Tagué: hache japonaise

Réparer une hache

Il y avait une petite tête de hache, toute rouillée et bien misérable, dans un débarras de la maison de madame M.

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Je doute qu’elle s’en soit servi, mais ce doit être un préjugé de macho, car comment savoir en vérité.

Si ONO おの 斧 signifie la hache en général, il semble qu’ici au moins on nomme YOKI よき les haches de petite taille.

La tête de la hache est vraiment rouillée.

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Mais on distingue les marques typiques du mayoké (pour faire chasser les esprits); des trois et des quatre traits gravés de chaque côté de la lame.

C’est donc une hache à utiliser en forêt dans la montagne (ça n’est pas truc que l’on utilise simplement à la maison).

On distingue aussi deux caractères; Kawanishi. 川西 Ce devait être le nom du forgeron du coin. Je vais essayer de vérifier auprès des anciens du village. A ma connaissance il n’y avait pas de forgeron dans la vallée, ce Kawanishi devait être dans la ville voisine ? Mystère et bouledegomme.

L’idée me vient de restaurer et remettre en état cet outil.

Le métal reprend de son éclat, après un long passage au papier de verre.

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La lame est bien endommagée j’essaye de la reprendre en la travaillant sur une pierre à affûter. Voila un travail bien agréable pour une fin de journée.

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Ca commence quand même à prendre forme.

Ensuite ajouter un manche, pour cela j’utilise le manche d’un vieil outil de madame M encore … et le tour est joué!

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Cryptomère de Noël

Voilà encore un bon moment.

S. notre ami est charpentier et il se prépare à construire une maison pour un de ses clients. Il lui manque quelques pièces de bois et part dans les forêts à la sortie du village, pour y couper des cryptomères.

Je demande à l’accompagner.

Arrivés sur place on commence par prendre un bon café. Il ne fait pas très froid. La forêt est silencieuse. Quelques oiseaux.

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Toute cette montagne a été plantée de cryptomères il y a 40 ans. A l’époque on comptait, au bout de 20 ans, les revendre pour la production de poteaux électriques.

Aujourd’hui au Japon tous les poteaux sont réalisés en béton.

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Dans le camion keitora, tout est prêt. Deux tronçonneuses, une masse, deux coins, une petite hache, et de l’huile et de l’essence.

Noter, derrière la cabine du conducteur, les serpes et hachettes, rangées entre la vitre et les barres métalliques. C’est à ceci que l’on reconnait les vrais campagnards ici.

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Cryptomère, un arbre qui pousse vite et droit !

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Je regarde l’ami au travail.

 

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On prend son temps. Une pause entre chaque arbre.

Il n’y a pas beaucoup de charpentiers qui comme S. savent couper les arbres et les descendre de la montagne.

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D’un des arbres abattus, je récupère la cime. Il décorera l’entrée de la maison pour les fêtes de fin d’année.

 

A la hache….

Nous nous chauffons au bois. Au début nous nous sommes fait livrer du bois qui était déjà coupé et prêt à enfourner dans notre poêle. Malheureusement le bois s’est révélé infesté de cafards.
Ensuite une fois le tout parti en fumée, nous avons acheté l’équivalent d’un arbre; déjà découpé en grosses bûches.
Nous devons donc maintenant couper le bois; et fendre les grosses bûches en des sections plus petites.
Ma méthode actuelle; c’est la masse et, j’oublie le terme en français, ces barres d’acier longues de 10 à 20 centimètres avec un bout formant un coin aigu. On les utilise en général pour parait-il couper des parpaings. Je fais éclater le bois, en forçant à coups de masse les barres d’acier dans le bois; le bois s’ouvre en craquant. Ca n’est pas si violent et barbare que ça le parait et très distrayant.
La méthode marche plutôt bien et c’est un exercice agréable. Il y a certainement sans doute plus efficace; mais bon; on avance pas à pas. Et puis, c’est beaucoup moins dangereux que de travailler à la hache. Je ne suis pas encore bien familier avec la hache…
Il y a une histoire tout à fait fascinante au sujet des haches japonaises:
Les haches japonaises traditionnelles ont quatre traits gravés sur le côté face de la lame, on les appelle ‘yo‘ (quatre se dit yon, d’où yo) et trois autres traits sur le côté opposé, ‘mi‘ (le chiffre trois se lit mi)
Ensemble cela donne ‘mi-yo’ et correspond à ‘mayoke’ 魔よけ, soit ‘protection contre les démons’.
Les traits sur la lame représentent le Dieu du Fer et le Dieu du Feu qui vont intercéder auprès des Dieux de la forêt pour laisser couper les arbres en toute sécurité. Gràce à ces traits sur la lame; les accidents sont moins fréquents.
Je trouve cette histoire purement magnifique.
Il y avait une hache parmi les anciens outils de la maison. J’en ai remplacé le manche et ai aiguisé la lame. Elle est toute belle maintenant !
Les traits sont bien visibles sur chaque côté de la lame.
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