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Bande Dessinée – Nouvelle Page 2 – Mars 2011

Il y a donc sept ans en mars 2011 ce tremblement de terre et la catastrof nucléaire qui frappaient le Japon. Article à ce sujet.

Ce sont des moments que nous n’oublierons jamais.

Au début je ne voulais pas évoquer ces événements dans ma nouvelle bande dessinée; souhaitant vraiment me focaliser sur notre vie actuelle à la campagne. Mais après réflexion il est clair que ne pas parler de mars 2011 et de ce qui a suivi laisse un point d’interrogation dans notre histoire: comment avons nous décidé de changer de vie, et comment avons nous pu passer à l’acte?

J’ai donc refait la page 2 de la Bande Dessinée il y a quelque temps. Et comme mars 2011 c’était il y a sept ans cette semaine, la voici.

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Des nouvelles du sanctuaire détruit

Dans un article récent on voit un sanctuaire shintô qui a été détruit en partie par la chute d’un arbre gigantesque, lui même mis à terre par un typhon de grande puissance. La théorie des dominos.

On peut constater sur les photos récentes que tout a été dégagé. Les petits édifices qui avaient été endommagés ont été démontés.  Et les poutres qui peuvent être brûlées ont été alignées, apprêtées pour un bûcher futur.

Nous sommes constamment impressionnés par la capacité des Japonais de ranger et tout remettre en ordre après les multiples catastrophes qui dans une procession ininterrompue viennent frapper l’archipel. On peut voir comment au prix d’efforts considérables les régions du nord dévastées par le raz de marée de 2011 ont été nettoyées des millions de tonnes de gravas. Idem pour la centrale nucléaire de Fukushima détruite (par contre; ranger les atomes et les remettre dans leur boite -de Pandore- est chose impossible), où l’on voit dans les reportages comment tout a été rangé, nettoyé, aligné, étiqueté.

Ainsi préserve t on peut être l’illusion que l’homme est aux commandes ? Il faudra que je pose la question à Minou notre chat.

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L’espace vide, rectangulaire, où étaient les édifices avant le typhon, a été purifié. Il est délimité par ces cordelettes ponctuées des bandes de papier blanc (shidé, 紙垂). Je me demande quand les travaux de reconstruction vont commencer. Incessamment sous peu ?

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Photo après le typhon

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Photo après le dégagement de l’arbre

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11 mars 2011 … 5 ans déjà

Nous pensons avec émotion et tristesse à toutes les vies perdues et bouleversées par le tremblement de terre, le tsunami et la catastrophe nucléaire qui ont frappé le Japon le 11 mars 2011 et les jours qui ont suivi. C’était il y a cinq ans. Beaucoup de malheur et de destruction qui ont frappé le Japon et son peuple.

Je vais raconter comment nous avons vécu ces événements. A l’époque nous étions à Tokyo.

J’étais au bureau; vingt deuxième étage d’un gros building quand tout s’est mis à trembler. Ma femme était à la maison avec le fils.

Le bureau s’est mis à bouger. Au début les collègues avaient un sourire amusé, jusqu’au moment où on a compris que ce serait pas comme d’habitude, car les secousses n’arrêtaient pas et étaient plus violentes à chaque coup. Alors tout le monde s’est planqué sous son bureau. Le building où nous étions, un truc super classe construit en isolation sismique, faisait des bruits de craquements, et, au 22è étage ça tanguait fort. Les tiroirs des bureaux s’ouvraient et se refermaient comme animés par un poltergeist. Par la fenêtre on voyait l’autre building en face qui tanguait lui aussi comme une énorme barque et on voyait les deux gratte ciels se rapprocher dangereusement.

Tout a bien tenu, incroyable! Plusieurs heures plus tard la TV nous informait du tsunami qui ravageait la région au nord. Je n’ai pas du tout saisi l’ampleur du désastre sur le moment je dois l’avouer. Ma méconnaissance de la géographie. Les trains étaient arrêtés et il y avait des dizaines de milliers de personnes dans la rue qui rentraient chez elles, à pied. Je suis resté au bureau jusqu’à minuit afin d’éviter prudemment la foule et les mouvements de panique en cas de nouvelles secousses, et suis arrivé à la maison vers deux heures du matin.

C’est le lendemain matin que l’on a commencé à entendre parler des centrales nucléaires.  L’explosion du premier réacteur devant les caméras des TV, le 12 mars. Tout d’un coup revenaient dans ma tête les images de Tchernobyl. Donc, quoi, Tokyo était tout d’un coup devenue Kiev ? Le 13 au soir le premier ministre japonais affirmait à la TV qu’il fallait construire un nouveau Japon; autrement dit la situation était incontrôlable.

Cinq ans ont passé et on peut affirmer que cela aurait pu être bien pire. Tokyo et le reste du Japon ont eu de la chance; d’autres trucs auraient pu péter, comme les piscines de combustible etc… Le Japon a su aussi garder sa cohésion sociale. Le prix à payer, humain, sanitaire, économique, est cependant considérable. Et ça n’est pas fini, car qu’en est il de la santé de ceux qui vivent dans les régions contaminées ?

Une catastrophe nucléaire se passeraient en France, les gens feraient la chasse aux agents EDF en représailles, j’en suis certain …. Ce serait un sacré bordel.

Enfin, sur toute cette histoire nucléaire j’ai écrit une bande dessinée …

Nous sommes restés à Tokyo jusqu’à ce que nous ayons l’idée de faire examiner un échantillon de la terre de notre jardin à Tokyo et un échantillon de la terre du jardin de mes parents en région parisienne. Je voulais comparer la quantité de merde radioactive qui était tombée dans notre quartier à Tokyo avec un lieu familier et pour moi synonyme de sécurité. … Combien de merde radioactive vivions nous donc avec  …

Le résultat indiquait pour l’échantillon de Tokyo une densité de césium vingt fois supérieure à celle de Paris. Je pense que si le rapport avait été seulement de cinq ou huit nous serions restés … Mais vingt c’était bien au dessus du seuil (psychologique) que nous nous étions fixé.

Ca n’est pas très scientifique me direz vous mais sur la question nucléaire les avis sont tellement partagés et les informations tellement contradictoires.

Cela nous a donc décidés à aller voir ailleurs. Par contre nous ne voulions pas fuir pour fuir, mais partir pour construire quelque chose de nouveau. Aussi nous considérions que le risque s’imposait à long terme et pas forcement dans l’immédiat. Mon job étant dématérialisé, je pouvais le faire de n’importe où. Aller vivre à la campagne s’imposait. De fil en aiguille nous avons trouvé notre nouvelle maison.

 

 

Visite en ville (Kobé)

On est allés passer le week end dernier à Kobé. Un million et demi d’habitants. La ville est idéalement située entre la montagne et la mer, a une histoire riche et est assez cosmopolite. C’est une ville agréable, riche, on dirait vraiment Tokyo … en plus petit. Sans doute parmi les villes japonaises les plus agréables.

Si je résume, visiter une ville comme Kobé nous stimule, nous amuse, et nous vide.

La beauté et la laideur se côtoient. Il y a beaucoup de choses étonnantes et humoristiques. De très belles choses artistiques aussi … On n’a pas forcement tout ça dans nos montagnes.

Petite sélection des choses vues en moins de 24 heures….

 

The Best; une statue monumentale du robot Tetsujin numéro 28. La statue a été élevée pour marquer la reconstruction de la ville après le terrible séisme qui l’a dévastée en 1995.

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On a vu aussi une superbe expo consacrée au sculpteur Katsura Funakoshi, au musée régional de Hyogo. A ne pas manquer. Le musée lui-même vaut le détour. Il a été conçu par Tadao Ando le célébrissime architecte.

Devant le musée, et sa face imposante, une statue gigantesque par Yanobé. Il semble que Yanobé ait changé de style. Auparavant il concevait des robots géants, des scaphandres, des sous marins, le tout équipé de masques à gaz. Il avait même visité Tchernobyl avec ses tenues caoutchouc jaunes apocalyptiques. Il y avait le thème récurrent du robot, de la catastrophe, de l’espace et de l’atome fou.

Depuis bien sûr, l’apocalypse s’est rapproché et est devenu une réalité palpable avec la catastrophe de Fukushima. Donc là cette sculpture monumentale est différente. Elle est d’ailleurs plutôt porteuse d’espoir. Et en plus on peut regarder sous sa jupe.

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Un jardin d’enfant avec une girafe enchainée.

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Des HLM municipaux annoncent la couleur avec la liste systématique des apparts.

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Des containers à louer au mois pour entreposer des choses dont on n’a pas besoin.

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Baseball, l’équipe Orix Buffaloes contre Softbank Hawks. Le stade est presque plein. On sent la ferveur populaire. C’est comme une grande fête.

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Les supporters sont très bien organisés. Je crois que sous le soleil à gesticuler ils dépensent plus de calories que les joueurs.

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Et Kumiko la vendeuse de bière.

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Côté politique, une représentante du parti de la réalisation du bonheur. Sans doute le bonheur des dentistes ? Tout un programme en tout cas.

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Et le représentant du parti politique dépendant de la secte bouddhiste Sôka, allié au parti libéral démocrate au pouvoir, lequel pousse pour le redémarrage des centrales nucléaires et la modification de la constitution pour permettre des opérations militaires extérieures. Allez comprendre ! Mais non il n’y a pas de morale en politique et comme l’a écrit Jules César dans la Guerre des Gaules; si c’est pour régner, tous les moyens sont bons. Sur la photo; le vénérable politique est entouré d’affiches pour des détectives privés; fugue, disparition, adultère, mise sur écoute discrète ou bien photographie en cachette, disparition d’animaux de compagnie  etc …

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La Bande Dessinée: Tout Ira Bien

Tokyo. Mars 2011. La terre se met à trembler partout et il y a l’enchainement de catastrophes et de malheurs que vous connaissez. Le tremblement de terre. Le tsunami dévastateur et meurtrier qui a pris tant de vies.
Le tsunami ravage les installations de la centrale nucléaire de Fukushima, à 250 km de Tokyo. Les systèmes de refroidissement cassent et transforment les réacteurs en des cocotes minutes géantes incontrôllables que personne ne peut plus arrêter.
Comme dans une tragédie classique, on sait dès le début que ça va mal finir… Juste une question d’heures … Le tout explose .. fumées noires et libère des quantités astronomiques de contaminants radioactifs toxiques.
Le combustible des coeurs a fondu et il est parti on ne sait où.
Les populations vivant à des poignées de kilomètres de la centrale  sont évacués. Les animaux laissés dans les zones les plus contaminées sont abattus.
Pour une catastrophe naturelle, on peut juger aisément des risques présents et futurs. Destruction des maisons. Incendies. Coupures de l’eau et de l’électricité. Epidémies. Criminalité.  Chaos.
Mais pour une catastrophe nucléaire, il est beaucoup plus difficile de juger du danger.  Les radionucléides sont invisibles à l’oeil et n’ont ni odeur ni goût. On doit se procurer des équipements complexes, onéreux … et forcement en rupture de stock pour pouvoir mesurer soi-même.
Iode 131 ?
Césium 137 ?
Strontium 90 ?
Où ? En quelles quantités ? Jusqu’à quand ? L’un se fixe dans votre thyroïde  l’autre dans vos muscles (le coeur est un muscle); le dernier dans vos os et vos dents.
A partir de quelles quantités il y a-t-il danger ? Qu’est-ce-que le danger ? Ce sera comme les mines d’Uranium du Limousin ? ou comme Tchernobyl ?
La question est très technique et les informations disponibles contradictoires.
Et puis, les intérêts industriels et économiques sont considérables. Quelles options ont les politiques et quelles sont leur décisions.
Et soi-même; comment réagir et comment se protéger ?
J’ai décidé de décrire tout celà dans une bande dessinée. Transposé dans le cadre d’un monde imaginaire.
Ce projet de bande dessinée, c’est aussi un peu ma propre thérapie.
Je publie deux pages par semaine; le lundi et le jeudi.
Bonne lecture !