Tagué: tree house

La liste des projets en cours et futurs

La liste des projets en cours et futurs continue de s’allonger alors que, l’été fini, les journées vont raccourcir.

  • Continuer la Bande dessinée ‘Histoires Naturelles‘. Je fais une pause depuis Mai. Encore 40 ou 50 pages à faire. 20 sont déjà faites.

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  • Essayer de vendre sur le Net une partie des porcelaines de madame M. En particulier, voir, pour chaque lot possible, le poids et les dimensions incluant l’emballage pour estimer les frais d’envoi.

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  • Rehausser la berge de la rivière le long de la maison de madame M, pour mieux la protéger d’inondations possibles. Pierres et béton.

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  • Faire quelques meubles, une table, deux bancs; pour la maison de madame M. Pour celà je pourrai utiliser les cryptomères que la fille de madame M a fait couper au mois de mai dans une de ses forêts.
  • Y installer de nouveaux rideaux.
  • Réparer une partie d’un mur extérieur, fortement endommagé par les zanimaux.
  • Décider du prix de location de cette maison, pour le week end ou la semaine. et faire une page web pour cela. Ce serait pour les lecteurs du blog; en exclu, pour rester entre amis!
  • Faire un nouveau meuble pour l’entrée de la maison principale; refaire aussi l’arbre à chat.
  • Construire dans la montagne une plateforme surélevée pour y faire la sieste et admirer la forêt. Une dizaine de cryptomères ont été coupés cet hiver, on attend qu’ils sèchent un peu. La plateforme fera deux mètres sur trois, à deux mètres de hauteur. Comme j’ai un peu le vertige, ce sera un projet passionnant.

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  • Dans la montagne, cet hiver, planter les momijis, les ginkos, les kakis qui sont en ‘pépinière’ dans le jardin.

Qui a dit que l’on s’ennuie à la campagne ?

 

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Le dialogue de vendredi

Côté travail, cette semaine a été un peu lourde avec pas mal de déconvenues et peu de sommeil. Pas vraiment productif. C’est vendredi en fin d’après midi et je vais voir S., de l’autre côté du hameau. (de l’autre côté de la montagne). S. est charpentier, a commencé à travailler à l’âge de 14 ans et a construit 100 maisons. Je dois lui payer une facture pour la fenêtre et le bois de la cabane dans l’atelier. J’ai avec moi aussi un maxi pack de 24 canettes de bière.

Je le trouve avec ses chats et ses chèvres devant la terrasse de sa si belle maison.

S’engage alors un beau dialogue qui me réjouit et pulvérise toute la fatigue de la semaine.  Malheureusement ma traduction perd la truculence savoureuse du dialecte local. (le dialecte du banshu).

S -> notre ami

H -> épouse de S

WT -> Wakame Tamago 

Ca commence bien:

S:        Dis, tu tombes bien: on a besoin de ton aide; il y a O., qui habite au fond de la vallée, celui qui fait des épouvantails, hé bien il y a un Argentin qui va venir lui rendre visite et le prendre en photo ..; comme il n’a jamais vu d’étranger il voudrait te voir pour te poser des questions… C’est où ce l’Argentine d’ailleurs ?

La femme de S s’appelle H.

H:         Buenos Aires !!!

WT:      Euh, c’est en dessous du Brésil. Ah dis donc une grosse question c’est où l’Argentin va pouvoir dormir et si il y a quelqu’un du village qui pourrait le loger chez lui.

H amène des bières et des cacahouètes.

S:         C’est très difficile ça. Tu vois, tu dois construire une tree house dans ta montagne !!! Je la construirai. Il faut le faire tant que j’ai la pèche.

WT:      Ah dis donc ce serait fantastique ça. Mais n’y a t il pas trop de sangsues dans la montagne pendant l’été ? Les gens auraient peur. Moi aussi d’ailleurs.

S:         Mais non, c’est rien ça. Tu vois des gens viendraient du monde entier visiter le village !

WT:      C’est sûr que cela devrait intéresser un certain public, en plus, un tree house. Ca pourrait même devenir un business.

S:         Ah non …. Un projet comme ça, ça doit pas être pour gagner des sous mais pour s’amuser… Tu te ferais plein d’amis.

WT:      Good point.

S:         Pour gagner de l’argent il faut compter sur son travail principal, rien d’autre. Entre nous ..; nous les hommes … on n’a pas besoin de beaucoup pour vivre. Il nous faut juste assez d’argent pour payer l’alcool et le tabac.

H amène un sashimi de tête de poulpe. C’est délicieux ! Et une deuxième bière. H voyant ma réluctance devant la deuxième canette de bière devient taquine.

H:         Comme tu rentres à la maison en camion, tu veux que j’appelle le policier qui habite dans la vallée et que je lui demande de t’accompagner ?

WT:      Question logement pour les voyageurs et visiteurs, le mieux quand même ce serait une maison japonaise, ancienne, dans le village … une maison authentique, comme la maison de 1000 ans … Je suis sûr qu’on y dormirait très bien !

la maison de 1000 ans

S:         Ah oui ça alors !! Nous les Japonais nous nous sommes trompés. Les maisons anciennes étaient fraiches l’été, chaudes l’hiver… Aujourd’hui dans les nouvelles maisons le gens sont obligés de mettre la clim’ ou le chauffage en permanence.

WT:      Ah oui. Nous on n’a pas installé la clim’…

S:         Exact ! Tu peux te le permettre dans une maison ancienne. Et puis les nouvelles maisons sont entièrement hermétiques. Si bien qu’on est obligé de mettre des ventilateurs partout pour aérer ! Ca n’a aucun sens !

Maintenant on parle un peu poulpe. Tête de poulpe.

WT:     Dis, c’est délicieux la tête de poulpe ! J’avais envie de poulpe depuis pas mal de temps.

S:         J’adore ! On les achète chez un poissonnier de la ville voisine.

WT:     En général on n’y trouve que les tentacules dans les supérettes …

S:         Peu de gens aiment la tête … Moi j’aime la tête de poulpe .. la chair est tendre … et ce poissonnier vend une tête 50 Yens. (40 centimes d’euro).

H:         Tiens tu vas emporter une tête avec toi, pour le diner. Avec du gingembre et de la sauce de soja.

(….)

S travaille en ce moment à démolir une maison dans une ville voisine.

WT:    Comment avance le chantier de démolition ?

S:         Ca peut aller

H:        Par contre j’ai failli marcher sur un clou l’autre jour sur le chantier

WT:     C’est dangereux ça !

S:         Ah oui ! Quand j’étais apprenti, je me suis frappé les plantes de pied avec un marteau, on y a ajouté de l’huile et mis le feu. Pour éviter les futures blessures.

Ces propos me surprennent tant que je décroche un peu je l’avoue.

Pause cigarette.

WT:      A propos de voyageur. Un lecteur français de ce blog est en train de voyager au Japon. Il m’a contacté sur Facebook. Il apprécie les outils japonais et m’a demandé le nom en Japonais du cordeau à tracer. Tu te souviens, j’avais photographié le tien.

sumitsubo

sumitsubo

S:          Ah oui. Celui qu’il a acheté, il y a une grue et une tortue dessus ?

WT:       Non mais il est en forme de baleine.

S:          Le mien est en plastique tu sais. C’est que je ne prends pas soin de mes outils.

(….)

WT:      Les scolopendres sont tardifs cette année, je n’en ai pas encore vu

H:         Il y en avait un ici hier soir je l’ai écrasé avec ma pantoufle.

WT:      Leurs morsures sont très douloureuses. Il parait qu’il faut verser de l’eau chaude sur les morsures, cela arrête la douleur.

S:         Le thé tue les scolopendres. Si tu en verses dessus il va crever. Les tanins dans le thé vert tuent les scolopendres.

WT:     N’empêche que les scolopendres ne sont pas si méchants que ça.

S:         C’est sûr. Celui qui vit ici on est obligé de devenir l’ami des insectes.

(pause cigarette)

S:        D’ailleurs il n’y a aucun danger dans la nature ici. Personne dans le village n’est mort à cause d’une vipère. Le seul danger ce sont les frelons asiatiques mais c’est tout. Rien à voir avec l’homme en qui on ne saurait faire confiance.

D’ailleurs moi quand je travaille seul dans les bois ou les montagnes, à couper des arbres, la vue d’un animal sauvage ne me surprend jamais, que ce soit un serpent ou n’importe quoi d’autre … un peu comme si je les sentais venir … mais si je vois un homme; je suis tout de suite sur mes gardes.

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Des nouvelles de la montagne

Le nettoyage de la montagne prend beaucoup de temps. J’essaye de m’y attaquer à raison d’une heure par jour de week end. Mon objectif pour le moment, c’est dégager la première terrasse de la jungle compacte qui la recouvre pour commencer à y planter des arbres cet hiver au mois de janvier – février.

Quelques photos suivent.

On voit qu’il y a énormément de travail. Il faudra aussi bruler tout ce que j’ai coupé et qui bloque le sol. Beaucoup de travail et des litres de sueur en perspective.

On est aussi un peu dans l’abstrait. Je n’attends pas de retour financier ni alimentaire de l’effort. Les arbres plantés, il faudra des années pour qu’ils donnent, et les insectes et les oiseaux et tout ce qui bouge auront sans doute mangé tous les fruits avant que je les récolte !

Ne comptez pas sur moi pour mettre des produits chimiques et des insecticides. Non…

Ce sera déjà un miracle si les arbres poussent et deviennent de beaux arbres. On espère vivre assez longtemps pour voir ça.

Sans retour sur investissement, ce projet de montagne va diverger vers une entreprise spirituelle, ou artistique, ou religieuse. Toutes les possibilités sont ouvertes !

 

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L’accès à la montagne est désormais dégagé. Contre les chasseurs et les mauvais esprits, une pancarte KEEP OUT. Que les chasseurs ne sauront pas lire bien entendu.

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Après avoir grimpé un peu on trouve ce qui fut autrefois une terrasse où poussaient des mûriers. On aperçoit un ancien mur de pierre. pas visible sur la photo.

Les arbres à terre sont des criptomères effondrés il y a une dizaine d’années. Je les tronçonne en petites sections pour pouvoir les déplacer.

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Une fois le tout dégagé je planterai des arbres fruitiers. Pour le fun. Et la gloire.

On peut continuer à monter, et le paysage change radicalement: les criptomères plantés en rangs de sardines étaient la promesse future d’un bon revenu. Autrefois.

C’est la que nous ferons un cabane dans les arbres.

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Alors se posera la grosse question; comment entretenir cette forêt. Pour l’instant je n’ai pas vraiment d’idée. On verra!