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Relire l’Archipel

Je relis l’Archipel du Goulag. Quel livre prenant.

Et cette page magnifique. Qui à mes oneilles sonne comme du Saint François d’Assise.

 

Et possédez le moins de choses possible; de façon à ne pas avoir à trembler pour elles!

N’ayez pas de bottes neuves, pas de chaussures à la mode et pas non plus de costume pure laine; de toute façon, ils seront volés, confisqués, escamotés, échangés, que ce soit dans un wagon de prisonniers, dans un fourgon cellulaire ou lors de l’admission dans une prison de transit. Si vous donnez tout sans combattre, l’humiliation empoisonnera votre cœur. Et si vous résistez, vous vous retrouverez dépouillé et la bouche ensanglantée.

Ne possédez pas! N’ayez rien! nous ont enseigné Bouddha, le Christ, les stoïciens, les cyniques. Pourquoi n’entendons nous pas, nous les avides, ce si simple sermon ? Ne comprendrons nous jamais que c’est en possédant que nous perdons notre âme ?

A la rigueur, laissez un hareng -salé- tiédir dans votre poche en attendant la prison de transit, pour ne pas être obligé à mendier à boire ici. Mais le pain et le sucre que l’on vous a donnés pour deux jours, mangez les en une seule fois. Ainsi personne ne vous les volera. Et vous n’aurez pas de soucis.

Soyez comme les oiseaux du ciel !

En revanche ayez ce qu’il est toujours possible de transporter avec soi: la connaissance des langues, des pays, des hommes. Que votre mémoire soit votre unique sac de voyage.

Retenez tout! Enregistrez tout! Seules ces graines amères auront peut être la chance, un jour ou l’autre,  de lever.

 

L’homme et l’ours

Soirée autour du feu avec des amis.
Le poulet découpé en petites bouchées crépite sur la plaque d’acier chauffée par le bambou qui brûle.
Nous sommes dehors sous un large préhaut aménagé à flanc de montagne. autour tout est noir d’encre c’est la nuit et la première habitation est à deux kilomètres.
La bière se boit comme de l’eau, car la journée a été très chaude.
J’étais un peu à la bourre et notre voisin est parti en avance, en faisant monter les enfants dans son petit camion blanc. On s’est ensuite retrouvés dans le préhaut un peu plus tard.
J’ai remarqué,au moment où les enfants montaient, il a dégagé un énorme couteau qui etait posé sur le siège passager.
je lui demande ce que ce couteau fait dans son camion et c’est le point de départ d’une belle histoire.
Il va chercher le couteau. C’est un sacré morceau. un lame de trente centimètres au moins. Il explique. c’est moi qui l’ai fait.
hein ?
Oui, avec une lame de tracteur (vous savez les lames d’acier qui tournent en sens opposés et qui permettent de faire le labour).
Impressionnant. c’est une vraie arme ce couteau. Les femmes alentour sont tout à fait indifférentes à la conversation. on sent que c’est par contre un sujet qui immédiatement a tout l’intérêt des hommes. Le côté noir de la Force, la chasse, la violence, le sang.
La lame de tracteur, qu’il transforme avec son gros poste à soudure et à gros coups de marteau, en un couteau de chasse redoutable.
Les esprits s’animent. il part à l’évier aiguiser la lame. Ca pourrait couper n’importe quoi. Les hommes îvres, se passent le couteau qui voyage de mains en mains. chacun passe ses doigts sur le tranchant pour constater avec un sourire la perfection de l’objet.
Il a chaud et se met torse nu. Un corps sans la moindre once de graisse. Que du muscle.
Puis il explique qu’il prend toujours ce couteau avec lui quand il va travailler dans les montagnes. C’est pour tuer l’ours qui le cas échéant surgirait d’un coin, de la montagne et l’attaquerait. Pour que nous comprenions bien il joint le geste à la parole, et s’accroupit, en pointant avec ses deux mains le couteau, vers le haut, juste au dessus de sa tête. Comme s’il était en prière.
Il dit aussi: pardon, Ours !
L’ours qui se jetterait sur lui s’empalerait la gueule sur le couteau dressé, et il mourrait sans doute sur le champ.
Il explique que pour bien faire on fixerait le couteau au bout d’un gros bâton, pour former une lance qui viendrait s’appuyer sur le sol. c’est ainsi que l’on faisait autrefois, et il cite les noms des voisins et des connaissances qui partent ainsi équipés travailler dans les montagnes.
On en apprend tous les jours. les canettes de bière sont vides, on fait un tour vers le frigo.

Chez l’antiquaire

Découverte d’un Antiquaire sur le bord de la route 29 qui mène à Tottori, du côté de la Mer du Japon .

L’anquitaire est très sympa. Il fait chaud et il est en marcel, et l’on voit ses gros biceps. On lui demande, tu fais beaucoup de sport ? Il répond: je suis préparé à faire face aux prochaines périodes de famine. Voilà qui est bien concret.

Nous achetons quelques objets d’autrefois.
Un tout petit rabot. Rikiki, et très beau.

Vocabulaire

Rabot かんな 鉋

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Un outil qui a appartenu à un tailleur de pierre. Noter le manche très court.

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et cet objet en bambou.

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Devinette.

A quoi servait cet objet en bambou ?

Reponse a la devinette