Tagué: chat au japon
Minou dans la montagne
Cela a commencé il y a quelques semaines, Minou le chat s’est mise à suivre ma femme A., lorsqu’elle sortait de la maison. Minou la suivait jusqu’à de plus en plus loin dans le village, et Minou et ma femme ont pris ainsi l’habitude de se promener ensemble. Je dis bien ensemble car je ne saurais dire si c’est ma femme qui promène Minou ou si c’est Minou qui promène ma femme.
Le royaume des chats et autres divagations
En continuant plus au fond de la vallée où nous vivons, il y a les ruines d’un ancien élevage de poulets. Un belle horreur de ferraille et de plastique; qu’il faudrait bulldozer, mais l’argent et le cœur manquent aux anciens propriétaires pour cela.
C’est aussi ici que l’esprit commence à divaguer et à perdre pied.
L’homme a quitté les lieux. A partir de cet endroit, la route devient un chemin forestier. Plus loin il y a un temple abandonné et une maison tombée en ruines. Le temple a brulé il y a plusieurs années. Court-circuit électrique. Le moine est parti.
Dans cette zone s’opère la lente transition entre le monde de la forêt et celui des hommes. L’homme est parti mais a marqué l’endroit, avec tous les détritus qu’il a laissés. Ces détritus sont la pour longtemps.
Comme les mines antipersonnel que laissent les guerres. La forêt tente de reprendre ce qui lui a appartenu. La forêt a tout son temps.
Des colonies de chats ont envahi l’endroit. Ils sont un peu sauvages. Ils ont pris possession des lieux. Pour l’instant. Les ruines sont devenues le royaume des chats.
Au delà de ce poste frontière, c’est le monde de la montagne et des animaux sauvages. Chevreuils, sangliers et on peut imaginer les singes et les ours qu’on ne voit jamais. Les chats assurent la transition. Vérifient les papiers des voyageurs …
J’aperçois le camion d’un villageois, arrêté près de l’ancien élevage de poulets. C’est un habitué. Il vient voir les chats tous les jours. L’homme est très discret et ne veut pas que je le photographie. Les chats eux sont moins timides.
Ils sont bien mignons les chats.
On peut continuer sur le chemin, vers le temple abandonné.
Les chats observent le promeneur s’enfoncer dans la forêt.
Celui là file dare dare vers l’ancien temple, parti dans un incendie, comme pour prévenir les dieux, ou les animaux. Ou alors les animaux sont les nouveaux dieux. Et vice versa.

Voila la maison abandonnée, où vivait le responsable du temple. Les chats montent la garde.

Ah; le camion aperçu tout a l’heure vient. Pour une caresse du conducteur, un petit chat se hisse sur la roue avant.
Postscriptum et dur retour à la réalité.
Lors de la saison de la chasse, me raconte une voisine, les chasseurs se précipitent en camions sur les chemins et écrasent sans honte tous les chatons qui s’y trouvent; ‘on s’en fout, il y a trop de chats‘ disent ils.
A croire que la c….. des chasseurs est universelle.
Minou in a box
Petite fête et pensèes noires
Le 30 décembre des voisins nous ont invités à préparer le mochi, une galette de riz gluant, cuit à la vapeur.
On frappe le riz gluant dans un mortier, creusé dans un tronc d arbre (usu) avec un pilon doté d’un manche perpendiculaire que l’on utilise comme une hache (kiné).
L’effort requiert de la force et une bonne synchronisation avec celui ou celle qui entre trois coups de pilon retourne la masse de riz chaud d’un coup de main rapide.
Les voisins sont charmants. Leurs huit chats aussi. Comme depuis peu nous aussi avons un chat à la maison, les sujets de conversation sont démultipliés.
Le couple est retraité. Avec eux, les parents de la dame, le père a 98 ans et manie le pilon, frappant le riz, avec vigueur et habilité.
Il s’occupe également du feu. Par contre il ne veut pas que je le photographie.
Il fait beau. Leur maison est au bout de la route. Après, c’est la nature. Les quelques maisons en amont ne sont plus habitées depuis des décennies et la nature les croque, les phagocyte petit à petit. Dans cette partie du village il n’y a plus d’enfants, et les jeunes sont partis vers la ville.
Leur maison aussi est très belle. C’est la maison familiale. Au moins 100 ans. Très bien restaurée. La maison est très confortable. Un chat a failli se brûler les pattes en sautant sur le poêle a bois.
Nous passons un excellent moment. Dans 20 ans, le fond de la vallée sera désert peut-être, et la nature reprendra ses droits ? A moins que l’homme de la ville n’en profite pour y construire un immense dépotoir pour y balancer tous les rejets de la ville et des quelques usines qui ne seront pas parties en Chine.
Je ne peux m’empêcher ces pensées noires malgré la beaute du lieu et des gens qui nous entourent.
Nous venons de finir la première fournée de mochi. Quelqu’un passe, un voisin, il est venu apporter des légumes de son jardin. Il nous offre des daikons et des chous chinois. Ses légumes sont magnifiques. Ils sont d’ailleurs passés dans le journal et le monsieur nous montre une copie des articles.
Un autre voisin passe un peu plus tard, c’est le fameux M. M., un forestier, il a plus de 80 ans. Très expérimenté, il était à l’epoque l’un des artisans les plus aboutis dans sa partie. Il a même ete présenté a l’Empereur Showa a l’époque, à qui il a fait la démonstration de son art. On a du lui donner une mé(r)daille.
Après que tout le mochi ait été préparé, nous faisons tous une pause. La voisine apporte une boisson purement succulente. de l’amasaké agrémenté de gingembre. C’est délicieux et j’ai l’honneur de finir la casserole.
La vapeur cuit le riz gluant
On frappe la pate de riz avec le kiné
Il faut le retourner régulièrement, entre deux coups
Voilà les mochis ! On les passera dans le grille pain ou on les mangera dans une bonne soupe.
Les tuiles du toit de la maison de nos amis. A l’éfigie d’Ebisu.
Le chat nous surveille
Voilà une boisson succulente; parfaite pour les guerriers fatigués. De l’amasaké avec du gingembre.
les beaux chous chinois du voisin
























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