Tagué: planter des mûriers

Pour planter des mûriers

Il y a quelques pépites de belles nouvelles quand même, avec cette crise du virus on voit de beaux comportements, les gens qui jouent de la musique ou chantent de leur balcon; le club de foot romain qui apporte de la bouffe à ses fans âgés. Lefigaro parlait aussi quelque part de l’entraide qui se développait entre voisins. J’ai un collègue aux US qui a eu le virus et il est resté en quarantaine chez lui, il me décrit comment ses voisins déposaient de la bouffe au pied de sa porte.

Fondamentalement l’homme a envie d’être sympa mais le mode de vie, la mise en condition, parfois l’en dévient. (c’est le connarovirus).

J’écris tout celà de façon trop légère car avant tout il y a les médecins les infirmiers et tous les personnels qui se dévouent à soigner les malades tout en s’exposant et prenant des risques.

On voit le manque d’anticipation des politiques en Europe, c’est comme si tout le monde y était pris au dépourvu, ha y a pas assez de masques ha y faut faire des milliers de respirateurs alors que tout celà avait déjà commencé en Chine il y a plus de trois mois. Et l’Union Européenne. Je me dis que, pour l’Europe, le virus sera un coup plus dur encore que le Brexit .

Pendant ce temps, Poutine fait un coup de comm’ parfait en déployant des médecins militaires en Italie, et leur matériel, le tout air lifté avec neuf magnifiques IL 76. Démonstration de force.

News du village.

Il y a une vieille maison au toit de chaume qui est en cours de démolition, je me demande si c’est pas pour y construire une nouvelle maison. Il y aurait de nouveaux habitants qui viendraient s’installer ?

Pendant Fukushima en 2011n lorsque les réacteurs nucléaires explosaient nous étions à Tokyo, en plein milieu de la ville et un truc qui me foutait vraiment la pétoche c’était de ne pas être en mesure d’évacuer avec ma petite famille… nous n’avions pas de voiture, les trains sont tout le temps bondés de toute façon et faudrait imaginer tous ces milions de gens qui devraient évacuer en même temps. Ce serait impossible. Et puis, évacuer, vers où?

C’est l’un des trucs que je redoutais le plus. De nous retrouver bloqués.

Nous avons changé de vie depuis, en nous installant à la campagne maintenant ça fait 8 ans, et en effet nous sommes moins vulnérables, moins exposés aux aléas. Nous pouvons nous réchauffer avec notre bois, la rivière à côté apporte quantité d’eau et dans le jardin la nuit on entend les légumes pousser. Par contre en cas de typhon une partie de la montagne pourrait s’écrouler pour nous ensevelir en quelques secondes, faut pas l’oublier.

Nous avions coupé quelques cryptomères dans la montagne. Depuis je les ai un peu arrangés. Pour faire des enclos, pour protéger les nouvelles plantations de ces gros coquins de sangliers. L’année dernière les sangliers ont détruit plusieurs des arbres que j’avais plantés, et pour éviter ça je fais des barricades avec de beaux troncs d’arbres, posés les uns sur les autres, cela devrait constituer une défense efficace pour les mûriers que je souhaite y planter. J’utilise des kasugai 鎹 pièces métalliques en forme de U, comment dit on en français, pour fixer les troncs les uns aux autres.

Je fais deux enclos de un mètre quarante de côté. Je plante un mûrier dans chaque. Les troncs de cryptomère ensemble doivent faire une demie tonne, ça devrait marcher contre les sangliers, et puis bien sûr les filets, contre les chevreuils.

Pourquoi planter des mûriers ? Autrefois il y en avait partout dans la vallée, leur feuilles nourrissaient les vers à soie dont tout le monde faisait l’élevage.

Pourquoi en planter en montagne ? Ca a l’air très compliqué et il n’y a peut être pas assez de lumière. C’est vrai, c’est très compliqué mais bon ! je veux essayer.

DSC_2841

Et puis un autre enclos de quatre mètres sur quatre, pour y mettre deux mûriers et aussi des Yamato imo, un genre d’igname. C’est une expérience, apparement ça pousse très bien en montagne, donc on verra.

Pour ce grand enclos les troncs d’arbre de quatre mètres sont trop lourds à porter, donc je les fends en deux avec une masse et un coin.

DSC_2838

Quel boulot ! Et pour quoi ? Pour le fun ! Je vous dis c’est exténuant de faire tout ça mais travailler comme ça en forêt c’est un vrai bonheur, il y fait bon, marcher sur la terre, entendre quelques oiseaux, transbahuter des trucs ….

DSC_2836
DSC_2843