Tagué: serpents du japon

La couleuvre et la grenouille

Un cri strident hier, un cri inhabituel. Jamais entendu un cri pareil.

C’est une grenouille, à moitié dans la gueule d’une couleuvre. Il est rare de pouvoir observer ainsi le télescopage de deux animaux.

La grenouille n’a guerre de chance de se libérer de l’emprise de la couleuvre.

La couleuvre ne lache pas prise et petit à petit engloutit sa proie. Au bout de deux minutes la messe est dite.

喰うか喰われるか Manger ou être mangé, comme l’écrivait Sakai Saburo.

Aussitôt après avoir observé cette scène je vais voir mon La Fontaine, histoire qu’il y ait une fable sur la grenouille et la couleuvre. Je ne la trouve pas, par contre Le Loup et L’Agneau confirme que la raison du plus fort est toujours la meilleure.

image_34599715770_oimage_34823925522_oimage_34599718040_oimage_34823920002_o

 

 

Décompte des chats

1 Minou

+1 Scotch

+6 Chatons de Scotch

-2 Chatons donnés

+1 Chaton trouvé samedi dernier

-1 Chaton donné

-1 Chaton donné

-1 Chaton donné

————————————————–

Total= 4

Vipère ce matin

5:40 le matin je vais pour sortir les poubelles ! et cachée dans un caniveau, pelotonnée sur elle même, une vipère. Juste devant l’atelier.

Heureusement que j’étais assez réveillé et que je l’ai vue rapidement.

Elle remuait fébrilement le bout de sa queue, en guise de menace sans doute.

Nous aurions étés dans la foret ou sur un chemin de montagne, je l’aurais laissée tranquille … Mais la, quasiment sur le pas de notre maison …. le danger est trop grand pour être ignoré et je l’ai butée.

Déjà il y a trois ans a notre arrivée dans le village on nous avait prévenus que les vipères sortent en septembre, pour donner naissance a leurs petits.

vipere

vipère

Minou vs Serpent

Hier j’avais remarqué un petit serpent se promenant devant la maison. De couleur bleu et portant des motifs en losanges je suppose qu’il s’agissait d’une couleuvre.

Aujourd’hui en sortant de la maison j’aperçois Minou le chat qui fouille au milieu des fleurs et de la jungle devant la maison … en se rapprochant on comprend qu’elle a débusqué le même serpent !

minou serpent 1

S’ensuit un fight. Minou le poursuit et donne de ces coups de pattes qui de loin ont l’air si mignon… c’est parce que on ne voit pas les griffes. Minou est sur le point de tuer le serpent je pense. Le serpent lui fait le mort.

minou serpent 2

Tout à coup Minou s’éloigne. Elle se met à cracher de la salive blanche, de gros paquets de salive blanche. A-t-elle en mordant le serpent ingéré du poison ?

Je suis tout de suite inquiet pour Minou et vais chercher un gros bâton pour buter le serpent -réflexe- à mon retour sur les lieux … le serpent arrête de faire le mort et se barre dare dare … Minou continue de cracher cette salive blanche … ma femme cherche sur google ce qu’il y a faire dans ce cas …

Minou s’éloigne et se met à l’abri sous le plancher de la maison …. on pense à la phrase les oiseaux se cachent pour mourir … On est inquiet pour Minou … Puis Minou retourne dans le jardin et y mange quelques brins d’herbe. Est ce en réaction à ce qui vient d’arriver …

minou serpent 3

Une heure plus tard je retrouve Minou qui se repose tranquillement … Ouf !

minou serpent 4

Le dialogue de vendredi

Côté travail, cette semaine a été un peu lourde avec pas mal de déconvenues et peu de sommeil. Pas vraiment productif. C’est vendredi en fin d’après midi et je vais voir S., de l’autre côté du hameau. (de l’autre côté de la montagne). S. est charpentier, a commencé à travailler à l’âge de 14 ans et a construit 100 maisons. Je dois lui payer une facture pour la fenêtre et le bois de la cabane dans l’atelier. J’ai avec moi aussi un maxi pack de 24 canettes de bière.

Je le trouve avec ses chats et ses chèvres devant la terrasse de sa si belle maison.

S’engage alors un beau dialogue qui me réjouit et pulvérise toute la fatigue de la semaine.  Malheureusement ma traduction perd la truculence savoureuse du dialecte local. (le dialecte du banshu).

S -> notre ami

H -> épouse de S

WT -> Wakame Tamago 

Ca commence bien:

S:        Dis, tu tombes bien: on a besoin de ton aide; il y a O., qui habite au fond de la vallée, celui qui fait des épouvantails, hé bien il y a un Argentin qui va venir lui rendre visite et le prendre en photo ..; comme il n’a jamais vu d’étranger il voudrait te voir pour te poser des questions… C’est où ce l’Argentine d’ailleurs ?

La femme de S s’appelle H.

H:         Buenos Aires !!!

WT:      Euh, c’est en dessous du Brésil. Ah dis donc une grosse question c’est où l’Argentin va pouvoir dormir et si il y a quelqu’un du village qui pourrait le loger chez lui.

H amène des bières et des cacahouètes.

S:         C’est très difficile ça. Tu vois, tu dois construire une tree house dans ta montagne !!! Je la construirai. Il faut le faire tant que j’ai la pèche.

WT:      Ah dis donc ce serait fantastique ça. Mais n’y a t il pas trop de sangsues dans la montagne pendant l’été ? Les gens auraient peur. Moi aussi d’ailleurs.

S:         Mais non, c’est rien ça. Tu vois des gens viendraient du monde entier visiter le village !

WT:      C’est sûr que cela devrait intéresser un certain public, en plus, un tree house. Ca pourrait même devenir un business.

S:         Ah non …. Un projet comme ça, ça doit pas être pour gagner des sous mais pour s’amuser… Tu te ferais plein d’amis.

WT:      Good point.

S:         Pour gagner de l’argent il faut compter sur son travail principal, rien d’autre. Entre nous ..; nous les hommes … on n’a pas besoin de beaucoup pour vivre. Il nous faut juste assez d’argent pour payer l’alcool et le tabac.

H amène un sashimi de tête de poulpe. C’est délicieux ! Et une deuxième bière. H voyant ma réluctance devant la deuxième canette de bière devient taquine.

H:         Comme tu rentres à la maison en camion, tu veux que j’appelle le policier qui habite dans la vallée et que je lui demande de t’accompagner ?

WT:      Question logement pour les voyageurs et visiteurs, le mieux quand même ce serait une maison japonaise, ancienne, dans le village … une maison authentique, comme la maison de 1000 ans … Je suis sûr qu’on y dormirait très bien !

la maison de 1000 ans

S:         Ah oui ça alors !! Nous les Japonais nous nous sommes trompés. Les maisons anciennes étaient fraiches l’été, chaudes l’hiver… Aujourd’hui dans les nouvelles maisons le gens sont obligés de mettre la clim’ ou le chauffage en permanence.

WT:      Ah oui. Nous on n’a pas installé la clim’…

S:         Exact ! Tu peux te le permettre dans une maison ancienne. Et puis les nouvelles maisons sont entièrement hermétiques. Si bien qu’on est obligé de mettre des ventilateurs partout pour aérer ! Ca n’a aucun sens !

Maintenant on parle un peu poulpe. Tête de poulpe.

WT:     Dis, c’est délicieux la tête de poulpe ! J’avais envie de poulpe depuis pas mal de temps.

S:         J’adore ! On les achète chez un poissonnier de la ville voisine.

WT:     En général on n’y trouve que les tentacules dans les supérettes …

S:         Peu de gens aiment la tête … Moi j’aime la tête de poulpe .. la chair est tendre … et ce poissonnier vend une tête 50 Yens. (40 centimes d’euro).

H:         Tiens tu vas emporter une tête avec toi, pour le diner. Avec du gingembre et de la sauce de soja.

(….)

S travaille en ce moment à démolir une maison dans une ville voisine.

WT:    Comment avance le chantier de démolition ?

S:         Ca peut aller

H:        Par contre j’ai failli marcher sur un clou l’autre jour sur le chantier

WT:     C’est dangereux ça !

S:         Ah oui ! Quand j’étais apprenti, je me suis frappé les plantes de pied avec un marteau, on y a ajouté de l’huile et mis le feu. Pour éviter les futures blessures.

Ces propos me surprennent tant que je décroche un peu je l’avoue.

Pause cigarette.

WT:      A propos de voyageur. Un lecteur français de ce blog est en train de voyager au Japon. Il m’a contacté sur Facebook. Il apprécie les outils japonais et m’a demandé le nom en Japonais du cordeau à tracer. Tu te souviens, j’avais photographié le tien.

sumitsubo

sumitsubo

S:          Ah oui. Celui qu’il a acheté, il y a une grue et une tortue dessus ?

WT:       Non mais il est en forme de baleine.

S:          Le mien est en plastique tu sais. C’est que je ne prends pas soin de mes outils.

(….)

WT:      Les scolopendres sont tardifs cette année, je n’en ai pas encore vu

H:         Il y en avait un ici hier soir je l’ai écrasé avec ma pantoufle.

WT:      Leurs morsures sont très douloureuses. Il parait qu’il faut verser de l’eau chaude sur les morsures, cela arrête la douleur.

S:         Le thé tue les scolopendres. Si tu en verses dessus il va crever. Les tanins dans le thé vert tuent les scolopendres.

WT:     N’empêche que les scolopendres ne sont pas si méchants que ça.

S:         C’est sûr. Celui qui vit ici on est obligé de devenir l’ami des insectes.

(pause cigarette)

S:        D’ailleurs il n’y a aucun danger dans la nature ici. Personne dans le village n’est mort à cause d’une vipère. Le seul danger ce sont les frelons asiatiques mais c’est tout. Rien à voir avec l’homme en qui on ne saurait faire confiance.

D’ailleurs moi quand je travaille seul dans les bois ou les montagnes, à couper des arbres, la vue d’un animal sauvage ne me surprend jamais, que ce soit un serpent ou n’importe quoi d’autre … un peu comme si je les sentais venir … mais si je vois un homme; je suis tout de suite sur mes gardes.

DSC_1695

Mochi tsuki et alcool vipèrine

Comme l’année dernière des voisins nous invitent à faire le mochitsuki avec eux.

On cuit à la vapeur du riz gluant, puis on le malaxe et on le frappe dans un mortier. C’est une coutume répandue dans tout le pays (as far as I know).

On en avait parlé l’année dernière dans cet article.

Aujourd’hui il fait beau, et notre voisin nous fait déguster entre chaque mochi, des sakés  qui sont faits dans le village.

Nous passons un bien bon moment. L’excitation et les rires culminent lorsque, de derrière les fagots, surgisse une bouteille d’alcool dans laquelle macère une vipère depuis 7 ans.

On goûte, sans oublier de faire le rapprochement avec le fameux épisode des Bronzés font du ski.

15525912133_f7b6e48eb9_z

 

 

La couleuvre

Je travaille dans le champ à côté quand j’aperçois une silhouette serpentine se faufiler sous la porte grand ouverte du garage. panique ! j’appelle ma femme et alerte tous les voisins du hameau c’est sûr.

L’ombre du serpent est longue et fine, ce qui laisse à penser qu’il ne s’agit pas d’une vipère mais d’une espèce plus sympathique, une couleuvre.
Ma femme arrivée en renfort, nous nous aventurons dans le garage pour trouver là où se cache l’intrus, ça n’est pas facile dans un tel capharnaum. On la trouve qui progresse sous l’etabli, vers le fond de la pièce. J’ai pris un baton assez long et je propose à ma femme de l’écraser sur l’animal, mais elle explique que les couleuvres sont des mamorigami, soit un dieu protecteur qui protège les maisons. ah dans ce cas … touche pas à mon dieu … en tout cas un examen plus précis de la bête nous confirme qu’il s’agit bien d’une couleuvre.
Elle se cache derriere des étagères. nous nous armons de filets à papillons dans l’espoir de l’attraper et de la sortir dehors.
Dissimulée, elle sort à peine sa tete de derriere un meuble. Silences.
On vide et déplace le meuble en vitesse et hourrah ! la couleuvre reprend le chemin de dehors. Pour la convaincre de fuir je tappe avec le baton derrière elle; elle finit par sortir du garage.
Elle n’est pas aggressive. Elle ne nous « cherche » pas. Elle cherche plutot des grenouilles ….
Elle continue son chemin jusque sous le engawa du hanare, j’essaie de l’en dissuader avec mon baton, mais elle n’écoute pas mon baton; elle finit par s’infiltrer dans les fondations en terre battue et disparait donc sous le hanare …. eh bien nous lui souhaitons bon appétit !
Quelques jours plus tard nous racontons l’événement à une voisine qui nous explique que lorsqu’elle avait fait démolir un ancien grenier à riz il y a une vingtaine d’années pour y construire sa maison, on y avait découvert une couleuvre qui s’y était établie. La couleuvre était le dieu protecteur du grenier à riz, le mamorigami. Et la voisine va au fond de la logique en continuant que celle qui a visité notre garage est sans doute sa descendence.
couleuvre

la couleuvre dans le garage

 

 

la couleuvre se faufile sous le hanare

 

 

 

Mamushi

Mamushi, c’est la vipère et le plus grand danger de la nature qui nous entoure ici.

Vipère マムシ (蝮)

On en voit une ici, incrustée dans le bitume, aplatie par les voitures, non loin de l’entrée du village, on dirait un fossille.

 

vipère

une vie foisonnante

Cà et là nous avons découvert dans la maison les traces laissées par les animaux et insectes; ils ne nous ont pas attendus pour venir s’installer et vaquer à leurs affaires.

Nous ne sommes pas seuls, pas les premiers, et nous nous efforcerons de traiter avec égard ces voisins qui nous ont précédés.
La présence d’une vie animale riche nous confime aussi que l’ancien propriétaire n’a pas forcé sur les poisons -insecticides et herbicides-, merci à lui, qui n’a pas pratiqué la politique de la terre brulée.
Attachés aux poutres de pin de la petite construction autrefois érigée pour l’élevage des vers a soie nous découvrons des oeufs elliptiques, collés en groupes de 5 a 10 oeufs, à une hauteur de deux mètres. Ils sont blancs et d’une grosseur de 1 centimètre environ.
Il s’agit d’oeufs de geckos. Ma femme plus tard confirme la présence d’un gecko ENORME dans un chais.
De-ci de-là, sous le toit, entre deux poutres, ou encore dissimulés sous l’ancien plancher de chêne, nous découvrons les habiles contructions de papier mâché (guepes) ou de boue séche (?) laissées par des insectes.
Fort heureusement nous ne voyons pas de nid de frelons. Certains nids font jusqu’à 1 mètre de circonférence, et une poignée de piqures peuvent provoquer la mort.
Le frelon asiatique ou suzumebachi (frelon-moineau) est une reélle menace du moins c’est ce que en nous pensons aujourd’hui. Dans les régions montagneuses du centre, vers Nagano les gens considèrent des grands nids, accrochés sous les toits des maisons comme des porte chance, et souvent ils les laissent là. On voit ainsi des maisons les collectionner, avec d’énormes nids pendus sous les toitures, comme des fruits des tropiques. Les larves de ces frelons, passées à la poele, sont un met recherché par certains.
En tout cas, pas de trace de suzume bachi chez nous, ouf ! Une est venue se poser sur mon dos alors que je faisais des travaux dans le jardin. J’ai eu un peu peur. Au contraire des hommes, cependant, les suzume bachis ne sont pas aggressives de nature, elles n’attaqueront que si elles se sentent menacées:
Les grenouilles foisonnent. Elles sont partout dans le champ attenant, sautant à chacun de nos pas ou de nos coups de bèche.
Il y a également des grenouilles dans dans les branches d’un grenadier dans le jardin. Celles-ci ne font pas plus de 3 centimètres et sont d’un vert printemps magnifique, elles sont super mignones !
Dans les broussailles, entre le fond du champ et la rivière qui coule à ses pieds nous apercevons un serpent noir.
Son identification est difficile. La forme de son corps nous fait opter pour une couleuvre ce qui serrait plutot positif, mais nous n’en avons pas encore la certitude.
Il nous faudra débroussailler un peu ce coin; qfin d’éviter les mauvaises rencontres.
Sur le bord de la berge; silencieuse; une tortue.
Après de fortes pluies, nous découvrons des petits crabes, qui s’aventurent jusque dans la maison.
Autre animal rencontre, un chat, dont nous parlerons dans un autre post.