Tagué: architecture japonaise

une maison du village

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Tsuchibake

Tsuchikabe (土壁 つちかべ), c’est un mur de terre.
Celle-ci a été appliquée sur un treillis de bambou.Quel défi, dans un pays où il ne cesse de pleuvoir des cordes.
Tsuchikabe
une autre photo de tsuchikabe.

évolutions

On estime l’âge de la maison principale -le corps de ferme- à 70 ou 100 ans.

Madame M a 90 ans et affirme l’avoir toujours vue là.
La maison a un plan rectangulaire. Avant les travaux que nous avons effectués, elle était organisée ainsi :
Séparée en deux moitiés; clairement délimités par les différentes hauteurs du plancher.
Moitié gauche sur le plan; quatre belles pièces de tatamis.Les pièces ont de 6 à 8 tatamis.
La pièce le plus à gauche sur le bas a un beau tokonoma fait d’un bois ancien et sombre. C’est là que se dressait l’autel bouddhique butsudan.
Deux engawas assurent la transition entre les mondes intérieurs et extérieurs.
La moitié gauche de la maison contient le doma, la cuisine; la salle de bains et des débarras.
Les toilettes donnent sur l’extérieur. Pour s’y rendre il faut sortir de la maison.
La machine à laver est dehors, à côté de la cuisine.
C’est dans la moitié gauche de la maison que l’on manie l’eau et le feu pour faire cuire le riz et faire la cuisine.
Le doma est l’entrée de la maison. Le sol est en béton brut. On entre dans le doma chaussé, et c’est dans le doma que l’on se déchausse avant de gagner les autres pièces.
Le sol de la cuisine est élevé de 15 centimètres par rapport au doma. Celui des 4 pièces de tatamis et des engawa est plus haut encore et est à 40 centimètres du doma.
Il est clair que le propriétaire avait donné un coup de jeune à la maison dans les années 70. Les moeurs évoluaient, et l’on pouvait s’offrir un peu de confort.
Le propriétaire fait installer une petite salle de bains dans un coin de la cuisine. Il y  fait poser aussi un faux plafond et un nouveau plancher.
Le doma est la porte d’entrée principale et c’est là qu’entraient les visiteurs. Il a fait poser un faux plafond élaboré avec deux hauteurs de plafond et y a accroché un petit lustre, et l’on est a mi-chemin entre la ferme centenaire japonaise et le château de versailles.
Mélange de styles.
Si l’on retire les upgrades des seventies, on peut se faitre une idée du plan original de la maison:
plan d une ferme japonaise traditionnelle

plan d une ferme japonaise traditionnelle

le plan fait immédiatement penser à celui d’une autre maison. Une maison bien plus ancienne, les gens affirment qu’elle date de mille ans.
On peut la visiter à quelques kilomètres de chez nous, en voici le plan:

Le hanare

On appelle hanare la petite bâtisse qui offre deux pièces de huit tatamis.

On traduirait ça par annexe.
La construction est tradionnelle. deux pièces rectangulaires de taille et de forme identiques faisant chacune huit tatamis. Les tatamis sont disposés dans le même ordre.
Les côtés nord et sud sont fermés par des murs, les côtés est et ouest sont ouverts sur le paysage. Le côté ouest donne sur la route et la maison des voisins, le côté est donne sur la succession jardin – rivière – montagne.
La vue est magnifique.
Les murs montrent de belles poutres de pin. Certaines continuent de pleurer de la résine. La construction est très ancienne mais elle a été restaurée à un moment. Le hanaré aurait été construit pour élever les vers à soie.
Des cloisons coulissantes fusuma séparent les deux pièces l’une de l’autre ainsi que les pièces du engawa.
Les côtés extérieurs des engawa sont protégés par des volets coulissants.
Le hanare est le bâtiment de la ferme qui est dans le plus mauvais état. Les tuiles du toit sont endommagées; et ont même par endroits glissé de leurs positions. Le plancher ploie sous les pas, ce qui nous force à marcher lentement, tout en douceur, en catimini.
C’est également l’endroit le plus agréable -au moment où j’écris-, nous aimons nous asseoir au bord de l’engawa et contempler le jardin et la montagne. On ne peut pas se lasser de ce plaisir.
Nous n’avons fait la découverte du hanare qu’après avoir acheté la ferme, car il était encore emcombré d’une quantité de choses innombrables et l’accès aux pièces était impossible.
Nous avons gardé quelques trucs, deux belles armoires, deux nagamochis (des coffres longs et profonds qui servaient à ranger des futons), une chaîne stéréo antique dont nous parlerons plus tard, et un mystérieux magnétophone SONY, antique lui aussi.
C’est dans la hanaré que je vais établir mon bureau au début, pour ne pas déranger la famille lorsque j’ai des conference calls à cinq heures du matin. Par contre y travailler la nuit sera difficile; à cause des insectes que la lumière ne manquera pas d’attirer.
Le petit bâtiment est en effet ouvert à tous vents, les volets ne ferment pas complètement, et sont troués par endroits.