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Grosses avancées sur mon nouveau livre
English version here Version Japonaise ici
Début octobre. Pour la première fois depuis le mois de juin, aujourd’hui j’ai enfilé un pantalon. Il fait en effet un peu frisquet, et mon épouse a allumé à la maison le premier feu de cet automne.
Samedi 3, nous étions en ville pour notre talk‑show sur la littérature japonaise classique, consacré au Tsurezuregusa (Les Heures oisives). C’était notre 14ᵉ talk‑show. Cette fois-ci, nous avons parlé des chapitres 89 et 235. Je suis toujours frappé par la diversité des propos et des thèmes que couvre le Tsurezuregusa : tant de sagesse, tant de bienveillance, le tout avec humour et parfois légèreté.
En couvrant ces deux chapitres, nous avons parlé d’un tas de choses : le yōkai Nekomata, ce chat à deux queues qui fait partie des animaux fantastiques du folklore japonais. Nous avons essayé d’expliquer pourquoi le Japon est un pays où les créatures fantastiques semblent si bien vivre. Puis nous avons dressé quelques parallèles entre le chapitre 89 et l’actualité, en particulier les attaques d’ours, qui ont fait couler tant d’encre électronique depuis l’année dernière.
Pour le chapitre 235, nous avons parlé des maisons vides, les akiya, des kodama, les esprits des arbres, et des haches japonaises… Bref, une tonne de sujets. Le talk‑show de samedi s’est très bien passé. Nous avons fait salle comble avec 25 participants.

Parmi eux, des habitués mais aussi des nouveaux venus. Je suis vraiment reconnaissant envers toutes les personnes qui viennent nous voir et nous écouter. C’est grâce à elles que nous pouvons continuer. Merci beaucoup à elles.

À côté du talk‑show, je continue à travailler dur sur mon projet de bande dessinée. Cette nouvelle bande dessinée — ou peut-être plutôt ce livre pour enfants — traite du même classique, le Tsurezuregusa.
L’histoire de mon nouveau livre montre mes deux personnages, le sanglier et le chevreuil trouver par hasard le Tsurezuregusa dans la forêt, ils commencent à le lire, se disant que cela leur permettra peut être de mieux comprendre les humains…. S’ensuivent des pages d’exploration et d’aventure …

La semaine dernière, pour la première fois, j’ai montré les planches à mon épouse. Une étape très délicate : si elle avait dit que c’est de la merde, je ne sais pas si j’aurais eu le courage de continuer. Mais au contraire, elle m’a dit que c’est très, très bien. Voilà : ma première lectrice.
Nous avons aussi commencé ensemble une vérification poussée des textes en japonais. Je recueille ainsi tous ses retours sur les textes, dessins, couleurs, mise en page. Nous avons revu environ 60 % pages, mais il y a déjà une petite centaine de corrections à faire. Si nous continuons sur ce rythme, je devrais pouvoir compléter les corrections à la fin du mois? Je dis ça, mais plus on regarde, plus on trouve des choses à peaufiner, à améliorer, ou même à couper. Ce processus de révision, correction, re‑révision, re‑correction peut être très long.
Mais du point de vue du dessin, du scénario, du titre et de la couverture, je dirais que tout est bouclé!
Tout cela représente énormément de travail, mais aussi énormément de satisfaction.
Voir les pages ensemble avec mon épouse m’a rempli de joie.
Je voyais mon monde imaginaire prendre vie, avec les personnages, leur environnement, la manière dont ils progressent dans l’histoire… C’était émouvant.
Une fois que tout sera bouclé, je vais me jeter dans l’inconnu en recherchant et en contactant des maisons d’édition au Japon, et essayer de leur présenter mon travail….
Pour la version en Français je ferai comme jusqu’à maintenant, en autopublication … à moins qu’un professionnel ne me lise ici et soit intéressé ?
Ancien Bain Public et choses étranges chez les chats
Il y a souvent des choses étranges qui se passent avec les chats. Nous en avons trois, des chats: Minou, Scotch, Ashram.
Le mois dernier, le jour même où mon fils nous a quittés pour repartir en Allemagne ou il étudie, notre chatte Minou a disparu.
Elle est partie quelque part, et n’est pas revenue pendant une semaine. C’était la première fois qu’elle s’absentait aussi longtemps. Nous étions vraiment inquiets. Que lui était‑il arrivé ?
Les chats entrent et sortent librement dans la maison …
Une semaine plus tard, elle est réapparue, complètement amaigrie, avec une énorme bosse sur la tête. Qu’est‑ce qui s’était passé ? Elle était partie sans que nous sachions si elle reviendrait. Nous étions tous les deux, ma femme et moi, dans un état second. Impossible de savoir où elle avait pu aller, et si elle était partie pour toujours. C’est la contrepartie de la liberté que nous accordons aux chats nous disions nous un peu pour nous consoler.
Chaque soir, nous faisions le tour du village, en parlant et en faisant entendre nos voix, espérant qu’elle se manifeste.

C’est seulement la deuxième fois, en treize ans, que Minou disparaît aussi longtemps. J’en avais d’ailleurs écrit un article.
Ce qui est étrange, c’est que lorsque mon fils est parti en Allemagne pour ses études, il y a trois ans, pour la première fois, le jour de son départ, un chaton est apparu devant notre maison. C’était Ashram.
C’est un peu comme si, dans le monde des chats, on pouvait percevoir le départ de notre fils … Et à chaque fois, il se passe quelque chose.
Le monde des chats est mystérieux; on sent qu’il s’y joue des choses que nous ne comprendrons jamais.
Avant le retour de Minou nous nous demandions si elle reviendrait. Ou, avait elle senti que ses derniers moments étaient arrivés ?
Depuis, Minou a repris un peu de poids. Sa bosse a éclaté. Elle fait d’énormes siestes à la maison. Elle reprend des forces.
Il y a quelques mois, j’avais parlé de mon projet d’illustrations de la ville de Tatsuno. Dans ce projet, j’ai réalisé dix dessins représentant des maisons anciennes, avec un brin de fantaisie. Depuis, nous avons organisé plusieurs expositions dans différents lieux de la ville.


Et pour le mois de septembre, nous exposons dans un petit restaurant installé dans un ancien bain public. L’endroit est charmant, et les currys qu’ils servent sont absolument délicieux.

L’installation des illustrations a été très amusante : avec le propriétaire, nous avons accroché les dessins dans l’ancienne salle où les femmes de la ville venaient se baigner. Nous sommes donc juste à côté d’une baignoire, dans laquelle on voit encore l’espace aménagé pour les enfants, moins profond.


Avec cette exposition, nous arrivons un peu à la fin de ce projet d’illustration. C’est un projet qui m’a tellement aidé, qui m’a fait vivre tant d’expériences, rencontrer tant de personnes. C’était absolument formidable. Bien sûr, je suis un peu triste de savoir que nous arrivons au bout. Mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Sachant que nombreuses familles viennent y manger, avec leurs enfants j’ai préparer des dessins à colorier !
10 000 Heures
J’ai entendu quelque part que, pour être très bon à quelque chose, il faut y consacrer au moins 10 000 heures.
À vue de nez, ce chiffre a l’air raisonnable.
Par exemple, mon ami Saki‑chan, ancien charpentier, a appris le métier en étant apprenti pendant cinq ans. Cinq ans, ça nous amène à 8 000 ou 12 000 heures — 12 000 s’il travaillait six jours par semaine. Je ne sais pas s’il avait des congés…
J’ai alors fait le compte de toutes les pages de bande dessinée que j’ai réalisées : Tout Ira Bien, 92 pages ; Retour sur Terre, 68 pages ; Continuer, 72 pages ; mon nouveau livre en cours, 88 pages ; et d’autres projets d’illustration. J’arrive à 4 000 heures, grosso modo.
Intéressant, me dis‑je. Je calcule qu’il me faudrait encore 1 000 jours de travail, à raison d’une moyenne de six heures par jour, pour atteindre ce seuil des 10 000 heures. Soit trois ans.
J’ai bien fait d’arrêter mon job à 54 ans. Dans 1 000 jours de travail, j’aurai 58 ans… Faire tout cela après la soixantaine serait sans doute trop tard.
À propos, dans le chapitre 151 des Heures oisives, Yoshida Kenkō écrit ceci :
151 —
Somebody has remarked that if you have not become adept at an art by the time you are fifty, you should give up.
Certes mais l’espérance de vie a augmenté depuis le 14è siècle ….
You do not have the time left to make further efforts worthwhile. People should not laugh at the old. It is painful and off-putting to see old men mixing with society. As a rule, those over fifty are most seemly when they withdraw from all activities and retire to a leisured life, and this is what they ought to do. A man is a fool if he spends his entire life involved with worldly affairs. If there is something you wish to know, by all means ask instruction of others, but once you have grasped the facts well enough to feel clear about the question, pursue it no further. The ideal is not to desire to know in the first place.
Vendredi dans le jardin
C’est vendredi, un peu après midi. Il est 12h30. Je suis dans le jardin, sous notre petit pavillon. Il fait un beau soleil, il fait chaud, mais pas encore humide. C’est une belle journée d’été.

J’ai amené mon PC dans le jardin et je lui dicte ce texte en buvant une petite tisane rafraîchissante. Nous sommes au mois de juillet 2026. Six mois sont déjà passés : nous sommes à mi‑chemin de l’année.
J’essaie de noter chaque jour dans un carnet toutes les choses que je fais, en particulier l’heure à laquelle je me lève et sur quelle page de ma nouvelle bande dessinée je travaille. Cela me permet de mesurer à peu près la vitesse de mon progrès et de voir combien de temps il me faut pour faire une page de dessin.
Aujourd’hui, j’en suis à la page 43. Et je bute : je bloque sur le scénario des deux prochaines pages, et je bloque aussi sur la manière d’améliorer le dessin de deux personnages dans un chapitre précédent. Donc, en ce moment, je suis un peu coincé.
Dans ce cas-là, j’attends. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai décidé de passer la journée dehors, dans le jardin. La passer au bureau, devant mon PC, ne me donnerait aucune nouvelle idée. En général, les idées me viennent lorsque je suis dehors : en train de jardiner, de marcher, ou même lorsque je suis dans mon bain.
Aujourd’hui aussi, préparations pour la session du talk‑show que nous aurons demain sur Les Heures oisives de Yoshida Kenko. Nous faisons cela avec monsieur Kenzaburo Iwata, dans un café à Himeji. Demain, nous parlerons de deux chapitres : le chapitre 7, où l’auteur y va avec un obusier — puis le chapitre 21, qui lui n’est que délicatesse.
Demain, je pense faire un rapprochement entre le chapitre 7, où l’auteur parle de la manière dont on peut finir par gâcher sa vie en en passant à côté, et l’essai de Sénèque sur la brièveté de la vie.
J’aime beaucoup l’idée que, sur des continents différents, à des siècles de distance, des cultures différentes aient évoqué les mêmes sujets. Nous sommes tous des humains, et depuis 2000 ans, finalement, peu de choses ont changé.
C’est cela qui est beau. Et j’aimerais, dans un monde idéal, voir tout le monde s’intéresser à ce genre de sujet plutôt que de se laisser distraire par les faits divers et les petites choses minuscules qui accaparent les esprits. C’est le noise …
Finalement, le sujet du chapitre 7 que nous aborderons demain est vraiment d’actualité pour moi et pour nous tous. Le temps que nous avons est limité et il est aisé de se le laisser aspirer par plein de choses annexes auxquelles on ne tient pas vraiment. Il faut une certaine vigilance et une dose de discipline …

Des nouvelles depuis mai
Article en Anglais ICI
Voilà donc un peu plus d’un mois que je n’ai pas écrit d’article.
Ces dernières semaines, je me suis vraiment plongé dans mon projet de livre sur les Heures Oisives (徒然草), et j’ai enfin commencé à voir clairement quel type de dessin je veux faire, quelles couleurs utiliser, dans quel style, et quels éléments intégrer au livre. Avec l’ajout d’un nouveau personnage, l’ensemble commence vraiment à prendre sens.
J’avais commencé à écrire dessiner ce livre — qui est quelque part entre la bande dessinée et le livre pour enfants — en janvier ou février. Au début je faisais surtout des esquisses, j’assemblais des idées, des gags. Mais comment tout cela allait-il s’assembler ? Est-ce que l’ensemble tiendrait debout ?
Et puis, il y a un peu plus d’un mois, j’ai commencé à y voir plus clair. Ou plutôt, j’ai enfin obtenu quelque chose qui me satisfait vraiment. À partir de là, j’ai travaillé à fond, complétant environ 80 % d’une trentaine de pages. J’ai maintenant l’impression d’être à mi‑chemin. Il reste beaucoup à faire mais je sens que je suis sur des rails, plutot qu’au milieu d’un sentier mal tracé.
Au jardin, les tomates poussent bien, mais les concombres se font zigouiller par des petites bêtes. Les plants d’aubergines, eux, ont littéralement fondu — sous la pluie — et j’ai dû les refaire, ainsi que les piments. Comme d’habitude, rien ne se passe jamais exactement comme on voudrait.
J’ai suivi également les actualités : les émeutes, les destructions et les attaques un peu partout en France après la victoire du PSG. Je me demande comment tout cela va finir, sachant que chaque fois, tout semble aller crescendo, les émeutes étant plus violentes et ayant lieu à travers des territoires plus étendus. Un peu comme des métastases.
Je me dis que ces événements ne doivent pas être vus comme des incidents isolés, mais comme une tendance, un mouvement profond qui tourne sur des cycles de vingt à vingt‑cinq ans.
Un nouveau projet: les illustrations que j’avais réalisées pour la ville de Tatsuno continuent de tourner et depuis la semaine dernière, elles sont exposées dans une pâtisserie de Tatsuno.
Il y a peu, j’avais dessiné un dessert, un parfait, en comparant chacune de ses couches de glace aux différentes phases de la vie. « La vie comme un dessert »
J’en ai fait un cahier que je vends en ligne.
La pâtisserie a proposé d’en faire un vrai dessert — absolument délicieux. Pendant l’exposition, nous organiserons deux journées avec un talk‑show où je parlerai du dessin, de la vie comme d’un dessert, et à la fin, tout le monde pourra en déguster la version réelle.
J’ai aussi donné une présentation de deux heures la semaine dernière pour une association culturelle à Himeji. J’y ai parlé de ma vie, et de la manière dont, à plusieurs reprises, tout en travaillant ou en étudiant, je me suis lancé en autodidacte dans l’étude de nouvelles disciplines : le japonais, le business et les finances, ou encore les systèmes d’exploitation Linux — sans parler des trois bandes dessinées que j’ai réalisées en parallèle de mon travail. Chaque fois, cela m’a permis de changer de direction: venir vivre au Japon, trouver un excellent poste chez Microsoft, devenir CEO d’une entreprise locale, et finalement transformer ma vie et devenir Wakame Tamago.

Soixante personnes sont venues voir la présentation — beaucoup plus que ce que j’imaginais — et j’ai eu d’excellents retours. J’étais un peu tendu au début, mais tout s’est très bien passé.
Je me disais cependant, que puis-je partager avec cet auditoire vénérable, qu’il ne sait pas déjà ? Grosse question !
Ah! les gens sont vraiment généreux ! Je les en remercie.
J’aimerais en effet pouvoir faire des présentations, raconter des histoires, cela pourrait très bien compléter mon travail de création graphique avec Wakame Tamago.
Bref, les mois de mai et juin ont été bien remplis.
Beaucoup de travail, mais aussi énormément de très bons moments, grâce aux amis, mon épouse, aux chats, aux lecteurs ! On n’est jamais seul.
Tom Sachs, faire un furoshiki
Tom Sachs
Les magies de l’algorithme de YouTube faisant bien les choses, je suis récemment retombé sur des vidéos de Tom Sachs, ce créateur‑bricoleur basé à New York.
Créateur‑bricoleur, car ses œuvres ressemblent davantage à du bricolage qu’à des sculptures à proprement parler.
Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est qu’il a bâti tout un processus, une esthétique, un culte autour de l’acte du bricolage : une élévation du bricolage jusque dans un espace sacré… presque comme une discipline spirituelle.
Pensez, par exemple, à son atelier qu’il a organisé et codifié avec des rituels. C’est assez incroyable.
En fait, Tom Sachs déconstruit la création en un concept terre‑à‑terre comme celui du bricolage, pour ensuite l’élever sur un piédestal et le célébrer comme un acte sacré.
Ses réflexions sur le consumérisme, les marques, ses partenariats avec Nike par contre, ne m’intéressent absolument pas ; mais oui, il faut avoir le sens des affaires.
Pour ma part, je réutilise — je remastique — cette idée, notamment celle d’être pleinement dans le moment grâce au bricolage.
Dans un de ses récents posts Instagram, il parlait du furoshiki.
Furoshiki
Le furoshiki, c’est une ancienne technique japonaise traditionnelle de pliage et de nouage d’un carré de tissu, utilisée pour emballer, transporter et offrir des objets ou des cadeaux.
À noter d’ailleurs que Sachs a aussi travaillé sur la cérémonie du thé.
Pourrais‑je utiliser un furoshiki pour emballer et transporter mes courses, mes pots de yaourt, mes poches de saucisses ? Peut‑être pourrais‑je ainsi me passer de ces affreux sacs plastiques.
Et surtout, apprendre et répéter moi‑même des gestes que les Japonais ont accomplis pendant des siècles, ça, c’est très intéressant…
Faire les gestes d’autrefois.
Par exemple, fendre du bois avec une hache est une expérience très différente que de le fendre avec une machine.
Idem pour faire un feu : c’est une expérience à part. On sent que quelque chose se reconnecte… par contre … allumer la gazinière … allumer la télé …
Oui, il y a une reconnexion qui s’opère quelque part lorsque l’on refait les gestes d’autrefois.
Donc, pourquoi pas utiliser un furoshiki ?
Bricolage ! Avec mes serviettes ténuguis
Mais plutôt que d’en acheter un, autant en fabriquer un.
Il faut un tissu carré : 90 cm sur 90 cm paraît raisonnable. Les plus grands front 130 sur 130.
Or, j’ai fait des serviettes ténugui, de fines serviettes en coton, elles mesurent 34 × 90 cm.

J’ai encore du stock, une cinquantaine de chaque. Je les vends en ligne et aussi sur les marchés ou pendant mes expos.
Mon but ici, une fois les stocks épuisés, est d’avoir un prétexte pour travailler sur un nouveau design.
Ces ténugui, je les utilise tous les jours : en hiver comme écharpe légère, en été pour me protéger la tête du soleil et m’essuyer avec la chaleur humide.
Pourquoi alors ne pas utiliser trois vieux ténugui et les coudre ensemble pour former un carré de 90 × 90 ?
Voyez comme tout cela s’enchaîne comme par magie (comme l algorithme de youtube d ailleurs) … Je voulais aussi apprendre à me servir de la machine à coudre…
Avec ce projet utile, je peux en apprendre les bases.
Pour y voir clair, je mets la machine à coudre dans le jardin un jour de soleil, et hop, c’est parti…





reste à apprendre les différentes utilisations et techniques pour bien utiliser mon furoshiki ….
Fin du projet Promenade à Tatsuno
Fin du projet Promenade à Tatsuno
La semaine dernière j’ai bouclé le projet Promenade à Tatsuno.
Le projet consistait à dessiner dix maisons anciennes de la ville dans le but de mieux faire connaitre la ville -Tatsuno- aux visiteurs étrangers.
Mon conseil aux voyageurs
A tout voyageur désirant découvrir le Japon d’autrefois et visitant notre région -ouest de Osaka et Kyoto-, je conseillerais ce bundle:
– une journée à Himeji pour le matin faire la découverte du sanctuaireEngyo ji puis visiter le château et la ville.
– une nuit à l’hôtel après s’être réhydraté auprès des nombreux bistrots et izakaya -izakaya signifie littéralement là ou est l’alcool
– et puis le lendemain matin, prendre le train (ligne Kishin) pour 10 ou 15 minutes jusqu’à la gare Hon Tatsuno….
Le Japon comme autrefois
… De là, gagner la ville ancienne pour se perdre dans les petites allées, les ruelles qui longent les cours d’eau, crapahuter jusqu’au château…
Et profiter des nombreux points de vue qui permettent d’imaginer une ville au Japon il y a 50 100 ou 200 ans…. et tout ça, sans touristes !
La ville n’a pas été détruite pendant la guerre…. et c’est si triste à dire, c’est une exception.
Pour tout personne intéressée par l’architecture il y a des centaines de petites découvertes à faire ….
De belles maisons de 400 ans, on n’en fait plus de nos jours … Beauté fragile… et précieuse.
Les dessins
Sur cette page j’ai mis des copies des dessins.
L’idée c’était avec des maisons sélectionnées mais éparses dans la ville de créer comme une rue virtuelle où l’on peut se promener.
Donc, les maisons sont toutes dessinées de face, sans perspective, et elles sont plus ou moins à la même échelle. Elles sont positionnées à la même hauteur et on peut imaginer en collant les dessins bout à bout suivre une rue imaginaire ….

C’est ce que nous essaierons de créer en faisant une exposition des dessins sans doute en Avril …
J’ai d’ailleurs fait une petite animation avec certains dessins …
Quel projet merveilleux
En tout cas ce projet était merveilleux pour moi, l’occasion de connaitre et de collaborer avec des gens formidables, de redécouvrir la ville de Tatsuno, et puis du point de vue du dessin et de la conduite d’un projet de création, apprendre beaucoup de nouvelles choses.

La vie comme un dessert !

N’ayant plus de stress depuis que j’ai arrêté mon job j’ai fortement réduit ma consommation de choses sucrées. Cependant le 1er janvier avec mon épouse on s’est dit allez, on va au convenience store du village et on va manger des trucs sucrés !
J’ai pris une coupe de glace, et j’ai alors pensé à faire ce dessin, et c’est devenu aussi l’opportunité d’apprendre à dessiner des ellipses en perspective…

Reportage chez les ours
Des médias français – le figaro par exemple – se sont fait l’écho des récentes attaques par des ours, au Japon qui à ce jour on fait une dizaine de victimes ici.
Pour faire face à ce phénomène, dans certaines régions, l’administration japonaise a autorisé l’armée à tirer sur les ours qui s’approcheraient des agglomérations.
Dans la région où nous habitons, la région du hyogo on décompte environ 600 à 800 ours …
C’est vrai la TV ici dramatise ces événements, fait un énorme pataquès de tout cela, en appuyant uniquement sur l’horreur des attaques mais sans vraiment essayer de comprendre et d’expliquer les raisons. – C’est pareil avec les médias partout …
Tout ceci m’ennerve un peu; les ours animaux sauvages ne font que leur travail d’animaux sauvages et on sait que normalement ils fuient les hommes et essaient de les éviter.
Pour me faire une meilleure idée de la situation j’ai branché la télé pour regarder la chaine de TV des ours.
Nous faisons état de nombreux cas où des ours descendent des montagnes pour s’aventurer dans les villages; ce qui cause parfois des accidents graves; et de la part de la communauté des ours nous présentons toutes nos excuses.
Pour mieux comprendre les événements actuels nous avons fait appel au professeur Kuma(ours)ta de l’université de Kuma(ours)moto
Bonsoir:
En effet à l’époque Jomon -13000 à 400 av JC- les ours et les hommes vivaient pacifiquement
Cependant ces dernières années beaucoup de chataigniers ont succombé à cause d’insectes,
et de plus beaucoup d’installations photovoltaiques ont été construites en montagne.
Nous les ours avons moins de nourriture, moins de territoires disponibles et dans certains cas nous devons descendre dans les villages pour trouver à nous nourrir.
Et si la population des campagnes décroît alors le nombre d’humains qui connaissent la nature décroît également.
Si l’homme s’éloigne de la nature, il va finir par ne penser qu’à l’argent, il va oublier l’existence des autres êtres vivants.
Et nous les ours ne seront pas les seuls à en pâtir, mais tous les autres êtres vivants: les abeilles, les blaireaux, les renards, les oiseaux, les arbres et les plantes.
Si l’homme ne comprend plus que lui aussi fait partir de la nature il sera très difficile de cohabiter avec eux.
Ceci dit; que pouvons-nous faire, nous, les ours
c’est par exemple lorsque nous mangeons des kakis; de faire caca là où les graines peuvent germer et pousser, pour faire de nouveaux arbres.
Deux semaines depuis que j’ai quitté mon travail
(J’ai écris ce même article en anglais ici)
Cela fait un peu plus de deux semaines que j’ai quitté mon travail.
Les choses commencent à se stabiliser.
Je suis encore un peu trop occupé. J’ai besoin de ralentir un peu.
J’ai l’impression d’avoir gardé mon rythme de salarié à temps plein …
Il faudra encore quelques semaines pour que tout se calme vraiment.
Le jour où je serai plus apaisé—quand je pourrai m’asseoir et regarder en moi—je sais que je pleurerai de joie.
Je pleurerai de joie parce que je me suis libéré.
Mon nouveau rythme quotidien
Je me rends compte que ce que je fais maintenant, chaque jour :
- Je me réveille quand je me réveille.
- Je vais dans mon home office et je me fais un café.
- Je passe plusieurs heures à dessiner, faire des bandes dessinées ou écrire quelque chose.
- J’ai commencé deux nouvelles séries de BD courtes, que je publie sur Instagram
- Puis, une fois que le soleil passe les montagnes, vers 10 ou 11h, je commence à bouger, je pars pour une longue marche, ou je fends du bois, je travaille au jardin, je récolte fruits et légumes et je les cuisine.
Ce que je fais chaque jour ressemble beaucoup à ce que je faisais quand j’avais 12 ans : écrire, dessiner, lire.
Est-ce que tout cela ne serait pas un retour à un état initial ?
Je me demande : est-ce que ça valait la peine de travailler pendant 30 ans juste pour revenir à faire ce que j’aimais déjà enfant ? Oui bien sur …
Décomposer ces 30 années
1995 → 2005
- Profiter de la vie
- Explorer, travailler dans différents pays
- Apprendre à être salarié, Apprendre un métier, Apprendre l’anglais
- Mariage !
2005 → 2015
- Notre fils est né
- Chercher un endroit où s’installer, une maison à acheter
- Déménagement de Tokyo vers notre village
- Une autre forme d’exploration
- Puis en 2014, j’ai lu ces livres :
- The Good Life | À la campagne au Japon
- A Handmade Life | À la campagne au Japon
Ils parlaient d’autosuffisance et de la joie d’une vie simple et gratifiante. Ce furent les graines…
2015 → 2025
- J’avais déjà lancé ce blog en 2012 et terminé ma première BD, Tout Ira Bien
- Wakame Tamago est né et a commencé à prendre une place plus importante dans ma vie
- Durant ces années, j’ai commencé à réfléchir sérieusement à une retraite anticipée
- J’ai découvert Mr. Money Moustache, le livre de JL Collins The Simple Path to Wealth et Your Money or Your Life de Vicki Robin
Je mets « retraite anticipée » entre guillemets parce que je ne suis pas sûr qu’arrêter de travailler comme employé à 54 ans et se lancer dans ses projets personnels ce soit vraiment anticipé…
Mais mieux vaut tard que jamais
Vivre la vie idéale
Ma vie actuelle ressemble à la vie idéale que j’imaginais.
En ce sens, il est utile d’avoir une vision—quelques images—de ce à quoi ressemble sa vie idéale.
Chacun aura sa propre conception de la vie idéale, ses propres images.
Pour moi, la vie idéale est un mélange de travail créatif—dessin et écriture—et de travail physique, concret, comme le jardinage ou toute activité liée à l’autosuffisance.
Un exemple de vie idéale pour moi est celle de Tomi Ungerer, qui avait quitté New York dans les années 70 pour vivre quelques années au Canada, en Nova Scotia, avant de s’installer en Irlande.
Il partageait son temps entre le travail artistique et l’elevage de moutons.
Je me souviens d’un documentaire où on le voyait s’occuper de moutons au Canada.
🎥 Documentaire sur Tomi Ungerer – Kunst Künstler
D’ailleurs, je connais le travail de Tomi Ungerer depuis l’âge de sept ans, quand ma tante Francoise m’a offert un de ses livres :
Déjà j’adorais ses dessins !!!!
















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