Catégorie: cuisine

Permaculture #1. Les daikons.

Il est plus que temps de récolter les daikons du jardin. (daikon sur wikipedia) Je les avais plantés à la va vite, avant un retour vers Tokyo, à la fin septembre.

Ce qui est remarquable; c’est que malgré l’absence totale de préparations et de soins, quelque chose ait poussé.

Je n’ai pas labouré le terrain; lequel a été laissé à l’abandon pendant X années, et a été bien tassé par le passage de camions lors des travaux de la maison cet été.
Tout juste me suis-je contenté de faire des trous avec une bèche et d’y jeter deux ou trois graines, et de refermer le tout d’un coup de botte.

Je n’ai pas non plus retiré par la suite les pousses plus petites qui génaient les autres. Sans mentionner l’absence d’engrais.
Bref, ‘faut pas s’étonner de la taille minuscule des daikons que je viens de récolter ce matin. Le fait que les graines aient germé et donné suite à ceci est en soi une surprise.

Septembre prochain, si Dieu le veut, je passerai le motoculteur, et je donnerai un peu plus, ce sera intéressant; alors, de voir la différence que celà fait.

la récolte de daikons

Le daikon

Je suis au tél.

Réunion téléphonique de deux heures. J’entends un grand bruit dans la maison.
Dehors est venteux. Quelque chose est tombé ? Ou bien le camion venu livrer le bois de chauffe est arrivé ? je regarde un peu par les fenêtres mais ne vois rien d’anormal.
Quelques minutes plus tard, la réunion téléphonique terminée, je sors, … et découvre ce magnifique daikon dans l’entrée.
C’était donc un voisin qui en passant a ouvert la porte d’entrée et a laissé au retour de son jardin le légume fraichement cueilli.
Merci !

Le Mochi-Tsuki

Premier dimanche de novembre.

Peu après la récoltes du riz.
Une fête est organisée dans le village. Le Fure ai mochi tsukiFure ai signifie la bonne relation dans le groupe. C’est un peu du bullshit à mes oreilles de français invidualiste. Mochi tsuki, c’est la préparation de boulettes de riz gluant.
La fête est organisée par l’association des habitants du village; l’association des parents d’élèves -appelée PTA Parents Teachers Association-, l’école primaire et le collège du coin, et l’association du troisieme age; appelée sans détour: l’association des vieux.
Comme lorsque l’on tuait le cochon dans mon enfance, les rôles sont repartis clairement entre les hommes et les femmes.
Les hommes s’occupent de faire le feu, de cuire à la vapeur le riz et d’ensuite le frapper avec ces mailleux impressionants, outils de torture moyenâgeux, et que l’on nomme le Kine. On frappe le riz dans un usu.
Frapper le riz demande de la force physique et une synchro parfaite avec l’assistant qui va l’humidifier et le réarranger après chaque coup; sous peine de se faire écraser les os de la main.
En gros, deux hommes s’occupent du feu, deux autres s’occupent de frapper le riz; les hommes se relaient; mais en gros il y a beaucoup de temps mort pour discuter. Les plus vieux restent assis autour des feux et regardent ce qui se passe.
Les femmes elles héritent de tout le reste et s’affairent dans les cuisines. Préparation du daikon oroshi -gros radis blanc rapé et mélangé à la sauce de soja-; du kinako -poudre de soja mélangée à du sucre- et du anko, haricots rouges sucrés.
Dès qu’une  portion de riz est prète, les femmes viennent la chercher et la sectionnent en boulettes, qui seront trempées dans les préparations listées plus haut: les mochis.
Les femmes et les hommes ne se mélangent pas ou presque.
Le tout a lieu à côté de la salle des fêtes du village et lorsque tout est prêt; tout le monde y prend place pour déguster les mochis.
Les enfants sont alignés par terre avec des tables basses. Les parents eux aussi dans une rangée parallèle. Je remarque que les hommes s’assoient ensemble; éloignés des femmes de plusieurs places.
Quant à moi j’ai opté pour le groupe de tables et chaises, pour ensuite apprendre que c’était l’emplacement reservés au vieux. En effet plus pratique plus les 80génaires et 90génaires que de s’asseoir à même le sol pour les tables basses.
Eh bien ces vieux, ces vieillards ont une sacrée  pêche. Ils butent. Rigolent, blaguent.. Au Japon aujourd’hui les vieux ont plus la pêche que les jeunes, et c’est un grave problème pour l’avenir du pays.
En tout cas nous avons passé un excellent moment.
Nous aussi avons frappé le riz et fait démonstration de notre force physique.
Nous faisons vraiment partie de la communauté du village !

légumes de saison

Quand les voisins ne nous en offrent pas, nous achetons nos légumes à la cooperative agricole du village. Ce sont les mêmes villageois qui y vendent les productions de leurs jardins.
Les étiquettes sur les poches plastiques portent le nom du producteur.

Ces légumes ont été ceuillis dans la journée et ils sont délicieux.

Voici ce que l’on trouve, en ce début de novembre.

en haut à gauche : yuzu

en bas à droite : sato imo