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Les joies simples

Après avoir passé dix heures devant l’ordinateur pour le boulot, je décide de faire une bonne pause.

Je fais un feu dans le jardin, pour brûler un vieux tas d’écorces et de sciure.

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Je me remets la boule à zéro à la tondeuse en regardant le feu crépiter,

Après ça, une bonne bière et deux poignées de cacahouètes …

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Ah! bière et cacahouète ! les joies simples ! que demander de plus !

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Des responsabilités importantes

Nous faisons les motchis avec des amis. Les motchis c’est une sorte de gâteau de riz gluant.

Nous nous sommes rassemblés dans la base secrète de notre ami charpentier; au milieu des bois. On est loin des bruits silencieux du village, on est en plein dans la nature.

Nous sommes une petite quinzaine, l’ami charpentier et son épouse, un jeune couple et leurs deux enfants, venus de Kobé, un couple âgé et la famille de leur fille.

Il y a aussi chacha le chien.

Faire des motchis, on appelle ça le motchi tsuki, c’est une tradition riche de sens, et une véritable industrie.

Il y a en effet une foule de choses à faire pour suivre le processus de fabrication complet. Il faut être efficace car il faut que ça tourne, que le motchi débite.

Sitôt arrivé on m’assigne la responsabilité du feu. Je m’assieds devant trois petits foyers. A ma droite un gros tas de bois. Chêne et chataigner.

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Ma mission, faire en sorte que les trois foyers soient à pleine capacité à tout instant. Deux foyers à droite sur la photo, sous de grosses marmites, font bouillir de l’eau. Le troisième à gauche produit la vapeur qui cuit le riz gluant, dans les casseroles.

Je me dis, moi, l’immigré du village, on me fait bien confiance en me donnant une telle responsabilité! Je suis tellement intégré, j’en suis désintégré.

De temps en temps le boss vient voir et me donne des conseils. On se tromperait en pensant que s’occuper des trois foyers est une tâche simple et dénuée d’intérêt. D’ailleurs je ne suis pas certain d’être tout à fait à la hauteur.

Sur ce, bonne année à toutes et à tous !

 

Les poissons

Les enfants viennent de pêcher dans la rivière, ils arrivent en courant et crient « on a péché des poissons » !

Les exclamations joyeuses les reçoivent. Ca n’est pas une grande pêche, mais tout de même il y a du miracle dans l’instant. 
 
Les enfants rejoignent les adultes autour du feu. Les poissons, jetés sur la grille de fer, au dessus du brasier, se tortillent un moment puis se figent et changent de couleur. Il n’y en pas assez pour tout le monde, c’est sur, cinq petits poissons, pour dix personnes. 
 

Autour du feu nous sommes tous égaux les uns les autres et nous nous partageons les petits poissons. 
 
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Promenade en hiver

Promenade jusqu’en haut de la vallée ce matin. C’est l’hiver.

Je monte vers le fond de la vallée.
Un voisin, Mister T, fait sécher ses daikons. C’est pour l’hiver. Un fois secs il les découpera en fines lamelles.
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D’autres voisins préparent dans de grosses bassines placées au bord de la rivières des pickles ou tsukemono. Sans doute du daikon aussi; récolté depuis peu.
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Au bord d’un chemin l’éclat d’une mâchoire qui a appartenu à un blaireau. (le crâne, je l’ai ramené à la maison depuis longtemps).
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Les nuages jouent avec les montagnes.
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Une vielle dame est dehors; devant sa maison. Elle fait cuire des patates douces dans une feuille d’alu. Elle m’en offre une, il est 11 heures trente et il fait faim.
Nous discutons un peu. La patate douce est délicieuse.
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Plus loin au bord de la route des gens ont fait du feu. On dirait l’impact d’un météore.
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Après l’Arizona

Je suis parti dix jours en business trip en Arizona. Dépaysement total à l’aller, et au retour.

Je rentre à la maison le dimanche matin vers dix heures, le corps encore fatigué par le long voyage, et les nuits de quatre heures de sommeil, décalage oblige.

Ces dix jours ont semblé trois mois, tellement les univers au Japon et aux US sont différents.

Le dimanche s’annonce tranquille, une belle journée d’hiver avec un ciel bleu.
Puis un ami passe à la maison, j’en profite pour lui passer un petit souvenir, du smoked cheese. Tout tombe bien, il a des amis dans sa base secrète dans la montagne, et on décide de l’y rejoindre. Tout d’un coup tout se précipite, du moment de repos nous passons à celui de la fête.
Nous emportons une provision de vins et surtout un tire-bouchon. Comme ils n’ont que du saké là bas nous avions essayé la dernière fois de déboucher un Bourgogne avec une mèche de perceuse.

Arrivés sur place, on se met en carré autour d’un feu. Certains carburent à la bière; d’autres au whisky. A gauche il y a une vieille TV magnétoscope, en pleine lecture d’un épisode de Heidi. Regarder Heidi, là, tout en discutant, picolant et fumant un peu, c’est vraiment top. Notre fils lui s’occupe du feu, il transporte les bûches.

Tout est beau. La lumière, le feu. Les amis. La famille.

Il y a une personne que je ne connais pas encore, un homme de de 70 ans environ. Il vient de la ville voisine et a apporté du sanglier.

C’est la saison de la chasse.

Notre ami va vers le frigo et sort un morceau de chevreuil. Il le fait griller au dessus du feu; c’est pour le chien. Le chien a faim. Une bière plus tard le morceau est prêt et finalement nous décidons d’y goûter. Nous partageons avec le chien.
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Le poêle à bois

Les hivers ici sont rudes, la mer du Japon sous l’influence de la Sibérie n’est pas loin, à peine 100 kilomètres.

Nous avons fait mettre un poêle à bois.
Il faut avouer que la cheminée apporte quelque chose de nouveau à la maison, celle-ci prend tout d’un coup l’allure d’un paquebot, et c’est encore plus convaincant avec la fumée qui en sort.
Le feu est gourmand; il a besoin d’air, il a des moments vifs et violents; d’autres beaucoup plus calmes.
Le feu lui-même devient une présence et c’est comme si notre famille s’était agrandie et avait un nouveau membre. Il y a quelque chose de magique et d’impalpable dans cette nouvelle présence.
Oui c’est ça, le feu et son poêle  deviennent un personnage à part entière. Je pense au dessin animé de Miyazaki où une maison, grâce aux pouvoirs magiques d’un esprit ayant pris la forme du feu dans un poêle, se transporte d’un monde à l’autre et devient un château-navire de guerre qui déambule.

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Le personnage du feu s’appelait dans la version française Calcifer si je me souviens bien.
D’un point de vue économique, se chauffer au bois est une rupture, le tout dépend désormais uniquement de notre capacité à nous fournir en bois au moindre coût et nous ne dépendons plus des sociétés de gas ou d’électricité.
Beaucoup vont se servir en bois dans les montagnes. C’est donc gratuit pour ceux là.
Le bois importé du canada, très compétitif, a anéanti l’industrie forestière du Japon. Les fôrets au Japon ne s’étendent pas en plaines mais couvrent les montagnes et les coûts d’exploitation sont en effet prohibitifs. Si bien que la plupart des forêts  ne sont plus exploitées depuis plusieurs années.
Il est donc apparement aisée de servir en bois.
Nous essaierons cela l’année prochaine.
Pour celà il faut cependant du temps et un keitora. Les deux nous font défaut actuellement.
Nous parlerons du waitora à une autre occasion.