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Riz, Fromage, Bande dessinée, Récolte, Marketing

Dans la vallée, pour la plupart des rizières, le riz a été récolté. En fonction de la variété du riz le moment de la récolte varie et le delta peut faire jusqu’à un bon mois. Plus au sud d’ailleurs je vois des rizières pas encore récoltées. Peut être le riz utilisé pour faire du saké ? Faudra que je me renseigne là dessus.

Je fais le parallèle avec ma bande dessinée Retour Sur Terre, un long projet arrivé à terme et dont nous commençons à récolter les fruits gràce à vos très nombreuses commandes. Merci !!

La semaine dernière nous avons reçu un premier arrivage de Fromage. Un délice ! Du fromage suisse! Merci Brigitte !!!

A gauche splendide assiette de fromages suisses on a mit des post its pour les identifier,
et à droite ayus frits avec salade (laitue et kakis), et petits agrumes sudachi.
le pain a été fait par un ami allemand et brotmeister qui vit et officie à Tokyo.

C’est l’opération BD contre fromage. Le dimanche soir on s’est retrouvés avec mon ami S et nos épouses respectives, et on a fait une fromage party ! Il avait apporté des petits poissons (des ayus, qu’il pêche pas trop loin d’ici). En friture ces ayus sont un vrai délice.

C’était vraiment génial de pouvoir se retrouver et de goûter cet excellent fromage. Pour S. et son épouse c’était une découverte, le vacheron, l’emmenthal c’est une première pour eux, ils ont beaucoup aimé. Ca fait voyager, car les saveurs de ces fromages sont tellement étrangères au Japon et à notre quotidien.

Le troc Bande Dessinée contre fromage sans aucune modestie je suis très heureux de cette idée et de ce concept. J’attends avec impatience les prochains arrivages ….

Au sujet de la BD Retour Sur Terre, encore; mais je ne pense qu’à ça, je vais devoir apprendre à comment la faire connaitre au delà du cercle de ce blog. Je ne suis pas un vendeur c’est ça le problème … ou challenge disons. Si vous avez des idées, des suggestions dites moi svp !!!

La traduction de Retour Sur Terre en Japonais progresse. On a bien avancé. Il nous reste 10 pour cents des textes à traduire. Certaines phrases … sont assez difficiles car les dialogues de S. par exemple nous les écrivons dans le dialecte local. Comment mettre sur papier ce qui est uniquement verbal ? Après il faudra revoir un peu la mise en page, le texte une fois en Japonais peut être beaucoup plus compact ou alors plus long; il faudra donc ajuster chacune des bulles et ça va prendre un peu de temps.

Revenons au riz. Il y a deux semaines je me balade et note le camion de monsieur F devant son hangar. Il y a du bruit et des fumées, je vais voir. Il s’occupe du riz qu’il a récolté. Monsieur F j en avais parlé brièvement il y a plusieurs années. On note que jusque dans les années 80 ou 90 il a vécu dans la fameuse maison de 1000 ans. Celle ci depuis a été transformée en musée. Sans doute la maison la plus ancienne du Japon.

Dans son hangar beaucoup de grosses machines. Pour sécher le riz. Et le décortiquer pour en retirer la balle.

Gros amoncellement de balle de riz, ce que l’on nomme ici le momi gara, dehors, devant le hangar de monsieur F.
Monsieur F surpris par la visite surprise de wakame tamago
Différentes machines sont à l’oeuvre. Il faut noter que monsieur F fait tout tout seul.

La machine à gauche retire la balle du riz. La balle est expulsée dans le tuyau pour former un énorme tas; dehors.

Le riz décortiqué est complet, le grain est encore protégé par le son et a toujours son germe. Le riz complet se conserve très bien. Vous voyez les sacs, ce sont des sacs de 30 kgs, le riz complet y est versé et les sacs seront ainsi vendus directement.

A voir tout celà je commande à monsieur F deux sacs. Je n’ai jamais goûté à son riz, mais monsieur F n’utilise aucun produit chimique! je suis donc très curieux de goûter à tout cela.

On peut donc ensuite consommer le riz complet tel quel ou alors pour 100 yens le mettre dans une polisseuse qui en retirera le son et le germe pour faire du riz blanc. Ces polisseuses on en trouve un peu partout et elles sont ouvertes 24 heures sur 24. Il y en a une dans le village.

Les deux machines sur la photo font également un tri. Les grains de riz les plus petits sont mis de côté.

Monsieur F me montre le riz qui a été mis de côté par la machine, et les grains qui ont été gardés.

Mais moi j’admire ses mains.

Patates!

On se serait crû au printemps aujourd’hui tant il a fait doux.

Avec mon ami S. nous avons commencé à préparer le champ pour les prochaines plantations. Cette année aussi nous comptons produire des légumes. Notre projet de nonbiri nougyoubu: Le club d’agriculture nonchalant.

Addition de poudre de coquille d’huitre et de fumier de vache. Nous réarrongeons quelques rangs dans le champ.

Et puis; aujourd’hui, first milestone, nous plantons les pommes de terre!

Nous plantons 10 kg de pommes de terre. Combien récolterons nous ?

A gauche on voit le rang des oignons.

C’est la première fois aussi que nous utilisons vraiment le film plastique. Je suis pas fan, mais il faut être pragmatique aussi. Nous le découperons dès que les tiges feront surface. Pour le moment je pense qu’il servira à bien réchauffer la terre; car le temps sera instable jusqu’à début avril. Il y aura sans doute des gelées.

Dans un autre rang je récolte quelques feuilles de takana, cela fera une excellente salade.

Un nouveau projet pour cette année

Un nouveau projet pour cette année c’est la production de patates douces ou satsuma imo en Japonais

Un projet en collaboration avec mon ami S. dans le village. Nous planterons dans son champ, jusqu’à maintenant utilisé par ses chèvres.

Pourquoi les patates douces, c’est low maintenance, et aussi je pense les vendre au festival de la forêt qui aura lieu dans notre vallée en novembre prochain. Cuites un peu comme des marrons (on dit yaki imo) c’est une friandise délicieuse qui devrait ravir les visiteurs.

En 2019 on y avait fait un stand de crèpes, avec un certain succès.

Je ne fais que de très petites quantités de légumes dans le jardin à la maison et là les patates douces ce sera un peu comme produire à ‘grande échelle’.

Malheureusement je n’ai pas pris de photo mais nous commençons à préparer le champ. Nous avons ramené deux camionnées de crottin de cheval, et l’éleveur bovin de la vallée a livré une bonne tonne du compost qu’il fabrique avec ses vaches.

Acheter des clémentines et des huîtres

On a un peu de temps cet après midi, après avoir fait un grand nettoyage dans la maison ce matin (une tradition avant le nouvel an), et nous allons faire un tour dans la ville d’Akou à 50km de chez nous. C’est une ville de 50 mille habitants, située le long de la mer intérieure sétonaikai, la méditerranée japonaise …

Nous allons acheter des clémentines chez monsieur Kawabata.

Il faut suivre un route minuscule qui serpente dans la montagne pour arriver à son champ situé sur le flanc orienté plein sud d’une montagne faisant face à la mer. Du sommet de celle ci on peut voir l’île de Shikoku.

Le champ est arrangé en une trentaine de petits paliers, formés avec de très belles pierres. De la bien belle ouvrage. Il nous explique que l’emplacement est idéal pour la culture de clémentines: plein sud, protégé des vents du nord, et proximité de la mer.

Monsieur Kawabata a 88 ans et une pèche du tonnerre. Il ne fume pas, ne boit pas, ne joue pas, il n’a aucun hobby nous dit-il , hormis la culture des mandarines.

Une chose qui le distingue de tous les autres c’est qu’il pratique une agriculture bio. Pas d’engrais chimiques. Pas d’insecticides. Il est le seul producteur bio de la ville nous explique-t-il. J’aurais du lui demander combien de mandariniers il a.

Pour fertiliser son champ il lui faut produire 2 tonnes de EM bokashi chaque année en faisant fermenter du komenuka (son de riz), des débris de coquillages etc…. Ce qui représente un travail considérable mais donne un produit largement supérieur.

Le camion keitora de Mr K
Tri des clémentines en S et en L
Le champ est à flanc de montagne. De la belle ouvrage.
Les arbres sont chargés de fruits. Réussite de l’agriculture bio.
Vue vers la ville d’Akou et, plus loin, la mer intérieure (sétonaikai)
Clémentines
Mister Kawabata

Les clémentines embarquées nous descendons vers la mer. La route est sinueuse, le long de la côte montagneuse. Il y a peu de place et les villages de pécheurs sont très denses. Il y a des producteurs qui vendent des huîtres.

Nous nous y arrêtons. Autrefois, mon grand père Jean était ostréiculteur, à l’île d’Oléron. Trouver des huîtres fraîches et de qualité et ça fait une bouffée de souvenirs. La vendeuse d’huîtres est charmante, on la prendrait pour une sirène. Il fait déjà nuit, trop tard pour la prendre en photo. Elle me dit ha mais pour les huîtres fraîches il faudra les ouvrir vous même. Les gens ici ne sont pas habitués à ouvrir les huîtres. La belle sirène ignore qu’elle a affaire avec un descendant d’ostréiculteur, et qu’ouvrir les huîtres fait partie de mon patrimoine génétique.

Pour ouvrir les huîtres j’utilise le couteau que l’établissement ostréicole familial offrait à ses clients. Le couteau date, le numéro de tél inscrit sur le manche n’a que deux chiffres. Le château d’oléron T. 10

A ouvrir les huîtres avec ce vieux couteau, je me dis que je répète ainsi les gestes de mon grand-père et de mon père. Enfant, je les observais debout dans la cuisine de la maison d’Oléron, penchés sur l’évier, et affairés à ouvrir les huîtres.

Un système ingénieux pour laver les tubercules

J’interpèle le voisin qui transporte dans son camion kei-truck un truc qui ressemble à une petite roue à aubes.

C’est un système très ingénieux pour laver les tubercules de Taro (satoimo ici au Japon). Il place les tubercules dans le petit tambour au milieu de la roue et place le tout dans la rivière. Cela fonctionne comme une roue à aubes et au bout d’une heure les tubercules sont lavés de toute la terre; la peau externe est même partie; et ils peuvent être préparés dans la foulée.

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Le riz de cette année

Depuis notre installation dans le village nous mangeons le riz produit par monsieur K.

Ce matin monsieur K vient nous apporter le riz qu’il a récolté la semaine dernière. Le riz est livré en sacs de 30 kilos. Nous lui avions commandé trois sacs.

Ces trois sacs feront notre consommation jusqu’à l’année prochaine.

 

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Pour nous remercier il nous offre deux bouteilles de thé.

Sur la longévité (encore)

Dans un article ancien nous révélions les dix règles secrètes de la longévité.

Aujourd’hui lors de ma promenade quotidienne jusqu’au fond de la vallée j’entrevois deux personnes. Nous échangeons quelques propos. Ces deux phénomènes on leur donnerait plus de quatrevingtdixans. Facile. Les regarder à l’ouvrage me rappelle justement ces règles de la longévité.

La première, la dame, est courbée pliée en deux sur la route, au fond de la vallée.

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Elle retire les mousses incrustées dans une fissure du bitume. Sinon la route va s’abimer plus encore, explique-t-elle. A remarquer aussi qu’elle ne jette pas la mousse mais la rassemble dans un petit sac.

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Le deuxième phénomène, monsieur M, ancien bucheron émérite médaillé jadis par l’Empereur Showa, manie avec dextérité sa tronçonneuse et débite un gros mûrier. C’est pour mon poêle a bois dit-il.

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Bref, faut pas arrêter de pédaler sinon on se casse la gueule.

Visite de Kristophe Noel

Aujourd’hui Kristophe Noel nous a rendu visite au village. Kristophe vit en France et est photographe. Il travaille sur un projet d’exposition autour du lien entre l’homme et la terre. En fait, Kristophe nous avait contacté il y a quelques mois, après avoir pris connaissance de ce blog.

Vous pouvez consulter son site ici. Une description de son projet sur la terre.

Kristophe souhaitait rencontrer des habitants du village qui travaillent la terre ou ont un lien avec celle-ci.

Le projet de Kristophe nous intéresse beaucoup: La terre est la fondation de nos civilisations sédentaires, et c’est un point commun, universel entre la France et le Japon. Le sujet de la terre nous passionne: nous sommes conscients que l’agriculteur est le véhicule de notre civilisation; de ses fondamentaux, et cependant nos sociétés ont abandonné l’agriculteur, et s’en sont désintéressé. Il n’est plus au centre de nos préoccupations. D’ailleurs l’agriculteur lui-même pour la plupart a été transformé, mécanisé; vidé de sa signification; et désormais on le nomme exploitant agricole. Mais il faut aller à contre-courrant et s’intéresser à l’agriculteur. Car nous avons beaucoup à apprendre de lui.

Pour nous aussi c’est l’occasion de présenter des habitants du villages et peut-être; de les faire participer à une exposition photo. C’est aussi une façon de leur dire que nous les apprécions et que leur histoire vaut la peine d’être connue.

A son arrivée Kristophe nous montre le book des photos d’agriculteurs avec qui il a travaillé en France. Les photos sont superbes, authentiques et très touchantes.

Puis nous l’accompagnons et lui présentons quelques agriculteurs du village contactés à l’avance. Les gens que nous allons visiter nous accueillent chaleureusement. Ils sont aussi étonnés et surpris. Ca n’est pas tout les jours qu’un photographe français vient les voir, s’intéresse à leur vie et leur histoire, et leur pose questions sur questions. Kristophe parle Japonais, et la communication est très facile.

La journée passe très vite. Ce sont de beaux moments, rares.

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Kristophe commence d’accord par présenter son projet. Ici, il montre à monsieur O. le book des photos qu’il a prises en travaillant avec des agriculteurs français.

Les gens nous parlent de leur vie. Ils nous montrent leurs champs et leur tracteurs.

 

 

 

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Riz: moissons tardives

La plupart des rizières de la vallée ont déjà été récoltées.

Mais aujourd’hui on voyait encore des agriculteurs chevaucher des petits monstres en métal et s’affairer dans leurs rizières. Les moissonneuses sont compactes et n’ont rien à voir avec les machines géantes que l’on trouve en Europe. Elles sont adaptées à la géographie japonaise où beaucoup de rizières sont petites et les routes étroites.

moissoneuse à riz

moissoneuse à riz

moissoneuse à riz

moissoneuse à riz

 

Mister F.

Monsieur F récolte le riz. C’est la saison. Il a une très belle machine. ISEKI FRONTIER FIGHTER 325. Yeah !

http://www.iseki.co.jp/products/combine/comb-hfc/

Il explique qu’ici dans la vallée il y a facilement 3 heures de moins d’ensoleillement et que la production de riz est ici bien inférieure à ce qu’il peut faire plus bas au sud, où la vallée est plus large et les montagnes plus éloignées les unes des autres.

Monsieur F. m’explique aussi que la fameuse maison de mille ans était la maison de sa famille. Nous avons présenté la maison de 1000 ans dans cet article. Sa famille aurait vécu dans le village pendant 63 générations. Des archéologues me dit il ont confirmé que cette maison était bien la plus ancienne que l’on puisse trouver au Japon.

C’est vrai qu’elle est belle la maison de 1000 ans et Monsieur est bien sympa de se laisser prendre en photo comme ça.

 

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Autres portraits

Monsieur H

Madame M