Catégorie: japon
Le hanare
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La ferme était meublée lorsque nous l’avons achetée.
Un projet rapide
Si l’idée de quitter Tokyo et d’aller nous installer à la campagne nous trottait dans la tête depuis plusieurs années; il ne nous a pas fallu plus de 4 mois après avoir décidé de partir, pour choisir la destination et de tout mettre en place.
Le choix de la région.
En mai nous sommes partis pour quelques jours de vacances dans la région de Kobe -ouest du Japon. L’île principale du Japon « Honshu » s’étend sur 1600 km avec une largeur maximale de 300 km à la hauteur de Tokyo qui est située au centre de l’île.
Toute la région au Nord-Est de Tokyo a été polluée suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima; la moitié du pays a été recouverte d’une couche plus ou moins dense de radioéléments fortement toxiques (césiums 13x, iode131, strontium 90etc); invisibles à l’oeil et aux quatre autres sens. Les options en terme de direction étant donc limitées au Sud et à l’Ouest, et nous avons opté pour l’Ouest, à 600km de Tokyo.
Le choix de la maison.
Au cours des vacances nous avions prévu de visiter une vieille ferme en vente; rencontrée par hasard sur le Net. Nous voulions surtout nous faire un idée. A la première visite nous étions d’accord sur la beauté du cadre; une petite vallée; entourée de vieilles montages couvertes de forêts qui comme les poils d’une bête poussent tout droit. La ferme quant à elle était vraiment vieille et tombait un peu en ruine. Je me suis qu’il serait bien difficile de s’y établir. Une ferme, simple, bâtie sur un étage-et-demi, accompagnée d’une petite bâtisse contenant deux pièces et d’un petit hangar. La ferme aurait entre 70 et 100 ans.
Un grand terrain vient avec elle: un champ et deux rizières; plus qu’il n’en faut, j’imagine dans un élan lyrique, pour nourir une famille de trois personnes.
La maison n’était plus habitée, mais elle était encore encombrée des affaires de la personne très agée qui y avait vécu sans doute toute sa vie et qui l’avait quittée pour une maison de retraite. Une vie modeste, tous les objets étaient simples, propres, usés. On imaginait un vieil homme ou une vieille femme se deplacer presque sans bruit avec des gestes pécis et mesurés.
Parmi ceux là se détachait un énorme autel bouddhique imposant comme une armoire normande; tout de laque noire et de magnifiques dorures.
L’agent immobilier nous expliqua que l’autel valait sans doute 10 milions de Yens soit 100,000 Euros. L’idée m’est venue un instant de faire une belle table avec les portes de l’autel. L’usage veut cependant que les autels ne voyagent pas d’une famille à l’autre; car ils sont le point de repère, l’ancrage, des esprits des défunts. L’autel a donc fini avec la plupart des autres objets, immolé à la décharge.
Comment définir la valeur d’un objet s’il ne peut ni se donner ni se revendre ?
La situation de la maison est magique. Une petite rivière coule juste au bord du jardin .. qui n’a jamais révé d’avoir sa propre rivière pour y tremper ses pieds l’été ? Elle est située dans un petit village; au tournant d’une petite route; entre deux ponts.
L’achat de la maison
L’agent immobilier, comme tous les agents immobiliers du monde, nous a expliqué qu’il y avait des gens intéressés par la maison et qu’ils étaient sur le point de faire une offre. C’est toujours comme ça. C’est si facile.
Nous aussi on a fait une offre, et on a fini par acheter la maison. Surprise, sans que nous n’ayons rien négocié ni rien demandé, le prix avait baissé de 20 pour cents ! Il a fallu à peu près un mois pour finaliser l’achat et finir les formalités d’usage.
Les travaux
Le cahier des charges était conséquent, il a fallu plus de temps et un peu plus d’argent pour les travaux.
- nouvelle fosse à merdre
- changer tous les planchers
- dégager les plafonds de la cuisine
- changer la moitié des fenêtres
- une nouvelle cuisine
- un nouvelle salle de bain
- de nouveaux chiottes
- toute l’installation électrique
Quatre mois
Finalement il nous a fallu quatre mois pour trouver la maison, l’acheter et la retaper. Il reste beaucoup à faire pour commencer notre nouvelle vie, mais nous avons fait le premier pas.
Un nouveau départ
Nous avons vécu plus de 10 ans à Tokyo. J’ai cessé de compter au delà de 10. Je n’ai que dix doigts.
La ville gigantesque fait partie de notre vie. Nous l’avons aimée, vénérée, haie, détestée.
Tokyo est si grande, elle est une planète à part entière.
Elle nous a beaucoup donné et beaucoup pris.
Mais le moment est venu de quitter cette maitresse monstrueuse, et de commencer quelque chose d’entièrement nouveau, avec plus de simplicité, plus de solitude, moins de salary men et de pachinkos.
Nous allons donc vivre à la campagne, dans un petit village, 600 kms à l’ouest du Monstre(1), aux pieds de montagnes fatiguées.
A suivre.
(1) si j’affirme que Tokyo est un monstre, je dois préciser que Paris est un cadavre. pour être juste.





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