Tagué: cheville

Les six colonnes sont faites

L’abri que nous allons construire dans le jardin (technology transfer) aura six colonnes (hashira 柱).

J’ai fini les colonnes hier.

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Je travaille dans l’atelier de S. Il me prête ses grosses machines. Il m’a fallu dompter cette machine infernale assez impressionnante au départ, qui avec quatre scies circulaires découpe des tenons en deux coups. Il faut rester concentré. Les Saoudiens pourraient utiliser cette même machine pour couper les mains des voleurs de poule, comme il est d’usage chez eux.

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Le tenon découpé, il faut percer le trou pour la cheville.

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Cheville  komisen 込栓

Pour celà on utilise une perceuse spéciale qui fait des trous carrés, de la taille de la future cheville. (la cheville fait 5 buns de côté soit la moitié d’un sun, et cela correspond  à la largeur de la sashigané … comme par hasard ….) ….

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Ensuite on fait une petite entaille à 45 degrés sur le côté supérieur du trou carré avec le ciseau à bois. Cela permettra à la cheville de pénétrer plus facilement. (photo ci dessous avant de faire l’entaille).

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Ensuite il y aura des hiuchi, ou arbalétrier c’est ça ? qui vont connecter la colonne aux poutres à 45 degrés. On prévoit des entailles dans les colonnes pour y accueillir (et soutenir) les hiuchi.

Pour ce faire on utilise ici aussi le ciseau à bois, j’en utilise un qui fait 1 sun et 4 buns de largeur. Très bien aiguisé il découpe le bois comme si c’était du beurre.

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S. revient d’une partie de pêche et me montre au début comment se positionner par rapport au bois et aux outils etc … ici démonstration clope-au-bec avec un tsukinomi, ciseau à bois à manche long, que l’on utilise sans marteau.

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Pour préparer ces six colonnes il y a donc toute une série d’opérations et de gestes à faire, une séquence précise à suivre. Et voyez vous tout celà est comme une danse, à la manière de bouger, de se positionner, et d’utiliser les divers outils. Il y a grand plaisir à faire tout cela.

 

Construction d’une maison japonaise – Les murs de terre (2)

Une fois le treillis de bambou en place

Un camion livre 2 tonnes de terre. Pour le tsuchikabe. Celà peut paraitre un jeu d’enfant mais c’est du domaine du sakanyasan (équivalent du maçon 左官屋さん).
Il faudra ensuite attendre plusieurs semaines pour que le tout sèche et que l’on puisse passer aux étapes suivantes.
Le procédé nécessite du temps, mais par contre quelle économie de moyens. Du bambou, de la terre et des ficelles. La modernité a vraiment tout compliqué.
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La classe c’est de travailler la clope au bec.
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De l’autre côté de la cloison on appuie avec une grande truelle.
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Après la première couche extérieure.
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la deuxième couche
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Voilà. Ensuite il faut laisser sécher.
On voit bien les lignes élégantes de la construction avec les deux sujikais qui forment les diagonales.

Construction d’une maison japonaise – Les murs de terre (1)

Mur de terre = tsuchikabe. 土壁

La méthode et la technique des ancêtres.
Le marchand de terre de la ville voisine a fermé boutique. Le business disparait, nous aurons été son dernier client. Les gens aujourd’hui ne demandent plus de tsuchikabe et préfèrent les techniques plus modernes. Planches de blois agglo et isolants thermiques en laine de verre ou je ne sais quoi. Partout pareil.
Pour assurer que la construction ne bouge pas et résiste à tout ce qui va lui tomber dessus (séismes, pluies, typhons) on pose les sujikai.
筋交い wiki
Les sujikai sont des pièces de bois, qui en grandes diagonales vont relier les colonnes entre elles. Ils font partie du mur et seront plus tard dissimulés dans le tsuchikabe.
Il faut préparer les grands espaces vides, le menuisier va poser des lattes de bois pour former une structure solide à laquelle le mur de terre va s’attacher.
Puis, on installe un treillis de lattes de bambou. Le bambou ici est importé de Chine. Pour bien faire, si on utilisait du bambou local nous devrions utiliser du bambou coupé en hiver, pour ne pas y avoir d’insectes qui pourraient en compromettre l’integrité et la durabilité.
On pose d’abord les bambous à l’horizontale.
Puis on forme le treillis en ajoutant la partie verticale.
Le tout est noué avec de la corde.
Autrefois, nous rapporte le charpentier, les gens du village venaient aider celui qui s’atelait à ce travail. Les femmes les enfants et les vieux se joignaient au chantier.
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Construction d’une maison japonaise – Jour 2

Le premier jour a été fulgurant, vraiment. Tout avec tant d’émotion. Les gens qui travaillent sur le chantier sont d’une telle bonne humeur. Décontractés. Et professionnels. Ils font un beau métier sous le ciel bleu.  Peur eux le travail ne manque pas.

C’est passionnant de les regarder faire et de voir comment ils bougent. C’est un vrai spectacle;  l’on apprend beaucoup aussi.
Plein de bonnes leçons à retenir, celà nous enrichit.
Le tout mis d’aplomb, les charpentiers vont enfoncer les chevilles et fixer ainsi les différentes poutres et colonnes, les unes en les autres.
A l’ancienne.
Les chevilles ont été préparées à l’avance. Faites à la main chaque pièce est unique.
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Le tout se fait à gros coups de maillets.
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Donc le tout s’assemble en bois. Jusqu’à ce moment là je crois qu’ils n’ont utilisé qu’une paire de vis.
Bien sûr pour fixer les chevrons de la charpente et finir la toiture,  et poser le plancher, ils utiliseront des clous; des agrafes, des vis, mais on note que pour assembler la structure, tout est fait en bois.
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