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Souvenirs de Noël
Hier soir, avec ma femme, nous nous sommes bien régalés, avec trois cuisses de poulet et un petit gâteau. C’était notre repas de Noël.
Les chats, eux, étaient comme d’habitude. Je crois qu’ils sont bouddhistes.
Pendant ce repas très simple, j’ai raconté à mon épouse japonaise les repas de famille que nous faisions dans le temps, lorsque j’étais enfant, en France.
Nous partions voir mes grands-parents maternels, dans l’île d’Oléron en charente maritime, 17. Il y avait ma sœur, mes parents, ma tante, son mari et ses enfants. Quels moments chaleureux!
Et nous nous tapions des gueuletons énormes. Rien que faire la liste du menu, hier pendant notre repas, nous a rempli le bide.
Nous commencions invariablement par des huîtres, accompagnées de petites saucisses. Ça, je n’ai jamais compris pourquoi, les saucisses … les crépinettes …. À noter qu’Oléron est le temple de l’huître, et que mon grand-père était ostréiculteur. Rien que les huîtres, ça aurait dû nous remplir.
Bien sûr, avant de commencer avec les huîtres, il fallait faire un peu d’échauffement, avec un petit apéro.
Invariablement, après les huîtres, nous enchaînions sur un plat de viande. Je ne me souviens plus très bien, mais il y avait certainement du sanglier, du chevreuil -mon grand-père chassait- et un truc pour accompagner… un légume ? Il est très difficile, pour les légumes, de rester dans les mémoires. Peut-être des pommes de terre ?
C’étaient vraiment des moments joyeux. Bien sûr, enfant, je ne pensais qu’aux cadeaux que j’allais avoir plus tard, dans la nuit, ….. à la rigueur, je pensais aux cadeaux et au gâteau du dessert.
Un peu plus tard, quand j’étais adolescent, je crois que j’ai commencé à comprendre le plaisir des ces grands repas de famille. De tout ça, je garde d’excellents souvenirs.
Et puis dans les discussions les mêmes histoires, les mêmes blagues revenaient, c’était comme si on se répétait les mêmes mythes de la famille, pour tisser une trame … A l’époque je ne comprenais pas tout …
Il y avait la blague que mon grand-père avait fait à ma grand mère, pendant l’Occupation par les allemands …
Bien sûr, la viande finie, après c’était le fromage.
Et puis le dessert, comme s’il y avait encore de la place.
Et puis après, les digestifs, accompagnés de petits chocolats.
Et je crois que ça a été comme ça tous les ans, la nuit du 24, et puis bien sûr le lendemain aussi, le déjeuner du 25. Quelle prospérité !!
Une fois je me souviens, le repas fini, nous avions, tous ensemble, quitté le hameau où vivaient mes grand-parents pour marcher la nuit sur les petits chemins entre les marais jusqu’à l’église du chateau d’oléron, pour aller à la messe de noël. 1.8km.
A cette époque tout le monde dans la famille était vivant, et en forme.
Tout ça, c’est une vraie culture : manger énormément comme ça. C’est un sport. Et j’avoue ne pas retrouver ça au Japon. C’est différent, ne serait-ce que parce que chacun se sert ; et donc, même si on a un repas copieux, on peut contrôler les doses, on peut contrôler de combien on va remplir son assiette.
Cette histoire, bien sûr, a fait rire ma femme. Lorsqu’elle était venue nous voir en France, elle avait participé à des repas de famille. Elle s’était demandé : « Mais comment est-ce qu’ils font pour manger tout ça ? »
Ah, ça requiert de l’entraînement.
Ça me fait également penser à Roland Barthes, dans son livre L’Empire des signes. Il avait très habilement dit qu’en France, on boit de l’alcool pour manger, pour accompagner la nourriture, les cuisines. Au Japon, on mange pour boire : c’est-à-dire que la nourriture est faite pour accompagner l’alcool.
Intéressant : le Japon et la France sont à la fois très forts sur la gastronomie et l’alcool, mais leurs rôles sont inversés.
Il est très difficile pour moi, vivant au Japon et étant quand même bien éloigné de la religion, de penser vraiment à Noël et à Jésus. J’essaie de me forcer un peu en écoutant de la belle musique d’Olivier Messiaen.
Et puis je me suis rappelé de la déchristianisation forcée qu’il y avait au travail, à Microsoft ; j‘en ai fait un petit article en anglais. Jusqu’à un certain moment, dans leurs messages annuels, les vice-présidents envoyaient à tout le staff leurs bons vœux, et ils n’hésitaient pas à mettre dans leur message le mot Christmas.
Mais j’ai bien noté qu’à partir d’un certain moment, ça a disparu. Il y a dû avoir des directives de la part du Politburo pour absolument ne pas utiliser le mot Christmas.
Déchristianisation en marche aussi en Europe, les cérémonies des JO de Paris l’attestent, entre autres signes.
Cependant …. qui sont les véritables révolutionnaires ….
« Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des Cieux » (Matt. 19:16-26)
Je vous souhaite un joyeux Noël.
Continuer sur le thème de l’amour
C’est maintenant la saison des pluies.
Dans le jardin le développement des tomates est pertubé par des Henosepilachna vigintioctopunctata en très grand nombre, ces bestioles ressemblent à des coccinelles mais elles ont bp plus de points sur le dos … J’essaie d’aller dans le jardin chaque jour, pour les écraser entre mes deux doigts … il en ressort un petit jus jaune vert, que si je pouvais le récupérer en quantité suffisante pourrait être tartiné sur des toasts en tant que « compote bio de pistaches ». Une nouvelle super food !!

Première fois de ma vie: j’ai voté électroniquement pour les élections législatives, le système est bien conçu et facile à utiliser.
Finalement si c’est aussi facile à faire, me dis-je, le vote devrait être purement électronique, c’est plus pratique et plus économique. Je rajouterais au début un questionnaire pour calculer le quotient intellectuel des électeurs, et pour les très bas pourquoi pas filtrer leur vote ou bien les considérer comme équivalents à une demie voix par exemple.
A une époque où les gens semblent si partagés; divisés entre gauche et droite comment faire finalement la synthèse de tout cela ? D’autant que les réseaux sociaux et les médias boostent la part de l’émotionnel … Macron en tant que président aurait pu essayer de faire la synthèse et de rassembler les gens autour d’idées et de valeurs mais il a continué simplement à diviser pour régner.
Bref, Macron qui est loin d’être idiot -et est en réalité un être démoniaque- a avec cette dissolution ouvert le couvercle de la marmite où il a laissé à mijoter un monstre à deux têtes … et pas sûr qu’il puisse refermer ce couvercle …
A vivre au Japon j’observe les Japonais qui ont une approche tout à fait différente de la politique. Et je me dis que leur système avec le même parti politique au pouvoir depuis la guerre, donc une direction constante, téléguidée par le patronat mais avec des courants et des saveurs variés permet au Japonais de continuer sa vie, mener sa barque sans avoir à se soucier de la politique. Il y a un comme un contrat tacite entre le Japonais et les politiques: continuez tranquillement votre chemin, essayez de faire vos magouilles avec réserve et discrétion, et menez une politique dans le sens de nos intérêts sans trop nous matraquer …. Voila. Ne pas penser ni s’inquiéter de la politique -pensez à votre cerveau comme à un processeur- libère de la puissance de calcul qui peut être assignée à d’autre tâches plus utiles. Ou simplement éviter la surchauffe …
Bon, revenons aux choses sérieuses:
Quand mes réunions au travail sont finies je vais donc au jardin essayer de m’occuper des tomates.
Aussi, en fin d’après midi après mes séances de rameur je vais fendre du bois. Ces deux exercices vont très bien ensemble !!!

Mercredi j’ai discuté au téléphone avec mon collègue Christopher. C’est un collègue et un ami. Il vit aux US. Chaque semaine on se prend une heure pour se retrouver au tél et discuter. Il est passionné par la psychologie, l’énergie nucléaire, l’intelligence artificielle, et les champignons hallucinogènes.
Il me parle de son dernier trip halluci qu’il a fait avec des champi. Il s’est fait ce trip le jour du solstice. Il était dehors, juste sous le soleil, dans son jardin.

Là où il habite c’est legit. Il me décrit son trip, je prends des notes pendant ce temps, je griffonne sur quatre pages. Il me dit se retrouver lui-même, lorsqu’il était enfant et adolescent, il était laissé à lui-même et victime de maltraitance. Pendant le trip il se retrouve soi-même enfant et se soigne et se protège, et retire son trauma.
Il a ensuite une vision globale du monde, son trip l’amène au Göbeklitepe en Turquie. Ensuite il visite le Ġgantija à Malte, et une vingtaine d’autres temples qui sont enfouis dessous …. Son trip l’amène aux côtés d’un vieil homme qui chante,
puis
il voit Dieu et la Création, l’Amour et la Paix.
Il me fait ce récit incroyable et j’ai alors l’idée de le dessiner, de dessiner Christopher, dans son trip, où il va visiter Saint François d’Assise … Le thème, l’amour et l’énergie infinie que l’Amour produit.
Pendant trois soirées donc, je prépare le dessin, ce dessin dans un style plus léger, comme une esquisse, accompagnera le dessin dans le style ukiyoé que j’avais fait sur le thème de l’amour; source infinie d’énergie. Les pages; orientées horizontalement, se feront face. C’est mon nouveau projet de livre …

A chaque nouvelle page finie, je vais l’imprimer et je la mets dans un classeur. Cela me permet de me motiver. Pour imprimer les dessins je vais au convenience store du village. C’est une petite routine que je suis ainsi et je sais que ça m’aide à me motiver.
En travaillant à ce dessin avec Christopher j’écoute l’opéra Saint François d’Assise d’Olivier Messiaen.
Incroyable musique; composée par cet incroyable personnage que ce Messiaen. Quelques jours après sa mort le 27 avril 1992 j’étais allé à l’église de la trinité à Paris, où il a été organiste pendant 61 ans, allumer des cierges ….
Le récit du trip de Christopher non seulement m’inspire pour un dessin mais aussi me reconnecte avec Messiaen que j’avais un peu oublié. Vendredi après le boulot je fais 6 km de rameur en regardant une magnifique interview d’Yvonne Loriod, sa deuxième épouse; et pianiste exceptionnelle.

Nous avons le choix entre le laid, et le sublime.
Les deux sont à portée de la main.
Dans le style petits bonheurs et surprises du quotidien:
Une vieille coccinelle rencontrée sur la route. Regarder le numéro de la plaque d’immatriculation: 64, qui peut se lire ‘mushi’ (insecte) (voir l’article sur le dentiste du village)

Le poster délire d’un boucher ‘stand by meat’


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