont les plus belles ici dans le coin.

Et comme chaque année je me relance dans le jardinage avec beaucoup d’espoir et d’excitation. Les récoltes ne sont jamais vraiment à la hauteur des attentes mais même sans grand résultat, jardiner me procure toujours beaucoup de plaisir. Et aussi l’occasion d’observer tout ce qui se passe; avec les insectes, la terre… et bientôt on verra les grenouilles aussi.

Les tas de bois sont prêts pour les hivers prochains.

Les premières feuilles du kaki

Les premières feuilles du grenadier

Les premières feuilles du figuier

Voici une vue du jardin. Tout est barricadé pour bloquer les chevreuils et les anagumas.

Côté Est

Côté ouest

J’ai planté des choux

Et il faut admirer la perfection de la nature, un jour plus tard on voit des oeufs d’insectes sur les feuilles … c’est vrai que c’est bon le chou !

Des carottes. J’ai jamais réussi à faire pousser des carottes jusqu’à maintenant

Dans les petits pots diverses pousses, pleines de promesses. courgettes. tournesols. concombres

J’ai des genres de petits pois aussi; ils démarrent bien.

Dans les grands pots noirs j’ai des mûriers. Je les planterai dans la montagne cet hiver

J’ai planté du gingembre aussi, faut attendre pour qu’il démarre.

Les insectes eux aussi font leur business

Question jardinage le voisin monsieur O est un pro. Son jardin est toujours très bien entretenu. Une chose intéressante; c’est qu’il a transplanté dans son jardin des plantes de la montagne: du tara (angélique du Japon). On en mange les pousses en tenpura c’est un régal.

Et aussi des fougères, on en mange les pousses au printemps.

Franchement on dirait des petits bras qui sortent de la terre.

Il m’en offre une grosse poignée. Je lui demande comment ça se prépare, il répond ‘ta femme saura’ 奥さんに任して

Sur tous les fronts

Un week end bien occupé, avec des activités variées. Les activités ne manquent pas. A la campagne il y a toujours plein de choses à faire.

Vers 8 heures je vais voir S à l’autre bout du village, il est dans son atelier, se réchauffe devant un petit feu. J’apporte des cafés. Il me passe une cigarette. On se parle de la semaine qui vient de passer, et de celle qui va suivre.

Ensuite à la maison je déplace du bois dans le jardin, du point A au point B, pour pouvoir, plus tard, le couper, le fendre et le mettre à sécher. Ce sera pour nous chauffer, dans deux ans. (le bois pour l’hiver prochain est déjà prêt, préparé il y a deux ou trois ans). C’est du bon bois. C’est Mr K. qui m’avait fait signe en décembre, pour aller chercher tout ce bois, au sud du village, sur le futur chantier d’une usine. Une partie aussi (les troncs de cryptomères en premier plan) je les ai descendus un par un de notre montagne.

Ça donne chaud de transbahuter tout ce bois et le chêne et le kaki sont particulièrement lourd. Toujours veiller à ne pas se blesser.

Pour faire une pause je déguste la première page du neveu de Rameau. C’est tout à fait formidable.

Ensuite je pars à 30 minutes du village pour aller chercher du crottin de cheval dans un club hippique. Notre fils y faisait du dada il y a quatre ans … Revoir les chevaux me fait un choc, quelle beauté, quelle puissance, quelle douceur. On se sent tout petit.

Ça me fait vraiment du bien. Une Horse therapy express en dix minutes. Après, je charge le camion de crottin!

Pour plus tard l’étaler dans notre potager. Le crottin de cheval fait toujours un effet boeuf sur la terre. ça sent bon tout ça.

Ensuite notre ami S passe nous avoir avec son chien. On se retrouve tous sous les rayons du soleil, c’est une belle journée printanière, mon épouse rapplique, on sort les bières.

On parle de la vie: c’est notre sujet favori.

Les canettes de bière vides on va jeter un coup d’oeil à la petite maison, S. me donnera un (gros) coup de main pour refaire le plancher des deux pièces du fond. Au préalable j’ai retiré les tatamis.

Intéressant de voir que sous les tatamis il y a une étiquette qui indique leur emplacement dans la pièce (les anciennes maisons ne suivent pas un standard particulier, et donc les tatamis n’y ont pas tous forcément la même taille).

Sous ce tatami par exemple on voit ‘Ouest’.

Voila ce que ça donne sans les tatamis. Certaines parties on vraiment été bricolées et on peut se demander comment tout tient debout. Il faut vraiment refaire cette partie du plancher.

Mais aussi il faut saluer cette grande économie de moyens! Il y a pas de gâchis. Et le tout avec des matériaux naturels.

A noter, les espaces le long des engawas, renforcés de pierres et de torchis. Avec des ouvertures pour laisser le tout bien aéré. Ce qui est fondamental dans ce pays aux été très humides.

Récolte … update du potager

Dans notre petit potager…

Les tomates, ce fut un vrai désastre cet été, zéro, nada …  mais les concombres et les goyas (margose ou melon amer) ont très bien marché.

Il a fait si chaud; je crois que certains légumes ont été détraqués par la chaleur (un peu comme moi). Par exemple les aubergines qui ne donnent que maintenant…

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Ces citrouilles ont bien marché aussi et là c’est pour moi le type de jardinage idéal: les graines plantées avec amour et une bonne préparation de la terre et de l’emplacement (au pied d’un prunier) et pi …. ben rien faire pendant deux ou trois mois … j’ai même oublié quand je les ai plantées …

 

 

Un lézard dans les brocolis

Un lézard se balade dans les brocolis du jardin. Regardez comme il est beau.

Je n’utilise aucun cide (herbicide, insecticide, etc), donc j’imagine que les petits animaux se sentent en sécurité dans notre potager. Des tuiles et des pots de fleurs renversés y sont disséminés, pour leur offrir des abris aussi.

Par contre il y a les chats Minou et Scotch qui veillent toujours et nous ramènent parfois des cadeaux … La sécurité dont jouissent les petits animaux dans notre jardin est donc tout à fait relative.

Pas encore vu de grenouille, mais rencontrer ce lézard me remplit de joie.

Il ne m’en faut pas beaucoup direz vous, exactement: il ne m’en faut pas beaucoup.

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Penser à Madame M

En Octobre 2012, nous étions à peine arrivés au village, j’écrivais un portrait de notre voisine, Madame M, l’un des premiers articles de ce blog .

Madame M nous a quittés il y a deux ans maintenant.

La page 11 de ma nouvelle BD lui est consacrée.

Wakame Tamago_011.jpg

Voici une version allégée de l’article de 2012.

Sa maison est juste à côté de la notre. Elle doit avoir 88 ans ?
Elle vit seule depuis j’imagine plusieurs années.
Son corps est très fin. Son visage bien sûr très ridé. Elle est courbée. Elle doit être toute légère. Comme un moineau. On la dirait faite en papier.
Pour se déplacer elle s’aide d’une canne. Pour les distances plus longues elle s’appuie sur un petit caddie qu’elle pousse.
Elle vit quasiment en autarcie. On la voit parfois 800 mètres en aval jusqu’à une superette, ou elle achète des petites choses. Pour tout le reste elle se nourrit de la production de son jardin.
Chaque jours elle traverse le village pour travailler sur ses deux jardins; un potager et un verger parsemé de chataigners. Le potager a une surface impressionante et je crois qu’il aurait facilement raison de mon dos et de ma patience.
Mais elle travaille dur, et ne laisse aucun espace inexploité, le potager est recouvert de plants de haricots, de patates douces et là ou il n’y a pas de légumes des fleurs draguent les abeilles.
Je la vois le soir l’été à son retour des jardins, elle rentre chez elle; pliée en deux au dessus de son caddie, son tshirt trempé de sueur.
Son jardin est situé en hauteur par rapport à la rivière qui irrigue le village. Si bien qu’elle doit transporter l’eau dans des seaux l’été lorsqu’il fait chaud.
Je la vois aussi sur le chemin du jardin transporter un débroussailleur à essence. L’engin est lourd, elle le pose à moitié sur le caddie qu’elle pousse, et je me demande bien comment elle peut parvenir à s’en servir dans le jardin.
Vous voyez, toute la détermination et la force qu’elle deploie dans son quotidien. J’avoue, moi qui ai la moitié de son âge, ne pas avoir cette même énergie.
Ma boite de vitesse est toujours en première, elle, est en cinquième.
Mais comme toujours et partout les efforts payent. Madame M. arbore un sourire qui éblouit. Son sourire, c’est comme un rayon de soleil, le champ d’un oiseau ou le rire d’un enfant.