Tagué: maison écologique

Encore des porcelaines

Lorsque ce dimanche je faisais l’inventaire des porcelaines, madame T est donc passée et m’a demandé ce que je trafiquais.

Je lui ai expliqué que je faisais du rangement dans la grange et en particulier que je regardais les porcelaines, rangées dans des boites depuis les seventies.

Je lui demande et toi aussi alors tu as de vieilles porcelaines comme ça chez toi ?

Et me répond oh la la je veux tout jeter mais je sais pas comment m’en débarrasser. Le mois dernier j’ai jeté un nagamochi qui date de Meiji.

Je suis tellement généreux, ça me perdra: je lui dit ben si tu veux tu peux amener tes porcelaines, les poser ici, et si elles ne me plaisent pas je les jetterai moi-même.

OK brother, Let’s Do It qu’elle dit dans le patois local. Si on vivait dans le Bronx on se serait fait un High Five.

Elle retourne chez elle et revient un peu plus tard avec deux brouettées de porcelaines rangées dans du papier journal.

C’est tristounet que toutes ces belles choses d’autrefois finissent à la poubelle. Qu’est ce qui a fait changer le regard des gens? Le changement est une constante dans le monde moderne. Tout s’accélère. (dans notre chute générale).

Un peu plus tard je défais le papier journal qui protège ces porcelaines dont madame T voulait tant se débarasser.

Mamamia c’est magnifique.

En voici quelques clichés. J’aime beaucoup les couleurs. Ces porcelaines là sont plus raffinées.

IMG_1078

 

IMG_1087

 

IMG_1081

 

Les couleurs de ce plat sont un véritable plaisir pour les yeux.

J’aime bien aussi ces assiettes.

IMG_1090

Bon ça c’était un dimanche. Quelques jours plus tard le jeudi, je retourne dans la grange continuer le tri et jeter des affaires; en particulier des vieux outils de jardinage et des barriques antiques. La porte ouvre difficilement, c’est bizarre, me dis-je, quelqu’un a du venir … c’est chelou ça, j’ouvre, et je vois que depuis, madame T est revenue et a posé une autre brouettée de porcelaines !

Ca me fait bien rigoler !

Je ne veux pas commencer une nouvelle collection: Donc, Que faire de tous ces petits trésors?

 

Publicités

La maison de Madame M

Madame M est décédée il y a deux ans. Cette dame à la volonté et prestance exceptionnelles, qui a vécu des productions de son jardin, en quasi autarcie, jusqu’à un âge très avancé.

Une anecdote à son sujet, peu après notre arrivée dans le village; il y a six ans, je me suis mis a déplacer des rochers  dans la rivière, pour essayer de la dégager et éviter les débordements lors de déluges; eh bien malgré ses quatre vingt dix ans elle est descendue dans la rivière venir m’aider ….

Depuis son décès, sa maison est restée vide. Sa maison est ancienne, centenaire. C’était, autrefois, le logement des instituteurs du village. Elle est adjacente à notre terrain.

L’idée d’acheter cette maison n’a cessé de trotter dans ma tête, et finalement nous nous sommes lancés.

Nous avons finalisé l’achat de cette maison hier. Maintenant que tout est fait, il nous reste à trouver un ou des projets pour cette maison (location court terme pour voyageurs égarés, bar pour les nuits de pleine lune, qui sait …).

new house IMG_0922

Cette maison qui a tant de désavantages, c’en est presque charmant: pas de parking, petit terrain. Un peu sombre. (Lire l’éloge de l’ombre de Tanizaki).

Son schéma est identique à celui de notre maison, et probablement à toutes les anciennes maisons de la vallée. Également identique au plan de la maison de mille ans… sauf qu’il n’y avait pas de place pour y mettre une vache.

Une grande entrée, qui donne sur la cuisine. A gauche quatre petites pièces en tatami arrangées en quatre carrés adjacents comme l’idéogramme de la rizière 田. La pièce, au fond et du côté de l’entrée, abrite un tokonoma et l’autel aux ancêtres, ou butsudan. (celui-ci a été évacué).

Comme chez nous; la salle de bains a été ajoutée plus tard, pendant les seventies ?

Il y a eu quelques autres travaux, comme par exemple l’effacement des engawas (ces couloirs qui font une transition entre le dehors et le dedans) pour agrandir les pièces (les panneaux coulissants en papier rendus obsolètes avec l’introduction des rideaux), et l’entrée où un carrelage est venu remplacer la terre battue (chez nous c’est du béton).

L’esprit original de la maison est, malgré ces ajustements qui ont suivi les nouveaux modes de vie, préservé: la structure en bois avec les poutres et les piliers est toujours visible; les tatamis aussi sont encore là.

Cette modeste maison a du potentiel aussi: elle est petite et n’est pas gigantesque. Elle est en excellent état et il n’y a presque pas de travaux a faire. Elle donne directement sur la rivière, ce qui est sympa.

Il y a aussi une annexe, sur deux niveaux, qui servait de hangar pour les outils. Intéressant de noter que la surface construite pour l’habitation occupe la même superficie que pour stocker les outils et les choses du jardin ou des champs.

new house IMG_0921.JPG

A ma demande, l’annexe a été laissée telle quelle, elle est donc encore pleine des outils plus ou moins anciens que Madame M et sa famille ont utilisés dans leurs potagers, montagnes et rizières.

La première tâche sera donc de dégager tout cela et de faire un peu de tri, il y aura sans doute des choses intéressantes, des objets d’autrefois; j’en dresserai la liste ici dans des articles futurs.

 

 

 

 

 

Construction d’une maison japonaise – suite et fin !

C’est terminé.

Le sakanya pose un enduit blanc shikkui sur les murs extérieurs découvertes.

DSC_0809

 

L’électricien a installé l’éclairage.

Et les cloisons coulissantes en papier derrière les porte fenêtres, permettront de contrôler la lumière et de s’isoler un peu.

 

DSC_0861

Le résultat est vraiment au dessus de nos espérances.

Nous sommes très reconnaissants à S. et à son équipe.

Pour leur dire notre apréciation nous les invitons pour un diner français. Foie gras, confit de canard. Tout le tralala. Avec du pain ! du vin ! Nous passons un très bon moment.

DSC_0993

Construction d une maison japonaise les yaki itas – finition

Construction d’une maison japonaise – Yaki ita

 

Les murs de terre offrent une certaine isolation. Technique traditionnelle et ecologique.
Cependant, il faut bien entendu protéger les murs des précipitations, sous peine de voir l’eau les emporter.

Les parties les moins exposées c’est à dire celles protégées par le toit seront recouvertes d’enduit. Shikkui. 漆喰 しっくい

Les parties plus basses sont beaucoup plus exposées à la pluie. On agrafe une couverture imperméable (technique moderne), et l’on recouvre le tout de planches de bois, les yaki ita.

焼き板 やきいた
Ce sont des planches dont une face est carbonisée. Celà permet d’atténuer l’appétit des insectes et de protéger le bois de l’eau.

Les yaki itas sont faites sur place.

 

 

 

DSC_0469

 

Le manomètre, à mi-chemin entre Mickey Mouse et Tchernobyl.

 

DSC_0539

 

La préparation des yaki ita.

 

DSC_0580

 

On recouvre les parties basses des façades avec les yaki ita. Elles seront ainsi protégées des intempéries.

Construction d’une maison japonaise – Les murs de terre (3)

On voit, les semaines qui suivent, l’évolution de la terre et les changements qui accompagnent le séchage naturel.

Des craquelures apparaissent. Certains petits morceaux de terre même se défont du mur et tombent à terre.
Il est important, le temps que les murs de terre sèchent complètement, de laisser les fenètres ouvertes et d’assurer un courant d’air afin de laisser l’humidité partir, sous peine d’avoir des moisissures etc. On laisse donc un ventilateur tourner en boucle 24 heures sur 24.
En sèchant la terre se rétracte. On devine des rais de lumière entre la terre et la structure de bois de la maison.
Toutes ces transformations. On voit que la maison respire, et qu’il y fera bon vivre.
DSC_0889

Construction d’une maison japonaise – Les murs de terre (2)

Une fois le treillis de bambou en place

Un camion livre 2 tonnes de terre. Pour le tsuchikabe. Celà peut paraitre un jeu d’enfant mais c’est du domaine du sakanyasan (équivalent du maçon 左官屋さん).
Il faudra ensuite attendre plusieurs semaines pour que le tout sèche et que l’on puisse passer aux étapes suivantes.
Le procédé nécessite du temps, mais par contre quelle économie de moyens. Du bambou, de la terre et des ficelles. La modernité a vraiment tout compliqué.
 DSC_0818
La classe c’est de travailler la clope au bec.
DSC_0821
De l’autre côté de la cloison on appuie avec une grande truelle.
DSC_0824
Après la première couche extérieure.
DSC_0848
la deuxième couche
DSC_0836
Voilà. Ensuite il faut laisser sécher.
On voit bien les lignes élégantes de la construction avec les deux sujikais qui forment les diagonales.

Construction d’une maison japonaise – Les murs de terre (1)

Mur de terre = tsuchikabe. 土壁

La méthode et la technique des ancêtres.
Le marchand de terre de la ville voisine a fermé boutique. Le business disparait, nous aurons été son dernier client. Les gens aujourd’hui ne demandent plus de tsuchikabe et préfèrent les techniques plus modernes. Planches de blois agglo et isolants thermiques en laine de verre ou je ne sais quoi. Partout pareil.
Pour assurer que la construction ne bouge pas et résiste à tout ce qui va lui tomber dessus (séismes, pluies, typhons) on pose les sujikai.
筋交い wiki
Les sujikai sont des pièces de bois, qui en grandes diagonales vont relier les colonnes entre elles. Ils font partie du mur et seront plus tard dissimulés dans le tsuchikabe.
Il faut préparer les grands espaces vides, le menuisier va poser des lattes de bois pour former une structure solide à laquelle le mur de terre va s’attacher.
Puis, on installe un treillis de lattes de bambou. Le bambou ici est importé de Chine. Pour bien faire, si on utilisait du bambou local nous devrions utiliser du bambou coupé en hiver, pour ne pas y avoir d’insectes qui pourraient en compromettre l’integrité et la durabilité.
On pose d’abord les bambous à l’horizontale.
Puis on forme le treillis en ajoutant la partie verticale.
Le tout est noué avec de la corde.
Autrefois, nous rapporte le charpentier, les gens du village venaient aider celui qui s’atelait à ce travail. Les femmes les enfants et les vieux se joignaient au chantier.
DSC_0620
DSC_0624
DSC_0659
DSC_0645

Construction d’une maison japonaise – Jour 2

Le premier jour a été fulgurant, vraiment. Tout avec tant d’émotion. Les gens qui travaillent sur le chantier sont d’une telle bonne humeur. Décontractés. Et professionnels. Ils font un beau métier sous le ciel bleu.  Peur eux le travail ne manque pas.

C’est passionnant de les regarder faire et de voir comment ils bougent. C’est un vrai spectacle;  l’on apprend beaucoup aussi.
Plein de bonnes leçons à retenir, celà nous enrichit.
Le tout mis d’aplomb, les charpentiers vont enfoncer les chevilles et fixer ainsi les différentes poutres et colonnes, les unes en les autres.
A l’ancienne.
Les chevilles ont été préparées à l’avance. Faites à la main chaque pièce est unique.
DSC_0519
Le tout se fait à gros coups de maillets.
DSC_0544
DSC_0527
Donc le tout s’assemble en bois. Jusqu’à ce moment là je crois qu’ils n’ont utilisé qu’une paire de vis.
Bien sûr pour fixer les chevrons de la charpente et finir la toiture,  et poser le plancher, ils utiliseront des clous; des agrafes, des vis, mais on note que pour assembler la structure, tout est fait en bois.
DSC_0528

Construction d’une maison japonaise – Jour 1 (4)

Voici la fin de la première journée des travaux.
DSC_0450 DSC_0551
La toiture montée, les travaux sont finis pour le jour. Nous nous réunissons tous. Cette fois ma femme et moi nous faisons le tour du bâtiment, et nous dispersons du saké, du sel et du riz.
Puis nous nous tournons tous vers la nouvelle maison et faisons une prière.
Fin de la première journée et le moment d’offrir des rafraichissement à toute l’équipe qui a bien travaillé.
Aussi nous donnons à chacun, caché dans une enveloppe blanche, un peu d’argent.