Tagué: chèvre

Chercher du gravier

Que faire un samedi d’octobre lorsqu’il fait un temps magnifique.

Aller chercher du gravier!

Je veux étendre du gravier là où nous garons la voiture, et puis aussi je veux poser un tuyau entre les deux anciennes rizières qui forment notre jardin pour mieux faire s’évacuer l’eau des pluies. Je poserai du gravier pour stabiliser et cacher le tuyau.

Mon ami S a un nouveau camion, un Mitsubishi Fuso, flambant neuf. Il va m’aider à aller chercher du gravier. Plus facile avec un camion de trois tonnes qu’avec mon petit camion keitora où l’on peut charger jusqu’à 350 kg.

gravier IMG_2051

J’achète deux canettes de café pour la route. … il me passe une cigarette (il roule son tabac maintenant, le coût à la cigarette revient à la moitié des cigarettes normales), et c’est parti pour un tour. C’est un moment tout à fait génial, dans ce beau camion on doit être les deux hommes les plus heureux du monde, manque que le violon de Grapelli avec la musique des Valseuses.

 

On va à quinze kilomètres trouver une caillouterie … comment dit on en Français ?

Là un énorme engin vient déverser en une fois, trois tonnes de gravier oh yeah dans la benne. Le conducteur d’engin nous fait de beaux sourires, c’est un jeune, le jeune le plus heureux du monde c’est sûr, avec un engin pareil!

gravier IMG_2057

Les hommes quelque soit leur âge aiment les gros jouets. Regardez les militaires comme ils ont heureux avec leurs gros tanks et les porte-avion … pareil …

Il fait beau temps et du camion qu’est ce qu’on voit bien la route. Magnifico.

gravier IMG_2058

Avant de verser le gravier pour la place de la voiture, on retire des grosses pierres. Le pied-de-biche tricolore bleu blanc rouge est ici encore bien utile en plus d’être magnifique…

gravier IMG_2065

 

 

Publicités

Vous en reprendrez bien encore un peu (épluchage)

Aujourd’hui dimanche, encore épluché des troncs d’arbres descendus de notre montagne; 7 troncs de 5 à 6 mètres de long, disons quarante mètres en tout … ça m’a pris 4 heures … donc du dix mètres de l’heure.

En tout cas c’en est fini pour l’épluchage; j’ai épluché tout ce qu’on pouvait éplucher.

projet 27691986451_80940296ff_o projet 27732259396_acda608c58_o

Etape suivante; on va passer les troncs à la scierie pour notre projet de technology transfer. Là on est dans l’atelier de S.

projet 26690213724_f1d1cde1e5_o

 

Après cette belle journée, les cacahouètes accompagnent la bibine avec perfection. En plus il y avait de la Carlsberg au supermarché. Ca change un peu des bières locales.

projet 27667007212_17de2e2aa4_o

Pendant ce temps là le riz pousse dans les rizières en face.

projet 27766333545_36a2682446_o

Les chevreaux poussent aussi …

projet 27732257656_6a8535e64f_o

Les chèvres se marrent

Réparer l’ancienne serpe

C’est l’automne, d’ici quelques semaines, il n’y aura plus ni sangsue ni frelon et je retournerai dans notre petite montagne. Le but, débroussailler, continuer à déblayer et planter des arbres. C’est donc le temps des préparations. Car telle est ma mission.

Un truc à faire, remplacer le manche de la serpe et en réarranger la lame. Cette serpe est ancienne. Un voisin me l’avait offerte l’année dernière après que nous ayons acheté notre petite montagne. Elle avait dû appartenir à son père ou son grand père. La lame porte le nom du forgeron qui l’a faite ainsi que le nom de la ville de Shiso; proche de 10 kilomètres.

Autrefois il y avait une trentaine de forgerons à Shiso, je crois comprendre qu’il n’en reste aujourd’hui que deux ou trois. Ces forgerons fournissaient les agriculteurs et les forestiers en outils … Pas du made in china mais du made à dix kilometres de la maison.

Je me suis bien servi de la serpe l’année dernière, mais tapant comme un malade sur des tonnes de lianes et de bambous j’en ai brisé le manche et abimé la lame.

image_22041814156_o

image_21880808199_o

D’abord je protège la lame dans un journal plié pour éviter de me trancher les bras.

Je scie dans la longueur un nouveau manche, sur 3寸, 3 sun, soit trois pouces. Les charpentiers utilisent toujours le sun comme mesure et expliquent que les chiffres exprimés en pouces sont plus faciles à retenir qu’en centimètres car ils sont sont plus petits. (par exemple 3 sun au lieu de 10 centimètres).

Il est un peu plus délicat de voir où percer le manche pour y insérer les deux clous de fixation.

image_21446564183_o

Mais bon on y arrive après avoir fait une copie de la lame sur un bout de papier.

Ensuite je passe la lame à la meule pour la corriger, et effacer les éclats faits l’année dernière.

Finalement je passe la lame à la pierre à aiguiser pour la reprendre en douceur. Ce  type de travail avec la pierre ou la meuleuse invite toujours à apprendre des gestes. A les faire bien. C’est tout un art. A chaque fois on finit par se laisser guider par le geste. La pierre et le métal se parlent et on suit le geste qu’ils nous incitent à faire. C’est très reposant.

image_22077664361_o

Le résultat est assez concluant.

image_21446552343_o

J’en profite pour dégager l’entrée de la montagne. La végétation obstrue l’entrée.

image_21879802718_o image_22041498296_o

Les branches coupées, on les amène ensuite aux chèvres du voisin qui sont toutes contentes. Elles aiment bien ces feuilles.

Rien ne se perd. Tout se transforme.

La chèvre (le bouc)

Pour quelques semaines cet été nous avons une chèvre. Un ami nous la prête.

Enfin, c’est un bouc.
Au début les habitants du village ont crû à une nouvelle extravagance, après la construction de ma palissade gigantesque et celle de notre nouvelle petite maison selon les méthodes ancestrales. Ils nous demandaient si nous avions acheté la chèvre et si l’on pouvait avoir du lait.
Nous l’avons installée dans une méchante cage en fer, en général utilisée pour piéger du gibier dans les montagnes et en faire des steaks et du sashimi.
Le temps que la chevre s’habitue à nous, ensuite nous la ferons sortir dans le jardin. Nous l’avons fait promener dans le village déjà à deux reprises. Elle n’est pas très farouche. Bien qu’elle ait fait mine de s’échapper.
Plus je regarde la chèvre plus je la trouve belle. Voilà une tête incroyable. Quelles oreilles. Et les yeux. Et le pelage délicat. Superbe animal.
Je suis aussi très intéressé par le fait que c’est un herbivore. C’est très pratique. Il suffit de partir le long de la rivière remplir la brouette de branches et de lianes avec la vieille serpe et le tour est joué. La chèvre ne mange pas n’importe quoi et choisit ce qu’elle mange. On voit qu’elle apprécie certaines plantes plus que d’autres et qu’elle ne touche pas du tout à certaines. Néanmoins cela permet de faire oeuvre utile, car, chaque jour je dégage les rives qui-, obstruées de végétation, sont le repaires de serpents.
Aussi elle adore les nouilles précuites instantanées (kappu ramen).
Au début; l’idée était d’avoir la chèvre  pour distraire les enfants cet été pendant les vacances, mais je me suis pris au jeu et j’affectionne désormais aller prendre mon café entre deux séances de travail et de m’asseoir face à la chèvre et de la regarder. Je lui parle en français et elle semble m’écouter sans me comprendre.
En fait; dès que je peux m’éloigner du travail je vais la voir. Faut dire que dès que je m’éloigne et fais mine de retourner au travail elle m’appelle. méééé t’en vas pas.
Son visage expressif, parfois on distingue ce qui ressemble à un sourire.
Et puis c’est amusant de la voir se gratter le dos avec ses cornes.
Nous qui n’avons jamais eu d’animal de compagnie, c’est une belle expérience; qui nous permet des réflexions nouvelles. S’occuper d’un animal et pouvoir lui prodiguer de la gentillesse; de la douceur; prendre soin de lui, donne beaucoup de satisfaction en retour. C’est donc un moyen de développer son coeur.
Cette expérience nous rouvre les yeux, comme tout ce qui nous arrive ici au village.
 DSC_0224 DSC_0625

Les  préparations

Ce projet de construire à la place du hanaré est au prix de sacrifices financiers conséquents. Surtout après notre installation récente dans le village qui aussi a coûté quand même beaucoup de brouzoufes et d’énergie aussi. J’avoue qu’au début on a un peu hésité. Mais notre décision a été la bonne.

D’abord nous allons pouvoir acceuillir notre famille de France et la recevoir dans la nouvelle construction, quelques semaines cet automne.
Ensuite, plus le projet avance, plus nous goûtons des moments de bonheur bien précieux. Voilà une belle façon d’utiliser les brouzoufes.
En effet beaucoup d’émotions lorsque nous visitons notre ami le menuisier, qui prépare le bois. Il est allé dans les montagnes de monsieur O un voisin y couper des arbres, et nous voyons quelques semaines plus tard les poutres dans son atelier. Elles ont séché et il les prépare; les annote à l’encre de chine, et prépare les tenons et les mortaises, et les clous de bois, qui feront le tout tenir ensemble, . Ce sont les méthodes ancestrales.
Le menuisier travaille tranquillement; tout seul. Il fait chaud et les deux kilomètres qu’on a fait de chez nous ont mouillé nos t shirts. Il nous offre de prendre le thé. On s’assied et on discute de tout.
J’éclate de rire lorsque j’aperçois son troupeau de chèvres libéré dans l’atelier. Elles se promènent et montent sur les poutres. Elles explorent et reniflent un peu tout; les outils; les câbles, les ficelles.
Il fait chaud; et les chèvres apprécient le frais du sol en béton de l’atelier.
 WP_000809
WP_000821