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Des trucs que j’aime au Japon

Des trucs que j’aime au Japon

Voilà un sujet bien bateau, mais bon. Pourquoi pas !

Il y a des choses fortes qui me sont très chères ici, et qui m’ont retenu au Japon depuis 1995.

Ce qui suit est une ébauche maladroite, j’y apporterai, ultérieurement, de nombreuses corrections.

 

On fait confiance.

Les rapports humains, dans la vie personnelle, et professionnelle ici sont fondés sur le respect de règles de civilité bien établies et très largement suivies. Par défaut on peut faire confiance aux gens. On se dit ah il est honnête celui-la. Dans un autre pays comme la France, j’aborderais plutôt tout(e) inconnu(e) avec une dose de réserve.

Réciproquement, les gens vont vous faire confiance par défaut.

Le revers de la médaille c’est que certains (par exemple les hommes politiques) parfois abusent de cette confiance sans retenue.

 

Le sens visuel des choses et la langue Japonaise

Avec le langage graphiquement très riche, les deux mille idéogrammes, la culture du manga, le Japon est très visuel et offre une stimulation visuelle continue. Voilà quelque chose dont mon cerveau raffole.

La langue Japonaise, en plus d’être très visuelle, ….. Sa syntaxe se construit dans le sens inverse de la langue française. Sa capacité enclitique la fait ressembler à un jeu de construction, car on peut comme en Allemand assembler des termes et créer de nouveaux mots à volonté…Tout cela constitue un lego linguistique qui offre une grande satisfaction aux neurones … Le recours continu à la forme passive permet aussi de dépersonnaliser les choses, de dissimuler l’aspect personnel. L’absence de pluriel, le recours limité aux prénoms apportent une belle dose d’ambiguïté … Bref la langue japonaise c’est une dimension à part … et pouvoir l’utiliser tous les jours permet de penser et de s’exprimer dans des modes tout à fait différents, presque opposés l’un à l’autre.

 

Être un client

Dans les magasins et restaurants, on est bien traité. En général le service est très bon. On est traité comme un CLIENT. A la poste, la postière ne me fait de commentaire sur ce que j’envoie. Je me souviens encore de ma gentille maman qui, lorsqu’elle voulait m’expédier de France un camembert vers le Japon, devait subir les remarques ineptes de la postière ah la la vous envoyez un camembert au Japon à ce prix là madame ! Non mais franchement épargnez vos commentaires… J’ai l’impression qu’en France on souffre de ne pas être une star, alors tout le monde doit raconter sa vie et donner son avis sur tout … ici au Japon quand je passe à la caisse, c’est bienvenue monsieur le client quand je paie c’est merci beaucoup et quand je sors c’est au plaisir de vous revoir.

 

Un peu d’humilité

Hormis quelques cas désespérés (comme ceux devenus trop riches trop vite)  les gens ne se prennent pas pour le duc de windsor et sont simples. Une chose qui m’a frappé dès mon arrivée au Japon c’est que les classes sociales sont peu marquées et moins visibles au Japon.  Ce qui conduit au point suivant.

 

La paix sociale et la sécurité

Les gens ne se tappent pas dessus. Les foules les plus denses de Tokyo ne se bousculent pas (exception pour monter dans le train) et dans cette mégalopole règne une grande sérénité, une tranquilité admirable.

Le Japon est aussi un pays sûr où la criminalité est plutôt organisée de façon professionnelle. Les yakuz font leur job. Je n ai jamais eu de problème lié à la sécurité, au Japon en plus de 20 ans …. C’est un vrai luxe, de pouvoir laisser le camion la nuit les portes ouvertes, de ne pas avoir à avoir de système d’alarme ou de ne pas se barricader avec des doubles serrures !

 

Penser à l’autre

L’usage c’est de penser à l’autre d’abord, de ne pas l’importuner. De ne pas faire de meiwaku (le dérangement à l’harmonie). Meiwaku c’est le gros truc ici au Japon. C’est un vrai savoir vivre que de toujours veiller à ne pas créer de nuisance et de respecter un équilibre harmonieux entre les personnes. Un savoir vivre ensemble.

Un savoir vivre avec les autres.

Penser à l’autre d’abord, c’est penser moins à soi, ce qui est une très bonne chose. On ne prend pas forcément les bonnes décisions lorsque l’on pense trop à soi. Cela impose aussi une certaine légèreté.

 

Cette légèreté est peut être aussi liée à l’impermanence des chose, que rappellent sans pause ces catastrophes naturelles qui viennent frapper l’archipel en une procession ininterrompue; tremblements de terre; typhons … D’un jour à l’autre, on peut tout perdre, alors pourquoi s’exciter ?

 

Les gros besoins et le bain

Le Japon c’est aussi le pays à ma connaissance où l’on fait le mieux caca. Partout en ville, dans les grands magasins, dans les convenience store, on peut trouver des toilettes publiques disponibles et propres où l’on peut s’isoler sans craindre d’être à court de papier ou d’être assailli par les mouches. Les Japonais n’ont pas honte de s’intéresser à la chose des besoins naturels, et les lunettes de chiottes sont l’objet d’innovation technologique, chauffantes l’hiver, et avec des dispositifs ingénieux qui lavent le cul !

 

Toujours dans le rapport au corps, se laver au Japon, prendre un bain, est également exceptionnel. Le rituel ou l’on le lave avant d’entrer dans la baignoire, ou l’on se décrasse bien, car, l’été, on transpire tellement, il faut bien, y a pas le choix.

Ensuite l’on entre dans la baignoire et le bain chaud pour s’y relaxer.

 

L’importance du travail.

Promenez vous dans les rues, il n’y a pas de banc où s’asseoir et glander. Les gens s’affairent. Avec le système catastrophique des retraites d’ailleurs on travaille jusqu’à un âge très avancé. Pas le choix.

Mais le travail ici reste une chose très sérieuse. Quelque chose que j’admire c’est qu’il n’y pas (vraiment) de concept de travail sale ou mauvais. Tout travail est considéré; et; on le voit; les gens s’y donnent avec fierté. Les ouvriers sur les chantiers sont élégants. Avec classe ils montrent leurs corps athlétique. L’ouvrier est d’ailleurs plus élégant que le salaryman, perdu dans la masse et son petit costume à 20,000 yens. Le postier du village porte uniforme et cravate. Le chauffeur de bus porte casquette et gants blancs. C’est la classe.

L’amour du travail bien fait. La fierté de l’artisan. C’est beau!

 

Des Beautés fulgurantes

Je me souviens, à Hagi, dans la préfecture de Yamaguchi, nous visitions une exposition de céramiques et la devant un bol de thé vieux de deux siècles j’étais comme pétrifié devant tant de beauté. Ce bol on l’aurait crû issu d’une météorite.

Des moments comme cela; où l’artiste, l’artisan, le cuisinier ont sû créer, parfois avec les moyens les plus simples, quelque chose d’une beauté qui transperce, je ne saurais les compter ici. Parfois aussi ce sont des gestes. La cérémonie du thé voila une invitation presque religieuse. Bref souvent ici la beauté me troue le cul.

 

On nous fout la paix.

À quoi ça sert un Français au Japon ? À part faire du pain ou des gâteaux, ou encore vendre des sacs Louis Vuitton ? Etranger au Japon, on est hors jeu.

Au mieux on nous regarde avec un peu de curiosité … Mais on ne nous reproche pas de pas être Japonais… de ne pas comprendre tant de choses qui vont de soi …d’être bruyant vulgaire et égoïste … parce que c’est peine perdue !

On ne compte pas, et donc,… on nous fout royalement la paix.

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Bande Dessinée: Première page!

A y réfléchir et à écouter ma femme, je changerai sans doute le titre de ce projet de bande dessinée, inspirée de notre vie à la campagne, ici au Japon.

Titre (provisoire): Histoires Naturelles.

Depuis longtemps, j’ai compris que ma femme a toujours raison.

Depuis le dernier article à ce sujet en mars dernier; le projet a avancé et  les quinze premières pages sont quasiment ficelées. Il reste beaucoup de travail … encore 65 pages à faire !!!

Voici la première page. On y raconte comment nous avons vécu dix ans à Tokyo … si si j’exagère à peine …

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