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Ancien Bain Public et choses étranges chez les chats
Il y a souvent des choses étranges qui se passent avec les chats. Nous en avons trois, des chats: Minou, Scotch, Ashram.
Le mois dernier, le jour même où mon fils nous a quittés pour repartir en Allemagne ou il étudie, notre chatte Minou a disparu.
Elle est partie quelque part, et n’est pas revenue pendant une semaine. C’était la première fois qu’elle s’absentait aussi longtemps. Nous étions vraiment inquiets. Que lui était‑il arrivé ?
Les chats entrent et sortent librement dans la maison …
Une semaine plus tard, elle est réapparue, complètement amaigrie, avec une énorme bosse sur la tête. Qu’est‑ce qui s’était passé ? Elle était partie sans que nous sachions si elle reviendrait. Nous étions tous les deux, ma femme et moi, dans un état second. Impossible de savoir où elle avait pu aller, et si elle était partie pour toujours. C’est la contrepartie de la liberté que nous accordons aux chats nous disions nous un peu pour nous consoler.
Chaque soir, nous faisions le tour du village, en parlant et en faisant entendre nos voix, espérant qu’elle se manifeste.

C’est seulement la deuxième fois, en treize ans, que Minou disparaît aussi longtemps. J’en avais d’ailleurs écrit un article.
Ce qui est étrange, c’est que lorsque mon fils est parti en Allemagne pour ses études, il y a trois ans, pour la première fois, le jour de son départ, un chaton est apparu devant notre maison. C’était Ashram.
C’est un peu comme si, dans le monde des chats, on pouvait percevoir le départ de notre fils … Et à chaque fois, il se passe quelque chose.
Le monde des chats est mystérieux; on sent qu’il s’y joue des choses que nous ne comprendrons jamais.
Avant le retour de Minou nous nous demandions si elle reviendrait. Ou, avait elle senti que ses derniers moments étaient arrivés ?
Depuis, Minou a repris un peu de poids. Sa bosse a éclaté. Elle fait d’énormes siestes à la maison. Elle reprend des forces.
Il y a quelques mois, j’avais parlé de mon projet d’illustrations de la ville de Tatsuno. Dans ce projet, j’ai réalisé dix dessins représentant des maisons anciennes, avec un brin de fantaisie. Depuis, nous avons organisé plusieurs expositions dans différents lieux de la ville.


Et pour le mois de septembre, nous exposons dans un petit restaurant installé dans un ancien bain public. L’endroit est charmant, et les currys qu’ils servent sont absolument délicieux.

L’installation des illustrations a été très amusante : avec le propriétaire, nous avons accroché les dessins dans l’ancienne salle où les femmes de la ville venaient se baigner. Nous sommes donc juste à côté d’une baignoire, dans laquelle on voit encore l’espace aménagé pour les enfants, moins profond.


Avec cette exposition, nous arrivons un peu à la fin de ce projet d’illustration. C’est un projet qui m’a tellement aidé, qui m’a fait vivre tant d’expériences, rencontrer tant de personnes. C’était absolument formidable. Bien sûr, je suis un peu triste de savoir que nous arrivons au bout. Mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Sachant que nombreuses familles viennent y manger, avec leurs enfants j’ai préparer des dessins à colorier !
La fête de l’automne à Tatsuno
Tatsuno. Petite Ville à quelques encablures du village. Une ville d’histoire, c’est un peu un mini Kyoto, avec des clusters de temples et des ruelles anciennes bordées de vieilles bâtisses.
Sources de prospérité on y trouve encore de nombreuses fabriques de sauce de soja. Cette ville a de beaux restes.
Chaque année en novembre: la fête de l’automne.
Une centaine si ce n’est plus de petites échoppes, des marchands et des bénévoles, des paysans, des artisans s’égrainent aux bords des rues ou chez l’habitant et proposent leurs productions comme dans une grande foire.
Nous y avons passé une excellente journée et fait de belles rencontres.
Voici l’inventaire à la Prévert des différentes rencontres et découvertes. Ca donne une idée de la créativité générale. Et de la pêche qu’ont toutes ces belles personnes; tous âges confondus.
- Un jeune maçon retape l’ancien bar où officiait autrefois une geisha. Une association accompagne les jeunes qui souhaitent retaper des maisons ou commerces abandonnés pour y faire un café ou un nouveau business. L’association prend en charge une partie des travaux. Le maçon nous montre son chantier et on discute un peu. Il est jeune et a une vraie passion pour ce qu’il fait. Débordant d’énergie.
- On rencontre un agriculteur qui fait du bio. Il respire le bonheur. Il tient aussi un restaurant où ils servent un plat unique, et fort apprécié ici au Japon; le tamago kaké gohan. C’est à dire un oeuf crû mélangé à du riz.
- Une fleuriste avec une très jolie boutique. Tout y est bien arrangé. On se croirait chez un fleuriste branché de Tokyo.
- Un jeune couple retape un ancien bain publique. Construction étonnante car à priori on dirait une maison sans réel signe distinctif. Ils y monteront un restaurant au printemps prochain. On a hâte d’y aller.
- De très belles peintures de fleurs et de choses du quotidien par un groupe de femmes. On apprécie les couleurs, la sensibilité du trait et du propos.
- Les magnifiques dessins de paons; multicolores, par Akiko Ikawa, artiste trisomique, sont également exposés. Le Pape; nous dit-on; aime beaucoup ses dessins !
- Au détour d’une rue, on voit une belle bibliothèque; grande comme le salon d’une maison. Les portes sont ouvertes; les murs recouverts de livres. C’est lumineux; chaleureux. On a envie de s’y installer et d’y faire la sieste, on entre, on observe ….. ah mais c’est chez quelqu’un … oh le gars a transformé son salon en bibliothèque pour tous. C’est magnifique n’est ce pas, une vraie image du bonheur.
- Devant l’entrée d’un temple un monsieur vend des jikatabi dont il a fait le design. Ils sont très chouettes. Motifs à cheval entre modernité et tradition. Voici son site web. On discute. Il souhaite développer les ventes à l’étranger. On est d’accord que cela pourrait avoir du succès. Mais nos pieds sont peut-être trop grands. Ancien banquier, ce monsieur s’est lancé dans cette aventure. Bravo.
- A côté, trois belles jeunes femmes, les Trois Grâces de Raphael, proposent des légumes rares. Elles se sont lancées dans le jardinage bio. Une autre belle aventure.
- Musique; du jazz; il y a un groupe qui joue un truc chouette; dans le hangar d’une société de sauce de soja. Celle-ci est ouverte et nous visitons donc la fabrique. Les employés nous guident et nous montrent leur machines avec pleins de tuyaux. Le bâtiment; tout en bois, date du début de l’ère Showa et étale ses charpentes magnifiques.
Ces employés sont très sympathiques. J’apprécie de voir les ouvriers vendre directement leur production et guider le badaud dans leur usine. C’est beau. On sent la fierté de travailler pour une maison qui a de l’histoire et de faire de beaux produits.
D’ailleurs; pensez à François Michelin, qui toujours faisait référence à la société de pneumatiques avec le terme ‘maison’. Quel grand patron le fait aujourd’hui ? Aucun ! C’est fini !
Et puis nous retrouvons notre ami; tourneur sur bois. Nous lui achetons des baguettes. Il récolte lui-même la laque qui les protège.
Il y a aussi cette étrange maison n’est ce pas. recouverte de rouille. On hésite entre oeuvre d’art et tas d’ordure. Un peu des deux.
Au mur de la maison cette pancarte noire avec des signes jaunes: Dieu juge même les crimes du coeur










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