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Minou dans la montagne

Cela a commencé il y a quelques semaines, Minou le chat s’est mise à suivre ma femme A., lorsqu’elle sortait de la maison. Minou la suivait jusqu’à de plus en plus loin dans le village, et Minou et ma femme ont pris ainsi l’habitude de se promener ensemble. Je dis bien ensemble car je ne saurais dire si c’est ma femme qui promène Minou ou si c’est Minou qui promène ma femme.

Elles font le tour du hameau qui se repose le long de la rivière.
A. a peu à peu élargi le parcours de la promenade qui est devenue quotidienne, pour inclure la route qui revient vers la maison et passe entre la montagne et la rivière.
Un peu partout Minou s’attarde, elle renifle, inspecte, explore, découvre.
Minou traverse la rivière pour aller dans la montagne

Minou traverse la rivière pour aller dans la montagne

Arrivées sur la route qui longe la montagne… La montagne attire Minou. Les feuilles, la végétation, les odeurs. C’est un nouveau continent à explorer pour Minou. On voit sa curiosité, et son instinct la diriger vers la montagne, là où la nature se déploie dans toute sa splendeur et son fouillis, libre de  l’emprise de l’humain.
A chaque fois on voit Minou s’aventurer un peu plus dans la montagne, et la promenade dans le village est finalement devenue une promenade dans la montagne.
En début d’après-midi, minou vient vers nous, elle nous interroge de son regard intense. Elle miaule. On y va ? Hé je vous attends.
Dans l’intonation, nous comprenons qu’elle souhaite sortir avec nous. Alors nous, ma femme A., mon fils ou moi, nous sortons et allons, de l’autre côté de la route et la rivière, vers notre montagne. Minou nous suit, mais en empruntant ses chemins à elle, les chemins des chats, comme un étroit espace entre la maison de la voisine et un mur atenant, ou encore une canalisation souterraine qui longe la route.
Minou dans la montagne devient tigre de Sibérie

Minou dans la montagne devient tigre de Sibérie

Minou nous rejoint au pied de la montagne. Puis nous montons, par nos chemins a nous. Il y a trois chemins pour arriver à la première terrasse. Minou emprunte ses chemins à elle, ses chemins de chat. On se retrouve en haut sur la terrasse qui est maintenant en grande partie dégagée et d’où l’on a une vue magnifique sur le village et les montagnes, et le ciel.
Minou dans la montagne

Minou dans la montagne

De la, Minou explore, se balade, ou bien trouve un bon endroit pour s’asseoir d’où elle a une vue bien dégagée, et aprécie le paysage. Ou alors elle grimpe aux arbres, et fait ses griffes un peu partout.
minou fait ses griffes dans la montagne

minou fait ses griffes dans la montagne

Pendant ce temps là, nous on fait des trous et on plante des arbres, on dégage de vielles souches. Ou alors on se promène et on regarde les choses autour de nous, tout simplement.
Minou dans la montagne

Minou dans la montagne

minou dans la montagne

minou dans la montagne

Après, on monte plus haut, là où poussent les criptomères, des lieux plus sauvages, dans la forêt sombre, on fait un grand tour. Minou suit les kemonomichi.
獣道 けものみち kemonomichi = les chemins des animaux. ou passages que les chevreuils et les sangliers et autres animaux ont ouvert dans la forêt.
On progresse lentement, et Minou nous suit, dans cette petite jungle où elle est si à l’aise, et l’on dirait comme un petit tigre gris et blanc.
Nous sommes bien reconnaissants à Minou de tout cela, car grâce à elle, nous aprécions tous la montagne et nous nous y rendons quotidiennement. Nous aprécions aussi d’etre avec Minou, nous nous sentons plus proches les uns des autres. Il faut dire aussi que c’est grâce à Minou que ma femme va si souvent dans la montagne et qu’elle apprend à l’apprécier. Sinon …. elle resterait à la maison plongée dans ses books ou son vin rouge.
Une question se pose cependant, jusqu’a quand pourrons nous le faire quotidiennement. Dès le printemps, il y aura de nouveau les sangsues et moultes insectes, et moultes serpents, et je crois que nos visites seront alors beaucoup plus rares.
minou dans la montagne, KEEP OUT !!

minou dans la montagne, KEEP OUT !!

Le royaume des chats et autres divagations

En continuant plus au fond de la vallée où nous vivons, il y a les ruines d’un ancien élevage de poulets. Un belle horreur de ferraille et de plastique; qu’il faudrait bulldozer, mais l’argent et le cœur manquent aux anciens propriétaires pour cela.

C’est aussi ici que l’esprit commence à divaguer et à perdre pied.

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L’homme a quitté les lieux. A partir de cet endroit, la route devient un chemin forestier. Plus loin il y a un temple abandonné et une maison tombée en ruines. Le temple a brulé il y a plusieurs années. Court-circuit électrique. Le moine est parti.

 

Dans cette zone s’opère la lente transition entre le monde de la forêt et celui des hommes. L’homme est parti mais a marqué l’endroit, avec tous les détritus qu’il a laissés. Ces détritus sont la pour longtemps.

Comme les mines antipersonnel que laissent les guerres. La forêt tente de reprendre ce qui lui a appartenu. La forêt a tout son temps.

 

Des colonies de chats ont envahi l’endroit. Ils sont un peu sauvages. Ils ont pris possession des lieux. Pour l’instant. Les ruines sont devenues le royaume des chats.

Au delà de ce poste frontière, c’est le monde de la montagne et des animaux sauvages. Chevreuils, sangliers et on peut imaginer les singes et les ours qu’on ne voit jamais. Les chats assurent la transition. Vérifient les papiers des voyageurs …

 

J’aperçois le camion d’un villageois, arrêté près de l’ancien élevage de poulets. C’est un habitué. Il vient voir les chats tous les jours. L’homme est très discret et ne veut pas que je le photographie. Les chats eux sont moins timides.

le camion et les chats

le camion et les chats

Ils sont bien mignons les chats.

chat

chat

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On peut continuer sur le chemin, vers le temple abandonné.

 

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Les chats observent le promeneur s’enfoncer dans la forêt.

 

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Celui là file dare dare vers l’ancien temple, parti dans un incendie, comme pour prévenir les dieux, ou les animaux. Ou alors les animaux sont les nouveaux dieux. Et vice versa.
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Voila la maison abandonnée, où vivait le responsable du temple. Les chats montent la garde.
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Ah; le camion aperçu tout a l’heure vient. Pour une caresse du conducteur, un petit chat se hisse sur la roue avant.

 

 

Postscriptum et dur retour à la réalité.

Lors de la saison de la chasse, me raconte une voisine, les chasseurs se précipitent en camions sur les chemins et écrasent sans honte tous les chatons qui s’y trouvent; ‘on s’en fout, il y a trop de chats‘ disent ils.

A croire que la c….. des chasseurs est universelle.

Minou in a box

Petite fête et pensèes noires

Le 30 décembre des voisins nous ont invités à préparer le mochi, une galette de riz gluant, cuit à la vapeur.
On frappe le riz gluant dans un mortier, creusé dans un tronc d arbre (usu) avec un pilon doté d’un manche perpendiculaire que l’on utilise comme une hache (kiné).
L’effort requiert de la force et une bonne synchronisation avec celui ou celle qui entre trois coups de pilon retourne la masse de riz chaud d’un coup de main rapide.

Les voisins sont charmants. Leurs huit chats aussi. Comme depuis peu nous aussi avons un chat à la maison, les sujets de conversation sont démultipliés.
Le couple est retraité. Avec eux, les parents de la dame, le père a 98 ans et manie le pilon, frappant le riz,  avec vigueur et habilité.
Il s’occupe également du feu. Par contre il ne veut pas que je le photographie.

Il fait beau. Leur maison est au bout de la route. Après, c’est la nature. Les quelques maisons en amont ne sont plus habitées depuis des décennies et la nature les croque, les phagocyte petit à petit. Dans cette partie du village il n’y a plus d’enfants, et les jeunes sont partis vers la ville.

Leur maison aussi est très belle. C’est la maison familiale. Au moins 100 ans. Très bien restaurée. La maison est très confortable. Un chat a failli se brûler les pattes en sautant sur le poêle a bois.

Nous passons un excellent moment. Dans 20 ans, le fond de la vallée sera désert peut-être, et la nature reprendra ses droits ? A moins que l’homme de la ville n’en profite pour y construire un immense dépotoir pour y balancer tous les rejets de la ville et des quelques usines qui ne seront pas parties en Chine.
Je ne peux m’empêcher ces pensées noires malgré la beaute du lieu et des gens qui nous entourent.

Nous venons de finir la première fournée de mochi. Quelqu’un passe, un voisin, il est venu apporter des légumes de son jardin. Il nous offre des daikons et des chous chinois. Ses légumes sont magnifiques. Ils sont d’ailleurs passés dans le journal et le monsieur nous montre une copie des articles.

Un autre voisin passe un peu plus tard, c’est le fameux M. M., un forestier, il a plus de 80 ans. Très expérimenté, il était à l’epoque l’un des artisans les plus aboutis dans sa partie. Il a même ete présenté a l’Empereur Showa a l’époque, à qui il a fait la démonstration de son art. On a du lui donner une mé(r)daille.

Après que tout le mochi ait été préparé, nous faisons tous une pause. La voisine apporte une boisson purement succulente. de l’amasaké agrémenté de gingembre. C’est délicieux et j’ai l’honneur de finir la casserole.

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La vapeur cuit le riz gluant

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On frappe la pate de riz avec le kiné

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Il faut le retourner régulièrement, entre deux coups

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Voilà les mochis ! On les passera dans le grille pain ou on les mangera dans une bonne soupe.

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Les tuiles du toit de la maison de nos amis. A l’éfigie d’Ebisu.

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Le chat nous surveille

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Voilà une boisson succulente; parfaite pour les guerriers fatigués. De l’amasaké avec du gingembre.

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les beaux chous chinois du voisin