Tagué: agriculture au japon

Un système ingénieux pour laver les tubercules

J’interpèle le voisin qui transporte dans son camion kei-truck un truc qui ressemble à une petite roue à aubes.

C’est un système très ingénieux pour laver les tubercules de Taro (satoimo ici au Japon). Il place les tubercules dans le petit tambour au milieu de la roue et place le tout dans la rivière. Cela fonctionne comme une roue à aubes et au bout d’une heure les tubercules sont lavés de toute la terre; la peau externe est même partie; et ils peuvent être préparés dans la foulée.

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Le riz de cette année

Depuis notre installation dans le village nous mangeons le riz produit par monsieur K.

Ce matin monsieur K vient nous apporter le riz qu’il a récolté la semaine dernière. Le riz est livré en sacs de 30 kilos. Nous lui avions commandé trois sacs.

Ces trois sacs feront notre consommation jusqu’à l’année prochaine.

 

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Pour nous remercier il nous offre deux bouteilles de thé.

Sur la longévité (encore)

Dans un article ancien nous révélions les dix règles secrètes de la longévité.

Aujourd’hui lors de ma promenade quotidienne jusqu’au fond de la vallée j’entrevois deux personnes. Nous échangeons quelques propos. Ces deux phénomènes on leur donnerait plus de quatrevingtdixans. Facile. Les regarder à l’ouvrage me rappelle justement ces règles de la longévité.

La première, la dame, est courbée pliée en deux sur la route, au fond de la vallée.

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Elle retire les mousses incrustées dans une fissure du bitume. Sinon la route va s’abimer plus encore, explique-t-elle. A remarquer aussi qu’elle ne jette pas la mousse mais la rassemble dans un petit sac.

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Le deuxième phénomène, monsieur M, ancien bucheron émérite médaillé jadis par l’Empereur Showa, manie avec dextérité sa tronçonneuse et débite un gros mûrier. C’est pour mon poêle a bois dit-il.

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Bref, faut pas arrêter de pédaler sinon on se casse la gueule.

Visite de Kristophe Noel

Aujourd’hui Kristophe Noel nous a rendu visite au village. Kristophe vit en France et est photographe. Il travaille sur un projet d’exposition autour du lien entre l’homme et la terre. En fait, Kristophe nous avait contacté il y a quelques mois, après avoir pris connaissance de ce blog.

Vous pouvez consulter son site ici. Une description de son projet sur la terre.

Kristophe souhaitait rencontrer des habitants du village qui travaillent la terre ou ont un lien avec celle-ci.

Le projet de Kristophe nous intéresse beaucoup: La terre est la fondation de nos civilisations sédentaires, et c’est un point commun, universel entre la France et le Japon. Le sujet de la terre nous passionne: nous sommes conscients que l’agriculteur est le véhicule de notre civilisation; de ses fondamentaux, et cependant nos sociétés ont abandonné l’agriculteur, et s’en sont désintéressé. Il n’est plus au centre de nos préoccupations. D’ailleurs l’agriculteur lui-même pour la plupart a été transformé, mécanisé; vidé de sa signification; et désormais on le nomme exploitant agricole. Mais il faut aller à contre-courrant et s’intéresser à l’agriculteur. Car nous avons beaucoup à apprendre de lui.

Pour nous aussi c’est l’occasion de présenter des habitants du villages et peut-être; de les faire participer à une exposition photo. C’est aussi une façon de leur dire que nous les apprécions et que leur histoire vaut la peine d’être connue.

A son arrivée Kristophe nous montre le book des photos d’agriculteurs avec qui il a travaillé en France. Les photos sont superbes, authentiques et très touchantes.

Puis nous l’accompagnons et lui présentons quelques agriculteurs du village contactés à l’avance. Les gens que nous allons visiter nous accueillent chaleureusement. Ils sont aussi étonnés et surpris. Ca n’est pas tout les jours qu’un photographe français vient les voir, s’intéresse à leur vie et leur histoire, et leur pose questions sur questions. Kristophe parle Japonais, et la communication est très facile.

La journée passe très vite. Ce sont de beaux moments, rares.

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Kristophe commence d’accord par présenter son projet. Ici, il montre à monsieur O. le book des photos qu’il a prises en travaillant avec des agriculteurs français.

Les gens nous parlent de leur vie. Ils nous montrent leurs champs et leur tracteurs.

 

 

 

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Riz: moissons tardives

La plupart des rizières de la vallée ont déjà été récoltées.

Mais aujourd’hui on voyait encore des agriculteurs chevaucher des petits monstres en métal et s’affairer dans leurs rizières. Les moissonneuses sont compactes et n’ont rien à voir avec les machines géantes que l’on trouve en Europe. Elles sont adaptées à la géographie japonaise où beaucoup de rizières sont petites et les routes étroites.

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Mister F.

Monsieur F récolte le riz. C’est la saison. Il a une très belle machine. ISEKI FRONTIER FIGHTER 325. Yeah !

http://www.iseki.co.jp/products/combine/comb-hfc/

Il explique qu’ici dans la vallée il y a facilement 3 heures de moins d’ensoleillement et que la production de riz est ici bien inférieure à ce qu’il peut faire plus bas au sud, où la vallée est plus large et les montagnes plus éloignées les unes des autres.

Monsieur F. m’explique aussi que la fameuse maison de mille ans était la maison de sa famille. Nous avons présenté la maison de 1000 ans dans cet article. Sa famille aurait vécu dans le village pendant 63 générations. Des archéologues me dit il ont confirmé que cette maison était bien la plus ancienne que l’on puisse trouver au Japon.

C’est vrai qu’elle est belle la maison de 1000 ans et Monsieur est bien sympa de se laisser prendre en photo comme ça.

 

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Autres portraits

Monsieur H

Madame M

 

La culture sur butte

 

Sepp Holzer présente dans son book comment il a développé et utilisé la culture sur butte. La culture sur butte est régulièrement citée lorsque l’on parle de permaculture.
Il s’agit de regrouper du bois mort, humide, spongieux, d’ajouter des feuilles et autres matières végétales etc et de recouvrir le tout de terre. Cela forme un butte d’où le nom de la technique.
Sur youtube j’ai découvert cette excellente présentation par Philip Ferrer qui explique la mise en pratique de la culture sur butte.
On voit ce monsieur à l’accent étonnant chercher du bois mort en forêt et monter une butte dans son jardin. Son jardin d’ailleurs est magnifique.

Je décide d’essayer aussi à mon tour. La journée a été bien chargée et je pars dans mon petit camion peu avant la tombée de la nuit, destination le fond de la vallée, où la route se dilue dans la montagne. J’emporte une hache et une fourche. Et le petit tour dans la nature qui s’ensuit, à peine une heure devient une petite aventure en soi. Quel plaisir que de passer ces quelques instants volés au quotidien dans la pleine nature. En forêt.

400 mètres après la dernière maison du village un jeune chevreuil croise le petit chemin de pierres, à quelques enjambées du camion.

Un peu plus loin sur le bord du chemin; peu après les ruines d’un temple qui a disparu dans un incendie il y a quelques années, des tâches brunes s’étalent dans une flaque d’eau. Je m’arrête et descends du camion pour voir de quoi il s’agit. Oups, des dizaines de crapauds partouzent tranquillement comme si de rien n’était. La puissance de la nature. Il doit déjà y avoir des dizaines de milliers d’oeufs dans cette flaque d’eau. Qui sait combien de ces oeufs formeront des têtards, et combien feront le régal des tritons et des salamandres, et combien deviendront de beaux crapauds bien gluants en mesure de perpétuer l’espèce.

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Je repars dans le camion après cette découverte. Continue jusque plus profond dans la montagne et la forêt. Il y reigne un silence profond, seul le courant d’une rivière est audible.

La, je pars à la recherche de vielles souches et de bois mort. A la hache je coupe les vieux troncs tombés sur le sol que la mousse recouvre. Quel plaisir que de tapper, frapper le bois et regarder la lame de la hache déchiqueter le bois. Je sens mon corps s’éveiller, le sang irriguer mes muscles à mesure que j abats la hache sur les troncs d’arbre. Ouah ce doit etre bien beau que d’abattre un arbre à la hache me dis-je. La tronçonneuse, c’est bien laid. C’est encore la belle saison, il n’y a pas d’insectes ni serpents.
Les chocs de la hache résonnent dans toute la forêt. Je ne me sens pourtant pas seul.

Je rammasse aussi des feuilles mortes, des branches tombées ça et là sur le sol humide et noir.
Tout celà formera une superbe butte dans le jardin.

La nuit va bientôt tomber. C’est le moment de rentrer.
Je charge tout dans le petit camion, le keitora. Avant de monter et de démarrer, je lance « Merci Forêt » … je reviendrai sous peu.

 

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Finalement ce sont les citrouilles qui ont le plus donné cet été. Avec les mini tomates; les piments et la coriandre.

Ce soir je découpe les citrouilles en cubes et les fait cuire dans la marmite, avec des tranches de cochon, du curry et autre épices. C’est assez réussi.

La terre du jardin demandera encore beaucoup de temps, de travail et de crottin de cheval; pour être ce que nous voudrions ce qu’elle soit.

Mais nous apprécions le dîner et ce cadeau de la terre.

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