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Montagne 2.0 – encore de l’épluchage

Bon on est pas arrivés encore tout en haut, au niveau de la troisième terrasse de la montagne. Le chemin, creusé à la pelleteuse arrive juste en dessous et il y en a encore pour deux jours de travail me dit mon ami S.

En attendant, S. a descendu cinq troncs d’arbres, découpés à 4 mètres 30. Des arbres que nous avions coupés en février. Faudra que je lui demande pourquoi ce chiffre de 4.3. Passe que 4.3 m, ça fait pas un chiffre rond en shaku ou sun, ces unités de mesure anciennes toujours utilisées par les (vrais) charpentiers.

尺 しゃく 303.030 mm shaku

寸 すん 30.303 mm sun

Shaku et sun sont similaires au pouce et au pied

Peut-être que c’est simplement la longueur maximum pour entrer  dans son camion.

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Tout cela c’est un nouveau développement. J’imaginais pas qu’on allait descendre du bois aussi rapidement.

Ces cinq troncs sont conséquents. On les amène jusqu’à l’atelier de S où il y a tous les outils nécessaires aux prochaines étapes.

Un tronc est vraiment massif. 41 centimètres de diamètre, sur 4 mètres de long, c’est du lourd…

Ca prend aussi énormément de temps à éplucher à la main. Les pros virent l’écorce au karcher mais c’est trop facile …. nous on préfère faire ça à l’ancienne, à la pogne!

Il me faut une heure par tronc. Le premier tronc, le plus gros, était vraiment difficile à éplucher et il a pris deux heures.

La canette de bière après tout cet épluchage en cette belle journée de mai était un pur délice ….

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Montagne 2.0 (suite de la suite) et premiers épluchages

Ca n’est jamais aussi simple. Je crois que c’est là une généralité dans la vie. 

Dans le projet montagne 2.0 il a fallu poser un renfort le long de la rampe d’accès au chemin pour éviter les éboulements de pierrailles, qui finiraient sur la route (danger).

Le renfort, deux troncs d’arbres … de notre montagne bien sûr. Pour éviter l’intrusion d’insectes il faut en éplucher l’écorce. Pour celà je fais la connaissance d’un nouvel outil, l’éplucheur d’arbre. ou kawamukiki.

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Dans le temps, les enfants et les vieillards étaient chargés de retirer l’écorce des arbres avant la vente du bois. N’empêche, j’ai transpiré trois litres de sueur facile dans l’opération.

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Une difficulté supplémentaire, la roche est très friable et il est difficile d’y planter des pitons pour y fixer le renfort. La solution, planter un piton à la verticale sur le chemin, et y attacher un câble d’acier qui va retenir les troncs d’arbres de tomber.

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Couper des cryptomères

La partie supérieure de notre montagne est recouverte de cryptomères.

Il faudrait couper régulièrement, tous les dix ans, les arbres en mauvaise condition pour laisser aux meilleurs assez d’espace et de lumière pour pouvoir se développer plus encore. On peut dire ‘élever une foret‘. Dans notre montagne on voit, au nombre de souches dans le sol, que le ménage a été fait à un moment autrefois. Puis ça s’est arrêté. Résultat, les arbres ont grandi considérablement mais se gênent mutuellement. Le feuillage de certains est tout a fait déséquilibré.

D’autres avec la neige et les tempêtes se sont tordus et sont devenus des dangers publics!

Bref, nous devons prendre les choses en main. En décembre nous avions identifié les arbres en mauvais état et dressé la liste des arbres à abattre.

Et ce weekend nous sommes passés a l’action.

Avec notre ami S. aux manœuvres.

S. est charpentier de métier.

Pour construire les maisons de ses clients il part lui-même en forêt couper les cryptomères qui deviendront poutres et piliers. Dans toute cette affaire j’observe et j’apprécie le temps que nous passons ensemble tous les deux. C’est vraiment chouette. A l’occasion j’aide pour transporter les outils ou tirer des câbles.

J’avais aussi une petite caméra pour immortaliser cette belle journée et la partager sur youtube.

 

 

 

 

 

Minou (encore) dans la montagne

Montagne: premier inventaire des arbres à abattre

La forêt a perdu toute valeur économique et, depuis, les gens ne s’en occupent plus. Normalement il faudrait éclaircir la forêt régulièrement pour permettre aux meilleurs arbres de se développer dans les meilleures conditions.

Si on ne le fait pas, les cryptomères se gênent, se courbent, ne savent developper le volume de feuillage (et de racines) adéquat et auront des problèmes.

Les mauvais cryptomères, les vents violents ou la neige vont les faire s’écrouler à un moment ou un autre. Gare à celui qui se promène dessous au mauvais moment !

山が傷んでいる Comme on dit. La montagne a mal.

Comme je viens de finir de dégager la troisième terrasse, auparavant encombrée d’arbres écroulés, nous pouvons envisager la prochaine étape.

Plusieurs options sont possibles. Ne rien faire. Couper tous les cryptomeres et planter des fruitiers à la place etc.

En attendant de décider, nous allons commencer par couper les cryptomères en situation critique. Ceux dont le tronc est courbé ou abimé. Cela permettra d’éclaircir un peu la forêt et offrira une meilleure visibilité

Nous essaierons de re-utiliser le bois, en faire des planches par exemple pour faire un wood deck dans la forêt et pourquoi pas une petite cabane pour y abriter les voyageurs égarés.

Ces cryptomères font vingt cinq mètres de haut ! Ils sont impressionnants. Je demande à un ami de venir voir. Il connait très bien la montagne et les arbres. C’est un professionnel. Nous marquons d’une ficelle blanche les arbres à abattre. Nous en avons identifié huit.

arbre a abattre 7

 

Celui la le plus dangereux est complètement courbé.

arbre a abattre 6

Celui-la dérange d’autres arbres en bien meilleure condition

arbre a abattre 5

Celui-la, je ne me souviens plus !

arbre a abattre 2

Le tronc est abimé. Sans doute est-il déjà pourri à l’intérieur. Notez le feuillage sous développé et déséquilibré.

arbre a abattre 1

Pareil pour le feuillage de celui-ci. on note des irrégularités dans la ligne du tronc également.

arbre a abattre 3

Il est pas droit celui-la !

arbre a abattre 4

et c’est le septième j’ai oublié de photographier le dernier.

Dans ce travail de grand intérêt, Minou nous a accompagnés.

minou en foret

 

 

Petit à petit

Petit à petit l’oiseau fait son nid ….. petit à petit la montagne prend forme à force de nettoyer et de ranger les troncs d’arbres effondrés.

nettoyage de la montagne

Le mieux c’est d’y aller à la hache. On travaille ainsi son swing.

arbre courbe coupe hache

Maintenant que le tout est plus facile d’accès, on peut mieux apprécier la vue sur le village …

vue du village de la montagne

Légo après mikado

On découpe donc les troncs d’arbres effondrés en sections de un ou deux mètres. Les endroits en pente, j’essaye de les regrouper, perpendiculaires à la pente, la où quelque chose peut les boquer et les retenir de chuter, comme une ancienne souche, ou des bambous.

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Bonne position aussi pour permettre au bois de retourner lentement à la terre suivant le cycle immuable qui nous dirige tous.

Cela permettra je l’espère de freiner un peu l’érosion.

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C’est un peu comme un légo.

Et la très belle chanson revient à l’esprit….

la force décuplée des perdants

comme un lego ….

voyez vous tous ces humains

danser ensemble à se donner la main

s’embrasser dans le noir (…)

à ne pas voir demain comme ils seront

car si la terre est ronde et qu ils s agrippent

au delà c est le vide

(…) comme un imputrescible radeau

comme un insecte sur le dos

Mikados géants dans la montagne

Notre petite montagne est constituée de 3 terrasses qui se succèdent. Depuis L’année dernière je me suis focalisé sur la première terrasse, et c’est la que je suis en train de planter des arbres.

Plus haut il y a deux autres terrasses. La seconde, au milieu, est assez clean, et est occupée de cryptomères et de théiers.

La troisième terrasse est la plus grande, et est en partie obstruée par des cryptomères écroules il y a dix ans. Après le passage d’un typhon.

Ces cryptomères sont tombés les uns sur les autres et ils forment un réseau de mikados géants.

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Avec ma tronçonneuse je m’avance donc dans ce tas de mikados, et je commence à déblayer. Il faut couper les troncs d’arbres en sections de 1.5 à 2 mètres. Pour pouvoir ensuite les déplacer et les ranger. Il n’y a pas de route d’accès, donc je fais tout a la pogne, sans engins.

Comme dans le jeu mikado, il faut réfléchir avant de mettre en route la tronçonneuse, et imaginer comment les troncs d’arbres vont réagir à notre intrusion. Certains vont se mettre à glisser le long des pentes, et dans ce cas la, faut pas se trouver sur le passage. D’autres, poussés par le poids d’autres arbres vont ployer ou se relever, et il faut veiller alors à ne pas y bloquer la tronçonneuse dans le bois qui pourrait se resserrer sur elle.

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Au bout de deux heures de travail, le réservoir de la tronçonneuse est vide. Moi aussi. Je commence à fatiguer et c’est à ces moments la que l’on commence à faire des erreurs, qui éventuellement peuvent conduire à une blessure.

Les forestiers, les pros, qui travaillent ainsi dans la forêt, savent gérer leur force en prenant des pauses régulièrement et savent faire la sieste dans les montagnes. Ils sont très forts, de pouvoir travailler ainsi toutes les journées.

Mais ceci dit travailler ainsi dans la montagne donne une pêche incroyable. Je pense que c’est le silence, la tranquillité, le contact avec la terre, le bois et les plantes. On respire au rythme de la nature et il y a comme une communion. D’autant que ce travail, ça n’est pas pour gagner de l’argent ou exploiter quelque chose, c’est pour rendre la montagne encore plus belle.

 

Planter des arbres ! !

[note: cet article a été écrit et publié avant les événements de Paris du 13 11 2015]

Après lire les horreurs des nouvelles du monde, on se dit qu’une des meilleures choses à faire, avec se saouler à la bière, ou épuiser ses nuits sur la playstation, c’est planter des arbres.

Ça tombe bien, nous avons un bout de la montagne en face de chez nous. L’année dernière nous y avions planté un marronnier, un figuier, un pommier, un cerisier, un grenadier et un cannelier.

Cette année il faut passer à la vitesse supérieure ! Car telle est désormais notre mission.

Nous allons planter vingt arbres cet hiver. Petits chiffres ! Faudrait faire dans la centaine ! dans le millier !

On va commencer par quatre noyers.

Resteront seize. Que planter ensuite ?

L’année dernière j’avais fait des cages métalliques pour garder les arbres de l’appétit des herbivores gourmands.

Problème, c’est onéreux, et très lourd à porter, jusqu’en tout en haut. Et les bouts de fer manquent toujours de nous blesser lorsqu’on les transbahute sur les faces glissantes de la montagne.

Cette année donc nous innovons et avons commandé au bureau des forestiers du village une vingtaine de filets plastiques biodégradables réservés à cet effet de plantation d’arbres dans les montagnes où les gourmands chevreuils pullulent. En plus ils sont légers. Ces filets ne sont pas en vente dans les grandes surfaces style Monsieur Bricolage, il faut donc les commander auprès des pros.

Je crois que, pour parfaire le tout, nous emporterons aussi un peu de musique dans la montagne, lorsque nous irons planter, comme les petits morceaux d’orgue de Bach, par exemple Herr Christ, der ein’ge Gottessohn, BWV601: les arbres seront heureux.

Voila !

filets pour planter les arbres

filets pour planter les arbres

Retrouver la montagne

Quelle incroyable joie que de retourner dans notre petite montagne ce week end, et de pouvoir y travailler de nouveau. J’ai vraiment merdé je l’avoue lorsqu’en mars après une courte visite qui s’est soldée par dix sangsues dans chacune de mes bottes  j’avais décidé de ne retourner dans la montagne qu’en automne !

D’ailleurs il y a des produits chimiques qui repulsent les sangsues et la vieille recette qui consiste à enfiler autour des bottes des tissus imbibés de sel. Si je peux contrôler le problème des sangsues, il ne restera que celui des frelons … ca doit être gérable ! Franchement !

En tout cas maintenant que nous sommes en novembre c’est reparti pour un grand tour.

A ma surprise la nature n’a pas recouvert toute la terrasse de la montagne d’un épais réseau de bambous. Tout est bloqué par la végétation certes … mais bon c’est pas du bambou. Plutôt une bonne nouvelle donc.

Les cages en métal que j’avais arrangées pour les 6 arbres plantes l’année dernière tiennent encore debout. Le métal est recouvert de rouille.

Dans les cages, les arbres ont bien poussé je pense. Le grenadier, particulièrement, ce qui est une vraie surprise. La végétation à l’intérieur des cages a énormement poussé, ce qui a pu gêner éventuellement le développement des arbres. Il faudra que je recouvre le sol de carton pour limiter cela. On voit que les chevreuils ont mangé de ce qui a poussé en dehors des cages … Merci les chevreuils.

Cette année je vais nettoyer plus en profondeur. Il reste des dizaines troncs d’arbres écroulés il y a dix ans. Je vais dégager tout cela. Trop lourds si trop longs, il faut les découper en morceaux de un à deux mètres avant de pouvoir les tirer avec le tobi et les porter et les ranger en jolis tas.

Il faut veiller à protéger la chaine de la tronçonneuse qui ne résiste pas au sable ou aux petits cailloux qui se retrouveraient sur les troncs d’arbres tombés à terre.

D’ailleurs c’est très bien de couper les troncs à la hache, plutôt qu’à la tronço, un merveilleux exercice que j’apprécie beaucoup. La tronçonneuse …  Si on pouvait, on ferait tout a la hache !

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